Henri de Lacaze-Duthiers
Félix Joseph Henri de Lacaze-Duthiers est un anatomiste, un marin, biologiste et un zoologiste français, né le à Montpezat (Lot-et-Garonne) et mort le au château de Las Fonts à Alles-sur-Dordogne (Dordogne).
| Président de l'Académie des sciences | |
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| Directeur Observatoire océanologique de Banyuls-sur-Mer | |
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| Directeur Station biologique de Roscoff | |
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J. de Lacaze-Duthiers (d) |
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| Abréviation en zoologie |
Lacaze-Duthiers |
Biographie
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Henri de Lacaze-Duthiers est le second fils du baron de Lacaze-Duthiers, descendant d'une ancienne famille gasconne[1],[2]. Il étudie la médecine à Paris. Il assiste aux cours d'Henri-Marie Ducrotay de Blainville (1777-1850) et d'Henri Milne-Edwards (1800-1885) et devient, après sa licence, son préparateur à la Sorbonne. Il est interne à l’hôpital Necker auprès d’Armand Trousseau (1801-1867). Il obtient son titre de docteur en 1851 avec une thèse intitulée De la Paracentèse de la poitrine, et des épanchements pleurétiques qui nécessitent son emploi[2]. En 1852, il doit quitter ses fonctions après avoir refusé de prêter serment après le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte (1808-1873). Il obtient le doctorat ès sciences l’année suivante. Lacaze-Duthiers part alors aux Baléares pour y étudier les animaux marins, et est accompagné par son ami Jules Haime (1824-1856).
Il revient à Paris en 1854 et obtient, grâce à Henri Milne-Edwards un poste de professeur de zoologie à la faculté de Lille. Le doyen de la faculté n’est autre que Louis Pasteur (1822-1895) qui le recommande en 1863 comme maître de conférences à l’École normale supérieure, où Alfred Giard et Edmond Perrier sont ses élèves.
En 1858, ses observations sur le corail rouge en Corse attirent l'attention[3]. En 1860, le gouverneur général d'Algérie le charge d'une étude sur le corail et la pêche. Il saisit cette occasion pour se spécialiser dans l'étude des coraux[4],[5]. En outre, il va étudier le cycle de vie et le développement de nombreuses espèces de mollusques tels que les Dentales, ou les Tridacnes[6].
En 1864, il commence à remplacer Achille Valenciennes (1794-1865) au Muséum national d'histoire naturelle[7] et obtient sa chaire d’histoire naturelle des mollusques, des vers et des zoophytes en Sorbonne l’année suivante[2]. Il est élu à l’Académie des sciences en 1871[2]. Il fonde deux laboratoires consacrés à la biologie marine : le laboratoire de Roscoff en 1872[8] et le laboratoire Arago[9] en 1882 à Banyuls-sur-Mer.
Sa dépouille est enterrée à proximité de ce dernier établissement, face à la mer, dans un monument surmonté d'une statue[10].
Approche théorique
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Henri de Lacaze-Duthiers était plutôt positiviste, et donc réticent à l'égard des théories non vérifiables par l'expérience. Il n'était pas partisan du fixisme de Cuvier, dont ses détracteurs l'ont parfois accusé, et qu'il rejetait lui-même[2].
Il n'épousa pas non plus la cause transformiste de Lamarck, mais s'intéressa plutôt à la loi des connexions de Geoffroy Saint-Hilaire (qu'il testa durant sa thèse en recherchant si les parties de la cuirasse génitale étaient homologues chez tous les insectes), mais n'en fut pas un adepte aveugle. Il en observa les limites à maintes reprises et la compléta par une autre loi, selon laquelle les similitudes acquises secondairement masquent les différences originelles[2].
Il n'était pas non plus darwinien, comme il le disait à ses étudiants :
« Je ne suis pas antagoniste du Darwinisme; seulement je trouve des faits tout aussi difficiles à expliquer en l'admettant que je n'en trouve d'inexplicables en ne l'admettant pas[11]. »
Il pensait que les questions relatives à l'origine des êtres ne relevaient pas de la science objective, car elles ne pouvaient être démontrées par l'expérimentation, mais relevaient plutôt de la philosophie spéculative.
Il ne s'opposa pas à ces théories, et échangea une correspondance avec Darwin à ce sujet[12]. Il fut également l'un des plus ardents défenseurs de la candidature de Darwin à l'Académie des sciences.
Œuvre
modifierHenri de Lacaze-Duthiers est l’auteur de plus de 250 publications, notamment :
- Recherches sur l'armure génitale femelle des insectes, Paris, L. Martinet, (lire en ligne)
- Histoire de l'organisation, du développement, des moeurs et des rapports zoologiques du dentale, Paris, Librairie de Victor Masson, (lire en ligne)
- Histoire naturelle du corail, organisation, reproduction, pêche en Algérie, industrie et commerce, Paris, (lire en ligne)
- Faune du Golfe du Lion : coralliaires, zoanthaires sclerodermés (Paris, 1897).
Il est le fondateur de la revue intitulée les Archives de zoologie expérimentale et générale, qui sera ensuite dirigée par son élève Georges Pruvot (1852-1924). Celle-ci joue un rôle considérable dans l'orientation de la recherche zoologique de son époque. Il participe également à la fondation de l’Association française pour l'avancement des sciences.
Distinctions
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Grand officier de la Légion d'honneur, décret du [13]
Notes et références
modifier- ↑ « Henri de Lacaze-Duthiers », sur Encyclopédie Larousse (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 Catherine Jessus, Yves Desdevises, Bernard Kloareg et André Toulmond, « Henri de Lacaze-Duthiers (1821–1901), the father of experimental zoology and founder of the marine stations of Roscoff and Banyuls », Comptes Rendus. Biologies, vol. 344, no 4, , p. 311–324 (ISSN 1768-3238, DOI 10.5802/crbiol.68, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Catherine Jessus, Yves Desdevises, Bernard Kloareg et André Toulmond, « Henri de Lacaze-Duthiers (1821–1901), the father of experimental zoology and founder of the marine stations of Roscoff and Banyuls », Comptes Rendus. Biologies, vol. 344, no 4, , p. 311–324 (ISSN 1768-3238, DOI 10.5802/crbiol.68, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Museum of Comparative Zoology Harvard University, Histoire naturelle du corail - organisation - réproduction - pêche en Algérie - industrie et commerce, Paris, (lire en ligne)
- ↑ (en) D. Vielzeuf, D. Allemand, J.M. Shick, V. Arnaud, S. Bodin, L. Bramanti, « The Biology and Biomineralogy of the Red Coral: The Henri de Lacaze-Duthiers legacy », Vie et Milieu, vol. 72, nos 3-4, , p. 63-127 (lire en ligne [PDF])
- ↑ Raphaël Lami et Catherine Jessus, « L’art de l’illustration naturaliste chez Henri de Lacaze-Duthiers », Arts et sciences, vol. 8, no 2, (DOI 10.21494/ISTE.OP.2024.1110, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Publication, « Henri de Lacaze-Duthiers : définition et explications », sur Techno-Science.net, (consulté le ).
- ↑ « À Roscoff, 150 ans d’études biologiques au plus près du milieu marin », sur www.larecherche.fr (consulté le ).
- ↑ Site du laboratoire Arago
- ↑ « Monument de Lacaze-Duthiers », base Palissy, ministère français de la Culture.
- ↑ Henri de Lacaze-Duthiers, « 3ème leçon à la Sorbonne », sur paleopolis.rediris.es, (consulté le )
- ↑ (fr + en) Henri de Lacaze-Duthiers, Charles Darwin, « Correspondance de Charles Darwin et Henri de Lacaze-Duthiers » [PDF], sur patrimoine.sorbonne-universite.fr, (consulté le ).
- ↑ « Journal officiel de la République française. Lois et décrets », sur Gallica, (consulté le ), p. 5518.
Sources
modifier- Archives et bibliothèque d'Henri de Lacaze-Duthiers, Sorbonne Université, numérisations disponibles sur : https://patrimoine.sorbonne-universite.fr/collection/Fonds-Lacaze-Duthiers.
- Archives d'Henri de Lacaze-Duthiers, Instrument de recherche, Sorbonne Université, disponible sur : http://www.calames.abes.fr/pub/#details?id=FileId-4864
- Philippe Jaussaud & Édouard R. Brygoo (2004). Du Jardin au Muséum en 516 biographies. Muséum national d’histoire naturelle de Paris : 630 p.
- Antony Adler, "The Hybrid Shore: The Marine Station Movement and Scientific Uses of the Littoral, 1843–1910" in Soundings and Crossings Doing Science at Sea: 1800–1970, ed. by Katharine Anderson and Helen M. Rozwadowski (Sagamore: Science History Publications, 2016).
- « Monument de Lacaze-Duthiers », notice no IM66002048, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressources relatives à la recherche :
- Ressource relative à la santé :
- Ressource relative à la vie publique :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Sa correspondance (1876-1887)
- Bibliothèque personnelle de Henri de Lacaze-Duthiers conservée par Sorbonne Université