Procès de Michael Jackson

procès de Michael Jackson qui a eu lieu en 2005

People v. Jackson (titre complet : 1133603 : Le peuple de l'État de Californie contre Michael Joseph Jackson ) est un procès pénal de 2005 qui s'est tenu devant la Cour supérieure du Comté de Santa Barbara à Santa Maria, en Californie. Le chanteur pop américain Michael Jackson est accusé d'avoir agressé sexuellement Gavin Arvizo, 13 ans au moment des faits présumés, dans sa propriété du ranch de Neverland à Los Olivos, en Californie.

People v. Jackson
Illustration.

Fait reproché Pratiques sexuelles sur mineur
Chefs d'accusation Attentat à la pudeur sur mineur, intoxication d'un mineur en vue de l'attentat à la pudeur, tentative d'attentat à la pudeur sur mineur, complot visant à retenir la famille, complot visant à commettre une extorsion et un enlèvement d'enfant
Auteurs Michael Jackson, jugé non-coupable à l'unanimité et acquitté
Pays États-Unis
Ville Santa Maria, Santa Barbara
Date 2003
Nombre de victimes 1 présumée (Famille Arvizo)
Jugement
Statut Affaire jugée
Date du jugement

Jackson avait été accusé pour la première fois d'abus sexuels sur mineur en 1993 dans le cadre de l'affaire Chandler ; il avait nié les allégations. Faute de preuves, aucune inculpation n'avait été prononcée contre lui dans le volet pénal de l'affaire. Le volet civil — qui détermine uniquement le montant des dommages et intérêts et pour lequel la charge de la preuve est plus faible qu'au pénal — s'était conclu sur un accord à l'amiable. Le 3 février 2003, le documentaire Living with Michael Jackson montre Jackson tenant la main de Gavin Arvizo et défendant sa pratique de partager occasionnellement son lit avec des enfants, ce qui déclenche une enquête des services sociaux. Quelques mois plus tard, Gavin affirme à Larry Feldman — l'ancien avocat des Chandler — avoir été victime d'abus sexuel entre février et mars 2003, soit après la diffusion du documentaire. Une enquête pénale est ouverte et menée en grande partie par Tom Sneddon, le procureur de Santa Barbara déjà présent en 1993. Jackson est inculpé de quatre chefs d'accusation d'attentat à la pudeur sur mineur, de quatre chefs d'accusation d'intoxication d'un mineur en vue de l'attentat à la pudeur, d'un chef d'accusation de tentative d'attentat à la pudeur sur mineur, d'un chef d'accusation de complot visant à retenir la famille Arvizo captive et de complot visant à commettre une extorsion et un enlèvement d'enfant.

La sélection du jury débute le 31 janvier 2005. Durant leur témoignage, Gavin et son frère affirment que Jackson leur a servi de l'alcool, leur a montré des images pornographiques, s'est masturbé devant eux et leur a fait des avances sexuelles. La défense décrit les témoins de l'accusation comme d'anciens employés mécontents ou des individus cherchant à exploiter Jackson pour de l'argent, notamment la mère de Gavin Arvizo, qui a déjà menti auparavant pour obtenir un gain financier. Des contradictions émergent dans le récit des témoins et le dossier manque de preuves matérielles reliant Jackson aux allégations. La couverture du procès est décrite comme un cirque médiatique, la plupart des médias s'empressant de présenter Jackson comme coupable. Après un procès qui dure environ quatre mois, Jackson est acquitté de tous les chefs d'accusation le 13 juin 2005. Aucune procédure en appel n'est engagée. Il ne retourne plus jamais au ranch de Neverland et passe plusieurs mois à vivre au Bahreïn et en Irlande. Il meurt en 2009 d'une surdose de propofol.

Contexte

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Le ranch Neverland de Jackson en 2008, lieu des abus sexuels présumés

En août 1993, Jackson est accusé d'abus sexuels sur mineur par Jordan Chandler, un garçon de 13 ans[1]. Une enquête pénale est immédiatement ouverte dans les Comtés de Los Angeles et Santa Barbara, dont les procureurs respectifs, Gil Garcetti et Tom Sneddon, reçoivent l'appui d'agents du FBI[2]. Dès septembre 1993, ils recherchent activement des témoins et d'autres victimes potentiels, y compris hors des États-Unis. Les preuves recueillies au cours de 13 mois et les résultats de l'audition de plus de 400 témoins sont présentés à deux grands jurys distincts, dont aucun ne prononce d'inculpation[1],[3]. Parallèlement à la procédure pénale, la famille Chandler engage une action civile contre Jackson et lui réclame 30 millions de dollars pour le préjudice qu'elle estime avoir subi. Elle est représentée dans cette procédure par l'avocat Larry Feldman et son équipe[4]. Afin d'éviter de dévoiler sa stratégie de défense à la partie adverse en amont d'un potentiel procès pénal et de limiter les dégâts causés à sa réputation par le battage médiatique autour de l'affaire, Jackson conclut en janvier 1994, un accord à l'amiable avec la famille Chandler, qui met fin à la procédure civile[5]. La famille reçoit environ 18 millions de dollars, dont près de 15 millions de dollars vont à Jordan[6]. Les avocats de la famille reçoivent près de 3 millions de dollars[7]. Le règlement ne constitue pas un aveu de culpabilité ; Jackson, qui fait préciser dans l'accord qu'il n'a commis aucun méfait, déclare qu'il accepte ce règlement pour éviter que la procédure n'interfère avec sa vie et sa carrière[7]. Il regrette cette stratégie par la suite, car sa réputation en reste durablement endommagée et l'affaire crée, d'après lui, un précédent pour de nouvelles accusations[8],[9].

En 2000, Gavin Arvizo, un enfant atteint d'un cancer, est présenté à Jackson par l'homme d'affaires et humoriste Jamie Masada et la styliste capillaire de Jackson, Carole LaMere. Le père de Gavin, David Arvizo, qui était séparé de la mère d'Arvizo, demandait souvent de l'argent à des célébrités pour soutenir les traitements contre le cancer de son fils[10]. Gavin suivait une chimiothérapie et avait dû subir l'ablation de sa rate et de son rein gauche. A l'été 2000, Jackson téléphone régulièrement à Gavin pour l'encourager durant son traitement. Ils deviennent amis, et Jackson invite Gavin et sa famille au ranch de Neverland. Gavin est reconnaissant à Jackson de l’avoir « aidé à être heureux et à vaincre le cancer ». Selon Gavin, après quelques visites à Neverland, Jackson cesse soudainement de l'appeler ; Gavin dit qu'il se sent alors abandonné[11],[12].

En 2002, Jackson reprend contact et invite Gavin, alors âgé de 12 ans, à participer à un documentaire britannique d'ITV, Living with Michael Jackson[12][13]. Le présentateur Martin Bashir interviewe Jackson pendant huit mois pour le film[14]. Jackson et Gavin y sont vus se tenant la main pendant que Bashir interroge Jackson sur la pertinence pour un homme adulte de partager son lit avec un jeune garçon[15]. Jackson déclare alors qu'il s'agit d'un geste d'hospitalité, qu'il autorise les invités à dormir seuls dans son lit pendant qu'il dort par terre, et que ce n'est pas de nature sexuelle[16]. Il déclare que c'est une « belle chose » et qu'il avait partagé son lit avec de nombreux enfants auparavant, dont les acteurs Macaulay Culkin et Kieran Culkin[17].

Le documentaire suscite la controverse et des appels à ce que les enfants de Jackson soient retirés de sa garde[14]. Jackson qualifie le documentaire de trompeur et de « grossière distorsion de la vérité »[14]. La mère de Gavin, Janet Arvizo, déclare que les images du documentaire dénaturent la relation de son fils avec Jackson ; elle charge le cabinet d'avocats londonien Theodore Goddard de déposer des plaintes contre l'Independent Television Commission, qui supervise la chaîne ITV[18]. Jackson porte également plainte auprès des autorités de régulation de l'audiovisuel publique[19]. Bashir défend son interview en affirmant « je n'ai pas tenté de le piéger avec un enfant »[20].

Après la diffusion du documentaire, et la tempête médiatique que celui-ci cause, la famille Arvizo tente d'échapper aux sollicitations des journalistes et parvient, grâce à Chris Tucker, à rejoindre Jackson à Miami[21]. Le 7 février, ils sont de retour en Californie et, durant cinq semaines, séjournent par intermittence à Neverland. Il est établi que durant ce séjour à Neverland, Janet quitte régulièrement le ranch pour aller chez l'esthéticienne, dormir quelques jours chez son petit-ami avec ses enfants, se rendre chez son avocat ou encore rencontrer les services sociaux[12],[22].

L'équipe de Jackson produit un film de réfutation de deux heures, L'interview de Michael Jackson: les images que vous n'auriez jamais du voir, diffusé par la Fox[23],[24]. Il s'agit principalement des images que Bashir a omises au montage, comme les moments où il fait l'éloge de Jackson, de ses qualités de père et de ses actions caritatives à Neverland. Macaulay Culkin apparaît par ailleurs dans l'émission Larry King Live pour défendre Jackson, affirmant qu'aucun événement inapproprié ne s'était produit au ranch de Neverland. Il déclare : « La chambre de Michael Jackson a deux étages distincts et compte trois salles de bains. Quand j'ai dormi dans sa chambre, il faut bien comprendre le contexte. Le problème, c'est que Michael n'est pas très doué pour s'expliquer »[25],[26].

Gloria Gruber, présidente d'une association californienne en lien avec la protection de l'enfance, Prevent Child Abuse California, demande aux autorités d'interroger les enfants avec lesquels Jackson avait partagé son lit[27]. Le procureur du district de Santa Barbara, Tom Sneddon, qui n'avait pu obtenir de procès pénal au sujet des allégations de 1993[28], déclare initialement qu'en vertu de la loi californienne, dormir avec un enfant sans « conduite affirmative et offensante » n'est pas illégal et que « dormir dans le lit avec un enfant n'est pas un crime à [sa] connaissance »[27].

Enquête des services sociaux et des autorités de Santa Barbara

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Photo d'identité judiciaire de Michael Jackson, agé de 45 ans et anorexique, en 2003.

Du 14 au 27 février 2003, quelques semaines après la diffusion du documentaire, le département des services à l'enfance et à la famille de Los Angeles mène une enquête préliminaire sur Jackson et Gavin. Lorsque les services rencontrent la famille Arvizo, le 20 février 2003[12], Janet Arvizo affirme que Jackson est comme un père pour ses enfants, qu'il a aidé son fils à guérir du cancer et qu'il n'a jamais touché Gavin de manière inappropriée. Gavin affirme que Jackson et lui n'ont jamais dormi dans le même lit[29],[30]. L'enquête des services sociaux est close.

Quelques mois après la diffusion du documentaire, la famille Arvizo consulte Larry Feldman, l'avocat qui avait représenté les Chandler dans le cadre de la procédure civile de 1993, et qui avait négocié pour eux l'accord à l'amiable[31],[32],[7]. Gavin lui fait part d'abus sexuels qu'il aurait subis alors que la famille n'en a pas encore alerté les autorités[4],[33]. Feldman réfère alors la famille Arvizo au psychologue Stan Katz, que la famille rencontre le 29 mai 2003[34], et contacte les autorités de Los Angeles[33]. Il parvient ainsi à faire rouvrir l'enquête[35].

En juin 2003, le procureur du district de Santa Barbara, Tom Sneddon, déjà chargé du dossier en 1993, rouvre l'enquête. En juillet et août, il interviewe Gavin ainsi que son père David, sa mère Janet et son jeune frère Star. Des documents obtenus par ABC News montrent qu'il mène lui-même une partie de l'enquête, ce qui est inhabituel dans ce type d'affaire, et rencontre Janet Arvizo seul en novembre 2003 puis à d'autres reprises[36]. En novembre, Gavin déclare à la police que Jackson l'a agressé sexuellement à plusieurs reprises entre le 7 février et le 10 mars 2003, période durant laquelle, selon Janet Arvizo, Jackson avait retenu la famille captive à Neverland. Cette chronologie est révisée dans l'acte d'accusation du grand jury, qui stipule que les actes présumés d'agression sexuelle se sont produits entre le 21 février et le 12 mars 2003, soit près de trois à sept semaines après la diffusion du documentaire et seulement après la rencontre des Arvizo avec les services sociaux et l'enregistrement de la vidéo de réfutation[15],[12].

Dans un rapport confidentiel basé sur leur entretien avec les membres de la famille Arvizo, qui fuite dans les médias début décembre 2003, les responsables de la protection de l'enfance déclarent qu'ils estiment que les accusations de conduite illicite sont infondées[37]. Ce document est alors largement commenté par les experts, qui le considèrent comme un atout majeur pour la défense de Jackson. D'après Erwin Chemerinsky, expert de droit pénal à l'Université de Caroline du Sud, ceci pourrait même empêcher la plainte d'aller jusqu'au procès[38]. Tom Sneddon déclare quant à lui que son équipe avait connaissance de ce rapport et que ces éléments avaient été présentés au juge qui avait permis l'obtention d'un mandat de perquisition et d'un mandat d'arrêt contre Jackson[29].

Perquisition de Neverland et arrestation de Michael Jackson

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Le 18 novembre 2003, 70 policiers perquisitionnent le ranch de Neverland[33]. Jackson et ses trois enfants sont à Las Vegas, où Jackson tourne un clip vidéo pour son single « One More Chance » [39],[40].

Jackson est arrêté le 20 novembre[41]. Les images de l'artiste menotté et sa photo d'identité judiciaire sont largement diffusées dans la presse. Il est libéré une heure plus tard après avoir versé une caution de 3 millions de dollars[39].

Peu après son arrestation, Jackson publie une déclaration affirmant que ces allégations sont « fondées sur un gros mensonge »[41]. Dans une interview accordée à l'émission d'information 60 Minutes , Jackson déclare que la police l'avait maltraité et se plaint d'une luxation de l'épaule. Il réaffirme son innocence et déclare qu'il est déterminé à ne pas régler l'affaire à l'amiable comme il l'avait fait en 1993[42]. En août 2004, le bureau du procureur général de Californie conclut, après une enquête indépendante, que Jackson n'avait été ni « brutalisé » ni maltraité lors de sa garde à vue[43]. En décembre 2003, Tom Sneddon s'excuse devant la presse pour avoir utilisé le surnom « Wacko Jacko », péjoratif et considéré comme raciste[44], pour désigner Jackson lors d'une interview[45].

Le 18 décembre 2003, Jackson est inculpé de sept chefs d'accusation d'attentat à la pudeur sur mineur et de deux chefs d'accusation d'administration d'un agent intoxicant dans le but de commettre un crime[46]. Le 16 janvier 2004, jour de sa comparution, Jackson monte sur sa voiture pour danser et saluer ses fans[47]. Le 21 avril, un grand jury inculpe Jackson de plusieurs autres chefs d'accusation connexes, notamment de complot impliquant l'enlèvement d'enfants, la séquestration et l'extorsion[15]. Des membres de son entourage présents lors des faits ne sont plus considérés comme des témoins en faveur de Jackson mais des co-conspirateurs qui risquent eux-mêmes une mise en examen[48]. Il s'agit de Franck Cascio — connu alors comme « Frank Tyson » —, Vincent « Vinnie » Amen, Dieter Wiesner, Ron Konitzer et Mark Shaffel[49]. Sneddon affirme que « les cinq associés de Jackson ont joué divers rôles : surveiller la famille de la victime présumée, retirer le garçon et ses frères et sœurs de l'école et les transformer en véritables prisonniers du « Roi de la pop » après la diffusion du documentaire ». Jackson plaide non coupable le 30 avril. Il risque une peine pouvant aller jusqu'à 18 ans de prison s'il est reconnu coupable lors de son procès[50]. D'après Tom Mesereau, son avocat, ces accusations sont plus infamantes que s'il avait été accusé d'homicide[9].

A close-up portrait of Thomas Mesereau, a man with shoulder-length white hair, wearing a dark suit jacket, a white dress shirt, and a gold-colored patterned tie, looking slightly to the side against a soft background.
Thomas Mesereau (photo prise en 2007) mène la défense.

Composition du jury

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La sélection du jury populaire débute le 31 janvier 2005. Elle ne dure que cinq jours au lieu de plusieurs semaines[51]. Le jury comporte huit femmes et quatre hommes, âgés de 20 à 79 ans. Sa répartition raciale et ethnique est la suivante : sept Blancs, quatre Hispaniques et un Asiatique. Les huits suppléants sont quatre femmes et quatre hommes, parmi lesquels se trouve un homme Afro-Américain[52]. Le procès se tient dans un comté de Californie où seulement 2% de la population est Afro-Américaine[53], l'ethnicité à laquelle appartient Michael Jackson. Les membres du jury populaire sont[53],[54] :

  • une femme de 51 ans, ancienne programmeuse informatique et analyste-système, qui a également été professeur de mathématiques au lycée, mariée, mère de deux adolescents
  • Une femme de 22 ans, aide-kinésithérapeute, en couple et mère de deux enfants
  • Un homme de 62 ans, ingénieur civil, marié, quatre enfants
  • Une femme de 44 ans superviseure au Service des affaires sociales dont l'ex-mari est un policier de Santa Barbara
  • Un homme de 63 ans, conseiller d'orientation scolaire à la retraire
  • Une femme de 45 ans, employée de supermarché, trois enfants âges de 14 à 26 ans
  • Une femme de 79 ans à la retraite, ayant suivi des études supérieures, veuve et grand-mère
  • Un étudiant de 21 ans ayant complété ses études secondaires, se déplaçant en fauteuil roulant
  • Une femme de 42 ans travaillant comme auxiliaire en éducation spécialisée, mère de quatre enfants âgés de 4 à 20 ans
  • Une femme de 50 ans, entraîneuse de chevaux
  • Une femme de 39 ans qui est employée de bureau, spécialiste administrative pour l'administration du comté, mariée, sans enfants
  • Un homme de 20 ans, assistant chef caissier, célibataire, sans enfants.

Déroulement du procès pénal

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Le procès débute le 28 février 2005 au palais de justice de Santa Maria, à Santa Barbara[15]. Le juge Rodney Melville du comté de Santa Barbara préside le procès. Melville, qui entretient des relations conflictuelles avec les médias, interdit les caméras dans la salle d'audience et impose le silence aux deux parties[55].

Le procureur Tom Sneddon dirige l'accusation. Il est assisté des procureurs adjoints Ron Zonen et Gordon Auchincloss. L'équipe juridique de Jackson tente d'obtenir la récusation de Sneddon puis de son personnel, invoquant un parti pris suite à leur tentative avortée de poursuites contre Jackson en 1993 ; Melville rejette ces tentatives[28]. La défense est dirigée par l'avocat Thomas Mesereau, recommandé à la famille Jackson par son confrère avocat de la défense Johnnie Cochran, qui avait représenté Jackson en 1993, tant dans le volet pénal que dans le volet civil de l'affaire Chandler[4]. L'équipe de la défense compte également Susan Yu et Robert Sanger.

Le juge Melville autorise les procureurs à présenter des témoignages concernant des allégations antérieures portées contre Jackson, notamment l'affaire de 1993, afin d'établir si Jackson a une propension à commettre de tels crimes[56],[57]. L'accusation espère démontrer que Jackson s'est livré à des abus sexuels répétés sur des garçons. Ils font appel à des témoins pour décrire des incidents antérieurs, notamment les abus présumés de Jackson sur Jordan Chandler en 1993. L’accusation soutient que Jackson utilise Neverland, son « refuge de rêve » avec des bonbons et des parcs d'attractions, pour attirer des garçons et les manipuler sexuellement, et qu'il flatte leurs parents avec des cadeaux[58]. L’accusation déclare également qu’après la diffusion de Living with Michael Jackson, Jackson et son entourage ont tenté de retenir captive la famille Arvizo à Neverland et de les forcer à participer à une vidéo de réfutation[28]. La vidéo en question n'avait pas été intégrée au documentaire de réfutation de Jackson diffusé sur la Fox le 20 février 2003 et avait été découverte par la police en novembre 2003 lors d'une perquisition[35].

Le 10 mars 2005, alors que Gavin Arvizo s'apprête à témoigner, Jackson est absent du tribunal. Il est à l'hôpital pour des douleurs au dos. Le juge Melville émet un mandat d'arrêt à son encontre et déclare que la caution de 3 millions de dollars de Jackson serait confisquée s'il ne se présente pas dans l'heure. Jackson arrive avec une heure et dix minutes de retard et semble pleurer au tribunal. Dans une interview accordée peu après, l'un de ses avocats déclare qu'il a glissé sous la douche et s'est gravement contusionné le poumon[59].

Témoins à charge

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De février 2005 à mai 2005, l'accusation appelle plus de 80 témoins à la barre et présente plus de 600 éléments de preuve. D'après Laurie Levenson, professeure de droit à la Loyola Law School, « Tout au long du procès, presque tous les témoins n'ont pas été à la hauteur de ce que les procureurs avaient promis, du moins dans leur déclaration liminaire ». L'ancien shérif de Santa Barbara et proche de Tom Sneddon, Jim Thomas, déclare dans la même entrevue que malgré les problèmes rencontrés par l'accusation, il estime que celle-ci est parvenue à démontrer que Jackson avait des antécédents d'abus sur des garçons, servait de l'alcool aux enfants et leur montrait des contenus pornographiques. D'après Levenson, les erreurs les plus graves de l'accusation sont notamment le témoignage incohérent de Janet Arvizo, l'incapacité de Gavin à se rappeler des faits clés de l'agression et le témoignage de Debbie Rowe, en faveur de Jackson[60].

Louise Palanker

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La comédienne Louise Palanker est le premier témoin de l'accusation. Elle affirme qu'après avoir vu le documentaire britannique, elle s'inquiète pour la famille Arvizo, qu'elle a rencontrée dans un club d'humour d'Hollywood et avec laquelle elle entretient une relation d'amitié. Elle décrit un appel téléphonique qu'elle aurait reçu de la part de Janet Arvizo qui serait cohérent avec l'accusation de complot et de séquestration[61]. Quelques années après le procès, elle épouse l'assistant du procureur, Ron Zonen[62].

Martin Bashir

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Le 1er mars, le journaliste britannique Martin Bashir, qui avait interviewé Jackson pour le documentaire Living with Michael Jackson, témoigne à la barre tandis que les procureurs présentent le documentaire aux jurés[63]. Bashir refuse de répondre aux questions des avocats de la défense[28]. Tom Mesereau présente aux jurés le documentaire de réfutation L'interview de Michael Jackson: les images que vous n'auriez jamais du voir[9].

Larry Feldman

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L'avocat Larry Feldman, qui avait représenté les Chandler dans la procédure civile de 1993 et avait obtenu un accord à l'amiable d'environ 23 millions de dollars, dont environ 3 millions pour lui et son équipe[7], explique que la famille Arvizo a pris conseil auprès de lui. Elle lui révèle les abus que Gavin aurait subies avant de se rendre auprès des autorités. Feldman les réfèrent alors au psychologue Stanley Katz, qui était déjà intervenu dans le cadre de l'affaire Chandler[64], puis contacte les autorités afin de faire rouvrir l'affaire[33].

Durant le contre-interrogatoire de la défense, Tom Mesereau rappelle que si Jackson perdait son procès, Gavin aurait jusqu'à ses 20 ans pour engager une procédure civile contre lui et demander des millions de dollars de dommages et intérêts[64]. Feldman nie être impliqué dans un projet d'action en justice au civil contre Michael Jackson. Il reconnait cependant que si Jackson perdait le procès pénal, cela constituerait un élément de preuve utile pour obtenir gain de cause dans le cadre d'une procédure civile[33]. En 2010, dans le cadre d'un séminaire juridique visant à examiner les deux dossiers Jackson (1993, 2005), Larry Feldman explique qu'à l'inverse de ce qui s'était produit en 1993, où le procureur Garcetti avait laissé la procédure civile prendre les devants en attendant d'avoir suffisamment d'éléments pour prononcer potentiellement une inculpation, en 2005, Tom Sneddon insiste pour que la procédure pénale ait lieu en premier et que l'affaire civile passe au second plan. D'après Felman, Sneddon voulait, à juste titre, contrôler le dossier[4].

Jason Francia

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Le 4 avril, Jason Francia, dont la mère travaillait comme femme de ménage au ranch de Neverland, témoigne que Jackson l'a chatouillé à plusieurs reprises à proximité de l'entre-jambe lorsqu'il avait entre sept et dix ans. Francia témoigne que Jackson avait glissé sa main dans son short et touché ses parties génitales pendant plusieurs minutes. Francia déclare que « chaque fois qu’on me chatouillait, il y avait une sorte d’échange d’argent », à condition qu’il ne le dise pas à sa mère[65]. Sa mère déclare avoir conclu un accord à l'amiable avec Jackson, pour un montant de 2 millions de dollars[66]. Dans les années 1990, elle avait vendu son témoignage au tabloïd National Enquirer et à l'émission de télévision à sensation Hard Copy.

Lors de son contre-interrogatoire, Francia reconnaît que, lors de son premier interrogatoire en 1993, il avait déclaré aux enquêteurs que Jackson ne l'avait pas agressé sexuellement. Il déclare avoir nié avoir été touché de manière inappropriée par Jackson parce qu'il ne voulait pas être embarrassé à l'école. Il déclare avoir suivi une thérapie jusqu'à l'âge de dix-huit ans[67]. Mesereau cherche à établir que les Francia ont été poussés à leurs accusations par des procureurs trop zélés et tentés par de l'argent offert pour des interviews aux médias. Le président du jury, Paul Rodriguez, comparera le comportement à la barre de Jason à celui, erratique, de Janet Arvizo. Il déclare qu'il ne semblait pas crédible et qu'il avait « laissé trop de petites failles dans ses déclarations »[68].

Personnel du ranch de Neverland

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En avril 2005, Ralph Chacon, un ancien agent de sécurité du ranch de Neverland, témoigne avoir vu Jackson pratiquer une fellation sur Chandler au début des années 1990[69]. Chacon décrit également avoir vu Jackson embrasser passionnément Chandler et placer sa main sur l'entrejambe de Chandler. Chacon déclare qu'il n'avait pas signalé l'incident à la police parce qu'il pensait qu'on ne le croirait pas[69]. Une ancienne domestique du ranch, Adrian McManus, témoigne avoir vu Jackson embrasser des garçons, dont Macaulay Culkin, et décrit comment Jackson avait touché la jambe et les fesses de Culkin. Elle déclare au tribunal avoir vu Jackson toucher les parties génitales de Chandler. Culkin a cependant toujours nié avec véhémence avoir été abusé sexuellement par Jackson[69].

Blanca Francia, une femme de chambre du ranch de Neverland, affirme avoir entendu Michael Jackson et Wade Robson rire et jouer sous la douche, dans une salle de bain embuée[70]. Francia confirme avoir été payée 20 000 $ pour son interview avec Hard Copy, qui comprenait une allégation similaire.

La défense cherche à dépeindre Chacon et McManus comme des témoins peu crédibles. Selon The Observer, chaque témoin avait une « histoire horrible… Pourtant, plutôt que d’appeler la police, chacun semble avoir vendu cette histoire à un tabloïd de supermarché »[58]. McManus avait précédemment nié avoir été témoin de mauvaise conduite de la part de Jackson lors d'une déposition sous serment en 1993. Lors du procès de 2005, elle déclare avoir menti lors de sa déposition parce qu'elle craignait que Jackson ne la dénonce à ses supérieurs si elle parlait de l'incident à la police[69]. Dans les années 1990, Chacon et McManus avaient participé à une action en justice intentée contre Jackson pour licenciement abusif. Leur action en justice avait été rejetée comme frauduleuse et malveillante[69]. Selon les témoignages, Chacon et McManus ont été reconnus coupables d'avoir volé des objets au domicile de Jackson pour une valeur de plus de 50 000 dollars et condamnés à payer plus d'un million de dollars en frais de justice. Lors du contre-interrogatoire, les deux individus affirment avoir été payés pour des interviews avec les médias. McManus reconnaît également qu'elle et son mari avaient déjà escroqué les enfants d'un membre de leur famille et volé un croquis de Jackson d'une valeur de 35 000 dollars. Mesereau les accuse de tenter de « se venger » de Jackson pour le procès infructueux et les qualifie de personnes avides d'argent.

La gouvernante Kiki Fournier témoigne que les enfants Arvizo étaient devenus indisciplinés au ranch de Neverland en l'absence de figures d'autorité. Elle déclare que les garçons Arvizo avaient « saccagé » leurs chambres d'amis et qu'à un moment donné, Star avait pointé un couteau sur elle dans la cuisine de Jackson. Elle précise que même si les garçons disposaient de chambres d'amis, ils logeaient souvent chez Jackson. Elle déclare n'avoir jamais vu Jackson donner de l'alcool aux garçons et ne les avoir jamais vus ivres[71].

Phillip LeMarque, le cuisinier de Jackson, déclare qu'il était entré dans la chambre de Jackson et avait vu Jackson avec la main dans le caleçon de Culkin[58]. LeMarque et sa femme, également employée de Jackson, avaient envisagé de vendre l'histoire à un tabloïd[72], mais s'étaient retirés car l'intermédiaire leur avait semblé « louche »[73]. LeMarque déclare qu’il avait décidé de ne pas vendre son témoignage parce que c’était « contraire à [leurs] principes »[72].

Jesús Salas, un ancien intendant du ranch de Neverland, témoigne qu'il voyait souvent Jackson ivre ou sous l'influence de médicaments sur ordonnance, et qu'il avait même vu une fois trois adolescents sortir ivres de la cave à vin après avoir passé du temps avec Jackson. Lorsque l'accusation tente de confirmer que Jackson avait servi du vin à des mineurs, Salas déclare que, bien qu'il ait apporté une bouteille de vin dans la chambre de Jackson, des sodas avaient également été commandés pour les enfants. Le juge rejette le témoignage d'un ancien agent de sécurité qui affirmait avoir vu Jackson dans sa chambre avec un garçon[74].

Jordan Chandler

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Jordan Chandler, la victime présumée dans les allégations d'abus sexuels sur mineurs de 1993, quitte le pays plutôt que de témoigner[75]. Les dossiers du FBI rendus publiques après le décès de Jackson indiquent que Jordan Chandler était prêt à se battre en justice si on avait tenté de l'obliger à témoigner contre Jackson. En 1994, quelques mois après avoir conclu un accord à l'amiable avec Jackson dans lequel celui-ci stipulait qu'aucun méfait n'avait été commis, Jordan et sa famille avait refusé de témoigner dans le cadre d'un procès pénal potentiel.

Dans les derniers jours du procès, Tom Sneddon soumet une requête visant à faire ajouter aux preuves la description des parties génitales de Jackson donnée par Jordan Chandler en 1993 et les photographies prises durant l'enquête préliminaire. Dans sa déclaration sous serment, Sneddon déclare qu'il estime que la description de Jordan est confirmée « pour l'essentiel ». La demande est rejetée par le juge Melville, qui considère que la valeur préjudiciable des photos l'emporte sur leur valeur probante. D'après Scott Ross, le détective privé pour la défense en 2005, Jackson aurait été arrêté sur le champ, en décembre 1993, si la description de Jordan avait été suffisamment corroborée[76].

June Chandler

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La mère de Chandler, June Chandler, témoigne que Jordan se plaignait qu'elle ne l'autorisait pas à passer du temps dans la chambre de Jackson. Cela avait contrarié Jackson, qui avait tissé des liens avec June et ses enfants. June raconte que Jackson lui avait demandé : « Tu ne me fais pas confiance ? Nous sommes une famille. Pourquoi fais-tu ça ? » Elle avait répondu que Jordan devrait être autorisé à dormir où il le souhaitait, ce qui indiquait un changement d'avis. Chandler témoigne qu'elle n'avait jamais soupçonné quoi que ce soit d'inapproprié entre Jackson et Jordan. Elle déclare au tribunal qu'elle n'a pas parlé à Jordan depuis onze ans[77],[78].

Debbie Rowe

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Le 28 avril, l'ex-femme de Jackson, Debbie Rowe,est appelée à la barre des témoins. L'accusation affirme que Rowe avait été contrainte de faire une déclaration vidéo scénarisée, enregistrée début 2003, en soutien à Jackson. Ils espéraient que le témoignage de Rowe viendrait étayer les affirmations de Janet Arvizo selon lesquelles la famille avait été retenue captive et forcée de faire des déclarations favorables à Jackson. Rowe, quant à elle, soutient Jackson et déclare que ses associés Mark Shaffel, Dieter Wiesner et Ronald Konitzer sont des « vautours opportunistes » qui veulent l'exploiter. L’accusation demande le rejet du témoignage de Rowe, affirmant qu’elle n'avait pas fourni le témoignage attendu, mais le juge autorise son témoignage[79].

Gavin Arvizo

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Gavin Arvizo a 15 ans lorsqu'il témoigne[35]. Il déclare au tribunal qu'après la diffusion de Living with Michael Jackson, Jackson avait commencé à lui servir, ainsi qu'à son jeune frère, du vin, parfois dissimulé dans des canettes de soda, à leur montrer de la pornographie et à leur faire des avances sexuelles[10]. Dans ses échanges avec la police, Gavin avait déclaré que Jackson l'avait stimulé manuellement à cinq reprises jusqu'à l'éjaculation. Lors du procès, il affirme que cela ne s'est produit qu'à deux reprises[35]. Il affirme également que Jackson lui avait dit que si les hommes ne se masturbaient pas, ils « pourraient violer une fille ». Interpellé par Mesereau, qui affirme que Gavin a déclaré aux shérifs que sa grand-mère avait tenu ces propos, Gavin répond qu'il n'est pas sûr de ce que sa grand-mère lui avait dit. Gavin témoigne également qu'il avait dit à l'administrateur de son école que Jackson ne l'avait pas agressé sexuellement[80].

Star Arvizo

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Le frère cadet de Gavin, Star, déclare au tribunal qu'il avait vu Jackson agresser sexuellement Gavin à deux reprises. Il déclare également que Jackson avait exhibé son érection et s'était masturbé devant eux, leur disant que « tout le monde le faisait » et les encourageant à essayer[81],[65]. Star témoigne que Jackson a donné de l'alcool aux garçons, parfois dans des canettes de soda, que Jackson appelle « jus de Jésus ». Star déclare également que Jackson avait montré aux frères des images pornographiques trouvées sur Internet sur son ordinateur[81]. Selon The Smoking Gun, qui affirme avoir consulté des déclarations sous serment scellées relatives aux mandats de perquisition, des rapports d'enquête et la transcription de 1 903 pages des débats du grand jury, le témoignage de Star présente de nombreuses variations entre 2003 et 2005[34].

Lors du contre-interrogatoire, Mesereau interroge Star au sujet d'une affaire de 1998 dans laquelle sa famille avait poursuivi les magasins JC Penney. La famille avait affirmé que Star, son frère et leur mère avaient été battus sur un parking par des agents de sécurité après être partis avec des vêtements qu'ils n'avaient pas payés. Janet Arvizo avait également affirmé avoir été agressée sexuellement et emprisonnée à tort. Dans le cadre d'un accord à l'amiable, la famille a reçu un règlement de 152 000 $[82]. Dans une déclaration sous serment datant de 2000 pour cette affaire, Star avait déclaré que sa « mère et son père ne s'étaient jamais [disputés] ». Janet et ses enfants ont par ailleurs affirmé que David Arvizo les avait maltraités physiquement pendant 17 ans. Star admet avoir menti dans sa déclaration. Cet aveu constitue une victoire majeure pour la défense. On apprend que les Arvizo n'ont pas visité Neverland depuis mars 2003. Cependant, lorsqu'on lui montre un magazine pornographique daté d'août 2003, cinq mois après que la famille ait cessé de se rendre à Neverland, Star affirme que c'est l'un des magazines que Jackson leur avait montrés. Star tentera plus tard de se rétracter sur ce témoignage.

Janet Arvizo

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La défense cherche à dépeindre la mère de Gavin comme une personne peu fiable, ayant des antécédents de parjure et de fraude. BBC News décrit Janet Arvizo comme « l'un des témoins les plus explosifs de l'affaire, en raison de ses éclats imprévisibles à la barre »[10]. Arvizo affirme, entre autres, s'être échappée de Neverland avec ses enfants à trois reprises, dont une à l'intérieur d'une Rolls Royce conduite par l'un des employés de Jackson, et être revenue à chaque fois de son plein gré[83].

Janet Arvizo reconnait avoir menti sous serment devant le tribunal lors d'une précédente affaire judiciaire. L’accusation prévoit de faire témoigner un expert en violence domestique selon lequel elle aurait pu mentir parce qu’elle avait été battue par son ex-mari, mais le juge ne l’autorise pas, affirmant que cela ne serait pas pertinent[74].

Concernant l'affaire JC Penney, qui s'est finalement réglée à l'amiable pour 152 000 $ — dont près de 80 000 $ vont aux avocats de la famille Arvizo — un assistant juridique témoigne que Janet a menti pour gagner ce procès, affirmant que les ecchymoses causées par son mari de l'époque avaient été causées par les agents de sécurité du magasin[84]. Gavin, Star et Davellin, leur soeur, avaient reçu des cours de théâtre en amont de leur témoignage dans cette affaire[10]. La défense appelle à la barre une assistante sociale qui déclare que Janet a omis de révéler qu'elle avait reçu des dommages et intérêts seulement quelques jours avant de remplir une demande d'aide sociale pour laquelle elle perçoit plus de 18 000 $ entre 2001 et 2003[83]. Il est alors établi que Janet a commis une fraude aux prestations sociales, pour laquelle elle sera condamnée par la suite[85],[83].

Connie Keenan, rédactrice en chef du Mid Valley News, déclare avoir été « dupée » par Janet qui l'a incitée à écrire un article sur la maladie de Gavin parce que l'article original n'avait pas rapporté suffisamment d'argent pour financer les traitements contre le cancer de son fils, et ce alors que ceux-ci étaient pris en charge à 100% par sa couverture santé (Kaiser Permanente)[86]. D'autres témoins de la défense ont démontré que Janet avait dépensé 7 000 dollars en shopping et en restaurants — facturés à Jackson —au moment même où, selon ses dires, celui-ci la retenait captive avec sa famille[87]. Le 23 mai 2005, Janet Arvizo refuse de témoigner, invoquant le cinquième amendement de la Constitution des Etats-Unis pour éviter de s'incriminer, ce qui nuit à sa crédibilité[87].

Demande de non lieu

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En mai 2005, à l'issue des témoignages de l'accusation, la défense de Jackson dépose une requête pour non-lieu. D'après elle, les preuves avancées par l'accusation sont « insuffisantes » et « quelques témoins avaient fait des déclarations contradictoires ». L'avocat de Jackson, Robert Sanger ajoute que cela semble incroyable qu'après la diffusion du documentaire britannique de Martin Bashir, Jackson « choisisse un moment pareil, où toute l'attention est centrée sur lui, pour agresser un enfant. Cela n'a pas de sens ». Leur demande est rejetée par le juge Melville. Le procureur Sneddon considère que « même si le crime n'a pas été commis, il suffit de faire part à quelqu'un d'une intention de le commettre pour constituer un crime de complot »[88].

Témoins de la défense

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Selon l'avocate de la défense de Jackson, Susan Yu, plus de 500 témoins ont été préparés dans cette affaire. La liste des témoins admise par le juge aurait comporté environ 300 noms, dont de nombreuses célébrités telles que Elizabeth Taylor, Diana Ross, Kobe Bryant ou Stevie Wonder. En mai 2005, près de 50 témoins sont appelés à la barre par la défense[89]. Jackson n'est pas appelé à témoigner. Lors du procès, il s'exprime à travers les vidéos de Living with Michael Jackson et L'interview de Michael Jackson: les images que vous n'auriez jamais du voir, dans lesquelles il explique à plusieurs reprises qu'il n'y a pas de dimension sexuelle à son intérêt pour les enfants[89].

Wade Robson

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Wade Robson témoigne en tant que premier témoin de la défense de Jackson[90]. Robson se souvient de sa première visite au ranch de Neverland en 1989 et d'avoir dormi dans la chambre de Jackson lors de presque toutes ses visites jusqu'à l'âge de 14 ans (une vingtaine au total). Il affirme qu'ils jouaient à des jeux vidéo, regardaient des films, discutaient et faisaient parfois des batailles d'oreillers[91]. L'accusation et la défense lui font examiner plusieurs magazines pornographiques et des images à caractère sexuel tirées du livre A sexual study of man ilustrated with photographs and art prints Une étude de la sexualité masculine illustrée de photographies et de reproductions d'œuvres d'art »). Robson affirme qu'aucun contact de nature sexuelle ne s'est jamais produit avec Jackson[92].

Macaulay Culkin

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L'ancien enfant star Macaulay Culkin (photo prise en 1991) a témoigné qu'il avait partagé un lit avec Jackson mais qu'il n'avait jamais été abusé.

L'ancien enfant star Macaulay Culkin témoigne qu'il a partagé le lit de Jackson une douzaine de fois, voire plus, entre l'âge de neuf et quatorze ans, mais qu'il n'a jamais été agressé sexuellement et qu'il n'ajamais vu Jackson se comporter de manière inappropriée, contrairement à de nombreux témoignages de témoins de l'accusation. Il déclare que ses parents savaient qu'il était dans la chambre de Jackson et qu'ils « n'y avaient jamais vu de problème ». Il décrit son choc en apprenant les allégations selon lesquelles Jackson l'aurait agressé sexuellement, et les qualifie d'« absolument ridicules ». Culkin déclare que lui et Jackson avaient créé des liens grâce à leur expérience commune de célébrité enfantine[93]. Culkin a toujours défendu Jackson depuis, et déclare dans une interview de 2020 : « Je n’ai jamais rien vu ; il n’a jamais rien fait ».

Brett Barnes

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Barnes rencontre Jackson pour la première fois à l'âge de cinq ans, lorsque Jackson se rend en Australie lors d'une de ses tournées. Il a partagé une chambre avec Jackson au moins dix fois, mais nie toute relation inappropriée. Barnes est au courant des témoignages des témoins du procureur affirmant avoir vu Jackson le toucher de manière inappropriée. En réponse, Barnes déclare : « Je suis très en colère à ce sujet. Ce n'est pas vrai et ils ont sali ma réputation. Je ne suis vraiment pas content »[91]. En 2019, en réponse à Leaving Neverland, Barnes nie de nouveau toute agression sexuelle.

George Lopez

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L'acteur George Lopez témoigne qu'il a donné de l'argent à la famille Arvizo lorsque Gavin luttait contre le cancer, mais qu'il avait fini par croire que le père de Gavin était plus intéressé par l'argent que par le bien-être de son fils. Lopez rompt les liens avec la famille après que le père soit devenu plus exigeant. Lopez déclare également que le père l'avait accusé d'avoir volé 300 dollars dans le portefeuille de Gavin. Lorsque le père lui a demandé ce qu'il était censé dire à son fils, Lopez témoigne qu'il avait répondu : « Dis-lui que son père est un maître chanteur ».

Jay Leno

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Le comédien Jay Leno témoigne au sujet de sa relation avec la famille Arvizo. Leno passait environ 20 appels téléphoniques par semaine à des enfants malades et commence à recevoir des messages vocaux de Gavin, alors âgé de dix ans et atteint d'un cancer, en 2000. Lors d'un de leurs échanges, Gavin avait dit à Leno qu'il était « son héros », ce que Leno avait trouvé inhabituel car « Je ne suis pas Batman... Cela me semblait suspect quand un jeune homme devenait trop exubérant »[84]. Leno déclare également avoir entendu une autre voix en arrière-plan d'un appel ; la défense soutient qu'il s'agissait de Janet qui disait à Gavin ce qu'il devait dire[84].

Cynthia Bell

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Cynthia Bell, une hôtesse de l'air qui avait servi Jackson, témoigne qu'elle ne l'avait jamais vu partager son verre avec Gavin. Elle déclare avoir inventé la coutume de servir du vin à Jackson dans des canettes de soda parce que Jackson n'aimait pas boire ouvertement de l'alcool devant ses enfants. Bell déclare qu'elle n'avait pas vu Jackson « câliner » Gavin pendant le vol, mais témoigne qu'elle avait vu Jackson passer son bras autour de lui pendant qu'il écoutait de la musique. Elle déclare que Gavin était exigeant, s'était plaint de la nourriture et avait été indiscipliné pendant le vol.

Chris Tucker

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L'acteur Chris Tucker déclare qu'il avait eu pitié des Arvizo et qu'il leur avait donné de l'argent et des cadeaux. Il avait le sentiment que les Arvizo attendaient trop de lui, l'appelant leur « frère » et profitant de sa vulnérabilité. Il témoigne qu'il avait mis Jackson en garde contre cette famille, qu'il qualifie de « rusée ».

Règlement à l'amiable de 1994

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Le juge autorise l'utilisation de preuves issues des allégations précédentes contre Jackson, mais le règlement à l'amiable de 1994[7] initié par les Chandler est jugé « non pertinent et incendiaire ». L’accusation tente de faire comparaître des preuves issues du règlement comme preuve de culpabilité. Mesereau fait valoir que Jackson n'était responsable d'aucune des réclamations faisant l'objet de l'accord, car c'était la compagnie d'assurance de Jackson, Transamerica Insurance Group, qui en était responsable. La compagnie d'assurance avait négocié l'accord malgré les protestations de Jackson et de son avocat. L’accord ne comportait aucune reconnaissance de faute ou de culpabilité, car autrement, il aurait enfreint le Code des assurances de Californie. La compagnie d'assurance avait « le droit de régler les sinistres couverts par l'assurance lorsqu'elle jugeait un règlement opportun et l'assuré ne pouvait ni interférer avec ces règlements ni les empêcher », une pratique établie par plusieurs précédents en Californie. La preuve des règlements d’assurance priverait Jackson d’une procédure régulière, d’un contre-interrogatoire approprié et violerait le Code de la preuve 352 car il ne serait pas en mesure de vérifier les accords conclus dans le règlement. Le règlement ne peut être utilisé comme preuve de culpabilité dans de futures affaires civiles et pénales.

Images pornographiques

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Lors des nombreuses perquisitions aux domiciles de Jackson, des centaines de magazines, des DVDs et des vidéos pornographiques sont saisis[94],[95]. Ces documents, qui sont d'après la défense tous légaux et disponibles en magasin, représentent principalement des femmes nues et aucun enfant[96],[97]. Certains seront longuement présentés durant le procès, en présence des parents de Jackson[96]. Plusieurs ont été publiés après la dernière visite de la famille Arvizo à Neverland. D'après l'accusation, Jackson aurait montré ces magazines pour adultes à Gavin et son frère tout en tentant de les entraîner dans des activités sexuelles.

Deux livres de photographie saisis en 1993, qui représentent des enfants, sont également présentés au jury durant le procès: The Boy: A Photographic Essay et Boys Will Be Boys[98]. Le second présente une inscription qui indique qu'il a été offert à Jackson par une fan en 1983[99]. L'accusation tente de démontrer un intérêt sexuel de Jackson pour les jeunes garçons. D'après l'un des avocats de la défense, Robert Sanger, les deux livres sont librement disponibles dans le commerce[100] et ne peuvent être qualifiés d'images pédopornographiques[101]. Il ajoute que « les procureurs ont passé au peigne fin la bibliothèque de Jackson, riche de milliers d'ouvrages, pour tenter de présenter aux jurés tout livre susceptible de contenir une, deux, cinq ou dix pages montrant des personnes qui ne sont pas entièrement vêtues »[102].

Le 11 décembre 2004, le journal Santa Barbara News-Press rapporte que des empreintes digitales du chanteur et du garçon qui l'accuse d'abus sexuel ont été trouvées sur des magazines pornographiques dans le ranch de Neverland. Selon le livre Michael Jackson Conspiracy rédigé par Aphrodite Jones, l'accusation tente d'utiliser lesdites empreintes digitales comme élément de preuve contre Jackson. La défense remet quant à elle en question la fiabilité de cette preuve en déclarant que les magazines où figurent les empreintes n'ont pas été analysés au moment de leur saisie et qu'ils ont été manipulés par l'accusateur lors d'une audience devant le grand jury[103]. Durant le procès, un officier confirme qu'aucune empreinte ou traces ADN appartenant aux Arvizo n'ont été trouvées sur les magazines saisis chez Jackson[95] ou dans le lit de Jackson[33].

Verdict

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Le jury délibère pendant environ 32 heures sur sept jours[104]. Lors du vote initial, neuf jurés votent pour acquitter Jackson, tandis que trois votent coupable. Le 13 juin 2005, ils rendent un verdict de non-culpabilité sur toutes les charges[104]. Les jurés ont trouvé les éléments de preuve de l'accusation faibles et la chronologie des accusations problématique, car la famille avait allégué que les attouchements avaient eu lieu après la diffusion du documentaire, alors que l'attention des médias était portée sur Jackson et Gavin[105]. Les jurés ont également qualifié le témoignage de Janet de faible et ont trouvé étrange qu'elle ait claqué des doigts et se soit adressée directement à eux. Le New York Times décrit son témoignage comme « décousu, incohérent et parfois agressif ». Un juré pense que Janet était une escroc[105].

Un autre juré déclare : « Il n'y avait pas la moindre preuve qui puisse nous faire douter de la culpabilité. Il était évident qu'il n'y avait pas d'autre façon de voter que non coupable ». Lors d'une conférence de presse tenue après le procès, un autre déclare : « Nous nous attendions à de meilleures preuves, à quelque chose d'un peu plus convaincant. Ce n'était tout simplement pas le cas »[106]. Sneddon suggère que le statut de célébrité de Jackson et les médias ont influencé le verdict. Le président du jury, un conseiller d'orientation de lycée à la retraite, déclare : « Nous avons examiné toutes les preuves et nous avons examiné Michael Jackson et l'une des premières choses que nous avons décidées a été que nous devions le considérer comme une personne comme les autres et non comme une célébrité»[105].

Couverture médiatique

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Un partisan de Jackson à Amsterdam, 2004

Le procès attire l'attention des médias internationaux, et plusieurs commentateurs le décrivent comme un cirque médiatique[107]. Lorsque la nouvelle du raid sur la maison de Jackson est diffusée, de nombreuses chaînes sont passées à une couverture en continu 24 heures sur 24 ; CBS, NBC, ABC et VH1 produisent des émissions spéciales. Les médias couvrent la santé, la tenue vestimentaire et le comportement de Jackson, notamment lorsqu'il monte sur une voiture et salue ses fans. Les chaînes E! Sky TV et Sky collaborent pour produire des reconstitutions des moments forts du procès, diffusées quotidiennement. La reconstitution fait appel à des acteurs ressemblant à Jackson, l'imitateur Edward Moss incarnant Jackson[108].

En 2010, le journaliste britannique Charles Thomson décrit le procès comme « l'un des épisodes les plus honteux de l'histoire du journalisme »[109]. Il déclare que la couverture médiatique était « hors de contrôle… La quantité de propagande, de préjugés, de distorsions et de désinformation est presque incompréhensible ». Luka Neskovic, écrit que le procès « a montré les médias sous leur pire jour », avec « sensationnalisme, exclusivité, négativité, excentricités, chaos et hystérie ». Par exemple, selon Neskovic, lorsque de la pornographie a été découverte au domicile de Jackson, de nombreux médias l'ont présentée à tort comme de la pornographie infantile. Neskovic a observé que les médias étaient plus intéressés par le compte rendu de l'accusation que par celui de la défense, et que, par exemple, le Hollywood Reporter avait choisi de ne pas couvrir deux semaines de l'affaire de la défense.

Suites de l'affaire

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Exil et mort de Michael Jackson

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À la suite du procès, Mesereau déclare que Jackson n'autoriserait plus personne à entrer dans sa chambre et ne « laisserait plus les gens entrer si facilement dans sa vie », car il est devenu une cible pour « des personnes qui veulent lui soutirer de l'argent ou faire carrière »[28]. Sur les conseils de Tom Mesereau, qui craint des représailles des autorités du Comté de Santa Barbara, Jackson quitte définitivement le ranch de Neverland[9]. Il s'installe au Bahreïn en tant qu'invité d' Abdullah bin Hamad bin Isa Al Khalifa. Selon le frère de Jackson, Jermaine, à l'insu de Jackson, la famille avait l'intention de l'envoyer au Bahreïn avec un jet privé en attente à l'aéroport le plus proche s'il avait été condamné, car le Bahreïn n'avait pas de traité d'extradition avec les États-Unis à l'époque (il existe un traité d'extradition depuis 2012). Jackson a ensuite vécu en Irlande . Il n'est jamais retourné au ranch de Neverland, affirmant qu'il avait été saccagé par les perquisitions policières[15].

Ces allégations ont continué à affecter la carrière de Jackson et ont durablement nui à sa réputation. Malgré le succès de ses concerts de retour en 2009, il ne réussi à trouver aucun sponsor ni de partenaires commerciaux. Un juge observe en 2021 que « le fait qu’il n’ait pas gagné un sou grâce à son image en 2006, 2007 ou 2008 montre l’effet que ces allégations ont eu, et ont continué d’avoir, jusqu’à sa mort ».

D'après son biographe, J. Randy Taraborrelli, Jackson présente après son procès des symptômes d'un trouble de stress post-traumatique. Il fait notamment des cauchemars qui le replongent dans la salle d'audience. Il débute alors une thérapie[110].

Quatre ans après son acquittement, le 25 juin 2009, Jackson, qui souffrait de longue date de toxicomanie, meurt d'une intoxication aiguë au propofol et aux benzodiazépines à son domicile de Holmby Hills, à Los Angeles[15]. Après la mort de Jackson, Bashir déclare à ABC News qu'il n'avait jamais vu Jackson faire du mal à un enfant, qu'il pense que la vie de Jackson avait été « peu orthodoxe » mais pas criminelle[111]. Les dossiers du FBI déclassifiés et rendus publics après la mort de Jackson indiquent qu'il n'y avait aucune piste ou preuve crédible[112],[113]. Dans un épisode de 2017 de la série documentaire sur les affaires criminelles The Jury Speaks, les quatre jurés vedettes du procès déclarent qu'ils voteraient encore pour acquitter Jackson.

Rétractation de témoignages et allégations posthumes

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Wade Robson

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En 2013, à l'âge de 30 ans, Wade Robson tente d'engager une action civile contre les sociétés de Michael Jackson. Dans sa plainte, Robson affirme que « sans les lésions psychologiques, les maladies et les dommages causés par les abus sexuels subis pendant l'enfance (...) [il] aurait continué à être l'un des talents les plus brillants de l'industrie du divertissement ». Les dommages et intérêts demandés à l'époque par Robson sont estimés à 1,5 milliard de dollars[114],[115]. La date des faits allégués induisant une prescription de l'affaire, il n'avait pu engager une action civile contre les sociétés de Michael Jackson.

En 2019, dans le cadre d'un documentaire diffusé sur HBO, Leaving Neverland, Robson raconte qu'il rencontre Jackson pour la première fois en 1987 dans le cadre d'un concours de danse. En 1990, lui et sa famille se rendent aux Etats-Unis. Jackson les aurait invités à Neverland, et c'est à ce moment-là que les abus sexuels auraient débutés, alors qu'il a 7 ans. Ils se seraient prolongés jusqu'en 1996, autour de ses 14 ans[116].

En 1993, Robson, sa soeur et sa mère avaient témoigné en faveur de Jackson dans le cadre de la procédure pénale menée dans le cadre de l'affaire Chandler et avaient nié tout attouchement sexuel de la part de Jackson[117]. Il est le premier témoin de la défense lors du procès de 2005 et témoigne alors sous peine de parjure. Dans un entretien de 2019 avec 60 Minutes Australia, Tom Mesereau, l'avocat de Jackson, affirme « Il n'était pas obligé d'être là (...) Mon impression c'est qu'il était intelligent, éloquent et aimable (...) Il a défendu Michael Jackson avec une grande fermeté. Il m'a dit très clairement qu'il n'avait pas été agressé sexuellement et que les affirmations des plaignants étaient ridicules »[118].

Après de nombreux rebondissements, Robson parvient en 2023 à engager une procédure civile contre les sociétés de Jackson, dans le cadre d'une plainte commune avec James Safechuck[119]. Ils demandent 400 millions de dollars de dommages et intérêts à la succession Jackson pour le préjudice qu'ils estiment avoir subi. En juin 2026, on apprend que le procès est repoussé au 14 février 2028[120].

James « Jimmy » Safechuck

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James Safechuck dépose une première plainte contre les sociétés de Jackson en 2014, alors qu'il est agé de 36 ans[116]. La date des faits allégués induisant une prescription de l'affaire, il n'avait pu engager une action civile contre les sociétés de Michael Jackson. Safechuck, qui apparaît notamment enfant dans une publicité pour Pepsi, affirme avoir rencontré Jackson autour de 1987. Dans sa plainte, il indique que les abus sexuels auraient débuté en 1988 et auraient duré jusqu'en 1992. D'après Tom Mesereau, en 1993, dans le cadre de l'affaire Chandler, Safechuck avait témoigné sous peine de parjure qu'il n'avait pas été agressé[118].

En 2019, dans le cadre du documentaire Leaving Neverland, Safechuck affirme qu'il a refusé de témoigner en faveur de Jackson au procès de 2005, malgré son insistance et les nombreux appels de Jackson et de son équipe. Dans un entretien diffusé en 2021, Scott Ross, le détective privé de la défense de Jackson en 2005, qualifie Safechuck de « non-entité » lors du procès. Il affirme que son nom n'était pas sur la liste de témoins et que le juge Rodney Melville n'a pas admis son témoignage car celui-ci était trop ancien. Il ajoute que si, comme Safechuck l'affirme, Jackson l'a appelé à plusieurs reprises en 2005, il devrait être en mesure d'en apporter une preuve formelle grâce aux relevés des opérateurs téléphoniques californiens[86].

Suite à un changement de loi, la procédure civile contre les sociétés de Jackson est relancée en 2020, puis en 2023[119]. Dans leur plainte commune, Safechuck et Robson demandent 400 millions de dollars de dommages et intérêts à la succession Jackson pour le préjudice qu'ils estiment avoir subi. Un procès est initialement prévu pour october 2027. En juin 2026, celui-ci est repoussé à février 2028[120].

Frank Cascio et sa famille

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Frank Cascio « Tyson » et sa famille rencontrent Michael Jackson en 1984, alors que le père, Dominic Cascio Sr. gère un hôtel de New-York dans lequel celui-ci séjourne régulièrement[121]. Jackson est particulièrement proche des aînés de la fratrie, Eddy et Frank, qui lui rendent parfois visite en tournée, effectuent avec lui des séjours à Disneyland Paris en compagnie de leur père, et séjournent occasionnellement à Neverland et dans ses autres résidences[122]. A l'âge adulte, Frank devient l'assistant personnel de Jackson[121]. Il est mis en cause dans l'affaire Arvizo, bien qu'il ne soit pas lui-même inculpé[49]. Il défend publiquement Jackson à plusieurs reprises[123]. En 2011, Frank Cascio publie un ouvrage autobiographique dans lequel il décrit sa relation avec Jackson et dresse un portrait élogieux du chanteur[121].

En 2025, la succession de Michael Jackson engage une procédure d'arbitrage confidentielle contre Frank Cascio, l'accusant de tenter d'obtenir 213 millions de dollars supplémentaires après un accord conclu en 2020 dans le contexte de la controverse liée à Leaving Neverland. Selon la succession, Cascio et sa famille, qui avaient longtemps défendu Jackson publiquement, auraient menacé de nouvelles accusations d'abus sexuels afin d'obtenir ces sommes[124]. En 2026, plusieurs membres de la famille Cascio portent à leur tour plainte contre la succession Jackson pour des accusations d'agressions sexuelles présumées et trafic d'enfants, ce que celle-ci qualifie de tentative d'extorsion[125]. En 2026, le différend avec Franck Cascio fait l'objet d'une procédure arbitrale confidentielle. La procédure civile engagée par les autres membres de sa fratrie suit son cours.

Références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Trial of Michael Jackson » (voir la liste des auteurs).
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