Georgette Dupouy
Georgette Yvonne Dupouy, née Guillon le à Paris et morte le à Dax, est une peintre française. Surnommée « un peintre vrai » par le conservateur et critique d'art Bernard Dorival, elle est principalement connue pour son œuvre figurative empreinte de lyrisme et de sensibilité [1].
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nom de naissance |
Georgette Yvonne Guillon |
| Nationalité |
Française |
| Activité | |
| Mouvement |
Figuratif, Lyrique |
| Distinction |
Elle a exposé en France et à l’international, notamment à Londres et à la Biennale de São Paulo [2]. Son travail a été salué par des personnalités majeures de la critique et du monde de l'art, telles que Maurice Utrillo, Bernard Dorival ou encore Maurice Bedel [3].
Biographie
modifierOrigines et jeunesse
modifierGeorgette Dupouy naît au 19 rue Bardinet, dans le 14e arrondissement de Paris [4]. Elle est issue d'un milieu modeste ; sa mère est couturière et son père est fondé de pouvoir en banque. Elle manifeste très tôt un attrait pour le dessin. À dix-neuf ans, elle trouve par hasard un manuel de peinture à l’huile sur les quais de la Seine. L'année suivante, elle réalise un pastel de fleur, considéré comme son premier travail notable [5].
- Georgette Guillon : jeunesse, mariage et premières œuvres
- Georgette Guillon aux Tuileries en 1919.
- Mariage avec Étienne Dupouy, le 8 septembre 1921 à Sartrouville.
- Pastel de fleur (14 septembre 1920).
- La Jeune Fille aux pigeons (pastel, 1929).
Elle épouse en 1921 à Sartrouville Étienne Dupouy, né le à Dax. Sa carrière artistique débute véritablement en 1929 avec le pastel La Jeune Fille aux pigeons, remarqué l'année suivante lors de l'exposition de la Fédération française des artistes et salué par la revue Art de France [6]. Cependant, après son installation définitive à Dax en 1935 pour accompagner son mari souffrant, elle délaisse la peinture pendant plusieurs années, contrainte par les obligations familiales et la rigueur de son nouvel entourage [7].
Carrière et reconnaissance (1942–1961)
modifierEn 1942, elle rencontre Berthe Massaux, mécène belge qui l'encourage à reprendre ses pinceaux et fait l'acquisition d'une première toile intitulée L'église de Siest [8]. En 1943, Georgette expose à Bordeaux et Dax, où Maurice Utrillo découvre ses toiles, et la ville de Dax acquiert La rue de Borda l'année suivante. En 1949, elle expose chez Bernheim-Jeune à Paris [9].
Durant les années 1950, elle rencontre le succès à l'étranger. En 1953, elle expose aux Leicester Galleries de Londres, un événement voulu et organisé par Georges Wildenstein avec l'appui de Bernard Dorival [10]. L'année suivante, elle participe à la Biennale de São Paulo au Brésil, où son tableau La gare Saint-Lazare est présenté aux côtés d'œuvres de Pablo Picasso, Salvador Dalí et Joan Miró [11]. Le critique d'art Gabriel Mandel souligne alors la sérénité et l'élégance de sa peinture, la classant parmi les meilleures de la scène française contemporaine [12].
- Œuvres majeures de la reconnaissance de l'artiste (1942-1960)
- L'Église de Siest (1942), œuvre du retour à la peinture.
- L'Âme du violon (1956), Premier prix du Salon des indépendants.
- Le Café Van Gogh (1957), œuvre récompensée par le prix de New York.
- Le Jardin bleu à la volière (1960), Premier prix de Vienne.
Plusieurs de ses œuvres sont primées durant cette période. Après avoir obtenu le premier prix du Salon des indépendants en 1956 pour L'Âme du violon, elle est récompensée l'année suivante par le prix de New York. À cette occasion, une sélection de cinq de ses toiles, incluant le Café Van Gogh, est présentée à la Galerie Duncan[13].
En 1960, invitée par l’École de Paris, elle concourt pour le prix de Vienne en Autriche. Les œuvres précédemment sélectionnées pour New York y remportent le premier prix, en particulier sa toile intitulée Le Jardin bleu à la volière. En 1961, elle reçoit un diplôme d'honneur au Grand Prix de Paris, lors d'une cérémonie organisée au Musée d'art moderne [14].


Évolutions et dernières années
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Dans les années 1970, l'artiste s'engage dans des œuvres à dimension mémorielle, comme Le Chagrin (1970), un hommage à Yvonne de Gaulle qui rejoint le Mémorial Charles de Gaulle en 2010. L'année 1974 marque un tournant décisif avec la rencontre entre Georgette Dupouy, Paul Bengochea et Serge Dom Pedro Gillot. À cette occasion, la peintre leur offre une toile intitulée Les Anémones bleues. Touché par ce geste, Serge Dom Pedro Gillot déclare : « Ce don ne doit pas être vain, on lui donnera une suite » [15].
Cette promesse aboutit à la création de l'Académie internationale des arts Georgette Dupouy, puis à l'ouverture du musée qui lui est dédié à Dax, afin de sauvegarder et de pérenniser son patrimoine pictural.
Malgré une fracture de l'épaule en 1979, l'artiste, ambidextre, maintient une production intense au début des années 1980, produisant trente-et-une toiles pour la seule année 1980 [16].
Elle se retire progressivement de la vie publique à partir de 1984, après une ultime exposition annuelle placée sous le signe d'un hommage à son ami Maurice Utrillo. L'année suivante, le , un jubilé exceptionnel est organisé en son honneur à Dax, réunissant une centaine de ses œuvres majeures. C'est également en 1985 qu'elle est promue au rang de Chevalier des Arts par l'Academia Badiasense en Italie et qu'elle confie officiellement son droit moral à Serge Dom Pedro Gillot [15].
- Jubilé de Georgette Dupouy à Dax (14 juin 1985)
- Vue de la cérémonie du Jubilé.
- Portrait de l'artiste lors du Jubilé.
- Célébration des œuvres majeures.
Retranchée dans l'intimité de sa propriété « À Guillon », elle exprime lors de ses 85 ans le souhait radical de ne plus être photographiée, désirant que seul son art subsiste aux yeux du public. Malgré ce silence médiatique, son influence perdure : en 1988, elle est sacrée « Artiste européenne de l'année » par l'Institut des arts contemporains de Milan, recevant la médaille d'or de la ville[17].
- Médaille d'or de la ville de Milan
- La gare de Thionville - 1949
- Certificat
Georgette Dupouy s'éteint à Dax le à l'âge de 90 ans. Conformément à ses dernières volontés, elle est conduite à sa dernière demeure le lors d'une cérémonie simple et sans protocole officiel. Le convoi funèbre marque une halte solennelle dans les jardins de sa propriété « À Guillon », où ses amis et proches viennent se recueillir au son de l'Adagietto de la Cinquième Symphonie de Gustav Mahler. Elle laisse derrière elle une œuvre préservée par le musée qui lui est dédié [18].
Style et œuvre
modifierLa peinture de Georgette Dupouy est résolument figurative, sensible et lyrique. Son œuvre se caractérise par une prédilection pour les paysages landais et les scènes rurales, mais aussi par des portraits empreints d'une dimension humaniste et spirituelle, à l'image de ses représentations de François d'Assise. Sa palette évolue avec le temps : si ses débuts sont marqués par des tons sombres, elle adopte à partir des années 1950 des couleurs plus éclatantes, révélant une influence de Vincent van Gogh [19]. Le critique Maximilien Gauthier a salué chez elle une « étonnante maîtrise du métier » alliée à un lyrisme touchant [1].
Œuvres notables
modifierCollections publiques
modifierSes œuvres sont présentes dans les collections de plusieurs institutions françaises. Le Musée de Borda, à Dax, possède un ensemble de vues locales, La rue de Borda (acquise en 1944), Le Café Lestier, Le parc Maurice Boyau et Le Panorama sur le bas Sablar. Ce dernier a été peint depuis la suite de Maurice Utrillo à l'Hôtel Splendid.
Le musée de la Chasse et de la Nature à Paris conserve Les Vanneaux aux Navets, et le musée d'Angoulême la Nature morte à la tasse. Le Chagrin (hommage à Yvonne de Gaulle) est exposé au Mémorial Charles de Gaulle à Colombey-les-Deux-Églises.
Distinctions
modifier- Prix de New York (1957).
Chevalière de l'ordre des Palmes académiques (1958)[20].- Prix de Vienne (1960).
- Médaille d'or de l'Institut des Arts Contemporains de Milan (1988).
Annexes
modifierBibliographie
modifier- Serge Dom Pedro Gillot, Georgette Dupouy, un peintre vrai, Association "Les Amis de Georgette Dupouy", , 70 p. (ISBN 2951350309).
Liens externes
modifier- Archives conservées par : musée Georgette-Dupouy
- Ressource relative aux beaux-arts :
Références
modifier- 1 2 Maximilien Gauthier, in: Catalogue Georgette Dupouy : 14 nov.-2 dec. 1949, Paris : Galerie Bernheim, 1949.
- ↑ Gillot, Serge Dom Pedro, Georgette Dupouy, un peintre vrai, 1999, p. 30.
- ↑ Gillot, Serge Dom Pedro, Georgette Dupouy, un peintre vrai, 1999, p. 28, 30.
- ↑ Acte de naissance.
- ↑ Archives du Musée Georgette Dupouy, Dax.
- ↑ Art de France : revue mensuelle, , chap. 2, Critique de l'exposition de la Fédération des artistes.
- ↑ Serge Dom Pedro Gillot, « Une personnalité : Georgette Dupouy », sur Académie des Arts Georgette Dupouy (consulté le ).
- ↑ Gillot, Serge Dom Pedro, Georgette Dupouy, un peintre vrai, 1999, p. 15.
- ↑ Catalogue Georgette Dupouy : 14 nov.-2 dec. 1949, Paris : Galerie Bernheim, 1949.
- ↑ Catalogue de la Leicester Gallery, 1953.
- ↑ Catalogue de la IIe Biennale de São Paulo, 1954.
- ↑ Gabriel Mandel, La pittura Francese, Milan, La Mandragora Editrice, 1955, p. 151.
- ↑ Serge Dom Pedro Gillot, Georgette Dupouy, un peintre vrai, 1999, p. 28.
- ↑ Académie des Arts Georgette Dupouy, « Biographie de Georgette Dupouy », sur ass.gdupouy.free.fr (consulté le ).
- 1 2 Serge Dom Pedro Gillot, Georgette Dupouy, un peintre vrai, 1999, p. 64.
- ↑ Gillot, Serge Dom Pedro, Georgette Dupouy, un peintre vrai, 1999, p. 60.
- ↑ Serge Dom Pedro Gillot, Georgette Dupouy, un peintre vrai, 1999, p. 64-65.
- ↑ Nécrologie parue dans la presse régionale, avril 1992.
- ↑ Analyse critique d'art du catalogue Bernheim-Jeune.
- ↑ Journal Officiel de la République Française.
