Tanqwa
La Tanqwa est une rivière du nord de l'Éthiopie, située dans les hautes terres du Tigré. Elle prend sa source dans les montagnes de Dogu'a Tembien, à environ 2 510 m d'altitude, et s'écoule vers l'ouest jusqu'à la Giba, qui rejoint ensuite le Tekezé. La Tanqwa appartient au bassin versant du Nil.
| Tanqwa | |
| Caractéristiques | |
|---|---|
| Bassin collecteur | Nil |
| Régime | torrentiel |
| Cours | |
| Source | montagnes de Dogu'a Tembien |
| · Altitude | 2 510 m |
| Embouchure | Giba |
| Géographie | |
| Pays traversés | |
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|
Géographie
modifierLa Tanqwa prend sa source dans les montagnes de Dogu'a Tembien et s'écoule vers l'ouest en direction de la Giba[1].
Au cours de son parcours, la Tanqwa traverse neuf municipalités et trois woredas, et constitue plusieurs limites administratives naturelles[1]. D'amont en aval, elle forme la limite entre Hagere Selam et Melfa, entre Lim'at et Melfa, entre Aregen et Melfa, entre Aregen et Degol Woyane, puis entre Aregen, à Dogu'a Tembien, et Geramba, à Kola Tembien. Elle traverse ensuite Abiy Addi avant de former une limite entre Kola Tembien et Abergele.

Hydrographie
modifierLa Tanqwa est une rivière encaissée qui serpente localement dans une étroite plaine alluviale. Sa pente moyenne est d'environ 25 m par kilomètre. Avec ses affluents, elle a creusé une gorge profonde dans les formations environnantes[2].

En amont d'Abiy Addi, ses principaux affluents sont la rivière Tsech'i, le May Qoqah, l'Arwadito et la rivière Adawro[1].
Hydrologie
modifierCaractéristiques hydrologiques
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Le volume annuel total de ruissellement du bassin versant est estimé à 41 millions de mètres cubes au niveau du pont d'Abiy Addi et à 79 millions de mètres cubes à la confluence avec la Giba, à Barashuwa. Des débits de pointe atteignant 543 m3/s sont observés durant la seconde partie de la saison des pluies, en août, lors de fortes averses qui saturent les sols en plusieurs endroits[2].
Le coefficient de ruissellement, c'est-à-dire la part des précipitations quittant directement le bassin sous forme de ruissellement, est d'environ 23 %. Ce taux est élevé par rapport à celui d'autres cours d'eau du bassin de la Giba. Il s'explique par la composition géologique du bassin de la Tanqwa, largement constitué de roches peu perméables, comme les basaltes d'Ashangi (en), les basaltes d'Alaji (en) et les roches du socle précambrien[2].
Le transport annuel de sédiments par la Tanqwa est estimé à 596 000 tonnes. La concentration médiane de sédiments dans l'eau est de 3,95 g/l, mais elle peut atteindre 68 g/l. Les concentrations les plus élevées sont observées au début de la saison des pluies, lorsque les sols meubles et la poussière sont entraînés par le ruissellement vers la rivière[3].
Cette eau chargée en nutriments, appelée localement aygi, est réputée fortifiante pour le bétail conduit au bord de la rivière[2]. La production moyenne de sédiments est estimée à 3 627 tonnes par kilomètre carré et par an. Les mesures ont été effectuées dans des stations installées à cet effet entre 2006 et 2007[3].
Crues éclair
modifierLe ruissellement se manifeste principalement sous forme de crues éclair, caractérisées par des débits importants survenant en très peu de temps. Ces crues sont liées au relief marqué, à la faible couverture végétale de certains versants et aux fortes pluies convectives. Le débit de pointe peut être 50 à 100 fois supérieur au débit de base antérieur. Ces crues se produisent souvent en soirée ou la nuit, car les averses convectives surviennent généralement l'après-midi[2].
Évolution récente
modifierLes données issues de la reconnaissance aérienne pendant la Seconde Guerre mondiale montrent qu'environ 63 % du bassin était alors couvert de végétation ligneuse, contre 32 % en 2014. Cette végétation ralentissait le ruissellement, ce qui explique un coefficient de ruissellement plus faible : 13 % en 1935 contre 23 % en 2014. Les débits de la rivière étaient donc plus faibles et son cours plus étroit qu'aujourd'hui[4].
Jusque dans les années 1980, la pression environnementale est forte et une grande partie de la végétation disparaît. C'est durant cette période que la Tanqwa atteint ses débits et sa largeur les plus importants. L'ampleur des crues diminue ensuite grâce aux aménagements réalisés dans le bassin versant.
Sur les versants escarpés, des zones mises en défens ont été créées. La végétation dense favorise l'infiltration, réduit les crues et améliore le débit de base[5]. Des ouvrages de conservation des eaux et des sols, comme les digues en pierre et les barrages de correction torrentielle, interceptent également une partie du ruissellement[6],[7],[8],[9].

Géologie
modifierLes blocs et les galets présents dans le lit de la Tanqwa peuvent provenir de l'ensemble de la partie amont du bassin versant. Dans les tronçons supérieurs, le lit contient surtout des fragments issus des unités lithologiques les plus élevées. Plus en aval, le cours d'eau présente un mélange plus complet de roches issues des formations traversées. Les principales unités lithologiques représentées dans le bassin versant comprennent des bouchons en phonolite, des basaltes supérieurs et inférieurs, des dépôts lacustres interstratifiés, la formation Amba Aradam, le calcaire d'Antalo, le grès d'Adigrat, les dépôts glaciaires d'Edaga Arbi et les roches du socle précambrien[10].
Activités
modifierTranshumance
modifierLe fond des vallées des gorges de la Tanqwa est utilisé comme zone de transhumance. Dans les hautes terres du Tigré, la transhumance a lieu pendant la saison des pluies estivales, lorsque les terres proches des villages sont cultivées. Les jeunes bergers conduisent le bétail jusqu'aux gorges et y passent la nuit dans de petites grottes. Ces secteurs sont attractifs en raison de la présence d'eau et d'une végétation semi-naturelle abondante[11].

Randonnée
modifierDes itinéraires de randonnée ont été aménagés de part et d'autre de la Tanqwa[12]. Les sentiers ne sont pas balisés sur le terrain, mais peuvent être suivis à l'aide de fichiers GPX téléchargés[13].
Le trek 6 suit le cours moyen de la Tanqwa, tandis que le trek 20 longe son cours supérieur. Pendant la saison des pluies, des crues soudaines peuvent survenir ; il est déconseillé de suivre le lit de la rivière, et il peut être impossible de la traverser à gué[14].
Notes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Tanqwa » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 3 (en) M. Jacob et al., Geo-trekking map of Dogu'a Tembien (1:50,000), SpringerNature, (ISBN 978-3-030-04954-6, lire en ligne)
- 1 2 3 4 5 (en) Amanuel Zenebe et al., « The Giba, Tanqwa and Tsaliet rivers in the headwaters of the Tekezze basin », dans Geo-trekking in Ethiopia's Tropical Mountains - The Dogu'a Tembien District, SpringerNature, (ISBN 978-3-030-04954-6, DOI 10.1007/978-3-030-04955-3_14, S2CID 199099067)
- 1 2 (en) M. Vanmaercke et al., « Sediment dynamics and the role of flash floods in sediment export from medium-sized catchments: a case study from the semi-arid tropical highlands in northern Ethiopia », Journal of Soils and Sediments, vol. 10, no 4, , p. 611-627 (DOI 10.1007/s11368-010-0203-9, hdl 1854/LU-854315, S2CID 53365853, lire en ligne)
- ↑ (en) Amaury Frankl, Jan Nyssen, Morgan De Dapper et Mitiku Haile, « Linking long-term gully and river channel dynamics to environmental change using repeat photography (Northern Ethiopia) », Geomorphology, vol. 129, nos 3-4, , p. 238-251 (DOI 10.1016/j.geomorph.2011.02.018, Bibcode 2011Geomo.129..238F, lire en ligne
) - ↑ (en) K. Descheemaeker et al., « Runoff on slopes with restoring vegetation: A case study from the Tigray highlands, Ethiopia », Journal of Hydrology, vol. 331, nos 1-2, , p. 219-241 (DOI 10.1016/j.still.2006.07.011, hdl 1854/LU-378900, lire en ligne)
- ↑ (en) Jan Nyssen, Jean Poesen, Desta Gebremichael et Karen Vancampenhout, « Interdisciplinary on-site evaluation of stone bunds to control soil erosion on cropland in Northern Ethiopia », Soil and Tillage Research, vol. 94, no 1, , p. 151-163 (DOI 10.1016/j.still.2006.07.011, hdl 1854/LU-378900, lire en ligne)
- ↑ (en) Gebeyehu Taye et al., « Evolution of the effectiveness of stone bunds and trenches in reducing runoff and soil loss in the semi-arid Ethiopian highlands », Zeitschrift für Geomorphologie, vol. 59, no 4, , p. 477-493 (DOI 10.1127/zfg/2015/0166, Bibcode 2015ZGm....59..477T)
- ↑ (en) J. Nyssen, M. Veyret-Picot, J. Poesen et J. Moeyersons, « The effectiveness of loose rock check dams for gully control in Tigray, Northern Ethiopia », Soil Use and Management, vol. 20, , p. 55-64 (DOI 10.1111/j.1475-2743.2004.tb00337.x, S2CID 98547102)
- ↑ (en) Etefa Guyassa et al., « Effects of check dams on runoff characteristics along gully reaches, the case of Northern Ethiopia », Journal of Hydrology, vol. 545, no 1, , p. 299-309 (DOI 10.1016/j.jhydrol.2016.12.019, Bibcode 2017JHyd..545..299G, hdl 1854/LU-8518957, lire en ligne)
- ↑ (en) A. Sembroni, P. Molin et F. Dramis, « Regional geology of the Dogu'a Tembien massif », dans Geo-trekking in Ethiopia's Tropical Mountains — The Dogu'a Tembien District, SpringerNature, (ISBN 978-3-030-04954-6, lire en ligne)
- ↑ (en) Jan Nyssen, Katrien Descheemaeker, Amanuel Zenebe et Jean Poesen, « Transhumance in the Tigray highlands (Ethiopia) », Mountain Research and Development, vol. 29, no 3, , p. 255-264 (DOI 10.1659/mrd.00033, hdl 1854/LU-854326)
- ↑ (en) « Description of trekking routes in Dogu'a Tembien », dans Geo-trekking in Ethiopia's Tropical Mountains - The Dogu'a Tembien District, SpringerNature, coll. « GeoGuide », (ISBN 978-3-030-04954-6, DOI 10.1007/978-3-030-04955-3, S2CID 199294303, lire en ligne)
- ↑ « Public GPS Traces tagged with nyssen-jacob-frankl », sur OpenStreetMap
- ↑ (en) Jan Nyssen, « Logistics for the Trekker in a Rural Mountain District of Northern Ethiopia », dans Geo-trekking in Ethiopia's Tropical Mountains, SpringerNature, coll. « GeoGuide », , 537-556 p. (ISBN 978-3-030-04954-6, DOI 10.1007/978-3-030-04955-3_37, S2CID 199198251)