Faune du Togo
La faune et la flore du Togo regroupent les espèces animales et végétales présentes au Togo, ainsi que les différents écosystèmes dans lesquels elles vivent. Malgré la faible superficie du pays, sa forme allongée du nord au sud favorise une diversité de milieux naturels : savanes soudaniennes, mosaïques de forêts et de savanes, forêts de montagne, plaines inondables, lagunes et mangroves.

La couverture forestière originelle a été fortement réduite, en particulier dans le sud du pays. Plus de 3 000 espèces de plantes vasculaires, 196 espèces de mammifères, 676 espèces d’oiseaux et plus d’une centaine d’espèces de reptiles ont été recensées.
Géographie et milieux naturels
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Le Togo est un pays étroit d’Afrique de l'Ouest, bordé par le Ghana à l’ouest, le Burkina Faso au nord, le Bénin à l’est et le golfe de Guinée au sud. Sa superficie est d’environ 56 800 km2[1].
Le centre du pays est traversé du sud-ouest au nord-est par une succession de reliefs appartenant à la chaîne de l'Atacora. Les monts Togo, les plateaux et les vallées encaissées qui les séparent forment un relief accidenté. Le nord du pays est occupé par le plateau de l’Oti. Les principaux bassins hydrographiques sont ceux de l’Oti et du Mono, dont les cours traversent des plaines pouvant être inondées pendant la saison des pluies. Le littoral est formé de cordons sableux, de lacs et de lagunes séparant les plaines côtières de l’océan[1],[2].
Le territoire togolais appartient à la trouée du Dahomey, une région de savanes qui sépare les forêts de Haute-Guinée, à l’ouest, des forêts de Basse-Guinée (en), à l’est[3]. Cette situation explique la présence conjointe d’espèces associées aux forêts tropicales et d’espèces caractéristiques des savanes soudaniennes.
Climat
modifierLe climat est tropical. Les températures moyennes sont proches de 27 °C sur le littoral et peuvent atteindre environ 30 °C dans les régions septentrionales, plus sèches[2].
Le sud connaît deux saisons des pluies : la première s’étend d’avril à juillet et la seconde de septembre à novembre. Les précipitations annuelles y atteignent généralement entre 1 000 et 1 400 mm. Dans le nord, une seule saison des pluies alterne avec une saison sèche plus longue. De novembre à mars, l’harmattan, vent sec provenant du Sahara, apporte un air moins humide et des températures nocturnes plus fraîches[2].
Flore
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Environ 2 500 espèces de plantes vasculaires avaient été recensées au Togo en 1984. Au moins 235 espèces supplémentaires ont été ajoutées aux inventaires au cours des décennies suivantes. En comptant les espèces introduites et naturalisées, la flore du pays pourrait comprendre près de 3 450 espèces, mais elle demeure incomplètement inventoriée[4].
La végétation varie selon le relief, le climat et la nature des sols. Les principales formations végétales comprennent :
- les savanes tropicales du centre et du nord ;
- les forêts semi-sempervirentes des régions montagneuses du sud-ouest ;
- les forêts-galeries situées le long des cours d’eau ;
- les plaines herbeuses et les formations boisées du bassin de l’Oti ;
- les mangroves, marécages et formations littorales du sud.
La densité de la population et l’extension des terres agricoles ont réduit les espaces couverts par la végétation naturelle. Les principaux massifs forestiers subsistent dans les zones montagneuses, les forêts classées, les parcs nationaux et les réserves. Le plateau de l’Oti et certains secteurs des monts Togo conservent des formations végétales plus étendues[2].
La ceinture de forêts humides qui couvrait une partie de la région a été fragmentée par les défrichements et l’occupation humaine[5]. La mosaïque de forêt-savane guinéenne est composée de prairies, de savanes arborées, de forêts-galeries et de zones boisées situées sur les pentes ou le long des cours d’eau. Elle se prolonge jusqu’au littoral et forme la trouée du Dahomey entre les forêts de Haute-Guinée et de Basse-Guinée[6].
La zone côtière comprend des lagunes, des chenaux, des étangs et des marais. Les mangroves y sont dominées par le palétuvier rouge (Rhizophora racemosa) et le palétuvier noir (Avicennia germinans). Une partie de ces milieux appartient aux zones humides du littoral togolais, inscrites sur la liste des sites Ramsar d’importance internationale[7].
Faune
modifierMammifères
modifierLe Togo compte 196 espèces de mammifères. Les populations de nombreux grands mammifères ont fortement diminué et certaines espèces ont disparu de la plus grande partie de leur aire de répartition nationale. Les espèces forestières ont été davantage touchées que les antilopes vivant dans les savanes septentrionales.
Le léopard, le chimpanzé et l’éland géant pourraient avoir disparu du pays. Le lion, le lycaon, le bongo, le sitatunga, le cercopithèque de Diane, le colobe bai d’Afrique occidentale, le colobe noir, le colobe magistrat et le lamantin d’Afrique sont devenus rares ou menacés. Les populations d’éléphants de savane ont également atteint un niveau critique dans plusieurs aires protégées[8].
Les antilopes signalées dans les savanes togolaises comprennent le guib harnaché, le céphalophe de Maxwell, le céphalophe à flancs roux, le céphalophe noir, le céphalophe à dos jaune, le céphalophe de Grimm, le redunca, le cobe à eau, le cobe de Buffon, l’antilope rouanne, le bubale occidental, la gazelle à front roux et l’ourébi[2].
Dans le parc national de la Kéran, les inventaires ont signalé le babouin olive, le vervet tantale, le patas, le cobe de Buffon, le céphalophe à flancs roux, le céphalophe de Grimm, le buffle d’Afrique, l’hippopotame commun, le phacochère, le porc-épic à crête, l’écureuil terrestre rayé et le hérisson à ventre blanc[8],[9].
Parmi les petits mammifères, le rat-taupe du Togo vit dans le nord-ouest du pays et dans les régions voisines du Ghana. La souris du Togo n’est connue que par deux spécimens recueillis en 1890 ; son statut actuel demeure incertain. Le pays abrite aussi plusieurs espèces de chauves-souris frugivores[10].
Oiseaux
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Environ 676 espèces d’oiseaux ont été recensées au Togo, dont 18 considérées comme menacées à l’échelle mondiale[11]. L’avifaune comprend des espèces marines, forestières, terrestres et liées aux zones humides. Certaines sont sédentaires, tandis que d’autres hivernent dans le pays ou le traversent pendant leurs migrations[11].
Environ 408 espèces se reproduiraient au Togo, 109 seraient des migratrices originaires de l’écozone paléarctique et près de 80 effectueraient des migrations à l’intérieur du continent africain[12].
Les zones humides du littoral sont fréquentées par des limicoles et des sternes migrant le long des côtes de l’Afrique occidentale. L’hirondelle de fenêtre hiverne dans le nord du pays. Le martinet noir, le martinet à ventre blanc et le martinet marbré peuvent y faire escale au cours de leurs migrations.
La plus grande diversité d’oiseaux forestiers se rencontre dans le sud-ouest, près de la frontière avec le Ghana. Les principales zones importantes pour la conservation des oiseaux sont la réserve de faune de la vallée de l’Oti, le parc national de la Kéran, le parc national de Fazao Malfakassa et la forêt classée de Missahoé[13].
Plusieurs espèces de vautours, l’aigle martial, l’aigle ravisseur, le messager sagittaire, la grue couronnée, le calao à joues brunes et le calao à casque jaune sont rares ou menacés. La veuve du Togo reste plus largement répartie[11].
Reptiles et amphibiens
modifierLe crocodile d'Afrique de l'Ouest et le faux-gavial d’Afrique figurent parmi les 107 espèces de reptiles recensées au Togo[9]. Trois espèces de tortues marines fréquentent le littoral : la tortue luth, la tortue imbriquée et la tortue verte[10].
Les milieux terrestres et aquatiques abritent également des tortues d’eau douce, des tortues terrestres, des serpents, des lézards et des caméléons. Certaines espèces sont capturées et commercialisées sur les marchés de produits rituels, en particulier à Lomé[14]. Les amphibiens vivent principalement dans les forêts humides, les savanes, les marécages et les abords des cours d’eau[9].
Conservation
modifierLes populations animales et les formations végétales du Togo sont soumises à plusieurs pressions liées aux activités humaines. La destruction et la fragmentation des habitats résultent de l’extension des cultures, de l’exploitation forestière, de la production de charbon de bois, de l’urbanisation et de l’exploitation minière. La chasse, le braconnage et le commerce d’animaux sauvages contribuent aussi au déclin de certaines espèces[15].
Les autres problèmes environnementaux comprennent l’érosion et l’appauvrissement des sols, l’assèchement de certains cours d’eau sous l’effet des barrages et des prélèvements, les différentes formes de pollution et l’augmentation des risques d’inondation ou de sécheresse associés au changement climatique[16].
Des parcs nationaux, des réserves de faune et des forêts classées ont été créés afin de protéger la biodiversité. Les principales aires protégées comprennent la réserve de faune d’Abdoulaye, le parc national de Fazao Malfakassa, le parc national de la Fosse aux Lions, la réserve de faune de la vallée de l’Oti et le parc national de la Kéran.
La création de certaines aires protégées sans concertation suffisante avec les populations riveraines a entraîné des conflits liés à l’accès aux terres, à la chasse et aux autres ressources naturelles. Pendant les troubles politiques des années 1990, plusieurs aires protégées ont été envahies et une partie de leur faune a été abattue[17].
Notes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Wildlife of Togo » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 Philip's, Atlas of the World, Reed International, (ISBN 0-540-05831-9), p. 101
- 1 2 3 4 5 (en) Rod East, Antelopes: Global Survey and Regional Action Plans, UICN, (ISBN 978-2-8317-0016-8, lire en ligne), p. 73-75
- ↑ (en) Nigel Wheatley, Where to Watch Birds in Africa, Princeton University Press, (ISBN 978-1-4008-6428-7, lire en ligne), p. 359-360
- ↑ (en) Bülent Şen et Oscar Grillo, Selected Studies in Biodiversity, Books on Demand, (ISBN 978-1-78923-232-5, lire en ligne), p. 206-207
- ↑ (en) « Guinean moist forests » [archive du ], Fonds mondial pour la nature (consulté le )
- ↑ (en) « Guinean Forest-Savanna Mosaic », Western Africa: Stretching from Nigeria to Senegal, Fonds mondial pour la nature (consulté le )
- ↑ « Le Togo inscrit de nouvelles zones humides d'importance internationale », sur Convention de Ramsar, (consulté le )
- 1 2 (en) Philippe Bouché, C. G. Lungren, B. Hien et P. Omondi, « Aerial Total Count of the “W”-Arli-Pendjari-Oti-Mandouri-Keran (WAPOK) Ecosystem in West Africa, April-May 2003 », Gouvernement du Togo, (consulté le )
- 1 2 3 (en) Programme des Nations unies pour le développement, « Strengthening the Conservation Role of Togo's National System of Protected Areas », (consulté le )
- 1 2 (en) Simon N. Stuart, Richard J. Adams et Martin Jenkins, Biodiversity in Sub-Saharan Africa and Its Islands: Conservation, Management, and Sustainable Use, UICN, (ISBN 978-2-8317-0021-2, lire en ligne
), p. 215-216 - 1 2 3 (en) Denis Lepage, « Checklist of Birds of Togo », Bird Checklists of the World, Avibase, (consulté le )
- ↑ (en) R. A. Cheke, « Oti Valley Faunal Reserve », Important Bird Areas in Africa and Associated Islands, BirdLife International (consulté le )
- ↑ (en) « Togo: Important Bird Areas », African Bird Club, (consulté le )
- ↑ (en) Gabriel Hoinsoude Segniagbeto, Fabio Petrozzi, Aurélie Aïdam et Luca Luiselli, « Reptiles Traded in the Fetish Market of Lomé, Togo (West Africa) », Herpetological Conservation and Biology, vol. 8, no 2, , p. 400-408 (lire en ligne)
- ↑ (en) Katarina Bakerova, « Wildlife » [archive du ], African Cultural Center, (consulté le )
- ↑ « Cadre de programmation par pays, Togo, 2013-2017 », Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (consulté le )
- ↑ (en) T. T. K. Tchamie, « Learning from Local Hostility to Protected Areas in Togo », Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture,