Fayçal Ier
Fayçal ben Hussein al-Hachimi (en arabe : فيصل بن الحسين الهاشمي), né le à La Mecque[1] et mort le à Berne, est, sous le nom de Fayçal Ier, le premier roi d'Irak de 1921 à sa mort, après avoir été le premier et unique roi de Syrie du au . Il est le fils de Hussein ben Ali, chérif de La Mecque et roi du Hedjaz.
Fayçal a favorisé l'unité entre les musulmans sunnites et chiites, encourageant ainsi leur loyauté commune au panarabisme, avec l'objectif de créer un État arabe qui inclurait l'Irak, la Syrie et le reste du Croissant fertile. Parvenu au pouvoir, il a tenté de diversifier son administration en y incluant différents groupes ethniques et religieux.
Origines familiales et Jeunesse (1885-1908)
modifierFayçal est né à La Mecque, alors contrôlée par l'Empire ottoman, dans l'actuelle Arabie saoudite. Il fait partie de la lignée hachémite qui remonterait au prophète Mahomet. Sa famille contrôle les lieux saints de l'islam de manière ininterrompue du Xe siècle à 1924 et retire de ce fait un grand prestige dans le monde musulman[2]. Fayçal est le 3e fils du chérif avec deux aînés : Ali (né en 1879) et Abdallah (né en 1882). Il a aussi un jeune demi-frère, Zaïed (né en 1898). Les rapports entre les enfants et leur père sont marqués par une extrême rigidité protocolaire. Il est fréquent que les enfants du chérif signent leurs correspondances par « Votre esclave » quand ils s'adressent à leur père[3].
Après une partie de son enfance passée au Hedjaz, il suit son père et ses frères quand son père Hussein est appelé, en 1892 à vivre en résidence surveillée à Constantinople par le sultan Abdulhammid II. Les raisons de cette invitation quelque peu forcée sont peu claires. Il semble que la Sublime Porte et ses fonctionnaires soupçonnaient Hussein de conspirer afin de renverser son oncle, l'émir Awn-al-Rafiq, alors chérif en titre[4]. Il semble également que Hussein avait déjà tissé des liens avec certains officiers anglais en poste à Djeddah. Un agent du gouvernement d'Abdülhammid, Ratib Pacha, est envoyé au Hedjaz tirer cette affaire au clair. En , Hussein est formellement invité à se rendre à Constantinople.
Un an plus tard, en , Fayçal, ses frères, sa grand-mère maternelle et trente-deux femmes de la suite d'Hussein embarquent à Djeddah, à bord du Izzedine, en direction de la capitale ottomane. Le jeune Fayçal reçoit une éducation soignée à Constantinople, où Safwat al 'Awa, un lieutenant seconde classe d'origine damascène, est désigné par rescrit impérial pour être le tuteur de Fayçal[4]. Ce précepteur a à cœur que les jeunes hachémites maîtrisent parfaitement le turc et leur interdit de s'exprimer en arabe devant lui.

Outre la géographie, l'arithmétique, l'histoire, Fayçal apprend également le français, et quelques rudiments d'anglais. Son père prend personnellement en charge son apprentissage de l'arabe, notamment à travers la lecture du Coran. Cependant, un diplômé de l'Université islamique d'Al-Azhar, Cheikh Muhammad Qadhib Alban, est désigné par son père pour l'élever dans la foi islamique[5]. Il ne revient dans son pays natal que quand son père récupère son poste d'émir et chérif de La Mecque en 1908.
Premières expériences militaires au Hedjaz (1908-1912)
modifierDès son retour, Hussein doit assumer sa charge de Chérif, consistant à assurer la sécurité des pèlerins vers la Mecque (souvent menacé par le brigandage des bédouins) mais aussi sécuriser les frontières sud et est du Hedjaz. À l'est, le sultan du Nejd adopte une politique expansionniste et au Sud, un prédicateur de la lignée des Idrissides, Muhammad ibn Ali al-Idrissi (en), se soulève contre les Ottomans et proclame un émirat autonome[6]. Le Chérif Hussein ainsi que les puissances européennes présentes dans la région (Grande-Bretagne et Italie) s'inquiètent de cette déstabilisation.
Les forces d'Al-Idrissi mettent le siège devant Abha, seulement défendue par une petite garnison turque[6]. Les Ottomans se résolvent à demander le soutien militaire de Hussein pour lever le siège. Le , Hussein, ainsi que ses deux fils cadets, Abdallah et Fayçal, partent à la tête d'une colonne de 3 000 soldats pour venir au secours des assiégés. Fayçal commande la cavalerie[6].
Les forces turco-hedjaziennes sont prises dans une embuscade dans la localité de Quz et souffrent des pertes importantes[7] mais remportent quelques jours plus tard une importante victoire contre les rebelles. Le , Hussein, Fayçal et Abdallah font une entrée triomphale dans Abha et sont acclamés à Taëf au mois d'août. Vers la fin de la campagne militaire, Fayçal contracte une forme grave de la malaria[7], ce qui l'affaiblit pour plusieurs mois.
Député du Hedjaz au parlement ottoman (1912)
modifierLa politique ottomane : The big stick election
modifierAprès une défaite électorale lors d'une législative partielle à Constantinople, le parti nationaliste turc, Parti union et progrès, voyant sa popularité menacée prend l'initiative de convoquer des législatives anticipées en , à peine trois ans après celles de 1908. Les Jeunes-Turcs investissent toute la puissance de l'appareil partisan mais également de la puissance de l’État ottoman pour s'assurer une victoire massive. Les commentateurs anglophones baptisent cette élection the Big Stick election[8]. Le Comité rafle 269 sièges sur 275 après une campagne féroce, centrée sur le débat autour de la décentralisation (le Parti union et progrès est d'orientation centralisatrice[9], tandis que l'Entente libérale (en) promeut un transfert de compétence vers les régions), la place de la norme islamique dans la société[8] ainsi que la place des minorités dans le système constitutionnel.
Grâce au soutien des notables locaux et l'influence de son père, alors Chérif de la Mecque, Fayçal devient, à 20 ans, député pour la circonscription de Djeddah, avec son frère Abdallah (député de La Mecque)[10]. Leur rôle consiste essentiellement à tenir leur père au courant de l'actualité politique à Constantinople et prendre le pouls de l'opinion publique : Thomas Edward Lawrence déclare à ce sujet :
« Dès son retour Hussein se mit sur-le-champ à restaurer discrètement la puissance de son émirat (…) tout en gardant des contacts étroits et amicaux avec Constantinople par le truchement de son fils Abdallah, vice-président du parlement turc et son fils Fayçal, député de Djeddah. Ceux-ci le tinrent au courant de l’opinion dans la capitale jusqu'à la déclaration de guerre : alors ils se hâtèrent de rentrer à la Mecque[11]. »
Situation du Hedjaz par rapport à la Sublime Porte
modifierAu début du XXe siècle, le chérif, même s'il jouit d'une grande autonomie vis-à-vis du pouvoir de Constantinople craint de plus en plus les velléités centralisatrices de la politique des Jeunes-Turcs arrivés au pouvoir en 1908. Le projet d'une extension de la ligne de chemin de fer du Hedjaz jusqu'à La Mecque (dont le terminus originel est Médine) pousse Hussein à entrer en contact avec les nationalistes syriens de Damas et les Anglais du Bureau arabe du Caire.
Fayçal est désigné pour représenter secrètement son père lors des réunions avec les Syriens. En route vers Constantinople, il s'arrête le à Damas, reçu par Nasib Al-Bakri, qui le met en relation avec Al-Fatat et Al-Ahd (deux sociétés secrètes nationalistes). Cette entrevue marque le début d'une alliance entre le chérif et les nationalistes connu sous le nom de « Protocole de Damas ». Fayçal quitte Damas en trompant Djemal Pacha (meneur de l'armée ottomane pendant la Première Guerre mondiale) et lui promettant la venue de 1 500 chameliers hedjazis[12].
Le , après la découverte par les Ottomans de la correspondance Hussein-MacMahon, le chérif déclenche la révolte arabe (la thawra), symboliquement marquée par un coup de fusil tiré en l'air à La Mecque, conclusion d'un discours qui attaque les mesures laïcisantes prises par le Comité union et progrès (CUP). Fayçal, dans l'organisation du nouveau gouvernement du Hedjaz, reçoit le ministère de l'Intérieur[13], tandis que son frère Ali devient Premier ministre et Abdallah ministre des Affaires étrangères.
Déclenchement et rôle dans la révolte arabe (juin 1916-octobre 1918)
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C'est lui qui mène la révolte arabe contre les forces ottomanes, démarrée en . Au départ, l'influence de la révolte ne dépasse pas le cadre de la péninsule arabique et se limite à des escarmouches avec les Ottomans et une guérilla dans le désert. La stratégie militaire des révoltés arabes est initialement le fait de Hussein, qui n'a pas à proprement parler de compétences militaires[14]. Cinq mois après le début de la Révolte, une conférence se tient à Djeddah en réunissant Fayçal, son frère Ali, Aziz al-Misri, Nouri Saïd et des représentants des armées françaises et britanniques. Cette conférence acte la montée en puissance de Fayçal dans le dispositif militaire de la Révolte, qui prend progressivement la tête des opérations et de la stratégie[14]. À cette époque, les Ottomans contrôlent Médine qui est solidement défendue par Fekri Pacha et deux bataillons d'infanterie turque. La ville ne se rend qu'à la fin de la guerre en 1918.
La révolte prend une dimension géopolitique de premier plan avec la prise d'Akaba en 1917 où Aouda Abou Tayi (sheik de la tribu des Taoueihas) joue un rôle déterminant sous la direction et les conseils du lieutenant Thomas Edwards Lawrence, envoyé par le Bureau des Affaires arabes anglais. En , la prise d'Alep par les forces chérifiennes marque la fin de la campagne du Moyen-Orient et permet à Fayçal de revendiquer la création du grand royaume arabe promis par les Britanniques.
Gouvernement arabe de Damas et action diplomatique (octobre 1918-mars 1920)
modifierPrise de Damas et création du gouvernement arabe de Syrie
modifierAprès la campagne de Palestine, qui voit les forces alliées (hachémites et britanniques) remonter vers le nord, en prenant en Jérusalem, Fayçal participe à la prise de Damas et fait son entrée dans la ville deux jours après les Britanniques et les troupes arabes, le [15]. Sur le plan stratégique, laisser les Hachémites rentrer les premiers dans Damas est sans importance, mais cet élément est capital sur le plan diplomatique car il met en difficulté les Français pour faire valoir ultérieurement leurs prétentions sur la Syrie et le Liban, relativement aux accords Sykes-Picot. Le Royaume-Uni souhaite réviser les accords conclus en 1916 pour obtenir dans leur zone d'influence Mossoul (en raison des grandes réserves pétrolifères de cette région) et la Palestine censée servir de glacis protecteur pour l’Égypte et le canal de Suez passé depuis 1882 sous contrôle britannique).
Il défile accompagné de 1 500 cavaliers arabes dans les rues de Damas, sous les vivats d'une foule en liesse. Réuni à l'hôtel Victoria avec Allenby et Lawrence, il apprend là la future mise sous tutelle de la région. Alors qu'il avait été mis au courant des grandes lignes des accords Sykes-Picot par Lawrence, il se récuse violemment déclarant : « Je refuse d'agréer un officier français, et de façon générale, je m'oppose à toute tutelle française sur la Syrie »[16]. Dès le , il annonce la création du gouvernement civil de Damas qui existe de cette date jusqu'à la bataille de Khan Mayssaloun. Il se compose (entre autres) de Rida El-Sohl (ministre de l'Intérieur), Farès al-Khoury (ministre des Finances), Sati al Housri (ministre de l'Éducation). L'ensemble du gouvernement de Damas est composé d'hommes acquis à l'idée nationale arabe. Sous son gouvernement naît, le , une Académie de la langue arabe à Damas.
Sur toute la période de son « gouvernement », Fayçal effectue deux longs séjours en Europe afin de promouvoir l'indépendance arabe aux yeux des puissances victorieuses de la Première Guerre mondiale, d'abord de à (où il est entendu à la conférence de la Paix de Paris), puis de à .
Premier séjour en Europe (novembre 1918 – avril 1919)
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Il débarque à Marseille le en compagnie de Nouri Saïd et quelques proches pour être accueilli par Emmanuel Bertrand, un ancien ministre plénipotentiaire à la retraite. Les autorités françaises l’accueillent comme un hôte de marque mais ne souhaitent pas reconnaître à sa visite un caractère diplomatique. À son arrivée, les relations sont ambiguës et une certaine cordialité masque en réalité une véritable défiance. Le , vers 10 h du matin, Fayçal arrive à la gare de Belfort. Les Français tiennent à ce que l'émir soit témoin des destructions causées par la guerre dans le Nord-Est de la France, et pour cela lui font visiter les champs de bataille. Le général Gouraud, à Strasbourg remet au hachémite la plaque de grand officier de la Légion d'honneur le [17].
Le , Fayçal rencontre pour la troisième fois Chaïm Weizmann et signe avec lui un accord. Par ce geste tactique, il compte obtenir son soutien à la naissance d'une monarchie arabe unifiée. Il accorde cela surtout « en échange du soutien des sionistes contre le mandat français » en Syrie[18]. En contrepartie, Fayçal reconnaît les « droits historiques » des Juifs sur la Palestine, à condition toutefois que le royaume arabe indépendant voie le jour[19].
Il est entendu par le conseil des Dix le où il déclare : « Le but des mouvements nationalistes arabes est d'unir enfin les Arabes dans une seule nation. Les Arabes attendent des grandes puissances qu'elles les considèrent comme un peuple potentiellement uni, jaloux de sa langue et de sa liberté, et demandent qu'aucune mesure ne soit prise qui contrarierait la perspective d'une union éventuelle dans cette région sous un gouvernement souverain. (…) En un mot, nous vous demandons de ne pas nous imposer toute votre civilisation, mais de nous aider à choisir dans votre expérience ce qui peut le mieux nous servir »[20].
Après un séjour bref et peu confortable à l’Hôtel Intercontinental, le gouvernement français met à la disposition de l'émir une résidence au 72, avenue du Bois de Boulogne, demeure dans laquelle il recevra des personnalités parisiennes comme Anatole France le , puis le [21]. Le , il entre pour la première fois en contact avec Robert de Caix de Saint-Aymour, qu'il reçoit chez lui à la faveur d'une première conversation assez cordiale[22]. Le , de Caix lui présente une lettre signée de la main de Clemenceau devant servir de brouillon au futur accord entre la France et les Hachémites, que l'émir hésite longuement à signer et finit par refuser[22].
Le vers 20 h, il prend un train à la gare de Lyon en direction de Rome où il est reçu par le Pape avant de regagner Beyrouth.
Deuxième séjour en Europe (septembre 1919 - janvier 1920)
modifierSon second voyage à Paris ( à ) accouche le d'un accord où Fayçal, devant l'abandon de ses alliés britanniques, l'indifférence des Américains, est contraint de faire d'énormes concessions sur son futur État : ceci incluant un conseil français sur les questions financières, un second sur les questions des travaux publics, l'arabe est la langue officielle de la Syrie, mais l'enseignement du français est « obligatoire et privilégié ». Enfin Fayçal doit reconnaître l'indépendance d'un Liban unifié sous protectorat français[23]. Ces conditions sont tellement dures que Fayçal a lui-même peu d'espoir qu'elles soient acceptées par les nationalistes syriens.
Il quitte l'Europe le , à bord du navire Waldeck-Rousseau en direction de Beyrouth[24]. Il arrive le 14 du même mois, accueilli au Liban par le général Gouraud (haut-commissaire depuis le ) et Robert de Caix. En arrivant à Damas le , il réunit ses partisans et les notables damascènes, pour leur exposer les grandes lignes de l'accord avec Georges Clemenceau. Cette réunion marque le début des difficultés pour l'émir, car celui-ci n'a en rien préparé son opinion publique (et ses plus fervents soutiens nationalistes) à l'idée d'une entente politique avec la France. Fayçal a parfaitement conscience que le rapport de force militaire est clairement en faveur de la France, et que chercher à se battre frontalement contre celle-ci équivaudrait à une mission suicide. Quand il énonce les revendications françaises, en les édulcorant partiellement, un silence glacial lui répond[24]. Devant ce refus silencieux, Fayçal n'ose même pas leur révéler qu'il a en réalité déjà signé l'accord provisoire avec les Français, et qu'il doit théoriquement revenir courant février pour signer l'accord final, et le présenter à la conférence de la paix de Paris. Cependant, le même jour, Georges Clemenceau est battu aux élections présidentielles préliminaires face à Paul Deschanel et se retire définitivement de la vie politique. La disparition politique du Tigre met Fayçal dans une situation extrêmement instable : les nationalistes syriens les plus extrêmes rejettent en bloc l'accord du , alors que le principal artisan de ce texte du côté français s'efface et laisse la place à une administration beaucoup moins encline au compromis avec l'émir. Fayçal est pris au piège de sa propre politique. Dès lors, son action va être totalement paralysée entre l'intransigeance des Français et des nationalistes syriens[25].
Éphémère roi constitutionnel de Syrie (mars à juillet 1920)
modifierLe , le Congrès national syrien (en) vote l’indépendance de la Syrie et son unité intégrale avec la Palestine et la Transjordanie, et proclame l'émir Fayçal ben Hussein « roi constitutionnel » du royaume arabe de Syrie sous le nom de Fayçal Ier. Fayçal a tenté d'empêcher cette nomination et cette proclamation, qui signait l'échec de sa politique de coopération avec la France et a même tenté de dissoudre le Congrès.
À l'occasion d'un vote de censure du gouvernement, il déclare : « J'ai créé le Congrès, et ne lui concèderai pas un droit qui pourrait empêcher l'action du gouvernement ». Et Rachid Rida de lui rétorquer sans coup férir : « C'est le congrès qui vous a créé, et vous n'étiez qu'un général parmi les généraux sous le commandement d'Allenby »[26]. Cet échange houleux montre que Fayçal a totalement perdu le contrôle des nationalistes et voit son autorité contestée jusque dans sa légitimité nationale.
Entretemps, les défaites françaises face aux kémalistes en Cilicie tendent considérablement les rapports entre le Haut-commissariat et le pouvoir à Damas. L'affaire de la ligne de train Rayak-Alep (dont Fayçal refuse l'utilisation par les troupes françaises du Levant) font craindre aux diplomates français une possible alliance kémalo-hachémite pour expulser les Français du Levant.
Le , la Syrie est placée sous mandat français par la conférence de San Remo. Le se produit un incident que les agents français en poste au Levant jugent extrêmement grave : 8 des 12 membres du Conseil consultatif du Liban, organe théoriquement favorable à la présence française, tentent de quitter la zone française pour se rendre à Damas et faire profession de loyauté envers Fayçal[27]. Parmi les huit transfuges figure même le frère du patriarche des maronites, Elias Hoyek, fervent partisan du mandat français sur la Syrie et le Liban. Les Français accusent les 8 membres d'avoir été corrompus par les chérifiens à raison de 40 000 livres égyptiennes, c'est-à-dire 2 millions de francs de l'époque (la valeur du franc s'est effondrée après la Première Guerre mondiale[28] perdant 65 % de sa valeur face au dollar). Arrêtés sur la route de Damas par des agents français, ils sont reconduits à Beyrouth et produisent des aveux complets. Les membres devaient recevoir un acompte d'un quart de la somme et recevoir les 30 000 livres après leur prestation de serment[27]. Les 10 500 livres ont été fournies par un nanti beyrouthain, Aref Na'mani. Cet incident met littéralement le feu aux poudres. Le , le général Henri Gouraud, Haut-Commissaire français, envoie un ultimatum au gouvernement de Damas. Le gouvernement a jusqu'au , minuit, pour y répondre favorablement. Cet ultimatum se résume en 5 points[29] :
- Disposition absolue de la voie ferrée Rayak-Alep, ainsi que des gares de Baalbek, Homs, Hama, Alep et occupation de cette dernière.
- Abolition de la conscription. L'armée chérifienne doit être ramenée à son effectif du .
- Acceptation du mandat français, dont l'application se présentera sous forme d'aides et de collaboration.
- Acceptation de la monnaie syrienne.
- Châtiment des coupables les plus gravement compromis par leurs actes d'hostilité contre les Français.
Le , après un échange de télégrammes avec le commandant Cousse, agent de liaison français à Damas, le général Gouraud accepte de proroger de 24 h l'ultimatum, en « signe de bonne volonté »[30]. Cédant à l'ultimatum de Gouraud, parce que les troupes françaises, commandées par le général Mariano Goybet, ont écrasé ses partisans à la bataille de Khan Mayssaloun, le , Fayçal est contraint à l'exil. Le roi déchu de Syrie repart en tournée, gagnant la Palestine, puis l'Italie et enfin le Royaume-Uni, afin de sensibiliser les différents gouvernement occidentaux à la cause arabe[31].
Fin 1920, Fayçal arrive à Londres pour négocier, habillé en redingote et en haut de forme, à l'inverse de ses anciens voyages diplomatiques où il privilégiait plutôt l'habit traditionnel bédouin. Lawrence lui fait remarquer qu'il est désolé que l'émir ait perdu sa belle tenue, ce à quoi l'intéressé répond avec sarcasme Oui et mon beau royaume aussi ! en faisant référence à sa récente éviction par les Français que la Grande-Bretagne n'avait rien fait pour empêcher[32].
Roi d'Irak (1921-1933)
modifierAccession au trône d'Irak
modifierAprès son éviction de Syrie, les Britanniques proposent à Fayçal le trône d'Irak, durant la période du Mandat britannique de Mésopotamie. C'est la « solution hachémite »[33] : un moyen commode pour la Grande-Bretagne de maintenir son influence à moindre coût dans une zone qui connaît une agitation permanente depuis la fin de la guerre. La principale difficulté réside dans l'hostilité de la France de voir revenir, si près de la Syrie, un prince qui avait fait figure de champion du nationalisme arabe. Gouraud et Bertholot lors de leur entrevue du avec Winston Churchill, nouvellement muté au Ministère de Colonies (Colonial Office), déclarent que l'arrivée de Fayçal en Mésopotamie saperait l'autorité de la France en Syrie mandataire. La France finit par accepter la présence de Fayçal après de nombreuses entrevues. Le , une réunion d'officiers britanniques, de conseillers et d'agents coloniaux (parmi lesquels figure Gertrude Bell) a lieu lors de la conférence du Caire, dont le principal but est de réduire la présence militaire britannique au Moyen-Orient tout en maintenant l'influence anglaise à moindre frais dans la région. Le , Churchill déclare que « Nous sommes arrivés à la conclusion unanime que Fayçal représente notre meilleur espoir et la solution la moins coûteuse »[34]. Churchill chiffre la somme économisable par l'évacuation des troupes terrestres britanniques d'Irak (la Royal Air Force devant uniquement laisser une force de dissuasion suffisante) à 20 millions de livres annuelles.

À l'époque, peu d'Irakiens savent qui est Fayçal ou la plupart n'ont même jamais entendu son nom. Avec l'aide de responsables britanniques, dont Gertrude Bell, Fayçal mène une campagne fructueuse pour se faire connaître des Arabes d'Irak et s'assure le soutien de la minorité sunnite[35]. La majorité chiite du pays, elle, accueille d'abord Fayçal avec tiédeur, ce qui explique que son arrivée en Irak par le port de Bassorah, ville à majorité chiite, suscite l'indifférence[36]. Entre le 23 avril et le 8 mai 1921, des Irakiens, dont au premier rang desquels Nouri Pacha al-Saïd, un ancien lieutenant de Fayçal lors de la révolte Arabe, adressent des télégrammes à Fayçal pour l'inviter en Irak en tant que futur roi. Entre mai et juin, Fayçal envoya des représentants pour confirmer son élection[35].

Le 12 juin 1921, Fayçal quitte définitivement le royaume du Hedjaz. Il part de Djeddah pour l'Irak à bord du RIMS Northbrook, accompagné de plusieurs notables irakiens et de Sir Kinahan Cornwallis (en) et débarque pour la première fois dans son nouveau pays le 23 juin, au port principal de Bassorah[37]. Son arrivée suscite des réactions contrastées : si la majorité des Irakiens l'accueille en masse, certains (notamment les oulémas de Nadjaf et les membres des tribus du sud de l'Irak, comme celles de Samawa) manifestent leur déception de voir arriver un étranger pour devenir maître du pays, ou lui témoignent une franche hostilité, choquant Fayçal[38].
Malgré cela, le maire de Bagdad envoie un télégramme pour saluer Fayçal, et la ville de Hilla, à 100 km au sud de la capitale, lui réserve également un accueil chaleureux. À son arrivée à Bagdad le 26 juin, il fut largement acclamé par la population. Le lendemain, il est ovationné à Kadhimiya (en), où il prie dans la mosquée principale avant d'être chaleureusement accueilli par la foule[38].
Fayçal n'est pas le seul candidat au trône d'Irak, car il y a d'autres prétendants, tels que Sayyid Muhammad al-Sadr (en) et Ali Jawdat al-Ayyubi (en). À la suite d'un référendum probablement truqué (les scores donnent, en effet, 96 % en faveur de Fayçal et 4 % en faveur de ses adversaires), il accepte de devenir roi. Il est proclamé roi d'Irak et couronné[39] au square al-Qishla de Bagdad le [40]. L'Irak est à cette époque une toute nouvelle entité politique, créée après la Première Guerre mondiale et composé essentiellement des vilayets (provinces) ottomans de Mossoul, Bagdad et Bassorah, chacun correspondant à une zone élargie autour des villes dont ils portaient les noms. Dans ce contexte, il n'existe en 1921 aucun sentiment de nationalisme irakien, ni même d'identité nationale irakienne, alors que Fayçal monte sur le trône[41]. Dans la mesure où l'Irak à cette époque n'a pas d'hymne officiel, la fanfare, conviée pour l'occasion, joue God save the king, trahissant obliquement que Fayçal doit entièrement son trône aux Anglais, mais surtout parce que l'Irak ne dispose pas encore d'hymne national, celui-ci n'étant adopté qu'en 1932.
Règne
modifierDurant son règne, Fayçal conserve ses opinions panarabes et nationalistes, mais devient plus prudent dans leur expression et dans son action politique. Il espère toujours pouvoir réunir à terme, sous son autorité, les mandats français de Syrie et du Liban ainsi que le mandat britannique de Palestine. Pleinement conscient que la base de son pouvoir repose sur les Arabes sunnites d'Irak, qui constituaient une minorité importante, il sait en outre que si la Syrie, le Liban et la Palestine venaient à être intégrés à son royaume, cette minorité constituerait alors la majorité de ses sujets, reléguant les Arabes chiites et les Kurdes d'Irak au rang de minorités[42].

Les chiites d'Irak se tournent à l'époque vers la Perse, pays à majorité chiite, mais le mot d'ordre du panarabisme tend toutefois à unir sunnites et chiites autour d'un sentiment d'identité arabe commune[42]. Quelques années plus tôt, la majorité des Arabes sur le territoire du futur Irak étaient des chiites qui n'avaient pas répondu à l'appel du chérif Hussein à rejoindre la révolte arabe, car ce dernier était avant tout vu comme un sunnite originaire du Hedjaz, ce qui faisait de lui un étranger à double titre[43]. De plus, cela aurait alors exposé les chiites, marginalisés par le gouvernement ottoman où le sunnisme était une religion d'État, à des représailles de la part de Constantinople[43].
Fayçal ne conçoit pas son pouvoir sans tolérance, spécialement en ce qui regarde la tolérance religieuse. Il est lui-même un homme tolérant, se proclamant ami des communautés musulmanes chiites, kurdes et juives de son royaume. En 1928, il critique la politique de certains de ses ministres visant à renvoyer tous les Irakiens juifs de la fonction publique. Sa politique de promotion du nationalisme panarabe, destinée à servir ses ambitions personnelles et dynastiques, s'avéra toutefois déstabilisatrice pour le pays, car elle finit par creuser un fossé entre les communautés arabe et kurde[44]. La politique de Fayçal, qui assimilait la wataniyya (« patriotisme » ou, dans ce contexte, l'identité irakienne) à l'arabité, a marginalisé les Kurdes ; ces derniers craignaient de ne pas avoir leur place dans un Irak dominé par les Arabes, voire dans un État où être Irakien signifiait être Arabe[44].
Lors de la Grande révolte syrienne contre la domination française, Fayçal ne manifeste pas un grand soutien aux insurgés, en partie sous pression britannique, mais aussi en raison de sa prudence naturelle, et surtout parce qu'il avait des raisons de croire que les Français envisageaient d'installer un Hachémite à la tête de la Syrie pour gouverner en leur nom[45]. En 1925, après le soulèvement des Druzes en Syrie, le gouvernement français commence à consulter Fayçal sur les affaires syriennes. Le roi d'Irak conseille aux Français de rétablir le pouvoir hachémite à Damas. Officiellement, la France le consulte car elle souhaite s'inspirer de sa manière de régenter l'Irak, alors qu'il était un dirigeant imposé. En réalité, les Français mènent Fayçal en bateau : ils veulent lui laisser croire qu'il pourrait retrouver le trône de Syrie afin de le dissuader de soutenir les rebelles syriens, mais une fois la révolte écrasée, ils ne sont nullement plus intéressés par l'idée d'un pouvoir hachémite en Syrie[45].

En 1924, le Parlement irakien nouvellement formé, composé de 88 députés (dont 6 députés pour les Assyriens et 6 pour les Juifs) ratifie, avec l'aval de Fayçal, le premier des 4 traités anglo-irakiens qui lie le jeune État à sa puissance mandataire[46]. En 1926, un nouveau traité anglo-irakien est signé : il réaffirme le lien déjà existant entre l'Irak et le Royaume-Uni car, l'année précédente, Fayçal a eu besoin du soutien britannique afin de défendre la souveraineté irakienne sur la région de Mossoul, région prospère ayant suscité les appétits de la Turquie de Mustapha Kemal[47]. Un troisième traité anglo-irakien est signé en 1930 ; Fayçal le considère comme un obstacle à ses aspirations panarabes, bien que ce texte confère à l'Irak une certaine indépendance politique. Il tient à ce que le traité prévoie une date d'expiration, car l'accord accentue la division entre la Syrie mandataire, gérée par les Français, et l'Irak, protectorat britannique. Cette situation empêche l'unité de deux régions arabes majeures, éléments clés du projet panarabe de Fayçal[48]. Mais dix ans après son évincement de Syrie, ce projet semble avoir vécu : les nationalistes arabes d'Irak accueillent favorablement le traité de 1930, y voyant un progrès et l'instauration d'une situation préférable à celle des Arabes en Syrie et en Palestine. De plus, les projets de Fayçal visant à créer un grand État irako-syrien sous son autorité suscitent l'opposition de la Turquie — qui préfère avoir affaire à deux voisins faibles plutôt qu'à un seul puissant — ainsi que du roi Fouad Ier d'Égypte et du sultan du Nedjd et du Hedjaz Ibn Séoud, qui se considèrent tous deux comme les dirigeants légitimes du monde arabe et n'ont nullement envie de voir émerger un troisième rival[48].
Lorsque Nouri Saïd, alors Premier Ministre, se rend au Yémen en mai 1931 pour demander à l'imam Yahya Mohammad Hamid ed-Din s'il souhaitait rejoindre l'« Alliance arabe » placée sous l'autorité de Fayçal, l'imam lui demande, l'air perplexe, quel était le but de cette « Alliance arabe » et prie son interlocuteur d'expliquer le sens de l'expression « monde arabe », terme qui lui est inconnu[49].
Relations avec les Irakiens
modifierÀ son arrivée en Irak, Fayçal connaît mal la vie culturelle et sociale du pays. C'est pourquoi, tout au long de son règne, il s'efforça de s'imprégner des usages de sa nouvelle patrie et de les comprendre. Quelques semaines après son arrivée, il fut accueilli par l'éminent érudit islamique Mahmoud Shukri al-Alusi (en) et rencontra plusieurs intellectuels irakiens afin de connaître leurs points de vue et de comprendre leurs conditions de vie. Il apporta également son soutien à divers cercles, tels que l'« Irshad Club » de Bagdad, fondé dans les années 1920, et instaura la tradition de recevoir régulièrement écrivains et poètes[50].

Parmi ces poètes figurait Ma'ruf al-Rusafi (en), auteur de poèmes à la gloire du roi[51]. Un autre poète accueilli par Fayçal au sein de la cour royale fut Muhammad Mahdi al-Jawahiri (en) ; ce dernier y fut admis après avoir été faussement accusé d'être iranien par le nationaliste arabe Sati al Housri[52].
Fayçal portait également les enseignants en haute estime, les considérant comme des figures essentielles qu'il convenait d'encourager et de valoriser. Accompagné de Rustam Haidar, il visitait régulièrement les écoles de Bagdad (y compris les établissements chrétiens et juifs) pour en inspecter les conditions d'enseignement et les programmes. Il rencontrait de nombreux enseignants et enseignantes dont il déclarer souhaiter valoriser leur travail, estimant que leur rôle était plus important encore que celui d'un roi ou d'un ministre[53].
Toutefois, les hommes de lettres s'opposèrent aussi à Fayçal dans le domaine de l'éducation. Ce fut notamment le cas lorsque Fayçal inaugura la première école pour filles à Nadjaf, ce qui suscita une vive opposition de la part des milieux conservateurs de cette ville traditionaliste. En réaction à cette animosité qui se fit sentir lors des cérémonies d'ouverture, al-Jawahiri, justement originaire de Nadjaf, écrivit des vers cinglants critiquant le conservatisme des habitants de la ville dans un poème intitulé Les Réactionnaires, qui fut publié dans plusieurs journaux. Cette initiative provoqua un scandale dans toute la ville, dont l'écho parvint jusqu'à Fayçal. Ce dernier convoqua al-Jawahiri : « Êtes-vous au courant des appels et des télégrammes que j'ai reçus, affirmant tous que c'était là "l'œuvre de mon fils, Muhammad, qui agit sous mon égide et sous ma protection" ? Savez-vous quel tourment cela m'a causé ? » Al-Jawahiri présenta ses excuses et proposa de démissionner, mais Fayçal choisit finalement de lui pardonner et de le maintenir au sein de sa cour royale[52].
Relations avec les groupes religieux
modifierTout au long de son règne, Fayçal assistait régulièrement à la prière du vendredi, car cela lui permettait d'entrer davantage en contact avec la population irakienne[50]. Il semble avoir été étranger aux considérations confessionnelles ; selon Amin al-Rihani, sa foi reflétait les différentes branches de l'islam, ce qui l'amenait à respecter toutes les religions du monde et à faire preuve de tolérance à leur égard. Abbas Baghdadi, un jeune écrivain, a raconté comment Fayçal arrivait en tenue arabe à la mosquée al-Sarai (en), désignée comme le principal lieu de culte pour la prière du vendredi à Bagdad, pour y assister. Fayçal fit également ordonner la reconstruction de sanctuaires soufis à Mossoul, tels que la tekke[54] de la confrérie Chadhiliyya[55]. Par ailleurs, il rencontra les dirigeants de communautés religieuses réduites, notamment les grands rabbins de Bagdad et de Mossoul[56].

Fayçal fit preuve pendant son règne d'une grande tolérance envers les musulmans chiites, majoritaires dans le pays, et prônait le dialogue interconfessionnel[57]. Son principal lien avec cette communauté était Sayyid Muhammad al-Sadr (en), l'une des rares personnes pouvant être reçues par le roi sans avoir besoin d'être préalablement introduite[58]. Fayçal faisait valoir auprès des chootes sa lignée remontant au calife bien-guidé Ali ; c'est pourquoi la date de son couronnement (23 août) correspond au 18 Dhu al-Hijja du calendrier hégirien, jour de l'Aïd al-Ghadir[59].
Tout au long de son règne, et particulièrement au début, Fayçal chercha à accroître la présence de musulmans chiites au sein de l'administration. Parmi les exemples de cette politique, on peut citer le recrutement de Tawfiq al-Suwaidi (en) à la Faculté de droit de Bagdad, la reconnaissance des diplômes délivrés par les écoles chiites, le soutien financier aux commémorations de Mouharram[60], ainsi que ses visites à Nadjaf et Kerbala, lieux saints du chiisme. Fayçal confia même un jour à Sir Percy Cox que les mujtahids chiites irakiens étaient prêts à le soutenir[61].
Malheureusement ses efforts n'eurent que des effets limités, une partie des autorités chiites le voyant toujours comme un rouage du pouvoir britannique imposé au pays : au début de son règne, Fayçal collaborait avec l'ayatollah Mehdi al-Khalissi, un ami de son père le chérif Hussein, mais l'ayatollah, qui avait déjà été un des meneurs de la révolte de 1920, déclara en 1922 que « ceux qui soutiendraient les élections parlementaires seraient des ennemis de Dieu ». Il émit une fatwa et convainquit de se joindre à lui deux autorités religieuses, les grands ayatollahs Abdol Hassan Isfahani (en), et Mohammad Hossein Naini. Ils menèrent à la fin de l'année une grande manifestation à Kerbala qui réunit près de 300 000 personnes ; les autorités britanniques mandataires, inquiétées, forcèrent Fayçal à expulser les ayatollahs dont Khalissi, qui s'installa en Perse, à Qom puis à Machhad, deux autres villes saintes du chiisme, en 1923. Fayçal invita ultérieurement l'ayatollah à revenir à Nadjaf, mais ce dernier refusa de rentrer en Irak, contrairement à Naini et Isfahani, qui critiqua fortement ces dernier pour cela[62].
En mars 1932, quelques mois seulement avant l'indépendance, Fayçal rédigea un mémorandum dans lequel il déplorait l'absence d'identité nationale irakienne au sein de la population de ce nouveau pays, écrivant :
L'Irak est un royaume dirigé par un gouvernement arabe sunnite, établi sur les décombres de la domination ottomane. Ce gouvernement administre une composante kurde, dont la majorité est sans instruction et compte en son sein des individus mus par des ambitions personnelles, qui pousse cette composante à se détourner du gouvernement sous prétexte que celui-ci n'appartient pas à leur ethnie. [Le gouvernement administre également] une majorité chiite sans instruction qui partage la même ethnie que le gouvernement ; toutefois, les persécutions subies sous la domination turque, qui les avaient empêchés de participer à l'exercice du pouvoir, ont creusé un fossé profond au sein du peuple arabe, divisé entre ces deux confessions. Et malheureusement, tout cela a conduit les membres de cette majorité, de même que les personnes nourrissant des ambitions particulières, notamment les religieux, mais aussi ceux souhaitant accéder à des postes pour lesquels ils n'ont pas les compétences et ceux qui n'ont tiré aucun avantage matériel du nouveau régime, à prétendre qu'ils sont toujours persécutés en raison de leur appartenance au chiisme[63].
Relations étrangères
modifierFayçal encouragea lors de son règne l'arrivée d'exilés de Syrie à la candidature de postes administratifs afin de favoriser de meilleures relations irako-syriennes. Pour améliorer le système éducatif du pays, il intégra également des médecins et des enseignants à la fonction publique et nomma le nationaliste arabe syrien Sati' al-Husri (son ancien ministre de l'Éducation à Damas) à la tête du ministère de l'Éducation. Ces arrivées suscitèrent un vif ressentiment parmi la population locale à l'égard des Syriens et des Libanais présents en Irak[64]. D'autant que la tendance des émigrés syriens du ministère à rédiger et diffuser des manuels scolaires glorifiant le califat omeyyade comme « l'âge d'or » du peuple Arabe, et utilisant des termes dénigrant Ali, heurta profondément la communauté chiite d'Irak. En résultèrent des protestations qui incitèrent Fayçal à retirer les manuels litigieux en 1927, puis de nouveau en 1933 lors de leur réédition[64].
En août 1925, Fayçal entame une tournée européenne afin de de défendre l'intégrité territoriale de l'Irak. Après un passage en Transjordanie, en Palestine puis un voyage en bateau qui l'amène en France, il se rend à Londres dans le but de rencontrer le gouvernement britannique pour le convaincre de le soutenir
La question palestinienne
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En 1929, alors que de sanglantes émeutes éclatent à Jérusalem entre les communautés arabe et juive, Fayçal soutient fermement la position arabe et fait pression sur les Britanniques pour obtenir une résolution de la crise palestinienne favorable aux Arabes[65]. Dans un mémorandum exposant ses vues sur la Palestine, remis au haut-commissaire britannique Sir Hubert Young le 7 décembre 1929, Fayçal déclare accepter la déclaration Balfour, mais dans son interprétation la plus restrictive, celle-ci promettant simplement un « foyer national juif »[48].
Fayçal se disait prêt à accepter l'implantation en Palestine d'un « foyer national juif » susceptible d'accueillir les Juifs fuyant les persécutions à travers le monde, mais il s'opposait catégoriquement à la création d'un État juif[48]. Il soutenait que la meilleure solution consistait pour le Royaume-Uni à accorder l'indépendance à la Palestine ; celle-ci serait intégrée à une fédération dirigée par son frère, l'émir Abdallah de Transjordanie, ce qui permettrait l'existence d'un « foyer national » juif sous sa souveraineté[66].

Fayçal prônait un compromis selon lequel les Palestiniens renonceraient à s'opposer à l'immigration juive en Palestine, en échange de quoi les sionistes abandonneraient leurs projets de créer un jour un État juif en Terre sainte[48]. La solution privilégiée par Fayçal pour la « question palestinienne » (dont il reconnaissait qu'elle n'était peut-être pas réalisable dans l'immédiat) consistait en la création d'une fédération réunissant l'Irak, la Syrie, le Liban et la Palestine sous son autorité, revenant au projet panarabiste que le roi hachémite cherchait à mettre en œuvre dès la Première Guerre Mondiale[48].
Arabie saoudite
modifierAprès de longues négociations entre les diplomates britanniques et la chancellerie irakienne, Fayçal consent à rencontrer son vieil ennemi Ibn Séoud en territoire neutre, sur le HMS Lupin, le 22, 23 et [46]. La rencontre est tendue (6 ans plus tôt, Ibn Séoud a chassé du Hedjaz son frère Ali[67]), mais fructueuse car elle permet de résoudre une série de différends frontaliers, notamment la question du tracé de la frontière entre l'Irak et le futur royaume saoudien.

Ibn Séoud, aussi connu sous le nom d'Abdelaziz ibn Saoud, pourra ainsi réunir ses territoires afin de proclamer la création de l'Arabie saoudite, en 1932.
Iran
modifierA la fin du mois d'avril 1932, le roi Fayçal d'Irak effectue une visite en Perse (renommé Iran en 1935), où il est reçu par Reza Chah Pahlavi. Les relations sont assez tendues entre les deux pays : la Perse n'a reconnu l'indépendance de l'Irak qu'en août 1929, ayant remis en question la frontière perso-irakienne sur le Chatt el-Arab suite à la disparition de l'empire Ottoman[68]. De plus l'Irak hachémite a une gestion ambivalente de sa communauté chiite (majoritaire en Irak et en Perse), l'Irak abritant plusieurs lieux saints du chiisme à Nadjaf et à Kerbala, et devant gérer un important pèlerinage perse[69].
Accueilli à Téhéran par le Premier Ministre Mehdi Gholi Hedayat, Fayçal et sa suite se mettront d'accord sur plusieurs de ces questions épineuses, et les relations entre les deux pays — de même qu'entre les deux rois — s'amélioreront progressivement à la suite de cette visite[70], préliminaire à la participation de l'Irak dans la signature du traité de Saadabad après la mort de Fayçal, en 1937.
Indépendance de l'Irak
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Le roi Fayçal effectue plusieurs démarches pour mener son pays sur le chemin de l'indépendance : ayant déjà effectué en 1925 une tournée européenne pour défendre la souveraineté irakienne sur la région de Mossoul, face à la Turquie de Mustapha Kemal[47], en 1927 il effectue un nouveau voyage à Londres afin de convaincre le gouvernement britannique de mettre fin au mandat britannique[71]. La même année il réussit à instaurer une conscription devant permettre, à terme, l'instauration d'une armée régulière et indépendante en Irak[47].
Après la rencontre de 1930 avec Ibn Séoud qui permet la clarification des frontières entre l'Irak et la future Arabie saoudite, Fayçal Ier veille également à normaliser les relations et à clarifier les frontières de l'Irak avec la Perse, son voisin à l'est, lors d'un voyage en avril 1932[72].
Le 3 octobre de la même année, le royaume d'Irak accède officiellement à l'indépendance via son adhésion à la Société des Nations. Trois jours plus tard, de grandes célébrations ont lieu à Bagdad pour célébrer l'indépendance, et Fayçal assiste à de nombreuses parades militaires et rencontre de multiples autorités administratives et religieuses dans une atmosphère de joie festive[73]. Pourtant, en dépit de ce succès, l'Irak reste solidement lié à la Grande-Bretagne via le traité anglo-irakien de 1930[74].
En juin 1933, il retourne une dernière fois à Londres, où il est accueilli comme le souverain d'un pays indépendant par George V[75]. Il y exprime ses inquiétudes quant à l'accroissement des tensions en Palestine, en raison de l'accroissement de l'immigration juive ainsi que de la détérioration des conditions politiques, sociales et économiques du pays. Il demande aux Britanniques de limiter l'immigration juive ainsi que les achats de terres.
Dernières années
modifierEn 1931 meurt à Amman l'ancien chérif de la Mecque Hussein, chez son fils Abdallah. Le dernier « calife » doit être enterré à Jérusalem sur l'esplanade des Mosquées (al-Ḥaram aš-Šarīf). Fayçal, qui avait avec son père des relations tendues, refuse d'assister à son enterrement, s'excusant en raison d'« affaires d'état »[76].

Grand fumeur[69], Fayçal se rend régulièrement dans les dernières années en Suisse, à Berne, pour suivre des examens et rester en convalescence. Son premier séjour date de l'été 1930 : épuisé par les négociations liées au traité anglo-irakien de 1930, Fayçal passe plusieurs semaines à Berne pour une cure et des examens approfondis. A la fin de l'été et à l'automne 1931, il effectue un nouveau séjour de plusieurs semaines en Suisse pour un suivi médical, dans la clinique du docteur Albert Kocher, fils et élève d'Emil Theodor Kocher. En juillet 1933, après sa visite d'État à Londres en juin, il gagne Berne pour reprendre son traitement[77].
Mais il doit l'écourter en raison du massacre des Assyriens (des chrétiens de rite nestorien, ultra-minoritaires en Irak) à Simelé : en août 1933, les troupes gouvernementales s'allient à des guérilleros kurdes dans le nord du pays pour massacrer des centaines d'Assyriens chrétiens, sous prétexte qu'ils représentaient une menace pour « l'unité nationale ». Le propre fils de Fayçal et héritier au trône, Ghazi, se rend sur place pour féliciter les militaires. Cette situation provoque des tensions entre le Royaume-Uni et l'Irak. Dès qu'il apprend le massacre des chrétiens assyriens, le Premier ministre Ramsay MacDonald ordonne au haut-commissaire Francis Humphrys de se rendre immédiatement en Irak, et le gouvernement britannique exige que Fayçal se rende à Bagdad pour punir les coupables, qu'ils soient chrétiens ou musulmans[78].
Fayçal rentre en Irak puis envoie un télégramme à la légation irakienne de Londres : « Bien que la situation soit désormais normale en Irak, et malgré ma santé défaillante, j'attendrai l'arrivée de Sir Francis Humphrys à Bagdad ; il n'y a toutefois aucune raison de s'inquiéter davantage. Informez-en le gouvernement britannique. »[78]
En réalité, le roi est profondément marqué par cette crise, qui consacre une nouvelle fois la grande instabilité du jeune royaume. Peu de temps auparavant, en mars 1933, Fayçal semble dans un mémorandum se désespérer de ce manque de cohésion qui rend si instable son pays :
« Avec un cœur rempli de tristesse, je vous dis qu'il n'y a pas encore de peuple irakien, mais plutôt des groupes humains imaginés, vidés de toute pensée patriotique, dominés par des traditions et des illusions religieuses, qui n'ont aucune attache entre eux, écouteurs du mal, prompts à l'anarchie et perpétuellement prêts à se soulever contre tout gouvernement, quel qu'il soit. C'est dans ce contexte que nous voulons construire un peuple et prenons en charge son éducation, son instruction, son enseignement, et celui qui connaît la difficulté de la construction d'un peuple dans un tel contexte devra également connaître ce que nous mettons en place pour accomplir cette mission... voici le peuple dont j'ai pris en charge la construction ! »[74],[79]

Mort
modifierFayçal repart le pour la Suisse[80] et y meurt quelques jours plus tard, le 8 septembre, d’une crise cardiaque. La veille, après une ballade automobile à Interlaken en compagnie de sa maîtresse égyptienne, Victorine Sadik, le roi se plaint de douleurs dans la poitrine. Un médecin est appelé, il diagnostique une arthérosclérose et fait une injection à Fayçal, puis ordonne qu'une infirmière reste à ses côtés. A 00h30, le roi dit se sentir de plus en plus mal, et demande à faire venir ceux qui l'accompagnent : son frère Ali, son secrétaire Rustam Haidar, et Nouri Saïd. Mais il arrivent trop tard, peu après la mort de Fayçal[81]. Le roi d'Irak était âgé de 48 ans.
La crédibilité de ce récit a cependant été remise en question ; l'infirmière britannique qui l'accompagnait a notamment signalé qu'il présentait des symptômes d'empoisonnement à l'arsenic. Les historiens rapportent qu'une femme indienne se trouvait avec le roi à l'hôtel et qu'une dispute aurait éclaté entre eux la veille de sa mort ; on perd la trace de cette femme immédiatement après l'annonce du décès de Fayçal[82].

Son fils aîné Ghazi Ier devient roi d'Irak après sa mort. Le corps du roi est ramené d'Europe par bateau jusqu'à Haïfa, puis, après avoir transité par la Transjordanie, est rapatriée par avion jusqu'à la capitale irakienne, Bagdad. Bien que Fayçal ait eu des relations complexes avec son peuple tout au long de son règne, les Irakiens accueille le retour de sa dépouille avec un immense chagrin, et une ferveur funéraire particulièrement importante. A Bagdad, le cortège met plusieurs heures à parcourir les onze kilomètres qui séparent l'aéroport du site où est inhumé le roi d'Irak[81], là où sera construit dans les deux années suivantes le mausolée royal.
Héritage et hommages
modifierPlusieurs universitaires admiratifs de l'œuvre du roi d'Irak estiment que la mort prématurée de Fayçal a porté un coup largement dommageable à plusieurs mouvements : le sentiment panarabe, la construction d'un véritable état irakien, mais aussi l'émergence d'un véritable sentiment national pour le pays, au-delà des divisions ethniques, religieuses et confessionnelles[69].
- Une place porte le nom de Fayçal à l'extrémité de la rue Haïfa (en), à Bagdad, où se dresse une statue équestre à son effigie. La statue a été déboulonnée après le renversement de la monarchie en 1958, mais fut restaurée par la suite.
- Une autre place porte son nom à Haïfa, en Israël, lieu par lequel a transité sa dépouille lors de son transfert du port de Haïfa vers l'aéroport pour être rapatriée par avion à Bagdad. Une colonne brisée, située sur cette place Fayçal de Haïfa, commémore sa mort prématurée.
- Une grande rue d'Alep porte son nom, la rue du roi Fayçal.
Vie personnelle, mariage et descendance
modifierÀ 21 ans et sous la pression de son père, il épouse Huzaima bint Nasser, une de ses cousines[83]. Le mariage arrangé est une tradition bédouine très courante à l'époque. Ses frères, Ali et Abdallah sont tous les deux mariés à des cousines également (Abdallah a épousé Misbah, la sœur jumelle de Huzaima)[83]. Initialement peu proches, les deux époux finiront par se connaître et s'apprécier mutuellement avec le temps. De cette union naîtront 4 enfants :
- Le prince Ghazi (futur roi d'Irak)
- La princesse Azza ou Izzat
- La princesse Rajiha
- La princesse Rafi'a.
Cette dernière souffre d'un handicap, du fait d'une chute lorsqu'elle n'avait que quelques mois[83]. Rajiha finira par épouser un pilote de l'air de l'armée irakienne et vivra une vie modeste. Elle est la seule fille de Fayçal et de Huzaima ayant eu des enfants (avec Ghazi) et dont la descendance existe encore aujourd'hui.
Fayçal eut dans sa vie plusieurs liaisons sentimentales, certaines femmes ayant été dans son entourage le présentant comme un « Don Juan oriental ». L'une des plus importantes de ses maîtresses est une certaine Anita, la fille d'un diplomate britannique rencontrée au Caire au début des années 1920, qu'il rencontrait souvent lors de ses voyages en Europe, mais qui venait souvent à Bagdad. Fayçal aurait envisagé d'abdiquer pour elle, mais elle mourut subitement au cours de l'année 1933, plongeant Fayçal, peu de temps avant sa propre mort, dans un grand chagrin[84].
L'une de ses dernières maîtresses est une maronite égyptienne, Victorine Sadik, qui se trouvait avec lui lors de son ultime voyage en Suisse, lorsqu'il mourut[81].
Fayçal serait également le père de deux autres enfants. Au début des années 1920, alors que sa famille vit toujours à la Mecque et dans le but de nouer des liens avec les communautés locales, il aurait épousé en 1921 la fille d'un notable alaouite de Kerbala, qui lui donna une fille, la « princesse » Badour, née en 1923. Il fut raconté que ç'aurait été cet événement qui aurait décidé Huzaima à venir s'installer à Bagdad avec ses enfants. Le mariage aurait alors été discrètement dissous et la seconde épouse éloignée, ainsi que Badour. Des années plus tard, elle serait devenue la dame de compagnie de sa « belle-sœur » la reine Aliya bint Ali, épouse de Ghazi, mais aurait quitté l'entourage royal après la mort de cette dernière. Elle serait morte dans les années 2000 à Kerbala, dans une certaine pauvreté[85].
Fayçal aurait eu un autre enfant, le prince Mohammad ben Fayçal, né en 1930 et mort en 2018, dont l'existence est moins hypothétique et qui fut lui, cependant, mieux intégré à la famille royale. Selon certaines sources il serait aussi le fils d'Huzaima, mais généralement le nom de sa mère est inconnu. Après la chute de la monarchie irakienne, à laquelle il survécut car il étudiait alors en Égypte, il s'établit aux États- Unis et ne retourna jamais en Irak. Il mena une vie discrète jusqu'à sa mort, dans un hôpital américain, à l'âge de 88 ans[86],[87].
Dans la fiction
modifierDans le film Lawrence d'Arabie, son rôle est interprété par Alec Guinness.
Galerie de photographies
modifierNotes et références
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- ↑ « Le 3 janvier 1919 à Londres, l’émir Fayçal avait accepté de signer avec Weizmann un accord comportant de très importantes concessions arabes : la séparation de l’État arabe à créer et de la Palestine était acceptée, de même que le principe d’une immigration massive des Juifs. Toutefois, dans un postscriptum, Fayçal indiquait que cet accord n’aurait de valeur que si les Arabes obtenaient leur indépendance », Dominique Perrin, « D’une guerre à l’autre : le mandat britannique », in : Palestine : Une terre, deux peuples [en ligne]. Presses universitaires du Septentrion, 2000, Villeneuve d'Ascq, lire en ligne. (ISBN 9782757421987). DOI : https://doi.org/10.4000/books.septentrion.48746
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- ↑ Le verbe « couronner » utilisé ici assimile la cérémonie de Bagdad à des cérémonies similaires se pratiquant en Europe, bien que le roi n'ait pas reçu de couronne physique. Il correspond plus au verbe « introniser », Fayçal ayant été lors de la cérémonie assis sur un trône qui resta ensuite emblématiquement le trône du roi au parlement irakien, jusqu'à la chute de la monarchie en 1958.
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Voir aussi
modifierBibliographie
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- Rémi Kauffer, La Saga des Hachémites : la tragédie du Moyen-Orient, Paris, Éditions Perrin, (ISBN 978-2-262-03699-7)
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- Nadine Picaudou, La Décennie qui ébranla le Moyen-Orient : 1914-1923, Paris, Champs Histoire, (ISBN 978-2-08-141563-8)
- Patrick Seale, La Lutte pour l'indépendance arabe, Éditions Fayard, .
- Yves Ternon, Empire Ottoman. Le déclin, la chute l'effacement, Paris, Éditions Michel de Maule, (ISBN 978-2-86645601-6)
- Janine Sourdel et Dominique Sourdel, Dictionnaire Historique de l'Islam, Paris, PUF, (ISBN 978-2-13-054536-1)
- Encyclopédie de l'Islam, 3e édition.
- Le rêve brisé de Feysal (Premier roi d'Irak), Éditions Jeune Lévrier
- Jeremy Wilson, Lawrence d'Arabie, Denoël, 1994.
Liens externes
modifier- Ressource relative aux beaux-arts :
- Ressource relative à plusieurs domaines :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- L’émir Fayçal et le monde arabe de Versailles : 1850-1950, Georges H. Chakkour, 2009.