Grotte de Font-de-Gaume

grotte ornée et touristique dans la Dordogne, France

La grotte de Font-de-Gaume est une grotte ornée située dans l'ancienne commune des Eyzies-de-Tayac (commune nouvelle des Eyzies), en Dordogne, en France. Elle abrite plus de 200 gravures et peintures pariétales du Magdalénien et de l'Azilien. La grotte de Font-de-Gaume est l'une des dernières grottes ornées majeures de France présentant des œuvres polychromes qui soit ouverte au public. Les figures sont très variées mais leur état de conservation est inégal. La grotte est l'un des quinze « sites préhistoriques et grottes ornées de la vallée de la Vézère » inscrits au Patrimoine mondial de l'UNESCO en 1979.

Grotte de Font-de-Gaume
Relevé de peinture polychrome de loup
réalisé par Henri Breuil
Localisation
Coordonnées
Pays
Région
Département
Commune
Vallée
La Beune
Voie d'accès
D47
Caractéristiques
Type
Longueur connue
125 m
Occupation humaine
Patrimonialité
Site web
Logo du patrimoine mondial Patrimoine mondial
Site du Bien
Identifiant
Année d'inscription
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Historique

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Les figures pariétales ont été découvertes le par Denis Peyrony, Louis Capitan et son élève Henri Breuil, quatre jours seulement après celles de sa proche voisine, la grotte des Combarelles. Le fouilleur Armand Pomarel accompagnant les préhistoriens lors de la découverte de la grotte des Combarelles leur signala l'intérêt de cette nouvelle grotte. La grotte était toutefois déjà connue par les habitants de la région et servait de terrain de jeu aux enfants, d'où la présence de graffitis sur quelques peintures[1]. Dès l'année suivante, en 1902, la grotte a été classée au titre des monuments historiques[2].

Des fouilles y ont été entreprises par Denis Peyrony et Henri Breuil, puis par François Prat de 1958 à 1964 et en 1967. Les vestiges lithiques mis au jour renvoient essentiellement au Châtelperronien et à l'Aurignacien, plus rarement au Moustérien, au Solutréen et au Magdalénien.

Géologie

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Font-de-Gaume est creusée à la périphérie d'un massif calcaire datant du Coniacien ou du Santonien (Crétacé supérieur). La morphologie en haute diaclase est formée dans des calcaires gréseux où se trouvent des concrétions[3]. C'est l'écoulement des eaux souterraines qui a peu à peu creusé la grotte. De nos jours, la grotte est considérée comme sèche, même si se voient quelques écoulements sur certaines parois.

Description

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La grotte s'ouvre à mi-hauteur d'une falaise de calcaire. Elle se présente comme un couloir relativement étroit de 125 mètres de long pour deux à trois mètres de large et jusqu'à huit mètres de haut. Les premières figures apparaissent à une soixantaine de mètres de l'entrée, après une étroiture surnommée le Rubicon. Celle-ci a probablement contribué à leur conservation en limitant les circulations d'air, bien que la cavité ait toujours été accessible et ouverte. D'autres œuvres étaient peut-être présentes entre l'entrée et l'étroiture, mais elles ont été effacées au fil du temps, à l'exception de quelques traces de gravures.


Art pariétal

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La grotte compte plus de 200 gravures et peintures pariétales, dont certaines sont polychromes[4]. Il s'agit de signes géométriques (tectiformes, quadrilatères, signes en X), d'animaux (aurochs, bisons, mammouths, chevaux, mais aussi lion et loup) et de quelques figures anthropomorphes (vulves, silhouette). Les couleurs noires et rouges sont obtenues à partir de pigments naturels, appliqués par tamponnage et par soufflage[5].

Le renne est bien représenté, avec notamment deux individus « affrontés » au centre de la paroi gauche (voir dessin ci-dessous). Dans une composition associant gravure et peinture, deux individus se font face : celui de gauche, debout, a de grands bois brun et semble lécher le front de celui de droite, agenouillé et doté de petits bois rouges. Cette scène a fait l'objet de nombreuses interprétations contradictoires mais pourrait représenter une parade sexuelle.

En l'absence de datation absolue, les œuvres de Font-de-Gaume avaient été attribuées au Magdalénien, sur la base de comparaisons stylistiques, et avaient été datées entre environ 18 000 et 16 000 ans avant le présent (AP)[6]. Une étude de 2026 révèle que des datations directes ont pu être effectuées sur deux dessins réalisés avec du carbone, probablement du charbon de bois, permettant de préciser que le bison aurait été peint entre 13 461 et 13 162 ans calAP et les lèvres du masque entre 15 981 et 14 246 ans calAP, ces deux figures ayant donc été peintes à deux périodes séparées de près de 2 000 ans (Magdalénien récent puis Azilien)[6],[7],[8].

Galerie

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Protection

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Depuis 1979, le site est inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO, parmi les quinze gisements archéologiques et grottes ornées de la région listés sous le nom de « Sites préhistoriques et grottes ornées de la vallée de la Vézère »[9].

Visites

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Le site est géré par le Centre des monuments nationaux. La grotte de Font-de-Gaume est ouverte au public. Si le nombre de visiteurs a pu atteindre par le passé 1 000 à 2 000 personnes par jour, il a été réduit à 340 dans les années 1990 et est limité depuis 2013 à 78 par jour. Les œuvres sont dans un état de conservation stable grâce à cette limitation car, comme l'indique son conservateur : « on a défini ce seuil d'équilibre à partir duquel la hausse de température ne se cumule pas à celle enregistrée la veille — la cavité peut "récupérer" durant la nuit  »[1]. La visite s'effectue par groupes de treize personnes, à raison d'un groupe par heure.

Notes et références

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  1. 1 2 Adrien Vergnolle, « Pouvoir vivre cette émotion est un vrai privilège », « Font-de-Gaume ne s'efface pas », Sud Ouest édition Dordogne, 22 août 2015, p. 14-15
  2. « Grotte de Font-de-Gaume (grotte du Sourd) », notice no PA00082550, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. [Vidal 1987] Pierre Vidal (préf. Bernard Gèze), Cavernes en Périgord - Tourisme, spéléologie (textes inédits et de synthèse de Bernard Pierret. Supplément à "Spéléodordogne. Bull. du spéléo", Club de Périgueux), Périgueux, éd. Pierre Fanlac, (ISBN 978-2865771158), p. 45
  4. [Leroi-Gourhan 1988] André Leroi-Gourhan, « Font-de-Gaume », dans A. Leroi-Gourhan (dir.), Dictionnaire de la Préhistoire, Paris, éd. PUF, , p. 410-411
  5. [Breuil 1952] Henri Breuil, Quatre cents siècles d'art pariétal : les cavernes ornées de l'Âge du Renne, Montignac, Centre d’Études et de documentation préhistoriques, , 419 p. (présentation en ligne)
  6. 1 2 « En Dordogne, des peintures paléolithiques datées grâce au carbone », Sud Ouest édition Dordogne, , p. 8
  7. « Premières datations absolues de peintures paléolithiques en Dordogne », sur CNRS,
  8. (en) Ina Reiche, Lucile Beck, Ingrid Caffy, Yvan Coquinot, Matthias Alfeld et al., « Radiocarbon dating and chemical imaging of carbon black–based Paleolithic cave art in the Dordogne region (France) », PNAS, vol. 123, no 12, , article no e25247511 (DOI 10.1073/pnas.252475112)
  9. Cartographie

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Pierre Vidal, « Le problème de la conservation des grottes préhistoriques : L'exemple de Font-de-Gaume », Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, t. 94, no 3, , p. 154-165 (lire en ligne)
  • Paulette Daubisse, Pierre Vidal, Jean Vouvé et Jacques Brunet (préf. Jean Vouvé), La grotte de Font-de-Gaume : Art pariétal, protection, conservation et intervention, Périgueux, Pierre Fanlac, , 48 p. (ISBN 2-86577-069-9)
  • Jean-Jacques Cleyet-Merle, La grotte de Font-de-Gaume, Paris, Éditions du Patrimoine, Centre des Monuments Nationaux, coll. « Regards... », , 64 p. (ISBN 978-2-7577-0371-7, ISSN 1960-3304)

Articles connexes

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Liens externes

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Vidéos

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  • Font de Gaume - Construction et enjeux symboliques, de SFRS/CERIMES (prod.) et de Hervé Lièvre (réal.), 1996, 20 min [voir en ligne]
  • Corpus de Font de Gaume, de SFRS/CERIMES (prod.) et de Hervé Lièvre (réal.), 1993, 20 min [voir en ligne]