Edmond Boissonnet

peintre bordelais

Edmond Boissonnet (1906 - 1995) est un artiste plasticien français de la Seconde École de Paris, né à Bordeaux.

Edmond Boissonnet
Edmond Boissonnet à Beaubourg en 1984.
Naissance
Décès
Nom de naissance
Edmond Oscar Antoine Boissonnet[1]
Nationalité
Activité
Formation
Maître
Mouvement

L’art de Boissonnet couvre la quasi-totalité du XXe siècle. Il est le reflet des courants artistiques de ce siècle tout en étant indépendant de ceux-ci.

Biographie

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Il naît à Bordeaux[note 1], le , au 11 rue Leo Saignat[2].

Famille

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Il est le troisième garçon de Jean Boissonnet (1871-1951) et de Marie-Thérèse Broqua (1872-1956). Les origines sociales de sa famille sont modestes. Son père est steward à bord des paquebots qui relient Bordeaux à l’Amérique.

Sa mère, orpheline, a été prise en charge, par sa tante ; elle lui a fait faire ses études à Paris, avec sa propre fille, Marie Bounet. L’institution, gérée par les Chanoinesses de Notre-Dame, est connue comme « le Couvent des Oiseaux » de la rue de Sèvres ; elle était spécialisée dans l’éducation des filles de l’aristocratie et de la grande bourgeoisie[3].

Plus tard, Marie Bounet, appartiendra au monde du spectacle et de la politique[note 2]. Elle était l’égérie de l’avocat franc-maçon, René Viviani, (1863-1925), député socialiste de Paris, ami de Jaurès et président du Conseil en 1914[note 3].

Jeunesse et formation

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En 1914, Jean Boissonnet, est mobilisé ; sa mère travaille à domicile comme couturière. Edmond Boissonnet, élève studieux, ne peut continuer ses études au lycée, et doit choisir un métier.

Il rencontre en 1917 un émigré russe, sculpteur sur bois[note 4]. Le jeune garçon passe des heures à observer l’artisan étranger et lui poser des questions. Il veut devenir sculpteur sur bois. Avec l'accord de sa famille, il entre en apprentissage chez un patron, ancien curé, qui lui permet de suivre les cours de l’École des Beaux Arts le soir[4]. Des « Prix » de fin d’année récompensent son travail et ses œuvres : en 1922, deux prix en sculpture décorative, en 1923, un prix pour une étude d’après un plâtre[5],[6].

Après son apprentissage, il entre dans une entreprise de décoration et s’intéresse à la peinture. Il fait son service militaire dans l’aéronautique de 1926 à 1928[7]. Le commandant de la base lui confie la décoration du mess des officiers. L’œuvre a disparu.

Les années de jeunesse

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De ses années de jeunesse, Boissonnet conserve une grande affection pour ses parents, et surtout pour sa mère, et le sentiment que leur situation sociale était imméritée. D’où son désir de s’élever par ses propres moyens. Il continuera à se former, intellectuellement et artistiquement. Il sait qu’il faut savoir être « indépendant » dans une activité artistique. Il en discute avec des amis, comme Pierre Molinier (1900-1976) qui s’apprêtent à fonder une association artistique.

La période « réaliste » (1929-1945)

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Le bol de café, 1933.

Boissonnet évolue au long de sa carrière de 1929 à 1995. Ses « périodes » durent entre 15 et 20 ans. La première est qualifiée de réaliste : à partir de sa vision de la réalité, il peint des scènes intérieures et s’inspire de paysages avec personnages. La crise économique commence à Wall Street en 1929[note 5]. Boissonnet s’enrichit des nombreuses rencontres avec les artistes contemporains. Enfin, il connaît les camps de la « drôle de guerre » et en rapporte un témoignage saisissant[réf. nécessaire].

Le sociétaire des A. I. B.

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Les A. I. B. sont « Les Artistes Indépendants Bordelais ». Les statuts de cette association artistique ont été déposés le , son but est de « grouper tous les artistes décidés à défendre un art sans contrainte, ni restriction et d’établir entre eux des relations de sympathie et d’intérêt »[8]. Elle organise un Salon annuel sans jury. Elle s’oppose à l’art académique et au goût bourgeois. Boissonnet devient l’un des premiers sociétaires[9]. Il y rencontre sa future épouse, Paule Cécile Jude, artiste d’une grande sensibilité. L’entreprise qui l'emploie est vendue et licencie tout le personnel. Boissonnet se retrouve au chômage et connaîtra cinq ans de précarité. Il va voyager.

Les voyages

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Place Mériadeck, 1931.

En 1930, il visite l’Espagne et effectue un grand périple. En 1932, il part en Italie. Milan, Florence, Rome, etc. lui révèlent l’art italien. De retour en France, il se consacre à la peinture et se marie en 1935 avec cette jeune artiste, rencontrée aux A. I. B. Ils auront un enfant[10].

Un certain « populisme » triste

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Il n’est pas étonnant que le climat sociopolitique influence son art, sachant que sa sympathie pour les gens de gauche date de cette époque. En effet, ses peintures expriment un certain « populisme » triste dans ses portraits, mais aussi dans ses natures mortes et même dans ses paysages. Les scènes d’intérieur, les personnages, essentiellement féminins ou enfantins pris dans leur intimité, ne sont pas très joyeux, mais il s’en dégage une sobriété et une lumière intérieure qui ne laissent pas indifférents les visiteurs du Salon des A.I.B ou de certaines galeries. Le portrait de sa mère (1932) est typique de ce moment.[réf. nécessaire]

Les rencontres avec les artistes « parisiens »

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Fichier:Edmond Boissonnet - ''Ma mère''.JPG
Ma mère, 1932.
Marie, 1938.

Les A. I. B., société très ouverte sur l’art contemporain avait pour habitude d’inviter des artistes parisiens comme Picasso, Matisse, Gromaire, Tal-Coat, Friesz, Kisling, Van Dongen, Utrillo et André Lhote[note 6]. Au cours de ses conversations avec ces artistes, Boissonnet comprend qu'il lui faut approfondir son art pictural. En 1937, il vient à Paris visiter l’Exposition Universelle. À partir de cette date, son art évolue et devient moins sombre[11]. À Paris, il a des entrevues déterminantes.

Le peintre André Lhote en 1925.
Kontrolle, 1940.

La rencontre avec Bonnard

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Boissonnet reste plusieurs semaines à Paris. Il rend visite à quelques artistes et leur montre ses œuvres[12]. L’un d’eux lui suggère de voir Bonnard. Bonnard a soixante dix ans, cinquante ans de carrière, Boissonnet a trente ans et dix ans de peinture. L’accueil est chaleureux. Bonnard regarde les œuvres qu’il a apportées, et dit simplement : « Vos couleurs font l’amour ! »[13]. Boissonnet arrête la sculpture sur bois pour la peinture et le dessin.

L’entretien avec Dufy

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Il rend visite à Dufy au moment particulier de La Fée Électricité. Dufy confirme le jugement de Bonnard. Il lui recommande un procédé pictural : le médium Maroger[note 7]. Ce procédé donne aux couleurs une transparence et une luminosité durables. Revenu à Bordeaux, Boissonnet utilisera ce procédé pendant quelque temps.[réf. nécessaire]

La rencontre avec Lhote

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En 1938, les A. I. B., dont Boissonnet est le chef de file, publient un ouvrage de poèmes illustrés et demandent à André Lhote d’en écrire la préface[note 8]. C’est leur première rencontre. Lhote est son aîné de vingt et un ans. Les origines sociales, artistiques (la sculpture sur bois) sont semblables. Une amitié naît qui durera jusqu’à la mort de Lhote, en 1962. Ils partagent la même détestation de l’art pompier, de la peinture académique, le même amour pour le Bassin d’Arcachon, côté Cap Ferret, fréquenté par des écrivains comme Cocteau et Radiguet[note 9] et des artistes comme Marquet au Pyla[note 10], et le même combat pour l’art moderne. Boissonnet se fait construire une maison-atelier sur ses plans, du côté de Lège Cap Ferret, en Gironde.

La « drôle de guerre »

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Boissonnet est mobilisé le . Le , c’est la guerre. Il est envoyé dans l’Est de la France, sur la Ligne Maginot en tant que pionnier du 618e régiment de pionniers. Durant les moments d’inaction, il exécute des dessins de la « drôle de guerre »[note 11]. Lors de la débâcle, il est capturé dans les Vosges avec le reste de son régiment. Après un regroupement à Strasbourg, il arrive à Nuremberg, en Bavière, le . Il est conduit dans un stalag rural[note 12] près de Thanstein, en forêt de Bohème. Il fait une tentative d’évasion, contracte une sciatique et est envoyé dans un hôpital militaire à Ratisbonne (Regensburg). Il continue à dessiner et à peindre des gouaches, au vu et au su des Allemands. À l’hôpital le médecin-commandant, francophile, est un descendant de Lucas Cranach, le peintre de la Renaissance. Il le libère pour « raisons de santé » en 1942[note 13]. Ces œuvres sont un témoignage de ces années. Elles disent l’absurdité de la guerre et « nous élèvent aux plus hauts sommets de la sauvegarde de la Liberté », comme disent les légendes de ses œuvres. En grande majorité, elles sont numérisées et se trouvent au Musée d’Aquitaine de Bordeaux[note 14].

À la Libération, Boissonnet prend de grandes décisions. Sa période « réaliste » va prendre fin ; il veut être davantage présent à Paris. Il s’intéresse à la création du Salon de Mai[note 15] ; ce sera sa « deuxième période », marquée par le cubisme[note 16].

La période « cubiste » (1946-1962)

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Poissons et citron, 1948.
Synthèse de formes, 1951.
Le Filet, 1951.

Boissonnet arrive à Paris, accueilli par ses amis : André Lhote, le dessinateur Yvan Le Louarn, dit Chaval[14], le sculpteur Joseph Rivière[note 17], etc. Ils l’aident à rencontrer artistes et notabilités de l’art contemporain. Il prend contact avec Gaston Diehl, le fondateur avec d'autres du Salon de Mai en 1943. Bernard Dorival, Conservateur du Musée d’Art Moderne, écrit : « La jeunesse a en lui son Salon… un Salon jeune, ouvert à la jeunesse, accueillant à ses inquiétudes, à ses recherches, à ses coups d'essai… »[15]. Diehl l’encourage à présenter sa candidature au Prix Drouant-David de la Jeune peinture. Il y montre Poissons et citron, 1948. Il obtient un 2e prix et le critique Pierre Descargues écrit dans Arts du  : « Le choix de Boissonnet, peintre plus tendre, plus délicat, demeure dans la ligne de conduite du jury », où se trouvent Jacques Lassaigne et André Lhote. Ce prix est déterminant pour sa carrière : il entre au Salon de Mai, il va y rencontrer des artistes de sa génération qui font les mêmes recherches. En préservant sa liberté créatrice et son indépendance, il va créer son style. Cela durera pendant trois à quatre ans. Le meilleur exemple se trouve aujourd’hui au musée des Beaux Arts de Bordeaux, sous le titre de Synthèse de Formes, 1951. Il revient ensuite à un cubisme plus figuratif. Sa créativité s’exerce dans de nombreux domaines : dessins[note 18], peintures, vitraux, décorations murales.

Les premières expositions parisiennes

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Grâce au Salon de Mai, il entretient des relations amicales et correspond avec Pignon[note 19], Bores[note 20], Lanskoy[note 21], Sarthou[note 22], etc. Ils exposent comme lui dans ce Salon d’avant-garde. Boissonnet éprouve respect et admiration pour Braque et Lhote. Il rencontre Bissière dans sa maison de Boissièrette dans le Lot[note 23]. Ces artistes l’encouragent à exposer dans une galerie. Ses œuvres avaient été remarquées à Turin, à l'exposition des Peintres d’aujourd’hui France Italie, en 1951[16] et à Menton, (où il obtient la Médaille d’Or en 1955)[17]. Encouragé par André Lhote et le journaliste critique d’art, Jacques Lassaigne[note 24], il choisit la galerie Saint Placide[note 25], (organisatrice par ailleurs du Prix de la Critique).

En 1956, il présente seize peintures, dont les célèbres Poissons et Citron, (aujourd’hui, au musée des Beaux Arts de Bordeaux), ainsi que dix dessins pour gravure. Certaines de ces œuvres sont à la limite du cubisme abstrait.

Un an plus tard, il se tourne vers la galerie de l’Élysée, rue du Faubourg-Saint-Honoré[note 26] et y présente seize peintures dont Village de pêcheurs, acheté par le Musée de Soulac[note 27]. Au vernissage, il retrouve de nombreux artistes du Salon de Mai. Ils saluent l’art de Boissonnet ; Jacques Lassaigne écrit :« art d’effusion venu du cœur, guidé par une raison claire, dans lequel s’affirme la permanence des plus hautes préoccupations de matière, d’espace et de lumière »[18]. Le public le découvre. Raymond Cogniat, critique d’art, parle : « d’un art sain, rayonnant, (qui) appelle l’adhésion. »[19]

L’exposition à la maison de la pensée française en 1961

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Le Port no 1, 1960
.

L’atelier parisien de Boissonnet se trouve maintenant à Paris dans le 14e arrondissement. Il y reçoit une invitation à exposer à la « Maison de la pensée française ». Cet établissement, rue du Faubourg-Saint-Honoré, était la vitrine culturelle du Parti communiste français à la fois, librairie, lieu d’exposition, lieu de commémoration. Elle exposa Picasso en 1949 et 1954, Marquet en 1953, Bonnard en 1954, Lhote en 1961 etc. Boissonnet a été choisi pour la qualité de son art et l’importance de l’exposition en nombre d’œuvres. Boissonnet présente, en effet, quatre-vingts peintures, gouaches et dessins récents[20]. Le vernissage a lieu le , en présence de J. Chaban-Delmas, président de l’Assemblée nationale, de Léon Moussinac, directeur honoraire de l’École nationale supérieure des arts décoratifs, de journalistes critiques d’art comme J. Lassaigne, J. Bouret, W. George, P. Cabanne, de nombreux conservateurs de musées, de ses amis et d'une foule importante. La dimension picturale de cette exposition est donnée par J. Lassaigne dans le catalogue : « […] tout un ballet de formes envolées se déroule entre les horizontales fluides de l’eau et des nuages, dirigé par la baguette savante d’un homme épris de lyrisme d’ordre et de liberté »[21]. » Dans le journal Arts[22], le critique et auteur Pierre Cabanne écrit : « Il ouvre les portes d’un monde éclatant de lumière où son style structural s’épanouit avec une extraordinaire liberté. »

Boissonnet, avec le Salon de mai, expose au Japon en 1962[note 28]. Cette année, la « Maison de la pensée française » organise une exposition de certaines œuvres des artistes qu’elle a exposées depuis la Libération. Boissonnet se trouve entre Marquet, Bonnard et Lhote[23].

Les commandes publiques

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Vitraux pour une chapelle.

Un pour cent du coût des constructions de bâtiments publics peut être consacré à des travaux artistiques. En 1955, Lhote reçoit la commande d’une grande peinture murale à la Faculté de médecine de Bordeaux[note 29]. Boissonnet surveille le bon déroulement du marouflage. En 1958, il se voit attribuer la décoration du restaurant universitaire de Bordeaux, une décoration murale intitulée Jeunesse[note 30]. Dans le même temps, il reçoit commande de vitraux abstraits pour la grande chapelle de l’Institution des Sourdes et Muettes, dans la banlieue de Bordeaux[note 31]. Boissonnet devient artiste plasticien. Des maîtres mots le caractérisent à cette période : création de lignes et de couleurs, liberté, sincérité, évolution, indépendance, refus du compromis artistique.

La fin du cubisme

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André Lhote disparaît le , puis Georges Braque le . Les grands cubistes disparaissent, sauf Picasso. La seconde « École de Paris » s'achève. En 1964, l’américain Rauschenberg[note 32] reçoit le premier prix à la biennale de Venise, à la place de Roger Bissière. Il ouvre la voie au new-dada et au pop art. La déconstruction de l’art de Paris, d’après la Libération, continue dans le cadre de la liberté d’expression chère aux Américains. L’immensité du marché américain accentue le mouvement : Paris est supplanté par New York. Boissonnet va s’adapter et devenir progressivement expressionniste et plasticien.

La période « expressionniste » (1963-1978)

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Edmond Boissonnet - Le petit homme (1969).
Mosaïque (maquette, 1968).

Les États-Unis imposent au monde occidental un art pictural qui s’appuie sur la puissance financière de Wall Street et des facilités fiscales[note 33]. Le pop art, entre autres, permet à New York d’évincer Paris. « L’affaire » Michelson va faire évoluer Boissonnet.

L’ « affaire » Michelson

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Charles Michelson est un homme d’affaires, de confession juive, né en 1900 en Roumanie et mort aux États-Unis à Los Angeles en 1970. Avant la Seconde Guerre mondiale, il était précurseur dans le domaine des radios privées, avec Radio Tanger. Inquiété par le Gouvernement de Vichy, il s’évade et rejoint les États-Unis. À la Libération, il revient en France. En 1954, il lance la chaine Télé Monte Carlo et devient le conseiller en communication du prince Rainier III de Monaco. En 1955, il fonde Europe no 1 avec Louis Merlin de Radio Luxembourg. Les débuts d’Europe no 1 sont incertains, Charles Michelson est obligé par l’État Français de vendre sa part, (estimée à 245 millions de francs) à Sylvain Floirat (future Sofirad). Il en appelle aux tribunaux pour une réévaluation. L’affaire remonte à l’Élysée, qui menace la Principauté de blocus. En 1962, les biens de Charles Michelson sont mis sous séquestre, au motif de non-paiement de ses impôts en France.

Or, Charles Michelson projettait de créer une importante Galerie d’art moderne ; il rencontre Boissonnet dans son atelier d’Arcachon, et l'enrôle dans ce projet, comme André Lhote et d’autres. La mise sous séquestre des biens de Charles Michelson entraine la saisie des œuvres de Boissonnet qui se trouvaient chez ce futur galeriste, après l’exposition à la Pensée Française, fin 1961.

Boissonnet, pour rentrer en possession de ses œuvres, doit alors se battre contre le magnat des ondes privées pour non-respect de ses obligations, et contre l’Administration française pour mise sous séquestre abusive de ses œuvres. Ce double procès va durer près de dix ans. Il permettra à Boissonnet de recouvrer son bien.

Delacroix - Le Combat avec l'Ange (1861).

Boissonnet n’arrête pas de travailler. Cette période est d’une richesse créative tous azimuts. Il trouve d’autres supports et traduit son indignation et sa colère en « calligraphie tumultueuse », comme dira Pierre Cabanne, en 1971, lors de l’exposition à la Galerie de Paris.

Une évolution radicale

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Dans une lettre à Léon Moussinac, ancien directeur des Arts Déco, datée du , il écrit : « Je suis un peu inquiet sur ma peinture qui me parait évoluer vers des touches plus larges et un désir encore plus grand d’amour. Ce désir me rassure sur cette nouvelle évolution, mais elle me hante, me tracasse, tout au moins pour l’instant »[note 34]. Pour Boissonnet, « vivre, c’est évoluer »[note 35]. Le peintre n’est pas un spectateur passif, il est dans le monde. Son style évolue vers des rythmes tumultueux, mystérieux et même violents. Comme plasticien, il exprime les turbulences du monde dans une sorte d’expressionnisme, aussi bien dans ses peintures, ses gouaches, ses tapisseries ou ses mosaïques proches de l’art brut[note 36].

Les mosaïques

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Éclosion (1967).

La rencontre avec Jacques Dupuy, maître verrier bordelais, lors de l’exécution de vitraux, l’oriente vers la mosaïque à partir de matériaux bruts. Il utilise des déchets de céramique, des schistes ou minéraux divers, des tessons etc. Le ciment sert à lier l’ensemble, comme le plomb dans les vitraux. Auparavant, il établit une maquette à la gouache[note 37], inversée, l’artisan n’a plus qu’à suivre les indications pour placer les matériaux et couler un lit de ciment afin de les lier. Il réalise une centaine de maquettes, expressionnistes ou abstraites. Le monde artistique opère à l’inverse de la méthode de Boissonnet. Il entre donc dans le mouvement de l’art brut et connaîtra bien Dubuffet[note 38]. Il travaille dans la mosaïque de 1963 à 1973 et reçoit de nombreuses commandes publiques[note 39]. Il continue de travailler activement dans le domaine des papiers collés, de la gouache et de la peinture sur toile, pour une grande exposition à Paris.

L’exposition de 1971

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Edmond Boissonnet - Anges et Diablotins (1970).

En 1970, Boissonnet montre au critique d’art et auteur, Pierre Cabanne[note 40], sa « production » des années soixante, dites les sixties. Ils se connaissaient, Cabanne ayant « couvert » l’exposition de 1961 pour ARTS[24]. Cabanne est stupéfait par ces œuvres nouvelles, très différentes de celles des sifties. Il encourage Boissonnet à exposer au plus vite.

Boissonnet choisit la Galerie de Paris[note 41], dirigée par la fille du peintre Manguin. Le , il présente 25 peintures et 10 gouaches[25]. Le public comme les critiques découvrent son anticonformisme. Pierre Cabanne rédige la préface du Catalogue[note 42]  :

« Une calligraphie tumultueuse, enveloppante ou brisée, les traces d’un combat sans merci, la singularité d’un être profond… un tableau de Boissonnet est un vertige organique, organisé, cohérent, le microcosme de la terre dans son enfantement. Le peintre n’est pas devant le monde, il est au milieu, c’est pourquoi les paysages de Boissonnet ne se reconnaissent pas, ils sont connaissance et sensation. »

Jacques Lassaigne fait un bilan[26] : « Il a gardé toute la verve jaillissante de son inspiration. C’est comme une gerbe, une fusée d’éléments d’une beauté pure et naturelle. Nature vraie recréée avec ses propres éléments, restituée par l’artiste dans ses rythmes essentiels. »

Pour René Barotte, qui était aussi à l’exposition de 1961, Boissonnet est le fils spirituel de Cézanne[27]. Ce critique rapporte, dans cet article, les paroles d’André Lhote à Boissonnet : « C’est merveilleux, comment faites-vous donc pour vous libérer ainsi, tout en conservant à la nature, cette fidélité que nous lui devons ? »

Boissonnet fait partie des peintres de la Galerie de Paris comme Oudot, Ciry, Chastel, Rohner, Despierre, Cathelin, etc. Boissonnet décide alors de garder son atelier parisien du 14e, mais d’habiter, dès 1972, à plein temps, son atelier en face d’Arcachon. Il y installe un métier à tisser et commence une série de tapisseries.

Les tapisseries

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Tapisserie de 1973 : La Peur de la Nuit.

Il construit un métier à tisser très simple et, avec son épouse, réalise des tapisseries originales sans intermédiaires. C’est le pendant en laines multicolores des mosaïques en matériaux, eux aussi multicolores. Proche de l’art brut pour les mosaïques, il l'est de la « Nouvelle Tapisserie »[28] pour ces nouvelles œuvres. Il réalise, avec son épouse, 16 tapisseries expressionnistes et fantasmatiques. Le temps du Bol à café[note 43] est loin. Huit tapisseries et son métier à tisser appartiennent aujourd’hui à des collections publiques[29].

Edmond Boissonnet - L'Église Romane (1983).

En 1971, Boissonnet expose à Munich (R.F.A.)[note 44]. En France, il expose presque tous les ans à Paris ou à Bordeaux. Il participe à l’inauguration du Centre national Jean-Moulin de Bordeaux, consacré à la Résistance, avec ses dessins de guerre[note 45]. Ils feront l’objet d’une donation au Musée en 2008[note 46]. Dans les dernières expositions de cette période, il commence à présenter des paysages irréels. Au tournant des seventies, son art évolue vers des créations abstraites, issues de son imaginaire. Il entre dans sa quatrième période, dite « fantasmatique ».

La période « fantasmatique » (1979-1995)

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Edmond Boissonnet, en 1981.
Edmond Boissonnet - Dans le mystère de la Forêt (1979).
Edmond Boissonnet - La Proie (1982).

Boissonnet a 73 ans. Il va moins à Paris ou à Bordeaux, sauf pour les grandes manifestations le concernant. Il vit, avec son épouse, dans cette maison-atelier du Bassin d’Arcachon[note 47]. Il crée d'après son choix du monde des sports, de la danse et de ses paysages imaginaires[note 48]. Cette démarche intéresse galeries et pouvoirs publics, qui organisent trois grandes rétrospectives en 1992, 1996 et 2006.

Les sports et la danse

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Edmond Boissonnet - Le 100 m (1981).
Edmond Boissonnet - Le Combat dans l'arène (1982).

À la fin des années soixante-dix, la télévision diffuse largement des spectacles sportifs. Les sportifs inspirent Boissonnet par leur beauté, leur force, leur rapidité, leur goût de l’effort. Ces spectacles l’amènent à créer des œuvres dont le thème est un sport déterminé. L’exemple typique est une grande peinture intitulée Le Combat dans l’Arène (1982) qui suggère un match de rugby, (aujourd’hui au Musée des Beaux Arts de Bordeaux). Les manifestations sportives deviennent des fêtes populaires colorées, comme, dans un autre domaine, les chorégraphies des danseurs. La beauté des danseurs, la grâce et la légèreté des « étoiles » captivent Boissonnet, il reconstruit des ballets imaginaires : la peinture Rythme de 1983.

Les paysages imaginaires

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Edmond Boissonnet - Paysage no 4 (1987).

Ces paysages sont imaginaires[30], ils sont de deux sortes : les maritimes et les terrestres. Depuis plus de trente ans, il peint ces paysages, autour de chez lui, peu modifiés au fil des années. Il leur demande maintenant d’être l’expression de son fantasme d’évasion. Il recrée l’eau, l’air, la terre, parfois à partir des « chantiers » des travailleurs de la mer, parfois à partir d’une « impression ». Ces travailleurs sont les ostréiculteurs, pour la plupart indépendants, qui travaillent en famille ; leurs horaires sont régulés par les marées qui découvrent les parcs à huitres et ne sont donc jamais les mêmes ; Boissonnet les connaît bien, les respecte, a une relation courtoise avec eux ; leurs chantiers sont les endroits où ils déposent leurs matériels et leurs outils. L’artiste reconstruit ces sites et, parfois, y figure un astre qui fait penser à Monet. Boissonnet se disait sensible à la lune[note 49].

Edmond Boissonnet - Moncassin (1986).

Les paysages terrestres de cette époque sont dans une autre logique. Tout en étant bien imaginaires, ils ont au départ un lien avec la réalité et sont reconstruits à partir de certaines formes concrètes[note 50].

Les tapisseries de cette période, certaines, sont également lunaires : Crépuscule de 1980. Il y a aussi « sans titre », en fait, Moncassin de 1986. Françoise de Loisy, du Musée de la Tapisserie d’Angers, en dit : « Ici les couleurs tissées apparaissent comme des glacis évanescents traduits en laine par les merveilleux mélanges et passages de couleurs de Paule Boissonnet, (épouse de l’artiste). »[31]. Le Musée des Beaux Arts de Bordeaux en possède huit.

Edmond Boissonnet - Le Couple (1984).

Cinq évènements

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Edmond Boissonnet - La toile blanche no 2 (1985).
Edmond Boissonnet - Maternité

Durant cette « période », cinq évènements ont lieu.

En 1983, Jean-Pierre Mitrecey réalise un court métrage intitulé : L’aventurier de l’absolu, selon l’expression de Pierre Cabanne et consacré à la vie et à l’art de Boissonnet[note 51]. Ce film est présenté à Beaubourg devant un public important, en 1984. Beaubourg présente, en même temps, une exposition Bonnard, que Boissonnet visite avec émotion.

Peu après, une rétrospective est organisée dans une galerie parisienne à côté de Beaubourg, sous le titre : Hommage à Boissonnet : elle verra une grande affluence et sera la dernière exposition de Boissonnet à Paris.

En 1986, la Galerie du Troisième Œil, implantée à Paris et à Bordeaux, organise une exposition bordelaise d’une vingtaine d’œuvres de cette période ; elle est présentée par Robert Coustet, professeur d’art contemporain à Bordeaux III : « Il a appris de ses aînés, Lhote et Bissière qui furent ses amis et qui encouragèrent ses débuts, que la liberté nait de l’ascèse et que la plénitude est fille du renoncement. »[32]. Cette exposition est une réussite.

Edmond Boissonnet - Le Coteau (1961).

En 1992, une société de mécénat et le Conseil Régional d’Aquitaine organisent dans l’immense espace du hall du Conseil, une rétrospective d’une soixantaine de ses œuvres. Parmi elles, se trouvent certaines de ses grandes peintures : Le Rideau Noir, 1983, Devant l’Éternité, 1985, Un Ange Passe, 1984, Rapt, 1985, Le Couple, 1984. La critique d’art, Dominique Godfrey écrit : « On peut constater l’évolution du style, parfois influencé par l’époque. Pourtant, on a toujours l’impression de rester avec la même personne. Il en ressort une impression d’harmonie sobre sans être ennuyeuse, de maîtrise sans froideur et de sensibilité sans faiblesse. »[33] Un an plus tard, une galerie bordelaise fait une reprise de certaines de ces œuvres. C’est la dernière exposition de Boissonnet de son vivant.

En 1996, dans une rétrospective au Domaine Lescombes (Mairie d’Eysines, 33320), une trentaine d’œuvres sont présentées.

Les dernières années

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Paulette et Edmond en 1984.

En 1988, un drame frappe le couple, marié depuis 53 ans et se connaissant depuis 60 ans : Paule, l’épouse de l’artiste, 83 ans, est diagnostiquée de la maladie d’Alzheimer.

Le couple s'installe à Maulette, près de Houdan, dans les Yvelines, ainsi que l’atelier et tout son environnement. Boissonnet continue à peindre et à tisser.

Il meurt le . Il est inhumé au cimetière des Jacquets, à Lège Cap-Ferret, 33 950, en face d’Arcachon.

Son épouse mourra en 2000 et sera inhumée auprès de lui.

Hommages posthumes

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Certaines œuvres sont présentées à La Vieille Église Saint Vincent de Mérignac[34].

Différentes expositions ont lieu après sa mort, comme l’exceptionnelle rétrospective organisée en 2006 et 2007, sur trois niveaux, par le Musée des Beaux Arts de Bordeaux, grâce à son directeur, Olivier Le Bihan.

Le public découvre alors cet « aventurier de l'absolu »[note 52].


Notes et références

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  1. Comme Odilon Redon (1840-1916), Albert Marquet (1875-1947) et son ami de toujours, André Lhote (1885-1962),
  2. Edmond s’est toujours souvenu de l’arrivée de ce personnage hors normes, venant à Bordeaux, en « grand équipage » pour visiter sa cousine. C’était l’effervescence dans le quartier.
  3. Viviani eut une carrière politique intense. Il reste dans l’histoire du féminisme comme l’auteur de la loi de 1900 permettant aux femmes de devenir avocates. Il recevra, de la main de l’ambassadeur d'Allemagne, la déclaration de cette guerre qui fit 9 millions de morts et 20 millions de blessés.
  4. Lors de la révolution de 1917, de nombreux Russes émigrent en France.
  5. Krach boursier de Wall Street du 24 octobre 1929, début de la Grande Dépression. Elle arrive en France plus tard. Boissonnet est licencié en 1930, son entreprise arrêtant ses activités.
  6. Archives Boissonnet b 3 : la plupart de ces artistes font le voyage de Bordeaux, comme Utrillo ou Van Dongen. D’autres passent par leur galerie. Quant à Lhote, il vient pratiquement tous les ans chez sa sœur.
  7. C'est est une émulsion composée de vernis, de gomme et d’eau, commercialisé en tube, qui donne une transparence et une luminosité durable, une onctuosité, permet de travailler « à frais » pendant plusieurs heures et donne une certaine fixité de la touche. Archives Boissonnet.
  8. La préface est féroce : « Ainsi, me trouvai-je isolé dans cette capitale du mauvais goût… ». Mais il fait confiance à la jeunesse (des A. I. B.) : « ces héros savent qu’on ne conquiert pas la vérité en demeurant blotti contre une de ses frontières, mais en arpentant inlassablement l’espace compris entre ces limites, en conciliant, en un mot, les effusions du cœur avec les exigences de l’esprit ». Archives Boissonnet.
  9. Lhote connaissait bien cette région et, un an avant sa mort, reçu chez Boissonnet, il travaillait encore sur nature au Piquey en face d’Arcachon avec son hôte. Archives Boissonnet.
  10. Marquet s’est aussi intéressé au plan d’eau d’Arcachon, voir son œuvre intitulée Jardin au Pyla 1935, Musée des Beaux Arts de Bordeaux.
  11. Ces dessins se trouvent par Donation au Musée d’Aquitaine de Bordeaux. Centre national Jean-Moulin de Bordeaux (Musée de la Résistance)
  12. Il travaille avec d’autres prisonniers pour un paysan bavarois dont un fils sera tué lors de l’invasion allemande en URSS et l’autre handicapé. Archives Boissonnet.
  13. Il le libère après lui avoir demandé son portrait en pied et grand uniforme. Pour le remercier, il lui offre un livre d’art sur Lucas Cranach de 1927 qui est toujours dans les Archives Boissonnet.
  14. Avec les dessins se trouvent des gouaches.
  15. Le Salon de mai de Paris est créé en octobre 1943 par Gaston Diehl, critique d’art et de nombreux peintres et sculpteurs en opposition à l’idéologie nazie. Boissonnet venu à Paris, en 1943, pour le Salon des Provinces Françaises, où il expose, apprend cette création et prend contact avec Gaston Diehl.
  16. S’il est indéniable que le mouvement cubiste fut fondé avant la première guerre mondiale, il ne disparaitra pas immédiatement après. Même, chez Picasso, on trouve des réminiscences cubistes. Quant à André Lhote, il continue à travailler dans ce sens, jusqu’à sa mort, en 1962.
  17. Joseph Rivière 1912-1961, sculpteur figuratif, a suivi les cours de l’École des Beaux Arts de Bordeaux. Charles Despiau s’intéresse à lui. Dans la décennie 50, il eut une grande notoriété sanctionnée par la Légion d’Honneur et les Arts et Lettres. C’est un grand ami de Boissonnet. Cette amitié dépasse les clivages artistiques. Sa mort, à l’issue d’une longue maladie, affecte beaucoup Boissonnet.
  18. Au cours de cette période, se crée à Bordeaux une sorte d’Académie du dessin, sans prétention pédagogique, où viennent poser des modèles nus. Boissonnet exécute une centaine de dessins de nus ; certains ont fait l’objet d’une Donation au Musée des Beaux Arts de Bordeaux.
  19. Edouard Pignon (1905-1993) sera très proche de Boissonnet par son art inclassable, ses origines sociales presque identiques et son engagement politique.
  20. Francisco Borès (1898-1972) bien que n’étant pas de la même génération, Boissonnet rencontra Bores lors de la sortie de ses lithographies pour les Œuvres Compètes de Camus en 1961.
  21. André Lanskoy (1902-1976). Lanskoy étant devenu abstrait avant la guerre, ses conversations avec Boissonnet portaient sur cette grande rupture et sur la qualité de ses œuvres qu’il appréciait.
  22. Maurice-Elie Sarthou (1911-1999) Originaire de Bayonne, Sarthou participe aux expositions des A.I.B (1948) et du Salon de Mai (1954). Ami de Boissonnet, tout en n’étant pas toujours d’accord avec lui sur la finalité de l’art. Catalogue du Salon 1948 des A.I.B. et du salon de Mai de 1954. Musées de Bordeaux et d’art moderne de Paris.
  23. Roger Bissière (1886-1964) habite dans le Lot et Boissonnet lui rend souvent visite. Ils s’écrivent aussi. Le 19 décembre 1950, Bissière écrit à Boissonnet : « Il y a dans tous vos travaux un désir de recréer le monde, une acuité et surtout une poésie latente qui pour moi est en dernière analyse la plus haute justification de la peinture et peut-être la seule. » Après celles de Lhote et Braque, la mort de Bissière le 2.12.1964 affecte beaucoup Boissonnet. Archives Boissonnet.
  24. Jacques Lassaigne (1911-1983) critique d’art, journaliste au Figaro en 1932, engagé dans les F.F.L. en 1941. Participe aux Éditions Skira et à diverses revues artistiques. Conservateur en chef au musée d’art moderne de la ville de Paris en 1971. Il joue un rôle important dans le déroulement de la carrière artistique de Boissonnet
  25. Cette galerie existe toujours de nom.
  26. Cette galerie existe toujours de nom, mais pas à la même adresse. En plus des seize peintures, il y a quinze gouaches.
  27. Soulac 33780 a un musée depuis 1976 grâce au maire de l’époque : Jean-François Pintat.
  28. Dans le cadre du Salon de mai.
  29. Titre de cette œuvre : « La Gloire de Bordeaux ».
  30. Cet immeuble est devenu une résidence pour étudiants et l’œuvre a été restaurée en 2012.
  31. Institution des Jeunes Sourds de Gradignan 33170
  32. Robert Milton Ernest Rauschenberg, artiste américain néo dada, précurseur du pop art. (1925 - 2008)
  33. Il est prévu des exonérations fiscales lors des donations en nature ou en argent. Les biens culturels sont exempts de TVA et les institutions culturelles reçoivent des subventions.
  34. Boissonnet fit la connaissance de Léon Moussinac, (1890-1964) écrivain, journaliste, historien, critique de cinéma et directeur de l’ENSAD (Arts Déco) de 1946 à 1959), à l’occasion de cette exposition. De cette rencontre, naquit une vive amitié trop vite rompue par le décès de Moussinac en 1964. Archives Boissonnet.
  35. Voir Bergson, L’Évolution Créatrice §1 : « Ainsi notre personnalité pousse, grandit, murît sans cesse. »
  36. Concept englobant les formes non récupérées de l’art naïf et de l’art dit populaire ainsi que les productions spontanées d’artistes marginaux et malades mentaux.
  37. Une cinquantaine de maquettes sur papier de mosaïques ont fait l’objet d’une Donation au Musée des Beaux Arts de Bordeaux.
  38. Voir Catalogue « L’Art Brut » 1967 Musée des Arts Décoratifs, « Ce qu’on attend de l’art n’est pas, à coup sûr, qu’il soit normal. » Jean Dubuffet.
  39. Essentiellement des établissements scolaires, scientifiques, de gendarmerie, des immeubles de collectivités locales, etc.
  40. Pierre Cabanne (1921-2007) journaliste, écrivain, historien de l’art, s’est déplacé en 1969 dans l’atelier de Boissonnet qu’il connaissait depuis 1961.
  41. La galerie, de nom, existe toujours.
  42. Pierre Cabanne était un spécialiste de l’art contemporain.
  43. Période « réaliste ».
  44. Galerie Seifert-Binder München. R.F.A.
  45. . À l’occasion de l’inauguration de ce musée, Boissonnet fait donation d’une peinture intitulée : Le Vol des Corbeaux
  46. Boissonnet avait fait un prêt à durée indéterminée transformé en donation en 2008. Ce musée fait partie aujourd'hui du Musée d’Aquitaine.
  47. Avec ses fantasmes, dit-il. D’après Carlos Maffi,  psychanalyste, professeur à Paris VII, le fantasme peut se définir comme une production imaginaire qui représente le sujet dans un scénario déterminé, à la manière d’un rêve, et figure, d’une manière plus ou moins voilée, un désir. Pour Boissonnet, ses fantasmes remontent à ses « années de jeunesse » et à travers son imagination expriment ses désirs de dépassement de soi, d’élévation, d’évasion dans son art.
  48. Imagination et symbolisme L’une des fonctions du fantasme est de faire œuvre créatrice en sollicitant l’imagination du sujet, ici celle d’un artiste. Chez Boissonnet, il est clair qu’il faut rechercher l’origine de certains de ses fantasmes dans une enfance où les privations subies par sa famille le choquent durant la première guerre mondiale et donc, de son désir d’y échapper grâce à l’art. Évasion, dépassement de soi, élévation sont des objectifs qu’il se donne et l’art qui n’est pas, pour lui, une activité futile doit lui permettre de les atteindre. D’où cette capacité d’évoluer quand il le faut. Le poème de Baudelaire qu’il admirait résume assez bien son état d’esprit : "Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides, Va te purifier dans l’air supérieur". Dégoût de la société c’est peut-être exagéré, mais sans doute, désir d’évasion : ses paysages imaginaires sont bien significatifs de ce besoin. Enfin, recherche d’un Idéal de perfection qui doit rendre l’être meilleur et plus heureux, oui, certainement. Ainsi, est-il est proche d’un certain symbolisme en réaction contre un monde trop matérialiste. La Nature est un temple où de vivants piliers Laissent parfois sortir de confuses paroles ; L’homme y passe à travers des forêts de symboles Qui l’observent avec des regards familiers Il existe, en effet, chez Boissonnet un certain romantisme, non pas réactionnaire mais révolutionnaire. Il fait sienne une définition de Baudelaire disant que pour lui, le romantisme, « c’est dans la manière de sentir». Cette conception de l’art l’amène donc à s’intéresser aux sportifs et aux danseurs.
  49. Il est né sous le signe du Cancer qui est un signe lunaire. Celui-ci se présente comme le symbole de l’eau originelle ce qui expliquerait ses très nombreuses œuvres suggérant une étendue d’eau. Enfin, sur le plan psychologique, le Cancer signifie retrait sur soi, sensibilité, timidité et ténacité ce qui correspond assez bien au profil de cet artiste.
  50. Telles ces collines arrondies du sud ouest de la France dont l’une est proche du village de Moncassin en Lot-et-Garonne. Le « mons cassin », c’est la montagne aux chênes. Ce n’est pas sans rappeler le « Monte Cassino » italien, archétype de ces collines que Boissonnet reconstruit, en plusieurs exemplaires, près d’une trentaine, un peu comme Cézanne et la montagne Sainte Victoire. Moncassin, pour lui, est bien une colline « inspirée, un de ces lieux où souffle l’esprit» (Boissonnet n’est pas pour autant un sympathisant de Barrès, auteur de « Colline Inspirée » 1913)., permettant au fantasme de l’élévation associé à celui de la création de s’exprimer. Souvent, il y a aussi une « lune » qui confirme celle des paysages maritimes en y ajoutant le symbole du renouvellement et de la périodicité.
  51. Film tourné en 1983 sous le titre : "L'Aventurier de l'Absolu"
  52. L’aventurier de l’absolu (1906-1995) Boissonnet fait partie de ces artistes discrets que l’on découvre ou redécouvre selon son âge. Cette discrétion est l’expression d’une liberté absolue de création vis-à-vis des clans et autres amitiés intéressées, des tendances, de la tyrannie des galeristes et du marché. En général, ces artistes ne sont pas des chefs d’entreprise ayant une stratégie commerciale. Ils préfèrent le qualitatif au quantitatif et ne cherchent pas à rentabiliser leur talent. N’étant pas assujettis à une galerie et à ses exigences en exclusivité, ils vivent leur vie en toute indépendance et ne cherchent pas à faire fortune. Leurs ventes auprès de certains amateurs ou en ligne suffisent à les faire vivre. Comme l’écrivait M.C Lacoste, dans Le Monde en octobre 1961 : « Un indépendant qui fait la peinture qui lui plait ». En fait, Boissonnet est recherche en permanence un absolu par rapport à lui-même, sans se soucier des commérages du monde des arts. « L’aventurier de l’absolu », c'est-à-dire quelqu’un qui va vers son destin pour atteindre la perfection, est une qualification de Pierre Cabanne, en 1971. Grâce à la magnifique rétrospective en 2006 et 2007 au Musée des Beaux-arts de Bordeaux et à Mérignac, nous avons, désormais, la possibilité de comprendre le référentiel de la philosophie artistique de ce témoin du XXe siècle. Ce référentiel comporte quatre orientations principales : l’évolution créatrice, « Le Combat avec l’Ange », la création humanisée, la matière et l’esprit. Il utilise différents matériaux : dessins, peintures sur toile, papier, bois, collages, mosaïques à partir de matériaux bruts, tapisseries de laines multicolores et pour mémoire, sculptures sur bois, et utilise souvent la métaphore du « Combat avec l’Ange » (http://www.lefestin.net/edmond-boissonnet-le-combat-avec-lange Catalogue de l'exposition édité par Le Festin réédition 2013). Boissonnet expose pratiquement tous les ans dans différentes institutions artistiques. L’évolution créatrice En 1978, au cours d’un entretien avec un critique d’art, Boissonnet s’exprime ainsi : « l’évolution est l’expression d’une vie en accord avec son temps. Celui qui la refuse, piétine, stagne, se dessèche et meurt (P. Paret, Journal Sud-Ouest 5/1978). L’artiste a alors 72 ans et une longue carrière de cinquante ans derrière lui. Il n’est pas tout à fait d'accord avec Picasso, (The Art du 25/5/1923), que la notion d’évolution hérisse. En revanche, il adhère à la théorie de Bergson, un philosophe de sa jeunesse. En effet, dans « L’évolution créatrice » de 1907, celui-ci écrit en prenant l’exemple d’un artiste-peintre : « Chacun est une espèce de création. Et de même que le talent du peintre, se forme, se déforme, en tout cas se modifie, sous l’influence même des œuvres qu’il produit, ainsi chacun de nos états en même temps qu’il sort de nous, modifie notre personne, étant la forme nouvelle que nous venons de nous donner… Pour un être conscient, exister consiste à changer, changer à se mûrir et à se créer indéfiniment soi-même (H. Bergson « L’Évolution créatrice » 1907, § 1 De l’évolution de la vie. Mécanisme et finalité.). Boissonnet trouve également dans l’œuvre du philosophe l’idée de transition : celle-ci fait la réalité du changement dont elle en est l’essence. Pour un ancien sculpteur sur bois qui connaît le déroulement des époques artistiques avec de nombreuses périodes de transition, cette idée est évidente. Mais, la transition, pour lui, n’est pas vraiment une rupture, seulement un simple palier dans son parcours artistique. « J’ai essayé de rester le même homme… ». Les quatre périodes de ce parcours durent en moyenne 16,5 ans avec 3 transitions : 1944/1946, 1962/1964, 1978/1980, soit des durées de 3 à 4 ans. Pendant chaque transition, c’est un nouveau combat que l’artiste engage contre la routine, la facilité qui engendre l’habileté, « la mécanisation de la main ». Dans son langage, il appelle cela le Combat avec l’Ange. « Le Combat avec l’Ange » L’expression, « Combat avec l’Ange », est une expression choisie par Boissonnet pour expliquer son mode de fonctionnement artistique fondé sur le dépassement de soi afin d’atteindre l’absolu. Quelques mois après sa grande exposition à la Galerie de Paris en 1971, Boissonnet accepte un entretien avec le docteur Rager, professeur à l’École Supérieure de Sophrologie et de Médecine Psychosomatique. À la question : que pensez-vous des expériences intellectuelles de notre temps ? L’artiste répond : « Toute forme qui ne témoigne pas de l’essence m’est indifférente. La délectation : une suffisance personnelle qui engendre fatalement une fabrication. Elle se consomme rapidement, elle écœure aussi vite parce qu’elle est indigeste ». Par cette critique explicite d’un certain art de son époque, on comprend sa position envers quelques galeries qu’il connaît bien. Et pour que le message soit bien clair, il ajoute : « Il faut se méfier de la mécanisation de la main, car elle engendre la mécanisation de l’esprit qui de ce fait se vide de sa magie.». Le docteur Rager pose alors une autre question : « Comment les artistes pourront-ils échapper à cette mécanisation ? ». La réponse est immédiate : « Certains cas doués de tares bénéfiques à l’expression spontanée, parce que dirigés par un état second dû à l’alcool, la naïveté, à la folie, y échappent tout naturellement. Celui de la cause mentale se doit, dans ce combat épique avec l’Ange, de perdre pour gagner une aventure de volonté où tout est à considérer Boissonnet utilisait souvent cette métaphore tirée de la Bible (Genèse 32) où Jacob se bat avec un Ange inconnu qui n’est autre que Dieu. C’est le symbole des combats spirituels sur soi-même magnifiquement illustré par Delacroix, œuvre de 1861, pour l’église de Saint Sulpice de Paris que connaissait bien Boissonnet dont l’atelier était proche. Le Combat avec l’Ange est une orientation majeure du référentiel de cet artiste. C’est la raison pour laquelle, le Musée des Beaux Arts de Bordeaux a choisi cette métaphore pour qualifier l’itinéraire de cet artiste en quête d’absolu et titrer l’ouvrage accompagnant la rétrospective de 2006 à 2007. Mais, ce combat doit se dérouler par rapport à une création humanisée. La création humanisée La création humanisée, c’est pour Boissonnet, le mariage du cœur et de l’esprit. C’est le thème d’un ouvrage d’André Lhote publié en 1933, réédité en 1950 au moment où les œuvres abstraites sont omniprésentes au Salon de Mai. Dans sa préface il écrit : « Il n’est pas de travail durable sans le secours de l’intelligence, pas plus qu’il n’est de spéculation intellectuelle sans préalable soumission de l’individu à l’objet, sans préalable sommation de l’instinct… la vérité est au centre. (A. Lhote : « La Peinture, le Cœur et l’Esprit, suivi de Parlons Peinture, Denoël, 1933). Bissière, un autre ami de Boissonnet, proclame haut et fort au début des années cinquante : « Je n’ai cessé de répéter que si j’étais non figuratif, je me refusais absolument à être abstrait. Pour moi, un tableau n’est valable que s’il a une valeur humaine, s’il suggère quelque chose, et, s’il reflète le monde dans lequel je vis (Bissière, Textes de Serge Lemoine, Walter Lewino et Jean François Jaeger, Ides et Calendes p. 47). Boissonnet écoute attentivement ces deux grands aînés et il fait progressivement la synthèse des deux approches de ses amis avec une légère préférence pour celle de Lhote. Après un bref passage par le non-figuratif au début des années 1950, il revient au sujet, comme il l’explique : « Je suis revenu au sujet qui inspirait mon instinct, avec plus d’efficacité et de mystère que procure le combat, en essayant de suggérer (Document manuscrit. Archives Boissonnet). Pour terminer sur ce thème, il est aussi en adéquation avec un autre artiste, ami, qui, lui, est de sa génération, Edouard Pignon. Le même âge, des origines sociales modestes aussi bien pour l’un comme pour l’autre, les mêmes difficultés liées au chômage des années trente, la même sensibilité politique, créent un très fort courant de sympathie amicale entre les deux artistes. Un bon exemple de « création humanisée » nous est fourni par ce peintre. En effet, Edouard Pignon, entre autres recherches, travaille sur le thème de la maternité, en 1939. Il s’en explique : « Mes maternités sont parties d’une toute petite toile de Lucas Signerolli, qui était la Naissance de la Vierge. J’ai aussitôt entrepris toute une recherche sur le thème de la maternité. » (Exposition au Musée Mandet de Riom (63200) d’une rétrospective Pignon, la même année, 2007, que celle de Boissonnet à Bordeaux. Catalogue de l’exposition). Pure coïncidence, mais pas fait du hasard, Boissonnet, une vingtaine d’années plus tard, travaille aussi sur le même thème. Enfin, dans le domaine de la création, Boissonnet avait l’habitude de dire : « Il faut donc beaucoup apprendre, pour comprendre qu’il n’y a rien à apprendre, si ce n’est de le comprendre. ». Cet aphorisme nous conduit à la quatrième orientation du référentiel : la matière et l’esprit. Matière et esprit Boissonnet est un lecteur enthousiaste de l’Histoire de l’Art et surtout de l’Esprit des Formes, ouvrages écrits par Elie Faure, en cette première moitié du XXe siècle (Elie Faure, Histoire de l’Art, L’Esprit des Formes, Éditions G. Crès et Cie 1933). C’est ainsi que pour faire comprendre son art, Boissonnet, en véritable pédagogue, utilise certaines citations de l’écrivain, comme celle de la matière et de son écorce : « Il ne faut pas confondre la matière et son écorce, l’aspect premier des choses avec leur vie intime qui se transmet par l’alchimie subtile de la grâce (Elie Faure « Ombres Solides », Essais d’Esthétique Concrète S.F.E.L.T. 1934, p.126) ». Hegel avait déjà noté que l’apparence s’oppose à l’essence tout en admettant que la réalité sensible n’était pas illusoire. Ici, Elie Faure va plus loin en donnant à la matière un rôle fondamental. En effet, il ajoute : « la matière en peinture est toute la peinture ». Il faut se souvenir qu’Elie Faure aborde ce thème à propos de Soutine dont la matière « est parmi les plus charnelles que la peinture ait exprimée ». Boissonnet se souviendra de ce texte ainsi que ce constat d’Hegel : « L’absolu se déplace de l’objectivité de l’art vers l’intériorité du sujet. » (Hegel « Leçons sur l’esthétique. » 1820).  L’indissoluble union de la matière et de l’esprit se trouve ainsi renforcée. Boissonnet fait sienne cette déclaration d’Elie Faure : « L’art qui est notre raison d’être, ne périra qu’avec nous. C’est lui qui nourrit et maintient notre énergie spirituelle (Elie Faure, L’Esprit des Formes, Introduction) »

Références

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  1. « Moteur de recherche des décès », sur matchid.io (consulté le ).
  2. Archives de la Mairie de Bordeaux, État Civil 1906.
  3. Archives Boissonnet : toutes les indications biographiques des « Années de Jeunesse » et suivantes sont issues des archives de la Famille Boissonnet.
  4. Archives Boissonnet : l’École des Beaux Arts dispense des cours du soir pour les jeunes travailleurs.
  5. Archives Boissonnet 2.
  6. André Lhote a 21 ans de plus que Boissonnet. Lui aussi a suivi les cours de sculpture décorative de l’École des Beaux Arts de Bordeaux, en 1898, après l’École Primaire.
  7. Livret militaire de Boissonnet.[source insuffisante]
  8. Statuts de la Société des Artistes Indépendants Bordelais du 4 octobre 1929.
  9. Dominique Cante, Les peintres de la société des artistes indépendants bordelais 1927.1938 (Mémoire de maîtrise), Université de Bordeaux III, juin 1981, page ?
  10. Paule Cécile Jude (1906-2000), fille de Paul Jude, cadre supérieur dans une entreprise de spiritueux et d’Anne Peychès, sans profession, est une artiste douée, déjà sociétaire des A. I. B.
  11. La Petite Gironde du 25 mai 1938 : « les portraits, notamment ont une profondeur émouvante et leur simplicité de lignes et de touches en fait comme une traduction d’état d’âme. »
  12. Il rend visite aux artistes venus à Bordeaux pour les salons des A. I. B.
  13. Archives Boissonnet b 4 : cette parole d’encouragement servira de marque distinctive pour cet artiste tout au long des décennies à venir.
  14. Chaval, pseudonyme d’Yvan Le Louarn, 1915-1968, né à Bordeaux, est un dessinateur célèbre avec ses dessins remplis de dérision. C’est aussi un grand ami de Boissonnet qui est très affecté par sa mort tragique. Un certain nombre des dessins de Chaval fut cédé au profit du Musée des Beaux Arts de Bordeaux.
  15. Catalogue du Salon de Mai de 1950 - B. Dorival (1914 - 2003).
  16. Catalogue : Peintres d’aujourd’hui France Italie, Turin 1951, œuvres présentées : Le filet et le nuage reçoivent l’ombre, La nasse aux crabes, Rythmes spontanés. Archives Boissonnet.
  17. Catalogue de la IIIe Biennale de Menton, août septembre 1955 : l’œuvre exposée est : Les filets. Archives Boissonnet.
  18. Catalogue de l’exposition. Archives Boissonnet.
  19. Le Figaro 20.6.1957.
  20. Catalogue de l’exposition 1961, Archives Boissonnet et B.N.F.
  21. Catalogue de l’exposition 1961.
  22. Arts, 4 octobre 1961.
  23. Affiche de l’exposition. Archives Boissonnet.
  24. ARTS du 4 octobre 1961.
  25. Catalogue de l’exposition, Archives Boissonnet.
  26. Lettres Françaises du 14.4.1971
  27. La Galerie mai 1971.
  28. La Tapisserie, art du XXe siècle, Madeleine Jarry, Office du livre 1974.
  29. Donation de 2009 au Musée des beaux-arts de Bordeaux.
  30. Boissonnet ne peint plus sur nature depuis les années soixante. Il utilise parfois une documentation photographique.
  31. Le Combat avec l’Ange - Éditions Le Festin
  32. Archives Boissonnet
  33. Journal Sud-Ouest du 16.02.1992.
  34. Libération du 03/01/1996.

Annexes

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Bibliographie

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  • 1933 André Lhote, « La Peinture, le Cœur et l’Esprit, suivi de Parlons Peinture », Denoël.
  • 1933 Élie Faure, « Histoire de l’Art. L’Esprit des Formes », Ed. G. Crès et Cie.
  • 1933 [] J.F Dupeyron, Le Reporter. « la manière dépouillée d’un grand maître :Derain ».
  • 1933 Nouvel Essor : « Edmond Boissonnet nous a fait une démonstration de sa maîtrise »
  • 1934 Elie Faure, « Ombres solides », Essais d’esthétique concrète S.F.E.L.T 
  • 1936 Catalogue du IXe Salon des A.I.B.
  • 1938 [] J. de Wissant, La Petite Gironde, « l’évolution de cet excellent artiste s’y révèle ».
  • 1938 [] La Liberté, « une très belle exposition du peintre Boissonnet »
  • 1938 [octobre] Catalogue du XIe Salon des A.I.B.
  • 1938 [décembre] J. Belaubre, Beaux Arts, «il s’exprime passionnément ».
  • 1942 Le Progrès, « enthousiaste, lyrique et passionné ».
  • 1943 Jac Belaubre « Quelques artistes de chez nous », [le Sud Ouest Economique.]
  • 1945 Gaston Diehl, « Les problèmes de la peinture, Confluences. 
  • 1946 [] J.F Reille, Arts, «prix de la Jeune Peinture,  voix en faveur de Boissonnet».
  • 1948 [avril] P. Descargues, Arts, « le choix de Boissonnet, peintre plus tendre, plus délicat ».
  • 1948 [avril] F. Elgar, Carrefour, « mieux vaut le courage que l’application ».
  • 1953 [] Armand Got, les Lettres Françaises.
  • 1954 Baudelaire, Œuvres Ed. Gallimard, La Pléiade.
  • 1956 Chaval, Vive Gutenberg, Ed. R. Laffont.
  • 1956 [] Jean Bouret, Franc-Tireur, l’exposition de Boissonnet a une sonorité grave »
  • 1956 [] M.T.M, Arts, « en quelques traits véhéments ».
  • 1957 J. et B. Guérin, « Des Activités et des Hommes autour d’un demi-siècle. » Ed. BEB
  • 1957 [juin] A. Lhote, J. Lassaigne, J. Vauthier, Préface du Catalogue, Galerie de l’Élysée.
  • 1957 [] R. Cogniat, Le Figaro, «art convaincant ».
  • 1957 [] A. Rèche, La Vie de Bordeaux, « Boissonnet, peintre de la réalité vivante ».
  • 1958 [] A. Lhote, « Boissonnet, peintures, gouaches, dessins », Galerie Faure.
  • 1958 [] A. Got, La France, « Boissonnet qui a eu, toujours, le sens de l’harmonie ».
  • 1958 [] A. Michot, La France, « de la peinture avant toute chose ».
  • 1958 [] A. Delussay, Courrier Français « et pourtant Boissonnet n’est pas abstrait ».
  • 1958 Charles Lapicque, « Essais sur l’espace, l’art, la destinée » Ed. Grasset.
  • 1959 [] J.D.V (Jean de la Ville), La France, « une fresque riche de rythmes colorés ».
  • 1960 [] A. Rèche, la Vie de Bordeaux, « tout se construit ainsi dans un rythme ».
  • 1960 [] C. Giaud, La France, « le mouvement incessant des choses ».
  • 1961 J. Lassaigne, Catalogue de l’exposition à la Maison de la Pensée Française.
  • 1961 [] P. Cabanne, Arts, « je voudrais faire naître un rêve ».
  • 1961 [] J. Bouret, Les Lettres Françaises, « une mutation dans l’art actuel ».
  • 1961 [] F. Elgar, Carrefour, « rien n’est stable, immobile, pesant dans ses tableaux ».
  • 1961 [] J. Darle, L’Humanité, « Boissonnet possède une expérience et des qualités ».
  • 1961 [] R. Cogniat, Le Figaro, « jamais l’artiste ne se laisse entrainer par l’anecdote ».
  • 1967 Catalogue de l’exposition « L’Art Brut », Musée des Arts Déco, préface de Dubuffet.
  • 1969 [] P. Paret, Sud Ouest, « devant cette œuvre solidement construite, mûre et aérée ».
  • 1969 [] C. Giaud, La France, « la profonde originalité de cette exposition ».
  • 1971 J.C Lasserre, « Bordeaux, 2000 ans d’Histoire », Musée d’Aquitaine.
  • 1971 [mars] P. Cabanne, Catalogue de l’exposition à la Galerie de Paris.
  • 1971 [] Le Figaro, « plus riche que plaisante ».
  • 1971 [] R. Barotte, Sud Ouest « cette honnêteté intellectuelle de Boissonnet ».
  • 1971 [] J. Lassaigne, Les Lettres Françaises, « Nature vraie recréée ».
  • 1971 [] Le Monde, « plus d’ampleur et de liberté ».
  • 1971 [2/] La Croix, « les formes ne sont qu’allusions…le chaos lui-même s’ordonne ».
  • 1971 [] C. Giaud, La France, « rien n’est cristallisé, tout est en devenir ».
  • 1971 [mai] R. Barotte, La Galerie, « chez lui, rien n’est jamais gratuit ».
  • 1972 J.C Lasserre, Histoire de Bordeaux, tome V
  • 1972 Catalogue de l’exposition à Gelos, Pyrénées Atlantiques,
  • 1972 [mai] S. Guilbaut, Sud Ouest, « il est immense, ce Boissonnet ».
  • 1973 Dr G.R. Rager, « Hypnose, Sophrologie et Médecine » Ed. Fayard.
  • 1973 Catalogue de l’exposition au M.B.À Bordeaux et M.A.M Paris, « Les Cubistes ».
  • 1973 [] P. Paret, Sud Ouest, «l’engagement a toujours été la raison d’être de Boissonnet »
  • 1974 [mai] P. Paret, Sud Ouest, « Boissonnet ou la création perpétuelle ».
  • 1974 [] D. Saunier, Le Courrier Français, « les émerveillements de Boissonnet ».
  • 1975 [juin] Duluc, La Vie de Bordeaux, « aucune mode ».
  • 1976 [mai] La Vie de Bordeaux, R. Mirande, « paysages de France, j’aime ce titre simple ».
  • 1976 [juin] Aquitaine, B. Abiet, « peinture tourmentée ».
  • 1976 [mai] P. Paret, Sud Ouest, « peintures et tapisseries de Boissonnet ».
  • 1978 [] J. Belaubre, La Vie de Bordeaux, « du grand, très grand art ».
  • 1978 [] D. Saunier, Le Courrier Français, « la peinture est un jaillissement continu ».
  • 1978 [mai] P. Paret, Sud ouest, « on retrouve avec plaisir, cet univers coloré ».
  • 1980 [] C. Nanquette, Les Nouvelles Littéraires, « une semaine sainte chargée », (vitraux)
  • 1981 D. Cante, « Les peintres de la Société des A.I.B. 1927-1938 » Maîtrise à Bordeaux III.
  • 1981 [] D. Saunier, Courrier Français, « Tapisseries de Boissonnet ».
  • 1981 [] C. Giaud, Vie de Bordeaux, « Lyrisme et fiévreuses reconstructions spatiales »
  • 1981 Catalogue Artcurial : André Lhote.
  • 1983 [] J.M Faubert, Sud Ouest, « Boissonnet, cinquante ans de peinture ».
  • 1984 [] J.M Faubert, Sud Ouest, « le printemps chaleureux de Mécénart ».
  • 1984 [] J.M Faubert, Sud Ouest, « le triomphe océan d’Edmond Boissonnet ».
  • 1986 R. Coustet, présentation de l’exposition à la Galerie du Troisième Œil à Bordeaux.
  • 1986 [] J.M. Faubert, Sud Ouest. « Boissonnet, demain ».
  • 1986 [] D. Dussol, Sud Ouest, « les beaux silences de Boissonnet ».
  • 1988 [] D. Godfrey, Sud Ouest Dimanche, « la longue marche des Indépendants ».
  • 1989 [] D. Dussol, Sud Ouest, « un art plus personnel qualifié de paysagisme abstrait ».
  • 1990 Catalogue de l’exposition de Cajarc, Bissière, Lettres à Louttre.
  • 1992 Exposition Hôtel de Région Aquitaine : présentation : «Hommage à Boissonnet ».
  • 1992 [] D. Dussol Sud Ouest, « l’enfance de l’art ».
  • 1992 [] B.F, Courrier Français, « l’impulsion créatrice ».
  • 1992 [] D. Godfrey, Sud Ouest, « soixante ans de plénitude ».
  • 1993 Lydia Harambourg, « L’École de Paris 1945-1965 : Dictionnaire des peintres », Ides et Calendes, Neuchâtel. Réédition en 2010.
  • 1995 Françoise Taliano des Garets, « La Vie Culturelle à Bordeaux. » Ed. PUB
  • 1995 C. Bellan, Catalogue de l’exposition Boissonnet, à Lescombes/Eysines (33327).
  • 1996 [mars] D. Cante, Le Festin no 19, « Edmond Boissonnet, l’indépendant ».
  • 1996 [] Valérie de Saint-Do, Sud Ouest, « L’Hommage à Boissonnet ».
  • 1999 E. Bénézit, « Dictionnaire des peintres, etc., tome 2. Ed. Gründ.
  • 2000 Collectif : « Bissière », Ides et Calendes.
  • 2002 Hegel, « Leçons d’Esthétique » (1820) Éd. Hatier.
  • 2006 Collectif : « Edmond Boissonnet, Le Combat avec l’Ange », Éd. Le Festin.
  • 2006 [] Sud Ouest,  « double rétrospective Boissonnet »
  • 2007 [] J.Bienvenu, La Dépêche du Midi, «trésors inédits de Bordeaux ».
  • 2007 [] D. Godfrey, Sud Ouest, « les bonheurs d’un paysagiste ».
  • 2007 [] La Gazette de l’Hôtel Drouot no 8, « Edmond Boissonnet, le combat avec l’Ange » par Lydia Harambourg.
  • 2007 Catalogue de l’exposition : «Le Rugby, c’est un monde », Musée d’Aquitaine. Bordeaux
  • 2007 Henri Bergson, « L’Évolution créatrice » (1907) PUF
  • 2009 T. Saumier et D. Dussol, « L’Art abstrait à Bordeaux, 1940-1970 », Éd. Le Festin.
  • 2012 C. Bellan, « Dans la Lumière encore », Ed. Le Festin.
  • 2013 Encyclopaedia Universalis.
  • 2013 [] R. Guitard, présentation de l’exposition Boissonnet « Nature et mouvement » à la galerie Guyenne Art Gascogne à Bordeaux.
  • 2013 [] La Gazette de l’Hôtel Drouot, Lydia Harambourg : Nature et Mouvement.

Filmographie

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En 1983, il est décidé de réaliser un film sur la vie quotidienne de Boissonnet. Le tournage a lieu en août. Le titre est de Pierre Cabanne : « L’Aventurier de l’absolu », (Texte de 1971.) La nature est le décor de cette vie quotidienne : la mer changeante au gré des marées, la forêt toute proche, les clairs de lune et les couchers de soleil. Elle est filmée dans l’optique de la vision subjective du peintre. Viennent alors s’articuler à l’intérieur de ce récit, des évocations de sa vie de peintre, nourries de documents et de toiles anciennes. Elles créent une rupture et un contraste par leur rythme rapide et leur densité.
Réalisateur : Jean-Pierre Mitrecey.
Durée : 30 minutes.
Lieu de sa première présentation : Cinéma du Musée national d’art moderne dit « Beaubourg », le . Ensuite, présentation dans différentes institutions.

Liens externes

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