Galerie Druet

galerie d'art parisienne fondée en 1903

La galerie Druet est une galerie d'art parisienne fondée en 1903 par le photographe et galeriste Eugène Druet (1868-1916). Active pendant plus de trente-cinq ans, elle devient l'une des galeries majeures de la vie artistique parisienne du début du XXe siècle, représentant près de 1 300 artistes et organisant environ 720 expositions entre 1903 et 1938, dont de nombreux artistes du mouvement nabi et des avant-gardes de l'École de Paris.

Galerie Druet
Création 1903
Fondateurs Eugène Druet
Siège social ParisVoir et modifier les données sur Wikidata

Histoire

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Eugène Druet, photographe de Rodin

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Alphonse Eugène Druet naît en 1868 au 206, rue du Faubourg-Saint-Martin à Paris, fils d'un fruitier. Il rachète en 1893 le Yacht Club français, un petit café au 3, place de l'Alma[1]. C'est là qu'il rencontre Auguste Rodin, dont l'atelier du Dépôt des marbres, au 182, rue de l'Université, est situé non loin. Après leur rencontre en 1896, Druet réalise de nombreux clichés des sculptures de Rodin et lui fait office de photographe officiel jusqu'en 1900[2].

Portrait d'Eugène Druet par Pierre Bonnard.

En 1900, Druet s'est chargé de l'organisation pratique de la grande rétrospective que Rodin organise au pavillon de l'Alma, en marge de l'Exposition universelle, et un pan de mur y est consacré à 71 de ses photographies. C'est sur les conseils de Rodin qu'il abandonne son café pour se lancer dans le commerce d'art[2].

Druet développe parallèlement une activité d'éditeur de photographies d'œuvres d'art qui lui assure une assise financière solide. Guillaume Apollinaire écrira de ses photos qu'elles « reproduisent de façon tout à fait satisfaisante des tableaux célèbres de Léonard de Vinci à Maurice Denis en passant par Titien, Ingres, Toulouse-Lautrec et Cézanne »[3]. Son procédé photographique lui vaudra de donner son nom au « procédé Druet ».

Fondation et première adresse (1903-1908)

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Exposition Paul Signac à la Galerie Druet.

La galerie ouvre en 1903 au 114, rue du Faubourg-Saint-Honoré[4]. Druet peut, grâce à ses relations nouées autour de Rodin et à son expérience de l'exposition du pavillon de l'Alma, attirer d'emblée des artistes de premier plan. Sa galerie se positionne rapidement parmi les cinq ou six galeries parisiennes qui « font le marché et la tendance »[5].

Gertrude Stein évoque la galerie dans L'Autobiographie d'Alice B. Toklas : « à l'autre bout de Paris, rue du Faubourg-Saint-Honoré, était installé l'ancien restaurateur et photographe Druet »[6].

Rue Royale (1908-1938)

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Couverture du catalogue d'exposition de Georges Dufrenoy à la galerie Druet en 1910.

En 1908, la galerie transfère au 20, rue Royale, où elle s'installe jusqu'à sa fermeture[5]. L'activité y est intense : jusqu'à quatre ou cinq expositions mensuelles en pleine saison, organisées simultanément au rez-de-chaussée et au premier étage. Parmi les clients, le collectionneur moscovite Ivan Morozov[7].

Eugène Druet meurt d'une congestion cérébrale en 1916. Sa femme reprend la direction de la galerie et la maintient jusqu'en 1938, préservant l'orientation et l'esprit de l'institution[2]. André Villebœuf, dans Gringoire du 5 janvier 1939, lui consacre un article nécrologique retraçant l'histoire de la galerie depuis ses origines, rappelant qu'elle avait « donné asile à toute l'école des Nabis » et accueilli Vuillard, Roussel, Redon, Sérusier, Vallotton, Denis, Laprade, Marquet et Flandrin[8].

Fermeture et liquidation (1939)

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La galerie ferme ses portes en janvier 1939. La liquidation, dirigée par Mᵉ Alph. Bellier, ne porte que sur les œuvres de marbre ; les peintres peuvent reprendre possession de leurs toiles dans d'excellentes conditions[9]. La vente aux enchères qui suit comprend notamment un Modigliani, Le Nu blond (provenant de la collection Francis Carco), adjugé 112 000 francs sur une mise à prix de 100 000 francs, ainsi que des Laprade, Marquet, Berthe Morisot, Segonzac et Maurice Denis, pour un total dépassant 460 000 francs[10].

L'ensemble des archives photographiques d'Eugène Druet, soit environ 30 000 plaques, est racheté par le photographe d'art François Antoine Vizzavona, constituant avec la collection Vizzavona le fonds Druet-Vizzavona (environ 150 000 plaques au total), aujourd'hui conservé à la médiathèque de l'architecture et du patrimoine au fort de Saint-Cyr[2].

Artistes exposés

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Fonds photographique

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Madame Bardey, Rodin and Henriette, par E. Druet.

Parallèlement à son activité de galeriste, Eugène Druet développe une importante activité de photographe d'art. Son fonds comprend notamment une série de photographies des sculptures de Rodin, des tableaux de Van Gogh (L'Arlésienne, Jardin à Auvers, Portrait du docteur Gachet) et une série consacrée au danseur Vaslav Nijinski réalisée en 1910 dans le jardin du peintre Jacques-Émile Blanche[11]. Il utilise notamment les plaques autochromes Lumière.

Le fonds est conservé à la médiathèque de l'architecture et du patrimoine au fort de Saint-Cyr, sous le nom de Fonds Druet-Vizzavona (environ 150 000 plaques photographiques)[2].

Source principale

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La source de référence sur la galerie est l'ouvrage : Les Expositions de la Galerie Eugène Druet — Répertoire des artistes exposants et liste de leurs œuvres (1903-1938), 540 pages, tirage limité à 300 exemplaires (ISBN 9782913224803), qui recense près de 550 catalogues ou cartons d'invitation et le dépouillement systématique de la presse spécialisée de l'époque (L'Art et les Artistes, Beaux-Arts, La Chronique des arts et de la curiosité, Art et Décoration)[5].

Notes et références

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  1. ↑ Serge Gérard, Rodin, l´homme d´airain, Éditions Cheminements, 2004.
  2. 1 2 3 4 5 « Druet, Eugène (1868-1916) », sur AGORHA, Institut national d'histoire de l'art.
  3. ↑ Chroniques d'art du 10 janvier 1911.
  4. ↑ « La Galerie Druet », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  5. 1 2 3 4 Les expositions de la Galerie Eugène Druet — Répertoire des artistes exposants et liste de leurs œuvres (1903-1938), Paris, , 540 p. (ISBN 9782913224803).
  6. ↑ Gertrude Stein, L'Autobiographie d'Alice B. Toklas, chapitre 3, p. 36, Édition L'Imaginaire, Gallimard, 2006.
  7. ↑ (en) La peinture française au musée Pouchkine, no 174.
  8. ↑ André Villebœuf, « Galerie Druet », Gringoire,‎ (lire en ligne).
  9. ↑ « Le stock de la galerie Druet », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  10. ↑ « Un nu par Modigliani dépasse 100 000 francs », Excelsior,‎ (lire en ligne).
  11. ↑ Description de la série de photos de Nijinski sur www.christies.com.

Voir aussi

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