Gianandrea Gavazzeni
Gianandrea Gavazzeni, né le à Bergame et mort dans la même ville le , est un chef d'orchestre, compositeur, écrivain et critique musical italien.
| Naissance |
Bergame (Italie) |
|---|---|
| Décès |
(à 86 ans) Bergame (Italie) |
| Activité principale | Chef d'orchestre, compositeur, écrivain |
| Activités annexes | Critique musical |
| Formation | Conservatoire Sainte-Cécile de Rome, conservatoire de Milan |
| Maîtres | Ildebrando Pizzetti |
Élève d'Ildebrando Pizzetti, il s'impose d'abord comme compositeur avant de se consacrer à la direction d'orchestre, qu'il exerce avec une fidélité particulière à Teatro alla Scala de Milan, dont il est directeur artistique à la fin des années 1960. Son mandat s'achève quelques semaines avant la contestation de l'automne 1968, qui prend le théâtre pour cible.
Sa direction de la Messa da Requiem de Donizetti à Bergame en 1948 est présentée comme le point de départ de la redécouverte du compositeur bergamasque, et sa lecture d'Anna Bolena avec Maria Callas a ramené cet ouvrage au répertoire international.
Auteur d'essais, de journaux et de mémoires, il se qualifiait lui-même d'« écrivain irrégulier ». Membre de l'Accademia dei Lincei à partir de 1986, il fait l'objet en 2026, trente ans après sa mort, d'un programme de commémorations à Bergame.
Biographie
modifierFormation
modifierGianandrea Gavazzeni naît à Bergame le [1],[2],[n 1].
Il étudie au conservatoire Sainte-Cécile de Rome puis à celui de Milan, où il entre tôt en contact avec les compositeurs et les interprètes de la vie musicale de son temps. Élève d'Ildebrando Pizzetti, il s'affirme d'abord comme compositeur[1],[3].
Compositions
modifierLa Scala
modifierGavazzeni exerce son activité de chef avec une dévotion particulière au Teatro alla Scala ; selon les Archives historiques de Lombardie, sa direction a marqué et renouvelé l'interprétation du répertoire italien du XIXe siècle[1].
Il est directeur artistique du théâtre de 1966 à 1968[3],[5],[n 2]. Durant ces années, il programme des ouvrages de ses amis Gian Francesco Malipiero, Goffredo Petrassi et Luigi Dallapiccola, mise sur Donizetti — l'inauguration de 1967 est confiée à Claudio Abbado avec Lucia di Lammermoor — et organise les manifestations des centenaires de Monteverdi et de Rossini[5].
À l'automne 1968, les dirigeants du théâtre sont contestés : le surintendant Ghiringhelli, le secrétaire Luigi Oldani et des proches de Gavazzeni, comme le chef de chœur Roberto Benaglio et le directeur de production Bindo Missiroli, dont le poste avait été créé à son initiative. Le mouvement culmine le 7 décembre, lors d'une représentation de Don Carlo, quand le public est visé par des jets d'œufs à l'extérieur du théâtre — épisode devenu l'un des symboles de l'année 1968 en Italie. Gavazzeni n'était plus directeur artistique depuis le 1er septembre, Luciano Chailly lui ayant succédé, mais il comptait parmi les figures représentant l'institution[5].
Redécouverte de Donizetti
modifierEn 1948, Gavazzeni dirige à Bergame la Messa da Requiem de Donizetti, se plaçant ainsi à l'origine du phénomène dit de la renaissance donizettienne[6]. Les célébrations bergamasques de cette année-là lui donnent l'occasion de diriger des ouvrages demeurés presque inconnus, dont Il campanello[5].
Sa direction d'Anna Bolena avec Maria Callas est, selon la notice de son éditeur, toujours jugée mémorable et a ramené au répertoire international ce chef-d'œuvre oublié. En 1950, il assure la première exécution moderne du Turco in Italia de Rossini, avec Callas dans un emploi comique inattendu[6].
Il entretient par ailleurs un rapport suivi avec La favorita, qu'il dirige à Trieste en 1949, à la RAI de Milan en 1952, à la Scala en 1962 et en 1966, puis à Catane en 1970[5].
Dernières années
modifierGavazzeni paraît en public pour la dernière fois moins d'un mois avant sa mort, à Lugo, en Romagne, où il exhume L'aviatore Dro de Francesco Balilla Pratella. Un malaise survenu peu après, durant les répétitions de Caterina Cornaro au théâtre de sa ville, est suivi d'un diagnostic défavorable[7].
Il meurt le à son domicile de la via Porta Dipinta, à Bergame. Ses derniers jours sont assombris par l'incendie de La Fenice, à propos duquel il évoque avec sarcasme l'incapacité à conserver qu'il juge propre aux époques de décadence[7].
Écrits
modifierParallèlement à la direction d'orchestre, Gavazzeni mène une activité de critique musical, avec des contributions sur Donizetti, Pizzetti, Moussorgski et la musique russe du XIXe siècle[1].
Son œuvre d'essayiste et de diariste comprend Diario d'Edimburgo e d'America (1960), I nemici della musica (1965), Carta da musica (1968), Non eseguire Beethoven (1974), La bacchetta spezzata (1987) et Il sipario rosso (1992)[1]. L'Enciclopedia Treccani relève l'intérêt de ses livres de souvenirs, notamment Le campane di Bergamo (1963)[3].
Il se qualifiait lui-même d'« écrivain irrégulier ». Il n'épargnait ni les responsables politiques — mettant en cause en 1988 le ministre Carraro à propos des coupes budgétaires dans la musique — ni les metteurs en scène[6].
Discographie
modifierParmi les enregistrements réalisés sous sa direction figurent L'elisir d'amore de Donizetti (1967), Jérusalem (1963) et Simon Boccanegra (1973) de Verdi, ainsi que Cavalleria rusticana de Mascagni (1977)[4].
La Bibliothèque nationale de France conserve un ensemble important d'enregistrements placés sous sa direction[8].
Distinctions
modifierPostérité
modifierEn 2026, trente ans après sa mort, la Fondation Teatro Donizetti — avec le festival Donizetti Opera, la Fondation Vittorio-Polli et Anna-Maria-Stoppani et le Festival pianistique international de Brescia et Bergame — lui consacre un programme de manifestations s'étendant du au , comprenant rencontres, concerts et une exposition puisant dans les archives iconographiques de la fondation et dans les archives personnelles du chef[2].
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Plusieurs répertoires en ligne, dont des catalogues de bibliothèques francophones reproduisant une version antérieure du présent article, indiquent le 27 juillet 1909 ; les sources institutionnelles italiennes retiennent le 25 juillet.
- ↑ La Fondation Vittorio-Polli et Anna-Maria-Stoppani fait débuter le mandat en 1965 ; l'Enciclopedia Treccani et le Dizionario biografico degli italiani retiennent 1966.
Références
modifier- 1 2 3 4 5 (it) « Gavazzeni Gianandrea (Bergamo, 1909 luglio 25 — Bergamo, 1996 febbraio 5) », sur Archivi storici, Lombardia Beni Culturali (consulté le ).
- 1 2 (it) « A Gianandrea Gavazzeni. La musica, il gesto, la memoria 1996-2026 », sur Fondazione Teatro Donizetti (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 (it) « Gavazzèni, Gianandrea », sur Enciclopedia Treccani (consulté le ).
- 1 2 3 (en) « Gianandrea Gavazzeni : remembrance in Città Alta », sur Fondazione Vittorio Polli & Anna Maria Stoppani (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 (it) « Gavazzeni, Gianandrea », sur Dizionario biografico degli italiani, Treccani (consulté le ).
- 1 2 3 (it) « Gavazzeni, Gianandrea », sur SZ Sugar (consulté le ).
- 1 2 (it) « Gianandrea Gavazzeni : un ricordo », sur OperaClick (consulté le ).
- ↑ « Gianandrea Gavazzeni (1909-1996) », sur data.bnf.fr, Bibliothèque nationale de France (consulté le ).
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Alain Pâris, Dictionnaire des interprètes et de l'interprétation musicale au XXe siècle, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », , 1112 p. (ISBN 978-2-221-06660-7).
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressources relatives à la musique :
- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- Ressource relative au spectacle :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :