Tom Sneddon
Thomas William « Tom » Sneddon, Jr., né le à Los Angeles (Californie) et mort le à Santa Barbara (Californie), est un avocat américain. Il a été procureur du district du Comté de Santa Barbara.
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Biographie
modifierTom Sneddon obtient une licence à l'Université de Notre Dame en 1963, puis un diplôme de droit à l'Université de Californie à Los Angeles. De 1967 à 1969, il sert dans l'armée américaine. Il commence sa carrière juridique en 1969 au sein du bureau du procureur de district du Comté de Santa Barbara. Élu procureur de district pour la première fois en 1983. Il est réélu six fois et occupe ce poste jusqu'en 2007[1].
En raison de son acharnement, Sneddon est surnommé « Mad Dog » (en français : « chien enragé ») au début de sa carrière. Parmi les procès les plus médiatisés de Sneddon figure celui où il représente l'accusation lors du procès de Michael Jackson, en 2005[2].
Sur le double album de Michael Jackson, HIStory – Past, Present and Future Book I, sorti chez Sony Music le 16 juin 1995, Jackson évoque le scandale de 1993 et l'affaire Chandler dans plusieurs de ses chansons. Le titre DS, présent sur le double album, signifie « Dom Sheldon », bien que Jackson chante clairement « Tom Sneddon » et non « Dom Sheldon »[2]. Cette chanson est un règlement de comptes avec le procureur qui a poursuivi Jackson en 1993, et dont les preuves recueillies après l'audition de plus de 400 témoins — y compris des photos des organes génitaux de Jackson — ne sont pas jugées suffisantes pour ouvrir un procès pénal contre celui-ci[3],[4],[5]. Le public se souviendra uniquement que Jackson et la famille Chandler signent un accord à l'amiable dans le cadre d'un procès civil prévu exceptionnellement avant le procès pénal, du fait de l'âge de la victime présumée — moins de 14 ans[6]. D'après Larry Feldman, l'avocat de la famille Chandler, le procureur du Comté de Los Angeles, Gil Garcetti, donne son accord pour que la procédure civile précède la procédure pénale[7]. Cette configuration transgresse les droits de Jackson, qui se voit obligé de dévoiler sa stratégie de défense à la partie adverse en amont d'un procès criminel potentiel, qui est le seul des deux procès pouvant aboutir à une incarcération en cas de condamnation. Il contestera cette situation mais n'obtiendra pas gain de cause[6]. Ceci se retourne cependant contre les deux parties en ce que Jordan Chandler, le témoin principal de l'accusation menée par Garcetti et Sneddon, leur échappe après avoir reçu environ 15 millions de dollars dans le cadre de l'accord à l'amiable avec Jackson visant à mettre fin à la procédure civile — ses parents reçoivent 1,5 millions de dollars chacun et on estime la somme reçue par ses avocats à 5 millions de dollars — et Jackson restera soupçonné d'avoir « payé la victime pour éviter un procès »[8].
Tom Sneddon, qui est le procureur du lieu de résidence principale de Jackson, le ranch de Neverland, est de nouveau chargé du dossier Jackson de 2003 à 2005, dans le cadre de l'affaire Arvizo[2]. Jackson est jugé de janvier à juin 2005. Convaincu de sa culpabilité, Sneddon veut démontrer qu'il est un pédophile aguerri et parvient à faire examiner des preuves et témoignages recueillis en 1993. Par manque de preuves et de crédibilité des témoins, Jackson est acquitté de toutes les charges lors du procès[9], largement médiatisé et commenté, voire mis en scène, par les médias. Aucune procédure en appel n'est engagée.
Après le procès, Sneddon confie à la presse : « Je vous mentirais si je disais que je ne pensais pas que nous allions gagner ». Il avoue être surpris « d'apprendre que certains jurés n'étaient pas convaincus par ce qu'il considérait comme des preuves importantes impliquant Jackson ». Il dit être déçu du verdict[10]. Il continue d'entretenir le doute dans la presse et l'opinion publique en affirmant : « qu'il ne pouvait s'empêcher de se demander si le "facteur célébrité" avait joué un rôle dans la décision du jury d'acquitter »[11]. Tom Mesereau, l'avocat de Jackson, lui conseille après l'affaire de quitter Neverland, de peur de représailles de la part du bureau du procureur de district, humilié par cette défaite devant la presse nationale et internationale. Celui-ci ira alors s'installer au Moyen-Orient et ne considèrera plus jamais Neverland comme son domicile[12].
Mort
modifierLe 1er novembre 2014, Sneddon décède des suites d'un cancer en présence de sa famille au Santa Barbara Cottage Hospital, un hôpital universitaire privé de Santa Barbara. Sneddon était marié et laisse dans le deuil son épouse Pamela, neuf enfants et six petits-enfants[13].
Liens externes
modifier- * Une biographie sur le site web du comté de Santa Barbara (en anglais)
Références
modifier- ↑ (en-GB) « Driving force who was 'motivated by grudge' », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 3 (en-GB) Duncan Campbell, « 'Mad Dog' believes he finally has his quarry on the run », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en-US) The Associated Press, « Inquiry Is Begun in Michael Jackson Case », The New York Times, (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en-US) Seth Mydans, « No Charges for Now Against Michael Jackson », The New York Times, (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en-US) Jim Newton Jim Newton is the former editor at large of the Los Angeles Times, « Jackson Not Charged but Not Absolved », sur Los Angeles Times, (consulté le )
- 1 2 (en-US) Bernard Weinraub, « Michael Jackson Settles Suit For Sum Said to Be in Millions », The New York Times, (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
- ↑ [vidéo] « Frozen In Time Seminar The Michael Jackson Cases Part One », Shazz777, , 93:51 min (consulté le )
- ↑ (en) « Michael Jackson's $15 Million Payoff », sur The Smoking Gun, (consulté le )
- ↑ (en) « Lawyer: Jackson hospitalized after acquittal », sur TODAY.com, (consulté le )
- ↑ (en-US) Stuart Pfeifer Stuart Pfeifer is a former business reporter for the Los Angeles Times, « Big Loss Stings for Jackson Prosecutor », sur Los Angeles Times, (consulté le )
- ↑ (en-US) Libby Copeland, « For Tom Sneddon, A Broken Record », The Washington Post, (ISSN 0190-8286, lire en ligne, consulté le )
- ↑ [vidéo] « Tom Mesereau on Defending Michael Jackson, Bill Cosby, Suge Knight, Mike Tyson (Full Interview) », djvlad, , 100:30 min (consulté le )
- ↑ (en-US) Paul Vitello, « Thomas Sneddon, 73, Dies; Prosecuted Michael Jackson Case », The New York Times, (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )