Emilie Lieberherr

personnalité politique suisse (PS/ZH)

Emilie Lieberherr, née le à Erstfeld (originaire de Zurich et Nesslau) et morte le à Zollikerberg, est une personnalité politique suisse, membre du Parti socialiste jusqu'en 1990 puis sans parti.

Emilie Lieberherr
Illustration.
Dans la salle du Conseil des États, en 1986.
Fonctions
Conseillère aux États
Législature 40e et 41e
Groupe politique socialiste (S)
Prédécesseur Fritz Honegger (PRD)
Conseillère communale (exécutif) de Zurich
Département Affaires sociales
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Erstfeld (UR)
Date de décès (à 86 ans)
Lieu de décès Zollikerberg (ZH)
Nationalité suisse
Parti politique Parti socialiste (jusqu'en 1990)
Diplômée de Université de Berne

Elle est la première femme élue au gouvernement de la ville de Zurich, où elle siège de 1970 à 1994. Elle est également conseillère aux États de à .

Biographie

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Origines, famille et proches

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Emilie Lieberherr naît le à Erstfeld, dans le canton d'Uri. Elle est originaire de Zurich et de Nesslau, dans le canton de Saint-Gall[1]. Elle grandit dans le canton d'Uri[2].

Elle a une sœur aînée et une sœur cadette[3]. Son père, Jakob Lieberherr, est mécanicien-ajusteur aux CFF ; sa mère, née Theresia Dallabona[1], dont les parents sont originaires du Nord de l'Italie[4], est tailleuse[5].

Si Emilie Lieberherr ne s'est jamais mariée[1], elle vit pendant plus de 60 ans avec une femme, Minnie Rutishauser[5]. Elles habitent à partir de 1970 dans une maison à Wil, dans le canton de Zurich[5],[6].

Études et parcours professionnel

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Emilie Lieberherr suit sa scolarité obligatoire à Erstfeld, dans le canton d'Uri[7].

Après avoir obtenu un diplôme de commerce et une maturité commerciale[7] au cloître d'Ingenbohl (de)[4], dans le canton de Schwytz, elle travaille trois ans comme secrétaire de Dora Schmidt à l’Union de banques suisses à Zurich[1],[8]. En 1947, elle devient responsable pendant quatre ans de la formation du personnel chez Oscar Weber (de) SA à Berne[1].

Encouragée par Dora Schmidt[9], elle suit de 1952 à 1956 des études d’économie politique à l’Université de Berne, tout en travaillant : elle donne des cours à l'École des vendeuses de Berne et aux Cours commerciaux de Lyss[10]. Elle obtient une licence, puis un doctorat ès sciences politiques en 1965[1], avec une thèse portant sur la formation dans l'hôtellerie[7]. Elle est la première Uranaise à faire des études universitaires[11].

Après un séjour aux États-Unis de 1957 à 1959, où elle occupe plusieurs emplois (notamment comme préceptrice et professeur de français de Jane et Peter Fonda[6],[12]), elle est maîtresse d'école professionnelle pour le personnel de vente à Zurich de 1960 à 1970, puis cofondatrice (1961) et présidente (1965-1978) du Forum des consommatrices suisses[1].

Parcours politique

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Emilie Lieberherr adhère au Parti socialiste en 1969[9].

Elle est conseillère communale (exécutif) de Zurich du [13] à 1994[1]. Première femme à y siéger, elle dirige les affaires sociales[1]. Elle est réélue en 1974 avec un record absolu de voix[14]. Élue et réélue jusqu'en 1978 sous les couleurs du Parti socialiste, elle est candidate de l'Union syndicale en 1982 et 1986 après un différend avec son parti. Après avoir formé son propre comité en 1990, elle est exclue du Parti socialiste pour avoir soutenu le candidat radical à la présidence de la ville[1].

Elle est élue en 1978 au Conseil des États face à la candidate radicale Martha Ribi[15], lors d'une élection complémentaire organisée à la suite de l'élection de Fritz Honegger au Conseil fédéral[16] : elle obtient 139 000 voix contre 126 000 à son adversaire[17], qui était favorite[18], parvenant à regagner le siège perdu par son parti en 1967[17]. Elle est réélue le 21 octobre 1979, s'imposant par 921 voix face au candidat radical Rico Jagmetti[19]. Ses domaines de spécialité au Parlement fédéral sont les finances et les transports[9]. Elle annonce en ne pas se représenter lors des élections de l'automne 1983[20].

Annoncée candidate au Conseil national pour le parti des aînées en 1995[21], elle renonce finalement à se présenter[10].

Première présidente de la Commission[n 1] fédérale pour les questions féminines (1976-1980), Emilie Lieberherr marque la politique zurichoise et suisse dans les domaines de l'égalité des sexes et de l'aide aux personnes âgées et aux toxicomanes[n 2],[1]. Plaidant « pour une politique libérale et pour une légalisation des stupéfiants »[23], elle est ainsi la première personnalité politique suisse à proposer, en été 1989, une distribution contrôlée d'héroïne[24]. Elle fait partie du comité qui organise en 1969 la « Marsch auf Bern » (marche sur Berne), en faveur du droit de vote des femmes en Suisse[n 3],[8]. Elle est aussi impliquée en 1980 dans le mouvement de protestation Opernhauskrawalle – Züri brännt[26].

Autres activités

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Elle anime dans les années 1990 une émission dominicale de philosophie sur DRS[27].

Fin de vie et mort

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Victime d'une chute à la veille de son 85e anniversaire et contrainte par la suite de faire des dialyses, Emilie Lieberherr décède le vers 4 h du matin, à l'âge de 86 ans, à l'hospice de Zollikerberg, dans le canton de Zurich, où elle passe les derniers mois de sa vie[5],[6],[28].

Ses obsèques ont lieu le au Grossmünster, à Zurich, et réunissent des centaines de personnes[29].

Distinction

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En 2014, son parcours est honoré par la Gesellschaft zu Fraumünster (de)[3].

Bibliographie

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Notes et références

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Cet article est partiellement ou en totalité issu de la page « Emilie Lieberherr, version du 4 avril 2024 » de Markus Bürgi (trad. Florence Piguet) sur le site Dictionnaire historique de la Suisse, le texte ayant été placé par l’auteur ou le responsable de publication sous la licence Creative Commons paternité partage à l'identique ou une licence compatible.
  1. Il s'agit d'une commission consultative extraparlementaire[22].
  2. Elle est la première à défendre une politique de tolérance dans le domaine de la toxicomanie[12]. Voir également Scènes ouvertes de la drogue en Suisse.
  3. Le manteau rouge qu'elle porte lorsqu'elle prononce son discours devant 5000 femmes munies de sifflets est exposé au Musée national de Zurich[25].

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 Markus Bürgi (trad. Florence Piguet), « Emilie Lieberherr » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
  2. Anne-Marie Jaccard, « Emilie Lieberherr, "ministre" des femmes à Berne », Le Nouvel Illustré, , p. 23 et 24 (lire en ligne)
  3. 1 2 (de) « Frauenehrungen », sur Gesellschaft zu Fraumünster (de) (consulté le )
  4. 1 2 (de) Annegret Honegger, « Ich finde das Leben einfach phänomenal », Zeitlupe: für Menschen mit Lebenserfahrung, vol. 82, no 11, , p. 22 à 25 (lire en ligne)
  5. 1 2 3 4 (de) Susanne Anderegg, « Hinter der Kämpferin stand eine Frau », Tages-Anzeiger, (lire en ligne)
  6. 1 2 3 (de) Marcel Huwyler (de), « Wir waren 70 Jahre zusammen », Schweizer Illustrierte, , p. 36 à 41 (lire en ligne [PDF])
  7. 1 2 3 (de) « Zur Stadtratswahl : Emilie Lieberherr », Die Staatsbürgerin (Zeitschrift für politische Frauenbestrebungen), vol. 26, , p. 3 (lire en ligne)
  8. 1 2 (de) Rita Torcasso, « Ich war immer eine Aufmüpfige », Visit (magazine de Pro Senectute du canton de Zurich), no 3, , p. 36 et 37 (lire en ligne)
  9. 1 2 3 jo, « « Zürichs Mutter Courage » in Berlingen », Thurgauer Zeitung, vol. 196, no 270, , p. 35 (lire en ligne)
  10. 1 2 Charlotte Hug, « Emilie Lieberherr : le courage au féminin », Générations aînés, vol. 25, no 10, , p. 14 et 15 (lire en ligne)
  11. SRF 1994.
  12. 1 2 Sonia Zoran, « Emilie Lieberherr, la panthère grise de la politique », Le Nouveau Quotidien, , p. 21 (lire en ligne)
  13. Agence télégraphique suisse, « Attribution des dicastères », Journal de Genève, , p. 9 (lire en ligne)
  14. Jean-Louis Zurcher, « Zurich : guerre des dames pour un siège au Conseil des États », Journal de Genève, , p. 8 (lire en ligne)
  15. A.-M. L., « Zurich : la course pour les États », Gazette de Lausanne, , p. 11 (lire en ligne)
  16. « Aux États, les deux nouveaux conseillers ont prêté serment », Journal de Genève, , p. 10 (lire en ligne)
  17. 1 2 Jean-Louis Zurcher, « Zurich : la candidate socialiste a été élue au Conseil des États », Journal de Genève, , p. 9 (lire en ligne)
  18. Georges Perrin, « L'élection de Mme Lieberherr aux États commentée par la presse zurichoise », Journal de Genève, , p. 9 (lire en ligne)
  19. Agence télégraphique suisse, « Élection de Mme Lieberherr aux États: on recomptera les suffrages », Journal de Genève, , p. 8 (lire en ligne)
  20. Agence télégraphique suisse, « Emilie Lieberherr renonce à son mandat aux États », Gazette de Lausanne, , p. 6 (lire en ligne)
  21. Anne Dousse, « Le come-back d'Emilie », Le Matin, , p. 5 (lire en ligne)
  22. Commission fédérale pour les questions féminines, « Questions au féminin No 1 », Journal de Genève, , p. 11 (lire en ligne)
  23. Dominique Chouet, « Emilie Lieberherr tire sa révérence », 24 heures, , p. 10 (lire en ligne)
  24. Agence télégraphique suisse, « Emilie Lieberherr annonce qu'elle ne se représentera pas », Courrier de Genève, vol. 125, no 255, , p. 12 (lire en ligne)
  25. (de) Julia Schnider, « Der rote Mantel von Emilie Lieberherr », Traverse (revue d'histoire), vol. 30, no 3, , p. 45 à 60 (lire en ligne)
  26. (de) « 10vor10 - TV - SRF Player »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?), 10vor10, (consulté le )
  27. « Bon anniversaire Émilie », Le Nouveau Quotidien, , p. 40 (lire en ligne)
  28. (de) Jürg Rohrer, « Ein Leben für Frauen und Bedürftige », Tages-Anzeiger, (lire en ligne Accès payant)
  29. « Dernier adieu à Emilie Lieberherr » (brève), Le Matin, , p. 8 (lire en ligne)
  30. (de) [vidéo][Production de télévision] « Die kämpferische Ökonomin Emilie Lieberherr », dans Tagesschau (2:40 min) , Schweizer Radio und Fernsehen (consulté le )
  31. (de) « DOK: Emilie Lieberherr », Berner Tagwacht (de), vol. 102, no 239, , p. 10 (lire en ligne)

Liens externes

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