Hugues d'Étampes

archevêque de Tours

Hugues d'Étampes également appelé Hugues de La Ferté ou Hugues de Chartres, mort en 1147 à La Charité-sur-Loire, est un ecclésiastique français, archevêque de Tours de 1133 à sa mort.

Hugues d'Étampes
Fonction
Archevêque de Tours
-
Biographie
Décès

Biographie

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Une élection disputée

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Hugues d'Étampes, ou de La Ferté ou de Chartres devient archevêque de Tours en succédant à Hildebert de Lavardin[1],[2] en 1133[2],[3] ou en 1134[1]. À la mort d'Hildebert de Lavardin en 1133, deux évêques concurrents sont élus par le chapitre[2].

Peut-être à cause d'une intervention du comte d'Anjou Geoffroy Plantagenêt[4], une partie importante du clergé est chassée de la ville de Tours. Elle élit néanmoins Hugues, de bonne réputation[2],[5] mais de naissance obscure[2],[5],[6],[7], soutenu par les évêques suffragants. L'évêque du Mans, Guy de Ploërmel, célèbre la consécration de Hugues dans la cathédrale du Mans[2],[5]. Une minorité choisit le doyen du chapitre, Philippe, neveu de Gilbert de Maillé, archevêque de Tours de 1118 à 1125[2],[5], qui part à Rome et fait reconnaître son élection par l'antipape Anaclet II[5]. Le pape Innocent II charge Bernard de Clairvaux d'arbitrer entre Hugues et Philippe. Il tranche en faveur de Hugues[2],[8],[9],[7].

Archevêque

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Hugues dirige ensuite sans trouble le diocèse de Tours et la province ecclésiastique[2], même s'il se heurte aux évêques de Dol et de Saint-Brieuc, qui récusent son autorité[10]. Il réunit plusieurs conciles provinciaux à Tours, Nantes et Le Mans[2]. Il soutient la création de l' abbaye royale Saint-Michel de Bois-Aubry[1],[11], appartenant à l'ordre de Tiron[11]. Il fonde en 1137 l'abbaye de Gastines[1],[12] à la demande des ermites installés dans cette forêt[12]. Il établit des écoles à Chinon[1],[12].

En , Hugues fait partie des eccclésiastiques de haut rang qui accueillent à Limoges le futur roi Louis VII, qui va à Bordeaux épouser Aliénor d'Aquitaine[13]. La même année, il assiste à la translation des reliques de saint Julien dans la cathédrale du Mans, organisée par l'évêque Hugues de Saint-Calais[14].

Il intervient pour régler un litige entre l'évêque d'Angers Ulger et l'abbesse de Fontevraud Pétronille de Chemillé[12], qui porte sur le contrôle des ponts sur la Loire, points de passage aux péages très lucratifs. L'abbaye de Fontevraud contrôle ceux des Ponts-de-Cé, mais Ulger en fait construire un autre, à Chalonnes. En 1142, le pape Innocent II suspend Ulger et charge Geoffroy de Lèves, évêque de Chartres, Hugues et l'archevêque de Bordeaux Geoffroi du Loroux de juger l'affaire, mais le conflit perdure[15].

Ainsi que le pape Lucius II le lui demande en mai 1144, Hugues réunit à Tours Geoffroi du Loroux, Geoffroy de Lèves, l'évêque de Saintes Bernard, celui de Poitiers Gilbert de La Porrée, Hervé, abbé de Saint-Serge-d'Angers, Richard, doyen du chapitre cathédral d'Angers et, en personne, Ulger et Pétronille. Cette réunion a lieu avant la mort de Lucius II le . Ils établissent un accord, validé ensuite par le successeur de Lucius II, Eugène III, le . Ulger garde la jouissance des ponts des Ponts-de-Cé, principal objet du conflit, mais l'abbesse de Fontevraud perçoit la moitié des revenus des moulins, écluses et pêcheries de l'abbaye Saint-Serge, à condition de participer à leur entretien. Après la mort d'Ulger, l'abbaye Saint-Serge récupérera tous ces revenus et Fontevraud aura les ponts des Ponts-de-Cé[15].

En 1141, alors qu'il est en voyage vers Rome, il tombe malade au prieuré Notre-Dame de La Charité-sur-Loire. Il renonce alors à l'épiscopat et devient moine. À la demande du clergé tourangeau, l'abbé de Cluny  dont dépend La Charité-sur-Loire  Pierre le Vénérable écrit au pape, qui contraint Hugues à reprendre ses fonctions d'évêque[12].

En 1147, Hugues meurt à La Charité-sur-Loire[12]. Engebaud de Preuilly lui succède[3].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 Carré de Busserolle 1880, p. 33.
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Avril 1995, col. 226.
  3. 1 2 Foulon 2008, p. 606.
  4. Aubé 2003, p. 282.
  5. 1 2 3 4 5 Aubé 2003, p. 283.
  6. Foulon 2008, p. 136.
  7. 1 2 Jean-Hervé Foulon, « De la difficulté à discerner le vrai du faux : enquête sur les premiers privilèges pontificaux d’exemption de l’abbaye de Marmoutier (1087-1145) », Journal des savants, vol. 2, no 1, , p. 197–253 (DOI 10.3406/jds.2022.6464, lire en ligne, consulté le ).
  8. Aubé 2003, p. 284-285.
  9. Foulon 2008, p. 159.
  10. Aubé 2003, p. 557.
  11. 1 2 Christian Gilbert, « Une abbaye tironienne en Touraine : Saint-Michel de Bois-Aubry au XIIe siècle », Bulletin monumental, vol. 151, no 1, , p. 139–167 (DOI 10.3406/bulmo.1993.3333, lire en ligne, consulté le ).
  12. 1 2 3 4 5 6 Avril 1995, col. 227.
  13. Aubé 2003, p. 362.
  14. Foulon 2008, p. 501.
  15. 1 2 Jean-Marc Bienvenu, « Le conflit entre Ulger, évêque d'Angers, et Pétronille de Chemillé, abbesse de Fontevrault (vers 1140-1149) », Revue Mabillon, t. LVIII, no 248, , p. 113-132 (lire en ligne).

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Pierre Aubé, Saint Bernard de Clairvaux, Paris, Fayard, , 735 p. (ISBN 978-2-213-61539-4).
  • Joseph Avril, « Hugues de La Ferté », dans Roger Aubert (dir.), Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques, vol. 25 : Hubert-Iriarte Estañán, Paris, Letouzey et Ané, , col. 226-227.
  • Jacques-Xavier Carré de Busserolle, « Étampes, Hugues d' », dans Dictionnaire géographique, historique et biographique d'Indre-et-Loire et de l'ancienne province de Touraine, t. III, Tours, Société archéologique de Touraine, coll. « Mémoires de la société archéologique de Touraine » (no 29), (lire en ligne), p. 33.
  • Jean-Hervé Foulon, Église et réforme au Moyen âge : Papauté, milieux réformateurs et ecclésiologie dans les Pays de la Loire au tournant des XIe – XIIe siècles, Bruxelles, De Boeck, coll. « Bibliothèque du Moyen Âge » (no 27), , 698 p. (ISBN 9782804159641, lire en ligne).

Articles connexes

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Liens externes

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