Affaire Chandler

affaire judiciaire américaine
(Redirigé depuis Evan Chandler)

L'affaire Chandler a débuté le et s'est terminée le . Evan Chandler, dentiste des stars et scénariste, accuse Michael Jackson d'avoir abusé sexuellement de son fils, Jordan Chandler, alors âgé de 13 ans. Il engage une procédure civile et réclame 20 millions de dollars de dommages et intérêts[1]. Il s'agit de la première accusation publique d'abus sexuels sur mineur contre Jackson, qui dénonce une tentative d'extorsion[2]. L'affaire déclenche une tempête médiatique et l'ouverture d'une enquête pénale dans les Comtés de Santa Barbara et de Los Angeles.

Affaire Chandler
Fait reproché Pratiques sexuelles sur mineur
Chefs d'accusation Abus sexuels sur mineur
Pays États-Unis
Ville Los Olivos, Santa Barbara
Date 1993
Nombre de victimes 1 présumée (Jordan Chandler)
Jugement
Statut
  • Retrait de la plainte au civil après un accord à l'amiable ()
  • Clôture de l'enquête criminelle par manque de preuves ()

Du fait de l'âge de la victime présumée, les avocats de la famille Chandler parviennent exceptionnellement à placer le procès civil avant un potentiel procès pénal, ce qui est défavorable à Jackson[3]. Lui et son équipe choisissent de se concentrer sur sa défense dans le cadre de la procédure pénale, la seule des deux pouvant mener à une incarcération en cas de condamnation. En un accord à l'amiable est trouvé qui met fin à la procédure civile. Jordan reçoit plus de 15 millions de dollars et Jackson stipule qu'il n'a commis aucun méfait[3]. L'enquête pénale se poursuit. 400 témoins sont interrogés sur une période de 13 mois[4]. Deux grands jurys examinent le dossier. Dès , le grand jury de Santa Barbara conclut que les preuves réunies ne sont pas suffisantes pour inculper Jackson[5].

A partir de , la famille Chandler cesse de coopérer. En le procureur de Santa Barbara, Tom Sneddon, suspend l'affaire faute de preuves ou de témoignages suffisants[6].

Ces allégations ont nui à l'image publique, à la santé et à la stature commerciale de Jackson[7],[8],[9]. Plusieurs de ses contrats publicitaires ont été annulés, notamment celui qui le liait à Pepsi depuis dix ans. Lors du procès de 2005 concernant l'affaire Arvizo, l'accusation est autorisée à évoquer les allégations de 1993 et June Chandler, la mère de Jordan Chandler, est alors appelée à témoigner[10].

Contexte

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En , la voiture de Jackson tombe en panne dans un quartier de Los Angeles. Jackson et son garde du corps se rendent à pied chez le garagiste le plus proche pour un dépannage. Il y rencontrent David Schwartz. Ce dernier, n'en revenant pas d'être devant la star Michael Jackson, prévient sa femme et lui demande de venir accompagnée de Jordie, son fils d'un précédent mariage. Jordan Chandler, 12 ans, est un grand fan de Jackson. Lors de l'accident de la pub Pepsi en 1984, il lui avait envoyé un dessin. Jordan et Michael sympathisent et restent en contact téléphonique des mois durant. Depuis plusieurs années déjà, Jackson téléphone à ses jeunes fans, rend visite à des enfants dans des hôpitaux, s'entoure d'enfants à la fin de ses concerts et en reçoit également chez lui, au ranch de Neverland[11].

En , Jackson invite Jordan, sa demi-soeur et sa mère, June Chandler-Schwartz, à passer un week-end au ranch. Entre février et , Jordan, sa demi-sœur et sa mère accompagnent la star dans plusieurs évènements hautement médiatisés, dont notamment les Soul Train Music Awards à Las Vegas le et les World Music Awards à Monaco le . Durant cette période, la famille reçoit également de nombreux cadeaux de la part de Jackson[11].

Le National Enquirer, un hebdomadaire people américain, publie un article sur le thème, en décrivant June Chandler-Schwartz et ses enfants comme « la nouvelle famille adoptive de Michael ». Entre leurs déplacements, Jackson passe un temps considérable avec June et ses enfants. L'un de ses chauffeurs témoignera qu'il l'a déposé chez eux le soir et qu'il est revenu le chercher le matin 30 jours consécutifs. Durant leurs voyages, au domicile de sa mère puis au domicile de son père, Jackson dort dans la chambre voire dans le même lit que Jordan[11].

Dentiste de profession, Evan Chandler, le père biologique de Jordan, vient d'obtenir un petit succès à Hollywood en co-écrivant la comédie parodique Sacré Robin des Bois[12], réalisée par Mel Brooks en 1993. Evan est surtout connu pour être le dentiste des stars[13]. Il est notamment le dentiste de Carrie Fisher, la princesse Leia dans la saga Star Wars, qui est par ailleurs une voisine et amie de Jackson. Fisher souffre de toxicomanie . Elle évoque sa relation avec Evan Chandler dans son autobiographie, parue en 2011 et commentée alors dans la presse[14],[7],[15]. Elle rapporte notamment à son sujet : « Et comme [j'étais] une de ces personnes qui subissaient des soins dentaires inutiles juste pour la morphine, [Chandler] était une de ces personnes qui pouvaient organiser un service aussi bienvenu »[16],[17].[pertinence contestée]

Chandler voit rarement son fils, dont il n'a pas la garde. Au moment de l'affaire, il doit à sa mère $68 804 de pension alimentaire et d'intérêts impayés[18]. Au départ, il se réjouit de la relation entre son fils et Jackson[11],[7]. Alors que les rencontres se multiplient, Evan Chandler reproche à Jackson de passer du temps avec son fils à son détriment et commence à s'interroger sur la nature de leur relation, qu'il perçoit comme de plus en plus exclusive[11]. Il n'est pas satisfait des réponses que lui apportent séparément son fils et Jackson à ce sujet[3],[11]. June aurait également demandé à Jackson si la nature de la relation entre lui et son fils est sexuelle et celui-ci, incrédule, déclare que ça n'est pas le cas[11].

À leur retour de Monaco en mai, Jackson et Jordan séjournent cinq jours chez Evan Chandler, où ils dorment dans une chambre avec son demi-frère. Chandler les voit alors dans le même lit et, bien qu'ils soient habillés, il affirme que cette scène éveille ses soupçons[19]. Evan Chandler déclarera que c'est à ce moment-là qu'il a commencé à soupçonner Jackson d'abuser de son fils[20],[21]

June Chandler et son fils Jordie avaient prévu d'accompagner Michael Jackson lors de sa prochaine tournée en automne 1993, tourné qui devait durer environ cinq mois. Evan Chandler s'oppose à ce projet. David Schwartz, le beau-père de Jordan, enregistre à son insu une conversation avec Evan Chandler le 8 juillet 1993. Celui-ci le prévient avoir engagé un avocat, Barry Rothman. Il évoque les conséquences qu'il entend provoquer déclarant notamment : « Ce sera un massacre si je n'obtiens pas ce que je veux » et « la carrière de Michael sera finie »[19],[22],[23].

Un accord est ensuite conclu entre les avocats des deux familles pour qu'Evan puisse avoir Jordie auprès de lui pendant une semaine. June accepte initialement cet arrangement, mais décide finalement de ne pas remettre son fils à son père et part avec Jordie et sa fille Lily à Neverland pour y fêter l'anniversaire de cette dernière. Depuis la propriété de Michael Milken, où ils se sont arrêtés, une dispute téléphonique éclate entre Michael Jackson et son propre enquêteur privé Anthony Pellicano au sujet de cette décision, Pellicano ayant promis au père de lui restituer l'enfant. Témoin de la colère inattendue de Jackson, June décide de ne pas aller à Neverland avec les deux enfants et retourne à Los Angeles. Evan obtient la garde temporaire de l'enfant au cours du mois de juillet, et les contacts entre Jackson et Jordan prennent ainsi fin[24],[25].

Allégations et premières négociations

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Le 16 juillet 1993, Jordan Chandler subit une intervention dentaire dans le cabinet de son père. Selon Evan Chandler, son fils lui aurait admis, alors qu'il se trouvait sous l'effet de médicaments administrés lors de l'intervention, que Michael Jackson lui avait touché le pénis. La journaliste du tabloïd américain Hard Copy, Diane Dimond, rapporte, sur la base de dossiers de l'anesthésiste Mark Torbiner, que Jordan aurait reçu du bromure de glycopyrronium et de l'hydroxyzine[26],[27]. D'autres sources rapportent qu'Evan Chandler lui aurait administré de l'amobarbital ou du pentothal sodique, médicaments pouvant notamment augmenter la suggestibilité et ne pouvant, par conséquent, être considérés comme fiables pour établir la véracité d’une déclaration[28],[29],[30],[11],[31].

Chandler et ses avocats contactent Jackson et demandent 20 millions de dollars au chanteur en échange de ne pas le poursuivre en justice ou d'en parler à la presse[18]. Le , Chandler et son fils se réunissent avec Jackson, qui est assisté par Anthony Pellicano, le détective privé des stars. Lors de cette rencontre, Chandler produit une lettre écrite le 15 juillet par un psychiatre à la demande de Barry Rothman, l'avocat d' Evan Chandler[11]. Cette lettre, rédigée sur la base des informations communiquées par l'avocat[32], indique « des doutes raisonnables d'abus sexuels » sur Jordan[19]. Le médecin précise que s'il ne s'agit pas d'un cas hypothétique, il est légalement tenu de le signaler aux services de protection de l'enfance du Comté de Los Angeles.

Le 13 août, Jackson fait une contre-offre à Evan par l'intermédiaire de Pellicano, en lui proposant un financement de trois films valant chacun 350 000 dollars, soit plus d'un million de dollars au total. Chandler refuse cette offre[11],[19],[2]. Le lendemain, Barry Rothman propose à Pellicano que le financement des trois films s'élève à un total de 15 millions de dollars. Jackson propose alors une nouvelle contre-offre à la baisse pour un seul film de 350 000 dollars, s'engageant cette fois à payer directement les 350 000 dollars. Evan refuse et met fin aux négociations[32].

Révélation des accusations, ouverture de l'enquête pénale et procédure civile

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Le , Chandler et son fils rendent visite au Dr Abrams. Lors d'une session qui durera trois heures, Jordan raconte à Abrams comment il a été abusé à de nombreuses reprises durant les quatre mois de sa relation avec Jackson[33]. Bien qu'il ne se rappelle pas des dates et des heures auxquelles ceci s'est produit, il donne de nombreux détails. Il évoque notamment de nombreux actes de fellation et de masturbation. Abrams fait un signalement à la police, ce qui déclenche l'enquête pénale dans les comtés de Los Angeles et de Santa Barbara, où les faits allégués se seraient produits[19]. Jordan Chandler répète les mêmes informations lorsqu'il est interrogé par la police, qui recueille une description détaillée du pénis de Jackson[34].

Dès septembre 1993, des agents du FBI assistent les enquêteurs et recherchent activement des témoignages et d'autres victimes potentielles, y compris hors des États-Unis. Ils se rendent notamment à Manille, aux Philippines, pour interroger d'anciens employés de Jackson[35],[36]. Lorsqu'elle est interrogée, June Chandler-Schwartz dit initialement à la police qu'elle ne croit pas que Jackson ait abusé de son fils. Les résidences de Jackson, y compris Neverland, sont fouillées par la police. Quatre garçons, qui sont également amis avec Jackson, dont Macauley Culkin et Wade Robson, nient tout attouchement sexuel de la part de Jackson. Jackson et son équipe se défendent en dénonçant une tentative d'extorsion[2].

Le 13 septembre 1993, la famille Chandler, y compris la mère de Jordan qui se range maintenant du côté d'Evan, retiennent les services de Larry R. Feldman pour les représenter dans le cadre d'une procédure civile. Ils demandent 30 millions de dollars de dommages et intérêts à Jackson pour le préjudice qu'ils estiment avoir subi[1]. En effet, deux procédures s'ouvrent parallèlement, l'une au pénal, qui vise à déterminer la culpabilité, l'autre au civil, qui vise uniquement à déterminer le montant des dommages et intérêts. Étant donné les lois californiennes et l'âge présumé de la victime (moins de 14 ans), les avocats des Chandler obtiennent une procédure civile accélérée, qui placera le procès au civil en mars 1994, avant un éventuel procès pénal. Ceci met Jackson dans une position défavorable, car ça le force potentiellement à dévoiler sa stratégie de défense à la partie adverse en amont du seul des deux procès qui peut aboutir à une incarcération en cas de condamnation. Lui et son équipe contestent cette situation, qui transgresse selon lui ses droits, mais n'obtiennent pas gain de cause auprès des autorités californiennes[37],[3],[38].

Couverture médiatique

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Les accusations sont rapidement rendues publiques et font les gros titres au plan national et international[39]. Des informations confidentielles, et notamment les rapports détaillant les allégations de Jordan Chandler auprès de la police et des services sociaux, fuitent tout de suite dans la presse. Le Los Angeles Times rapporte que les services s'accusent mutuellement d'être à l'origine de ces fuites[18]. La couverture médiatique de l'affaire comprend de nombreuses manchettes et spéculations. D'après le Los Angeles Times, la limite se brouille, dans le traitement médiatique de cette affaire, entre presse généraliste et presse tabloïd[40]. Selon le Washington Post, seulement dix jours après que les accusations aient été rendues publiques par la chaîne de télévision KNBC-TV, les règles habituelles du journalisme ont été contournées ou enfreintes[41].

Jackson est alors en pleine tournée pour le Dangerous World Tour. Les membres de la famille Jackson s'adressent à la presse et démentent que Jackson soit un pédophile. D'autres enfants, qui sont également amis avec Jackson, dont Macauley Culkin et Wade Robson (un des protagonistes des allégations de 2019) nient tout attouchement sexuel de sa part.

Selon le critique des médias Howard Rosenberg, du Los Angeles Times, un tournant intervient lorsque Diane Dimond, journaliste de l'émission tabloïd Hard Copy, est sollicitée comme experte pour commenter les accusations dans le journal télévisé de la chaîne américaine généraliste CBS[42].

Les tabloïds lancent des appels à témoins et n'hésitent pas à offrir des sommes considérables en échange d'informations en lien avec de possibles abus sexuels de la part de Jackson[2]. En 2015 et 2016, Ron Newt, manager du groupe The Newtrons et proche de la famille Jackson, affirme que le tabloïd américain The National Enquirer lui a proposé 200 000 dollars en décembre 1993[43],[44]. Selon ses déclarations, cette somme devait rétribuer l'exclusivité de témoignages de ses fils accusant Michael Jackson d'attouchements sexuels, à la suite d'un séjour de deux semaines de la famille à Hayvenhurst en 1985. Pour appuyer ses propos, Ron Newt présente un projet de contrat non signé — sur lequel il a inscrit la mention « no good sucker » — établi par David Perel, alors éditeur de l'hebdomadaire[44]. Il fait également état d'enregistrements audio de la négociation, réalisés à San Francisco par le journaliste Jim Mitteager[44].

Lors d'un séminaire juridique organisé en 2010, Larry Feldman, l'avocat de la famille Chandler dans le cadre de la procédure civile qui débute en septembre 1993, explique qu'il n'existait pas à l'époque de règles formelles, en Californie, quant à ce que les avocats étaient autorisés à partager avec la presse. Il ajoute que son équipe a mené une procédure « extrêmement vigoureuse » : elle n'a pas mené de campagne médiatique directe, mais elle a exposé ses arguments dans des documents judiciaires publics, lesquels pouvaient être consultés par les médias et contribuer à la couverture de l'affaire[37].

La santé de Jackson se détériore au point d'annuler plusieurs spectacles puis la fin de sa tournée[45]. Étant stressé par l'épreuve alors qu'il est sous anti-douleurs puissants dans le cadre d'une opération de reconstruction de son cuir chevelu, il développe une addiction aux médicaments contre la douleur. En novembre 1993, il part plusieurs semaines à l'étranger, en cure de désintoxication. Le tabloïd britannique The Daily Mirror lance alors un concours auprès de ses lecteurs qu'il intitule « Spot the Jacko » (Où est Jacko ?), offrant un séjour à Disney World à toute personne capable de prédire où se trouve Jackson.

La réputation de Jackson se dégrade encore après les déclarations de sa sœur La Toya, en décembre 1993, qui rétractera plus tard ses propos et les attribuera à la pression exercée sur elle par un mari abusif, Jack Gordon : « Je dois vous dire que c'est très difficile pour moi, que Michael est mon frère, je l'aime beaucoup, mais je ne peux pas être et je ne serai plus une collaboratrice silencieuse de ses crimes contre de jeunes enfants innocents. Et si je garde le silence, ça signifie que j'entretiens sa culpabilité et l'humiliation que ces enfants ressentent, et je pense que c'est mal[46] ». Elle aurait affirmé détenir des preuves de la pédophilie de son frère et proposé de les révéler en échange de 500 000 dollars. Une guerre des enchères s'en serait suivie entre tabloïds américains et britanniques mais n'aurait pas abouti[47].

Fouille de Neverland, examen corporel et allocution télévisée

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Les domiciles de Jackson, dont Hayvenhurst et le ranch de Neverland, sont perquisitionnés à plusieurs reprises. De nombreux livres, des photos et des vidéos sont saisis. Deux livres de garçons nus seront présentés au jury par l'accusation en 2005 dans le but de démontrer l'intérêt de Jackson pour les adolescents: Boys will be boys et Boys: A photograpic essay[48],[49]. D'après la défense de Jackson, ces deux ouvrages sont librement disponibles dans le commerce[50]. Le second contient une inscription qui suggère qu'il lui a été offert par l'une de ses fans en 1983[48]. Les magazines pornographiques et les autres livres d'art saisis et présentés au jury de 2005 ne représentent que des femmes adultes[51].

Le , Jackson accepte de se soumettre à un examen corporel au cours duquel ses parties génitales sont photographiées afin de vérifier la description fournie par Jordan Chandler[52],[34]. Deux jours plus tard, Jackson donne une allocution de 4 minutes et 18 secondes, où il parle du caractère déshumanisant et humiliant de l'examen qu'il a subi[53]. Selon The Smoking Gun, qui affirme avoir consulté un affidavit de Deborah Linden, adjointe au bureau du shérif du comté de Santa Barbara, Jordan Chandler aurait notamment décrit Michael Jackson comme étant circoncis[34]. Le rapport d'autopsie publié en 2009 indique toutefois que Michael Jackson n'était pas circoncis[54], ce qui paraît contredire cet élément de la description rapportée. Dans une requête visant à faire admettre les photographies comme éléments de preuve dans les derniers jours du procès de 2005, Tom Sneddon, alors procureur chargé des poursuites, estime que la description fournie par Jordan Chandler est corroborée dans ses éléments essentiels par les photographies prises lors de l'enquête[55]. Le juge Rodney Melville rejette sa demande, estimant que leur valeur préjudiciable l'emporte sur leur valeur probante[56]. Selon Scott Ross, le détective privé pour la défense de Jackson en 2005, si la description de Jordan Chandler avait été suffisamment corroborée, Michael Jackson aurait été arrêté sur le champ, en décembre 1993[57]. En 2026, dans un documentaire diffusé par Netflix et un autre par France Télévisions, d'anciens membres de l'accusation, dont le procureur adjoint Ron Zonen, réaffirment qu'ils estiment que la description donnée par Jordan Chandler correspondait aux photographies réalisées lors de l'enquête[58],[59]. Ces photographies, placées sous scellés, n'ont jamais été rendues publiques.

Résolution à l'amiable au civil et absence d'inculpation au pénal

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Evan Chandler réclame 30 millions de dollars de dommages et intérêts[1]. Le , la famille Chandler et leurs avocats signent avec Jackson et son équipe un accord de 15 331 250 dollars au profit de Jordan qui met fin à la procédure civile[60]. Les parents reçoivent 1,5 million de dollars chacun. Les avocats de la famille Chandler reçoivent une somme estimée à 3 millions de dollars[61]. L'accord précise que Jackson « décline expressément toute responsabilité et nie tout acte répréhensible »[60]. Une clause de confidentialité est attachée à l'accord, qui n'empêche pas Jackson de clamer son innocence mais interdit toute autre évocation de l'affaire et de la famille Chandler de la part de Jackson et de ses ayants droit, et inversement[61].

Selon les avocats de Jackson, c'est son entourage parvient à le convaincre de l'intérêt de trouver un accord à l'amiable[62]. Toujours selon eux, il s'agit aussi d'éviter davantage de publicité nuisant à sa carrière et de se concentrer, potentiellement, sur sa défense lors d'un éventuel procès pénal[37]. Les avocats de Jackson déclarent :

« c'était la seule solution pour éviter une action civile – qui aurait contraint M. Jackson à témoigner devant un tribunal – et réduire les risques d'une procédure pénale potentiellement plus dommageable, dans laquelle il aurait également été contraint de témoigner. S'il était reconnu coupable au pénal, M. Jackson pourrait être emprisonné[3] »

Johnnie Cochran, l'avocat de Jackson, confie alors à la presse :

« Le règlement de cette affaire ne constitue en aucun cas un aveu de culpabilité de la part de Michael Jackson».

Gil Garcetti, le procureur de district de Los Angeles, où la plainte a été déposée, déclare au même moment :

« L'enquête pénale visant le chanteur Michael Jackson se poursuit et ne sera pas affectée par l'annonce du règlement à l'amiable dans l'affaire civile. Le bureau du procureur de district prend M. Feldman au mot lorsqu'il affirme que la victime présumée sera autorisée à témoigner et qu'aucun accord dans l'affaire civile n'aura d'incidence sur la coopération à l'enquête pénale »

L'avocat de la famille Chandler, Larry Feldman, déclare que lui même et Jordan Chandler sont « très satisfaits de la résolution de cette affaire »[63],[64],[65] et que « personne n'a acheté le silence de qui que ce soit »[66]. Il confirme cette information en 2010, lors d'un séminaire juridique sur les deux dossiers Jackson (1993 et 2005), en présence des avocats de Jackson en 1993 et 2005, dont Tom Mesereau, de l'assistant du procureur de Santa Barbara, Ron Zonen, et du juge Melville, qui a jugé l'affaire en 2005[37].

L'enquête pénale se poursuit. Gil Garcetti, et le procureur de Santa Barbara (où réside Jackson), Tom Sneddon, continuent de chercher des témoignages et d'autres victimes potentielles[67]. Une source proche du dossier aurait indiqué que bien qu'ils disposent du témoignage de Jordan Chandler, « leur enquête est entravée par un manque de preuves matérielles ou médicales reliant Jackson à ces agressions sexuelles »[2].

Deux grands jurys californiens distincts examinent les preuves réunies contre Jackson : l'un à Santa Barbara et l'autre à Los Angeles[68],[5]. En mars 1994, le grand jury de Los Angeles convoque la mère de Jackson afin d'établir « s'il avait changé l'apparence de ses organes génitaux pour que ceux-ci ne correspondent pas à la description donnée par Jordan »[69]. D'après l'article du Los Angeles Times, Howard Weitzman, l'un des avocats de Jackson, dénonce cette convocation, qu'il qualifie d'inhabituelle et assimilable à du harcèlement.

En avril 1994, selon une source proche de l'enquête citée par Variety, les éléments réunis à ce stade ne semblaient permettre d'envisager contre Jackson qu'une éventuelle « erreur de jugement »[70]. Dès mai 1994, le grand jury de Santa Barbara considère que les preuves ne sont pas suffisantes pour une mise en examen[5]. Jordan et sa famille continuent de coopérer jusqu'à début juillet 1994, puis se retirent[4]. En Californie, aucune loi n'oblige une victime d'abus sexuel à témoigner contre son gré. En septembre 1994, l'enquête est officiellement suspendue à Los Angeles, où le second grand jury manque de preuves ou de témoignages suffisants pour inculper Jackson[6]. Plus de 400 personnes auront été interrogées en 13 mois et 2 millions de dollars d'argent public auront été dépensés au cours de l'enquête[4]. Les dossiers du FBI sur Jackson, qui seront rendus publiques après sa mort, en 2009, indiquent que l'affaire avait été close en août 1994 au motif qu'il ne restait « aucune piste à exploiter pour le bureau de Los Angeles dans cette affaire »[35],[71]. Convaincu de la culpabilité de Jackson, Tom Sneddon, le procureur de Santa Barbara, refuse de clore l'enquête et précise qu'elle peut être rouverte à tout moment si de nouvelles victimes se présentent[6],[4].

Blanca Francia, ancienne femme de ménage de Jackson à Hayvenhurst et Neverland, est alors la seule personne de son entourage à témoigner contre lui auprès de la police et des procureurs. Elle affirme avoir aperçu Jackson nu avec de jeunes garçons à plusieurs reprises. Elle déclare que ces observations ont motivé sa démission en 1991, se disant « dégoûtée » par ce qu'elle avait vu. Francia accorde une interview à l'émission télévisée Hard Copy, connue pour rémunérer habituellement ses témoins. Cette participation suscite des interrogations quant à l'intégrité potentielle de son témoignage si elle avait été rémunérée. Francia refuse toutefois de préciser si elle avait reçu de l'argent. Toutefois, le Los Angeles Times, citant des experts juridiques, souligne que ces préoccupations pouvaient être atténuées par le fait qu'elle avait communiqué ses déclarations aux autorités avant d'être contactée par l'émission[72].

D'autres employés de Neverland affirmeront avoir vu quelque chose, mais leurs témoignages seront publiés par la presse à ''people'' avant d'être entendus par la police, ce qui met en doute leur crédibilité vis-à-vis d'un jury.[réf. nécessaire] Son fils, Jason Francia, 13 ans, est longuement interviewé par la police. Lors du premier entretien, il affirme que Jackson ne l'a jamais touché de manière inappropriée, puis sa version change[73]. En 2005, Tom Mesereau, l'avocat de Jackson, suggère que les policiers qui l'ont interrogé l'ont influencé[74]. Corey Feldman sera également interrogé par la police lors des auditions de témoins[75],[76]. Le témoignage de Jason, qui figure dans le dossier de 1993, n'est pas jugé suffisant pour poursuivre Jackson. Peu de temps après l'affaire, les avocats de la famille Francia contactent ceux de Jackson, leur affirmant qu'ils sont prêts à déposer une plainte au civil pour demander des dommages et intérêts. La plainte ne sera pas déposée et en 1996 un accord à l'amiable sera trouvé entre Blanca Francia et Jackson. L'accord avec Jason est signé en 1998, à ses 18 ans. La famille reçoit 2 millions de dollars. Les deux accords précisent : « Les parties reconnaissent que Jackson a choisi de régler les réclamations uniquement en raison de l'impact potentiel que tout litige pourrait avoir à l'avenir sur sa réputation, ses gains et ses revenus potentiels, et non en raison d'une quelconque conduite fautive présumée de sa part »[73]. Blanca Francia et son fils viendront tous deux témoigner au procès de 2005[77].

Relation avec Lisa Marie Presley et conséquences de l'affaire

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Selon Chris Cadman, Jackson a rencontré la chanteuse Lisa Marie Presley en , lorsqu'il était à l'hôtel Sahara Tahoe avec les Jackson 5. Son père, Elvis Presley, y terminait alors un contrat de deux semaines, tandis que les Jackson 5 étaient sur le point d'y commencer le leur[78],[79]. En , Jackson a renoué avec Presley par l'intermédiaire d'un ami commun. D'après J. Randy Taraborrelli, ils se fréquentent par intermittence en , alors qu'elle est encore mariée et a deux jeunes enfants. Le , Presley accompagne Jackson à une collecte de fonds organisée par Jimmy Carter à Atlanta. Elle est notamment visible sur les images de l'évènement diffusées par Channel 2, une chaîne de télévision locale,[80]. Jackson évoque ce déplacement dans le magazine Ebony en , après leur union[81].

Alors que les accusations d'abus sexuels deviennent publiques, à partir d', elle se préoccupe de son état de santé et lui apporte du soutien émotionnel[82]. Elle aurait fait partie des proches lui ayant conseillé de trouver un accord à l'amiable avec la famille Chandler et de mettre fin à une procédure civile qui aurait pu s'étendre sur plusieurs années[11],[83]. Ils se marient discrètement en , quelques mois après la fin de la procédure civile. En , à l'annonce de la suspension de la procédure pénale par le procureur, Jackson déclare, d'après ses avocats, qu'il est extrêmement soulagé et entend désormais fonder une famille avec Presley[84]. Le , ils participent ensemble à l'émission PrimeTime Live de la chaîne ABC, animée par Diane Sawyer, et clament ensemble l'innocence de Jackson. En , une nouvelle procédure civile est engagée contre Jackson, Lisa Marie Presley, Diane Sawyer et la chaîne de télévision ABC par Evan Chandler, le père de Jordan Chandler, qui demande 60 millions de dollars de dommages et intérêts. Celui-ci considère que les déclarations du couple dans l'émission de Sawyer transgressent l'accord de confidentialité conclu dans le cadre du règlement à l'amiable de [85],[86]. Un panel d'arbitrage confirme que ses demandes sont dépourvues de fondement et cette décision sera confirmée en appel en [87].

Jackson et Presley forment un couple par intermittence pendant quatre années après que leur divorce soit finalisé, en . Elle affirme à plusieurs reprises, y compris dans son autobiographie, qu'elle n'a jamais été témoin d'abus sexuels sur mineur de sa part et elle ajoute qu'elle l'aurait tué elle-même si ça avait été le cas[83].

Suites de l'affaire

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La réputation de Jackson est durablement endommagée. Pepsi et Sega mettent fin à leur collaboration. Il se retire du tournage du tournage du film Les valeurs de la famille Addams[88]. Les suspicions de pédophilie continuent de peser sur lui. Il sera d'ailleurs interrogé sur sa relation avec les enfants, et notamment le fait de partager occasionnellement avec eux une chambre ou un lit, dans un entretien avec Diane Sawyer en 1995, puis dans le documentaire de Martin Bashir, Living with Michael Jackson, qui déclenchera l'affaire Arvizo, en 2003[89],[90],[91].

Quelque temps après cette affaire, Jordan Chandler coupe tout contact avec sa mère[92] et, à 14 ans, demande son émancipation. Il aurait par la suite changé d'identité, pour se protéger de l'attention des médias et du public[93],[94]. Avant la fin des années 1990, Evan Chandler, Jordan Chandler, à sa majorité, et David Schwartz engageront de nouveau, séparément, des poursuites civiles contre Jackson. Schwartz porte plainte contre Jackson au civil en août 1994, pour les dommages émotionnels causés par Jackson à lui et sa fille, la demi-sœur de Jordan Chandler, pour fraude et pour négligence. La somme demandée par Schwartz n'est pas spécifiée. Aucune procédure criminelle n'est associée à la plainte[95]. En 1996, Evan Chandler engage des poursuites civiles contre Jackson et Lisa Marie Presley, la jeune épouse de Jackson, qui clament l'innocence de Jackson durant leur entretien télévisé de 1995 avec Diane Sawyer. Chandler considère que l'accord de confidentialité associé à l'entente à l'amiable avec Jackson a été transgressé et demande 60 millions de dollars de dommages et intérêts. Il nomme également dans sa plainte Sony Music, Disney et environ 300 autres co-conspirateurs de Michael Jackson, du fait que Jackson évoque l'affaire dans son album HIStory (qui doit être compris littéralement comme « SON histoire » et non « Histoire » ), sorti en 1995. Il déclare vouloir sortir son propre album EVANstory (« l'histoire d'EVAN ») en réponse à Jackson. Il perd son procès en 2000[96]. En 1998, une plainte similaire, déposée par les mêmes avocats que ceux d'Evan, émane de Jordan Chandler, qui a maintenant 18 ans[97].

Au cours du procès de 2005, Jordan Chandler refuse de témoigner[98] et June Chandler-Schwartz déclare qu'elle n'est plus en contact avec son fils depuis 11 ans. En 2006, Jordan Chandler porte plainte contre son père, qui l'a agressé avec un haltère et du gaz lacrymogène[99],[100]. Celui-ci obtiendra une ordonnance restrictive contre lui. Le , le père de Jordan Chandler, Evan Chandler, se suicide d'une balle dans la tête à son domicile, dans le New Jersey, alors qu'il est en phase terminale d'un cancer. Le frère de Chandler, avocat dans le comté de Santa Barbara, a déclaré à CNN en 2003 que Chandler craignait pour sa vie en raison de menaces proférées par des fans de Jackson[101],[102].

Après l'affaire, le journaliste indépendant, Victor Guttiérez, qui prétend par ailleurs être le biographe de Jackson[103], publie un récit pédopornographique dont il affirme qu'il se base sur le journal intime (imaginaire) de Jordan Chandler. La publication de ce livre sera interdite aux États-Unis suite à une plainte déposée par Jackson. Guttiérez assiste durant les années 1980 à des réunions de l'association pro-pédophile NAMBLA, qui lutte pour la dépénalisation de la pédophilie. D'après lui, les membres de cette association pensent à l'époque que Jackson est l'un des leurs[104]. A travers cette publication, qui veut donner un caractère romantique aux agressions sexuelles sur mineurs[105], Guttiérez associe la cause de cette association à l'un des artistes les plus connus et les plus populaires de la planète. En janvier 1995, ce journaliste affirme qu'il dispose d'un enregistrement incriminant Jackson. Celui-ci porte plainte pour diffamation contre Guttiérez et obtient sa condamnation à 2,7 millions de dollars de dommages et intérêts. Jackson engage également une procédure civile contre la journaliste Diane Dimond, qui travaille alors pour Hard Copy, pour avoir affirmé lors d'un épisode de cette émission de télévision à sensation, qu'un tel enregistrement existait, puis l'avoir répété à la radio. Il demande 50 millions de dollars de dommages et intérêts. Jackson déclare qu'il portera systématiquement plainte contre les médias qui « répandent des mensonges et des rumeurs odieusement malveillantes à [son] sujet dans le but de gagner de l'argent, de faire progresser leur carrière, de vendre des journaux ou d'attirer des téléspectateurs »[103],[106].

En 2003, Gavin Arvizo et sa famille prennent conseil auprès de l'avocat de la famille Chandler, Larry R. Feldman[107],[108],[109], et portent plainte contre Jackson pour abus sexuel sur mineur. Cette plainte aboutira à un procès pénal qui se déroulera de janvier à juin 2005. Tom Sneddon, qui cherche à démontrer que Jackson est un pédophile en série, parvient à faire examiner certains des éléments réunis en 1993. Ne voulant pas voir échapper son témoin, il s'assure cette fois-ci que le procès pénal précède un procès potentiel au civil[37]. Jackson plaide non coupable. Le cas Chandler est examiné au cours du procès et seule June Chandler-Schwartz viendra témoigner. Jordan déclarera aux forces de l'ordre qu'il n'hésitera pas à se battre en justice si on tente de l'obliger à témoigner[98],[110]. Jackson est jugé non coupable et acquitté. Aucune procédure en appel n'est engagée à l'issue de ce jugement[111],[112].

Après la mort de Michael Jackson en , Jordan aurait indiqué avoir menti sur ces accusations de 1993, depuis le site Trashselector[113],[114]. L'authenticité de cette déclaration a cependant été contestée, le message comportant des fautes d'anglais suggérant qu'il aurait pu être écrit par un fan de Jackson.[pertinence contestée]

La sortie du documentaire Leaving Neverland, en 2019, donne lieu à une importante production de médias de la part de fans tentant de défendre et réhabiliter Jackson, dont le documentaire Square One: Michael Jackson, qui revient spécifiquement sur l'Affaire Chandler[115]. Certains affirment qu'une partie des allégations diffusées dans Leaving Neverland sont tirées du récit pédopornographique de Victor Guttiérez, paru en 1995, et basé sur le journal intime imaginaire de Jordan Chandler[116]. La publication de ce récit a par ailleurs été interdite aux États-Unis après une plainte de Jackson. A travers cette publication, qui alimente les soupçons de pédophilie à l'égard de Jackson, Guttiérez tenterait de se servir d'une icône culturelle internationale majeure, pour faire avancer la cause pro-pédophile[105].

Les producteurs du biopic du film Michael, sorti en 2026, ont rencontré des difficultés en raison de l'accord de confidentialité signé avec la famille Chandler en 1994, qui interdit d'évoquer l'affaire ou d'inclure des détails sur Jordan Chandler, ou même de parler de Jordan sans son accord. Ils ne réussissent pas à le contacter[117].

Chronologie de l'affaire

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Articles connexes

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Références

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