Henry Holiday
Henry Holiday est un peintre, vitrailliste, illustrateur et sculpteur britannique né le à Londres et mort le dans la même ville. Spécialisé dans les représentations historiques et de paysages, ce que nous connaissons de son œuvre est principalement influencée par le préraphaélisme.
Biographie
modifierJeunesse et éducation
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Henry Holiday est né à Londres. Il montre très tôt des aptitudes pour l'art et reçoit des leçons de la part de William Cave Thomas. Il fréquente l'Académie d'art de Leigh, où Frederick Walker compte parmi ses camarades, et, en 1855, à l'âge de 15 ans, il est admis à la Royal Academy of Arts. Grâce à son amitié avec Albert Moore et Simeon Solomon, il entre en contact avec les artistes Dante Gabriel Rossetti, Edward Burne-Jones et William Morris, membres de la Confrérie préraphaéliste. Ce mouvement va jouer un rôle déterminant dans sa future vie artistique et politique.
La même année, en 1855, Henry Holiday se rend dans le Lake District. Il s'agit du premier de ses nombreux voyages dans cette région, où il séjourne souvent pendant de longues périodes. Sur place, il consacre une grande partie de son temps à croquer les paysages visibles depuis les diverses collines et montagnes. Il écrit : « Pour ce qui est d'une beauté concentrée, je ne connais rien qui puisse véritablement rivaliser avec les lacs et montagnes du Westmorland, du Cumberland et du Lancashire ».
Peintures
modifierHenry Holiday travaille aussi bien à l'huile qu'à l'aquarelle. En 1858, sa première œuvre, un paysage, est exposé à la Royal Academy et immédiatement vendue. À partir de cette année-là, ses créations sont fréquemment présentées à l'Académie et ailleurs. Parmi ses autres œuvres, on peut citer les suivantes :
- The Burgess of Calais (1859)[1].
- The Bride and the Daughters of Jerusalem (1861-1863). Dans ses Reminiscences, Henry Holiday explique que le tableau était « le plus ambitieux de tout ce [qu'il] avait entrepris jusqu'alors ». L'œuvre représente les filles de Jérusalem demandant à l'Épouse où son Bien-aimé était allé (voir Cantique des cantiques 6:1) et mesure environ 1,37 mètres sur 0,91 mètre et met en scène sept personnages sur un arrière-plan composé de feuillage. L'artiste en entreprend la réalisation en 1861, alors qu'il se trouve dans les paysages du nord du Pays de Galles, mais l'œuvre est rejetée en 1863 par le comité de sélection de la Royal Academy, contrairement à ses deux précédentes peintures figuratives. Il qualifie cet événement de « coup dur », mais précise que les « refus de cette année étaient d'une nature si exceptionnelle, et la présentation des œuvres sur les murs si médiocre, qu'une vague d'indignation générale s'est soulevée »[2]. Sur la suggestion de Holman Hunt, plusieurs toiles refusées sont exposées au Cosmopolitan Club. Elle y suscitent l'intérêt et les éloges de visiteurs, parmi lesquels figure William Makepeace Thackeray[3]. James Abbott McNeill Whistler distingue le tableau de Holiday et s'exclame : « Voulez-vous dire qu'ils ont refusé ça ! ». Richard Redgrave, lui-même membre de la Royal Academy, tente de justifier et d'expliquer la sélection de l'institution en disant : « Vous savez bien qu'ils ne peuvent pas accrocher tout ce qui arrive en vrac », ce à quoi Whistler réplique : « Tiens, comment qualifiez-vous votre exposition actuelle ? N'est-elle pas en vrac - et particulièrement chaotique ? »[3]. Le tableau est acheté par Thomas Milward Kitchin, qui réside par la suite à Great Down, à Seale dans le Surrey[3],[4]. Il a aujourd'hui disparu. Il en existe toutefois une illustration pleine page entre les pages 96 et 97 des Reminiscences[5].

- The Rhine Maidens (1879). Le sujet est tiré de l'opéra L'Or du Rhin de Richard Wagner. Pour visualiser correctement la scène, Holiday modèle en argile les trois filles du Rhin et les place aux côtés de « rochers » également en argile, dans un bassin rempli d'eau teintée de bleu-vert.
- Dante et Béatrice (1883). En 1881, Henry Holiday se rend à Florence pour réaliser des études en vue de ce tableau et effectue des recherches minutieuses afin de s'assurer de la présence des bâtiments et des éléments architecturaux exacts. Il a également façonné des ébauches en argile de certains bâtiments pour mettre en place le décor. Les pigeons figurant sur le tableau sont peints par John Trivett Nettleship[6].
- Charity (1887), Terpsichore, Cleopatra, Sleep, The Lute Player, The Temple of Philae, Hawes Water (1918) et de nombreuses autres.
Henry Holiday passe beaucoup de temps dans les ateliers de Sir Edward Burne-Jones, où des groupes d'artistes se réunissent pour discuter, échanger et mettre leurs idées en commun. L'influence de Burne-Jones est perceptible dans le travail de Holiday.
Vitraux
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En 1861, Henry Holiday accepte le poste de créateur de vitraux chez Powell's Glass Works après le départ d'Edward Burne-Jones pour Morris & Co. Durant cette période, il réalise plus de 300 commandes, principalement pour des clients aux États-Unis. Il quitte l'entreprise en 1891 pour fonder son propre atelier de verrerie à Hampstead, où il produit des vitraux, des mosaïques, des émaux et des objets liturgiques.
On retrouve les vitraux réalisés par Henry Holiday dans toute la Grande-Bretagne. Parmi ses œuvres les plus remarquables figurent celles de la chapelle du Worcester College à Oxford (1865), le vitrail commémoratif d'Isambard Kingdom Brunel à l'Abbaye de Westminster à Londres (1868), de l'église Saint-Luc à Kentish Town, de l'église Sainte-Marie-Madeleine à Paddington (1869), et celle du Chartered Accountants' Hall à Moorgate. En 2018, quatre de ses vitraux ont été réinstallés dans ce hall après avoir été perdus près de cinquante ans, à la suite de leur démontage en 1970 pour permettre des travaux d'agrandissement[7].
Des exemples des œuvres de Henry Holiday peuvent être vues aux États-Unis, dans la sacristie de la chapelle Saint-Jean de la Groton School, à Groton au Massachusetts et dans l'église Grace à New York.
Autres œuvres et vie privée
modifierHenry Holiday a également réalisé des sculptures. En 1861, il produit une œuvre intitulée Sleep qui suscite un accueil critique favorable.
Il travaille quelque temps pour l’architecte William Burges, réalisant notamment les peintures murales et les plafonds pour le Worcester College à Oxford et des peintures sur meubles, notamment La Belle au bois dormant pour la tête de lit de la chambre, pour la maison londonienne de William Burges, la Tower House[8],[9]. Le lit Belle au bois dormant figure désormais dans les collections de la Higgins Art Gallery à Bedford. Henry Holiday compte quatre peintures à l'huile dans des collections publiques nationales britanniques[10].
En octobre 1864, Henry Holiday épouse Catherine Raven et le couple s'installe à Bayswater, à Londres. Son épouse est une brodeuse talentueuse qui travaille pour Morris & Co. Ensemble, ils ont une fille, Winifred[11].
En 1867, Henry Holiday se rend en Italie pour la première fois et s'inspire de l'originalité des œuvres d'artistes de la Renaissance qu'il y découvre[12]. En 1871, il part pour Ceylan dans le cadre de l'« Expédition de l'Éclipse ». Ses dessins astronomiques sont par la suite publiés dans la presse nationale et suscitent un vif intérêt.
À son retour en Angleterre en 1872, il charge l'architecte Basil Champneys de concevoir une nouvelle demeure familiale dans le quartier de Branch Hill à Hampstead, qu'il baptise « Oak Tree House ». En 1888, Williams Gladstone y fait une visite[13].
En juillet 1875, Henry Holiday est chargé par Lewis Carroll d'illustrer La Chasse au Snark. Il demeure l'ami de l'auteur tout au long de sa vie. Lewis Carroll meurt en 1898[11]. L'illustration de Henry Holiday pour le chapitre « Le Sort du banquier » pourrait contenir des références à l'eau-forte Les Briseurs d'images de Marcus Gheeraerts l'Ancien, au tableau Le Joueur d'os de William Sidney Mount, ainsi qu'à une photographie de Benjamin Duchenne ayant servi de modèle pour un dessin figurant dans l'ouvrage de Charles Darwin, L'Expression des émotions chez l'homme et les animaux[14].
À partir de 1899, Henry Holiday travaille avec Jessie Mothersole, qui est son assitante d'atelier et restera étroitement liée à la famille jusqu'à la mort de l'artiste. En 1906, Henry Holiday offre à Mothersole un dessin de sa fille Winifred. Cette œuvre est par la suite acquise par le British Museum[15].
En 1907, Henry Holiday se rend en Égypte et réalise une série d'aquarelles et d'illustrations inspirées de l'Égypte antique. Ces œuvres sont exposées à la Walker's Gallery de Londres en mars 1907, conjointement avec celles de Mothersole, qui travaille sur des dessins et des aquarelles à caractère archéologique en Égypte depuis 1903-1904[16]. En 1907-1908, il fait construire une maison de vacances, Betty Fold, dans son coin préféré du Lake District[17].
Entre 1912 et 1919, il peint l'abside de l'extrémité orientale de l'église Saint-Benoît à Small Heath, à Birmingham, représentant le Christ en gloire entouré d'anges, avec des saints figurant dans des arcades en partie inférieur, le tout dans un style byzantin[18].
Henry Holiday est socialiste toute sa vie et, avec son épouse Kate et sa fille Winifred, soutient le mouvement des suffragettes. La famille entretient des liens étroits avec Myra Sadd Brown, Emmeline Pankhurst et sa fille, et organise des réunions locales de suffragettes dans le Lake District.
Henry Holiday meurt le à Londres, deux ans après son épouse Catherine. Son neveu, Gilbert Holiday, fils de Sir Frederick Holiday, est également artiste et compte aussi des œuvres dans des collections britanniques[19],[20].
Notes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Henry Holiday » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (en) « The Burgess of Calais by Henry Holiday » (consulté le ).
- ↑ Holiday 1914, p. 95.
- 1 2 3 Holiday 1914, p. 96.
- ↑ (en) « Henry Holiday Biography Details », sur British Museum (consulté le ).
- ↑ Holiday 1914, p. 96 et 97.
- ↑ Collectif 1891.
- ↑ (en) Nick Parker, « From the Top: Nick Parker - Stained Glass Windows Come Home » (consulté le ).
- ↑ (en) Geoffrey Tyack, Oxford : An Architectural Guide, Oxford University Press, 370 p. (ISBN 9780198174233), p. 226
- ↑ (en) « William Burges », sur Esther Fitzgerald (consulté le )
- ↑ (en) « 4 Artworks by or After Henry Holiday », sur Art UK (consulté le )
- 1 2 (en) « Short Biography », sur Lewis Carroll Society (consulté le )
- ↑ (en) « Simeon Solomon in Italy », sur Osholars (consulté le )
- ↑ (en) « Oak Tree House (1245496) », sur National Heritage List for England (consulté le )
- ↑ (en) Goetz Kluge, Nose Is a Nos Is a Nose, coll. « Knight Letter », (ISSN 0193-886X), chap. 99, p. 30
- ↑ (en) « Drawing », sur British Museum (consulté le )
- ↑ (en) « Exhibition of sketches in Egypt and other works by Mr. Henry Holiday and Miss Jessie Mothersole : Walker Art Gallery ... March 16th to 28th, 1908 », sur Exhibition Culture (consulté le )
- ↑ (en) « Betty Fold », sur Betty Fold (consulté le )
- ↑ (en) « Details from Listed Building Database (1076300) », sur National Heritage List for England (consulté le )
- ↑ (en) « Gilbert Joseph Holiday », sur DCFA (consulté le )
- ↑ (en) « 5 Artworks by or After Gilbert Holiday », sur Art UK (consulté le )
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- (en) Henry Holiday, Stained Glass as an Art,
- (en) Henry Holiday, Art and Individualism, (lire en ligne)
- (en) Reminiscence of My Life, Heinemann,
- (en) Lewis Carroll, The Hunting of the Snark and Agony, in Eight Fits, MacMillan & Co.,
- (en) Collaboratif, Famous Paintings, Volume 1, Cassell,
- (en) Angus M. Mackay, Henry Holiday and His Art, vol. 158, coll. « The Westminster Review », , p. 391
- (en) Collaboratif, The Decorative Work of Mr. Henry Holiday, vol. 46, coll. « Studio International », , p. 106 à 115
- (en) Alfred Lys Baldry, Henry Holiday, Walker's Galleries, , « 31 et 32 »
- (en) Collaboratif, Henry Holiday 1839-1927, Exhibition Catalogue, William Morris Gallery,
- (en) Scott Wilcox et Newall Wilcox, Victorian Landscape Watercolors, Hudson Hills, , p. 190
- (en) Morton N. Cohen et Edward Wakeling, Lewis Carroll and His Illustrators, Macmillan, , p. 22 à 27
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Ressource relative à la littérature :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :