Forces françaises à Djibouti

(Redirigé depuis FFDJ)

Les forces françaises stationnées à Djibouti (FFDj) constituent le contingent militaire français numériquement le plus important hors de France. Les troupes françaises restent présentes à Djibouti lors de l'accession du territoire à l'indépendance, d'abord dans le cadre d'un protocole provisoire de fixant les conditions de stationnement des forces françaises, valant accord de défense. Le traité est renouvelé sous la forme d'un accord en 2014 puis le pour une durée de vingt ans[1].

Implantation militaire française à Djibouti
Image illustrative de l’article Forces françaises à Djibouti
Insigne des Forces françaises à Djibouti

Lieu Drapeau de Djibouti Djibouti
Fait partie de Ministère des Armées (France)
Utilisation base aérienne, régiment interarmes.
Appartient à Armée française
Contrôlé par Drapeau de la France France
Effectifs 1 500 militaires (2025)

Historique

modifier

De 1896 et jusqu’en 1977, Djibouti était une colonie française appelée la côte françaises des Somalis jusqu'en 1967, puis le territoire français des Afars et des Issas.

L’escadrille de la côte française des Somalis (CFS) est constituée le , sur le terrain des Salines, avec trois Potez 25 TOE et un Potez 29 sanitaire détachés du 39e régiment d’aviation stationné au Levant. La base aérienne de Djibouti est transférée sur le terrain de Gabode en 1935[2].

Le dragueur de mines Jasmin (M663) appartenant à l'US Navy est transféré en 1944 à la marine nationale. Il est stationné à Djibouti de 1955 à 1962.

La Légion étrangère est présente à Djibouti entre 1962 et 2011 avec la 13e demi-brigade de Légion étrangère. Le , le 5e régiment interarmes d'outre-mer est recréé à Djibouti sur le territoire français des Afars et des Issas par changement d'appellation du 57e RIAOM, arrivé en 1965, dont il conserve la devise « Fier et fort ». À cette date, il reçoit en héritage le fanion et les traditions du bataillon somali.

En 1977, la république de Djibouti déclare son indépendance mais la signature d'un accord de défense - compte tenu de la menace posée par la Somalie et l'Éthiopie voisines - implique que les forces militaires françaises restent sur le territoire[3]. Un nouvel accord est en vigueur depuis 2014[4].

Les effectifs sont au début de l'année 2015 de 1 950 personnes. En 2018, ils sont, selon les sources, entre 1 350[5] et 1 450 personnels[6].

En , l'Assemblée nationale française adopte le projet de loi autorisant la ratification du Traité de coopération en matière de défense entre la République française et la république de Djibouti[7], comportant un accord portant sur la restitution du terrain de la base navale du Héron à Djibouti[8].

Dans le contexte du conflit américano-israélo-iranien de 2026, un E-3F AWACS et un Airbus A330 MRTT viennent renforcer les capacités de surveillance et de soutien logistique de l'armée[9].

Dispositif

modifier

Le général commandant les forces françaises stationnées à Djibouti dispose d'un état-major interarmées. La base de Défense est gérée par le Groupement de soutien de la base de défense de Djibouti.

La direction d'infrastructure de la Défense de Djibouti (DID) assure l’ensemble des missions de soutien spécialisé dans le domaine des infrastructures.

Composante Terre

modifier
Tir depuis un des cinq VLRA lance missiles SS 11 du 5e RIAOM au Goubad (30 km au sud-ouest de Djibouti) en 1971.
Canon TRF1 de 155 déployé par le 93e régiment d'artillerie de montagne a Djibouti en 2010.

Le 5e RIAOM est aujourd'hui le dernier régiment interarmes de l'Armée de terre française. Sa localisation, ainsi que les missions qui sont confiées en république de Djibouti, région du monde en perpétuelle évolution et aux multiples soubresauts, lui imposent une posture opérationnelle permanente. C'est également le régiment de tradition de Djibouti.

Regroupé au quartier Brière de l'Isle, il est composé de :

  • Le 3e escadron blindé, équipé de 9 AMX-10 RC et de 15 véhicules blindés légers ;
  • La 6e compagnie d'appui, unité du génie et d'artillerie sol-sol, équipée de 9 VAB, de 4 CAESAR et de 4 mortiers de 120 mm.

Depuis le , le bataillon de l'aviation légère de Djibouti (BATALAT) est rattaché au 5e RIAOM. Devenu depuis un détachement de l’Aviation légère de l'Armée de terre (DETALAT) avec 70 militaires, il est équipé de quatre hélicoptères Caïman qui ont remplacé, en 2025, les Puma et trois Gazelle-Hot[10].

Composante Air

modifier

La BA 188 accueille une quinzaine d'aéronefs, et étant une base de soutien à vocation interarmées, elle accueille aussi de nombreuses unités de support dont une section de défense sol-air armée de 8 canons bitubes de 20 mm et 8 postes de tir de missiles Mistral. Elle accueille également deux escadrons :

Par ailleurs, un détachement permanent de l'aéronautique navale (composé de Breguet Atlantic, puis Breguet Atlantique 2) y stationne en permanence.

Composante Mer

modifier

La Marine nationale française maintient des forces spéciales pour l'entraînement et la lutte contre la piraterie autour de la Corne de l'Afrique. La base navale a pour mission principale d’accueillir et de soutenir les éléments de forces maritimes (EFM) de passage à Djibouti et déployés en opérations en zone Indopacifique. Chaque année, entre 40 et 50 bâtiments français font escale à Djibouti. La marine française dispose de deux chalands de transport de matériel, trois vedettes rapides et deux remorqueurs-pousseurs.

Le navire Jules Verne fut basé les deux tiers de sa carrière à Djibouti, de 1976 à 1997 (il figura même sur le billet de 10 000 francs djboutiens), affecté à la flotte française en océan Indien. Le Dague, chaland de débarquement du type EDIC (engin de débarquement d'infanterie et de chars) de la Marine nationale française, est basé à Djibouti le . Il porte le numéro de coque L9052. Il est transféré à la marine de Djibouti en et océanisé le .

Notes et références

modifier
  1. Décret n° 2025-873 du 1er septembre 2025 portant publication du traité de coopération en matière de défense entre la République française et la République de Djibouti, signé à Paris le 24 juillet 2024
  2. « 80 ans de présence aérienne à Djibouti », Ministère de la défense ; Vital Ferry, Ciels impériaux africains 1911-1940 : Les pionniers belges et français, Éditions du Gerfaut, 2005 (ISBN 2-914622-58-9), p. 49.
  3. Voir le texte de l'accord du 27 juin 1977 sur légifrance.
  4. Voir le texte de l'accord de 2011, entré en vigueur le 1er mai 2014, en ligne sur légifrance.
  5. Sonia Le Gouriellec. Les forces françaises stationnées à Djibouti au cœur d'un environnement stratégique régional en mutation. Les Champs de Mars 2018/1 (N° 30 + Supplément), pp. 231-239. Lire en ligne.
  6. Laurent Lagneau, « Selon un sénateur, « il faut s’attendre à des conflits de type canal de Suez » à Djibouti », sur Opex360.com, .
  7. « Adoption du projet de loi autorisant la ratification du Traité de coopération en matière de défense entre la France et Djibouti », sur www.assemblee-nationale.fr, (consulté le )
  8. « Human Village : La France restituera la base du Héron dans deux ans », sur www.ardhd.org, (consulté le )
  9. Ministère des armées
  10. Murielle Delaporte et Quentin Michaud, « Spécial Djibouti – L’ALAT prépositionnée dans la Corne de l’Afrique » (consulté le ).
  11. qui remplace le 4/33 Vexin depuis le 3 novembre 2008 : Armée de l'air, « Djibouti : le "Corse" prend le relais du "Vexin" », (consulté le ).
  12. Laurent Lagneau, « L’avion de transport Transall C-160 a fait ses adieux aux Forces françaises stationnées à Djibouti », sur Opex360, (consulté le ).

Voir aussi

modifier