Fatoumata Diawara
Fatoumata Diawara, née le à Abidjan (Côte d'Ivoire) de parents maliens, est une chanteuse, comédienne et auteure-compositrice-interprète malienne. Elle vit entre Bamako et Milan. Son village d'origine est Madina Kouroulamini situé à 23 km de Bougouni dans la région de Sikasso au Mali.
| Naissance |
[1] Abidjan (Côte d'Ivoire) |
|---|---|
| Genre musical | Folk Wassoulou |
| Labels | World Circuit Records |
| Site officiel | www.fatoumatadiawara.com |

Biographie
modifierEnfance et débuts
modifierNée en 1982[2], Fatoumata Diawara passe ses premières années à Abidjan dans une famille nombreuse. Sa mère est danseuse[2]. Son père dirige une association de spectacles traditionnels[2]. Il l'initie à la danse et à la guitare. À l'âge de 9 ans, après la mort brutale d'une sœur plus âgée, elle est adoptée par sa tante comédienne qui vit au Mali[1]. En 1997, Fatoumata Diawara est repérée par le cinéaste Cheick Oumar Sissoko qui l’engage dans le film La Genèse (prix « Un certain regard » au festival de Cannes en 1999) afin d’interpréter le premier rôle féminin. En 1998, elle part en France afin de travailler au théâtre des Bouffes-du-Nord sur l’adaptation de Jean-Louis Sagot-Duvauroux de la pièce Antigone. Elle tourne dans plusieurs longs-métrages dont Sìa : Le Rêve du python[2] (Prix spécial du Jury au Fespaco en 2001).
Carrière musicale
modifierEn 2002, elle fuit un mariage forcé avec son cousin pour rejoindre la compagnie Royal de luxe et tourne six ans au sein de la troupe[1]. Selon Jean-Luc Courcoult, « Elle savait un peu chanter, elle ne savait pas bien jouer, mais je cherchais un tempérament, autre chose »[2]. En , elle est choisie pour interpréter le premier rôle féminin de l’Opéra du Sahel, à Bamako[3].
C’est à ce moment qu’elle est remarquée par Cheick Tidiane Seck. Elle participe à l'enregistrement de l’album de Dee Dee Bridgewater. Dans cette même période, elle rencontre Oumou Sangaré qui la sollicite pour l’enregistrement de son album Seya. Fatoumata Diawara décide alors de se lancer dans l’aventure de la musique et commence à travailler à son propre répertoire. Elle poursuit également ses expériences au cinéma, en jouant notamment dans le film Il va pleuvoir sur Conakry du réalisateur guinéen Cheick Fantamady Camara, où elle interprète le rôle d'une jeune chanteuse. En 2007, elle tient le rôle de Karaba dans la comédie musicale Kirikou et Karaba, tirée du dessin animé Kirikou et la sorcière de Michel Ocelot[1]. En parallèle, elle travaille sur le disque de la comédie musicale. Cheick Tidiane Seck lui propose alors d’enregistrer sur son propre album Sabaly. Elle a l’opportunité de chanter avec Herbie Hancock (The Imagine project, Grammy Award en 2011[4]) ou Hank Jones. Parallèlement, elle enregistre sur divers albums (Afrocubism, Cheick Lo, etc.).
Engagements
modifierElle s'engage contre l'excision dans sa région d'origine au Mali, qu'elle a subi elle-même étant petite[5]. En 2012, elle gère la réalisation d'une vidéo musicale contre l'occupation du nord du pays par des djihadistes, ce qui l'amène à jouer dans Timbuktu, film multicésarisé en 2015[1].
En 2017, Fatoumata Diawara contribue au projet malien de Matthieu Chedid Lamomali. En 2018, elle sort son second album solo Fenfo, produit par Matthieu Chedid[6],[7],[1]. En 2025 elle contribue au deuxième album du collectif Lamomali : Totem.
Damon Albarn et Jamie Hewlett invitent la chanteuse malienne sur un nouvel extrait de leur série collaborative Song Machine en 2020 et la mettent en vedette dans le clip et la chanson Désolé du groupe Gorillaz[8],[9].
En 2022, elle joue dans un opéra de Damon Albarn et Abderrahmane Sissako, intitulé Le Vol de Boli et consacré au vol d'un fétiche animiste malien par l'ethnologue et critique d'art français Michel Leiris, pour le musée de l'Homme. Dans L’Afrique fantôme, Michel Leiris exprime sa honte d’avoir volé ce fétiche. Mais celui-ci est resté en France et est désormais exposé au Musée du Quai Branly[2],[10].
Style et inspirations
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Autrice compositrice, elle tire son inspiration de la tradition du chant Wassoulou, mais ses rythmes sont également modernes grâce aux ambiances jazz et blues qu'elle demande à ses musiciens[3].

Filmographie
modifier- 1996 : Taafe Fanga d'Adama Drabo
- 1999 : La Genèse de Cheick Oumar Sissoko : Dina
- 2002 : Sia, le rêve du python de Dani Kouyaté : Sia
- 2006 : Il va pleuvoir sur Conakry, de Cheick Fantamady Camara : Siré
- 2010 : Encourage, de Eleonora Campanella
- 2010 : Ni brune ni blonde, de Abderrahmane Sissako
- 2011 : Les Contes de la nuit, de Michel Ocelot (voix)
- 2014 : Timbuktu, d'Abderrahmane Sissako : la chanteuse
- 2015 : Morbayassa de Cheick Fantamady Camara
- 2018 : Yao de Philippe Godeau : Gloria
Théâtre
modifier- 1998 : Antigone de Sophocle ; adaptation de Jean-Louis Sagot Duvauroux, mise en scène Sotigui Kouyaté
- 2002 -2008 : Royal de luxe ; fondateur Jean-Luc Courcoult
- 2007-2008 : Kirikou et Karaba : Karaba
- 2022 : Le Vol de Boli (opéra).
Discographie
modifierAlbums
modifier- 2011 : Fatou (World Circuit/Nonesuch)
- 2015 : At Home - Live in Marciac, Fatoumata Diawara & Roberto Fonseca (Jazz Village)
- 2018 : Fenfo (Wagram Music/Shanachie Records)
- 2022 : Maliba ("Mali Magic" Bande originale sur Google Arts and Culture) (3ème Bureau/Wagram Music)[11]
- 2023 : London Ko (3ème Bureau/Wagram Music)[12]
- 2026 : Massa[13],[14]
Singles and EPs
modifier- 2011 : Kanou EP (World Circuit/Nonesuch)
Principales collaborations
modifier- 2009 : Collaboration sur l'album Léman de Blick Bassy
- 2010 : Collaboration sur l'album Debademba de Debademba
- 2010 : Collaboration sur l'album The Imagine Project de Herbie Hancock
- 2010 : Collaboration sur l'album Jamm de Cheikh Lô
- 2010 : Collaboration sur le titre N'fletoun album de Dobet Gnahoré
- 2011 : Collaboration sur le titre C'est lui ou c'est moi, album de l'Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou
- 2012 : Collaboration sur l'album Rocket Juice & the Moon du groupe de même nom (Honest Jon's - Album) sur trois morceaux
- 2012 : Collaboration sur le titre Bibisa de l'album Yo de Roberto Fonseca
- 2012 : Collaboration sur le titre Nothin' Can Save Ya de l'album The Bravest Man In The Universe de Bobby Womack
- 2013 : Collaboration sur le titre Surma de l'album Sketches of Ethiopia album de Mulatu Astatke
- 2014 : Coauteure et interprète de la chanson Timbuktu Fasso dans le film de 2014 Timbuktu, bande originale de Amine Bouhafa
- 2014 : Collaboration sur le titre It's all coming togethe de Walter Hus, pour le film documentaire N - The Madness of Reason de Peter Krüger
- 2017 : Collaboration sur les morceaux Manitoumani, Bal de Bamako, Cet air, Une âme, Toi moi sur Lamomali avec Matthieu Chedid - LP,
- 2018 : Collaboration sur le titre Ultimatum de Disclosure
- 2019 : Collaboration sur le titre Cameroon du chanteur Bonaparte
- 2020 : Collaboration sur le titre Désolé de Gorillaz
- 2020 : Collaboration sur le titre Douha (Mali Mali) de Disclosure
- 2021 : Collaboration sur le titre Black Woman avec Lauryn Hill, extrait de la bande originale de The Harder They Fall
- 2022 : Collaboration sur le titre Tama avec Barbara Pravi
- 2023 : Collaboration sur le titre Flicker In The Dark avec Milky Chance dans l'album Living in a haze
- 2025 : Lamomali Totem
- 2025 : Lamomali Je t'aime
Avec Les balayeurs du désert
modifierPlusieurs de ces chansons ont été utilisées comme accompagnement lors des spectacles de rue de Royal de luxe mettant en scène des « marionnettes géantes » à travers le monde.
- 2005: Jules Verne Impact des Balayeurs du Desert (apast – Album) (Y Danse, Hamleti…)
- 2007: La Pequeña des Balayeurs du Desert (Atelier de l'événement – Album) (with an early version of Salimata)
Concert
modifierEnregistré à la Grande Halle de La Villette, le (réalisation Giuseppe De Vecchi, 2h 04min 10s) et retransmis par la Philharmonie de Paris VOD
Récompenses
modifierEn , Fatoumata Diawara est nommée aux Grammy Awards dans deux catégories : Meilleur album de Musique du Monde pour Fenfo et Meilleur enregistrement de dance pour Ultimatum du groupe Disclosure auquel elle participait[15].
En , elle remporte en Angleterre les prix Songlines Musics Awards du meilleur artiste et du meilleur album de l'Afrique et de l'Europe de l'Ouest.
Liens externes
modifier- (en) Site officiel
- Ressources relatives à la musique :
- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- Ressource relative au spectacle :
- Ressource relative à plusieurs domaines :
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 Carine Roy, « Fatoumata Diawara - La "Malicienne" », Causette, no 89, , p. 14-17.
- 1 2 3 4 5 6 Quentin Girard, « Fatoumata Diawara, ni Boli ni pardon », Libération, (lire en ligne)
- 1 2 (en) « Biographie de Fatoumata Diawara », sur World Circuit (consulté le ).
- ↑ (en) Stephen Graham, « Jazz breaking news: Fatoumata Diawara Previews Songs From Debut Album », sur jazzwisemagazine.com, (consulté le ).
- ↑ Fatoumata Diawara : chanter pour la cause des femmes, TV5 Monde, Philippe Grelard, 4 mai 2023
- ↑ Fatoumata Diawara annonce un nouvel album avec le clip de la chanson "Nterini", France Info, 9 mars 2018.
- ↑ Avec « Fenfo » Fatoumata Diawara donne le la du printemps, France Inter, 8 mars 2018.
- ↑ « "Désolé", combo gagnant pour Gorillaz et Fatoumata Diawara », sur FIP (consulté le )
- ↑ (en) « Gorillaz - Désolé ft. Fatoumata Diawara (Episode Two) »,
- ↑ Elisabeth Franck-Dumas, « Un objet de culte cesse d’être vivant dans un musée », Libération, (lire en ligne)
- ↑ « Fatoumata Diawara, l’authenticité malienne », sur philharmoniedeparis.fr (consulté le )
- ↑ (en-GB) Neil Spencer, « Fatoumata Diawara: London Ko review – exuberance rules », The Observer,
- ↑ Bruno Lesprit, « Fatoumata Diawara, la voix de l’éternel malien », Le Monde,
- ↑ « La chanteuse, compositrice et guitariste malienne, Fatoumata Diawara, revient en 2026 avec MASSA, son œuvre la plus personnelle à ce jour. », Radio Nova,
- ↑ Winners and Nominees. 61st Annual GRAMMY Awards (2018), page sur le site officiel des Grammy Awards. Page consultée le 20 mars 2019.