Union syndicale suisse

syndicat professionnel

L'Union syndicale suisse (USS) est la première organisation faîtière des syndicats suisses. Ses 19 fédérations syndicales regroupent environ 309 982 membres en 2024[1].

Union syndicale suisse
Histoire
Fondation
Cadre
Sigle
USSVoir et modifier les données sur Wikidata
Type
Forme juridique
Domaine d'activité
Siège
Pays
Organisation
Membres
309’982
Président
Affiliation
Site web

L'USS est fondée en 1880[2]. Son siège est à Berne. Elle est membre de Confédération syndicale internationale et de la Confédération européenne des syndicats.

L'USS est neutre au point de vue confessionnel et indépendante en matière politique. Elle lutte pour la justice sociale et défend, sur le plan international, suisse, cantonal et régional, les intérêts des travailleurs et des chômeurs[3].

Histoire

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L'Union syndicale suisse est fondée le , à Olten, lorsque la Fédération ouvrière suisse décide de se dissoudre pour créer une organisation uniquement syndicale[2]. Elle ne commence ses activités qu'après l'adoption de ses statuts et le choix de son siège en [2].

À sa fondation, elle doit faire face aux fédérations syndicales de branches et aux unions ouvrières régionales[2]. Ce n'est qu'en 1891, lorsque la gestion de la Caisse suisse de réserve en cas de grève lui est confiée, qu'elle voit sa position renforcée[2]. Les fédérations de branches, jusque-là indépendantes, s'affilient ensuite à l'USS en nombre[2]. Leur place face aux organes centraux devient cependant un objet de conflits ; ceux-ci, tout comme les discussions portant sur la stratégie à appliquer à l'égard de la concurrence naissante des syndicats chrétiens, se reflètent dans les débats permanents sur les statuts entre 1900 et 1908[2].

Le principe de la neutralité en matière politique et religieuse prévaut dans un premier temps, puis est abandonné en 1906 au profit de la théorie de la lutte des classes[2]. Les fédérations centrales, après s'être réparties la Caisse de réserve en 1906, prennent le contrôle de l'USS grâce à la création, en 1908, du comité syndical, un parlement dominé par leurs fonctionnaires[2]. L'USS reste une organisation faîtière relativement faible au niveau organisationnel et financier, sans pouvoir sur ses membres et incapable d'agir sans le soutien des fédérations professionnelles[2]. Elle compense sur le plan politique son effacement dans ses relations avec l'industrie[2].

À la suite de la grève générale de 1918, qui démontre la force des syndicats dits libres (proches du Parti socialiste), l'USS succède à la Fédération ouvrière suisse comme porte-parole du monde ouvrier auprès des autorités fédérales[2]. Elle a dès lors des représentants dans les commissions d'experts du Département fédéral de l'économie publique, puis, à partir des années 1930, des autres départements[2]. La théorie de la lutte des classes perd de son importance et disparaît des statuts en 1927[2].

L'USS est considérée progressivement comme l'une des quatre principales fédérations de l'économie suisse et participe, surtout après la Seconde Guerre mondiale, à des accords tripartites[2]. Elle joue occasionnellement un rôle important dans des votations populaires (référendum contre la lex Schulthess en 1924[n 1], initiative de crise en 1935, etc.), mais à l'époque de sa meilleure intégration dans la procédure de consultation préparlementaire, elle y renonce presque totalement et ne lance aucun référendum entre 1951 et 1974[2]. Ensuite, les mutations économiques et sociales rendent plus difficile le consensus interne et minent la prétention à représenter l'ensemble des salariés[2]. L'USS se retrouve toujours plus dans l'opposition, luttant au niveau des entreprises contre le démantèlement de la réglementation collective des conditions de travail et au niveau politique contre les atteintes à la sécurité sociale[2].

L'USS gagne sa première initiative en 2024. Lors des votations fédérales de mars 2024, l'initiative pour une 13e rente AVS est en effet acceptée par une majorité de la population[4].

Membres

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L'USS comprend vingt fédérations centrales à l'époque de la réorganisation de 1908, quinze seulement en 1928, les adhésions (cheminots et postiers surtout) n'ayant pas compensé les fusions[2]. Ce chiffre ne varie guère jusque dans les années 1990[2]. Il n'existe pas de statistique fiable sur le nombre de membres durant les premières années ; l'effectif atteint 1 000 personnes à la fin de 1886, 5 000 en 1890 et passa de moins de 8 000 en 1896 à environ 14 000 en 1898[2]. En 2015, l'USS compte plus de 360 000 membres[2].

Présidence

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Syndicats membres

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Membres de plein droit

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SyndicatSigleFondationEffectifs en 2024[1]Remarques
UniaUnia2005171 584Représente près de la moitié des membres de l'USS[5] - Issu de la fusion du SIB de la FTMH et de la FCTA
Syndicat du personnel des transportsSEV[6]191936 506
Syndicat des services publicsSSP192031 257
SyndicomSyndicom201027 864Issu de la fusion de Comedia et du Syndicat de la communication
Association du personnel de la ConfédérationAPC19127 168
Association suisse des employés de banqueASEB19185 226
Avenir SocialAvenir Social20053 907
KapersKapers19713 136
Syndicat suisse des mass mediaSSM19742 735
Société suisse de pédagogie musicaleSSPM18932 428
Syndicat du personnel des douanes et des gardes-frontièregaraNto20012 400Issu de la fusion entre l'Association suisse des fonctionnaires aux douanes et la Fédération suisse du personnel des douanes
Société pédagogique vaudoise SPV 2023 2 111
Union suisse des artistes musiciensUSDAM19141 702
Swiss Controllers Association HelvetiCA 2023 642
Nautilus internationalNautilus2011535
easyJet Switzerland Pilots AssociationESPA2010288
New Wood – Syndicat du personnel des Nations unies (Genève)New Wood199823

Membres associés

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SyndicatSigleFondationEffectifs en 2024[1]Remarques
Syndicat interprofessionnel de travailleuses et travailleursSIT19239 167Actif uniquement dans le canton de Genève
Association des professionnels des arts de la scèneScèneSuisse20201 306Issu de la fusion de l’Association suisse des artistes du spectacle vivant (SBKV) et de la Teatri Associati della Scena Indipendente (TASI)

Membres observateurs

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SyndicatSigleFondationEffectifs en 2024[1]Remarques
Impressum - Les journalistes suissesImpressum18834 500
Association suisse des infirmières et infirmiersASI191022 710
Employés du secteur public SuisseZV191420 800

Publications

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  • Roland Ruffieux, Un siècle d'Union syndicale suisse, 1880-1980, Office du livre (Fribourg), 1980. Cet ouvrage contient de nombreuses contributions sur divers aspects du syndicalisme en Suisse.
  • Christian Bruchez, Patrick Mangold et Jean Christophe Schwaab, Commentaire du contrat de travail, 4e édition, éditions Réalités sociales (Lausanne), 2019 (ISBN 978-2-88146-153-8).

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 « Dossier no 167 : Évolution des effectifs des syndicats en 2024 », .
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 Bernard Degen (trad. André Naon), « Union syndicale suisse (USS) » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
  3. ↑ USS, « Statuts de l’Union syndicale suisse » [PDF], (consulté le )
  4. ↑ Tristan Hertig et Antoine Schaub, « La 13e rente AVS triomphe auprès de la population et des cantons. Lourd échec pour la retraite à 66 ans », RTS info,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  5. ↑ André Mach, Groupes d'intérêt et pouvoir politique, Presses polytechniques et universitaires romandes, coll. « Le savoir suisse », (ISBN 9782889151479), p. 95.
  6. ↑ « Syndicat du personnel des transports » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne

Voir aussi

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Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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  1. ↑ Référendum lancé contre une loi proposant de rallonger la durée de la semaine de travail de 48 à 54 heures.
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