Musée BELvue
Le musée BELvue (en néerlandais : BELvue Museum) de Bruxelles est l'actuel musée de la Belgique et son histoire. Il est situé au sein de l'hôtel Belle-Vue, dans le prolongement du palais royal de Bruxelles, formant le coin entre la place des Palais et la place Royale. L'hôtel et les collections qu'il abrite sont gérés par la Fondation Roi Baudouin.
| Type |
Musée historique (d) |
|---|---|
| Ouverture | |
| Site web |
| Pays |
Belgique |
|---|---|
| Commune | |
| Adresse |
7, place des Palais B-1000 Bruxelles |
| Coordonnées |
C'est également par le musée BELvue que l'on a accès aux vestiges de l'ancien palais ducal du Coudenberg qui en occupait l'emplacement.
Histoire
modifierOrigines et hôtel
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L'actuel bâtiment est situé au dessus des ruines de l'Aula Magna, l'ancienne salle d'apparat de la résidence des ducs de Brabant : le palais du Coudenberg, qui occupait alors une large partie de la ville haute de Bruxelles. Celui-ci est complètement détruit par un incendie dans la nuit du 3 au , alors que la ville est la capitale des Pays-Bas autrichiens, sous la dynastie de la maison de Habsbourg. Ceux-ci décident de bâtir un quartier entier à la place de l'ancien édifice : le Quartier Royal. On y trouve de nombreux palais, dont le palais de la Nation, le palais royal de Bruxelles et la place éponyme, mais aussi le parc de Bruxelles ou la place Royale.
En 1776, au moment de l’aménagement de cette-dernière, deux bâtiments presque identiques sont construits entre la place et la rue Royale : l'hôtel Belle-Vue et l'Hôtel de Grimbergen. Philippe De Proft, négociant en vins, est le propriétaire du premier, situé à l’angle de la rue de Belle-Vue (l'actuelle place des Palais) voué initialement à devenir un hôtel de prestige destiné à accueillir une clientèle fortunée. Parmi les premiers hôtes de marque de l'hôtel figurent des nobles français, dont le comte d’Artois (futur Charles X) et d'autres membres de la famille royale, en fuite après la révolution de 1789. En 1795, l’hôtel situé place Royale derrière le Belle-Vue est racheté et joint à l’ensemble.
Lors de la création du Royaume uni des Pays-Bas, unissant les anciens Pays-Bas autrichiens avec ce qui était autrefois la république des Provinces-Unies sous l'Ancien régime, la monarchie néerlandaise fait de Bruxelles la deuxième capitale du nouveau pays, derrière La Haye, et s'accapare les palais. L'actuel palais royal devient la résidence du souverain, Guillaume Ier, l'actuel palais des Académies est octroyé au prince héritier Guillaume, tandis que l'hôtel Belle-Vue est donné au second fils du roi, le prince Frédéric d'Orange-Nassau.
Révolution belge
modifierPendant la révolution belge de 1830, l'hôtel Belle-Vue joue un rôle stratégique en étant au coeur des combats des Quatre Jours de Bruxelles. Il est en effet pris d'assaut par les volontaires belges au premier jour de l'attaque, le dès 9 h 30[1]. Ceux-ci s'emparent des armes et des canons qui y sont entreposés[2], y installent une barricade et se retranchent aux fenêtres, d'où ils ouvrent le feu sur les soldats qui arrivent par la rue Royale ou qui sont pris au piège dans le parc de Bruxelles. Ils parviennent ainsi à arrêter la progression de l'armée, qui ne réussira jamais à entrer sur la place Royale, point de jonction crucial entre le haut et le bas de la ville. Les tireurs belges font des ravages, comme un combattant wavrien, monsieur Delescaille, placé sur les gouttières de l'hôtel et qui abat à lui seul une vingtaine de soldats[3].
Au matin du début des combats, une quarantaine de civils et leurs enfants se trouvent dans l'hôtel, dont plusieurs notables britanniques qui y séjournent, comme Lady Charles Bentinck, nièce du duc de Wellington mais aussi George Drummond, et sa femme, ainsi que les capitaines Dent et Sibbourn[4]. Ils se regroupent tout d'abord dans une pièce du deuxième étage pour observer l'entrée des troupes mais, bien vite, les révolutionnaires se ruent dans l'hôtel afin de tirer depuis les fenêtres, ce qui attire le feu de l'armée sur le bâtiment[5]. Apeurés, les civils se réfugient dans les caves, sous le feu de la mitraille alors qu'ils descendent le grand escalier. Ils trouvent un abri dans le cellier non-loin de la cuisine et y restent jusqu'au , seule madame Drummond remonte parfois pour participer aux soins et au réconfort des nombreux blessés que l'on masse dans le hall du rez-de-chaussée[6]. Bientôt rejoints par d'autres personnes, les vivres commencent à manquer et l'immeuble se détériore au fur et à mesure des combats n'offrant plus de garantie de sécurité, particulièrement si le soldats néerlandais venaient à en reprendre possession[7]. Apprenant cela, un dénommé Vereecken se rend à l'hôtel de ville de Bruxelles où il obtient plusieurs paniers de pain et 2000 cartouches de l'agent-général du gouvernement provisoire de Belgique, Auguste Engelspach-Larivière. Il les achemine sous le feu de la place Royale avec l'avocat Degamond et se rend compte que la situation devient trop dangereuse pour les civils. C'est ainsi qu'ils décident de monter une opération d'évacuation qu'ils lancent dès 15 h avec quatre autres bourgeois. Choisissant un moment d'accalmie, ils réunissent les civils et les font sortir par la place Royale, seule issue possible, bien que toujours arrosée de balles et de mitraille. Le groupe traverse en courant mais, au milieu de la place, madame Wollesley, assez âgée, tombe de faiblesse[8]. Vereecken la prend alors sur ses épaules et finit de guider tout le petit monde vers le palais de l'industrie sans que, miraculeusement, il n'y ait de blessés parmi eux[9].
Après la bataille, l'hôtel Bellevue est sévèrement endommagé et sa remise en état prend plus d’un an.
- L'attaque de l'hôtel Belle-Vue par les forces armées du Royaume uni des Pays-Bas retranchées dans le parc de Bruxelles, lors des Quatre Journées de Septembre.
- Ordre du commandant des volontaires belges, Juan Van Halen, demandant aux défenseurs de l'hôtel Belle-Vue de tenir leur position.
- L'état de l'hôtel Belle-Vue après les Quatre Jours de Bruxelles.
Rachat par Léopold II
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La famille De Proft exploite l’établsisement jusqu’en 1862. Vendu, il garde sa fonction jusqu’en 1905. La liste des clients célèbres que l’hôtel a accueilli durant près de 130 ans est interminable, parmi eux : Honoré de Balzac, Adolphe Thiers, Franz Liszt, le roi Édouard VII d'Angleterre, l'empereur Guillaume Ier d'Allemagne, l'empereur Alexandre II de Russie, l'impératrice Eugénie (épouse de Napoléon III), l'empereur du Brésil, les rois d'Italie Umberto Ier et Victor-Emmanuel III, les rois de Suède, d'Espagne, du Danemark, Ulysses Grant, James de Rothschild, Sarah Bernhardt, et bien d’autres.
En 1905, le roi Léopold II fait racheter le Belle-Vue pour le relier au palais dont il projette la transformation. Il envisage d’en faire la résidence de sa fille cadette la princesse Clémentine. Un pavillon et une galerie sont construits entre le palais et l’ancien hôtel. Les chambres sont transformées en salons. On installe un escalier monumental, l’eau courante aux salles de bains et l’électricité. L’ensemble ne sera terminé qu’en 1909.
L’hôtel Belle-Vue servira à la famille royale jusqu’en 1934. Le duc et la duchesse de Brabant, futur roi Léopold III et reine Astrid y emménagent pour quatre ans en 1926, le prince y gardera ses bureaux jusqu’à son couronnement en 1934. C'est à l'hôtel Belle-Vue qu'est née en 1927 leur fille aînée la princesse Joséphine-Charlotte, future grande-duchesse de Luxembourg.
Au cours des quarante années suivantes, le bâtiment ne sera utilisé qu'occasionnellement. Pour réceptionner les dons aux victimes de la crise économique en 1935, par la Croix-Rouge, lors des inondations de 1953, ou comme logement de transit pour les rapatriés du Congo, lors de son accession à l'indépendance en 1960.
Musée
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En 1977, le bâtiment devient pour la première fois un musée, il est entièrement transformé pour répondre à cette nouvelle fonction. Les musées royaux d'art et d'histoire y exposent des collections de meubles et de porcelaine du XVIIIe siècle. Le musée de la Dynastie s'installera au deuxième étage en 1992.
Après le départ des MRAH en 1998, les locaux accueillent le mémorial Roi Baudouin. Un atrium et une grande verrière donnant sur le parc du palais royal sont aménagés.
En 2000, sont réalisés les accès en sous-sol vers les vestiges archéologiques de l’ancien palais du Coudenberg dégagés par des fouilles menées en plusieurs étapes, dont la dernière campagne par la Société royale d’archéologie de Bruxelles en collaboration avec l’université libre de Bruxelles. Il abrita jusqu'en le musée de la Dynastie et le mémorial Roi Baudouin.
À l’occasion du 175e anniversaire de l’indépendance, la Fondation Roi Baudouin décide de prendre en charge la transformation de l’endroit en un nouveau musée d’histoire de la Belgique. Après un réaménagement complet, le musée BELvue ouvre ses portes en .
Collections
modifierNeuf salles y sont consacrées aux grandes périodes de l'histoire du pays, présentées au travers de documents historiques originaux et de témoignages audiovisuels. Les visiteurs découvrent à travers de nombreux documents choisis, les grandes périodes de l'histoire du pays. Trois niveaux de lecture permettent d'aller du contexte général à l'évocation des faits les plus marquants, en passant par l'étude de quelques points de repère déterminants pour la compréhension de la Belgique d'aujourd'hui, tels que la lutte pour le suffrage universel, les guerres mondiales et la question royale, les golden sixties ou les récentes réformes de l'État. Reliant ces espaces d'exposition, un parcours continu présente aussi, le règne de chaque roi des Belges à travers une sélection d'œuvres et de portraits caractéristiques de la personnalité des souverains et de l'image de la famille royale auprès de la population.
En 2016, onze ans après son ouverture, le BELvue renouvelle entièrement son exposition permanente. Avec une approche thématique et une scénographie plus moderne et interactive, le musée propose au visiteur des clés pour comprendre la Belgique et notre société.
Sept thèmes de société sont abordés dans les salles : démocratie, prospérité, solidarité, pluralisme, migrations, langues et Europe. Chaque thème est d’abord présenté d’un point de vue actuel, puis développé et expliqué à travers l’histoire de Belgique. Comment la Belgique et les Belges en sont-ils arrivés où ils se trouvent aujourd’hui ? Dans la nouvelle exposition du BELvue, l’histoire n’est pas un but en soi, mais bel et bien un moyen pour expliquer et donner les clés de compréhension et d’interprétation de notre société.
Une galerie de plus de 200 objets vient compléter cette vue d’ensemble de la Belgique d’hier et d’aujourd’hui. Présentées de façon chronologique du XIXe siècle à nos jours, ces pièces incarnent la « mémoire matérielle » de la Belgique. Le visiteur y trouvera des objets du quotidien, des œuvres d’art et de design, des marques bien connues, des découvertes scientifiques, des références aux grands exploits sportifs, ou encore des objets rappelant la richesse de notre culture populaire.
Le musée BELvue a fait appel aux scénographes et historiens expérimentés de Tijdsbeeld & Pièce Montée pour concevoir et réaliser la nouvelle exposition permanente. La nouvelle exposition, présentée en quatre langues, s’adresse à tous, mais plus particulièrement aux jeunes. Le BELvue a travaillé pendant deux ans avec un groupe de jeunes Belges issus des quatre coins de la Belgique. La « Bande du BELvue » a donné son avis sur le concept et fait des propositions d’adaptation qui ont été intégrées dans le concept et la scénographie.
Le musée BELvue est géré par le Fonds BELvue, créé au sein de la Fondation Roi Baudouin.
Accessibilité
modifier| Ce site est desservi par les stations de métro : Gare Centrale, Trône et Parc. |
Notes et références
modifier- ↑ Robert Demoulin, Les Journées de septembre 1830 à Bruxelles et en Province., Liège, Presses universitaires de Liège., , 280 p. (lire en ligne), p. 85
- ↑ Comité administratif de la Société centrale des décorés de la Croix de fer, Liste nominative des citoyens décorés de la Croix de fer, Bruxelles, Imprimerie et lithographie de P-M Michelli, (lire en ligne), p. 30
- ↑ Auguste De Wargny, Suppléments aux esquisses historiques de la première époque de la révolution de la Belgique en 1830. Du 25 août au 29 septembre. - espace de 35 jours, Bruxelles, J-P Meline, (lire en ligne), p. 326
- ↑ Tennent 1841, p. 15.
- ↑ Tennent 1841, p. 18.
- ↑ Tennent 1841, p. 19.
- ↑ Tennent 1841, p. 23.
- ↑ Tennent 1841, p. 25.
- ↑ Auguste De Wargny, Esquisses historiques de la révolution de la Belgique en 1830, Bruxelles, H. Tarlier, (lire en ligne), p. 390
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierBibliographie
modifier
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- (en) James Emerson Tennent, Belgium, vol. II, Londres, Richard Bentley, (lire en ligne).
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