Howard Kendall

footballeur anglais

Howard Kendall, né le à Ryton, dans le comté de Durham, et mort le à Southport, est un footballeur puis entraîneur anglais. Milieu de terrain après avoir commencé sa carrière comme défenseur, il joue notamment pour Preston North End puis Everton, où il forme avec Alan Ball et Colin Harvey la « Sainte Trinité » du milieu de terrain de l'équipe championne d'Angleterre en 1969-1970[2].

Howard Kendall
Image illustrative de l’article Howard Kendall
Biographie
Nationalité Britannique
Nat. sportive Anglais
Naissance
Ryton (Angleterre)
Décès (à 69 ans)
Southport (Angleterre)
Taille 1,70 m (5 7)[1]
Période pro. 1963-1981
Poste Milieu de terrain
Parcours junior
Années Club
1961-1963 Preston North End
Parcours senior1
AnnéesClub 0M.0(B.)
1963-1967 Preston North End 124 (15)
1967-1974 Everton FC 270 (30)
1974-1977 Birmingham City 134 (18)
1977-1979 Stoke City 091 (10)
1979-1981 Blackburn Rovers 096 0(7)
1981 Everton FC 006 0(0)
Parcours entraîneur
AnnéesÉquipe Stats
1979-1981 Blackburn Rovers
1981-1987 Everton FC
1987-1989 Athletic Bilbao
1989-1990 Manchester City
1990-1993 Everton FC
1994 Xanthi FC
1995 Notts County
1995-1997 Sheffield United
1997-1998 Everton FC
1998-1999 Ethnikós Le Pirée
1 Ne sont comptabilisés que les matchs en compétitions officielles, quel que soit le statut (amateur et professionnel). Les matchs amicaux ne sont pas comptabilisés.

Devenu entraîneur, Kendall est surtout associé à Everton, qu'il dirige à trois reprises. Son premier mandat, de 1981 à 1987, est le plus fructueux de l'histoire du club : il remporte deux championnats d'Angleterre, la Coupe d'Angleterre et la Coupe d'Europe des vainqueurs de coupe[3]. Il entraîne également Blackburn Rovers, l'Athletic Bilbao, Manchester City, Notts County, Sheffield United ainsi que les clubs grecs de Xanthi et de l'Ethnikós Le Pirée. En mai 2026, il demeure le dernier entraîneur anglais à avoir remporté une compétition européenne avec un club anglais, grâce au succès d'Everton en 1985[4].

Biographie

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Formation et Preston North End

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Howard Kendall rejoint Preston North End comme apprenti en 1961[2]. Il passe professionnel en 1963 et s'impose rapidement dans l'équipe première. Le , Preston, alors pensionnaire de deuxième division, dispute la finale de la Coupe d'Angleterre contre West Ham United. Âgé de 17 ans et 345 jours, Kendall devient alors le plus jeune joueur à disputer une finale de FA Cup à Wembley ; ce record est battu par Paul Allen (en) en 1980[5]. Preston s'incline 3-2 dans les dernières minutes de la rencontre.

Kendall est sélectionné dans les équipes d'Angleterre de jeunes, scolaires puis des moins de 23 ans, mais ne joue jamais avec l'équipe d'Angleterre A. Il est capitaine de la sélection anglaise de jeunes qui remporte en 1964 le tournoi international alors couramment désigné comme la « Little World Cup »[6].

Everton et fin de carrière de joueur

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Kendall rejoint Everton en mars 1967. D'abord utilisé comme défenseur, il est repositionné au milieu de terrain et forme avec Alan Ball et Colin Harvey un trio qui reçoit le surnom de « Sainte Trinité »[2]. Everton atteint la finale de la Coupe d'Angleterre 1968, perdue contre West Bromwich Albion, puis remporte le championnat d'Angleterre en 1969-1970. Cette ligne de milieu est alors l'un des éléments structurants de l'équipe de Harry Catterick[7]. Kendall devient ensuite capitaine du club pendant les trois saisons suivantes[8].

Il quitte Everton pour Birmingham City en février 1974, puis rejoint Stoke City en août 1977. Sous les ordres d'Alan Durban (en), il devient joueur-entraîneur et participe à la remontée de Stoke en première division à l'issue de la saison 1978-1979. En 1979, il choisit de rejoindre Blackburn Rovers, alors en troisième division, afin d'y exercer pour la première fois la fonction d'entraîneur-joueur[8].

Débuts d'entraîneur à Blackburn Rovers

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Kendall prend en charge Blackburn à l'été 1979. Pour sa première saison, le club obtient la promotion en deuxième division en terminant deuxième de Third Division. La saison suivante, Blackburn échoue de peu à obtenir une deuxième promotion consécutive et manque l'accession à la première division à la différence de buts[8].

En 1981, Everton lui propose de succéder à Gordon Lee. Kendall revient à Goodison Park comme entraîneur-joueur et dispute encore quelques rencontres avant de mettre définitivement fin à sa carrière de joueur en décembre 1981, après plus de 700 matchs de club, dont 276 avec Everton[8]. Il se consacre alors entièrement à l'entraînement[9].

Premier passage à Everton : de la crise aux trophées

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Les deux premières saisons de Kendall à Everton se terminent aux huitième puis septième places du championnat. Le début de la saison 1983-1984 est en revanche très difficile. Après seulement six victoires en vingt-et-un matchs de championnat, la contestation des supporters s'accroît et Kendall propose sa démission, que la direction refuse[9]. Un quart de finale de Coupe de la Ligue contre Oxford United en janvier 1984, au cours duquel Adrian Heath égalise en fin de rencontre, marque le début d'un redressement durable[10]. Everton atteint la finale de la Coupe de la Ligue, perdue après un match d'appui contre Liverpool, puis remporte la Coupe d'Angleterre 1984 en battant Watford 2-0 à Wembley[10].

La saison suivante constitue l'apogée de cette équipe. Everton remporte le championnat 1984-1985 avec treize points d'avance sur Liverpool et gagne la Coupe d'Europe des vainqueurs de coupe en battant le Rapid Vienne 3-1 en finale. Le club manque le triplé en s'inclinant après prolongation contre Manchester United en finale de la FA Cup[11]. En 1985-1986, Everton termine deuxième du championnat et perd la finale de la FA Cup contre Liverpool, avant de reconquérir le titre en 1986-1987[3].

Kendall construit cette équipe autour de joueurs déjà présents et de recrues provenant souvent de clubs moins huppés, parmi lesquelles Peter Reid, Trevor Steven et Neville Southall. Il recrute également Adrian Heath et Andy Gray, puis remplace ce dernier par Gary Lineker en 1985[2]. Les succès de 1984 à 1987 valent à Kendall d'être désigné Manager of the Year en 1985 puis en 1987[12].

Le drame du Heysel de 1985 entraîne l'exclusion des clubs anglais des compétitions européennes. Everton, champion en 1985 puis à nouveau en 1987, est ainsi privé à deux reprises de Coupe des clubs champions. Frustré par cette situation et souhaitant continuer à entraîner en compétition européenne, Kendall quitte Everton en juin 1987 pour l'Athletic Bilbao[2],[13].

Athletic Bilbao et Manchester City

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Kendall devient entraîneur de l'Athletic Club le 20 juin 1987. Il accepte la politique sportive du club, fondée sur la sélection de joueurs nés ou formés au Pays basque, et conserve ses méthodes de travail plutôt que de chercher à modifier cette philosophie[13]. Lors de sa première saison, l'Athletic reste invaincu pendant ses six premières journées de championnat et termine quatrième de la Liga 1987-1988, obtenant une qualification pour la Coupe UEFA. La saison suivante, le club termine septième et est éliminé par la Juventus au deuxième tour de la Coupe UEFA[13].

Son passage à Bilbao prend fin en novembre 1989. En deux saisons et demie, il dirige 102 rencontres officielles pour 44 victoires, 29 matchs nuls et 29 défaites[13]. Malgré un palmarès vierge, l'Athletic souligne ultérieurement l'attachement durable de Kendall au club et l'accueil favorable qu'il continue à recevoir à Bilbao après son départ[13].

Il revient en Angleterre en décembre 1989 pour prendre la direction de Manchester City. Son séjour à Maine Road dure moins d'un an. Lorsque Everton lui propose de revenir en novembre 1990, Kendall accepte de quitter City, expliquant ensuite que l'attachement à son ancien club a primé dans sa décision[14].

Retours à Everton et fin de carrière

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À son deuxième retour à Everton, Kendall hérite d'une équipe engagée dans la lutte pour le maintien. Le club se redresse et termine la saison 1990-1991 dans le milieu du classement, tout en atteignant les quarts de finale de la FA Cup. Les saisons suivantes restent cependant éloignées des succès du milieu des années 1980, et Kendall démissionne en décembre 1993[2].

Après un bref passage à Xanthi en Grèce en 1994, il devient entraîneur de Notts County en janvier 1995. Son mandat est court, mais le club remporte sous sa direction la Coupe anglo-italienne à Wembley. Kendall est toutefois licencié au printemps dans un contexte de désaccords avec la direction[14]. En décembre 1995, il succède à Dave Bassett (en) à Sheffield United, alors menacé de relégation en deuxième division anglaise[15]. Après avoir stabilisé l'équipe, il la conduit en 1997 jusqu'à la finale des barrages d'accession en Premier League, perdue 1-0 contre Crystal Palace sur un but de David Hopkin dans la dernière minute[16].

Kendall quitte Sheffield United à l'été 1997 pour un troisième mandat à Everton. Cette saison se transforme en lutte pour le maintien : Everton ne conserve sa place en Premier League qu'à la dernière journée, en terminant dix-septième à égalité de points avec Bolton Wanderers, relégué à la différence de buts[17]. Kendall quitte le club d'un commun accord à l'issue de la saison[18]. Sur l'ensemble de ses trois passages sur le banc d'Everton, il dirige 542 matchs, pour 257 victoires, 131 nuls et 154 défaites[9].

Son dernier poste est celui d'entraîneur de l'Ethnikós Le Pirée, qu'il rejoint à la fin de l'année 1998 alors que le club est dernier du championnat grec. Il est licencié en mars 1999 après quelques mois à la tête d'une équipe qui ne parvient pas à sortir de la zone de relégation[19],[18]. Il n'occupe plus ensuite de poste d'entraîneur.

Style et héritage

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The Guardian décrit Kendall comme un entraîneur progressiste, hostile au recours systématique aux longs ballons, qui bâtit à Everton une équipe capable de développer un jeu de passes élaboré et précis[2]. Son influence tient également à son recrutement et à sa gestion du groupe : plusieurs de ses anciens joueurs, dont Peter Reid et Kevin Ratcliffe, insistent après sa mort sur ses qualités de gestion humaine et ses méthodes d'entraînement[3].

La période 1984-1987 constitue l'un des sommets de l'histoire d'Everton. Everton présente Kendall comme l'entraîneur le plus titré de son histoire, tandis que la presse britannique place son équipe du milieu des années 1980 parmi les meilleures formations anglaises de cette période[9],[2]. La victoire contre le Rapid Vienne en 1985 reste le seul trophée continental d'Everton[11]. Kendall est intronisé en 2005 au English Football Hall of Fame du National Football Museum (en)[20].

Howard Kendall meurt le 17 octobre 2015 à l'âge de 69 ans, à l'hôpital de Southport[3]. Everton lui rend hommage le jour même à Goodison Park avant son match de championnat contre Manchester United[3].

Palmarès

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Comme joueur

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Preston North End
Everton FC

Comme entraîneur

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Blackburn Rovers
  • Vice-champion de troisième division anglaise en 1980 et promotion en deuxième division.
Everton FC
Notts County

Distinctions personnelles

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  • Manager of the Year en 1985 et 1987[12].
  • Entraîneur du mois de Premier League en janvier 1998[17].
  • Intronisé au English Football Hall of Fame en 2005[20].

Publication

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  • (en) Howard Kendall, Love Affairs & Marriage: My Life in Football, Londres, deCoubertin Books, , 269 p. (ISBN 9781909245068)

Notes et références

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  1. (en) Jack Rollin, Rothmans Football Yearbook 1980–81, Londres, Queen Anne Press, (ISBN 0362020175), p. 66
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 (en) Julie Welch, « Howard Kendall obituary », The Guardian, (lire en ligne)
  3. 1 2 3 4 5 (en) « Howard Kendall: Former Everton manager dies aged 69 », sur BBC Sport, (consulté le )
  4. (en) Richard Foster, « Football quiz: when English clubs play in European finals », The Guardian, (lire en ligne)
  5. (en) « Howard Kendall: 'This Everton side takes me back to the Eighties' », The Independent, (lire en ligne)
  6. (en) Reuters, « Former Everton manager Howard Kendall dies aged 69 », sur ABC News, (consulté le )
  7. (en) Scott Murray, « A brief guide to Everton, and why they think they deserve better », The Guardian, (lire en ligne)
  8. 1 2 3 4 (en) « On this day: Howard Kendall’s career in English football as a player and manager », sur FourFourTwo (consulté le )
  9. 1 2 3 4 (en) « Howard Kendall », sur Everton FC (consulté le )
  10. 1 2 (en) Steven Pye, « How Howard Kendall saved his job at Everton and won the FA Cup in 1984 », The Guardian, (lire en ligne)
  11. 1 2 (en) « English football mourns Everton great Kendall », sur UEFA, (consulté le )
  12. 1 2 (en) « Manager of the Year », sur League Managers Association (consulté le )
  13. 1 2 3 4 5 (en) « Howard Kendall: a Blue with the heart of a Lion », sur Athletic Club, (consulté le )
  14. 1 2 3 (en) « Howard Kendall: 'We should've been first club invited back into Europe' », The Independent, (lire en ligne)
  15. (en) Alan Nixon, « Kendall takes over at Sheffield United after Bassett reign ends », The Independent, (lire en ligne)
  16. (en) Mike Rowbottom, « Football: Hopkin's late hit has Palace glad all over », The Independent, (lire en ligne)
  17. 1 2 (en) « 1997/98 Season Review », sur premierleague.com (consulté le )
  18. 1 2 (en) « Howard Kendall: Footballer at the heart of Everton’s great 1960s side who went on to be their most successful manager », The Independent, (lire en ligne)
  19. (en) « Groan of the Week », The Irish Times, (lire en ligne)
  20. 1 2 (en) « Hall of Fame », sur National Football Museum (consulté le )
  21. (en) « Everton football club honours », sur 11v11.com (consulté le )

Liens externes

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