Frank Castorf
Frank Castorf, né le à Berlin, est un metteur en scène et directeur de théâtre allemand. Il a dirigé la Volksbühne de Berlin de 1992 à 2017. Ses spectacles sont régulièrement joués en France, notamment à Paris au Théâtre national de Chaillot et au Théâtre de l'Odéon, à la MC93 à Bobigny, ainsi qu'au festival d'Avignon.
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Metteur en scène, acteur, Theaterintendant, réalisateur, directeur de théâtre, scénariste, dramaturge |
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Biographie
modifierFrank Castorf, né en 1951 à Berlin, alors en Allemagne de l'Est, est le fils d'un quincailler. Il termine ses études secondaires en 1969-1970 et suit d'abord une formation de la Deutsche Reichsbahn pour devenir cheminot[1]. Après avoir effectué son service militaire dans la Nationale Volksarmee (NVA), il suit des cours d'études théâtrales de 1971 à 1976 à l'université Humboldt de Berlin[1], où il a comme professeurs Ernst Schumacher, Rudolf Münz et Joachim Fiebach. Sa thèse de doctorat sur Ionesco : Grundlinien der 'Entwicklung' der weltanschaulich-ideologischen und künstlerisch-ästhetischen Positionen Ionescos zur Wirklichkeit, reçoit la mention très bien.
De 1976 à 1979, il est dramaturge au Theater der Bergarbeiter (de) [Théâtre des Mineurs] de Senftenberg dans le Brandebourg ; à la suite d'un blâme, il est envoyé de 1979 à 1981 au Brandenburger Theater (de) de la ville de Brandebourg. De 1981 à 1985, il est nommé directeur artistique (en allemand : Intendant) au Theater Anklam (de) à Anklam en Poméranie occidentale ; en 1984, sous la pression du SED local (le parti communiste de la RDA), sa mise en scène des Tambours dans la nuit (Trommeln in der Nacht) de Bertolt Brecht est retirée de l'affiche. Après sa mise en scène d'Une maison de poupée d'Ibsen en 1985, une procédure disciplinaire à son rencontre se solde par un licenciement sans préavis et la fin de son contrat[1],[2].
Par la suite, Castorf travaille pour le Schauspielhaus (de) de Karl-Marx-Stadt (aujourd'hui Chemnitz), où sa mise en scène d'Un ennemi du peuple de Henrik Ibsen lui vaut d’être invité au Festival de théâtre de la RDA[1], le Neues Theater de Halle, la Volksbühne et le Deutsches Theater à Berlin.
Avant même la chute du mur de Berlin en , Castorf a l'occasion de mettre en scène des pièces dans des théâtres ouest-allemand, notamment Miss Sara Sampson (de) de Lessing au Prinzregententheater de Munich et Hamlet de Shakespeare au Schauspiel de Cologne[3].
Après la réunification allemande actée en 1990, ses mises en scène sont jouées dans toute l'Allemagne, notamment au Prinzregententheater et au Residenztheater de Munich ainsi qu'au Schauspielhaus de Hambourg. En 1991, sa mise en scène à Bâle de Guillaume Tell de Friedrich Schiller, à l'occasion du 700e anniversaire du pacte fondateur de la Suisse, suscite la polémique : Castorf y remet en cause l'image que la Suisse se fait d'elle-même et établit des parallèles entre la Suisse et la RDA[1],[4].
En 1992, Frank Castorf est nommé directeur artistique (en allemand : Intendant) de la Volksbühne am Rosa-Luxemburg-Platz à Berlin et la dirige jusqu'en 2017[5],[6],[7],[8],[9],[10].
Dès sa prise de fonction, Castorf fait poser un énorme néon bleu avec OST (Est) au-dessus de la façade du théâtre, et installe devant le théâtre une imposante sculpture de Bert Neumann (de) qui servira de logo et d’emblème à la Volksbühne, Das Räuberrad : La roue des brigands, une façon d'affirmer qu'il ne rentrait pas dans le discours dominant sur la réunification allemande face aux volontés d’absorption de l’Est par l’Ouest[11] et que la Volksbûhne retrouvait sa fonction de scène politique[12],[13],[14].
En 2004, parallèlement à ses fonctions de directeur artistique de la Volksbühne, Castorf est nommé directeur artistique du festival de théâtre Ruhrfestspiele (de) à Recklinghausen dans la Ruhr et y met en scène Gier nach Gold d'après le roman McTeague de l'écrivain américain Frank Norris. En raison d'une chute considérable de la fréquentation, son contrat ne dure qu'une saison[15].
En 2013, pour le bicentenaire de la naissance du compositeur, il met en scène la Tétralogie de Richard Wagner au Festival de Bayreuth, dirigée par Kirill Petrenko ; sa mise en scène est accueillie par une huée de sifflets[16],[17] ; sa mise en scène est reprise l'année suivante et est cette fois bien accueillie[18] ; un ouvrage lui est consacré[19],[20].
En 2017, alors que Frank Castorf va quitter la Volksbühne de Berlin, remplacé par l'historien de l'art Chris Dercon, non spécialiste de théâtre, son spectacle Die Kabale der Scheinheiligen. Das Leben des Herrn de Molière [La Cabale des hypocrites. La vie de monsieur de Molière] qui est présenté en juillet au Festival d'Avignon est bien accueilli et, à travers la figure de Molière, il est vu par la critique comme une métaphore de la situation de l’artiste face au pouvoir et aux lois du marché[21],[22],[14].
En 2019 le spectacle Bajazet En considérant Le Théâtre et la Peste créé au Théâtre de Vidy à Lausanne, puis présenté en tournée en France, où Castorf entremêle Racine, Artaud et Dostoïevski, est particulièrement bien accueilli[23],[24],[25],[26].
Frank Castorf vit avec l'actrice française Jeanne Balibar qui a joué dans plusieurs de ses spectacles[27].
Mises en scène
modifierSauf mention contraire, chaque texte joué est adapté par Frank Castorf.
- 1978 :
- Oh d'après Bertolt Brecht, Theater der Bergarbeiter (de) [Théâtre des Mineurs], Senftenberg.
- Golden fließt der Stahl, pièce de Karl Grünberg, Brandenburger Theater (de), Brandebourg.
- 1980 : Die Forschungsreise des Professors Taratoga, adapté des ouvrages de science-fiction de Stanisław Lem, Brandenburger Theater, Brandebourg.
- 1982 : La bataille (de) de Heiner Müller, Theater Anklam (de), Anklam.
- 1983 : La Mission (Der Auftrag) de Heiner Müller, Theater Anklam, Anklam.
- 1984 : Trommeln in der Nacht de Bertolt Brecht, Theater Anklam, Anklam.
- 1985 : Une maison de poupée de Henrik Ibsen, Theater Anklam, Anklam.
- 1986 :
- Clavigo, pièce de Goethe, théâtre de Gera.
- La Maison de Bernarda Alba, drame de Federico García Lorca, Neues Theater (de), Halle-sur-Saale.
- 1988 :
- Un ennemi du peuple (allemand : Ein Volksfeind) de Henrik Ibsen, théâtre de Karl-Marx-Stadt.
- Das trunkene Schiff, pièce de Paul Zech d'après le poème Le Bateau ivre d'Arthur Rimbaud, Volksbühne Berlin.
- 1989 :
- Hamlet de William Shakespeare, Schauspiel, Cologne.
- Ajax, tragédie de Sophocle, Theater Basel, Bâle (Suisse)[28].
- Miss Sara Sampson (de), drame bourgeois de Gotthold Ephraim Lessing, Prinzregententheater, Munich.
- 1990 :
- Die Räuber de Friedrich Schiller, avec Henry Hübchen (Franz von Moor), Volksbühne Berlin.
- Stella (de), tragédie de Goethe, Deutsches Schauspielhaus, Hambourg.
- John Gabriel Borkman, pièce d'Henrik Ibsen, Deutsches Theater, Berlin.
- 1991 : Wilhelm Tell de Friedrich Schiller, musique de Christoph Marthaler, Theater Basel, Bâle[29].
- 1992 : Hermes in der Stadt, pièce de Lothar Trolle, Deutsches Theater, Berlin[30].
- 1993 : Alkestis d'après Euripide, Volksbühne Berlin.
- 1994 - 1996 : Pension Schöller - Die Schlacht, d'après Pension Schöller (de), comédie de Carl Laufs (de) et Wilhelm Jacoby, et Die Schlacht (de) de Heiner Müller, avec Kathrin Angerer, Hendrik Arnst (de), Henry Hübchen (oncle Philipp), Sophie Rois, Volksbühne Berlin, puis Le Maillon, Strasbourg[31].
- 1995 :
- Die Stadt der Frauen, d'après La Cité des femmes de Federico Fellini, Volksbühne Berlin.
- Raststätte oder sie machens alle d'Elfriede Jelinek, Volksbühne Berlin[32].
- Hochzeitsreise, pièce du dramaturge russe Vladimir Sorokine, avec Jeanette Spassova (en), Volksbühne Berlin.
- 1996 : Le Marquis de Sade, pièce de Charles Méré, avec Anne Tismer (Delphine), Schauspielhaus Bochum.
- 1996 - 1998 : Le Général du diable (de), drame de Carl Zuckmayer (allemand : Des Teufels General), Volksbühne, Berlin, avec Corinna Harfouch, distinguée par le prix Gertrud-Eysoldt-Ring pour son rôle de Harras, Jeanette Spassova (en) ; puis Théâtre national de Strasbourg (spectacle en allemand surtitré en français)[33].
- 1998 :
- Schmutzige Hände d'après la pièce Les Mains sales de Jean-Paul Sartre, Volksbühne Berlin, puis Théâtre national de Chaillot à Paris en 2002.
- Terrordrom d'après le roman de Tim Staffell, musique de Steve Binetti, Volksbühne Berlin.
- 1999 : Die Tochter der Luft. Nach Calderón de Hans Magnus Enzensberger, Burgtheater, Vienne (Autriche).
- 1999 - 2001 : Dämonen, dans l'adaptation théâtrale d'Albert Camus du roman Les Démons de Fiodor Dostoïevski, avec Martin Wuttke (Stavroguine), Kathrin Angerer, Festival de Vienne (Wiener Festwochen) à Vienne en Autriche ; puis Volksbühne Berlin[34] et Théâtre national de Chaillot, Paris[35].
- 2000 : Elementarteilchen, d'après le roman Les Particules élémentaires de Michel Houellebecq, Volksbühne Berlin.
- 2000 - 2007 : Endstation Amerika, adaptation de la pièce de Tennessee Williams Un tramway nommé Désir, Festival de Salzbourg, puis Volksbühne Berlin, Festival d'Helsinki, MC93 à Bobigny, Théâtre national de Strasbourg (TNS) et Théâtre national de Bretagne (TNB) à Rennes[36],[37].
- 2001 : Berlin Alexanderplatz d'après le roman d'Alfred Döblin,Schauspielhaus (Schiffbauhalle), Zurich[38].
- 2001 - 2002 : Erniedrigte und beleidigte d'après le roman Humiliés et Offensés de Fiodor Dostoïevski Festival de Vienne (Wiener Festwochen) à Vienne en Autriche ; puis Volksbühne Berlin et Théâtre national de Chaillot, Paris (spectacle interprété en allemand avec un surtitrage en français), avec Jeanette Spassova (en)[39],[40].
- 2002 : Der Idiot, d'après le roman L'Idiot de Fiodor Dostoïevski, avec Martin Wuttke (le prince Mychkine), Bernhard Schütz (Rogojine) et Jeanette Spassova (en), Volksbühne Berlin[41].
- 2002 - 2005 : Die Meister und Margarita, d'après le roman de Mikhaïl Boulgakov Le Maître et Marguerite, Festival de Vienne (Wiener Festwochen) à Vienne en Autriche ; puis Volksbühne Berlin, MC93 à Bobigny[13], et MC2 à Grenoble[42].
- 2003 : Trauer muss Elektra tragen, d'Eugene O'Neill, avec Bibiana Beglau (Lavinia), Schauspielhaus, Zürich.
- 2003 - 2004 : Forever young d'après la pièce Sweet Bird of Youth [Doux oiseau de jeunesse] de Tennessee Williams, avec Martin Wuttke et Kathrin Angerer, Festival de Vienne (Wiener Festwochen) à Vienne en Autriche ; puis Volksbühne Berlin et festival Le Standard Idéal à la MC93, Bobigny[43],[44].
- 2004 :
- Gier nach Gold, adaptation de McTeague. A story of San Francisco du romancier américain Frank Norris, avec Samuel Finzi (Zerkov), Volksbühne Berlin.
- Cocaïne d'après le roman Cocaina [Cocaïne] de l'écrivain italien Pitigrilli, avec Jeanette Spassova (en), Volksbühne Berlin, puis Festival d'Avignon, Parc des expositions, Châteaublanc[45].
- 2004 - 2005 :
- Meine Schneekönigin d'après le conte La Reine des neiges de Hans Christian Andersen, avec Jeanette Spassova (en), Volksbühne Berlin, puis festival Le Standard Idéal à la MC93, Bobigny (interprété en allemand avec un sur-titrage en français)[46],[47].
- Berlin Alexanderplatz, d'après Alfred Döblin, Volksbühne Berlin.
- Schul und Sühne, d'après Crime et Châtiment de Fiodor Dostoïevski, avec Jeanette Spassova (en), Volksbühne Berlin.
- 2006 - 2007 : Die Meistersinger von Nürnberg, opéra de Richard Wagner, scénographie et costumes de Jonathan Meese, avec Sophie Rois (Eva), Christoph Homberger (de) (Walther von Stolzing), Max Hopp (de) (Sixtus Beckmesser), Bernhard Schütz (de) (Hans Sachs), Volksbühne Berlin puis Théâtre national de Chaillot, Paris[48], Grand Théâtre de Luxembourg et Kongelige Teater, Copenhague[49].
- 2007 : Nord d'après le roman de L.F. Céline Volksbühne Berlin, puis Festival d'Avignon, cour du lycée Saint-Joseph, avec Matthias Schweighöfer[50] et Teatre Lliure, Salle Fabià Puigserver au Teatre Lliure, Barcelone[51].
- 2008 - 2010 : Kean ou Désordre et Génie, d'après les pièces Kean d'Alexandre Dumas et Hamlet-machine de Heiner Müller, Volksbühne Berlin avec Alexander Scheer (rôle d'Edmund Kean), puis Odéon-Théâtre de l'Europe, Paris, en 2010[52],[53],[11].
- 2009 : Medea, d'après Sénèque, Volksbühne Berlin.
- 2009 - 2010 : Nach Moskau ! Nach Moskau!, d'après la pièce Les Trois Sœurs et la nouvelle Les Moujiks d'Anton Tchekhov, Volksbühne Berlin, puis Festival international du théâtre Tchekhov à Moscou[54], puis Théâtre Nanterre-Amandiers[55],[56].
- 2010 : Der Hofmeister, tragi-comédie de Jakob Michael Reinhold Lenz, Schauspielhaus (Schiffbau), Zurich.
- 2011 :
- Kasimir und Karoline, pièce d'Ödön von Horváth, avec Bibiana Beglau (rôles d'Erna, Rosa et Schürzinger), Residenztheater, Munich.
- Der Spieler, d'après le roman Le Joueur de Fiodor Dostoïevski, Volksbühne Berlin.
- Die schwarze Spinne [l'Araignée noire] d'après la nouvelle de Jeremias Gotthelf et Pilatus' Traum [Le Rêve de Pilate] d'après le roman Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov, Schauspielhaus, Pfauen, Zürich[57],[58].
- 2012 :
- La Dame aux camélias, d'après le roman d'Alexandre Dumas fils, La Mission de Heiner Müller et Histoire de l'œil de Georges Bataille, avec Jeanne Balibar, Vladislav Galard, Jean-François Perrier, Claire Sermonne, Odéon Théâtre de l'Europe, Paris[59],[60],[61],[62],[63], puis Théâtre national Wallonie-Bruxelles.
- Die Wirtin, d'après La Logeuse de Fiodor Dostoïevski Volksbühne Berlin.
- Der Geizige d'après l'Avare de Molière, Volksbühne Berlin
- 2013 :
- Reise ans Ende der Nacht, adaptation de Voyage au bout de la nuit de Céline, avec Bibiana Beglau (Bardamu), Residenztheater, Munich.
- La Tétralogie de Richard Wagner, Festival de Bayreuth.
- La Cousine Bette d'après Honoré de Balzac, Volksbühne Berlin.
- 2014 : Kaputt d'après le roman autobiographique de Curzio Malaparte sur son expérience de correspondant de guerre sur le front de l'Est lors de la Seconde Guerre mondiale, avec Jeanne Balibar (Curzio Malaparte), Georg Friedrich (colonel Jack Hamilton), Patrick Güldenberg (de) (Hans Frank), Britta Hammelstein (de) (Brigitte Frank), Horst Günter Marx (de) (comte Augustin de Foxa), Mex Schlüpfer (de) (Franco Vegliani), Axel Wandtke (de) (Kaarlo Hillilä), Volksbühne Berlin[64].
- 2015 :
- Tschewengur d'après le roman Tchevengour de l'auteur russe Andreï Platonov sur l'utopie de la construction du socialisme, Württembergische Staatstheater (de), Stuttgart[65].
- Baal de Bertolt Brecht, Residenztheater, Munich.
- 2015 - 2016 : Die Brüder Karamasow d'après le roman de Fiodor Dostoïevski, avec Hendrik Arnst (de), Jeanne Balibar, Marc Hosemann (de), Alexander Scheer, Daniel Zillmann (de), Sophie Rois, Kathrin Angerer, Lilith Stangenberg, Patrick Güldenberg (de), Frank Büttner (de), Festival de Vienne (Wiener Festwochen) à Vienne en Autriche ; MC93 Bobigny avec accueil à la Friche industrielle Babcock de la La Courneuve dans le cadre du Festival d'automne à Paris (en allemand surtitré en français)[66],[67].
- 2016 : Die Abenteuer des guten Soldaten Švejk im Weltkrieg, d'après le roman Les Aventures du brave soldat Švejk de Jaroslav Hašek, Bayerisches Staatsschauspiel, Munich[68].
- 2017 :
- Faust, d'après Goethe, Émile Zola et Paul Celan,Volksbühne Berlin.
- Die Kabale der Scheinheiligen. Das Leben des Herrn de Molière [La Cabale des hypocrites. La vie de monsieur de Molière], d'après Le Roman de monsieur de Molière de Mikhaïl Boulgakov Volksbühne Berlin, puis Festival d'Avignon, Parc des expositions Châteaublanc, avec Jeanne Balibar (Madeleine Béjart), Sophie Rois (Mikhaïl Boulgakov), Alexander Scheer (Molière), Georg Friedrich (Louis XIV)[21],[69],[14],[22].
- 2018 :
- Ein grüner Junge d'après le roman L'Adolescent de Fiodor Dostoïevski, avec Tiphaine Raffier, Schauspiel Köln[70].
- Der haarige Affe d'après la pièce The Hairy Ape [Le singe velu] (en) d'Eugene O'Neill, Deutsches Schauspielhaus, Hambourg.
- De la maison des morts, opéra de Leoš Janáček, Bayerische Staatsoper dans le cadre du festival d'opéra de Munich[71].
- 2019 :
- Dom Juan de Molière, Residenztheater, Munich, puis Théâtre Jean-Claude Carrière, dans le cadre du Festival Printemps des comédiens, Montpellier[72].
- Justiz d'après le roman policier Justiz (de) de Friedrich Dürrenmatt, avec Jan Bülow, Schauspielhaus, Am Pfauen, Zurich[73].
- La Vie de Galilée (allemand : Leben des Galilei) de Bertolt Brecht, avec Jürgen Holtz (rôle-titre), Berliner Ensemble[74].
- 2019 - 2022 : Bajazet En considérant Le Théâtre et la Peste d'après Racine, Artaud et Dostoïevski, avec Jeanne Balibar, Jean-Damien Barbin, Claire Sermonne, Adama Diop, Mounir Margoum, Théâtre de Vidy, Lausanne, puis tournée en France avec des annulations en raison de la pandémie de Covid-19[75],[23],[24],[25],[26].
- 2020 : Die Vögel, opéra de Walter Braunfels d'après la comédie d'Aristophane Les Oiseaux, Bayerische Staatsoper, Munich ; l'opéra est créé sans spectateurs en plein confinement de la population du fait de la pandémie de Covid-19 ; des retransmissions sont organisées.
- 2021 :
- Der Geheimagent d'après le roman L'Agent secret (anglais : The Secret Agent) de Joseph Conrad, avec Charly Hübner, Deutsches Schauspielhaus, Hambourg.
- Fabian oder der Gang vor die Hunde d'après le roman d'Erich Kästner, Berliner Ensemble[76].
- 2022 :
- Molière. Ich bin ein Dämon, avec Jeanne Balibar, Schauspiel, Cologne.
- Zdeněk Adamec, pièce de Peter Handke, avec Marie-Luise Stockinger, Burgtheater, Vienne (Autriche).
- Schwarzes Meer d'Irina Kastrinidis, Landestheater Niederösterreich, Sankt Pölten (Autriche)[77].
- 2024 :
- Place des héros (allemand : Heldenplatz) de Thomas Bernhard, Burgtheater, Vienne (Autriche)[78],[79].
- Kleiner Mann, was nun? d'après le roman homonyme de Hans Fallada, Berliner Ensemble, Berlin[80].
- 2025 :
- Hamlet de William Shakespeare, traduction de Heiner Müller, avec des élements de Hamlet-machine de Müller, Deutsches Schauspielhaus, Hambourg[81],[82].
- La Mort de Danton de Georg Büchner en lien avec La Mission de Heiner Müller, Staatsschauspiel, Dresde[83].
Prix et distinctions
modifierEn 1994, Frank Castorf reçoit le prix Fritz-Kortner décerné par le magazine Theater heute et est élu membre de l'Académie des arts de Berlin[84]. En 2000 il est récompensé avec le comédien Henry Hübchen par le Prix du théâtre de Berlin décerné par la Fondation Preußische Seehandlung, ainsi que par une nomination au Nestroy-Theaterpreis. Il reçoit en 2002 le prix Schiller de la ville de Mannheim et en 2003 le prix de l'Institut international du théâtre (Preis des Internationalen Theaterinstituts) et le prix Friedrich-Luft décerné par le journal berlinois Berliner Morgenpost. La revue de théâtre Theater Heute élit Castorf metteur en scène de l'année en 2002 et 2003. En 2014, le journal berlinois B.Z. lui décerne son Berliner Bär.
En 2016, il reçoit le Prix Nestroy de Théâtre pour l'ensemble de son œuvre.
Expositions
modifierNotes et références
modifier- 1 2 3 4 5 (de) « Frank Castorf », sur Munzinger-Archiv.
- ↑ Jürgen Balitzki 1995, p. 227.
- ↑ (de) Andreas Rossmann, « Im Bannkreis des Schwindels. Hamlet aus der Sicht des DDR-Regisseur Frank Castorf beim Schauspiel Köln », Frankfurter Allgemeine Zeitung, , p. 33.
- ↑ (de) Barbara Villiger Heilig et Tobi Müller, « Die erträgliche Schwierigkeit des Seins. Interview mit Frank Castorf », Neue Zürcher Zeitung, , p. 85.
- ↑ Thomas Irmer et Harald Müller 2003.
- ↑ René Solis, « Castorf, l’ogre de Berlin », Libération, (lire en ligne).
- ↑ Nathalie Versieux, « La Volksbühne de Berlin fait une drôle de tête », Libération, (lire en ligne).
- ↑ (de) « Adieu nach über 25 Jahren. Stückezertrümmerer Frank Castorf inszeniert seinen letzten Akt », B.Z., 4 mars 2017, (lire en ligne).
- ↑ Boris Grésillon 2017.
- ↑ Jean-Pierre Thibaudat 2017.
- 1 2 Sylvie Arlaud, « Frank Castorf : de Kean à Hamletmaschine, ou le culte des contre-cultures », Cahiers d'études germaniques, no 64 « Contre-cultures à Berlin de 1960 à nos jours », (lire en ligne
, consulté le ). - ↑ (en) Christine Korte, « Between Stalin and Coca-Cola: Postsocialist Geopolitics and Utopian Ambivalence at Castorf’s Volksbühne », Seminar: A Journal of Germanic Studies, vol. 61, no 1, (présentation en ligne).
- 1 2 « Le chaos de Boulgakov sublimé par Castorf », Le Monde, (lire en ligne).
- 1 2 3 Arnaud Maïsetti, « Frank Castorf, l’art ou la réalité insupportable », Théâtre/Public, vol. 3, no 229 « États de la scène actuelle 2016 2017 », , p. 12-20 (lire en ligne
). - ↑ (de) « Ruhrfestspiele », Frankfurter Allgemeine Zeitung, , p. 31.
- ↑ Christian Merlin, « Frank Castorf met Bayreuth à feu et à sang », Le Figaro, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Julian Sykes, « Le Ring trop éclaté de Frank Castorf », Le Temps, (lire en ligne).
- ↑ Marie-Aude Roux, « Bayreuth tolère mieux le Ring de Castorf. Sifflée à sa création en 2013, la mise en scène de la tétralogie de Wagner par l'Allemand a été applaudie cette année », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ David Verdier et Guy Cherqui 2019.
- ↑ Christian Merlin, « Le Ring de Castorf, au-delà des huées », Le Figaro, (lire en ligne)
- 1 2 Alexandre Demidoff, « Frank Castorf, un incendiaire au chevet de Molière », Le Temps, (lire en ligne).
- 1 2 Brigitte Salino, « L’étreinte folle de Molière et de Boulgakov », Le Monde, (lire en ligne).
- 1 2 Alexandre Demidoff, « La jungle de Racine selon Frank Castorf », Le Temps, (lire en ligne).
- 1 2 Armelle Héliot, « Bajazet, en considérant le théâtre et la peste, questions d’endurance du regard », Le Figaro, (lire en ligne).
- 1 2 Fabienne Darge, « Frank Castorf, le théâtre de Racine et son double », Le Monde, (lire en ligne).
- 1 2 Olivier Neveux, « "Quand je joue, c’est là que je me sens exister". Bajazet, mise en scène par Frank Castorf », Théâtre/Public, vol. 4, no 238 « Jouer », (lire en ligne
). - ↑ Alexandre Demidoff, « Jeanne Balibar : "Un rôle, c’est comme un habit, il faut qu’il tombe juste" », Le Temps, (lire en ligne).
- ↑ (de) « Aias », sur Archives suisses des arts de la scène.
- ↑ (de) « Wilhelm Tell », sur Archives suisses des arts de la scène.
- ↑ (de) Gerhard Ebert, « Uraufführung am Deutschen Theater Berlin: Frank Castorf inszenierte Hermes in der Stadt von Lothar Trolle. Der Mensch ist nicht besser als die Götter », Neues Deutschland, (lire en ligne).
- ↑ « Pension Schöller - Die Schlacht 1994-1996 », sur Les Archives du spectacle.
- ↑ Brigitte Salino, « La provocation berlinoise de Frank Castorf », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ « Des Teufels General 1998 », sur Les Archives du spectacle.
- ↑ (de) Lenore Blievernicht (dir.) (photogr. Bert Neumann, Thomas Aurin, Georg Buchmann), Making of Dämonen, Berlin, Alexander Verlag, Volksbühne am Rosa-Luxemburg-Platz, , 146 p. (ISBN 978-3-8958-1072-5).
- ↑ Brigitte Salino, « Frank Castorf, l'esthétique de la démolition », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ « Endstation Amerika 2000-2007 », sur Les Archives du spectacle.
- ↑ « Endstation Amerika : chronique de la déprime dans l'Amérique perdue », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ (de) « Berlin Alexanderplatz », sur Archives suisses des arts de la scène.
- ↑ « Erniedrigte und beleidigte 2002 [notice de spectacle] », sur Bibliothèque nationale de France.
- ↑ Mathilde La Bardonnie, « Démons est merveille. », Libération, (lire en ligne).
- ↑ Brigitte Salino, « L'errance du prince Mychkine dans une ville qu'il ne reconnaît pas », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ « Le Maître et Marguerite 2002-2005 », sur Les Archives du spectacle.
- ↑ « Sur une île, les illusions perdues de Frank Castorf », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ Mathilde La Bardonnie et René Solis, « L'île du docteur Castorf », Libération, (lire en ligne).
- ↑ René Solis, « Castorf en ligne avec Pitigrilli. », Libération, (lire en ligne).
- ↑ « Meine Schneekönigin 2005 [notice de spectacle] », sur Bibliothèque nationale de France.
- ↑ René Solis, « Un Castorf qui conte », Libération, (lire en ligne).
- ↑ Marie-Aude Roux, « Une lecture iconoclaste de Wagner », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ « Meistersinger - 2006-2007 », sur Les Archives du spectacle.
- ↑ René Solis, « Castorf, jusqu'à en perdre le Nord », Libération, (lire en ligne).
- ↑ « Nord 2007 », sur Les Archives du spectacle.
- ↑ Brigitte Salino, « Frank Castorf revisite Alexandre Dumas », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ Philippe Chevilley, « Rock n' roll circus », Les Échos, (lire en ligne).
- ↑ (en) Sebastian Kaiser, « Frank Castorf. Nach Moscow! Nach Moscau! », sur FestivalTchekhov à Moscou, .
- ↑ Fabienne Darge, « Flamboyant, dévastateur, iconoclaste : Les Trois Soeurs revues par Frank Castorf », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ René Solis, « Tchekhov, le toboggan social.À Nanterre, Frank Castorf et la Volksbühne mixent Les Trois Sœurs et Les Paysans de l’auteur russe. Une allégorie acerbe de l’ex-RDA, voire plus », Libération, (lire en ligne).
- ↑ (de) « Die schwarze Spinne », sur Archives suisses des arts de la scène.
- ↑ (de) « Die schwarze Spinne. Pilatus' Traum nach Jeremias Gotthelf / Michail Bulgakow im Schauspielhaus Zürich », sur theaterkompass.de, .
- ↑ Fabienne Arvers et Patrick Sourd, « La Dame aux camélias : Frank Castorf et Jeanne Balibar dans la lumière », Les Inrockuptibles, (lire en ligne).
- ↑ René Solis, « La révolte des Camélias », Libération, (lire en ligne).
- ↑ Brigitte Salino, « Frank Castorf joue sur nos nerfs. Et on aime ça », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ Nathalie Simon, « La Dame aux camélias s'égare dans les favelas », Le Figaro, (lire en ligne).
- ↑ Sylvie Arlaud, « La Dame aux Camélias par Frank Castorf : souvenir refoulé d’une révolution », Cahiers d'études germaniques, no 79, (lire en ligne
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- ↑ (de) « Tschewengur von Frank Castorf im Staatstheater Stuttgart. Hysterien der Revolution », Stuttgarter Zeitung, (lire en ligne).
- ↑ Brigitte Salino, « Les Frères Karamazov à corps perdus », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ Philippe Chevilley, « Les Frères Karamazov en Cinémascope à la MC93 », Les Échos, (lire en ligne).
- ↑ (de) Hubert Spiegel, « Castorfs Švejk in München : Nichts Neues aus der Gulaschkanone », Frankfurter Allgemeine Zeitung, (lire en ligne).
- ↑ Caroline Châtelet, « Die Kabale des Scheinheiligen – Das Leben des Herrn de Molière, d’après Mikhaïl Boulgakov, mise en scène de Frank Castorf », Agôn, (lire en ligne
). - ↑ (de) Dorothea Marcus, « Ein grüner Junge. Frank Castorf nimmt sich am Schauspiel Köln sechs Stunden Zeit für Dostojewskis voluminösen Roman eines vaterlosen Parvenüs. Immer geraden Fußes auftreten! », sur nachtkritik.de, .
- ↑ Christian Merlin, « Festival d'opéra de Munich : De la maison des morts s'évade de sa prison », Le Figaro, (lire en ligne).
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- ↑ (de) « Justiz », sur Archives suisses des arts de la scène.
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- ↑ « Castorf-Machine », sur Le Quartz.
Bibliographie
modifier- Ouvrages
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- (de) Thomas Irmer (dir.) et Harald Müller (dir.) (photogr. Thomas Aurin, David Baltzer), Zehn Jahre Volksbühne : Intendanz Frank Castorf, Theater der Zeit, , 166 p. (ISBN 3-934344-21-6).
- Jean-Pierre Han, « Castorf Frank », dans Michel Corvin (dir.), Dictionnaire encyclopédique du théâtre à travers le monde, Paris, Bordas, (ISBN 9782047312957), p. 260.
- Franck Raddatz (dir.) (trad. Frank Weigand, Laurent Muhleisen), République Castorf : la Volksbühne de Berlin depuis 1992. Entretiens, Paris, L'Arche, , 287 p. (ISBN 978-2-85181-929-1).
- (fr + de) David Verdier (dir.) et Guy Cherqui (dir.), Castorf-Wagner : "Der Ring des Nibelungen", Bayreuth, 2013-2017, Gentioux-Pigerolles, Éditions la Pommerie, , 368 p. (ISBN 978-2-9564912-0-0).
- Articles
- Gilles Costaz, « Portrait. Castorf, artiste enragé », Les Échos, (lire en ligne).
- Boris Grésillon, « Clap de fin pour Frank Castorf à la Volksbühne », Allemagne d'aujourd'hui, vol. 3, no 221, , p. 219-237 (lire en ligne
). - Brigitte Salino, « À l'Est, Frank Castorf », Le Monde, (lire en ligne).
- Jean-Pierre Thibaudat, « Le Cas Castorf », Mediapart, (lire en ligne).
Liens externes
modifier- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- Ressources relatives au spectacle :
- Ressource relative aux beaux-arts :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :