Honneur et patrie (Chinard)

Honneur et Patrie, écrit Honeur [sic] et Patrie, ou Minerve distribuant des récompenses aux guerriers, aux artistes et aux savants est un bas-relief en terre crue réalisée par Joseph Chinard en 1804 et conservé au musée des beaux-arts de Lyon. Il est un projet pour un arc de triomphe à Bordeaux.

Honneur et Patrie
Artiste
Date
1804
Type
sculpture en bas-relief
Technique
terre crue
Dimensions (H × L × l)
78 × 101,7 × 10 cm
No d’inventaire
1966-11
Localisation
Commentaire
Le titre a une faute : Honeur et Patrie.

Historique

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Ce bas-relief est un travail préparatoire à une commande de la ville de Bordeaux souhaitant célébrer Bonaparte. Le projet était de transformer la Porte de Bourgogne en un arc de triomphe. L'instigateur de cette idée est le préfet Charles Delacroix, qui avait déjà sollicité les services de Chinard lors de son passage à la préfecture de Marseille. Le programme initial devait comporter deux sculptures en bas-relief montrant pour l'un Honneur et Patrie et pour l'autre L'Union de l'Empire et de la Liberté ; deux lions et un aigle élevant le portrait de l'empereur ; le tout en marbre. La municipalité de Bordeaux valide le projet le 8 novembre 1804 pour une somme de 42000 francs. toutefois, dès octobre 1805, la ville, constatant que Chinard n'a pas respecté les délais demandés pour à la place réaliser un arc de triomphe à Lyon pour l'entrée de l'empereur dans cette ville, lui adresse, ainsi que le préfet, une protestation. Des échanges de lettres d'indignation sont échangés, la ville commence par restreindre le projet aux deux bas-reliefs, puis uniquement au marbre d'Honneur et patrie, qui ne sera finalement jamais achevé[1].

Chinard fait don du plâtre préparatoire à l'Académie de Lyon le 23 août 1808 en remerciement de leur accueil parmi eux[2]. Il est ensuite placé dans la bibliothèque de la ville de Lyon, située alors dans l'ancien collège de la Trinité. En 1885, il retourne à l'Académie de Lyon. En 1909, il est envoyé à l'exposition Chnard de Paris au pavillon de Marsan ; à son retour, il est restauré et consolidé par Meunier. En 1966, il est déposé au musée des beaux-arts de Lyon et est une nouvelle fois restauré en 1989. Il est alors démonté, nettoyé, consolidé. Des fragments sont recollés, des lacunes sont comblées par Lionel Lefèvre, Catherine Lepeltier et Hervé Manis[1].

La fragilité de la sculpture fait songer, lors du prêt exceptionnel de 1909 pour la rétrospective de la carrière de Chinard, d'en faire réaliser la cuisson. C'est le bibliothécaire de la ville, Richard Cantinelli[N 1], qui en fait la proposition au maire de Lyon. Il n'est toutefois pas suivi et il n'est effectué qu'une consolidation[3].

Description

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« La composition de cette maquette se signale par sa symétrie. Au centre la déesse Minerve symbolise la Patrie. Elle distribue à deux groupes situés de part et d'autre des couronnes de laurier et des « croix d'honneur ». À sa gauche figurent des guerriers et à sa droite une évocation des artistes, l'un tenant un maillet, l'autre des pinceaux. À l'extrémité, un génie ailé porte une lyre. Tous sont drapés à l'antique ou nus »[1].

Sur le montant supérieur du cadre, des lettres noires indiquent « HONEUR [sic] ET PATRIE » ; sur le montant inférieur il y a la mention « CHINARD. F. » [1].

Extrêmement fragile, il est improbable que le bas-relief ai voyagé. Il n'a pas dû sortir de l'atelier lyonnais et est certainement un avant-projet réalisé dès la prise de commande pour être retravaillé plus tard, soit à la demandes des donneurs d'ordre, soit pour s'adapter à une évolution du contexte politique[3].

Analyse

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Pallas de Velletri, musée du Louvre.
Le Serment des Horaces - Jacques-Louis David, Musée du Louvre.

Ce bas-relief fait un allusion très claire à la création par Bonaparte deux ans plus tôt de l'ordre de la Légion d'honneur, lors du décret du 19 mai 1802. Madeleine Rocher-Jauneau[4] considère que cette sculpture est la plus néo-classique de Joseph Chinard, par exemple par l'emploi du nu héroïque. Elle pointe également la figure de Minerve, dont les modèles romains marquent ce style, telles que la Pallas de Velletri ou la Minerve Giustiniani (en). Le recours aux formes de ce style a probablement été dicté à Chinard par la destination monumentale de l'œuvre[3].

Par ailleurs, l'attitude des personnages entourant Minerve évoquent fortement la composition du Serment des Horaces de Jacques Louis David. Quant au génie ailé, il évoque nettement certaines réalisations d'Antonio Canova, ou les premiers reliefs de Bertel Thorvaldsen[3].

Michael Levey[5], quant à lui, souligne qu'au-delà des renvois clairs au style néo-classique, Joseph Chinard conserve « son penchant vers la finesse et la grâce, [...] ses figures renvoyant davantage au modèle de la Renaissance »[3].

Œuvres en rapport

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Cette œuvre est le premier travail du projet, une seconde composition a été faite et est connue par son exposition lors du Salon de 1808[N 2]. Cette seconde version n'est plus localisée mais à été reproduite par le graveur Charles Normand et imprimé[6] par Charles Landon. Sensiblement différente du premier travail, plus épurée, ce relief ne présente que trois personnages : Minerve entourée d'un génie ailé et un guerrier nu. Chinard à l'inverse place deux éléments de décors : un trépied avec une flamme et un bouclier rectangulaire avec les mots Valeur et Courage. Il est probable que ce soit cette version qui ai été présenté à l'exposition publique de l' Académie de Carrare en novembre 1805[7],[3].

Expositions

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  • 1909-1910, Exposition d'œuvres du sculpteur Chinard de Lyon (1756-1813), Paris, Pavillon de Marsan, catalogue de la Librairie centrale des beaux-arts / Émile Lévy, n° 26, p. 33 ;
  • 1958, Un siècle d'art Lyonnais, Lyon, Palais municipal des expositions, n° 13, P. 120 ;
  • 1989-1990, Les muses de Messidor, peintres et sculpteurs lyonnais de la Révolution à l'Empire, Lyon, Musée des beaux-arts, n° 35, p. 83, 89, repr. p. 82 ;
  • 1990, Une femme, deux fleuves, un lion. Allégories et symboles relatifs à la ville de Lyon depuis sa fondation jusqu'à nos jours, Lyon, Palais Saint-Jean, n° 8, p. 28, repr. p. 29.

Bibliographie

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Ouvrages

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  • Musée des Beaux-arts de Lyon, Sculptures du XVIIe au XXe siècle, Lyon, Somogy éditions d'art ; Musée des beaux-arts de Lyon, (ISBN 978-2-7572-1269-1, BNF 45388270) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles et notice

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  • Madeleine Rocher-Jauneau, « Un bas-relief de Joseph Chinard : Au Musée des Beaux-Arts », Bulletins et Cahiers des musées lyonnais, vol. 4.2,‎ , p. 271-275

Articles connexes

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Annexes

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liens externes

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Notes et références

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  1. ↑ Dans un courrier du 13 novembre 1909 conservé aux Archives municipales de Lyon, cote 177W,p 9.
  2. ↑ n° 661.

Références

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  1. 1 2 3 4 Sculptures Lyon, 2017, p. 133.
  2. ↑ Salomon de la Chapelle, « Joseph Chinard - sculpteur : Sa vie, son œuvre », La Revue du Lyonnais,‎ (lire en ligne), p. 412
  3. 1 2 3 4 5 6 Sculptures Lyon, 2017, p. 134.
  4. ↑ Rocher-Jauneau 1970.
  5. ↑ Michael Levey, L'Art du XVIIIe siècle, peinture et sculpture en France - 1700-1789, Paris, Flammarion, 1993. p. 255.
  6. ↑ Charles Paul Landon,Annales du musée et de l'école moderne des beaux-arts : Salon de 1808, 2vol. Imprimerie des annales du musée. p. 44 ; pl. 34.
  7. ↑ Paul Marmottan, Les Arts en Toscane sous Napoléon, Paris, Honoré champion, 1901. p. 55.