Ghetto de Włocławek

ghetto juif en Pologne occupée par les nazis

Le ghetto de Włocławek est un ghetto juif polonais à Włocławek, dans le Kreis Leslau du district de Hohensalza (Reichsgau Wartheland), créé en et liquidé en .

Ghetto de Włocławek
Présentation
Type Ghetto juif
Gestion
Date de création Octobre 1940
Date de fermeture Avril 1942
Victimes
Type de détenus Juifs polonais
Nombre de détenus 3 200 à 4 000
Géographie
Pays Drapeau de la Pologne Pologne
Région Voïvodie de Couïavie-Poméranie
(alors Reichsgau Wartheland)
Localité Włocławek
Coordonnées 52° 39′ nord, 19° 03′ est
Géolocalisation sur la carte : Pologne
(Voir situation sur carte : Pologne)
Ghetto de Włocławek

Dès le début de l'occupation allemande en , les Juifs de Włocławek sont victimes des persécutions nazies et plusieurs milliers d'entre eux sont déportés durant l'hiver 1939-1940. Un ghetto fermé est établi fin , où jusqu'à 4 000 Juifs sont entassés, soumis aux violences de l'occupant allemand, mal nourris et soumis aux travaux forcés et aux déportations, nombreuses durant l'été 1941.

En , il ne reste plus qu'un millier de Juifs dans le ghetto. Dans le cadre de la politique de nettoyage ethnique du Reichsgau Wartheland, ils sont déportés du au vers le centre d'extermination de Chełmno où ils sont assassinés dans des camions à gaz. La quasi-totalité des autres Juifs de Włocławek, déportés avant la liquidation du ghetto, ne survit pas à la Shoah.

Histoire

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Occupation allemande (septembre 1939)

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Włocławek, dans le powiat de Włocławek, abrite entre 10 000 et 14 000 Juifs à la veille de la Seconde Guerre mondiale, soit environ 20 % de la population locale[1],[2]. La communauté juive possède des institutions culturelles, sociales et religieuses, ainsi qu'une vie politique animée ; elle a été la cible de persécutions antisémites par le passé, en particulier durant les années 1930[2][3].

Lors de l'invasion de la Pologne par l'Allemagne nazie, les troupes allemandes occupent la ville à partir du . Administrativement, Włocławek (en allemand Leslau) est ensuite rattachée à l'arrondissement (kreis) de Leslau, au sein du district de Hohensalza du Reichsgau Wartheland, un territoire polonais annexé par le Troisième Reich[1]. La ville passe sous l'autorité de Hans Kramer, Sturmbannführer de la SA, nommé maire (Stadtkommissar), et son second Elliot Hessemayer, tandis qu'un Volksdeutsche résidant à Włocławek, Max Dunkhorst, ancien enseignant dans une école juive, est nommé aux « affaires juives »[1],[2].

Dès le début de l'occupation allemande, les Juifs de Włocławek sont la cible de persécutions : le , les autorités allemandes incendient les synagogues ainsi qu'une salle de prière et accusent des Juifs, qu'ils arrêtent, d'en être responsables[1],[2]. À la même date ou le 22, selon les sources, des Juifs qui se sont rassemblés pour prier sont pour certains arrêtés, pour d'autres abattus sur place, par des membres de la Schutzstaffel (SS)[1],[3].

Au moins 800 Juifs sont par ailleurs arrêtés sur ordre de Hans Kramer, qui exige le de la communauté juive une rançon de 100 000 złoty pour leur libération. Lorsqu'ils sont effectivement payés dans les jours qui suivent, il exige 200 000 złoty supplémentaires, puis encore 250 000, que les Juifs de Włocławek ne parviennent pas à payer. Les otages sont libérés deux mois plus tard mais l'occupant continue d'exiger un quota quotidien équivalent pour le travail forcé[1],[2],[3].

Les exactions antisémites incluent également des confiscations de biens et diverses violences, et le [a], selon les sources, les autorités allemandes imposent aux Juifs le port d'un triangle distinctif jaune cousu sur leurs vêtements[1],[2]. Durant ces premiers mois d'occupation, de nombreux Juifs fuient la ville[2].

Premières déportations (décembre 1939)

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De premières Aktion interviennent dès la fin de l'année 1939. En novembre, sur ordre de Max Dunkhorst, des intellectuels juifs sont arrêtés[1].

Le a lieu une rafle de 400 Juifs et environ un milliers de Polonais non juifs[b] du quartier pauvre de Grzywno (pl), en vue de libérer des logements pour les Volksdeutsche des pays baltes. Tous sont déportés à Ożarów, dans le district de Radom, le lendemain, dans un train de voyageurs ; peu survivent à la Shoah[1],[3],[4].

Une quinzaine de jours plus tard, les 15 et , une nouvelle Aktion est menée par l'occupant, se concluant par la déportation, dans un train de marchandises, de plus de 500 Juifs  659 issus de 214 familles, selon une liste de l'administration nazie, qui n'inclut pas les épouses ni les enfants de moins de seize ans  vers Zamość pour la majorité d'entre eux, et à Szczebrzeszyn pour environ 180 d'entre eux (femmes, enfants et personnes âgées)  deux villes du district de Lublin. Aucune des victimes de cette déportation n'est réputée avoir survécu à la Shoah[1],[5],[c].

Une troisième déportation, conséquence des consignes du responsable de la SS à Poznań Wilhelm Koppe dans le cadre de la politique de nettoyage ethnique du Reichsgau Wartheland pour y installer les Volksdeutsche baltes, a lieu mi-février 1940, le 14 ou le 15, selon les sources. Elle concerne environ un millier de Juifs, et peut-être des Polonais non juifs, qui sont envoyés par train dans le district de Cracovie à Włoszczowa  d'où ils sont en pour certains répartis à Kurzelów, Kluczewsko et Bromież, villages voisins  et pour environ la moitié d'entre elles à Tarnów, un peu plus au sud-est. Aucun survivant n'est connu parmi les Juifs déportés à Włoszczowa, un seul  le jeune Arie Kahana  parmi ceux envoyés à Tarnów[1],[6],[7].

À l'issue de cette série de déportations, Włocławek n'abrite plus que 3 200 à 4 000 Juifs[1],[2],[6]. Dans l'intervalle, l'occupant a établi un Judenrat, qui a participé à la sélection des Juifs déportés[1].

Création d'un ghetto fermé (octobre 1940)

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Fin octobre ou début , les autorités allemandes établissent un ghetto juif dans un quartier pauvre de la ville, sans électricité, d'où sont expulsés environ un millier de Polonais non juifs. Le trio à la tête de la ville composé de Hans Kramer, Elliot Hessemayer et Max Dunkhorst supervise un pogrom le  date à laquelle Włocławek est officiellement déclarée judenrein  à l'encontre des Juifs qui n'ont pas encore rejoint le ghetto. Le Judenrat est chargé d'administrer ce dernier, une police juive dirigée par un certain Ignacy Fenster y maintient l'ordre, tandis qu'un Allemand nommé Irme, commandant du ghetto, y sème la terreur. Le ghetto est ceint d'une clôture barbelée et ses entrées sont gardées par des membres de la SS ou par la Schupo, bien que dans un premier temps Allemands et Polonais non juifs peuvent toujours y entrer pour commercer avec ses habitants[1],[2],[8].

Des activités culturelles, politiques et religieuses persistent, dans des bâtiments à proximité du cimetière juif. La vie dans le ghetto, surpeuplé et de moins en moins approvisionné en nourriture du fait des restrictions de circulation, est toutefois difficile, en dépit de l'établissement par le Judenrat d'une soupe populaire et d'aides de l'American Jewish Joint Distribution Committee destinées aux plus pauvres, et devient critique à l'été 1941[1],[2].

À cette période, la réquisition de Juifs pour les travaux forcés se renforce, avec notamment l'envoi d'environ 500 personnes dans des camps de travail du district de Poznań le [3],[2]. Une déportation de près de mille Juifs, notamment des femmes et jeunes filles, est ensuite organisée par le SA-Oberführer Wolf (la sélection des Juifs est opérée par un inspecteur de police nommé Ott avec l'aide du Judenrat), vers le camp de concentration d'Antonienhof (près de Poznań) et vers le ghetto de Łódź, le . L'arrivée des Juifs de Włocławek à Łódź est notamment évoquée dans le journal de Dawid Sierakowiak  ils seront exterminés à Chełmno en [1],[2],[9],[d].

En , une épidémie de typhus éclate dans le ghetto, qui est alors hermétiquement fermé par les autorités allemandes, lesquelles abattent les Juifs qui tentent de fuir[1],[2]. Durant l'hiver, le cimetière juif est détruit par les nazis[1].

Liquidation (avril 1942)

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Plaque commémorative avec un texte en polonais et en alphabet hébreux
Plaque commémorative du ghetto et des Juifs victimes de la Shoah à Włocławek.

Après une ultime déportation de 400 hommes juifs le vers divers camps de travail du district de Poznań (peu survivront à la Shoah), le millier de Juifs qui demeurent dans le ghetto  pour l'essentiel des femmes, des enfants et des personnes âgées  est déporté par camions durant trois jours, à partir du , vers le centre d'extermination de Chełmno. Les Juifs y sont méthodiquement assassinés dans des gaswagen[1],[2],[8]. Des hommes de la SS, sous les ordres de la Gestapo, brûlent et démolissent le ghetto ; Włocławek est déclarée judenfrei[1],[8].

Seule une centaine de Juifs de Włocławek survivent à la Shoah[8].

Elliot Hessemayer, l'adjoint de Hans Kramer, est jugé après guerre pour les crimes de la Shoah, et exécuté[3][1].

Références

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  1. The Yad Vashem Encyclopedia of the Ghettos During the Holocaust indique le [2], mais des sources de Yad Vashem contemporaines indiquent bien le [4].
  2. The Yad Vashem Encyclopedia of the Ghettos During the Holocaust évoque quant à elle des milliers de Juifs[2], en contradiction avec les autres sources.
  3. La notice de l'Encyclopedia of Camps and Ghettos, 1933–1945 et celle de la Yad Vashem Encyclopedia of the Ghettos During the Holocaust évoquent aussi une déportation vers Włoszczowa à cette date, sans précision[1],[2]. Les notices du site web de Yad Vashem au sujet de ces déportations, davantage détaillées, indiquent à l'inverse que celle vers Włoszczowa a eu lieu à la mi-février 1940, en même temps que celle vers Tarnów[6].
  4. Certaines sources évoquent une ou deux autres déportations supplémentaires vers le ghetto de Łódź les 28 et , ou encore le [3],[2].

Références

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Voir aussi

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Bibliographie

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Liens externes

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