Felis lybica lybica
Chat de Libye, Chat sauvage d’Égypte
Statut CITES
Répartition géographique
- Répartition géographique de Felis lybica lybica
- Felis lybica Foster, 1780 [1]
- Felis Lynx lybiensis Kerr, 1792 [1]
- Felis libyca Olivier, 1804 [1]
- Felis Rüppelii H. R. Schinz, 1825 [1]
- Felis maniculata Temminck, 1825 [1]
- Felis Bubastis Ehrenberg, 1833 [1]
- Felis dongalana Ehrenberg, 1833 [1]
- Felis cristata Lataste, 1885 [1]
- Felis libyca var. sarda Lataste, 1885 [1]
- Felis mediterranea Martorelli, 1896 [1]
- Felis ocreata mauritana Cabrera, 1906 [1]
- Felis lybica cyrenarum Ghigi, 1920 [1]
- Felis lybica lowei Pocock, 1944 [1]
- Felis lybica lynesi Pocock, 1944 [1]
- Felis reyi Lavauden, 1929 [1]
- Felis silvestris gordoni Harrison, 1968 [1]
Felis lybica lybica, le Chat de Libye, également connu sous le nom de Chat sauvage d’Égypte, est une sous-espèce de Felis lybica, une espèce de mammifères carnivores de la famille des Félidés. Ce Chat proprement dit (du genre Felis) est présent dans une grande partie de l’Afrique et une petite partie du Moyen-Orient. Elle serait à l’origine de la domestication du Chat.
Dénominations
modifier- Nom scientifique valide : Felis lybica lybica (Forster, 1780) selon ITIS ()[2] ;
- Nom normalisé anglais : North African Wildcat ;
- Noms vulgaires : Chat de Libye[3], Chat ganté[4], Félis ganté[4], Chat sauvage d’Égypte ;
- Noms vernaculaires : Chat sauvage d’Afrique, Chat sauvage, Chat.
Taxonomie
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Felis lybica est le nom scientifique proposé en 1780 par Georg Forster, qui a basé sa description sur un spécimen de Gafsa sur la Côte de Barbarie qui avait la taille d'un chat domestique, mais une fourrure roussâtre, de courtes touffes de poils noirs sur les oreilles et une queue annelée (Felis (lybica) cauda brevi, corpore rufo, auriculis albis nigrobarbatis, ocreis caudaeque fasciis nigris)[5].
Le nom vernaculaire de Chat ganté (Felis maniculata) apparaît d’abord sous la forme Felix maniculata en 1825 dans un compte rendu anonyme publié dans le journal Iris, relatant les découvertes zoologiques d'Eduard Rüppell en Nubie et mentionnant la capture d'un petit félin assimilé au type du chat domestique d'Égypte[6]. La même année, Coenraad Jacob Temminck en publie la description formelle sous le nom de Félis ganté et Chat ganté (Felis maniculata) dans sa Monographie de mammalogie, à partir de la dépouille d'une femelle adulte récoltée par Rüppell près d'Ambukol en Nubie et conservée au musée de Francfort[4].
Diverses sous-espèces de Chat sauvages associée à cette sous-espèce ont été décrite séparément dans le :Mammal Species of the World (version 3, 2005) ()[7] :
- Felis silvestris lybica Forster, 1780 - Chat de Libye (le présent article)
- Felis silvestris ocreata Gmelin, 1791
- Felis silvestris haussa Thomas & Hinton, 1921
- Felis silvestris foxi Pocock, 1944
- Felis silvestris rubida Schwann, 1904
- Felis silvestris ugandae Schwann, 1904
- Felis silvestris tristrami Pocock, 1944
- Felis silvestris iraki Cheesman, 1920
- Felis silvestris gordoni Harrison, 1968 - Chat sauvage de Gordon
- Felis silvestris nesterovi Birula, 1916
- Felis silvestris reyi Lavauden, 1929 - Chat sauvage de Corse
- Felis silvestris jordansi Schwarz, 1930
Depuis 2017, toutes ces populations de chats sauvages sont considérées comme appartenant à cette sous-espèce, notamment celles présentes dans certaines parties de l’Afrique subsaharienne, ainsi qu’au Moyen Orient[8].
Caractéristiques
modifierLe Chat de Libye ressemble fortement au chat domestique à poils courts par son anatomie générale, mais il s'en distingue par son corps plus svelte ainsi que par des membres et une queue proportionnellement plus longs[9],[10]. La longueur de la tête et du corps est comprise entre 37 et 54 cm (atteignant parfois 66,5 cm selon certaines mesures globales), la queue mesure de 24 à 36 cm (pouvant aller jusqu'à 37 cm), et la hauteur au garrot oscille entre 30 et 35 cm[9],[10]. Le poids varie de 2,4 à 6 kg, pour un maximum de 6,4 kg[9],[10]. En raison de ses pattes allongées, il adopte une posture presque verticale lorsqu'il est assis[9]. Il se distingue nettement du Chat sauvage d'Europe (Felis silvestris) par la morphométrie de son crâne[11].
Son pelage présente de fortes variations individuelles et géographiques en longueur et en coloration : il va du brun sable pâle au gris clair ou foncé grisonnant[10]. Les spécimens des zones arides sont plus clairs et moins marqués que ceux des régions plus humides[9]. Le dos et les flancs sont ornés de taches ou de rayures grises-noires à brunes, les membres portent des rayures marquées, bien que certains individus soient dépourvus de motifs corporels[10]. La ligne dorsale sombre est absente[10]. La face ventrale varie du blanchâtre au chamois ou orange pâle, tandis que le menton et la gorge sont blanchâtres[9],[10]. De faibles rayures sont visibles sur les joues, le sommet de la tête, la nuque et le dos[10]. Les oreilles, triangulaires et pointues, sont d'une couleur roussâtre ou d’un brun roux plus marquée sur leur face arrière, bordées d'une bande grise-noire indistincte, avec une courte touffe de poils apicale et des poils internes blanc crème[10]. Le dessus des pattes est jaunâtre, tandis que la paume et la plante des coussinets sont noires[10]. La queue porte plusieurs anneaux distaux noirs et se termine par une pointe noire[10].
Par rapport aux espèces sympatriques, le Caracal est plus grand, doté de pinceaux auriculaires plus longs, d'une robe uniforme et d'une queue proportionnellement plus courte[10]. Le Chat des sables est plus petit, possède une face élargie, de grandes oreilles arrondies et un pelage sable chamois pâle aux marques atténuées[10].
En raison de rétrocroisements intenses et répétés avec les chats domestiques, les individus de pure souche sont devenus très rares, ce qui rend l'identification visuelle parfois difficile sur le terrain[10].
- un chat sauvage de Gordon à poil roux, couché, au Zoo de Olomouc, en Tchéquie.
- Un autre chat sauvage de Gordon, au Zoo de Chemnitz, en Allemagne.
- Un chat de Gordon au pelage clair au Parc des félins, en France.
Répartition et habitat
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Le Chat de Libye est indigène d'une très large zone couvrant l'Afrique du Nord, de l'Ouest et de l'Est, ainsi que le Moyen-Orient : Algérie, Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, République centrafricaine, Tchad, Congo, République démocratique du Congo, Djibouti, Égypte, Érythrée, Éthiopie, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Irak, Israël, Jordanie, Kenya, Koweït, Liban, Libye, Malawi, Mauritanie, Maroc, Niger, Nigeria, Oman, Rwanda, Arabie saoudite, Sénégal, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Syrie, Tanzanie, Togo, Tunisie, Turquie, Ouganda, Émirats arabes unis et Sahara occidental, sa présence étant incertaine en Côte d'Ivoire[10]. Il est également présent en Corse, en Sardaigne et en Crète.
En Irak, la frontière avec l'aire de répartition du Chat orné (F. l. ornata) reste floue et correspond probablement à une zone d'intergradation[10].
Par l’intermédiaire des interventions humaines, cette sous-espèce aurait également été introduite par l’Homme sur certaines îles européennes, en Corse sous le nom de Felis silvestris reyi, en Sardaigne sous le nom Felis silvestris sarda et en Crète sous le nom de Felis silvestris cretensis[10],[8],[note 1].
Il occupe des habitats variés : maquis méditerranéens sur pentes rocheuses, dunes de sable, prairies ouvertes, savanes, zones boisées, terres agricoles et abords des implantations humaines[10]. Il peut vivre dans les vrais déserts, mais tend à éviter les forêts denses et les régions recevant moins de 100 mm de pluie par an[9],[10]. Il monte jusqu'à 3 000 m d'altitude dans les montagnes du Kenya et d'Éthiopie[10].
Écologie et comportement
modifierLe Chat de Libye est un animal solitaire et territorial ; les deux sexes établissent, marquent et défendent un territoire[10]. La superficie du domaine vital dépend fortement des ressources locales : un mâle au Kenya n'occupait que 1,6 km2, alors que dans le climat aride des Émirats arabes unis, les domaines atteignent entre 29,7 et 52,7 km2[9]. Principalement nocturne et crépusculaire, il peut néanmoins être actif en journée[10]. Pendant les heures chaudes, il se repose dans des touffes d'herbes, des buissons, des fissures rocheuses, des arbres ou des terriers creusés par d'autres animaux comme des renards ou des porcs-épics, mais il est également capable de creuser ses propres abris[10].
Alimentation
modifierLes petits rongeurs constituent l'essentiel de son alimentation, mais il s'attaque aussi aux jeunes lièvres, aux damans, aux jeunes faons de gazelles, aux oiseaux, et plus occasionnellement aux reptiles, aux amphibiens, aux insectes et aux fruits, notamment les dattes[10]. En Namibie, les restes de petits mammifères et d'insectes ont été retrouvés respectivement dans 90 % et 70 % des crottes analysées, tandis qu'au Botswana, les solifuges constituent une part notable de son régime[9]. Il peut survivre de longues périodes sans accès direct à l'eau[9].
Reproduction
modifierLa reproduction a lieu toute l'année, avec une saison de reproduction plus marquée de janvier à mars dans le Sahara et durant la saison des pluies dans d'autres régions afin de coïncider avec l'abondance des rongeurs[9],[10]. La gestation dure de 56 à 65 jours[10]. La portée compte de 1 à 5 petits pour une moyenne de 3[10]. Le sevrage intervient à l'âge de 3 à 4 mois, et la maturité sexuelle est atteinte vers 11 mois[10]. La longévité en captivité peut atteindre 19 ans[10].
Le Chat ganté et l'Homme
modifierHistoire culturelle
modifierMenaces et conservation
modifierLe Chat de Libye est classé en « préoccupation mineure » (LC) par l'UICN et est inscrit à l'Annexe II de la CITES (Annexe B au niveau de l'Union européenne)[13],[10].
L'hybridation avec les chats harrets est largement répandue, ce qui fait que les populations pures de F. l. lybica ont disparu de vastes portions de son aire[10]. De plus, les chats domestiques, souvent plus grands, exercent une forte compétition pour l'espace vital, la nourriture et l'accès aux femelles en œstrus[10]. Cette sous-espèce ne possède par ailleurs aucune résistance immunitaire contre le typhus félin (panleucopénie féline) : les chatons nés en captivité meurent au cours de leur première année s'ils ne sont pas vaccinés, tandis que les chats harets semblent acquérir cette résistance très tôt et transmettent l'infection aux chats sauvages[10].
Notes et références
modifierNotes
modifier- (de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Falbkatze » (voir la liste des auteurs).
- ↑ Il n’y a pas de consensus clairement établi quant à savoir si le Chat sauvage de crête est bien de la population du Chat forestier d’Europe (Felis silvestris silvestris) ou bien s’il s’agit d’une ancienne population domestique redevenue sauvage, issue du Chat de Libye.
Références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
- ↑ Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le .
- ↑ Delvingt et Vermeulen, Nazinga, Presses agronomiques de Gembloux, , 122 p. (ISBN 978-2870160831)
- 1 2 3 Coenraad Jacob Temminck, Monographie de mammalogie, Paris, 1824-1825 (DOI 10.5962/bhl.title.125524, lire en ligne), p. 128-129
- ↑ Forster 1780, p. 313
- ↑ (de) Anonyme, « Felix maniculata », Iris, Francfort-sur-le-Main, J. Wenner, vol. 1825, , p. 1018 (lire en ligne)
- ↑ Mammal Species of the World (version 3, 2005), consulté le .
- 1 2 (en) Kitchener, A. C., « A revised taxonomy of the Felidae: The final report of the Cat Classification Task Force of the IUCN Cat Specialist Group », Cat News, no Special Issue 11, , p. 17–20 (lire en ligne)
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 (en) Mel E. Sunquist et Fiona C. Sunquist, « Family Felidae (Cats) », dans Handbook of the Mammals of the World, vol. 1 : Carnivores, Barcelone, Lynx Edicions, , 165, 167 (ISBN 978-84-96553-49-1)
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 José R. Castelló (trad. Anne Saint-Girons), Félins et Hyènes du monde, Paris, Delachaux et Niestlé, coll. « Mammifères », (ISBN 978-2-603-02863-6), p. 182-184
- ↑ (en) Nobuyuki Yamaguchi, Carlos A. Driscoll, Andrew C. Kitchener et Jennifer M. Ward, « Craniological differentiation between European wildcats (Felis silvestris silvestris), African wildcats (F. s. lybica) and Asian wildcats (F. s. ornata): Implications for their evolution and conservation », Biological Journal of the Linnean Society, vol. 83, no 1, , p. 47–63 (DOI 10.1111/j.1095-8312.2004.00372.x)
- ↑ (de) « Katze und Mensch – innig seit je Forscher: Schon vor 9500 Jahren », Der Tagesspiegel, (lire en ligne)
- ↑ UICN, consulté le .
Bibliographie
modifierDescription originale
modifier- (de) Georg Forster, Herrn von Büffons Naturgeschichte der vierfüßigen Thiere. Mit Vermehrungen aus dem Französischen übersetzt, vol. 6, Berlin, Joachim Pauli, , 397 p. (lire en ligne), « LIII. Der Karakal », p. 313
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- (en) Catalogue of Life : Felis lybica lybica (Forster, 1780) (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Felis lybica lybica (Forster, 1780)
- (en) NCBI : Felis silvestris lybica (Forster, 1780) (taxons inclus)