Hôtel des Neuchâtelois

L'Hôtel des Neuchâtelois est une ancienne station d'observation de l'évolution glaciaire située dans l'Oberland bernois, en Suisse. Elle a été construite par l'équipe d'Agassiz dans le but de prouver la théorie glaciaire. C'est un abri sous roche, aménagé en 1840 sur la moraine médiane du glacier de l'Unteraar (Unteraargletscher), à environ 2'400 mètres d'altitude, localisé à l'ouest de l'Hospice du Col du Grimsel.

Les précurseurs de la théorie glaciaire

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Au commencement du 18e siècle, Johann Jakob Scheuchzer (1672-1733), de Zurich, propose une théorie du mouvement des glaciers dit de la dilatation et du glissement. Il observe que l'eau s'infiltrant dans les fissures puis gelant se dilate. Ce phénomène exerce une telle pression que le glacier se déplace[1]. En 1760, Gottlieb Sigmund Gruner (1717-1778), émet l'idée que le glacier avance en glissant sur le fond, mais sans dilatation. A la même année, sans consulter Gruner, Horace Bénédict de Saussure (1740-1799), de Genève, imagine la théorie du glissement des glaciers. André-César Bordier (1746-1802)[2], de Genève, pasteur renonçant, considère que les glaciers sont un amas de matière coagulée flexible. Bernhard Friedrich Kuhn (1762-1825)[3], de Berne, pasteur, avocat, membre fondateurs de la Société bernoise des sciences naturelles en 1786, suppose un mouvement et une extension glacière. John Playfair (1748-1819) et James Hutton (1726-1797), géologues écossais, sont sans doute les premiers à expliquer la formation des vallées en V, par érosion fluviale et des blocs erratiques sur d'anciens glaciers.

Les pionniers de la théorie glacière

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Il faut attendre les observations du valaisan Jean-Pierre Perraudin (1767-1858), charpentier de Lourtier (Val de Bagnes VS), pour que cette science se concrétise. Il est un des premiers à comprendre concrètement le phénomène des glaciers et de ses corrélations. Il observe que les blocs erratiques sont des rochers arrachés aux montagnes et transportés par les glaciers, autrefois beaucoup plus étendus. Il s'aperçoit que les stries sur les roches sont creusées par des cailloux bloqués dans la glace en mouvement. Aussi au printemps 1818, il constate que dans la vallée le débit de la Dranse de Bagnes est plus faible que d'habitude à cette saison. Il monte au glacier du Giétroz et découvre qu'un barrage de glace s'est formé, au-dessus de Mauvoisin dans le Val de Bagnes (VS). Soupçonnant un danger, Perraudin fait part de ses observations à Ignace Venetz (1788-1859), ingénieur cantonal valaisan (1816-1837).

En mai 1818, celui-ci, est envoyé par les autorités afin d'évaluer la problématique du barrage nouvellement formé par le glacier du Giétroz. Le caractère menaçant de la retenue d'eau pousse Venetz à prévenir la population, et à entreprendre le percement d'une galerie afin de vidanger les eaux du lac. Mais le 16 juin 1818, le barrage cède : c'est la « Débâcle du Giétro ». Les 20 millions de mètres cubes d'eau sont libérées brutalement dans la gorge de Mauvoisin qui atteint 30 mètres de hauteur. Puis la crue dévaste le Val de Bagnes, en passant 15 km plus bas par Le Châble, avec un mur d'eau d'une quinzaine de mètres de hauteur, s'amenuisant jusqu'à Martigny. Il y aura une quarantaine de mort.

En 1815, ces réflexions sur le mouvement des glaciers sont reprises par l'ingénieur des mines Jean de Charpentier (1786-1855), directeur des Salines de Bex (VD), au nord de Martigny. Il entame des recherches en 1841 sur les gigantesques blocs erratiques de Monthey (VS), « La Pierre des Marmettes » portant une cabane, se trouve sur le parking de l'hôpital de Monthey. Ceux de Bex (VD) dit « Le Bloc Monstre », et de la Pierra Besse se situent sur la colline du Montet, au-dessus des Salines de Bex.

Franz Joseph Hugi (1791-1855), géologue de Granges/Grenchen (SO), s'intéresse aussi au phénomène des glaciers, et fonde la Société soleuroise des sciences naturelles en 1823. En construisant son refuge dès 1827 sur la moraine du glacier de l'Unteraar, il se positionnera plus tard comme un rival d'Agassiz qui construit le sien en 1840 seulement[4].

Puis Louis Agassiz-Braun (1807-1873), vaudois d'origine et neuchâtelois d'adoption, se laisse convaincre par Jean de Charpentier et en 1837, il entreprend des recherches concrètes sur le mouvements des glaciers[5].

Agassiz et sa théorie glaciaire

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En dehors de son enseignement et de ses études zoologiques sur les poissons fossiles, Louis Agassiz (1807-1873), fondateur de l'Académie de Neuchâtel (actuellement UniNE), où il est professeur de sciences naturelles (1832-1846), commence à s'intéresser à la géologie.

En 1836, il est invité à passer un séjour de cinq mois à Bex (VD) chez son collègue Jean de Charpentier. Ensemble, ils explorent la région du Chablais vaudois, découvrent des blocs de granite qui sont la preuve du passage de glaciers antédiluviens. De retour à Neuchâtel, Agassiz continue ses investigations sur la côte de Chaumont où il découvre d'innombrables blocs erratiques en granite et autres vestiges de moraines[6], notamment le bloc de Pierrabot.

Le 24 juillet 1837, lors de la réunion annuelle de la Société helvétique des sciences naturelles, qui a lieu à Neuchâtel, il surprend vivement l'assemblée en présentant sa théorie de la période glaciaire. Il affirme qu'à l'âge quaternaire (-2,6 Ma jusqu'à -10'000 ans), la glace est étendue sur toute l'Europe. L'auditoire, offusquée par cette assertion, déplore que ce zoologiste célèbre pour l'étude des poissons fossiles s'égare dans le domaine de la géologie qu'il maîtrise moins bien. Un des auditeurs les plus choqué par cette thèse, est Léopold von Buch (1774-1853), allemand d'origine, un des plus célèbres géologues de son temps, quitte la réunion. C'est un adepte du neptunisme puis du plutonisme, deux théories géologiques aujourd'hui jugées obsolètes[7].

L'aventure de l'« Hôtel des Neuchâtelois » devait naître de ce conflit d'opinions, et universaliser la théorie des glaciations de ses prédécesseurs. Après cette mémorable réunion, Louis Agassiz décide de chercher les preuves pour étayer sa théorie glaciaire.

Début août 1838 : 1ère campagne : vallée du Hasli (Haslital)

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C'est alors qu'il choisit d'organiser en début août 1838, sa première campagne d'exploration en se rendant par Meiringen (BE) dans l'Oberland bernois, par la vallée du Hasli, où coule l'Aar, en montant jusqu'au du col du Grimsel, proche du glacier de l'Unteraar (Unteraargletscher). Il est accompagnés de cinq camarades[8],[9] :

- Edouard Desor (1811-1882), son secrétaire, neuchâtelois d'adoption.

- Joseph Dinkel (1806-1891), autrichien, son dessinateur, connu pour ses illustrations de spécimens scientifiques notamment pour des œuvres d'Agassiz.

- Max Braun-Nisbett (1814-1883), allemand, ingénieur des mines à Karlsruhe, beau-frère d'Agassiz.

- Jules Lerch-Coulin (1818-1896), médecin et botaniste, d'Affortern (BE), né à Neuchâtel, mort à Couvet (NE).

- Charles-Jules de Pury (1821-1843), neuchâtelois, candidat en théologie, né à Corcelles (NE), mort étudiant à Berlin.

De plus, plusieurs géologues européens, dont le plus connu est l'anglais William Buckland (1784-1856) de l'Université d'Oxford, viennent lui rendre visite en 1838 et 1840.

Fin août 1838 : 2e campagne : Chamonix : Massif du Mont Blanc

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Le temps de rentrer à Neuchâtel, on décide de repartir pour la deuxième campagne. Agassiz choisit de se diriger pour la chaîne du Mont-Blanc. Outre les membres de l'expédition précédente, la caravane compte plusieurs artistes et un médecin de Bergame le Dr. Morell. Fin août 1838, ce petit monde se rend d'abord à Bex (VD) chez son ami Jean de Charpentier. Puis, par la Vallée du Trient (VS) (Salvan, Le Trétien, Finhaut), en passant par Vallorcine en Haute-Savoie, on se rend dans la Vallée de Chamonix. Ce que l'on appelle aujourd'hui « Route des Diligences », entre Vernayaz et Chamonix. De là, la caravane monte au Glacier des Bois (ou Mer de Glace), situé sur le versant septentrional du Massif du Mont-Blanc, afin d'y observer les phénomènes étudiés. Pour le retour, on passe par le col de Balme (2'200 m.) et le village de Trient, puis par le col de la Forclaz (1'500 m.). Agassiz résume le bilan de son été 1838 ainsi : « Depuis que j'ai vu les glaciers, je suis d'humeur tout à fait neigeuse[10]. »

Eté 1839 : 3e campagne : Zermatt : Massif du Mont Rose

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Le 9 août 1839, Agassiz choisit de se rendre à Zermatt pendant cinq jours, pour explorer les glaciers du Mont Rose. Il est accompagné de :

- Bernhard Studer (1794-1887), géologue bernois, un des premier géologue de son temps.

- Célestin Nicolet (1803-1871), géologue et botaniste.

- Charles Lardy (1780-1858), ami de Jean de Charpentier à Bex (VD), auteur de la première carte géologique du canton de Vaud (1852).

- Pache.

- Joseph Bettanier (1817-1882), dessinateur et lithographe français, auteur des vues des glaciers et de l'« Hôtel des Neuchâtelois ».

- Edouard Desor (1811-1882).

Pour se rendre à Zermatt, la caravane de cette 3e campagne de l'été 1839, rejoint Thoune. Puis elle monte la vallée jusqu'à Kandersteg, le col de la Gemmi (2'200 m.), et descend à Loèche-les-Bains. Et descend sur la Vallée du Rhône, remonte par Visp/Viège le Vispertal, et la Vallée de Zermatt (ou vallée de Saint-Nicolas) (Mattertal/Nikolaital), jusqu'à Zermatt où la caravane passe quelques jours avec son guide Joseph Brantschen (1801-1866)[11]. Pour le retour, Agassiz choisit de faire un crochet par le col du Grimsel par la Vallée de Conches (Goms), afin d'atteindre la région de sa 1ère campagne de l'année précédente. Il voulait voir le glacier de l'Unteraar (Unteraargletscher), où Franz Joseph Hugi (1791-1855) le géologue soleurois, son rival, a installé sur l'immense moraine médiane, son refuge en 1827 déjà, dans le but de d'y étudier ce glacier. Il découvre dans un coin de son refuge érigé d'une voûte fermée par un mur en pierres sèches, une bouteille contenant des notes personnelles précieuses sur le mouvement du glacier : « 1827 : Construction de ma cabane. 1830 : éloignement de celle-ci de quelque cent pieds de son premier emplacement (30 m.). 22 août 1836 : Elle s'est avancée de 2068 pieds (620 m.)[12]. »

Août 1840 : 4e campagne : Grimsel : 1er séjour au glacier de l'Unteraar (1ère partie)

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Etablissement de l'« Hôtel des Neuchâtelois »

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Pour ce 1er séjour sur le glacier de l'Unteraar (Unteraargletscher), Louis Agassiz et son équipe s'établissent à environ 2'400 mètres d'altitude, dans abris sous roche situé vers l'intersection du Finsteraargletscher et du Lauteraargletscher, formant un gigantesque Y couché à l'Ouest, se prolongeant à l'Est jusqu'à l'hospice du Grimsel.

Comme Louis Agassiz (1807-1873) considère désormais que ce glacier à toutes les qualités pour prouver le bien-fondé de sa théorie glaciaire, il cherche pendant cette nouvelle campagne à y établir une installation permanente sur le glacier lui-même comme l'avait fait Franz Joseph Hugi (1791-1855) avant lui en 1827. Les membres de son expédition sont :

- Edouard Desor (1811-1882), secrétaire d'Agassiz.

- Carl Vogt (1817-1895), naturaliste.

- Célestin Nicolet (1803-1871), géologue et botaniste.

- Henri de Coulon-Dupasquier (1822-1899), élève d'Agassiz, de et né à Neuchâtel, mort à Cortaillod (NE)[13].

- Louis François de Pourtalès (1823-1880), élève d'Agassiz.

Comme pour la 1ère campagne de l'été 1838, la caravane remonte dans la Vallée du Hasli (Haslital) par Meiringen, jusqu'à l'Hospice du Grimsel (1980 m.)(26 km) où elle établit son quartier général. Notons que l'équipe est reçue agréablement par « Papa Zybach », Peter Zybach-Leuthold (1790-1873)[14], intendant de l'Hospice du Grimsel, de et né et mort à Meiringen (BE), personnage haut en couleur, décrit par Desor et esquissé par Rodolphe Töppffer (1799-1846)[15].

Le lendemain, l'équipe monte au glacier, avec l'objectif de trouver un gîte permanent pour la nuit. Il y aurait eu le Refuge du géologue soleurois Franz Joseph Hugi (1791-1855), qui était en bon état l'année passée, mais on le découvre ce jour-là complétement anéanti par l'action du glacier. En effet, 13 ans avant la venue d'Agassiz, Hugi avait construit une cabane (Hugihütte) en 1827 déjà, sur la moraine médiane du glacier d'Unteraar. À 2'000 pieds (600 m.) au-dessus du Refuge de Hugi, sur la moraine, on trouve un énorme bloc de pierre qui avec quelques aménagements de maçonnerie pourrait devenir un agréable refuge permanent pour l'équipe d'Agassiz pendant les sessions d'été.

Desor décrit l'installation : « On éleva un mur sec qui alla rejoindre la face intérieure de l'angle saillant. Nous garnîmes l'intérieur d'une forte couche d'herbe. [...] Les couvertures furent garnies de la même herbe, et revêtues d'un drap de lit, qui donnait à l'ensemble un air de coquetterie rustique. En quelques heures nous nous trouvâmes ainsi en possession d'un dortoir dans lequel il y avait place pour six personnes. Une couverture accrochée à un bâton posé transversalement au-dessus de l'entrée servait de porte. Devant le dortoir, nous établîmes la cuisine et la salle à manger, et à côté la cave dans laquelle furent déposées les provision.[...] Nous décidâmes durant la nuit que notre cabane porterait le nom d'« Hôtel des Neuchâtelois ». Ce nom serait gravé sur le bloc, avec indication de sa distance vers l'ouest de la base de l'Abschwunghorn : 792 mètres. Ainsi, on pourra savoir la distance que le bloc aura parcouru depuis l'année 1839.

Quant aux guides, ils s'installent au bord du glacier, au pied du Rothoren (3'004 m.). C'est à cet endroit que Daniel Dollfuss-Ausset (1797-1870), industriel et glaciologue alsacien, fait construire en 1844, une cabane dite « Pavillon Dollfuss » (2'392 m.), qu'il conserve jusqu'à sa mort. En 1873, le pavillon est acquis par la section Zofingen SAC pour en faire sa Lauteraarhütte actuelle. En 1894, le pavillon est rénové et agrandi, une extension en pierre est ajouté qui sert de dortoir. Aujourd'hui, on peut voir gravé l'année 1843 dans la roche sous le « Pavillon Dollfuss »[16].

Pour sa 4e campagne, depuis l'« Hôtel des Neuchâtelois », l'équipe d'Agassiz décide de faire une boucle par Grindelwald et le Haslital. La caravane de mulets s'aventure donc sur la branche gauche du Y, le Finsteraargletscher, puis sur la droite le Strahlegg-Gletscher, jusqu'au Strahleggpass (3'333 m.). Ensuite, le chemin muletier contourne le Schreckhorn en descente en direction de Grindelwald, où l'équipe arrive à l'Hôtel de l'Aigle. Le lendemain, la caravane se dirige vers le nord par le Rychebachtal à Meiringen, puis finis sa boucle par le Haslital jusqu'à l'Hospice du Grimsel. Là, un ami d'Agassiz les attend : Adolphe de Rougemont de Löwenberg (1805-1844), de Neuchâtel.

Après huit jours de recherches scientifiques sur le glacier, les compères s'autorisent quelques expéditions afin de remplir la seconde partie du programme : Celui d'observer la neige sur les hauteurs. Deux ascensions qui dominent l'Oberaargletscher, le Gross Siedelhorn (2'881/2'878 m.), le Hinder-Zinggenstock (3'107/3'040 m.), et/ou Vorder-Zinggenstock (2'921 m.), termine la 4e campagne d'Agassiz d'août 1840[17],[18],[19].

Hiver 1841 : 5e campagne : Grimsel, « Hôtel des Neuchâtelois »

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1er séjour au glacier de l'Unteraar (2e partie)

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En automne 1840, Louis Agassiz (1807-1873) séjourne en Angleterre où il voit partout la présence de glaciers disparus et de blocs erratique, tout comme en Suisse. En février 1841, il prévoit de se rendre sur son lieu habituel de l'Unteraargletscher. Le 8 mars 1841, il se met en route avec Edouard Desor pour Berne, puis Thoune où ils prennent une barque jusqu'à Unterseen, puis une autre jusqu'à Brienz. Puis ils montent par le Haslital encombré de neige, où ils prennent en passant les guides Johann Währen (1799-1860)[20] à Im Grund (Innertkirchen), et Jakob Leuthold-Ruof-Inäbnit (1807-1843) (beau-frère de papa Zybach) à Boden près Guttannen.

Après deux jours de voyage, ils arrivent à l'Hospice du Grimsel, où ils rencontrent le gardien de cet hiver, Hans Jaun (1806-1860), de Meiringen, qui deviendra leur guide dans presque toutes les expéditions des glaciologues de l'Unteraargletscher de 1841 à 1859. Lorsqu'ils se rendent à l'« Hôtel des Neuchâtelois », il est complètement enseveli sous la neige[21],[22].

Eté 1841 : 6e campagne : Grimsel, l'« Hôtel des Neuchâtelois »

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2e séjour au glacier de l'Unteraar

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Du 8 août au 10 septembre 1841, Louis Agassiz (1807-1873) séjourne à l'« Hôtel des Neuchâtelois » sur l'Unteraargletscher. Il est accompagné de plus de personnes que d'habitude :

- Carl Vogt (1817-1895), naturaliste.

- Arnold Escher von der Linth (1807-1872), géologue zurichois.

- Alexander Köhli (Koehli) (1801-1873), de Bienne, ingénieur, architecte.

- Jacques Burkhardt (1808-1867), dessinateur scientifique d'Agassiz, puis suit ce dernier aux Etats-Unis, et au Brésil[23].

Et il reçoit d'illustres personnages :

- James David Forbes (1809-1868), né à Edimbourg, glaciologue et alpiniste écossais, fait la connaissance d'Agassiz à Glasgow en 1840.

- Heath, de Cambridge.

- Le général Ernst von Pfuel (1779-1866), du Brandebourg, bourgeois d'honneur de Neuchâtel (1831), Gouverneur de la principauté de Neuchâtel (1832-1848).

- William Cole (1807-1886), 3e comte d'Enniskillen, paléontologue irlandais, constitua une belle collection de poissons fossiles à Florence Court (au sud-ouest d'Enniskillen). Celle-ci comprenait de nombreux spécimens décrits et figurés par Agassiz.

- Bernhard Studer (1794-1887)[dhs.ch], géologue bernois.

- Arnold Guyot -Heines (1807-1884).

- Charles Frédéric Martins (1806-1889), géologue français inspiré des travaux d'Agassiz sur la formation des glaciers.

- Du Châtelier.

Le 28 Août 1841 eu lieu l'Ascension de la Jungfrau (4'158 m.) par le versant valaisan (par Fiesch (Goms) - Marjelensee - Gross Aletschgletscher - Konkordia-Platz - Jungfraufirn - Rottalsattel - Jungfrau. Aller-retour depuis la Marjelenhütte : 18 heures de marche avec une échelle !) : C'est la 4e ascension de l'histoire de la Jungfrau. Ils sont 12 à partir, et 8 arriveront au sommet :

* Louis Agassiz, (arrive au sommet),

* Edouard Desor, (arrive au sommet),

* James David Forbes, (arrive au sommet),

* Du Châtelier, (arrive au sommet),

- Heath,

- Charles-Jules de Pury (1821-1843).

Plus les guides tous originaires du Haslital :

* Jakob Leuthold, (arrive au sommet),

- Johann (Hans) Währen,

* Johannes (Hans) Jaun, de Meiringen, (arrive au sommet),

- Johannes (Hans) Jaun, de Im Grund (Innertkirchen, Haslital),

* Melchior Bannholzer, (arrive au sommet),

* Johannes Abplanalp, (arrive au sommet),

Tous sont habituellement au service de « papa Zybach » de l'Hospice du Grimsel.

Eté 1842 : 7e campagne : Grimsel : 3e séjour au glacier de l'Unteraar

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Cette campagne qui s'étale du 4 juillet au 5 septembre 1842 est la plus importante de toutes celles entreprise dans les Alpes par Louis Agassiz (1807-1873). Six naturalistes l'accompagne : - Edouard Desor, - Célestin Nicolet, - Johannes Wild[24], - Carl Vogt, - Jacques Burkhardt (1808-1867), et - Charles Frédéric Girard (1822-1895)[25].

Début juillet 1842, on décide d'agrandir l'« Hôtel des Neuchâtelois », abri sous roche, qui deviendra seulement une cuisine. A côté, on monte le 2e « Hôtel », dit « l'Arche », qui est une vaste tente de 20 mètres sur 4 et haute de 5 et divisée en 3 pièces, reposant sur un plancher, capable de recevoir plus de vingt personnes[26].

Durant cette campagne, l'équipe de scientifiques assiste à plusieurs curiosités de la nature, dont un tremblement de glacier. Agassiz lui-même est témoin de craquements semblables à des détonations. Sous ses pieds, le sol semblait se déplacer et s'écrouler. Une crevasse s'ouvrit entre ses jambes et se prolongea rapidement à travers le glacier. Les secousses durèrent dès 4 heures jusque tard dans la nuit. Douze crevasses, le lendemain s'ouvraient dans le voisinage immédiat de l'« Hôtel des Neuchâtelois ». L'une d'elles traversa même « l'Arche » en ébranlant les piliers, dont plusieurs s'écroulèrent.

Le 21 juillet 1842, une tempête de neige et de vent. Vers une heure du matin, de violents coups de vent affaissa la tente dispersant les affaires. La neige poudreuse tourbillonnait dans l'air et les nuages livré dans une déroute total[27].

Le 8 août 1842, l'équipe de scientifiques réalise l'ascension du Lauteraarhorn (4'042 m.) en l'absence d'Agassiz. Leur intention première était de monter au Schreckhorn (4'078 m.), qui passait pour inaccessible. Mais la troupe s'est trompée de sommet et s'est retrouvé sur le Grand Lauteraarhorn (4'042 m.), en passant par la Strahlegg du versant sud. C'est ainsi la 1ère ascension de son histoire[28],[29]. L'équipée se compose de :

- Édouard Desor (1811-1882).

- Charles Frédéric Girard (1822-1895).

- Arnold Escher von der Linth (1807-1872).

Ils sont accompagnés des guides :

- Melchior Bannholzer (1814- ), né à Guttannen (Haslital).

- Jakob Leuthold (1807-1843), né à Boden près Guttannen (Haslital)[30].

- Daniel Brügger (ou Brigger), de Guttannen (Haslital BE).

- Niklaus Fahner, de Guttannen (Haslital BE), fils de Niklaus Fahner-Leuthold (1736- ), aubergiste du Bären à Guttannen. C'est lui-même qui le 14 août 1799, pendant la guerre contre les armées du Directoire, conduisit les soldats du général français Gudin, de nuit sur le Haut-Hasli (Oberhasli). Grâce à lui, les Français surprennent par en haut les Autrichiens qui tenaient le Grimsel, les chassèrent et débloquèrent ainsi le col[31].

- Johann Maduz (1800-1861), de Matt (GL)[32].

Eté 1843 : 8e campagne : Grimsel : 4e séjour au glacier de l'Unteraar

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Le 20 juin 1843 arrivée à l'hospice du Grimsel de Edouard Desor et * Johannes Wild (1814-1894)[24], pour entamer une expédition au glacier du Rosenlaui, par Schwarwaldalp et Grindelwald. Ils retournent ensuite à Neuchâtel retrouver Louis Agassiz qui attend leurs rapports. Début août 1843, les trois savants reviennent au glacier. L'ambiance sur place est morose. Ils viennent de perdre Jakob Leuthold (1807-1843)[33], mort de maladie à 36 ans, à Guttannen, un des guides préférés d'Agassiz[34].

Autres calamités : La voûte de l'« Hôtel des Neuchâtelois » qui servait de cuisine est tellement instable, que l'on décide de construire un 3e « Hôtel » en murs que l'on nomme « le Pavillon d'Agassiz », cette fois au pied du Rothoren. Quant à « L'Arche » (le 2e « Hôtel » la tente), elle est abandonnée car elle s'effondre[35].

Arrivée en juin sur le glacier de la caravane de Daniel Dollfus-Ausset (1797-1870), industriel et géologue né à Paris, résident à Mulhouse. Celui-ci fait construire aussitôt une cabane à côté de celle d'Agassiz, qu'il appelle d'abord « La Smala ». Il avait commandé à l'intendant de l'Hospice du Grimsel, papa Zybach, de faire bâtir une cabane confortable en dur d'après un croquis d'architecture sur un replat à 2'400 m. d'alt. au pied du Rothoren. Dès juin 1843, le guide Johann (Hans) Währen qui est aussi maçon de son état, commence les travaux avec l'aide des charpentiers de la vallée[36]. Celle-ci deviendra le « Pavillon Dollfus », qui sera acquit par la section Zofingen SAC en 1882[37] (l'actuel Lauteraarhütte SAC, 2'393 m.).

Eté 1844 : 9e campagne : Grimsel : 5e séjour au glacier de l'Unteraar

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Lors cette campagne, Louis Agassiz est empêché de monter au glacier à cause d'une réunion de scientifiques qui a lieu à Chambéry. Comme il se trouve en Savoie, il profite d'explorer les glaciers dans le du massif du Mont-Blanc, celui de l'Allée Blanche (glacier de la Lex-Blanche ou glacier de la Lée-Blanche), et du val Ferret.

Le 1er août 1844, Edouard Desor arrive à l'Hospice du Grimsel, où il rencontre le géologue anglais William Sanders (1799-1875). Ensemble, ils monte au glacier de l'Unteraar. Le 4 août 1844, Desor se rend avec Bernhard Studer (1794-1887) et Arnold Escher von der Linth (1807-1872), à Münster plus bas dans la vallée de Conches (Goms VS), puis excursionnent dans les Alpes Lépontines (Tessin)[38]. Et le 10 août 1844, Desor remonte au glacier de l'Unteraar, où il retrouve Dollfus-Ausset dans son pavillon et le guide Bannholzer. Desor est curieux de revoir l'état de l'« Hôtel des Neuchâtelois », l'original avec sa voûte, 4 ans après son aménagement sur la moraine médiane. Il constate que l'énorme bloc s'est fendu en deux et abattu ses pans écrasant son lieu de vie.

Le 15 août 1844, une tempête de neige s'abat subitement autour d'eux. Ils décident d'attendre le lendemain. Mais le 16, ils n'ont plus rien à manger. Il reste une demi marmotte et les chèvres sont à jeun depuis 24 heures. L'équipage se met donc en route, pour gagner l'Hospice du Grimsel dans la tourmente. La neige atteint 60 cm sur le glacier, les crevasses menacent dans un brouillard tenace. On étale la corde au sol, et chacun se place à 5 pas de distance de l'autre. Le guide Brügger ouvre la marche péniblement avec une perche de 3 m. de long. Suit 4 guides tenant la corde à la main, puis viennent les chèvres pour élargir la voie. Deux autre guides et Desor et Dollfus-Ausset ferment la marche. Il fait nuit lorsque l'équipage fourbu arrive à l'Hospice du Grimsel. Le lendemain 17 août au matin, quand tout le monde se réveille, il fait grand beau. Aussitôt, on se décide à reprendre le chemin du glacier avec des provisions[39].

Le 28 août 1844, le Rosenhorn est gravis pour la première fois par l'équipe de Desor : - Dollfus-Ausset, - Dupasquier, - Johann Rudolf Stengel (1824-1857)[40], avec les guides - Johann (Hans) Währen, - Hans Jaun, -Gaspard Nägeli, - Heinrich Bossli, - Melchior Bannholzer et - Daniel Brügger,. Tous du Haslital.

Le 31 août 1844, Desor envoie deux de ses guides Bannholzer et Jaun entreprendre la première ascension du Wetterhorn (3'689 m.)[41].

Eté 1845 : 10e campagne : Grimsel : 6e et dernier séjour au glacier de l'Unteraar

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Du 16 juillet au 13 septembre 1845. Cette dernière campagne de deux mois semble présager le futur départ de Louis Agassiz pour les Etats-Unis. Six années ont passé depuis son premier séjour au glacier de l'Unteraar. De tous ses assistants d'autrefois, seul Edouard Desor est présent. Mais s'y trouvent aussi - Dollfus-Ausset, - Henri-Louis Otz-Renaud (1820-1902)[42], - Johann Rudolf Stengel (1824-1857), - Johannes Wild (1814-1894)[24]. Parmi les visiteurs, citons le peintre alpestre Alexandre Calame (1810-1864) qui s'était installé pour l'été plus bas dans la vallée à Meiringen. Il monte au glacier où Agassiz l'attendait pour y peindre[43].

Le 29 juillet 1845, Agassiz, le Dr Bovet et Vogt accompagnés des trois guides - Währen, - Jaun, et - Bannholzer gravirent le Wetterhorn (3'690 m.). Le 18 août 1845, première ascension du Galenstock (3'586 m.), par Desor, Dollfus-Ausset père et fils, avec les mêmes guides plus Brügger. Lors de la descente, un effondrement de neige les a emportés. Dollfus fils est repéré au fond d'une crevasse avec un bras cassé[44].

L'après « Hôtel des Neuchâtelois »

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En 1846, le départ de Louis Agassiz (1807-1873) pour les Etats-Unis interrompt la marche des observations au glacier de l'Unteraar (Unteraargletscher). Par contre, son collègue alsacien Dollfus-Ausset, continue de se rendre chaque été dans son Pavillon qu'il avait fait construire en 1843, pendant 17 années consécutives jusqu'en 1862. En continuation de l'étude d'Agassiz, il publie « Matériaux pour l’étude des glaciers », (1864-1870), en 13 volumes. Plus tard, Paul-Louis Mercanton (1876-1963), professeur à Lausanne, relève les vestiges encore visibles sur le glacier de l'Unteraar. En 1884, il mentionne un bloc portant en rouge les noms de « STENGEL, OTZ et MARTINS - 1844-45 ». En 1899, François-Alphonse Forel (1841-1912) et Maurice Lugeon (1870-1953) découvrent de nouveaux fragments de l'« Hôtel des Neuchâtelois » d'origine (1840). En 1922, Mercanton trouve toute une série de débris de l'« Hôtel des Neuchâtelois » : sur l'un d'eux, il découvre l'inscription suivante :

« ...IS

BOLD...ASSIZ

NICOLET...OST

TACF »

D'autre part, il établit le déplacement du « Bloc N°2 », celui qui constituait l'« Hôtel des Neuchâtelois » d'origine de 1840 :

- De 1842 à 1846 : 295 m.

- En 1884, ce bloc est à 3,2 km de son point de départ.

- En 1899, il est à 3,8 km de son point de départ.

- En 1922, il est à 4,6 km de son point de départ.

- En 1923, Mercanton trouve encore un débris sur lequel la moitié des noms d'Agassiz et Vogt était bien lisible. Il est transporté à Berne et déposé au Musée alpin Suisse (ALPS) (actuellement Helvetiaplatz 4)[45].

À la mort d'Agassiz en 1873 à Cambridge (Massachusetts, USA), son cousin Auguste Mayor -Châtenay -Junod (1815-1904)[46],[47], à Neuchâtel, se rend au fameux glacier de l'Unteraar afin d'y emporter un bloc de la moraine. Ce bloc accompagnés de quatre sapins seront envoyer au cimetière de Mount Auburn à Cambridge (Massachusetts) (Bellwort Path, Lot : 2640, Grave : 5) pour y marquer sa tombe[48],[49].

Hommages aux glaciologues

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Un jour de l'année 1840, réfugiée dans l'« Hôtel des Neuchâtelois », l'équipe d'Agassiz contemple les sommets qui les entourent et qui leur sont inconnus. Elle apprend de ses guides par la voix de Edouard Desor : « De toutes les cimes qui forment le prolongement du Finsteraarorn (4'274 m.) au sud-est, il n'y en avait qu'une qui eut un nom, l'Oberaarhorn (3'631 m.). Nous décidâmes que nous désignerions les autres d'après le nom des plus célèbres géologues et physiciens suisses[50],[51]. »

On proposa d'appeler le Scheuchzerhorn (3'455 m.), une montagne située au nord-est de l'Oberaarhorn, en l'honneur de Johann Jakob Scheuchzer (1672-1733), de Zurich.

Le Grunerhorn (3'437 m.), vient du nom de Gottlieb Sigmund Gruner (1717-1778), auteur de l'Histoire des glacières suisses, la cime neigeuse, plus arrondie, qui succède aux Scheuchzerhorn dans la même arête.

Le Escherhorn (3'078 m.), vient du nom de notre ami Arnold Escher von der Linth (1807-1872), la pyramide granitique qui forme l'extrémité de cette même arête, en face de l'Abschwung.

L'Altmann (3'463 m.), vient de Johann Georg Altmann (1695-1758), théologien, naturaliste, physicien, la cime qui touche à l'Oberaarhorn à l'ouest.

Le Studerhorn (3'636 m.), vient de Bernhard Studer (1794-1887).

Le Desorstock (2'872 m.), de Edouard Desor (1811-1882).

L' Agassizhorn (3'947 m.), Agassizjoch (3'747 m.), de Louis Agassiz (1807-1873).

L'Hugihorn (3'647 m.), de Franz Joseph Hugi (1791-1855).

Pedro II en visite à Neuchâtel le 5 août 1877 au bloc erratique de Pierrabot

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Après son séjour de 14 ans à Neuchâtel (1832-1846), où il a insufflé un formidable rayonnement scientifique, Louis Agassiz (1807-1873) part aux Etats-Unis en 1846, pour une tournée de conférence qui dure deux années. En 1848, il n'a plus de raison de rentrer à Neuchâtel : la révolution républicaine neuchâteloise a chassé le prince entraînant la fermeture de l'Académie et congédiant les professeurs. Par cet événement, il accepte la chaire de sciences naturelles de l'Université de Harvard à Cambridge (Massachusetts), se qui clôt définitivement son aventure neuchâteloise. Il fait venir ses collègues à Boston, attirés par une situation avantageuse offert par les Américains[52].

C’est lors d’un voyage scientifique au Brésil en 1865, que Louis Agassiz va faire la connaissance de Pedro Pierre ll d'Alcantara (1825-1891), empereur du Brésil pendant 58 ans (1831-1889). Plus tard, en été 1877, son cousin Auguste Mayor -Châtenay -Junod (1815-1904)[53],  se trouve être en vacances avec sa famille dans une auberge de Grindelwald des Alpes bernoises. L'aubergiste lui annonça que « Pedro ll avec l'impératrice et une suite de quinze personnes, arriveraient chez lui le lendemain, 1er Août 1877, pour passer un ou deux jours à Grindelwald[54]. » Pendant leur rencontre, Auguste Mayor affirma qu'Agassiz avait écrit les lignes suivantes de Cambridge, le 5 septembre 1871 : « Mon cher Auguste. J'ai écrit il y a quelques jours à l'empereur du Brésil que s'il allait en Suisse, il n'avait qu'à te prévenir et que j'étais sûr que tu te ferais un plaisir de le conduire à Chaumont et de lui montrer le bloc de Pierrabot[55]. »

Pedro ll fut attendu le 5 août 1877 à Neuchâtel, par le train. « [...] avant onze heures, nous étions tous à notre poste, à la gare, Edouard Desor, le Docteur Louis Guillaume[56], mon fils William Mayor et moi, avec quatre voitures, car je ne savais pas au juste de combien de personnes se composerait la suite de sa Majesté. « [...] Après nous être serré la main, je l'aidai à descendre et lui présentai mes compagnons, Desor en tête ; puis je lui demandai s'il lui conviendrait de donner suite au projet que nous avions formé de le conduire d'abord à la Pierrabot. « [...] Arrivés près du fameux bloc de protogine, nous mîmes tous pied-à-terre. Desor expliqua, ainsi qu'il savait si bien le faire, l'histoire de cette pierre, démontrant comment on pouvait prouver par ses angles encore assez vifs, qu'elle avait été transportée doucement par les glaces et non point roulée par des torrents impétueux. Il ajouta qu'il était évident d'après la composition particulière du granit, qu'elle provenait du Mont-Blanc, où là seulement on retrouve ce même granit caractérisé entre autres par de gros morceaux de mica. »

En repartant, Pedro ll voulu voir au musée de peinture de l'Hôtel Dupeyrou le tableau d'Alexandre Calame (1810-64) « Le glacier de Rosenlauï » (Le torrent du Rosenlaui », 1855-1862), dont on voit à l'arrière-plan le glacier. Puis un détour au musée d'Agassiz au Collège Latin, pour repartir à Berne[57].

Bibliographie

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  • Louis Agassiz, Etudes sur les glaciers, Neuchâtel, Jent et Gassmann, 1840, 347 pages : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k105057x/f354.item
  • L. Agassiz et E. Desor. Récit d’une course faite aux glaciers en hiver, tiré de la Bibliothèque Universelle de Genève, avril 1842 :https://books.google.ch/books?id=IoSHwMx0nkAC&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false
  • Edouard Desor. Excursions et séjour de M. Agassiz sur le mer de glace du Lauteraar et du Finsteraar, en société de plusieurs naturalistes, (Extrait de la Bibliothèque Universelle de Genève, mars et avril 1841
  • Edouard Desor. L’ascension de la Jungfrau, effectuée le 28 août 1841, par MM Agassiz, Forbes, du Chatelier et Desor, précédée du récit de leur traversée de la mer de glace, du Grimsel à Viesch en Valais, tiré de la Bibliothèque Universelle de Genève, novembre 1841 : https://www.digitale-sammlungen.de/en/view/bsb10430812?page=5
  • Edouard Desor. L’ascension de la Jungfrau, effectuée le 28 août 1841, par MM Agassiz, Forbes, du Chatelier et Desor, précédée du récit de leur traversée de la mer de glace, du Grimsel à Viesch en Valais, tiré de la Bibliothèque Universelle de Genève, novembre 1841 : https://www.digitale-sammlungen.de/en/view/bsb10430812?page=5
  • Edouard Desor. Une dernière ascension, (Extrait de la Revue Suisse, janvier 1854)
  • Edouard Desor. Ascension du Schreckhorn, (Extrait de la Revue Suisse, juin 1843) : https://books.google.ch/books?id=wkbqxrTiHpMC&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false
  • Edouard Desor. Excursions et séjours dans les glaciers et les hautes régions des Alpes, Neuchâtel, Kissling 1844, 639 pages : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6574641k/f9.item.texteImage
  • Edouard Desor. Nouvelles excursions et séjours dans les glaciers et les hautes régions des Alpes, de M. Agassiz et de ses compagnons de voyage, Neuchâtel, 1845 : https://books.google.ch/books?id=SfgOAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false
  • Charles Gos -de Coulon (1885-1949)[58], de Genève. L'Hôtel des Neuchâtelois. Un épisode de la conquête des Alpes, Lausanne, Payot, 1928, 171 pages
  • Marc-Antoine Kaeser. Un savant séducteur, Louis Agassiz (1807-1873), prophète de la science, L'Aire, Lausanne, 2007, 291 pages

Notes et références

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  1. ↑ Charles Gos, L'Hôtel des Neuchâtelois. Un épisode de la conquête des Alpes, Lausanne, Payot, , 171 p., p. 8-9
  2. ↑ « Dictionnaire Historique de la Suisse (DHS) »
  3. ↑ « Dictionnaire Historique de la Suisse (DHS) »
  4. ↑ Charles Gos, L'Hôtel des Neuchâtelois. Un épisode de la conquête des Alpes, Lausanne, Payot, , 171 p., p. 11,33
  5. ↑ « La théorie glaciaire : bref historique »
  6. ↑ Charles Gos, L'Hôtel des Neuchâtelois. Un épisode de la conquête des Alpes, Lausanne, Payot, , 171 p., p. 11-12
  7. ↑ Marc-Antoine Kaeser, Un savant séducteur, Louis Agassiz (1807-1873), prophète de la science, Lausanne, L'Aire, , 291 p., p. 105-108
  8. ↑ Charles Gos, L'Hôtel des Neuchâtelois. Un épisode de la conquête des Alpes, Lausanne, Payot, , 171 p., p. 15,21
  9. ↑ Elizabeth C. Agassiz, Louis Agassiz, sa vie et sa correspondance, Neuchâtel, Berthoud, , 619 p., p. 220
  10. ↑ Charles Gos, L'Hôtel des Neuchâtelois. Un épisode de la conquête des Alpes, Lausanne, Payot, , 171 p., p. 22-23
  11. ↑ Charles Gos, L'Hôtel des Neuchâtelois. Un épisode de la conquête des Alpes, Lausanne, Payot, , 171 p., p. 29,138 note 8
  12. ↑ Charles Gos, L'Hôtel des Neuchâtelois. Un épisode de la conquête des Alpes, Lausanne, Payot, , 171 p., p. 26,31,33
  13. ↑ « Biographies neuchâteloises (biograne) », sur Société neuchâteloise de généalogie (SNG)
  14. ↑ « Dictionnaire Historique de la Suisse (DHS) »
  15. ↑ Charles Gos, L'Hôtel des Neuchâtelois. Un épisode de la conquête des Alpes, Lausanne, Payot, , 171 p., p. 36-37
  16. ↑ « Lauteraarhütte »
  17. ↑ Charles Gos, L'Hôtel des Neuchâtelois. Un épisode de la conquête des Alpes, Lausanne, Payot, , 171 p., p. 31,33,34,35-39,43
  18. ↑ Edouard Desor, Excursions et séjours dans les glaciers et les hautes régions des Alpes, Neuchâtel, Kissling, , 639 p. (lire en ligne), p. 186ss
  19. ↑ « Une vie consacrée à la science », Éducateur et bulletin corporatif : organe hebdomadaire de la Société Pédagogique de la Suisse Romande, vol. 36, no 109,‎ , p. 911-912 (lire en ligne)
  20. ↑ Edouard Desor, Excursions et séjours dans les glaciers et les hautes régions des Alpes, Neuchâtel, Kissling, , 639 p. (lire en ligne), p. 155,359-360
  21. ↑ Charles Gos, L'Hôtel des Neuchâtelois. Un épisode de la conquête des Alpes, Lausanne, Payot, , 171 p., p. 44,45
  22. ↑ Edouard Desor, Excursions et séjours dans les glaciers et les hautes régions des Alpes, Neuchâtel, Kissling, , 639 p., p. 246
  23. ↑ « Revista Pesquisa Fapesp »
  24. 1 2 3 « Dictionnaire Historique de la Suisse (DHS) »
  25. ↑ Charles Gos, L'Hôtel des Neuchâtelois. Un épisode de la conquête des Alpes, Lausanne, Payot, , 171 p., p. 64, 150 note 32
  26. ↑ Charles Gos, L'Hôtel des Neuchâtelois. Un épisode de la conquête des Alpes, Lausanne, Payot, , 171 p., p. 63,66-67, planche 16
  27. ↑ Charles Gos, L'Hôtel des Neuchâtelois. Un épisode de la conquête des Alpes, Lausanne, Payot, , 171 p., p. 71-74
  28. ↑ Edouard Desor, Excursions et séjours dans les glaciers et les hautes régions des Alpes, Neuchâtel, Kissling, , 639 p., p. 532
  29. ↑ Charles Gos, L'Hôtel des Neuchâtelois. Un épisode de la conquête des Alpes, Lausanne, Payot, , 171 p., p. 72-73,76,77
  30. ↑ Charles Gos, L'Hôtel des Neuchâtelois. Un épisode de la conquête des Alpes, Lausanne, Payot, , 171 p., p. 141 note 16
  31. ↑ « Der Säumertreffpunkt im Wandel der Zeit », sur plattformJ, (consulté le )
  32. ↑ (de) Rudolf Bühler, « Johann Madutz », sur sac-cas, (consulté le )
  33. ↑ Luc Alexis Leuthold, « Jakob Leuthold (1807-1843) », sur lucalexis.ch, 11 août 2024 / 27 février 2026
  34. ↑ Edouard Desor, Excursions et séjours dans les glaciers et les hautes régions des Alpes, Neuchâtel, Kissling, , 639 p. (lire en ligne), p. 588
  35. ↑ Charles Gos, L'Hôtel des Neuchâtelois. Un épisode de la conquête des Alpes, Lausanne, Payot, , 171 p., p. 82ss
  36. ↑ Charles Gos, L'Hôtel des Neuchâtelois. Un épisode de la conquête des Alpes, Lausanne, Payot, , 171 p., p. 122
  37. ↑ Charles Gos, L'Hôtel des Neuchâtelois. Un épisode de la conquête des Alpes, Lausanne, Payot, , 171 p., p. 89,152 note 38
  38. ↑ Charles Gos, L'Hôtel des Neuchâtelois. Un épisode de la conquête des Alpes, Lausanne, Payot, , 171 p., p. 94
  39. ↑ Charles Gos, L'Hôtel des Neuchâtelois. Un épisode de la conquête des Alpes, Lausanne, Payot, , 171 p., p. 108-113
  40. ↑ « Dictionnaire Historique de la Suisse (DHS) »
  41. ↑ Charles Gos, L'Hôtel des Neuchâtelois. Un épisode de la conquête des Alpes, Lausanne, Payot, , 171 p., p. 93ss,104
  42. ↑ « Biographies neuchâteloises (biograne-SNG) »
  43. ↑ Charles Gos, L'Hôtel des Neuchâtelois. Un épisode de la conquête des Alpes, Lausanne, Payot, , 171 p., p. 119,155 note 51
  44. ↑ Charles Gos, L'Hôtel des Neuchâtelois. Un épisode de la conquête des Alpes, Lausanne, Payot, , 171 p., p. 116ss
  45. ↑ Charles Gos, L'Hôtel des Neuchâtelois. Un épisode de la conquête des Alpes, Lausanne, Payot, , 171 p., p. 124-127
  46. ↑ René Guye-Bergeret, « MAYOR, Auguste François (1815-1904) », sur Société neuchâteloise de généalogie (biograne-SNG)
  47. ↑ Robin Moschard, « Mayor, Auguste (1815-1904) », sur Dictionnaire du Jura (diju),
  48. ↑ « Mount Auburn Cemetery »
  49. ↑ Charles Gos, L'Hôtel des Neuchâtelois. Un épisode de la conquête des Alpes, Lausanne, Payot, , 171 p., p. 156-157 note 55
  50. ↑ Charles Gos, L'Hôtel des Neuchâtelois. Un épisode de la conquête des Alpes, Lausanne, Payot, , 171 p., p. 128ss,158-159 notes 58 et 59
  51. ↑ Edouard Desor, Excursions et séjours dans les glaciers et les hautes régions des Alpes, Neuchâtel, Kissling, , 639 p., p. 161-162
  52. ↑ Jean-Paul Schaer, Agassiz aux Etats-Unis, et les naturalistes neuchâtelois émigrés aux Etats-Unis après la Révolution de 1848, Neuchâtel, Nouvelle revue neuchâteloise (NRN),n°71-72/2001, , 60 p., p. 12
  53. ↑ René Guye-Bergeret, « MAYOR, Auguste François (1815-1904) », sur Société neuchâteloise de généalogie (SNG) : Biographies neuchâteloises (biograne-SNG)
  54. ↑ Robin Moschard, Visite de l'empereur du Brésil à Neuchâtel (1877), récit d'Auguste Mayor (1815-1904), Neuchâtel, Nouvelle revue neuchâteloise (NRN) n°93/2007, , 30 p., p. 7
  55. ↑ Robin Moschard, Visite de l'empereur du Brésil à Neuchâtel (1877), récit d'Auguste Mayor (1815-1904), Neuchâtel, Nouvelle revue neuchâteloise (NRN) n°93/2007, , 30 p., p. 10
  56. ↑ Isabelle Jeannin-Jaquet, « Louis Guillaume », sur Dictionnaire Historique de la Suisse (DHS),
  57. ↑ Robin Moschard, Visite de l'empereur du Brésil à Neuchâtel (1877), récit d'Auguste Mayor (1815-1904), Neuchâtel, Nouvelle revue neuchâteloise (NRN) n°93/2007, , 30 p., p. 17-19
  58. ↑ « Dictionnaire Historique de la Suisse (DHS) »