Guerre des Trois Henri

La guerre des Trois Henri désigne un conflit politique déterminant qui se déroule de 1587 à 1589 dans le royaume de France, durant la huitième et dernière guerre de Religion, et impliquant trois principaux protagonistes :

Guerre des Trois Henri
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Représentations des assassinats d'Henri de Guise (1588) et d'Henri III de France (1589).
Informations générales
Date 1587-1589
Lieu Royaume de France
Casus belli Guerre de religion
Succession au trône de France
Issue Accession d'Henri III de Navarre au trône de France
Belligérants
Huguenots Maison de Valois Ligue catholique
Commandants
Henri III de Navarre Henri III de France Henri Ier de Guise

Guerres de Religion (France)

Cette rivalité aboutie à l'assassinat d'Henri III de France en 1589, par le moine dominicain ligueur Jacques Clément, en réaction à l'assassinat du duc Henri de Guise l'année précédente, ordonné par le roi de France. Ce régicide met un terme à la dynastie des Valois, et provoque l'accession au trône de France du roi de Navarre Henri III sous le nom d'Henri IV, en tant que premier monarque de la maison capétienne de Bourbon, qui met fin aux guerres de Religion et pacifie le pays en 1598.

Déroulement

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La guerre est initiée par Philippe II d'Espagne pour empêcher la France d'intervenir contre l'armée espagnole aux Pays-Bas et contrarier son projet d'invasion de l'Angleterre. Elle commence quand la Ligue catholique, dans le contexte de la huitième et dernière guerre de Religion, convainc le roi Henri III de publier un édit interdisant le protestantisme dans le royaume et annulant le droit au trône d'Henri de Navarre ; Henri III a probablement été influencé par son favori Anne de Joyeuse : l'édit de Nemours () révoque tous les édits de tolérance en faveur des protestants et interdit le culte réformé. Le roi Henri III est acculé à la guerre car son cousin et beau-frère, le roi Henri III de Navarre, ne peut pas supporter de voir ses droits au trône de France abolis. En effet, le roi de Navarre de la maison capétienne de Bourbon, duc de Vendôme et chef des huguenots, soutenu par Élisabeth Ire d'Angleterre et les princes protestants d'Allemagne, est l'héritier légitime du trône de France à partir de la mort de François d'Alençon en 1584, en tant que premier prince du sang.

Henri de Guise commande les troupes qui font face aux protestants allemands. Charles de Mayenne, son frère, doit s'opposer à Henri de Navarre. Il assiège en vain Castillon. Le roi Henri III reste en réserve entre les deux[1].

L'exécution de la catholique l'ancienne reine d'Écosse catholique Marie Stuart (), sur ordre de la reine d'Angleterre protestante Élisabeth Ire, attise le conflit.

À la bataille de Coutras (), Henri de Navarre bat l’armée royale commandée par le duc Anne de Joyeuse, qui meurt dans la bataille. Mais à la bataille de Vimory (), le duc de Guise écrase les mercenaires allemands et suisses engagés par les protestants. Le duc de Guise en tire un grand prestige à Paris, alors que le roi est critiqué pour avoir fait venir des mercenaires étrangers.

Comme les postes de gouverneurs de Normandie et de Picardie sont disponibles du fait des morts respectives de duc Anne de Joyeuse au combat et subitement de Henri Ier de Bourbon-Condé, le duc de Guise demande au roi la Normandie pour lui-même et la Picardie pour son cousin Charles Ier d'Aumale, mais le roi refuse.

Malgré l'interdiction formelle du roi et en raison de sa popularité, le duc de Guise entre dans Paris le . Il prend une part active à la journée des barricades () : après la mort d’une soixantaine de soldats, le roi doit fuir Paris par la porte Neuve à Saint-Cloud tout d'abord, puis vers Chartres, Rouen et enfin le château de Blois

Le roi est aussi en situation difficile en raison de l'envoi le par Philippe II d'Espagne de l'Invincible Armada pour envahir l'Angleterre. Dès lors en position de force, le duc de Guise fait signer au roi l’édit d'union le , où le roi s'engage à ne jamais conclure « aucune paix ou trêve avec les hérétiques ». Le duc se fait nommer lieutenant-général du royaume.

Après la défaite de l'Invincible Armada le , le roi convoque les États généraux à Blois qui ouvrent le .

Henri III poussant du pied le cadavre du duc de Guise, peinture romantique de Charles Durupt, musée des beaux-arts de Blois (1832).

Le duc de Guise a prévu d'assassiner le roi et de se saisir du trône, mais le roi frappe le premier et fait tuer le duc de Guise le , ainsi que le frère de ce dernier, le cardinal Louis II de Lorraine, le lendemain . Il fait aussi arrêter la famille des Guise et les ligueurs.

Une nouvelle guerre ouverte éclate entre les royalistes et la Ligue catholique. Paris se délie de l'obligation d'obéir au roi. La plupart des villes se révoltent à l'exception de celles du Val-de-Loire et Bordeaux. Le frère du duc de Guise, Charles de Mayenne prend la direction des troupes de la Ligue et essaie de prendre Blois et Tours. Henri III doit faire appel au roi de Navarre protestant et à ses troupes en promettant de protéger les protestants. Cela inverse le sens de l'histoire et ils s'apprêtent à essayer de reprendre Paris.

Mais le , le moine dominicain ligueur Jacques Clément demande une audience privée au roi à Saint-Cloud. Il assassine Henri III en le poignardant mortellement au bas-ventre, avant d'être tué par les gardes du corps du roi. Le monarque décède le lendemain après avoir, en l'absence de fils et héritier naturel, désigné son cousin le roi Henri de Navarre comme son successeur sur le trône.

Conséquences

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Le régicide d'Henri III met ainsi un terme à la dynastie des Valois, branche cadette de la dynastie capétienne qui a régné sur le royaume de France de 1328 à 1589. Henri de Navarre, devenu roi de France sous le nom d'Henri IV après l'assassinat de son cousin, est donc le dernier survivant des Trois Henri, et le premier monarque français de la maison capétienne de Bourbon.

Avec la mort de, la coalition autour du défunt roi éclate. De nombreux royalistes catholiques refusent de servir le protestant Henri de Navarre, et l'armée se retire de Paris.

Henri de Navarre doit reprendre le combat. Il renonce à assiéger Paris, mais il est vainqueur de Charles de Mayenne le lors de la bataille d'Arques. Il reprend plusieurs villes et il bat à nouveau les Ligueurs et les Espagnols à bataille d'Ivry le .

Il abjure solennellement le protestantisme, le en la basilique Saint-Denis. Il est rejoint par des nobles et des troupes catholiques. Il connait de nouveaux succès et il est sacré roi le en la cathédrale Notre-Dame de Chartres, car Reims, la ville traditionnelle des sacres, est encore occupée par la Ligue.

Il entre dans Paris que les Espagnols évacuent le . Il accorde un large pardon aux ligueurs repentis. L'absolution que lui accorde le pape Clément VIII le , lui assure le ralliement progressif de toute la noblesse et du reste de la population. Il reste cependant des opposants, tel Jean Châtel qui tente d'assassiner le roi près du Louvre le . Henri IV bat de manière définitive l'armée de la Ligue à la bataille de Fontaine-Française.

Après la fin de cette guerre civile, et même s'il y aura des guerres contre l'Espagne et la Savoie, Henri IV inaugure une période d'essor économique et de paix intérieure. Il met fin aux guerres de Religion et pacifie le pays en promulguant l'édit de Nantes en 1598, avant d'être assassiné en 1610, après avoir régné plus de vingt ans sur le royaume de France.

Références

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  1. ↑ « LES VALOIS », sur chrisagde.free.fr (consulté le ).

Bibliographie et webographie

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  • Association « Henri IV 1989 », Avènement d'Henry IV, quatrième centenaire, vol. 1 : Quatrième centenaire de la bataille de Coutras. Colloque de Coutras, [16-18 octobre 1987] ; organisé par le Groupe de recherches archéologiques et historiques de Coutras (GRAHC), Pau, Henri IV 1989, , 245 p. (ISBN 2-906483-11-7).
  • Jean-Pierre Babelon, Henri IV, Paris, Fayard, , 1103 p. (ISBN 2-213-01201-6, présentation en ligne).
  • Pierre Chevallier, Henri III : roi shakespearien, Paris, Fayard, , 751 p. (ISBN 2-213-01583-X).
  • Tatiana Debbagi Baranova, « Préparer la guerre dans l'incertitude : Le cas de la Déclaration du Roy de Navarre contre les calomnies publiées es protestation de ceux de la Ligue (1585) », Les Dossiers du Grihl « Agir au futur. Attitudes d’attente et actions expectatives », nos 2017-01,‎ (DOI 10.4000/dossiersgrihl.6561, lire en ligne).
  • Arlette Jouanna, Jacqueline Boucher, Dominique Biloghi et Guy Le Thiec, Histoire et dictionnaire des guerres de Religion, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », , 1526 p. (ISBN 2-221-07425-4, présentation en ligne).

Articles connexes

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Liens externes

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