Gouvernement Taillon II
| Gouvernement Boucher de Boucherville II | Gouvernement Taillon II | Gouvernement Flynn | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| 7e législature | 8e législature | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| 1892 | 1893 | 1894 | 1895 | 1896 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Le mandat du gouvernement de Louis-Olivier Taillon (2), devenu premier ministre du Québec pour la deuxième fois à la suite de la démission de son prédécesseur Charles-Eugène Boucher de Boucherville, s'étend du au . Au cours du gouvernement Ross et du deuxième mandat de Boucher de Boucherville, Taillon avait agi comme leader du gouvernement à l'Assemblée législative, parce que ceux-ci, membres du Conseil législatif, ne pouvaient y siéger. Il avait également dirigé un premier gouvernement de quatre jours en 1887 (voir Gouvernement Taillon I), défait par une motion de non confiance.
| Premier ministre | Louis-Olivier Taillon |
|---|---|
| Élection | 1892 |
| Législature | 8e |
| Formation | |
| Fin | |
| Durée | 3 ans, 4 mois et 25 jours |
| Parti politique | Parti conservateur |
|---|---|
| Ministres | 6 |
| Femmes | 0 |
| Hommes | 6 |
| Assemblée législative (1892) |
|
|---|
Caractéristiques
modifierLe gouvernement Taillon œuvre dans une conjoncture économique difficile et adopte une gestion austère, réduisant les dépenses héritées de l'ère Mercier et diminuant les subventions aux compagnies de chemin de fer[1]. Sa priorité est l'aide à l'agriculture : il accorde des subventions aux comités et aux coopératives agricoles ainsi qu'à la nouvelle école d'industrie laitière de Saint-Hyacinthe. Ces mesures, combinées à des hausses de taxes, se révèlent toutefois impopulaires[1].
Le Parti conservateur du Québec, comme celui du fédéral, est affaibli par la mort de John A. Macdonald et par la crise scolaire du Manitoba. Taillon croit lui venir en aide en passant sur la scène fédérale au printemps 1896 mais ne peut empêcher la défaite électorale du et, par la même occasion, la victoire du chef libéral Wilfrid Laurier[1].
L'emprunt français
modifierÀ l'été 1894, Taillon négocie un prêt de 4 millions de dollars avec la Banque de Paris et des Pays-Bas et le Crédit lyonnais. En désaccord avec ce prêt, John Smythe Hall démissionne du poste de trésorier provincial : il aurait voulu que Taillon s'adresse à une banque canadienne. La négociation de cet emprunt français met à dos une partie de l'élite anglophone du Québec, qui se mobilise à l'automne 1894 pour faire tomber le gouvernement. Celui-ci est sauvé par l'élection partielle de Compton, remportée par un ministériel.
La question des écoles du Manitoba
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La question des écoles du Manitoba, qui divise profondément le Parti conservateur à l'échelle canadienne, affaiblit aussi le gouvernement du Québec[1]. En 1895, Taillon se prononce contre une « loi réparatrice » immédiate concernant les écoles francophones au Manitoba. Il finit néanmoins par s'y rallier en 1896 lorsque Charles Tupper en fait un point central de son programme.
Le départ pour Ottawa
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Le , Taillon démissionne comme premier ministre pour joindre le cabinet fédéral de Charles Tupper à titre de ministre des Postes à la veille des élections fédérales[1]. Edmund James Flynn lui succède le même jour à la tête du gouvernement du Québec.
Chronologie
modifier- : assermentation du cabinet Taillon devant le lieutenant-gouverneur Joseph-Adolphe Chapleau.
- au : deuxième session de la 8e législature. Taillon dirige un gouvernement beaucoup plus terre à terre que le gouvernement Mercier. La plupart des projets de loi déposés restent en suspens.
- : inauguration du chemin de fer reliant Chicoutimi au lac Saint-Jean.
- au : troisième session de la 8e législature. On y annonce la création de cercles agricoles dans les campagnes et une aide à l'école d'industrie laitière de Saint-Hyacinthe. La priorité du gouvernement est le développement de l'agriculture.
- : Taillon négocie un prêt de 4 millions de dollars avec la Banque de Paris et des Pays-Bas et le Crédit lyonnais. En désaccord avec ce prêt, John Smythe Hall démissionne du poste de trésorier provincial.
- : l'élite anglophone, mécontente du prêt français, se mobilise pour faire tomber le gouvernement. Celui-ci est sauvé par l'élection partielle de Compton, remportée par un ministériel.
- : mort d'Honoré Mercier. Félix-Gabriel Marchand devient le nouveau chef du Parti libéral.
- : les députés anglophones du Parti conservateur se solidarisent avec le gouvernement lors de la quatrième session de la 8e législature. Celle-ci est surtout marquée par la crise scolaire au Manitoba.
- 1895 : Taillon se prononce contre une « loi réparatrice » immédiate concernant les écoles francophones au Manitoba.
- : Charles Tupper devient premier ministre du Canada et déclenche des élections pour le . L'un des points de son programme consiste en l'adoption d'une loi réparatrice au Manitoba.
- : Taillon démissionne pour se présenter comme candidat conservateur au fédéral, désormais en accord avec la loi réparatrice. Chapleau demande à Edmund James Flynn de former le prochain gouvernement[1],[2].
Composition
modifierTaillon cumule le poste de président du Conseil exécutif jusqu'en 1895, puis celui de trésorier à plusieurs reprises. Plusieurs portefeuilles connaissent des permutations entre Edmund James Flynn et Thomas Chase-Casgrain.
- Premier ministre : Louis-Olivier Taillon
- Président du Conseil exécutif : Louis-Olivier Taillon (1892-1895), Michael Felix Hackett (1895-1896)
- Agriculture et Colonisation : Louis Beaubien
- Travaux publics : Guillaume-Alphonse Nantel
- Terres de la Couronne : Edmund James Flynn
- Procureur général : Edmund James Flynn (1892), Thomas Chase Casgrain (1892-1896)
- Secrétaire provincial : Louis-Philippe Pelletier
- Trésorier : John Smythe Hall (1892-1894), Louis-Olivier Taillon (1892 et 1894-1896)
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 « TAILLON, sir LOUIS-OLIVIER », sur Dictionnaire biographique du Canada (consulté le )
- ↑ « Edmund James Flynn », sur Assemblée nationale du Québec (consulté le )
Bibliographie
modifier- Jacques Lacoursière, Histoire populaire du Québec, t. III, Septentrion, .
- Paul-André Linteau, René Durocher et Jean-Claude Robert, Histoire du Québec contemporain, t. I, Boréal Express, .
- Robert Rumilly, Histoire de la province de Québec.