Fantômas

personnage fictif, créé vers 1910 par Pierre Souvestre et Marcel Allain

Fantômas est un personnage de fiction français créé en 1911 par Pierre Souvestre et Marcel Allain. Sévissant dans la France de la Belle Époque, ce criminel est l'archétype du génie du mal, insaisissable et mystérieux. Défiant les forces de l'ordre, et en particulier le commissaire Juve et le journaliste Jérôme Fandor, Fantômas poursuit ses activités criminelles grâce à son art du déguisement et de l'évasion.

Fantômas
Couverture du premier volume de la série Fantômas coécrite par Pierre Souvestre et Marcel Allain, éditions Arthème Fayard, 1911.Artiste anonyme ; les illustrations de couverture des volumes suivants seront l'œuvre de Gino Starace,,.
Couverture du premier volume de la série Fantômas coécrite par Pierre Souvestre et Marcel Allain, éditions Arthème Fayard, 1911.
Artiste anonyme ; les illustrations de couverture des volumes suivants seront l'œuvre de Gino Starace[n 3],[n 4],[3].

Alias Génie du crime
Maître de tout et de tous
L'Homme aux cent visages
Origine France
Sexe Masculin
Activité Criminel
Ennemi de Jérôme Fandor
Commissaire Juve
Hélène Gurn

Créé par Pierre Souvestre
Marcel Allain
Interprété par René Navarre (1913–1914)
Edward Roseman (1920–1921)
Jean Galland (1932)
Jean-Michel Smet (1937)
Marcel Herrand (1947)
Maurice Teynac (1949)
Jean Marais (1964–1967)
Helmut Berger (1979)
Voix Paul Bernard (1946–1947)
Raymond Pellegrin (1964–1967)
Roger Carel (1973–1974)
Philippe Clay (1984)
Med Hondo (1991)
Première apparition Fantômas (1911)
Dernière apparition Fantômas mène le bal (1963)
Épisodes 43
Éditeurs Arthème Fayard (1911–1963)

Lancée à grand renfort de publicité en , les aventures de Fantômas connaissent un immense succès littéraire. Entre 1911 et 1913, les deux auteurs publient en étroite collaboration dans la collection « Le Livre populaire » des éditions Fayard, trente-deux volumes à raison d'un par mois, chaque couverture étant illustrée par Gino Starace.

Le rythme effréné et l'écriture quasi-automatique, presque industrielle, produisent des incohérences et des inventions poétiques qui impressionnent les avant-gardes littéraires, et notamment les Surréalistes. Rapidement, Fantômas s'impose comme un mythe littéraire, dont les aventures reprennent tous les procédés du roman populaire, allant jusqu'à relever du Grand-Guignol où l'horreur et la violence se mêle à l'humour noir.

Après la mort de Pierre Souvestre survenu en 1914, Marcel Allain reprend seul la série et publie onze romans inédits entre 1926 et 1963.

Dès 1913, le succès littéraire de la série entraîne la production de cinq adaptations cinématographiques réalisées par Louis Feuillade, avec René Navarre dans le rôle de Fantômas. Les aventures du criminel sont à nouveau adaptées au cinéma durant les années 1930–1940, avant de faire l'objet d'une libre adaptation humoristique par André Hunebelle avec Jean Marais et Louis de Funès durant les années 1960.

Cette comédie populaire, qui connaît un grand succès, imprime durablement l'image d'une série burlesque auprès du public, bien éloignée du style sombre des romans. Malgré une apparition à la télévision en 1979 le temps de quatre épisodes qui tentent de revenir au ton d'origine, les aventures de Fantômas changent de support pour principalement se poursuivre en bande dessinée à partir de la fin du XXe siècle.

Histoire éditoriale

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Contexte littéraire

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Le personnage-titre s'inscrit dans la tradition littéraire des génies du mal, « perversions du surhomme romantique » imaginées par divers auteurs sous le Second Empire. Parmi ces personnages fictifs, on distingue notamment Rocambole (avant sa reconversion héroïque) et son mentor Sir Williams, conçus par Pierre Ponson du Terrail, ainsi que le colonel Bozzo-Corona, « parrain » prétendument immortel de la société secrète criminelle des Habits noirs, une création de Paul Féval[4].

Ce type de protagoniste criminel s'acclimate ensuite « sans difficulté aux nouveaux contextes » de la fin du XIXe siècle, observe l'historien Dominique Kalifa[4]. Ainsi, Fantômas compte d'immédiats prédécesseurs littéraires apparus à la Belle Époque, tel Zigomar, criminel encagoulé créé par Léon Sazie, ou comme Arsène Lupin, le gentleman cambrioleur de Maurice Leblanc, hors-la-loi moins terrifiant mais non dénué d'ombres[5].

Le Fantôme de l'Opéra inspire également un passage du Fiacre de nuit (1911), un volume où Fantômas fait s'écraser un énorme luminaire sur la clientèle du grand magasin « Paris-Galeries », à l'instar du lustre qu'Erik le Fantôme précipite sur les spectateurs de l'Opéra-Garnier dans le roman de Gaston Leroux, paru un an plus tôt[6],[n 5].

Fantômas se fonde aussi sur des antécédents historiques, en particulier la figure de Ravachol, un terroriste anarchiste de l'Ère des attentats (1892-1894). Sujet de complaintes populaires, Ravachol est alors transfiguré en hors-la-loi incarnant « simultanément les deux figures du héros de la littérature populaire, l'ignoble crapule et le vengeur, le bandit et le justicier ». Ce criminel est ainsi perçu comme le successeur de Louis Mandrin et de Rocambole, tout autant que comme un prédécesseur de Fantômas[7].

Genèse de Fantômas

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Pierre Souvestre et Marcel Allain composent Le Rour (1909), un roman-feuilleton où apparaît déjà un génie du mal, pourvu d'ailes artificielles[8].

Les deux créateurs de Fantômas se rencontrent en 1907, alors que Pierre Souvestre, journaliste mondain, embauche Marcel Allain comme secrétaire pour l'aider à gérer son magazine Le Poids lourd, consacré à l'automobile. Efficace, Marcel Allain devient rapidement son prête-plume, puis finit même par co-signer leurs articles communs. Les deux hommes débutent leur association littéraire avec Le Rour, un roman-feuilleton sportif et policier publié dans les colonnes du journal L'Auto entre janvier et . Ce récit, qui connaît un grand succès, est suivi entre janvier et d'un second feuilleton policier toujours dans L'Auto, intitulé L'Empreinte, dans lequel ils introduisent les personnages de Juve et Jérôme Fandor[9].

Pierre Souvestre et Marcel Allain.

Deux mois plus tard, Pierre Souvestre signe le un contrat avec Joseph-Arthème Fayard dans lequel il s'engage à lui livrer mensuellement vingt-quatre volumes d'une série policière[10]. Le contrat stipule une rémunération de 2 000 francs par récit, augmentée de 3 centimes par volume en cas de tirages supérieurs à 50 000 exemplaires[11]. Quelques jours plus tard, Pierre Souvestre et Marcel Allain proposent à leur éditeur une première trame et le nom du protagoniste, « Fantômus », que Joseph-Arthème Fayard aurait transformé par inadvertance en Fantômas, selon Allain[n 6].

Portraits photographiques des comédiens incarnant Juve et Jérôme Fandor, protagonistes de La Royalda de Pierre Souvestre et Marcel Allain (journal culturel Comœdia, et ).

Entre juillet et , Pierre Souvestre et Marcel Allain publient dans la revue culturelle Comœdia La Royalta présenté comme un grand roman théâtral et policier. Dans ce roman-feuilleton, les auteurs mettent à nouveau en scène le commissaire Juve et le journaliste Jérôme Fandor[n 7]. Pierre Souvestre remet le manuscrit du premier volume de la série Fantômas en à Fayard[18].

Le premier volume de la série est publié en dans la collection « Le Livre populaire » — collection à très bon marché de romans policiers et sentimentaux lancée en 1905 par Fayard — au prix de 65 centimes[19].

Publicité pour le phonographe Edison.

Selon Marcel Allain, à cause du rythme de production exigé par Arthème Fayard, les volumes du roman ont été initialement dictés par lui et Pierre Souvestre à l'aide d'un dictaphone, puis saisis la nuit par des dactylos[n 8]. Par ce procédé, Fantômas impose un style débridé (qui évoquera aux surréalistes l'écriture automatique) ainsi que des intrigues sombres et tortueuses construites autour des crimes de son (anti)héros à l'imagination sans limite, intrigues animées par des courses poursuites échevelées qui font appel à toutes les ressources de la technologie de l'époque (automobile, train, paquebot — et même fusée dans les années 1960) et baignées dans une atmosphère poético-fantastique[27].

Représentation emblématique d'un « apache » à la une du Petit Journal, .

Fantômas ressuscite par ailleurs, pour les lecteurs contemporains, la société de la Belle Époque et notamment un Paris disparu, dans la lignée des feuilletonistes du XIXe siècle (en particulier Eugène Sue et ses Mystères de Paris), les apaches succédant aux mohicans d'Alexandre Dumas dans la jungle urbaine européenne. L'insaisissable bandit, l'« armée du crime »[n 9] dont il dispose ainsi que ses adversaires font également de brèves échappées en Afrique et en Amérique, jusque dans l'espace dans le dernier épisode rédigé par Marcel Allain seul.

Pierre Souvestre et Marcel Allain collectionnent les faits divers qui émaillent la presse française mais aussi anglo-saxonne, participant à la psychose d'insécurité relayée par cette presse[27]. Les deux auteurs compilent les coupures de journaux dans un dossier intitulé « l'armoire aux trucs », où ils puisent leur inspiration[30],[31]. Pour protéger Juve de l'attaque de l'« exécuteur muet » ophidien dans Juve contre Fantômas (), Souvestre et Allain revêtent le policier d'une ceinture et de brassards cloutés similaires à l'attirail de Jean-Jacques Liabeuf, un « tueur de flics »[32]. Fantômas endosse une panoplie similaire afin d'échapper à Juve dans le volume Le Train perdu ()[33],[34].

L'actualité trouve ainsi sa place dans la saga. Le Train perdu évoque une importante grève maritime internationale survenue l'année même de la publication du volume, qui empêche Fantômas et les apaches de quitter l'Angleterre[35]. Le naufrage du Gigantic dans La Fin de Fantômas () fait écho à celui du Titanic[36].

Personnages

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Fantômas

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Couvertures de Gino Starace représentant Fantômas sous deux de ses déguisements emblématiques : à gauche, la tenue noire de « rat d'hôtel », composée d'une cagoule et d'un collant ; à droite, un loup et un costume de soirée.

Fantômas relève de la figure du surhomme qui, dans certains cycles de romans populaires, incarne une volonté de puissance et de domination dépassant le seul crime crapuleux. Le personnage apparaît ainsi comme une personnification du mal, caractérisée par une violence meurtrière associée à la vengeance et à la mort, note l'historien Dominique Kalifa[37].

« Génie du crime » affublé de plusieurs surnoms (le « maître de l'effroi », le « tortionnaire », « l'insaisissable », etc.), le visage et la véritable identité de Fantômas demeurent inconnus.

Dans des indications rédigées en 1958 à l'intention des illustrateurs de bande dessinée[38],[39], Marcel Allain décrit le terrible bandit sous trois apparences, sans compter les nombreux et habiles déguisements qui le rendent totalement méconnaissable.

Au naturel, il apparaît comme un quadragénaire athlétique, élégant et courtois (bien qu'assassin impitoyable), « glabre, avec un visage long et distingué, l'air autoritaire, les traits un peu américains ».

Fantômas vêtu de son maillot noir et de sa cagoule. Affiche du film Le Mort qui tue réalisé par Louis Feuillade, Gaumont, 1913.

Pour accomplir ses forfaits, il adopte parfois l'apparence traditionnelle du « gentleman coupable »[38] popularisé par Arsène Lupin, dont les aventures inspirent fortement le volume initial de la série fantômassienne[40] : vêtu d'un smoking, coiffé d'un haut-de-forme et le visage dissimulé par un loup de velours, conformément à l'illustration anonyme de la couverture du premier roman[41].

Toutefois, aux yeux de son cocréateur, la silhouette « légendaire » de Fantômas demeure celle du criminel portant un collant noir (sans cape) ainsi qu'une cagoule ne laissant voir que ses yeux, « en somme, la tenue du rat d'hôtel »[38],[42].

Juve et Fandor se réfugient dans un tonneau pour échapper à l'incendie des entrepôts de Bercy. Couverture de Gino Starace pour le 2e volume : Juve contre Fantômas, Fayard, .

Inspecteur de la Sûreté de Paris, « d'aspect énergique, actif, remuant, resté jeune malgré la quarantaine, […] intelligent, persévérant, volontaire, audacieux »[43], Juve est l'ennemi acharné, voire obsessionnel, de Fantômas. Il réside au 142 de la rue Bonaparte à Paris. Sa vie est vouée à la capture — ou à la destruction — du monstre.

À la fin du trente-deuxième volume, lors du naufrage du paquebot Gigantic, le génie du crime révèle à Juve qu'il n'est autre que son propre frère, suscitant l'indignation puis la stupeur du policier. Les deux ennemis jurés sont ensuite engloutis dans les flots avant d'avoir pu sceller leur réconciliation. Lorsque Marcel Allain reprend seul l'écriture de la série à partir de 1926, il dédaigne cette révélation dramatique : se réveillant sur un toit avec Fandor, l'inspecteur se contente de ridiculiser ce prétendu lien familial par une brève allusion, selon le principe de la continuité rétroactive.

Jérôme Fandor

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Anciennement Charles Rambert, fils d'Étienne Rambert et d'Alice, deux victimes de Fantômas. Impliqué malgré lui dans un meurtre commis par le génie du crime, Fandor devient l'allié et l'ami indéfectible de son « père spirituel » Juve. De fait, l'inspecteur lui fournit une nouvelle identité afin de le protéger du criminel ayant décimé sa famille.

Jeune, sportif, gouailleur et tête brûlée, Charles Rambert se mue en Jérôme Fandor, journaliste intrépide œuvrant au périodique La Capitale, conformément à la figure héroïque du jeune reporter prisée par la fiction populaire, de Rouletabille à Tintin[44],[45]. Fandor devient également le fiancé d'Hélène, que Fantômas tente de lui arracher.

Hélène

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Hélène sous le déguisement masculin de « Teddy » (La Fille de Fantômas, 1911). Hélène et Fandor ligotés (La Cravate de chanvre, 1913). Couvertures de Gino Starace.

Belle, intelligente et intrépide, Hélène est fiancée à Fandor et affronte à ses côtés Fantômas, son père présumé. Dévoré par un amour paternel jaloux et exclusif, le génie du crime veille constamment sur elle, tout en s'acharnant à la séparer de son fiancé.

Conformément à la tradition feuilletonnesque des mystérieuses origines exotiques, le volume La fin de Fantômas révèle qu'Hélène est la petite-fille de l'empereur des Indes[46],[47]. Marcel Allain néglige cet élément lorsqu'il reprend l'écriture de la série en 1926, après la mort de Souvestre (à qui il attribuera plus tard l'idée indienne). Désormais, Fantômas apparaît comme le véritable père de la fiancée de Fandor[n 10].

Lady Maud Beltham

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Lady Beltham sort de son cercueil (La Guêpe rouge, 1912)[51]. Couverture de Gino Starace.

Lady Maud Beltham est dépeinte comme une femme blonde, belle et distinguée, appartenant à la haute société. Ses origines sont imprécises, mais elle est présentée comme une Anglaise possédant des terres en Écosse et finançant un sanatorium à Glasgow[52].

Elle rencontre Fantômas pour la première fois en Afrique, durant la guerre du Transvaal, alors qu'il sert comme sergent d'artillerie sous le nom de Gurn. À son retour en Europe, celui-ci assassine Lord Beltham, l'époux de Maud. Devenue veuve, Lady Beltham poursuit sa relation amoureuse avec le criminel. Décrite comme foncièrement honnête, mais partagée entre ses sentiments et ses scrupules moraux, elle devient occasionnellement la complice de Fantômas, tout en intervenant parfois en faveur de ses adversaires, Juve et Fandor[52].

Le personnage se caractérise principalement par la force de ses sentiments, sa jalousie et son courage[53]. À l'image des principaux protagonistes, Lady Beltham apparaît sous diverses identités d'emprunt[54], notamment celles d'une mère supérieure de couvent ou d'une grande-duchesse russe. Elle participe à plusieurs enlèvements et affrontements, mais demeure guidée par un sens de l'honneur qui la conduit au suicide après avoir commis un meurtre qu'elle estime injuste. Malgré son importance dans certaines intrigues, elle apparaît essentiellement dans la première partie du cycle et y occupe généralement un rôle secondaire, en dépit de la notoriété acquise plus tard par le personnage en tant que compagne de Fantômas[53].

Les apaches

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Abandonné par Fantômas dans le clocher d'une église avec le produit de ses rapines, l'apache Ribonard meurt écrasé par la grosse cloche, tandis que son sang et les bijoux volés tombent sur l'assistance (Le Magistrat cambrioleur, 1912)[55].

Solitaire par nature, le surhomme maléfique des romans populaires — Zigomar ou Fantômas — s'entoure néanmoins de complices « minables, truands misérables, pierreuses et rôdeurs de barrière, des pieds nickelés sans envergure »[56],[57]. Par son sang-froid et sa distinction, Fantômas se démarque de ces « petits artisans » du crime, auxquels il impose fermement son autorité dès qu'ils manifestent quelque velléité d'indépendance[58]. Il obtient leur obéissance par l'argent ou la menace, néglige parfois de les payer et n'hésite pas à les tuer s'ils le trahissent[59],[60].

Reflets littéraires de la figure mi-pittoresque, mi-inquiétante de l'apache, incarnation médiatique des « classes dangereuses » urbaines de la Belle Époque[61], les hommes de main de Fantômas sont étroitement liés à l'imaginaire de la pègre des bas-fonds parisiens[62]. Ce milieu interlope est alors mis en chanson sur le registre tragique et pathétique dans les cabarets et cafés-concerts, en particulier par Eugénie Buffet et Aristide Bruant[63]. La « poésie de la pègre » atteint son apogée à Paris entre 1900 et 1930, une mode illustrant le « goût manifeste pour l'encanaillement qui affecte alors les avant-gardes du temps », observe l'historien Dominique Kalifa[64]. La culture populaire se nourrit également de ce voyeurisme des bas-fonds, notamment à travers la mise en scène sensationnaliste des faits divers à la une de la presse illustrée[65].

Cet imaginaire se décline dans la paralittérature de l'époque[66], où les apaches forment, selon la chercheuse Anne-Marie Thiesse, une « tribu parisienne spécialisée dans le crime et la relance de l'action[67] ». Le chercheur Gabriel Thoveron estime que les comparses de Fantômas émanent directement des cloaques dépeints par Aristide Bruant, d'abord dans le répertoire du chansonnier, puis dans son roman Les Bas-fonds de Paris[62] (1897). Cette œuvre-fleuve reprend un lieu commun alors prisé par l'enquête journalistique et la littérature industrielle, celui des liaisons clandestines entre la haute société et les bas quartiers[68], comme en témoigne le personnage du souteneur Raquedalle, « répugnant produit des trottoirs parisiens »[69]. Du reste, Les Bas-fonds de Paris est republié en cinq volumes chez Fayard entre et , tandis que la série Fantômas commence à paraître le mois suivant, également dans la collection « Le Livre populaire »[62],[70].

Réédition du roman d'Aristide Bruant, Les Bas-fonds de Paris, chez Fayard (1910-1911).

Dominique Kalifa voit dans le cycle romanesque de Pierre Souvestre et Marcel Allain une vaste « encyclopédie de l'apacherie »[71], peuplée d'« apaches de papier »[72] conformes aux figures codifiées de l'« arsouille » dans le roman populaire[73]. Aussi les apaches de Fantômas apparaissent-ils jeunes, violents, paresseux, ivrognes et débauchés. Affichant un débraillé ostentatoire, ils sont reconnaissables à leur casquette, leur foulard et leurs « bottines criardes ». Leurs compagnes, des « reines du trottoir » à la poitrine non corsetée et aux jupons dégrafés, sont elles-mêmes présentées sous des traits peu flatteurs, à l'image de la dévoyée Nini Guinon, une pierreuse éprise du bel apache Paulet, gigolo de son état. Décrite comme une adolescente de seize ans, « mignonne et fluette », issue, comme Paulet, d'une famille simple et honnête, Nini refuse néanmoins de travailler et sombre dans la délinquance, jusqu'à participer avec son amant à des crimes crapuleux, et notamment au meurtre d'un garçon de recettes. Le récit explique la déchéance de Nini par sa « nature vicieuse » et celle de Paulet par sa fainéantise, double caractérisation qui illustre un déterminisme social répandu à l'époque dans la littérature zolienne ou populaire, en écho aux théories sociologiques et scientifiques contemporaines[66]. À travers de tels couples, qui se nouent et se dénouent au fil des volumes, certains apaches truculents deviennent des figures familières au point d'inspirer presque de la sympathie[74], mais leur sauvagerie rappelle la cruauté de Fantômas[75] et contribue à la tonalité grand-guignolesque du cycle.

Cette contre-société criminelle n'est pas circonscrite à la Zone et aux « fortifs », puisque l'ensemble romanesque transpose aussi les bouges et les coupe-gorges des bas-fonds dans les faubourgs ouvriers de Paris[76]. Ainsi, les apaches se réunissent à Belleville[77] aussi bien qu'au bistrot Le Marronnier bleu, situé avenue de Saint-Ouen, mais surtout Au rendez-vous des Aminches, le cabaret borgne du père Korn, dont l'issue de secours débouche sur l'insalubre rue de la Charbonnière, dans le quartier de la Goutte-d'Or[76],[78]. Ils y jouent au zanzibar, dansent « la sonneuse » (une variante brutale de la valse chaloupée), boivent des mêlé-cass et des mominettes, commandent des « saladiers de rouge »[79],[62],[80],[81],[82] et usent volontiers d'un argot conventionnel et aisément compréhensible[83], que Souvestre et Allain puisent chez Aristide Bruant et dans des glossaires de la langue verte[84].

Sur ordre de Fantômas, les apaches Fumier et Dégueulasse volent le revêtement en or du dôme des Invalides (Le Voleur d'or, 1913)[85].

Les « mauvais garçons » dépeints par les deux co-auteurs s'inscrivent ainsi dans la filiation textuelle des Mystères de Paris[66], en reprenant le motif de son estaminet mal famé, le Tapis-Franc[86]. Les apaches prolongent plus largement une représentation livresque des milieux louches parisiens héritée de la première moitié du XIXe siècle, telle que l'a étudiée l'historien Louis Chevalier dans son ouvrage sur les « classes laborieuses et classes dangereuses » de la capitale[82],[56]. Cette tradition s'illustre en particulier dans le roman-feuilleton d'Eugène Sue, dans certaines œuvres de La Comédie humaine de Balzac, ainsi que dans Les Misérables de Victor Hugo, où les « escarpes » Claquesous, Gueulemer, Babet et Montparnasse forment la bande criminelle de Patron-Minette[87],[88],[89], « polype monstrueux » jailli de la « fosse des ténèbres »[90].

Les apaches de Fantômas se mettent régulièrement au service du roi du crime, qui apparaît davantage comme leur employeur occasionnel que comme leur chef en titre. Par ailleurs, ils agissent souvent pour leur propre compte, se livrant au vol, à l'assassinat, à la contrebande et à des actes de vengeance[91]. Dans le premier volume, leur association de malfaiteurs est appelée « bande des Chiffres »[92] (dont chaque membre adopte pour pseudonyme un nombre correspondant au total des meurtres qu'il a personnellement commis)[93], puis « bande des Ténébreux » dans le douzième volume (Le Magistrat cambrioleur)[92]. Toutefois, ces appellations restent occasionnelles et ne désignent jamais durablement le groupe[91].

La Toulouche remet à Juve, que les apaches prennent pour Fantômas, un coffret de pièces d'or dissimulé dans un cadavre (Le Policier apache, 1911)[94].

Parmi les apaches récurrents, le sinistre Bedeau, « d'âge mûr, mais déjà vieilli par la débauche », doit son surnom à sa manière de dévaliser les passants : il les « sonne » en leur heurtant la tête contre le bord du trottoir, comme un bedeau faisant sonner les cloches d'une église. D'autres « gouapes » et « marlous » portent également des sobriquets imagés et feuilletonesques, sans prétention à l’exactitude documentaire sur les mœurs des voyous parisiens[77]. La bande compte ainsi le myope et trapu Œil-de-Bœuf, son compère longiligne Bec-de-Gaz, le laideron Beaumôme, l'élégant Mort-Subite, le Barbu, le lugubre Bébé et Ma Pomme. À leurs côtés se tiennent leurs « marmites », des prostituées telles que la Grande Ernestine, Fleur-de-Rogue (qualifiée de « porte-poisse » en raison de la fin tragique de ses amants), la Panthère (qui sera battue à mort par son concubin Bec-de-Gaz)[95],[74] et la belle Adèle. Ancienne femme de chambre[96],[62], cette dernière devient gigolette, forme un ménage à trois avec Œil-de-Bœuf et Bec-de-Gaz, puis finit par accéder au statut de demi-mondaine. Elle s'établit alors dans le monde sous le nom d'Adèle de Rivoli, consacrant une ascension sociale qui la distingue des autres pierreuses[97].

La Toulouche

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La Toulouche représentée en couverture d'un fascicule Fantômas publié en 1926.

La mère Toulouche est une vieille receleuse associée aux apaches[98]. Réminiscence de la Chouette dans Les Mystères de Paris et de la mère Flipart dans Les Drames de Paris[62], elle est décrite comme une mégère corpulente, coutumière de méfaits aussi macabres qu'outranciers. Elle extrait ainsi sans rechigner un magot de la poitrine du cadavre décomposé de Tom Bob[94], un détective anglo-saxon qu'elle a assassiné en lui déchiquetant la gorge à coups de dents, avant de laper son sang pour éviter de tacher le plancher[98].

La Toulouche tient une brocante miteuse à l'enseigne de « L'Amateur de curiosités », quai de l'Horloge, entre le Pont-Neuf et la rue de Harlay. Non loin de là, dans l'enceinte du Palais de Justice, Nibet, gardien véreux, officie au « Dépôt » de la préfecture de police. Il se livre avec la Toulouche à un trafic de marchandises, évacuées par voie fluviale depuis la cave humide de la boutique de bric-à-brac, qui communique avec la Seine[99],[100],[101].

Dans les égouts passant sous le Palais de Justice, Nibet tente d'assassiner Fandor tandis que le journaliste recherche le cadavre disparu de Jacques Dollon, un peintre prétendument mort par suicide dans une cellule du Dépôt. Avec la complicité de Nibet, Fantômas a éliminé Dollon, escamoté sa dépouille, puis prélevé l'épiderme de ses mains afin d'égarer la police scientifique grâce à des gants en peau humaine. Pour la chercheuse Annabel Audureau, l'inframonde qui sert de théâtre sordide à la contrebande de la Toulouche et aux crimes de Fantômas apparaît comme un défi symbolique à l'ordre établi, en tant qu'envers carnavalesque de l'autorité judiciaire qui s'exerce à proximité, en surface[66].

Bouzille

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Affiche représentant le chemineau éponyme d'un drame de Jean Richepin. L'œuvre de ce dramaturge exalte les « gueux » et les vagabonds[102].

Bouzille est un chemineau âgé d'une cinquantaine à une soixantaine d'années, présenté comme un personnage sympathique, grand buveur, toujours vêtu d'éléments dépareillés : chapeau d'épouvantail, large pantalon d'équitation, bottines de modèles différents. Entre deux séjours en prison, qu'il effectue de préférence durant l'hiver afin de bénéficier gratuitement du chauffage, il exerce une multitude de petits métiers, notamment ceux de fripier, d'employé de la morgue, de marchand de coco ou de colporteur. Bouzille s'improvise aussi « noyé professionnel », feignant à plusieurs reprises de se noyer dans la Seine afin d'empocher une partie de la prime versée à ses sauveteurs[103],[104].

Contre rémunération, ce trimardeur rend régulièrement service à Juve et à Fandor, tout en acceptant à l'occasion de travailler pour Fantômas. Grâce à son opportunisme et ses agissements aux marges de la légalité, « côtoyant les pires crimes, sans jamais y prendre part, risquant le bagne à tout moment et, malgré tout, demeurant honnête et toujours souriant », Bouzille préserve ses intérêts et parvient à conserver de bonnes relations avec les parties adverses. Le maître du crime va même jusqu'à l'empaqueter comme un colis postal afin de lui éviter de tomber sous les balles lors d'une fusillade entre les apaches et la police dans le cabaret du père Korn[103],[105],[106],[107].

Le personnage serait en grande partie inspiré d'un clochard que le père de Pierre Souvestre hébergeait dans ses remises pendant l'hiver[31]. Jouant fréquemment un rôle comique dans le cycle Fantômas[108], Bouzille relève du type du « vieux roulant », figure pittoresque et inoffensive qui se distingue des représentations criminalisées des vagabonds et des nomades alors répandues dans la presse, la littérature médicale et certains romans populaires, notamment Zigomar[109].

Médias

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Pierre Souvestre et Marcel Allain

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La Main coupée (1911), couverture illustrée par Gino Starace.
L'Arrestation de Fantômas (1911), couverture illustrée par Gino Starace.
La Livrée du crime (1912), couverture illustrée par Gino Starace.
Les Amours d'un prince (1912), couverture illustrée par Gino Starace.
La Fin de Fantômas (1913), couverture illustrée par Gino Starace.
  • Fantômas, Fayard, coll. « Le Livre populaire »,
  • Juve contre Fantômas, Fayard, coll. « Le Livre populaire »,
    Adapté au cinéma par Louis Feuillade en 1913.
  • Le Mort qui tue, Fayard, coll. « Le Livre populaire »,
    Devient Fantômas se venge en 1932.
    Adapté au cinéma par Louis Feuillade en 1913.
  • L'Agent secret, Fayard, coll. « Le Livre populaire »,
    Devient Une Ruse de Fantômas en 1932.
  • Un Roi prisonnier de Fantômas, Fayard, coll. « Le Livre populaire »,
  • Le Policier apache, Fayard, coll. « Le Livre populaire »,
    Devient Le Policier… Fantômas en 1932.
    Adapté au cinéma par Louis Feuillade en 1914 sous le titre Fantômas contre Fantômas.
  • Le Pendu de Londres, Fayard, coll. « Le Livre populaire »,
    Devient Aux Mains de Fantômas en 1932.
  • La Fille de Fantômas, Fayard, coll. « Le Livre populaire »,
  • Le Fiacre de nuit, Fayard, coll. « Le Livre populaire »,
    Devient Le Fiacre de Fantômas en 1932.
  • La Main coupée, Fayard, coll. « Le Livre populaire »,
    Devient Fantômas à Monaco en 1932.
  • L'Arrestation de Fantômas, Fayard, coll. « Le Livre populaire »,
  • Le Magistrat cambrioleur, Fayard, coll. « Le Livre populaire »,
    Devient Le Juge Fantômas en 1933.
    Adapté au cinéma par Louis Feuillade en 1914 sous le titre Le Faux Magistrat.
  • La Livrée du crime, Fayard, coll. « Le Livre populaire »,
    Devient La Livrée de Fantômas en 1933.
  • La Mort de Juve, Fayard, coll. « Le Livre populaire »,
    Devient Fantômas tue Juve en 1933.
  • L'Évadée de Saint-Lazare, Fayard, coll. « Le Livre populaire »,
    Devient Fantômas roi du crime en 1933.
  • La Disparition de Fandor, Fayard, coll. « Le Livre populaire »,
    Devient Fandor contre Fantômas en 1933.
  • Le Mariage de Fantômas, Fayard, coll. « Le Livre populaire »,
  • L'Assassin de Lady Beltham, Fayard, coll. « Le Livre populaire »,
    Devient Les Amours de Fantômas en 1933.
  • La Guêpe rouge, Fayard, coll. « Le Livre populaire »,
    Devient Un défi de Fantômas en 1933.
  • Les Souliers du mort, Fayard, coll. « Le Livre populaire »,
    Devient Fantômas rôde en 1933.
  • Le Train perdu, Fayard, coll. « Le Livre populaire »,
    Devient Le Train de Fantômas en 1933.
  • Les Amours d'un prince, Fayard, coll. « Le Livre populaire »,
    Devient Fantômas s'amuse en 1933.
  • Le Bouquet tragique, Fayard, coll. « Le Livre populaire »,
    Devient Le Bouquet de Fantômas en 1934.
  • Le Jockey masqué, Fayard, coll. « Le Livre populaire »,
    Devient Fantômas roi du turf ! en 1934.
  • Le Cercueil vide, Fayard, coll. « Le Livre populaire »,
    Devient Le cercueil de Fantômas en 1934.
  • Le Faiseur de reines, Fayard, coll. « Le Livre populaire »,
    Devient Fantômas contre l'amour en 1934.
  • Le Cadavre géant, Fayard, coll. « Le Livre populaire »,
    Devient Le spectre de Fantômas en 1934.
  • Le Voleur d'or, Fayard, coll. « Le Livre populaire »,
    Devient Prisonnier de Fantômas en 1934.
  • La Série rouge, Fayard, coll. « Le Livre populaire »,
    Devient Fantômas s'évade en 1934.
  • L'Hôtel du crime, Fayard, coll. « Le Livre populaire »,
    Devient Fantômas accuse en 1934.
  • La Cravate de chanvre, Fayard, coll. « Le Livre populaire »,
    Devient Le domestique de Fantômas en 1934.
  • La Fin de Fantômas, Fayard, coll. « Le Livre populaire »,
    Devient Fantômas est-il mort ? en 1934.

Depuis 1987, les douze dernières aventures sont régulièrement rééditées dans le texte intégral et original aux éditions Robert Laffont dans la collection « Bouquins »[110]. Dans cette même collection, les premiers épisodes sont à nouveau publiés depuis 2013 sous la direction de Loïc Artiaga et Matthieu Letourneux, en incluant des préfaces de Dominique Kalifa et Robin Walz[111].

Nouvelle série par Marcel Allain seul

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Marcel Allain vers 1920.

À partir de 1926, Marcel Allain reprit seul, après la mort de son collègue, l'écriture de Fantômas. Cette série fut publiée dans trente-quatre fascicules hebdomadaires de seize pages par la Société parisienne d'édition entre avril et , puis en livres par Arthème Fayard, sauf, semble-t-il, le dernier. Les nouveaux titres publiés par Fayard comportent quasi systématiquement le nom « Fantômas », plus vendeur.

À compter de 1932, les rééditions — désormais abrégées — de la précédente série de trente-deux volumes (par Souvestre et Allain) n'échappent pas à la règle puisque les titres d'origine sont modifiés afin d'inclure également le nom « Fantômas ». En outre, la couverture de chacun des trente-deux volumes réédités entre 1932 et 1934 s'orne d'une photographie en noir et blanc en remplacement de l'illustration originelle de Gino Starace.

Compositions photographiques remplaçant les couvertures illustrées par Gino Starace à l'occasion de la réédition de la série des trente-deux volumes par Souvestre et Allain (Éditions Fayard, 1932-1934). Compositions photographiques remplaçant les couvertures illustrées par Gino Starace à l'occasion de la réédition de la série des trente-deux volumes par Souvestre et Allain (Éditions Fayard, 1932-1934). Compositions photographiques remplaçant les couvertures illustrées par Gino Starace à l'occasion de la réédition de la série des trente-deux volumes par Souvestre et Allain (Éditions Fayard, 1932-1934).
Compositions photographiques remplaçant les couvertures illustrées par Gino Starace à l'occasion de la réédition de la série des trente-deux volumes par Souvestre et Allain (Éditions Fayard, 1932-1934).
  • Est-il ressuscité ?, Fayard, 1926, Roman
  • Fantômas roi des receleurs, Fayard, 1926, Roman
  • Fantômas en danger, Fayard, 1926, Roman
  • Fantômas prend sa revanche, Fayard, 1926, Roman
  • Fantômas attaque Fandor, Fayard, 1926, Roman
  • Si c'était Fantômas ?, Fayard, 1933, Roman
  • Oui, c'est bien Fantômas !…, Fayard, 1934, Roman
  • Fantômas joue et gagne, Fayard, 1935, Roman
  • Fantômas rencontre l'amour, Fayard, 1946, Roman
  • Fantômas vole des blondes, Fayard, 1948, Roman
  • Fantômas mène le bal, Constellation[112], 1963, Roman
Affiche d'E. Villefroy pour l'adaptation cinématographique de Fantômas, réalisée par Louis Feuillade, Gaumont, 1913.
Afin d'éviter des problèmes avec la censure, le poignard sanglant dans la main droite du maître du crime n'est pas reproduit sur cette variante de l'illustration anonyme de la couverture du premier volume[113],[n 11].

Dès 1913, Louis Feuillade adapte cinq romans au cinéma. Le déclenchement de la Première Guerre mondiale vient cependant interrompre sa série d'adaptations cinématographiques[115] :

Les aventures de Fantômas en version en noir et blanc et muette sont à nouveau adaptées après-guerre :

Des adaptations en noir et blanc et parlantes ont également été réalisées et incluent :

Les films en couleurs et parlants incluent :

Dans ces trois derniers films, le personnage de Fantômas est incarné par Jean Marais, mais c'est Raymond Pellegrin qui lui prête sa voix.

Une nouvelle adaptation, Fantômas de Frédéric Tellier, est prévue en 2027.

Téléfilms (mini-série)

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En 1979, quatre épisodes de Fantômas sont produits pour la télévision par Antenne 2 (France) et Hamster Films (Allemagne). Chaque épisode de 90 minutes est basé sur l'un des 32 romans de Pierre Souvestre et Marcel Allain. La série a été produite par Claude Barma et écrite par Bernard Revon. Les musiques sont de Georges Delerue. Le casting principal recense Helmut Berger (Fantômas), Jacques Dufilho (le commissaire Juve), Pierre Malet (Jérôme Fandor) et Gayle Hunnicutt (Lady Beltham).

Ces téléfilms ont été édités en DVD par l'INA en 2011 dans sa collection « Les Inédits fantastiques ».

Bandes dessinées

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  • Fantomas : bande dessinée mexicaine de Julio Cortázar, scénario de Alfredo Cardona Peña. Il n'y a pas de faute au nom, Fantômas a perdu son accent circonflexe « ^ » sur le « o ».
  • Fantômas contre les Nains (1941) : comics
  • Fantômas et l'enfer sous-marin : suite du précédent, jamais publié.
  • Fantômas ( à ) : un strip dessiné journalièrement par Pierre Tabary pour Opera Mundi (192 strips au total), adaptant les deux premiers romans.
  • Fantômas (1962-63) : magazines en histoire photo adaptant les numéros 1, 2, 3 et 5 des livres de la série et publié par Del Duca entre 1962 et 1963.
  • Fantômas (1969) : une page couleur hebdomadaire, écrite par Agnès Guilloteau et dessinée par Jacques Taillefer, diffusée (= syndiquée aux États-Unis) par Opera Mundi en 1969 et publiée dans « Jours de France ».
  • Fantômas (bande dessinée, 1980) : publiée dans Télé Junior, adaptation de Sacha, dessin de Pierre Frisano. 6 épisodes présentant des versions très résumées de certains romans : Un crime mystérieux, La malle sanglante, Fantômas contre Juve, Le tueur de l'ombre, Le portefeuille rouge, Mieux vaut « Tsar » que jamais.
  • Fantômas (1990-95) : une série de bandes dessinées de Fantômas écrite par Luc Dellisse et dessinée par Claude Laverdure, publiée par l'éditeur belge Claude Lefrancq dans la collection de bande dessinée BDétectives.
  • Fantômas (2002-2003) : une série au ton surréaliste en 3 volumes, écrite et dessinée par Damien Cabiron : Le double rêve de Lady Beltham, Fandor au paradis, La dame qui aimait la foudre, Osmose Éditions.
  • L'auteur Benoît Preteseille a consacré deux ouvrages au personnage de Fantômas : Fantômas, le Dernier Geste[118], en 2008 aux éditions Warum, et L'Art et le Sang aux éditions Cornélius en 2010[119]. Esthétiquement, le Fantômas de Preteseille emprunte autant à la version cinématographique des années 1960 (visage bleu, costume noir) qu'à la Belle Époque qui a vu la naissance du Fantômas originel, ainsi qu'à d'autres figures horrifiques de la littérature populaire de l'époque. Dans L'Art et le sang, les personnages n'ont plus leurs noms originaux : Fantamas, Juvet et Fandore ont remplacé Fantômas, Juve et Fandor[120].
  • La colère de Fantômas - tome 1 les bois de justice (2013) - tome 2 Tout l'or de Paris (2014) - tome 3 À tombeau ouvert (2015) : écrit par Olivier Bocquet et dessiné par Julie Rocheleau. Cette série est librement inspirée de l'œuvre de Marcel Allain et Pierre Souvestre[121],[122],[123].

Feuilleton radiophonique

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Quelques émissions radiophoniques ont été diffusées. Fantômas (-) a été diffusé sur RTF en 60 épisodes et dirigé par René Guignard, écrit par Georges Janin avec la voix de Paul Bernard (Fantômas). Un autre feuilleton radiophonique également intitulé Fantômas (-) a été diffusé sur RTF de 256 épisodes, dirigé par Claude Mourthé et écrit par Henri Béhar ; cette émission reprend les voix de Roger Carel (Fantômas), Alain Mottet (Juve), Claude Nicot (Fandor), Catherine Rich (Lady Beltham) et Jean Rochefort (narrateur).

La Fin de Fantômas () a été diffusé sur France Culture, durée de 130 minutes, et dirigé par Arlette Adrian, Claude Calvez, Anna Sibert, Jean-Jacques Vierne, écrit par Pierre Dupriez et Serge Martel ; elle inclut les voix de Philippe Clay, Jean-Marc Thibault, Yves Rénier, Claude Piéplu, Marie-Hélène Breillat et Germaine Montero. La Naissance de Fantômas (13- a été diffusé sur France Culture, 10 épisodes, dirigé par Claude Guerre, écrit par Cécile Wajsbrot et Didier Jouault. Version fictionnelle d'évènements réels avant la création et la publication de Fantômas ; elle reprend les voix de Fred Personne (Pierre Souvestre), Daniel Dublet (Marcel Allain), Raymond Jourdan (Louis Feuillade), C. Sauvage, J. Kircher, D. Massa, J.-C. Durand et Jean-François Delacour.

Un dernier feuilleton intitulé Fantômas () a été diffusé sur France Culture et reprend la voix de Med Hondo en tant que Fantômas.

Postérité

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Fantômas et les avant-gardes artistiques

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Fantômas (1918) par Josef Čapek.

Dès les années 1910, Fantômas exerce une influence importante sur les milieux d'avant-garde[124]. La diffusion des films de Louis Feuillade à partir de 1913 contribue à faire connaître le personnage au-delà du public de la littérature populaire et attire l'attention d'écrivains et d'artistes tels que Guillaume Apollinaire, Blaise Cendrars et Max Jacob[125]. Cendrars voit notamment dans la série une « Énéide des temps modernes », tandis qu'Apollinaire et Max Jacob participent en 1913 à la création de la Société des amis de Fantômas[125].

L'intérêt de ces écrivains tient notamment aux caractéristiques du héros de Pierre Souvestre et Marcel Allain. Maître du déguisement, capable d'emprunter une multitude d'identités, Fantômas échappe aux catégories ordinaires et évolue dans une société transformée par l'automobile, le chemin de fer, le téléphone et les autres innovations techniques. Son aptitude à utiliser ces moyens au service du crime, tout en déjouant constamment les institutions chargées de le poursuivre, en fait une incarnation de certaines inquiétudes liées à la grande ville et à la modernité industrielle[125].

Fantômas (1918) par Josef Čapek.

Louis Aragon reprend cette matière dans Anicet ou le Panorama (1921), où Fantômas apparaît aux côtés d'autres éléments issus de la culture populaire. Le personnage intéresse également les futurs surréalistes, qui voient dans ses aventures une forme de fantastique propre à la vie quotidienne. Les déguisements, les coïncidences, les apparitions soudaines et les bouleversements de situations font entrer l'insolite dans un environnement familier et contribuent à brouiller la séparation entre le réel et l'imaginaire[125].

Cette lecture conduit à une véritable mythification de Fantômas. Son univers souterrain, ses déplacements dans les profondeurs de Paris et son caractère insaisissable favorisent son rapprochement avec le Minotaure et le motif du labyrinthe. Le criminel n'est plus seulement celui que la police doit capturer : il devient celui qui connaît les passages secrets d'un monde dont les apparences dissimulent une réalité plus obscure. Les surréalistes peuvent ainsi voir dans ses aventures une exploration symbolique de l'inconscient et des forces que la raison cherche à maintenir hors du champ de la conscience[125].

Fantômas (1925) par Yves Tanguy.

Cette réinterprétation accompagne l'intérêt des avant-gardes pour les productions de la culture populaire. Le roman-feuilleton, le cinéma et les faits divers fournissent à ces artistes des matériaux susceptibles de renouveler les formes littéraires et picturales. Fantômas présente à cet égard une particularité supplémentaire : son identité constamment changeante lui permet de passer d'un média à l'autre sans perdre son caractère reconnaissable[125].

L'influence du personnage se manifeste également dans les arts plastiques. En 1915, Juan Gris réalise Pipe et journal (Fantômas), une nature morte cubiste dans laquelle un exemplaire d'un roman de Fantômas est intégré à la composition. Le personnage apparaît ensuite explicitement dans une œuvre d'Yves Tanguy intitulée Fantômas, réalisée en 1925[125]. Chez ces peintres, la référence au criminel populaire s'inscrit dans des recherches qui remettent en question les modes traditionnels de représentation et les rapports entre les objets, les images et les mots.

Pipe et journal (Fantômas) (1915), par Juan Gris.

L'intérêt de René Magritte est plus directement lié au cinéma de Feuillade. Son tableau L'Assassin menacé, peint en 1926-1927, reprend notamment la composition d'une scène de Fantômas et transpose dans la peinture une situation caractéristique de l'univers du feuilleton : un personnage menacé, des témoins dont les intentions demeurent incertaines et une violence qui peut surgir à tout moment[125],[126],[127]. Magritte s'intéresse ainsi moins à la représentation littérale du criminel qu'aux mécanismes d'étrangeté et d'incertitude associés à son univers.

La fascination pour Fantômas se prolonge en Belgique chez le poète et cinéaste Ernst Moerman, qui fait du personnage le double poétique de Jean Cocteau, son principal modèle artistique. Dans son recueil Fantômas 1933, dédié à Cocteau, Moerman mêle ainsi les deux figures : le criminel devient le véhicule d'une poésie et d'une vie placées sous le signe de l'aventure, de la métamorphose et de l'imaginaire cinématographique[125],[128] Cette identification se prolonge dans Monsieur Fantômas, réalisé en 1937, où Moerman transpose l'univers du criminel dans un registre poétique et surréaliste[125].

« Allongeant son ombre immense / Sur le monde et sur Paris, / Quel est ce spectre aux yeux gris / Qui surgit dans le silence ? / Fantômas, serait-ce toi / Qui te dresses sur les toits ? »

— Robert Desnos, Complainte de Fantômas, in Fortunes, Gallimard, 1953

La réception de Fantômas ne se limite toutefois ni à la peinture ni au premier surréalisme. Robert Desnos lui consacre une complainte radiophonique, interprétée sous la direction d'Antonin Artaud, tandis que son apparition dans le Dictionnaire abrégé du surréalisme d'André Breton et Paul Éluard, publié en 1938, consacre définitivement Fantômas comme l'une des figures de l'imaginaire du mouvement[125].

Au fil de ces réappropriations, Fantômas change donc de statut. Créé comme un criminel de roman-feuilleton, il devient pour les avant-gardes un symbole de la ville moderne, de l'identité instable et de la transgression. Son univers permet en outre de rapprocher la culture populaire des recherches menées par les écrivains et les peintres sur le rêve, le hasard et l'irrationnel. Cette capacité d'adaptation explique en partie la longévité du mythe et sa circulation entre littérature, cinéma et arts plastiques[125].

Jean Cocteau déclare dans Le Figaro littéraire, en 1961 :

« Fantômas nous enchante d'un bout à l'autre par sa désobéissance aux règles et par le courage instinctif avec lequel il survole l'intelligence si dangereuse par le contrôle qu'elle oppose à l'audace et par son frein qui paralyse le cours vertigineux du génie. (…) Notre époque éprouve, dirait-on, les angoisses de la vieillesse qui se retourne vers son passé. (…) Bref, on réédite les fables modernes : Arsène Lupin, Rouletabille, Chéri-Bibi sortent de leur tombe. (…) Mais Fantômas les surclasse sous le masque et la cape que Rastignac eût aimé porter pour vaincre ce Paris que le monstre légendaire tient sous son pied comme un dragon qui terrasserait saint Georges. »

La dimension subversive de Fantômas connaît une nouvelle actualisation avec Julio Cortázar. Dans Fantomas contra los vampiros multinacionales, publié en 1975, l'écrivain argentin reprend le personnage dans le contexte politique des dictatures latino-américaines et lui attribue cette fois une fonction de résistance aux pouvoirs autoritaires[125]. Pour ce faire, Cortázar met en scène le héros masqué de la bande dessinée mexicaine Fantomas, la amenaza elegante (es), l'un des nombreux avatars du criminel créé par Pierre Souvestre et Marcel Allain.

Descendance culturelle

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Irma Vep (Musidora) dans une scène du film Les Vampires réalisé par Louis Feuillade, et affiche de Guy Arnoux représentant l'actrice dans ce même rôle.

Après le succès des films Fantômas en 1913-1914, Louis Feuillade réalise Les Vampires (1915), un film à épisodes qui met à nouveau en scène des malfaiteurs aux aventures rocambolesques. Le cinéaste reprend la silhouette noire et encagoulée du génie du mal, mais en la généralisant à l'ensemble des membres de la bande des Vampires. Parmi eux se distingue leur égérie Irma Vep, interprétée par Musidora. Compagne du chef de la bande, cette femme fatale s'impose comme la figure emblématique du serial, devant les différents « Grands Vampires » (Satanas, Vénénos...) qui se succèdent à la tête de l'organisation criminelle. Pendant féminin de Fantômas, Irma Vep doit une grande part de sa notoriété à son costume noir moulant de « souris d'hôtel », qui renforce l'attrait érotique du personnage[129],[130],[131],[132],[133].

Parallèlement, la tradition littéraire des génies du crime de la Belle Époque — tels Zigomar, Fantômas, Ténébras d'Arnould Galopin ou Miramar de Guillaume Livet — se prolonge durant l'entre-deux-guerres. Cette période voit l'apparition de plusieurs personnages du même genre, parmi lesquels Barrabas de Maurice Level (dans une mise en roman d'un film de Feuillade), Diabolos de F.-J. Janin (dans la mise en roman du serial américain Fantômas), Démonios de Roger-Henri Jacquart, Démonax de Robert Lortac, ainsi que Férocias de Marcel Allain[4],[134],[135]. Ce dernier, pressé par ses éditeurs de livrer de nouveaux volumes de Fantômas, tente de reproduire la recette de son plus grand succès avec d'autres criminels, comme Tigris ou Fatala, avatar féminin du Tortionnaire[136],[137].

Judex, le justicier français interprété par René Cresté, et The Shadow, le ténébreux vengeur américain.

Cette lignée de malfaiteurs ne compose pas l'unique descendance culturelle de Fantômas. En réaction aux critiques qui l'accusent d'exalter le crime, Louis Feuillade tourne Judex (1916), long-métrage dont le protagoniste est un redresseur de torts. Ce vengeur, coiffé d'un chapeau de feutre à large bord et drapé d'une grande cape noire, est délibérément conçu comme une version positive de Fantômas. Le film Judex, exploité aux États-Unis, constitue une inspiration manifeste du personnage américain The Shadow, justicier de pulp et prototype de super-héros, qui devient ensuite lui-même l'une des sources d'inspiration de Batman[138].

La parodie s'empare du personnage dans Spectras contre Loufock-Holmès (1926), où l'humoriste Pierre Henri Cami met en scène un affrontement entre le maître du crime et le roi des détectives, dépeint ici comme un imbécile[139]. Signé Furax, un feuilleton radiophonique de Pierre Dac et Francis Blanche, raconte les méfaits d'un génie du crime répondant au nom d'Edmond Furax[140].

Créée en 1961, Fantomette est une héroïne de la littérature enfantine[141],[142].

Diabolik et sa compagne Eva Kant.

Fantômas a notamment inspiré Diabolik, une série de bande dessinée italienne, créée en 1962 par les sœurs Angela et Luciana Giussani. Tout de noir vêtu, Diabolik est un criminel masqué qui se joue de la police. Accompagné dans ses aventures par sa maîtresse Eva Kant, il est pourchassé par son adversaire attitré, l'inspecteur Ginko. Le succès de Diabolik en Italie a suscité de nombreuses imitations dans d'autres fumetti « pour adultes », dont les titres emploient également la lettre « K » : Kriminal, Satanik, Sadik ou Demoniak[143].

Toujours dans cette veine italienne, Paperinik (« Fantomiald » en français), alter ego de Donald Duck, est un super-héros créé par Guido Martina et Giovan Battista Carpi en 1969. Initialement dépeint comme un « vengeur diabolique », le personnage s'inspire notamment de Fantômas et de Diabolik, deux archétypes de l'anti-héros criminel, dont il détourne les codes sur un mode parodique. Donald devient Fantomiald après avoir découvert, dans une villa abandonnée, le journal et l'équipement d'un ancien voleur masqué surnommé Fantomius. Le pseudonyme et le masque bleu de ce prédécesseur de Fantomiald évoquent la représentation cinématographique de Fantômas dans les films réalisés par André Hunebelle[144].

Outre les fumetti, le Roi du crime influence également les comics. Convoquant tous les héros du patrimoine littéraire au sein d'un vaste univers intertextuel, le scénariste Alan Moore et le dessinateur Kevin O'Neill intègrent ainsi le personnage de Fantômas à leur série La Ligue des gentlemen extraordinaires, où il devient membre des « Hommes Mystérieux » (en français dans le texte), l'équivalent tricolore de la Ligue britannique[145],[146]. Par ailleurs, le scénariste Grant Morrison et le dessinateur Igor Kordey créent en 2002 le super-héros Fantomex dans la série New X-Men de Marvel Comics ; si son nom s'inspire directement de celui de Fantômas, son apparence et son caractère empruntent davantage à Diabolik, lui-même dérivé du criminel français[147].

En 1999, Mike Patton nomme son groupe de metal avant-gardiste Fantômas d'après le personnage de fiction[148].

Oubli littéraire, succès au cinéma

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Fantômas est davantage connu aujourd'hui dans l'imaginaire populaire par le biais des comédies d'aventures avec Louis de Funès et Jean Marais. Le masque caractéristique et les gadgets technologiques (dont la Citroën DS volante) du bandit, le Juve hystérique et maladroit et le Fandor ambigu (pour cause puisque le même acteur — Jean Marais — interprète le criminel et son irréductible ennemi, le journaliste Fandor) de cette trilogie cinématographique n'entretiennent aucun rapport avec la saga littéraire de Pierre Souvestre et Marcel Allain, le seul élément fidèle demeurant la propension au déguisement des personnages principaux.

Contrairement à son rival Arsène Lupin, Fantômas semble être désormais cantonné à cette série cinématographique, malgré la télésuite de Claude Chabrol et Juan Bunuel dans les années 1970, avec Helmut Berger en Fantômas, Gayle Hunnicutt et Jacques Dufilho et les divers projets d'adaptations annoncés depuis.

Notes et références

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  1. « Restait à trouver une illustration saisissante pour la couverture du premier volume. Aucun des projets présentés n'étant assez percutant, Fayard suggère alors de fouiller dans le carton rempli d'affiches publicitaires, qu'un dessinateur éconduit a laissé dans son bureau. Marcel Allain y déniche un projet d'affiche concernant les « Pilules Pink pour personnes pâles ». Elle représente un homme masqué en habit de soirée qui enjambe les toits de Paris ; sa main droite laisse échapper dans le ciel une traînée de pilules. Une idée à creuser, mais dont l'auteur a omis de laisser nom et adresse. Il ne s'est jamais fait connaître depuis la naissance du mythe à l'imagerie duquel il a contribué malgré lui. Voici comment : « Puisque vous tenez à cette affiche, propose Fayard, il n'y a qu'à effacer la traînée de pilules, remplacer la boîte par un poignard, et ça fera l'affaire… » Ainsi est née, selon l'expression de Robert Desnos, une image classique de l'onirologie parisienne. Elle n'a cessé d'inspirer illustrateurs et peintres. L'un d'eux, Magritte, s'est borné à la reproduire en remplaçant le poignard par une rose[1]. »
  2. « La 1re couverture de cette dernière série [Fantômas], reproduite ci-dessous est anonyme. Il s'agit en fait d'un montage effectué à partir d'un projet d'affiche publicitaire retouché pour les besoins de la cause[2]. »
  3. ↑ « Restait à trouver une illustration saisissante pour la couverture du premier volume. Aucun des projets présentés n'étant assez percutant, Fayard suggère alors de fouiller dans le carton rempli d'affiches publicitaires, qu'un dessinateur éconduit a laissé dans son bureau. Marcel Allain y déniche un projet d'affiche concernant les « Pilules Pink pour personnes pâles ». Elle représente un homme masqué en habit de soirée qui enjambe les toits de Paris ; sa main droite laisse échapper dans le ciel une traînée de pilules. Une idée à creuser, mais dont l'auteur a omis de laisser nom et adresse. Il ne s'est jamais fait connaître depuis la naissance du mythe à l'imagerie duquel il a contribué malgré lui. Voici comment : « Puisque vous tenez à cette affiche, propose Fayard, il n'y a qu'à effacer la traînée de pilules, remplacer la boîte par un poignard, et ça fera l'affaire… » Ainsi est née, selon l'expression de Robert Desnos, une image classique de l'onirologie parisienne. Elle n'a cessé d'inspirer illustrateurs et peintres. L'un d'eux, Magritte, s'est borné à la reproduire en remplaçant le poignard par une rose[1]. »
  4. ↑ « La 1re couverture de cette dernière série [Fantômas], reproduite ci-dessous est anonyme. Il s'agit en fait d'un montage effectué à partir d'un projet d'affiche publicitaire retouché pour les besoins de la cause[2]. »
  5. ↑ Pierre Souvestre et Marcel Allain avaient provisoirement appelé leur criminel « le Fantôme » avant de présenter son nom quasi-définitif à Fayard. Dans une histoire du forçat Chéri-Bibi, Gaston Leroux reprendra à son tour une trouvaille de Souvestre et Allain, utilisée initialement dans le roman pré-fantômassien L'Empreinte : les gants en peau humaine, qui réapparaîtront dans Le Mort qui tue de la saga Fantômas[1].
  6. ↑ C'est au cours d'un trajet en métro que Marcel Allain aurait eu l'idée de baptiser le personnage principal « Fantômus ». Pierre Souvestre aurait aussitôt consigné ce nom dans un calepin avant de le présenter à Joseph-Arthème Fayard, lors d'un rendez-vous pris avec l'éditeur. Ayant mal déchiffré le mot, Fayard se serait exclamé avec enthousiasme : « Fantômas ! Mais c'est excellent ! »[12],[13],[14],[15] Cependant, le chercheur Alain Fuzellier, dit Alfu, conteste la véracité de l'anecdote[16]. D'après une version antérieure, Marcel Allain aurait lui-même écrit le nom sur une feuille de papier, que Fayard aurait mal lu.
  7. ↑ Le criminel, resté anonyme à la fin du roman sans doute pour des raisons contractuelles, pourrait bien être Fantômas[17].
  8. ↑ Cette conception technique de l'œuvre littéraire permettrait d'expliquer son « style déplorable » relevé par Max Jacob, c'est-à-dire un « ouvrage de bout en bout « parlé » (...), une sorte de coulée verbale, étonnamment pressée, qui s'inscrit entre la rêverie et le réel », d'après Hubert Juin[20]. À cet égard, Pierre Souvestre et Marcel Allain sont même regardés par les surréalistes comme des devanciers de l'écriture automatique[21],[22].
    Les souvenirs d'Allain sont ensuite remis en cause par Marcel Lagneau[23] et Alfu[24] au motif que la technologie de l'époque ne permettait pas un enregistrement continu supérieur à quelques minutes sur les rouleaux de cire. Ces deux auteurs soutiennent que les interruptions fréquentes occasionnées par l'usage de plusieurs dizaines de cylindres phonographiques auraient ralenti considérablement le rythme mensuel effréné de parution des trente-deux gros volumes composant le cycle romanesque.
    Toutefois, Loïc Artiaga et Matthieu Letourneux établissent qu'Allain possédait effectivement un phonographe : le « Business Phonograph Edison » modèle D, commercialisé avant la Première Guerre mondiale[25], dès 1907. Des machines à dicter, des rouleaux de cire (en partie numérisés) et des notes adressées aux dactylos ont été conservés dans les archives d'Allain. Les enregistrements subsistants datent principalement des années 1940 et durent généralement entre dix et douze minutes, soit environ 4 500 à 4 700 caractères de texte transcrit. Allain réutilisait les rouleaux après en avoir effacé la surface par rabotage : chaque enregistrement conservé ne correspond donc qu'à la dernière utilisation du support.
    Ces rouleaux documentent une étape intermédiaire du processus de rédaction, entre le premier manuscrit élaboré à partir du plan des chapitres et le dactylogramme mis au propre par une secrétaire. Leur écoute montre qu'Allain ne semble pas improviser devant l'appareil, contrairement à la légende associée à la rédaction de la série Fantômas, mais lire un texte préalablement rédigé[26].
  9. ↑ Popularisée par l'ouvrage du même titre de Félix Platel[28], cette expression « sert bientôt à désigner toutes les formes de marginalité, supposées relever d'une organisation occulte et formidable »[29]. Ainsi, les apaches — entre autres marginaux — sont censés livrer une guerre sans merci aux honnêtes gens ; par le biais de Fantômas, la littérature populaire s'est emparée de cet affrontement fantasmatique, initialement relaté par les médias et les criminologues du temps.
  10. ↑ En septembre 1967, lors du colloque organisé par Noël Arnaud, Francis Lacassin et Jean Tortel au Centre culturel international de Cerisy-la-Salle, Marcel Allain affirme avoir toujours considéré Fantômas comme le seul auteur des jours de la jeune femme. À cette occasion, Allain semble découvrir pour la première fois l'extrait relatif aux origines indiennes avant d'attribuer à Pierre Souvestre la paternité de ce passage[46],[48]. Selon Lacassin, Allain était coutumier du fait, recourant à cette échappatoire lorsque sa mémoire le trahissait sur tel ou tel détail[49]. Alfu et Daniel Compère questionnent plus en profondeur l'apport réel de Marcel Allain, en se basant sur sa mémoire lacunaire, ses explications (tardives) parfois décousues, ses affabulations désinvoltes ainsi que la qualité littéraire du cycle Fantômas jugée en baisse après la mort de Souvestre. De surcroît, la vraisemblance de la répartition du travail rédactionnel entre deux uniques coauteurs pour l'ensemble des trente-deux volumes est mise en doute, en arguant des dates de parution rapprochées de certains volumes de Fantômas — imposante entreprise éditoriale au succès colossal — et d'autres romans signés du duo Souvestre-Allain. Depuis Francis Lacassin, d'autres critiques supposent la participation d'un ou plusieurs nègres littéraires dans des proportions restant à définir[50].
  11. ↑ Pour les mêmes motifs, la fin dramatique du premier volume a été édulcorée dans l'adaptation cinématographique : grimé en Gurn/Fantômas et bien près d'être guillotiné à la place du véritable coupable, l'acteur Valgrand est sauvé in extremis du couperet. La guillotine n'est d'ailleurs jamais montrée à l'écran afin de ne pas effaroucher la jeune censure cinématographique, née officiellement en 1909, précisément à l'occasion de la quadruple exécution publique de la « bande Pollet »[114].

Références

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  135. ↑ Barillier 2006, p. ?.
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  144. ↑ Gianni Haver et Michaël Meyer, « Paperinik, ou comment les Italiens sont parvenus à mettre des pantalons à Donald Duck », dans Marc Atallah et Alain Boillat (dir.), BD-US : les comics vus par l'Europe, Gollion, Infolio, , 171 p. (ISBN 978-2-88474-824-7, lire en ligne), p. 69-71, 74, 78.
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Voir aussi

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Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

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Ouvrages et articles généraux et spécialisés sur la littérature populaire

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  • Marc Angenot, Le roman populaire : recherches en paralittérature, Montréal, Presses de l'Université du Québec, coll. « Genres et discours » (no 1), , X-145 p. (ISBN 0-7770-0119-5).
  • Noël Arnaud (dir.), Francis Lacassin (dir.) et Jean Tortel (dir.), Entretiens sur la paralittérature : Centre culturel international de Cerisy-la-Salle, 1er septembre-10 septembre 1967, Paris, Plon, , 479 p. (présentation en ligne)
    Reproduction en fac-similé : Noël Arnaud (dir.), Francis Lacassin (dir.) et Jean Tortel (dir.) (avertissement d'Édith Heurgon), La paralittérature : Colloque du Centre culturel international de Cerisy-la-Salle, 1er-10 septembre 1967, Paris, Hermann, coll. « Cerisy archives : littérature », (1re éd. 1970), 466 p. (ISBN 978-2-7056-8416-7, présentation en ligne).
  • Didier Blonde, Les voleurs de visages : sur quelques cas troublants de changement d'identité, Rocambole, Arsène Lupin, Fantômas & Cie, Paris, A.-M. Métailié, , 167 p. (ISBN 2-86424-131-5).
  • Jean-Paul Colin, La belle époque du roman policier français : aux origines d'un genre romanesque, Lausanne, Delachaux et Niestlé, coll. « Science des discours », , 248 p. (ISBN 2-603-01165-0, DOI 10.3917/deni.colin.1999.01).
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  • Dominique Kalifa, « Roman policier, roman de l'insécurité ? », dans Ellen Constans et Jean-Claude Vareille (dir.), Crime et châtiment dans le roman populaire de langue française du XIXe siècle : actes du colloque international de mai 1992 à Limoges, Limoges, Presses universitaires de Limoges (PULIM), coll. « Littératures en marge », , III-426 p. (ISBN 2-910016-25-0, présentation en ligne), p. 209-216.
  • Dominique Kalifa, L'encre et le sang : récits de crimes et société à la Belle Époque, Paris, Fayard, , 351 p. (ISBN 2-213-59513-5, présentation en ligne), [présentation en ligne], [présentation en ligne].
  • Dominique Kalifa, « Les lieux du crime : topographie criminelle et imaginaire social à Paris au XIXe siècle », Sociétés & Représentations, no 17 « Imaginaires parisiens »,‎ , p. 131-150 (lire en ligne).
  • Denis Labouret, « Derrière le fiacre de Fantômas ou l’ascenseur d'Arsène Lupin : l'Aventure encore et toujours ? », dans Nicolas Cremona, Bernard Gendrel, Patrick Moran (dir.), Fictions populaires, Paris, Classiques Garnier, coll. « Rencontres » (no 16), , 250 p. (ISBN 978-2-8124-0263-0, DOI 10.15122/isbn.978-2-8124-4402-9.p.0049), p. 49-62.
  • Francis Lacassin, Mémoires : sur les chemins qui marchent, Monaco, Éditions du Rocher, , 354 p. (ISBN 2-268-05989-8).
  • Jacques Migozzi, « De Zigomar à Fantômas : charmes sensationnalistes de la fiction transmédiatique à la Belle Époque », dans Julie Anselmini et Chantal Massol (dir.), Écritures et discours « populaires » (XIXe – XXe siècles) : nouveaux regards, Grenoble, UGA Éditions, coll. « Bibliothèque stendhalienne et romantique », , 306 p. (ISBN 978-2-37747-424-0, lire en ligne), p. 223-240.
  • Michel Nathan (textes réunis et présentés par René-Pierre Colin, René Guise et Pierre Michel), Splendeurs et misères du roman populaire, Lyon, Presses universitaires de Lyon, coll. « Littérature et idéologies », , 236 p. (ISBN 2-7297-0386-1, présentation en ligne, lire en ligne), « Fatala, Fantômas en jupe trotteuse », p. 129-138.
  • Antoinette Peské et Pierre Marty, Les Terribles, Paris, Frédéric Chambriand, coll. « Visages » (no 2), , 197 p.
  • Anne-Marie Thiesse, Le Roman du quotidien : lecteurs et lectures populaires à la Belle-Époque, Paris, Le Chemin vert, coll. « Le Temps et la mémoire », , 270 p. (ISBN 2-903533-11-3, présentation en ligne), [présentation en ligne].
    Réédition : Anne-Marie Thiesse, Le Roman du quotidien : lecteurs et lectures populaires à la Belle-Époque, Paris, Seuil, coll. « Points » (no 277), , 283 p., poche (ISBN 2-02-040434-6).
  • Gabriel Thoveron, Deux siècles de paralittératures : lecture, sociologie, histoire, t. 2 : de 1895 à 1995, Liège, Éditions du Céfal, coll. « Bibliothèque des Paralittératures », , 452 p. (ISBN 978-2-87130-268-1).
  • Jean-Claude Vareille, L'homme masqué, le justicier et le détective, Lyon, Presses universitaires de Lyon (PUL), coll. « Littérature et idéologies », , 203 p. (ISBN 2-7297-0354-3, lire en ligne).

Ouvrages et articles consacrés à Fantômas

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Version italienne de la série écrite par Marcel Allain (couverture illustrée d'Adriano Minardi, 1930).
  • Marc Angenot, « La « Complainte de Fantômas » et la « Complainte de Fualdès » », Études françaises, vol. 4-4,‎ , p. 424-431 (lire en ligne).
  • Loïc Artiaga et Matthieu Letourneux, Fantômas ! Biographie d'un criminel imaginaire, Paris, Les Prairies ordinaires, coll. « Singulières modernités » (no 3), , 183 p. (ISBN 978-2-35096-073-9, présentation en ligne), [présentation en ligne].
  • Loïc Artiaga, « Fantômas : être puis avoir été populaire », Revue de la BNF, no 52 « De quoi le peuple est-il le nom ? »,‎ , p. 64-73 (lire en ligne).
  • Loïc Artiaga et Lampros Flitouris, « Les vies méditerranéens de Fantômas », The Historical Review / La Revue Historique, Institut de recherches néohelléniques, vol. 14,‎ , p. 125-139 (DOI 10.12681/hr.16297, lire en ligne).
  • Annabel Audureau, Fantômas : un mythe moderne au croisement des arts, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Interférences », , 331 p. (ISBN 978-2-7535-1052-4, lire en ligne).
  • Étienne Barillier, Les nombreuses vies de Fantômas, Lyon, Les Moutons électriques, coll. « La Bibliothèque rouge » (no 4), , 406 p. (ISBN 978-2-915793-24-6).
  • Didier Blonde, « Fantômas », dans François Angelier et Stéphane Bou (dir.), Dictionnaire des assassins et des meurtriers, Paris, Calmann-Lévy, , 607 p. (ISBN 978-2-7021-4306-3), p. 167-174.
  • Alain-Michel Boyer, « Fantômas », dans Juliette Vion-Dury et Pierre Brunel (dir.), Dictionnaire des mythes du fantastique, Limoges, Presses universitaires de Limoges (PULIM), , 297 p. (ISBN 2-84287-276-2), p. 127-137.
  • (it) Alfredo Castelli, Fantômas : un secolo di terrore, Rome, Coniglio / Museo italiano del fumetto e dell'immagine, , 237 p. (ISBN 978-88-6063-317-0).
  • (it) Monica Dall'Asta (dir.), Fantômas : la vita plurale di un antieroe, Pozzuolo del Friuli, Il Principe costante, , 268 p. (ISBN 88-900688-6-8).
  • Pierre David, « Mémorables hécatombes : catalogue des victimes de Fantômas (tomes I à XXXII) », Énigmatika, Presses de l'OULIPOPO, no 34 (collection « Bibliothèque énigmatique », no 12),‎ , p. 1-84.
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  • George Fronval, « Une curieuse et brève série... Quand Fantômas paraissait en fascicules », Le Chasseur d'illustrés, no 22,‎ , p. 9-10.
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    Réédition : Alain Fuzellier (Alfu), L'encyclopédie de Fantômas : étude sur un classique, Amiens, Encrage, , 367 p. (ISBN 978-2-36058-013-2).
  • Anne-Françoise Garçon, « Fantômas, 1911 : l'électricité dans le roman populaire », Bulletin d'histoire de l'électricité, no 35 « Utopies et Électricité »,‎ , p. 177-196 (lire en ligne).
  • Dominique Kalifa, Crime et culture au XIXe siècle, Paris, Perrin, coll. « Pour l'histoire », , 331 p. (ISBN 2-262-02012-4, présentation en ligne), « La fin des « classes dangereuses » ? Ouvriers et délinquants dans la série des « Fantômas » (1911-1913) », p. 115-128.
  • Dominique Kalifa, « L'encyclopédie du crime et de l'« apacherie » », dans Marcel Allain et Pierre Souvestre (édition établie et présentée par Loïc Artiaga et Matthieu Letourneux), Fantômas : édition intégrale, t. 2 : Un Roi prisonnier de Fantômas ; Le Policier apache ; Le Pendu de Londres ; La Fille de Fantômas, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », , XVI-1250 p. (ISBN 978-2-221-13083-4), p. VII-XVI.
  • Dominique Kalifa (ill. Camila Farina), Tu entreras dans le siècle en lisant Fantômas, Paris, Vendémiaire, , 329 p. (ISBN 978-2-36358-281-2, présentation en ligne), [présentation en ligne].
  • Francis Lacassin, « Fantômas ou L'Enéide des temps modernes », dans Marcel Allain et Pierre Souvestre, édition présentée et établie par Francis Lacassin, Fantômas, vol. 1 : Le Train perdu ; Les Amours d'un prince ; Le Bouquet tragique ; Le Jockey masqué, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », , 1078 p. (ISBN 2-221-05224-2), p. 7-30.
    Repris dans : Francis Lacassin, À la recherche de l'empire caché : mythologie du roman populaire, Paris, Julliard, , 366 p. (ISBN 2-260-00688-4), « Fantômas, ou L'Opéra à treize sous », p. 99-143.
  • Matthieu Letourneux, « Vous dites Fantômas ? Dynamique sérielle et identités perverses », dans Flocel Sabaté (dir.), Perverse identities : identities in conflict, Peter Lang, coll. « Identités. Une approche interdisciplinaire aux racines du présent » (no 3), , 598 p. (ISBN 978-3-0343-1556-2), p. 201-213.
  • Géo Vadieu, « Fantomin et Lupinas », Europe, nos 604-605 « Arsène Lupin »,‎ , p. 108-111 (lire en ligne [PDF]).
  • (en) Robert Vilain, « An Urban Myth : Fantômas and the Surrealists », dans Warren Chernaik, Martin Swales et Robert Vilain (dir.), The Art of Detective Fiction, Basingstoke, Palgrave Macmillan, , XV-240 p. (ISBN 978-1-349-62770-7), p. 170-187.
  • (en) Robin Walz, Pulp Surrealism : Insolent Popular Culture in Early Twentieth-Century France, Berkeley / Los Angeles / Londres, University of California Press, , XII-206 p. (ISBN 0-520-21619-9, DOI 10.1525/9780520921863, présentation en ligne), « The Lament of Fantômas : The Popular Novel as Modern Mythology », p. 42-75.

Revues (numéros spéciaux consacrés à Fantômas)

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  • Alfu (dir.), Fantômas centenaire, Publication de l'Association des amis du roman populaire, coll. « Le Rocambole » (no 54), , 176 p. (ISBN 978-2-912349-47-7)
    • Jean-Luc Buard, « « Il n'y a pas de Fantômas dans le feuilleton que vous avez demandé » : La Royalta, ou le récit d'une terrible expérience de frustration littéraire », Le Rocambole n°54, op. cit.,‎ , p. 27-36.
    • Alfu, « Marcel Allain est-il l'auteur de Fantômas ? », Le Rocambole n°54, op. cit.,‎ , p. 53-60.
  • Dominique Kalifa (dir.), Nouvelle Revue des Études Fantômassiennes, no 1, Paris, Joëlle Losfeld, 1993, 176 p., (ISSN 1165-9513).
  • Collectif, « Fantômas ?… C'est Marcel Allain », La Tour de feu, cahier no 87-88, , 160 p.
  • Collectif, « Fantômas », Europe, revue littéraire mensuelle, no 590-591, juin-, 56e année, 256 p.
  • Collectif, « Fantômas dans le siècle », Belphégor. Littératures populaires et culture médiatique, 11-1, 2013, [lire en ligne].

Sur les couvertures illustrées par Gino Starace

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Fantômas au cinéma
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Publicité américaine pour la série de films muets réalisés par Louis Feuillade.
  • Emmanuelle André, « De l'indice visuel à la trace fantômatique (Fantômas, Louis Feuillade, 1913-1914) », Double jeu. Théâtre / Cinéma, Caen, Presses universitaires de Caen, no 8 « Les images aussi ont une histoire »,‎ , p. 97-114 (lire en ligne).
  • Philippe Azoury et Jean-Marc Lalanne, Fantômas, style moderne, Paris / Liège, Centre Pompidou / Yellow Now, coll. « Les cinémas », , 116 p. (ISBN 2-84426-121-3 et 2-87340-167-2, présentation en ligne).
  • Jacques Champreux, « L'année du « Maître de l'Effroi » », 1895, Paris, Association française de recherche sur l'histoire du cinéma (AFRHC), no hors-série « L'année 1913 en France »,‎ , p. 244-263 (lire en ligne).
  • Jacques Champreux, « Entretien à propos du DVD de Fantômas », 1895, Paris, Association française de recherche sur l'histoire du cinéma (AFRHC), no hors-série « Louis Feuillade »,‎ , p. 343-349.
  • Collectif, « Spécial Feuillade / Fantômas », L'Avant-scène cinéma, no 271-272, 1er-, 98 p.
  • (es) Cécile Fourrel de Frettes, « Sombras de Fantômas en España : (re)apariciones en la página, la gran pantalla y las tablas », dans Àlex Martín Escribà et Javier Sánchez Zapatero (dir.), Todos los colores del (género) negro : estudios sobre novela, cine y otros medios, Editorial Dykinson, , XIV-586 p. (ISBN 978-84-1170-258-4, JSTOR jj.17381520.60), p. 527-535.
  • Jean-Noël Grando, Fantômas tombe le masque, Alliance éditions, 2015, 112 p. (ISBN 978-2-916666-33-4).
  • (en) Tom Gunning, « A Tale of Two Prologues : Actors and Roles, Detectives and Disguises in Fantômas, Film and Novel », Velvet Light Trap. A Critical Journal of Film and Television, Austin, University of Texas Press, no 37 « Feuillade and the French Serial »,‎ , p. 30-36.
  • Marc Lemonier (préf. Mylène Demongeot), Sur la piste de Fantômas, Paris, Hors Collection, , 227 p. (ISBN 2-258-06852-5).
  • (en) Ruth Mayer, « "Never twice the same" : Fantômas's Early Seriality », Modernism/modernity, Johns Hopkins University Press, vol. 23, no 2,‎ , p. 341-363 (DOI 10.1353/mod.2016.0034).
  • Raphaëlle Moine, « Les Fantomas de Hunebelle : la défaite d'un mythe », dans Jacques Migozzi (dir.), De l'écrit à l'écran. Littératures populaires : mutations génériques, mutations médiatiques, Limoges, Presses Universitaires de Limoges, coll. « Littératures en marge », , 870 p. (ISBN 2-84287-142-1), p. 453-466.
  • René Navarre, Fantômas c'était moi : souvenirs du créateur de Fantômas en 1913 / mémoires présentés et commentés par son petit-fils, François-Marie Pons, Paris, L'Harmattan, coll. « Graveurs de mémoire », , 335 p. (ISBN 978-2-296-96812-7, présentation en ligne).
  • Benjamin Thomas, Fantômas de Louis Feuillade, Paris, Vendémiaire, coll. « Contrechamp », , 105 p. (ISBN 978-2-36358-289-8).

Liens externes

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