Famille Tavel
La famille Tavel ou Tavelli est une famille noble attestée depuis la fin du XIIe siècle, à Genève, où elle joua un rôle politique majeur entre les XIIIe et XIVe siècles. La famille s'éteint vers la fin du XVe siècle à Genève et au cours du XVIe siècle en Valais.
| Tavel Tavelli | ||
Armes de la famille. | ||
| Blasonnement | D'azur à trois aiglettes d'or. | |
|---|---|---|
| Branches | Genevoise, valaisane | |
| Période | XIIe – XVe siècle/XVIe siècle | |
| Origine | Genève | |
| Pays | Suisse | |
| Fiefs tenus | Vaux (Vincy, VD), Bex (VD), Aigle (VD), Vouvry (VS), Granges (VS), Ayent (VS) et Vercorin (VS) | |
| Demeures | châteaux du Vengeron, Tavelli (Granges) | |
| Charges | chancelier de Savoie, conseillers de Genève, châtelain de Monthey | |
| Fonctions ecclésiastiques | évêque de Sion, chanoines, doyen de Valére | |
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Histoire
modifierLa famille Tavel ou Tavelli[1] est attestée depuis depuis la fin du XIIe siècle[2], avec Antoine Tavelli, cité en 1186[3] et 1188[1]. Elle possède la maison éponyme[2], située au numéro 6 de la rue du Puits-Saint-Pierre, dans la Vieille-Ville, depuis la fin du XIIIe siècle[4]. Elle est de nos jours la plus ancienne résidence privée de la ville, qui accueille de nos jours l'un des Musées d'art et d'histoire de Genève[2],[4].
Sa richesse provient des revenus de taxes perçues sur les boucheries et les péages de la cité[2].
Partisans des comtes de Savoie, les membres de cette famille soutiennent par les armes l'établissement de la Commune de Genève, à laquelle ils fournissent plusieurs conseillers et deux syndics[2]. Girord, cité en 1256, est citoyen de Genève et légataire du sire de Prangins[1]. Aymon et Anselme sont conseillers en 1293, ils soutiennent l'établissement d'un pouvoir communal à Genève[1]. Leur parent, Gui/Guy, seigneur de Granges[5], est le chef de fil des citoyens pour obtenir ce pouvoir auprès de l'évêque de Genève[1].
En 1266, les Tavel obtiennent en fief la seigneurie des Vaux (Vincy), de la part de l'abbé de Bonmont[2].
Le chevalier Barthélémy († v. ) fils de Gui/Guy, coseigneur de Bovernier et conseiller de Genève (1326, 1345), s'installe en Valais[1].
Vassaux des comtes de Savoie, les Tavel reçoivent le château du Vengeron, située sur l'actuelle commune de Bellevue, en 1340[2]. En 1352, ils obtiennent le tiers de la seigneurie de Bex (VD), puis en 1358 la moitié du vidomnat d'Aigle (Vaud), ainsi que des droits sur Vouvry (VS)[1],[2],[3].
Au XIVe siècle, Guichard Tavelli, fils de Gui/Guy, chanoine, accède à la charge de chancelier de Savoie (1338 à 1340), avant de monter sur la chaire épiscopale de Sion (1342 à 1375)[1],[2],[5], tandis que son parent, Pierre, est chanoine de Lausanne (1342)[3].
À la suite du mariage de Jacques Tavelli avec Jeannette d'Anniviers, la famille obtient en 1362 les seigneuries valaisannes de Granges, Ayent et Vercorin[2],[3]. Jacques Tavelli hérite ainsi de son épouse Vercorin et le château de Granges[6].
La famille s'éteint, pour la branche genevoise, vers la fin du XVe siècle, puis cours du XVIe siècle en Valais[2],[3]. Les derniers membres de cette branche valaisane sont deux sœurs, Jeanne et Marguerite, filles de Guillaume, seigneur de Granges, qui épouse les frères Pétremand et Nicolas de Chevron Villette[2],[3].
Armoiries
modifierLes armes anciennes de la famille se blasonnent ainsi : D'azur à six aiglettes d'or.[7]
Les armes modernes (XIVe siècle) se portent D'azur à trois aiglettes d'or[8], alias D'azur à trois aigles d'or [9].
Le Dictionnaire historique et biographique de la Suisse donne : D'or à trois aiglettes de sable.[1].
Personnalités
modifier- Guichard Tavelli/Tavel, chancelier de Savoie (1338 à 1340) évêque de Sion (1342 à 1375)[1],[5].
- Barthélémy († v. ) chevalier, coseigneur de Bovernier, conseiller de Genève (1326, 1345), châtelain de Monthey[1].
- Nicolas (cité entre 1335 et 1373), chevalier, châtelain de Martigny, conseiller de Genève[10].
Possessions
modifier- Maison Tavel, à Genève.
- Maison Tavelli, à Granges.
- Ruines de la tour Tavelli, à Vex.
La famille a possédé notamment les biens suivants :
- maison Tavel (fin du XIIIe siècle), à Genève[2],[4] ;
- château épiscopal des Tavelli, à Granges[11].
- château de Granges (1362), à Granges[12].
- maison Tavelli (vers 1470), dit aussi château Tavelli, à Granges, succédant aux châteaux en partie détruit par les Patriotes entre 1366 et 1417[6],[13] ;
- tour d'Ollon, à Granges[14] ;
- la Bâtie de Granges, à Granges[15] ;
- tour Tavelli, à Vex[16].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 DHBS, p. 466.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 Matthieu de la Corbière, « Tavel (GE) » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
- 1 2 3 4 5 6 Galbreath 1936, p. 663.
- 1 2 3 « Maison Tave », sur institutions.ville-geneve.ch (consulté en ).
- 1 2 3 Philipp Kalbermatter (trad. Madeleine Kobel), « Guichard Tavel » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .
- 1 2 « Valais : Les châteaux de Granges », sur swisscastles.ch (consulté en ).
- ↑ Armorial valaisan, p. 255.
- ↑ Armorial valaisan, planche 23, p. 255.
- ↑ Galbreath 1936, planche LII, p. 663.
- ↑ DHBS, p. 467.
- ↑ Donnet et Blondel 1963, p. 100.
- ↑ Donnet et Blondel 1963, p. 101.
- ↑ Donnet et Blondel 1963, p. 104.
- ↑ Donnet et Blondel 1963, p. 103.
- ↑ Donnet et Blondel 1963, p. 103-104.
- ↑ Donnet et Blondel 1963, p. 276-278.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Victor van Berchem, Guichard Tavel, évêque de Sion, 1342-1375 : étude sur le Vallais au XIVe siècle, Zurich, Impr. Berichthaus, , 369 p. (lire en ligne).
- André Donnet et Louis Blondel, Châteaux du Valais, Olten, Éditions Walter, , 295 p. (lire en ligne [PDF]).
- Marcel Godet, Henri Türler et Victor Attinger, Dictionnaire historique et biographique de la Suisse, t. 6 : Schenk-Uzwil, Neuchâtel, Imprimerie Paul Attinger, , 792 p. (lire en ligne), p. 466-467.
- Donald Lindsay Galbreath, Armorial vaudois, t. II : I-Z, Baugy-sur-Clarens, chez l'auteur, , 754 p. (lire en ligne).
- (fr + de) Jean-Claude Morend (dir.), Léon Dupont Lachenal (dir.) et al., Armorial valaisan, Zurich, Orell Füssli, , 304 p. (présentation en ligne, lire en ligne
[PDF]).