Joseph Chinard

sculpteur français (1756-1813)

Joseph Chinard né le à Lyon où il est mort le est un sculpteur néo-classique français.

Joseph Chinard
Louis-Léopold Boilly, Portrait du sculpteur Joseph Chinard réalisant le portrait en médaillon de Louis-Léopold Boilly. Collection particulière[N 1].
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 57 ans)
LyonVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nationalité
Activité
Conjoints
Antoinette Perret (d) (de à )
Marie Berthaud (d) (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
Mouvement
Mécène
Œuvres principales
Buste de Juliette Récamier (d), Madame de Verninac en Diane chasseresse (d), fontaine de la PyramideVoir et modifier les données sur Wikidata
signature de Joseph Chinard
Signature.
Vue de la sépulture.

Biographie

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Enfance et première formation

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Joseph Chinard nait le 12 février 1756 et grandit dans une famille de maître-fabricant[1]. Joseph Chinard est le fils d'Étienne Chinard, un marchand, et Antoinette, fille de charpentie[2].

Joseph Chinard se destine d’abord à une carrière ecclésiastique, mais son goût l’entraîne dans une autre direction : celle de l'art. Il ne termine pas son instruction et commence son travail de sculpteur en produisant des figurines pour des confiseurs et des pâtissiers[3].

En 1770, Chinard intègre l'école de dessin de la ville de Lyon, dirigée par Donat Nonnotte, puis l’atelier de sculpture de Blaise Barthélémy (Lyon, 1738 - Paris, 1819) à qui on doit les statues de Saint Étienne et de Saint Jean-Baptiste de la primatiale Saint-Jean (1776). Dès cette époque, il commence à recevoir des commandes[1].

Entre 1780 et 1781, il réalise, à la suite de la commande par le chapitre de l’église Saint-Paul, les pendentifs du dôme et les figures des quatre Évangélistes, œuvres détruites en 1793 sous la Terreur. En 1782, il réalise pour la chartreuse de Sélignac les statues de Saint Bruno et Saint Jean. Ces diverses réalisations le font connaître dans le monde de l'art et lui permettent de financer le premier de ses trois voyages à Rome[4]. En effet, il est remarqué par Jean Marie Lafont de Juys, le procureur du roi, l’un des seuls collectionneurs de sculpture lyonnaise.

Premier voyage en Italie

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Joseph Chinard tenant Persée et Andromède, miniature de Pierre Rouvier

Financé par un mécène, il part de 1784 à à Rome pour améliorer sa technique et former son goût artistique[1]. Il fait durant son séjour maintes copies d’œuvres antiques en marbre, dont un grand nombre a été acheté par son mécène pour son hôtel de Lyon[5].

Le , il obtient le premier prix du concours Balestra de l’Académie Saint-Luc de Rome avec Persée délivrant Andromède. Il s'agit du seul sculpteur à être resté en compétition alors que les autres artistes français se retiraient. De plus, n’ayant pas étudié à l’Académie royale de Paris, il ne disposait pas du soutien et de l’influence de cette dernière. Ce premier prix n’avait alors pas été reçu par un Français depuis Camille Pachetti, 15 ans auparavant. Les artistes du roi (Allegrain, Mouchy, Boucher[Lequel ?], Houdon…) n'obtenaient que le second[6].

Premier mariage

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Joseph Chinard se marie le avec Antoinette Perret (1752-1794), brodeuse lyonnaise. Il la connaît depuis de nombreuses années et la considérait déjà comme sa femme[7].

Période révolutionnaire

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L'Amour de la Patrie, 1790, Musée des beaux-arts de Lyon.

En 1789, acquis aux idées nouvelles, il a conscience que les artistes ont un rôle à jouer dans la Révolution française. Beaucoup d’artistes vont avoir tendance à se réfugier dans le « laconisme des idoles jacobines » alors que Chinard lui préfère la composition allégorique. Grâce à l'éloignement de Paris, des pressions politiques et des actualités, il peut développer un style différent des artistes de son époque en renouvelant l'iconographie[8]. Avec son ami Philippe-Auguste Hennequin, connu dans l'entourage de Jacques-Louis David à Rome, ils sont les chantres locaux des idées révolutionnaires[9]. Il réalise ainsi un groupe allégorique d'interprétation malaisée, Amour de la patrie[1].

Durant les premières années de la Révolution, il réalise deux groupes engagés commandés par M. Van Risambourg (ou Risamburgh) pour un trépied de candélabre : Jupiter foudroyant l’Aristocratie et le Génie de la Raison foulant aux pieds la Superstition[9].

Deuxième voyage en Italie

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En 1791, il entreprend un deuxième voyage en Italie, mais son activité artistique révolutionnaire et son appartenance à une loge maçonnique sont rapportés aux autorités pontificales. Il est dénoncé et arrêté dans la nuit du 22 au au château Saint-Ange sur ordre du pape pour ouvrages subversifs avec Rater, un jeune élève d'architecture lyonnais[9].

On constate une forte mobilisation de l'élite française autour de sa libération, la nouvelle de son incarcération parvient à l'Assemblée. Les membres du Conseil exécutif provisoire (MM. Lebrun, Roland, Monge, Clavière, Prache, Garat) signent une lettre pour faire libérer les deux hommes et ipso-facto pour défendre les valeurs et les symboles révolutionnaires en Europe[10]. La lettre aurait même été « tracée secrètement par une femme »[11], en l’occurrence Manon Roland, la femme du ministre de l'Intérieur. En pleine période révolutionnaire aucun représentant de la cour de France n'était présent à Rome, ce qui ralentit encore leur libération. L'épouse de Joseph Chinard joue un rôle important dans la mobilisation autour de son mari en entretenant une correspondance soutenue avec différents personnages influents, notamment avec Manon Roland qui militera pour que son mari se saisisse de la question[réf. nécessaire]. Le ministre de l'Intérieur Roland envoie finalement une protestation officielle, qui obtient la libération du sculpteur[1].

Le pape accepte finalement de les libérer le sous condition qu’il quitte l’État ecclésiastique en laissant l’ensemble de ses biens et de ses œuvres, sans aucune ressource[12]. À leur retour, ils deviennent des symboles de la lutte révolutionnaire face à la tyrannie monarchique et religieuse. La liberté révolutionnaire est opposée aux despotismes monarchiques dans de nombreux écrits comme dans les Mémoires de Madame Roland. Ils sont accueillis en héros comme on le voit dans l’exposé Les faits patriotique du citoyen Chinard, rédigé par Joseph Antoine Boisset[13].

Un sculpteur révolutionnaire

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La Liberté et l'Égalité, projet de fronton pour l'Hôtel de Ville de Lyon, 1793, Musée des Beaux-arts de Lyon.

Revenu à Lyon sous les traits d'un martyr de la Liberté, il obtient un grand nombre de commandes révolutionnaires[9].

Soutien de la municipalité et méfiance du peuple
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En 1792, Chinard souhaite s'engager dans l'armée de François Christophe Kellermann, mais son entourage l'encourage plutôt à utiliser son art pour diffuser les valeurs de la Révolution française. Il propose de réaliser le portrait des commissaires de la Convention, envoyés à Lyon pour maintenir l’ordre. Il réalise à ses frais un groupe composé d'une statue colossale La Liberté et l’Égalité pour remplacer la statue de Louis XIV (Chabry) du fronton de l'hôtel de ville[14]. Il porte ainsi sur le devant de la scène les droits de l’homme et les lois républicaines conformes aux idéaux révolutionnaires. Cette œuvre sera détruite en 1810 sous l'Empire par le préfet Bondy qui dira « détruire enfin les derniers vestiges d’anarchie, de terreur et de vandalisme ». Cette réalisation lui vaut les faveurs de la municipalité mais les soupçons de certains patriotes, comme le comédien Antoine Dorfeuille, qui critiquèrent ses œuvres et l’accusèrent à tort d’y glisser des symboles royalistes[15].

À une heure ou l'iconographie révolutionnaire en est a ses balbutiement, le risque pour l'artiste était d’offrir une forme trop conventionnelle ou au contraire trop originale, ne correspondant pas aux attentes des citoyens. Joseph Chinard fait les frais de ce tâtonnement artistique. Il recourt fréquemment à l'allégorie et recherche une symbolique qui créerai chez le spectateur un sentiment d’empathie aux idéaux révolutionnaires, souhaitant ainsi établir une légitimité à la Révolution à travers l'art. L'iconographie qu'il crée fait usage de mots tels que « patrie » qu'il inscrit dans ses œuvres pour en éclairer la symbolique[8].

Durant les premières années de la Révolution, Chinard est chargé avec Hennequin d'organiser les décors des fêtes révolutionnaires[14].

Emprisonnement : d' à
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Après une série d’œuvres, notamment la Statue de la Renommée et de la Victoire où une couronne de laurier que tient une figure allégorique éveille la susceptibilité du club des Jacobins, il est accusé de soutenir la Gironde[1]. Il est incarcéré comme contre-révolutionnaire en à la prison de la Ville Affranchie (Lyon). Ces accusations jugées comme étant des inepties par les « républicains éclairés » engendre un grand débat qui divise la société civile de l’époque. De nombreux écrits tracent les réquisitoires en faveur ou contre l’artiste. On rapporte[16] que c’est une autre figurine modelée en terre, L'Innocence, sous les traits d'une colombe se réfugiant dans le sein de la Justice, envoyée à un des juges, un nommé Cochard, qui lui vaut sa libération. Pour prouver sa fidélité aux idéaux révolutionnaires, il propose de s'engager dans l'armée[1].

Il est acquitté le . À la suite de sa libération, le Conseil général de la Ville Affranchie lui commande de nombreuses œuvres, notamment une statue de L’Égalité. Il reçoit aussi la commande d'un buste en marbre de Marie Joseph Chalier et Hidens, d’une allégorie de la République et de l’Égalité par la Convention nationale. Il est aussi chargé d’organiser des œuvres pour des fêtes nationales (fête de Jean Jacques Rousseau, fête des Victoires…)[réf. nécessaire].

Son épouse meurt le [7].

Durant la fin de la période révolutionnaire, il donne également des cours, notamment Clémence de Sermézy[1].

Période impériale

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Buste de Napoléon Bonaparte en premier consul, 1801. Musée des Beaux-arts de Lyon.

Joseph Chinard devient un soutien actif du régime napoléonien. En 1800, il réalise un buste pour honorer la mémoire du général Desaix, sur la commande de la commune de Clermont-Ferrand[1]. Lors du voyage de Napoléon Bonaparte en 1802 lors de la consulte cisalpine, il réalise un buste en costume de premier consul qui orne son appartement. Quelques temps plus tard, il réalise un vase à l'antique pour célébrer le couronnement du couple impérial[14]{{}}[1].

Une célébrité sous l'ère napoléonienne

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Buste de l'impératrice Joséphine, copie du musée d'art de Cleveland, 1805.

En 1800, de retour de son troisième et dernier voyage romain, il est accueilli à l’Académie de Lyon — réorganisée sous le nom d’Athénée — et nommé correspondant de l’Institut. Il ne quittera désormais plus guère sa ville natale. Le , il avait été nommé, par décret impérial, professeur de sculpture à l’École spéciale de dessin de Lyon[N 2], en 1808, il reçoit la grande médaille d’or du Salon de Paris et en il est nommé membre de la Société littéraire de Lyon.

Il s’installe en 1804 à Carrare en Italie pour profiter des carrières de marbre, mais à la suite d'un différend financier avec la princesse Elisa Baccioni, il doit quitter la toscane en 1808. Il est proche du couple Récamier qui l’invite à Paris régulièrement et pour lequel il réalise le Buste de Juliette Récamier entre 1804 et 1808. Devenu célèbre, il vit confortablement ses dernières années et reçoit des sollicitations de riches commanditaires. Il réalise en 1809 les médaillons du médecin Stanislas Gilibert (ancien maire de Lyon) et de sa femme, ainsi que le buste du général baron Joseph Piston en 1810. Il expose à Paris le Buste colossal du général Desaix, on y trouve le beau idéal à travers l’image du héros, un des meilleurs ouvrages de l’artiste selon les critiques de l’époque ; il fut conservé au palais du Louvre puis au château de Versailles.

La période du Consulat s’avère très propice pour ses commandes et l’avènement du Directoire lui ouvre une période de stabilité. Il expose aux Salons parisiens de 1798 à 1812. Les faveurs de Napoléon entraîne une hausse des commandes : portraits de la famille Bonaparte[N 3], participation aux décors de l’arc de triomphe du Carrousel à Paris (1812), sollicitation pour celui de Bordeaux ou encore création d’une statue pour la fontaine de la place de la Douane à Marseille (1809).

Durant cette période, il est alors l'un des plus éminents représentants des sculpteurs de portraits, avec Houdon, Delaistre et Bosio[17].

En 1811, sous la pression de son entourage (Bredin[Qui ?]…), il épouse Marie Berthaud qu'il avait rencontrée en 1794 lors de son séjour en prison. Elle rendait visite à un des détenus qui était son amant, ils devinrent rapidement bons amis. Avant de passer devant la commission révolutionnaire, ce détenu demanda à Chinard de prendre soin d’elle, ce qu'il fit[18].

L'Enlèvement de Déjanire (1884-1887), musée des Beaux-Arts de Lyon.

Sa mort survient en 1813 des suites d’une rupture d’anévrisme cardiaque. Il fut d'abord inhumé dans le jardin de sa maison de l’Observance, quai Pierre-Scize à Lyon[N 4]. Sa sépulture est désormais au cimetière de Loyasse à Lyon, allée no 1 (quartier de Fourvière). Il a légué sa terre cuite de Persée et Andromède, L’Enlèvement de Déjanire et la statuette de son Autoportrait en pied au musée des Beaux-Arts de Lyon.

Ayant vécu durant une période troublée et agitée, il n'a pu mener à bien tous ses travaux. Quelques œuvres importantes sont restées inachevées. Elles furent parfois vandalisées et majoritairement dispersées, soit par la variété des commanditaires, soit par l'imprévoyance des héritiers.

À Lyon, ses ateliers étaient situés au 36, quai du Rhône, maison de l’hôpital, de 1785 à , puis à l'ancienne chapelle des Pénitents de Lorette, place Croix-Paquet, de 1794 à sa mort.

Postérité

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Si de son vivant, Joseph Chinard attire les éloges, son aura se dissipe rapidement après sa mort. Avec la chute de l'Empire, les goûts changèrent vite et son style passe de mode. Ainsi, si le catalogue du musée de Lyon de 1820 met en avant plusieurs sculptures de Chinard ; dès 1837, le même directeur François Artaud les retire de ce même catalogue. A plusieurs reprises, les commissions successives du musée de Lyon désapprouvent l'acquisition d'œuvres de Chinard durant le XIXè siècle. De même, la diffusion du célèbre buste de Juliette Récamier qui connait durant cette période des copies et moulages, le sont sous le nom de son rival : Jean Antoine Houdon[19].

Ce n'est qu'en 1909 qu'une exposition fait à nouveau honneur au talent de Joseph Chinard[20]. Organisée par Paul Vitry au musée des Louvre, elle marque un début de renouveau d'intérêt pour l'artiste dans le milieu parisien. Ainsi, le comte de Penha-Longa reconstitue un ensemble important de sculptures de l'artiste lors de ventes publiques[21]. Toutefois, si le musée de Lyon se décide à acquérir le buste de Juliette Récamier en 1909, c'est bien davantage en raison de l'identité de la personne représentée que pour l'artiste lui-même[19].

Ce désintérêt évolue avec le nouveau directeur du musée Léon Rosenthal. Ayant l'opportunité de faire entrer dans les collections La Liberté et l'égalité, il en profite pour plaider l'agrandissement des collections et de la mise en valeur de cet artiste, notamment grâce à l'ouverture de la chapelle Saint Pierre qui permet la nouvelle mise en valeur des sculptures[22]. A partir de ce moment, non seulement le musée se porte acquéreur d'autres réalisations de l'artiste, mais il est également mis en valeurs dans les salles, « replacé dans une généalogie idéale de la sculpture française dépassant largement le cadre de la ville »[23]. Redécouvert par les critiques, il est alors considéré comme un éminent représentant d'une école lyonnaise d'art[24]. Si l'existence même d'une école d'art lyonnaise est questionnée, la place de Chinard dans la sculpture française est alors fermement établie au début du XXè siècle[23].

« Au tournant des XVIIIe et XIXe siècles, Joseph Chinard s'impose comme le sculpteur majeur sur la scène artistique lyonnaise et comme l'un des créateurs les plus originaux de son temps »[19]. Le style de Chinard est éclectique, et fait la synthèse du modèle antique, de l'influence de Canova et d'un soucis de naturalisme[25].

L’exécution fidèle, délicate et gracieuse de ses bustes, qui rendait magnifiquement les chairs et faisait transparaître le sentiment des personnages, l’imagination, le goût et l’adresse de ses groupes allégoriques en font un des plus grands sculpteurs de son temps, et l'un des meilleurs artistes français du portrait sculpté[réf. nécessaire].

Une école lyonnaise de sculpture ?

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A partir du début du XXè siècle, l'idée que Chinard aurait fondé une école lyonnaise de sculpture comme il existe une école lyonnaise de peinture à peu près au même moment émerge dans les milieux artistiques et savants[26]. Camille Mauclair propose ainsi de voir Chinard comme l'inspirateur de l'école lyonnaise du début du XIXè siècle[24]. Toutefois, le fait qu'il soit le créateur d'une école de sculpture propre à Lyon est encore questionnée. Si certains tentent de faire un parallèle entre une école de peinture bien identifiée et étudiée et Chinard et ses élèves, Catherine Chevillot a démontré le caractère forcé de ce point de vue ; qui ne tient pas face aux stratégies de carrière individualistes des artistes considérés et à la très forte centralisation artistique de ce domaine dans les années 1820 - 1840. Il n’apparaît ainsi pas de cohérence stylistique évidente, tout au plus un milieu généré par une solidarité artistique entre sculpteurs formés par la même personne[23].

Toutefois, cette vision est probablement amenée à évoluer car il n'existe pas encore de monographie sur Chinard et ses disciples[25].

Élèves

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Joseph chinard eut de nombreux élèves qui semblent avoir apprécié son enseignement. Le Bulletin de Lyon rapporte ainsi qu'en 1802, après une absence de quatre mois pour Paris, ses élèves avaient en son absence élevé un monument à sa gloire dans son atelier[27],[25].

Œuvres

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Le musée des beaux-arts de Lyon possède la collection la plus complète pour présenter l'œuvre de Chinard dans toute sa diversité[19].

Centaure dompté par l'Amour (1789), musée des Beaux-Arts de Lyon.
Persée et Andromède (1791), musée des Beaux-Arts de Lyon.
Buste de Mme Chinard (1803), Baltimore, Walters Art Museum.
Buste de Juliette Récamier (entre 1804 et 1808), musée des Beaux-Arts de Lyon.

États-Unis

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Galerie

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  • Salon des arts de Lyon de 1786 : Buste de Laocoon, d’après l’antique (n° 41) ; La Vestale d’après l’antique (n° 42) ; Tête d’amour, d’après l’antique du Vatican (n° 43) ; quatre petites figures en terre cuite représentant les quatre Saisons (n° 44)[34].  
  • Salon de 1800 : Andromède, plâtre ; La Justice, terre cuite ; Diane préparant ses traits.
  • Salon de 1802 : La Paix, terre cuite ; L’Amour sur les flots[N 7] ; Hébé versant le nectar[N 8].
  • Salon de 1806 : Le Prince Eugène, buste.
  • Salon de 1808 : Honneur et Patrie, bas-relief[N 9] ; L’impératrice Joséphine, buste ; La Princesse Piombino, buste ; La Princesse A. de Bavière, buste ; Le Général Desaix, buste[N 10] ; Le Général Leclerc, buste ; Mme de Verninac en Diane, buste[N 11].
  • Salon de 1812 : La Paix, buste en plâtre[N 12] ; Le Général Cervoni, statue en plâtre ; La Victoire donnant une couronne ; Otriade mourant sur son bouclier ; L’Amour réveillé par Psyché ; Niobé frappée par Apollon ; L’Illusion du bonheur ; Phryné sortant du bain ; Persée et Andromède, copie (prix de Rome).

Expositions

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Récompenses

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  • Premier prix du concours Balestra de l’Académie Saint-Luc de Rome, .
  • Médaille d'or au Salon de 1808.

Expositions

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Annexes

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Bibliographie

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Ouvrages anciens

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Sont listés ici les ouvrages et sources du XIXè siècle.

Sources récentes

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Ouvrages généraux
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  • Claire Barbillon (dir.), Catherine Chevillot, Stéphane Paccoud et Ludmila Virassamynaïken (préf. Sylvie Ramond), Sculptures du XVIIe au XXe siècle : Musée des Beaux-Arts de Lyon, Paris, Somogy éditions d'art, , 592 p., 25 × 31 cm (ISBN 978-2-7572-1269-1, OCLC 1013587541, BNF 45388270)
  • Gérard Bruyère et Dominique Saint-Pierre (dir.), « Chinard Joseph (1756-1813) », dans Dictionnaire historique des Académiciens de Lyon : 1700-2016, éd. ASBLA de Lyon, , 1369 p. (ISBN 978-2-9559-4330-4, présentation en ligne), p. 311-316. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Georges Duby (dir.) et Jean-Luc Daval (dir.), La Sculpture : De l'antiquité au XXe siècle, Taschen, (ISBN 978-3-8365-4483-2)
  • Philippe Dufieux et Jean-Christophe Stuccilli, L'art de Lyon, Paris, Place des Victoires, (ISBN 978-2-8099-1438-2)
  • Patrice Béghain, Bruno Benoit, Gérard Corneloup et Bruno Thévenon, Dictionnaire historique de Lyon, Lyon, Stéphane Bachès,
Articles de revues et de colloques
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  • Madeleine Rocher-Jauneau, Joseph Chinard et les bustes de Madame Récamier, Bulletins et Cahiers des musées lyonnais Année 1978 v6. 2 pp. 25-37
  • Frédérique Brinkerink, « La carrière de Joseph Chinard (1756-1813) : prémices et stratégies », in Le public et la politique des arts au siècle des Lumières, colloque, Paris, INHA, 17-19 décembre 2009, Bordeaux, William Blake & Co, 2011 (Annales du Centre Ledoux 8), p. 281-292, fig. 145-156.
  • Philippe Bordes, « L’Invention d’une iconographie révolutionnaire : Joseph Chinard (1756-1813) », Studi Neoclassici, vol. 4,‎ , p. 41-50
Catalogues d'exposition
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  • De Stefano Maderno à Joseph Chinard / Monique Barbier, Jérôme Bouchet, François Souchal (catalogue de l'exposition à la Galerie Charles Ratton & Guy Ladrière, 11 quai Voltaire, du 10 septembre au 25 octobre 2014 )
Thèses
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  • Frédérique Brinkerink, Joseph Chinard (1756-1813), un nouveau Pygmalion ? Stratégies de carrière et fortune critique de l’œuvre d’un sculpteur provincial, Mémoire, univ. Paris-1 Panthéon-Sorbonne, 2007-2008 (inédit).

Liens externes

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Notes et références

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  1. ↑ Enchères: Paris, Artcurial, 25 novembre 2025 (sale # 6261), lot 74
  2. ↑ Rétablie par un décret du et située au rez-de-chaussée du palais Saint-Pierre.
  3. ↑ Buste de Jérôme Bonaparte, roi de Westphalie, vers 1810, château de Malmaison (Notice no 50160000510, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Joconde, ministère français de la Culture), et Buste d'Élisa Bonaparte, princesse Baciocchi, duchesse de Toscane, vers 1810, château de Malmaison (Notice no 50160000511, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Joconde, ministère français de la Culture).
  4. ↑ On situe la propriété entre la montée de l'Observance (probablement côté de l'ancienne entrée) et la montée du Greillon (au niveau du no 12 aujourd'hui).
  5. ↑ Assistant de Chinard en Italie.
  6. ↑ Il s'agit d'une copie de la statue de l'Accademia di San Luca. Il en existe une seconde en marbre inachevée dans les collections du musée.
  7. ↑ Allégorie citée dans les Annales de M. Landon.
  8. ↑ La statue fut retrouvée en 1918 par M. Pillet, bouquiniste lyonnais dans la collection du château de Saint-Savin près de Bourgoin et mise en vente à Lyon en 1921[réf. nécessaire].
  9. ↑ Destiné à l’arc de triomphe prévu à la porte de Bourgogne à Bordeaux, il ne fut jamais livré car le projet fut abandonné.
  10. ↑ Sur commande du général Bonaparte, après Marengo.
  11. ↑ Elle est la sœur du peintre Eugène Delacroix et l'épouse du préfet.
  12. ↑ Commande marseillaise.

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Dict. Hist. Lyon, p. 295.
  2. ↑ Contrat de mariage de Chinard, sculpteur, et Antoinette Perret, Morel notaire à Lyon[réf. incomplète].
  3. ↑ Revue du Lyonnais, recueil historique et littéraire, Tome XXII, Cinquième série, p. 79.
  4. ↑ Revue du Lyonnais, recueil historique et littéraire, op. cit., p. 80.
  5. ↑ « Hôtel de Juys, puis Bottu de la Barmondière, actuellement Université catholique de Lyon », sur patrimoine.rhonealpes.fr.
  6. ↑ Journal de Lyon, 1786, p. 213.
  7. 1 2 Dict. Académiciens de Lyon, p. 312.
  8. 1 2 Bordes 2016.
  9. 1 2 3 4 Dufieux et Stuccilli 2017, p. 275.
  10. ↑ Séance de la Convention nationale, [réf. incomplète].
  11. ↑ Mémoires de Madame Roland.
  12. ↑ Hugou de Bassevile, Bernadote, Les diplomates de la révolution, Paris, Charavay, .
  13. ↑ Revue du Lyonnais, recueil historique et littéraire, op. cit., pp. 274 à 278.
  14. 1 2 3 Dufieux et Stuccilli 2017, p. 276.
  15. ↑ Revue du Lyonnais, recueil historique et littéraire, op. cit., pp. 213-215.
  16. ↑ Revue du Lyonnais, recueil historique et littéraire, op. cit., p. 280.
  17. ↑ Duby et Daval 2015, p. 858.
  18. ↑ Revue du Lyonnais, recueil historique et littéraire, op. cit., p. 279.
  19. 1 2 3 4 Barbillon et al. 2017, p. 126.
  20. ↑ Exposition d'oeuvres du sculpteur Chinard de Lyon (1756-1813) au pavillon de Marsan (Palais du Louvre), novembre 1909-janvier 1910 catalogue par Paul Vitry.
  21. ↑ Catalogue des sculptures par Joseph Chinard de Lyon (1756-1813) formant la collection de M. le comte de Penha-Longa, Paris, galerie Georges Petit, 2 décembre 1911.
  22. ↑ Stéphane Paccoud, « Le projet d'un musée de sculpture », dans Bertrand Tillier (dir.), Vincent Chambarlhac, Thierry Hohl, Léon Rosenthal, militant, critique et historien d'art, Paris, Hermann, , p. 315-329
  23. 1 2 3 Barbillon et al. 2017, p. 127.
  24. 1 2 Camille Mauclair, Les musées d'Europe, Lyon, le palais Saint-Pierre, Paris, Nilsson, 1929, p. 140-141.
  25. 1 2 3 Barbillon et al. 2017, p. 128.
  26. ↑ Barbillon et al. 2017, p. 127-128.
  27. ↑ Bulletin de Lyon, n°32, nivôse an XI, p. 128.
  28. ↑ Augustin Fabre, Les rues de Marseille, 5 volumes, tome 3, Marseille, Chez E. Camoin, 1867-1869, p. 168.
  29. ↑ Théodore Lebreton, Biographie normande, tome 3, 1861, p. 246.
  30. ↑ Voir Jean-Antoine Houdon, Diane chasseresse.
  31. ↑ « Buste - L'illusion du bonheur », sur collections.madparis.fr (consulté le ).
  32. ↑ Philippe Durey, « La sculpture au Salon de 1810 », dans 1810, politique de l'amour: Napoléon Ier et Marie-Louise à Compiègne : Musée national du Palais Impérial de Compiègne, 28 mars-19 juillet 2010 (catalogue d'exposition), Éditions de la Réunion des musées nationaux, (ISBN 978-2-7118-5702-9), p. 146-156 (ici p. 152-153).
  33. ↑ « Napoléon Bonaparte (1769-1821), premier consul », sur Centre d'iconographie de la Bibliothèque de Genève (consulté le )
  34. ↑ Catalogue des ouvrages de peintures, sculptures, dessins et gravure exposé à Lyon au Salon des Art le 25 aout 1786.