Edmond Michel-Tyl
Edmond Michel-Tyl, de son nom complet Edmond Émile Michel, né le à Nîmes et mort le à Vétheuil[1], est un romancier et traducteur français.
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Edmond Émile Michel |
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La Vallée du mystère (d) |
Biographie
modifierOrphelin très jeune [2], il a pu suivre, grâce aux bourses, une scolarité complète. Élevé par ses grands-parents, il se retrouve professeur de français à Leith (Écosse) ce qui explique sa grande familiarité avec la langue anglaise.
Il prend part à la Première Guerre mondiale d'abord comme caporal, puis lieutenant et enfin capitaine[3]. Il a été blessé de nombreuses fois et cité à l'ordre de l'armée. Il a également collaboré à l'organisation de l'instruction des troupes américaines en France vers 1917 et est dirigé vers la 42e division américaine.
À la fin de la guerre, il est affecté à la garnison de Roustchouk (Bulgarie) où il sert d'officier de liaison dans l'Armée du Danube, incorporé dans la 26e division britannique (en) : il racontera plus tard ce moment dans une nouvelle L'idée du sergent Dupuis, paru dans l'hebdomadaire « Ric et Rac » le [4].
De là, il est accusé de désertion le 7 mars 1919, puis rayé des rôles de désertion et même promu capitaine. Il ne sera définitivement amnistié que par la loi du 29 avril 1921[5].
Il se marie le à Vétheuil, avec Madeleine Valentine Lucienne Tyl[6], connue sous le nom de Madeleine Michel-Tyl, avec laquelle il va collaborer dans ses traductions.
Sa première traduction, Les Frères MacRae, issue du roman The Brothers[7], paraît en feuilleton dans le journal Le Temps du au [8]. Elle ne sera jamais publiée.
C'est avec le roman La Vipère jaune en 1933 que commence vraiment sa carrière de traducteur. Ses traductions portent sur des auteurs classiques, comme John Steinbeck, Erskine Caldwell ou Taylor Caldwell ; mais la grande majorité couvre des auteurs de romans policiers ou d'aventures, comme Leslie Charteris, Francis Iles, Dashiell Hammett, Raoul Whitfield, Rafael Sabatini ou Rex Stout. Il est à noter que, pour la série « Le Saint », il s'agit plutôt d'adaptation, avec la collaboration active de sa femme, puisque 41 des 78 ouvrages ont été publiés directement en français[9].
La guerre impose un arrêt dans le travail de traduction. Edmond Michel-Tyl se consacre alors à la rubrique « Bridge » dans l'hebdomadaire Candide du au [10]. Sa nécrologie, parue dans le journal Ici Paris du [11] rappelle bien cette activité :
« Michel Tyl n'est plus.
Tous ceux qui ont connu ce garçon lettré et délicat qui avait su trouver une frontière commune au journalisme et à la littérature seront atterrés par l'incroyable nouvelle. Michel Tyl était devenu le spécialiste no 1 du bridge, et longtemps il avait assuré cette rubrique à « Candide ». Mais il était aussi, entre autres, le traducteur des « Aventures du Saint », cette série de romans policiers qu'il avait su populariser chez nous.
Récemment, il avait puissamment retracé pour « Ici Paris » la vie aventureuse de Nostradamus[12].
Nous présentons à la famille si cruellement éprouvée de notre collaborateur nos condoléances attristées. »
Il reprend ses activités de traduction à la fin de la guerre, comme l'annonce le magazine Art en date du [13] :
« Avant la guerre, la librairie Arthème Fayard avait lancé deux grandes séries policières qui avaient conquis d’emblée un immense public. D’une part, Les Aventures du Saint, d’autre part Les Aventures de Raffles. Bien entendu, l’occupation avait interrompu la publication des exploits de ces personnages. Ils nous reviennent avec Le Saint s’en va-t-en guerre et Raffles et l’homme à la clé. Chaque mois nous vaudra un volume de ces auteurs anglo-saxons traduits par E. Michel-Tyl. »
Sa carrière littéraire s'arrête en 1949, l'année de sa mort ; néanmoins, c'est sa femme, sous le pseudonyme M. Edmond-Tyl, qui reprend le flambeau et poursuit le travail d'adaptation et de traduction.
Publications
modifierRomans
modifier- La vallée du mystère, Paris, Le Masque, coll. « Le Masque. Série Émeraude » (no 28), , 254 p. (BNF 32449171, lire sur Wikisource)
- Robin des bois hors la loi et gentilhomme, Paris, Aillaud, Bastos et Cie, , 256 p. (BNF 32449169)
Principales traductions
modifierOn peut citer, parmi ses traductions les plus connues, les ouvrages suivants :
- Sidney Fairway (d) (trad. de l'anglais), La Vipère jaune [« The Yellow Viper »], Gallimard, , 223 p. (BNF 32090270)
- Raoul Whitfield (trad. de l'anglais), La « Vierge » fatale [« The Virgin Kills »], coll. « Détective » (no 15), (BNF 31644522, lire en ligne)
- P. C. Wren (trad. de l'anglais), Beau Sabreur, Gallimard, coll. « Collection héroïque » (no 2), , 253 p. (ISBN 2070267067, BNF 31669163)
- Dashiell Hammett (trad. de l'anglais), Le Faucon de Malte [« The Maltese falcon »], Gallimard, , 253 p. (BNF 32219801)
- Rafael Sabatini (trad. de l'anglais), Le Capitaine Blood [« Captain Blood »], Gallimard, , 253 p. (BNF 31274206)
- R. L. Goldman (trad. de l'anglais), On a tué le juge Robinson [« Judge Robinson Murdered »], Librairie des Champs-Élysées, coll. « Le Masque » (no 230), , 345 p. (BNF 32177771)
- Seldon Truss (trad. de l'anglais), Ci-gît [« Escort to danger »], Librairie des Champs-Élysées, coll. « Le Masque » (no 243), , 247 p. (BNF 31502320)
- Rex Stout (trad. de l'anglais), La Bande élastique [« The rubber band »], Gallimard, , 220 p. (BNF 31411481)
- Leslie Charteris (trad. de l'anglais), L'héroïque aventure [« Knight Templar »], Fayard, , 253 p. (BNF 32449173)
- John Steinbeck (trad. de l'anglais), En un combat douteux [« In dubious battle »], Gallimard, , 270 p. (BNF 31402585)
- William Irish (trad. de l'anglais), La mariée était en noir [« The Bride wore black »], Fournier, , 205 p. (BNF 31667733)
- Micheal Sadleir (d) (trad. de l'anglais), Fanny by Gaslight [« Fanny by Gaslight »], La Nouvelle édition, , 527 p. (BNF 32596302)A paru d'abord en 55 feuilletons du au dans le quotidien France Soir sous le titre Mademoiselle Fanny
- Frank Slaughter (trad. de l'anglais), Deux cœurs de femmes [« In a dark garden »], Les Presses de la Cité, , 363 p. (BNF 32635516)
Notes et références
modifier- ↑ « Carnet du Figaro du 18 avril 1949 », sur Gallica (consulté le )
- ↑ « Journal officiel du 10 avril 1906 : Répartition des bourses d'enseignement primaire supérieur pendant l'année 1905 », sur Gallica.
- ↑ « Fiche matricule no 1919 d'Edmond Michel », sur Archives départementales du Gard (consulté le ).
- ↑ « Fascicule du 21 janvier 1933 de « Ric et Rac » », sur Gallica (consulté le ).
- ↑ « Loi relative à l'amnistie », Journal officiel, , p. 5288.
- ↑ « Acte de naissance de Edmond Michel », sur Archives départementales du Gard (consulté le ).
- ↑ (en) L. A. G. Strong, The Brothers, .
- ↑ « Requête pour retrouver les parutions du feuilleton », sur Gallica (consulté le ).
- ↑ (en) « Histoire des titres en français de la série « Le Saint » », sur www.lofficier.com (consulté le ).
- ↑ « Requête pour trouver les rubriques d'Edmond-Tyl », sur Gallica (consulté le ).
- ↑ « "Ici Paris", du 25 avril 1949 », sur Gallica (consulté le ).
- ↑ Version abrégée du roman de Michel Zévaco, paru en feuilletons du 11 mai 1948 au 31 août 1948 (« listes des épisodes », sur Gallica (consulté le )).
- ↑ « "Arts", du », sur Gallica (consulté le )