La Fondation du doute
La Fondation du doute est un musée et centre d'art contemporain situé à Blois. Projet initié par l'artiste Ben et porté par la ville de Blois, la Fondation est consacrée principalement au mouvement Fluxus.
| Site web |
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| Commune |
Blois |
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| Adresse |
14 rue de la Paix |
| Coordonnées |
Présentation
modifierSur près de 1 500 m2, plus de 400 œuvres et documents d'une quarantaine d'artistes internationaux sont rassemblées par Ben, Gino Di Maggio, avec la collaboration de la Fondation Mudima de Milan et de Caterina Gualco. Ce site se veut à la fois un lieu vivant, un réservoir d’idées avec le Centre Mondial du Questionnement, un espace d’expression, d’interrogation sur l’art, ses limites ou ses frontières[1]. La Fondation du doute est ouverte à toutes les formes et à tous les possibles pourvu qu’ils soient surprenants, amusants ou correspondent simplement à ce que dit Robert Filliou : « l'art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art ». La vocation de la Fondation du doute est d’accueillir artistes, théoriciens, chercheurs, de créer une résidence vivante où les publics se rencontrent.
Comme pour Fluxus, dont l’esprit occupe, par les œuvres présentées, les espaces physiques (œuvres et documents), la Fondation du doute cherche à promouvoir la « concomitance », l’importance de la non-importance, les détails de la vie, le tout possible, l’idée, l’humour, l’« event », la théorie, le manifeste, l’action, et, comme l’imagine Ben, un « Art Total ». La mécanique du doute pèse le pour et le contre, capte toutes les voix, enregistre et transmet, mélange et malaxe, mesure les limites de l’art, s’interroge et interroge les frontières.
La Fondation du doute se veut un lieu d’apprentissage. Implantée au sein d’un pôle d’enseignement artistique (École d'art, Conservatoire de musique et théâtre), elle veut ouvrir de nouvelles perspectives de recherches, une pédagogie de l’écoute, de l’échange, de l’action.
L'exposition permanente : Fluxus
modifierFluxus
modifierInitié au début des années 1960 aux États-Unis puis en Europe par George Maciunas, Fluxus réunit un ensemble d’artistes internationaux·les autour d’une pratique à la fois iconoclaste et ludique de « non-art » : dans le sillage d’avant-gardes comme le futurisme et Dada, mais aussi de figures comme Marcel Duchamp ou John Cage, ils·elles rejettent les institutions, l’art mort ou encore la notion-même d’œuvre d’art, et entendent révolutionner voire « purger le monde de la culture “intellectuelle”, professionnelle et commercialisée » (G. Maciunas, Manifesto, 1963). Durant près de vingt ans, ces artistes travailleront, souvent avec un certain sens de l’humour et de la provocation, à abolir toute frontière entre l’art et la vie.
Renouvelé en 2022, le parcours permanent se déploie sur près de 1000 m2 en 11 chapitres thématiques pour mieux comprendre le mouvement Fluxus. Trois personnalités sont depuis 2013 les généreux·ses dépositaires auprès de la Fondation du doute, permettant de présenter un ensemble exceptionnel de 435 œuvres et documents de plus de 40 artistes issus des collections personnelles de Ben Vautier, Gino Di Maggio avec la collaboration de la Fondation Mudima, ainsi que Caterina Gualco.
La collection s’enrichit également régulièrement d’œuvres et de documents prêtés temporairement par des artistes et des institutions (Centre des livres d’artistes, Centre Pompidou...) à travers le programme Interludes.
Les artistes présenté·es
modifier- Marcel Alocco
- Eric Andersen
- Ay-O
- Joseph Beuys
- George Brecht
- John Cage
- Giuseppe Chiari
- Philip Corner
- Charles Dreyfus
- Jean Dupuy
- Esther Ferrer
- Nye Ffarrabas (anciennement Bici Forbes et Bici Forbes Hendricks)
- Robert Filliou
- Henry Flynt
- Ken Friedman
- Al Hansen
- Geoffrey Hendricks
- Dick Higgins
- Ray Johnson
- Joe Jones
- Allan Kaprow
- Milan Knížák
- Alison Knowles
- Arthur Köpcke
- Takehisa Kosugi
- La Monte Young
- Jean-Jacques Lebel
- Jackson Mac Low
- George Maciunas
- Larry Miller
- Peter Moore
- Yoko Ono
- Robin Page
- Nam June Paik
- Ben Patterson
- Takako Saito
- Tomas Schmit
- Serge III
- Mieko Shiomi
- Daniel Spoerri
- Jiří Valoch
- Ben Vautier
- Wolf Vostell
- Robert Watts
- Emmett Williams
- ZAJ (Ramón Barce, Juan Hidalgo, Walter Marchetti, Esther Ferrer)
La programmation temporaire
modifierLa Fondation du doute propose régulièrement des expositions consacrées à un·e ou plusieurs artistes contemporain·es dont le travail interpelle et questionne les mécanismes de la Culture et du quotidien, tout autant que les limites de l’art.
Elle organise aussi, tout au long de l’année, de nombreux événements pluridisciplinaires (performances, rencontres, concerts, discussions) où dialoguent arts, cultures et sociétés.
Les lieux
modifierDu couvent des Minimes à la Fondation du doute
modifierLa Fondation du doute est installée sur le site dit "Franciade", aux côtés du Conservatoire et de l’École d’art de Blois/Agglopolys, à l'emplacement de l'ancien couvent des Minimes, dont la première pierre fut posée sur le site dit de la closerie de Chambourdin par Catherine de Medicis en 1619, cinq ans après l'arrivée de l'ordre religieux à Blois. En 1790, le couvent est fermé, démantelé et vendu en trois lots entre lesquels sont percées les rues de la Paix et rue Franciade, avec destruction de l'église. Au début du 19e siècle, après vingt ans de déshérence, le site est donné à l'hôtel-Dieu puis revendu à l'abbé Pointeau qui y crée le Petit Séminaire de Saint-François de Salle. Ouvert en 1818, il connait d'importants lancés en 1844 selon les plans de l'architecte de la ville, Alexandre Pinault. En 1905, les bâtiments reviennent à la Ville de Blois qui y installe l'école primaire supérieure de jeunes filles avec création d'un internat sur les deux plateaux accueillant aujourd'hui les collections de la Fondation du doute. A l'issue de la seconde guerre mondiale, l'école devient le collège moderne de filles puis, de 1961 à 1974, l'annexe du lycée Dessaignes. Dès 1975, la Ville de Blois y installe l'école de musique ainsi que l'école d'art. Cet établissement trouve ses origines dans l'école d'art décoratif du Blésois, fondée en 1940 par les artistes James Malfray et Emile Tourneur afin de parfaire la formation des jeunes "ouvriers" diplômés mais également de permettre à l'ensemble de la population blésoise de bénéficier d'une éducation artistique et culturelle. D'abord logée au château, elle déménage ensuite au sein des locaux de l'actuelle mairie avant de rejoindre le site Franciade[3].
En 1990, le projet de l’école Municipale des Beaux-arts et des Arts Décoratifs alors en déshérence connaît une réorientation définie, sous la houlette de Pierre-Jean Galdin par trois axes prioritaires : initiation artistique en faveur des jeunes, création d’une classe préparatoire aux écoles Nationales ou Régionales d’art et, enfin, diffusion de l’art contemporain grâce à la création d'un espace dédié. Ce projet de diffusion se concrétise dès 1991 avec l’aménagement au sein du site Franciade d’un lieu d’exposition investi par l’association Zarbo, par ailleurs initiatrice de la « première revue d’art pour les jeunes ». Cette « orientation » vers la création contemporaine est signifiée en 1995 par une commande publique associant le ministère de la culture et la Ville de Blois, et réalisée sur l’une des façade du site : le Mur des mots, réunissant 313 plaquées émaillées reproduisant autant de tableaux-écritures de l’artiste Ben Vautier. En 1996, la mission de diffusion est confiée à une nouvelle association afin de mettre en œuvre et exploiter ce qui s'appellera le Musée de l’Objet, dont la particularité est de présenter une collection issue de la mise en dépôt d’une collection particulière auprès de la Ville de Blois. Le musée de l'Objet déploie son projet dans un ensemble bâtimentaire comprenant une partie de l’aile Est, déjà investie pour les expositions portée par l'association Zarbo et réhabilité pour l'occasion, ainsi que d'un nouveau bâtiment dans la cour intérieure, appelé depuis lors le "pavillon" (1996) pour accueillir les expositions temporaires. La réhabilitation des étages et la conception de ce nouvel espace sont confiés à l’architecte François Bouvard[4]. Durant 15 ans, près de 120 œuvres prêtées par Eric Fabre sont présentées dans la partie historique, afin notamment de servir de support à l’enseignement des élèves de l'école d'art. Ce parcours "permanent" s’accompagne par ailleurs de nombreuses expositions temporaires, qui contribuent à asseoir la notoriété et la réputation du Musée de l’Objet au sein des réseaux culturels et artistiques français.
A l’issue du dépôt de la collection Fabre, la Ville de Blois propose à Ben Vautier d’imaginer un projet sur les 1200 m² occupés jusqu’alors par le Musée de l’Objet, et que l'artiste suggère d'appeler "La Fondation du doute", en écho à l'un des noms dont il baptisa sa propre maison, sur les hauteurs de Nice.
La Cour du doute
modifierL'accès à la Fondation du doute s'effectue par la Cour du doute, côté rue de la Paix. Le visiteur est accueilli par le monumental Mur des mots, commande publique réalisée par Ben en 1995 de près de 300 tableaux écritures, accrochés sur toute la façade. La Cour du doute est également le théâtre d'événements en été (concerts, performances[5], etc.). C’est en traversant le Mur des mots que l’on accède à la Fondation du doute.
Café Le Fluxus
modifierL’entrée proprement dite de la Fondation se fait par ce lieu singulier installé en rez-de-chaussée. Entièrement aménagé par Ben et conçu comme une œuvre, le Café Le Fluxus est, bien entendu, habité de l’esprit Fluxus. C’est le lieu de restauration et de convivialité de la Fondation mais aussi un espace de programmation artistique. Un bar, des tables-expositions, des canapés, des bibliothèques de livres, une scène, sont libres d’accès et précèdent la montée aux étages et à la collection permanente.
Le Pavillon
modifierUn pavillon d'exposition, installé au cœur du cloître du XIXe siècle et entièrement vitré, est dédié à une programmation d’événements, d’expositions, de conférences ou de concerts, de projections vidéos... Cet espace de 210m² modulables est en connexion directe avec les espaces de la Fondation du doute et les collections.
Liens externes
modifierRéférences
modifier- ↑
- ↑ fondation du doute, « site web de la Fondation du Doute », sur fondationdudoute (consulté le )
- ↑ « Du couvent des Minimes à la Fondation du doute - Archives de la Ville de Blois, d'Agglopolys et du CIAS », sur archives.blois.fr (consulté le )
- ↑ « Pavillon d'exposition de la fondation du doute », sur L'Observatoire CAUE (consulté le )
- ↑ (en) « Piano Activities Togetherness » [vidéo], sur Vimeo (consulté le ).

