Ferdinand Verbiest

missionnaire jésuite

Ferdinand Verbiest (nom chinois : 南怀仁 Nán Huáirén), né le à Pittem (Belgique) et mort le à Pékin (Chine), est un prêtre jésuite mathématicien et astronome originaire des Pays-Bas espagnols qui, missionnaire et mathématicien à la cour de l'empereur de Chine, y a obtenu les plus grands honneurs comme « Président du tribunal des mathématiques » une position de grande influence.

Ferdinand Verbiest
Le Père Verbiest revêtu de son costume de mandarin.
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Prénoms sociaux
敦伯, 勳卿Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom posthume
勤敏Voir et modifier les données sur Wikidata
Formation
Jesuit College (d) (-)
Sint-Amandscollege (d) (-)
Ancienne université de Louvain (-)
Grand séminaire de Malines (en) (-)
Ancienne université de Louvain (-)
Collège romain (-)
Colegio de San Hermenegildo (d) (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Observatoire antique de Pékin (-)
Observatoire antique de Pékin (-)
Collège Saint-Paul de Macao (-)
Église jésuites de Bruxelles (-)
Sint-Amandscollege (d) (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
Ordre religieux
Maître
Œuvres principales
Kunyu Quantu, Kunyutu Shuo (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Biographie

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Ferdinand Verbiest, né le à Pittem, est le fils de maître Josse Verbiest, homme érudit, et d'Anne Van Hecke[1].

Formation

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Ferdinand Verbiest fait ses humanités aux collèges de Jésuites de Bruges et de Courtrai, et un an de philosophie à Louvain avant d'entrer dans la Compagnie de Jésus en 1641. Après le noviciat, il fait encore deux années de philosophie à Louvain. En 1644, il y est l'élève du fameux mathématicien André Tacquet. En vue de partir en Amérique du Sud, ses études de théologie se font à Séville où il fut ordonné prêtre en 1655. N'obtenant pas des autorités espagnoles l'autorisation de partir pour le Nouveau Monde, il demande, et obtient, la permission du Supérieur Général des Jésuites de se tourner vers la Chine. Il se joint à un groupe dirigé par le Père Martino Martini.

En Chine

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Véhicule à vapeur à roue à aubes dessiné par Verbiest en 1672.

Arrivé à Macao en 1658, il est immédiatement appelé à Pékin par le Père Johannes-Adam Schall, dont les forces déclinantes demandaient un collaborateur. La réforme du calendrier à laquelle il s'attèle à la suite d'Adam Schall le contraint à dénoncer de graves erreurs de calculs astronomiques, ce qui lui acquiert de nombreux ennemis parmi les mandarins de la cour impériale. Avec d'autres Jésuites, Verbiest fait de la prison, et échappe de peu à l’exécution capitale grâce à un tremblement de terre. Impressionné, l’empereur Kangxi, encore jeune, l’invite à participer à un débat contradictoire sur les mérites de l’astronomie chinoise et européenne. Le missionnaire gagne haut la main et est nommé « Président du Tribunal des Mathématiques ».

Il demande au secrétaire d'État à la Marine qu'une étude scientifique d'une route maritime plus sereine soit établie car de nombreux missionnaires meurent avant d'atteindre la Chine. Louis XIV décide alors de l'envoi d'une ambassade à la cour de Siam[2].

La réforme du calendrier, un document officiel qui garantit aux souverains mandchous la légitimité accordée en Chine à une dynastie investie d'un mandat céleste[3], est difficile à faire accepter, mais Verbiest réagit : « il n’est pas en mon pouvoir de convaincre le ciel à se plier à votre calendrier ». Le prêtre devient ainsi l'ami de l’empereur auquel il apprend la géométrie et pour lequel il traduit Euclide en mandchou. Il équipe d’instruments modernes l’observatoire de Pékin, ce qui lui permet d'établir une charte des éclipses solaires et lunaires[4].

Esprit ouvert et génial, Verbiest expérimente en mécanique et étudie également l'utilisation de la vapeur. Il semble bien que, longtemps avant Joseph Cugnot, il imagine le premier véhicule propulsé à la vapeur. Son invention est décrite dans l’ouvrage rare Astronomia Europa de 1687, après une première évocation dans un livre chinois de vingt années antérieur[5]. Pour l'empereur, Verbiest conçoit des canons légers destinés aux champs de bataille.

Avec l’aide de lettrés de ce même pays, il écrit un grand nombre d’ouvrages scientifiques et dessine des cartes géographiques de l’empire du Milieu. Fidèle à sa vocation de missionnaire et désireux de faire connaître le Christ, il écrit également (en chinois) des ouvrages religieux dont l’un, Explication ordonnée des rudiments de la foi, est réimprimé en 1935. Sa personnalité comme sa compétence acquiert à la foi chrétienne des membres de la famille impériale, comme des lettrés et hommes de science.

À la suite d'une chute de cheval, Ferdinand Verbiest décède le à Pékin[1]. Il reçoit à Pékin des funérailles d'état et est enterré au cimetière Zhalan de Pékin dans un somptueux mausolée que l'empereur a payé de sa propre cassette[1].

Hommages

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Monument de Verbiest dans son village natal.

Son nom se trouve sur une liste de cent huit héros nationaux d’un livre populaire chinois. Enterré près de ses prédécesseurs, Matteo Ricci et Adam Schall, Ferdinand Verbiest est toujours vénéré.

En 2013, sa statue en costume de mandarin en bronze, oeuvre de Jacques de Lalaing, est inaugurée sur la place de Pittem. Au centre du visiteur Ferdinand Verbiest sur la place de Pittem, une reconstitution à taille réelle de sa machine à vapeur créée par Ferdinand Verbiest a été disposée[1].

Dans l'ancien observatoire de Pékin à Jianguomen, on peut encore admirer les bronzes des six instruments mis au point par Jacques Verbiest : un globe terrestre, un sextant et un quadrant, un théodolite azimutal, et deux sphères armillaires. On y trouve également un buste de Ferdinand Verbiest en habits de mandarin civil du premier ordre[6].

En , a lieu au cimetière Zhalan de Pékin une cérémonie de commémoration pour les 400 ans de la naissance de Ferdinand Verbiest en présence du gouverneur et d'une délégation de Flandre occidentale.

Il y a des rues Ferdinand Verbiest à Pittem, Anvers, Edegem et Lokeren et une école primaire Ferdinand Verbiest à Meulebeke.

L'astéroïde (2545) Verbiest a reçu ce nom en sa mémoire.

Œuvres principales

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Kunyu tushuo (Pékin, 1672) Biblioteca Marciana.

(en chinois)

  • Yixiang zhi, 1673 (sur les instruments et appareils astronomiques)
  • Kangxi yongnian lifa, 1678 (sur le calendrier de l'empereur Kangxi)
  • Jiaoyao xulun (explication des rudiments de la foi)

(en latin)

  • Astronomia Europaea, 1687

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 « Ferdinand Verbiest », sur Pittem.be (consulté le )
  2. Pierre-Jacques Charliat, Le temps des grands voiliers, tome III de Histoire Universelle des Explorations publiée sous la direction de L.-H. Parias, Paris, Nouvelle Librairie de France, 1957, p. 75
  3. Catherine Jami, Le jésuite Ferdinand Verbiest au Bureau de l'astronomie, Paris, Editions du Seuil, , 515 p. (ISBN 978-2-02-140625-2), p. 271 du livre "L'exploration du monde: une autre histoire des grandes découvertes"
  4. Philippe Thiébault, La Pensée coréenne, Aux sources de l'Esprit-Coeur, Gémenos (13), éditions Autres Temps, , 400 p. (ISBN 978-2-84521-255-8), p. 233
  5. Revue des deux mondes, 1924, p.554, article 'L'automobile et son évolution' de Charles Nordmann.
  6. Rémi Anicotte, « Pékin: Les bronzes de l’Ancien observatoire », sur Pékin explorateurs, (consulté le )

Voir aussi

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Bibliographie

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  • (nl) R.-A. Blondeau : Mandariin en astronoom aan het hof van de Chinese Keizer, Bruges, 1970.
  • (en) N. Golvers (ed): The Astronomia Europaea of F. Verbiest, S.J. (Dillingen, 1687): Text, Translation, Notes and Commentaries (DILLINGEN, 1687), Nettetal (Steyler Verlag), 1993.
  • (en) N. Golvers (ed): The Christian Mission in China in the Verbiest era, Louvain, 1999.
  • Catherine Jami, « 1669 An 8 de l'ère Kangxi : le jésuite Ferdinand Verbiest au Bureau de l'astronomie », dans Romain Bertrand (dir.), L'exploration du monde : Une autre histoire des Grandes Découvertes, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Points » (no H617), , 2e éd. (1re éd. 2019), 536 p. (ISBN 978-2-7578-9776-8, lire en ligne), p. 276-280.
  • (en) Stefano Salvia, « The Battle of the Astronomers: Johann Adam Schall von Bell and Ferdinand Verbiest at the Court of the Celestial Emperors (1660–1670) », Physics in Perspective (en), vol. 22, , p. 81-109 (DOI 10.1007/s00016-020-00254-0)
  • (en) J. W. Witek (ed): F.Verbiest, Jesuit Missionary, Scientist, Engineer and Diplomat, Nettetal, 1994.

Articles connexes

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Liens externes

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