Giba (rivière)

rivière éthiopienne dans la région du Tigré

La Giba est une rivière du nord de l'Éthiopie, située dans la région du Tigré. Elle naît de la confluence du Genfel et du Sulluh, puis s'écoule vers l'ouest jusqu'au Tekezé. Elle appartient au bassin versant du Nil.

Giba
Illustration
Caractéristiques
Bassin collecteur Nil
Régime torrentiel
Cours
Source confluence du Genfel et du Sulluh
· Altitude 3 298 m
Embouchure Tekezé
Géographie
Pays traversés Drapeau de l'Éthiopie Éthiopie

Géographie

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Pont inférieur de la Giba.

La Giba prend naissance à la confluence du Genfel et du Sulluh, ce dernier prenant sa source dans les montagnes de Mugulat. Elle s'écoule ensuite vers l'ouest jusqu'au Tekezé[1].

Le futur lac Giba doit occuper la plaine où se rejoignent le Sulluh, le Genfel et la Agula'i. Cette retenue constituera alors la nouvelle source hydrologique de la Giba.

La Giba traverse ou longe plusieurs Woredas du Tigré[1]. Dans son cours supérieur, elle forme une limite entre Degua Temben et Enderta. Dans son cours moyen, elle marque une limite entre Degua Temben et Saharti Samre. Plus en aval, elle forme une limite entre Kola Temben et Abergele.

Réseau de drainage de la Giba.

Hydrographie

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La Giba est une rivière encaissée qui serpente localement dans une étroite plaine alluviale. Sa pente moyenne est d'environ m par kilomètre. Avec ses affluents, elle a creusé une gorge profonde dans les formations environnantes[2].

Bassin naturel sur la Giba.

Les principaux affluents de la Giba, de l'aval vers l'amont, comprennent la Tanqwa, le May Selelo, la rivière Zikuli, la rivière Gra Adiam, aussi appelée rivière Bitchoqo, la Zeyi, la rivière Inda Sillasie, la rivière Addi Keshofo, le May Gabat, l'Inda Anbesa, la rivière Ruba Bich'i, l'Hurura, la rivière Ilala, la rivière Qarano, la rivière Agula'i, le Genfel et le Sulluh[1].

Plusieurs de ces affluents possèdent eux-mêmes des sous-affluents, comme la Tsech'i, le May Qoqah, l'Arwadito et l'Adawro dans le bassin de la Tanqwa, le Mai Zegzeg, le May Harena, le May Sho'ate et le May Be'ati dans le bassin de l'Inda Sillasie, ou encore l'Afedena, le May Ayni et le Shimbula dans le bassin de l'Hurura[1].

Géologie

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La Giba dans le calcaire d'Antalo, près de son confluent avec le May Gabat.

Les blocs et galets présents dans le lit de la Giba peuvent provenir de l'ensemble de la partie amont du bassin versant. Dans les tronçons supérieurs, le lit contient surtout des fragments issus des unités lithologiques les plus élevées. Plus en aval, le cours d'eau présente un mélange plus complet de roches issues des formations traversées[3].

Les principales unités lithologiques représentées dans le bassin versant comprennent des bouchons en phonolite, des basaltes supérieurs et inférieurs, des dépôts lacustres interstratifiés, la formation Amba Aradam, le calcaire d'Antalo, le grès d'Adigrat, les dépôts glaciaires d'Edaga Arbi, ainsi que des alluvions quaternaires et des tufs d'eau douce[4].

Hydrologie

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Caractéristiques hydrologiques

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Le volume annuel total de ruissellement de la Giba est estimé à 558 millions de mètres cubes. Des débits de pointe pouvant atteindre 1 740 m3/s sont observés durant la seconde partie de la saison des pluies, en août, lors de fortes averses qui saturent les sols en plusieurs endroits. Le coefficient de ruissellement, c'est-à-dire la part des précipitations quittant directement le bassin sous forme de ruissellement, est d'environ 8 %[2].

Pont des années 1960 sur la Giba, à l'est de Debre Nazret.

Le transport annuel de sédiments par la Giba est estimé à 3,96 millions de tonnes. La concentration médiane de sédiments dans l'eau est de 10 g/l, mais elle peut atteindre 42 g/l. Les concentrations les plus élevées sont observées au début de la saison des pluies, lorsque les sols meubles et la poussière sont entraînés par le ruissellement vers la rivière[5].

Cette eau chargée en nutriments, appelée localement aygi, est réputée fortifiante pour le bétail qui est conduit au bord de la rivière[2]. La production moyenne de sédiments est estimée à 1 065 tonnes par kilomètre carré et par an. Les mesures ont été réalisées en 2006 et 2007 dans des stations installées sur la Giba et la Tanqwa, juste en amont de leur confluence[5].

Crues éclair

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Le ruissellement se manifeste principalement sous forme de crues éclair, caractérisées par des débits importants survenant en très peu de temps. Ces crues sont liées au relief marqué, à une végétation parfois peu dense et aux fortes pluies convectives. Le débit de pointe peut être 50 à 100 fois supérieur au débit de base antérieur. Ces crues se produisent souvent en soirée ou la nuit, car les averses convectives surviennent généralement l'après-midi[2].

Usages et environnement

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Évolution récente

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La Giba près de l'embouchure du May Gabat.

Les données issues de la reconnaissance aérienne pendant la Seconde Guerre mondiale montrent qu'environ 49 % du bassin était alors couvert de végétation ligneuse, contre 35 % en 2014. Cette végétation ralentissait le ruissellement, ce qui explique un coefficient de ruissellement plus faible : 5 % en 1935 contre 8 % en 2014. Les débits étaient donc plus faibles et le cours de la rivière plus étroit qu'aujourd'hui[6].

La Giba à Inda Mihtsun.

Jusque dans les années 1980, la pression environnementale est forte et une grande partie de la végétation disparaît. C'est durant cette période que la Giba atteint ses débits et sa largeur les plus importants. L'ampleur des crues diminue ensuite grâce aux aménagements réalisés dans le bassin versant.

À Gemgema, Afedena, May Be'ati et sur plusieurs versants escarpés, des zones mises en défens ont été aménagées. La végétation dense y favorise l'infiltration, réduit les crues et améliore le débit de base[7]. Des ouvrages de conservation des eaux et des sols, comme les digues en pierre et les barrages de correction torrentielle, interceptent également une partie du ruissellement[8],[9],[10],[11].

Agriculture irriguée

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L'irrigation dépend fortement du débit de base de la Giba, en complément des sources et des réservoirs. Cette agriculture irriguée contribue à la sécurité alimentaire et à la réduction de la pauvreté dans les vallées traversées par la rivière[2].

Les terres irriguées sont aménagées dans les étroites plaines alluviales qui bordent la Giba, principalement grâce à l'irrigation par pompage. On y cultive fréquemment des fruits tropicaux, car le climat des fonds de vallée y est plus chaud que dans les hauts plateaux environnants.

Transhumance

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Les fonds de vallée des gorges de la Giba, comme à Inda Mihtsun, sont utilisés comme zones de transhumance. Dans les hautes terres du Tigré, la transhumance a lieu pendant la saison des pluies estivales, lorsque les terres proches des villages sont cultivées. Les jeunes bergers conduisent le bétail jusqu'aux gorges et y passent la nuit dans de petites grottes. Ces secteurs sont attractifs en raison de la présence d'eau et d'une végétation semi-naturelle abondante[12].

Randonnée

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Des itinéraires de randonnée ont été aménagés de part et d'autre de la Giba[13]. Les sentiers ne sont pas balisés sur le terrain, mais peuvent être suivis à l'aide de fichiers GPX téléchargés[14].

Le trek 15 suit le cours moyen de la Giba. Le trek 22 traverse les gorges de la Giba à Debre Nazret, tandis que le trek G traverse les gorges à Amanit. Les randonnées S1 et S2 traversent les gorges de la Giba dans le woreda d'Abergele. Pendant la saison des pluies, des crues soudaines peuvent survenir ; il est déconseillé de suivre le lit de la rivière, et il peut être impossible de la traverser à gué[15].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 (en) M. Jacob et al., « Geo-trekking map of Dogu'a Tembien (1:50,000) », dans Geo-trekking in Ethiopia's Tropical Mountains - The Dogu'a Tembien District, SpringerNature, (ISBN 978-3-030-04954-6, lire en ligne)
  2. 1 2 3 4 5 (en) Amanuel Zenebe et al., « The Giba, Tanqwa and Tsaliet rivers in the headwaters of the Tekezze basin », dans Geo-trekking in Ethiopia's Tropical Mountains - The Dogu'a Tembien District, SpringerNature, (ISBN 978-3-030-04954-6, DOI 10.1007/978-3-030-04955-3_14, S2CID 199099067).
  3. (en) A. Sembroni, P. Molin et F. Dramis, « Regional geology of the Dogu'a Tembien massif », dans Geo-trekking in Ethiopia's Tropical Mountains — The Dogu'a Tembien District, SpringerNature, (ISBN 978-3-030-04954-6, lire en ligne).
  4. (en) J. Moeyersons et al., « Age and backfill/overfill stratigraphy of two tufa dams, Tigray Highlands, Ethiopia: Evidence for Late Pleistocene and Holocene wet conditions », Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, vol. 230, nos 1-2, , p. 162-178 (DOI 10.1016/j.palaeo.2005.07.013, Bibcode 2006PPP...230..165M).
  5. 1 2 (en) M. Vanmaercke et al., « Sediment dynamics and the role of flash floods in sediment export from medium-sized catchments: a case study from the semi-arid tropical highlands in northern Ethiopia », Journal of Soils and Sediments, vol. 10, no 4, , p. 611-627 (DOI 10.1007/s11368-010-0203-9, hdl 1854/LU-854315, S2CID 53365853, lire en ligne).
  6. (en) Amaury Frankl, Jan Nyssen, Morgan De Dapper et Mitiku Haile, « Linking long-term gully and river channel dynamics to environmental change using repeat photography (Northern Ethiopia) », Geomorphology, vol. 129, nos 3-4, , p. 238-251 (DOI 10.1016/j.geomorph.2011.02.018, Bibcode 2011Geomo.129..238F, lire en ligne Inscription nécessaire).
  7. (en) K. Descheemaeker et al., « Runoff on slopes with restoring vegetation: A case study from the Tigray highlands, Ethiopia », Journal of Hydrology, vol. 331, nos 1-2, , p. 219-241 (DOI 10.1016/j.still.2006.07.011, hdl 1854/LU-378900, lire en ligne).
  8. (en) Jan Nyssen, Jean Poesen, Desta Gebremichael et Karen Vancampenhout, « Interdisciplinary on-site evaluation of stone bunds to control soil erosion on cropland in Northern Ethiopia », Soil and Tillage Research, vol. 94, no 1, , p. 151-163 (DOI 10.1016/j.still.2006.07.011, hdl 1854/LU-378900, lire en ligne)
  9. (en) Gebeyehu Taye et al., « Evolution of the effectiveness of stone bunds and trenches in reducing runoff and soil loss in the semi-arid Ethiopian highlands », Zeitschrift für Geomorphologie, vol. 59, no 4, , p. 477-493 (DOI 10.1127/zfg/2015/0166, Bibcode 2015ZGm....59..477T)
  10. (en) J. Nyssen, M. Veyret-Picot, J. Poesen et J. Moeyersons, « The effectiveness of loose rock check dams for gully control in Tigray, Northern Ethiopia », Soil Use and Management, vol. 20, , p. 55-64 (DOI 10.1111/j.1475-2743.2004.tb00337.x, S2CID 98547102)
  11. (en) Etefa Guyassa et al., « Effects of check dams on runoff characteristics along gully reaches, the case of Northern Ethiopia », Journal of Hydrology, vol. 545, no 1, , p. 299-309 (DOI 10.1016/j.jhydrol.2016.12.019, Bibcode 2017JHyd..545..299G, hdl 1854/LU-8518957, lire en ligne).
  12. (en) Jan Nyssen, Katrien Descheemaeker, Amanuel Zenebe et Jean Poesen, « Transhumance in the Tigray highlands (Ethiopia) », Mountain Research and Development, vol. 29, no 3, , p. 255-264 (DOI 10.1659/mrd.00033, hdl 1854/LU-854326).
  13. (en) « Description of trekking routes in Dogu'a Tembien », dans Geo-trekking in Ethiopia's Tropical Mountains - The Dogu'a Tembien District, SpringerNature, (ISBN 978-3-030-04954-6, lire en ligne)
  14. « Public GPS Traces tagged with nyssen-jacob-frankl », sur OpenStreetMap.
  15. (en) Jan Nyssen, « Logistics for the Trekker in a Rural Mountain District of Northern Ethiopia », dans Geo-trekking in Ethiopia's Tropical Mountains, SpringerNature, coll. « GeoGuide », (ISBN 978-3-030-04954-6, DOI 10.1007/978-3-030-04955-3_37, S2CID 199198251), p. 537-556

Voir aussi

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