Imperméable

vêtement de pluie

L'imperméable est un vêtement utilisé pour se protéger de la pluie.

Imperméable
Caractéristiques
Type
Manteau, wet weather gear (d), objet, équipement de protection individuelle, vêtements de protection (d), vêtement de pluie (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
exemples d'imperméables féminins

Historique

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Dans l'Antiquité, les Grecs comme les Romains s'abritaient de la pluie avec des manteaux de laine à trame serrée et équipés d'une capuche. Les privilégiés du Moyen Âge utilisaient des pèlerines en toile épaisse, souvent doublées de fourrure. Dès le XIIIe siècle, les natifs du bassin amazonien imperméabilisent leurs vêtements avec la sève de l'arbre à caoutchouc.

L’usage de résine de pin, de goudron de pin ou poix pour étancher les coques, puis les coutures des voiles est ancien. Les marins anglais sont connus pour avoir goudronné (to tar) leurs vêtements afin de les rendre imperméables. Plus tard, ils portent fréquemment des manteaux et des chapeaux fabriqués dans un tissu imperméable appelé tarp (de tarpaulin, bâche). Le mot peut-être abrégé en « tar » aurait donné un surnom aux marins de la marine britannique, les Jack Tars.

Macintosh

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En 1823, l'industriel écossais en matière colorante Charles Macintosh a l'idée d'utiliser le benzol, sous-produit de ses fabrications dont il ne sait que faire, comme solvant du caoutchouc[1],[2]; et il peut dès lors rendre étanche, par application du vernis obtenu, deux toiles collées l'une à l'autre de façon que le vernis ne soit plus en contact avec la peau. Cet imperméable caoutchouté devient aussi un vêtement d'équitation (riding coat). À partir de 1936, l'usage s'établit, au Royaume-Uni, d'appeler mackintosh tout vêtement de pluie taillé dans cette toile, tant étaient populaires l'invention et l'inventeur. Par extension, un mac devient synonyme d'imperméable. Le mot revient souvent dans les chansons des années 1960 : And the banker never wears a mac. In the pouring rain, very strange (The Beatles - Penny Lane), I can see right through your plastic mac (The Who - Substitute).

Le Britannique Thomas Burberry crée la gabardine, en 1880.

Trench coat

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Pendant la Première Guerre mondiale, les soldats britanniques portent des trench-coats (littéralement « manteaux de tranchées ») pour se protéger du froid et de l'humidité dans les tranchées. Le trench-coat devient au cinéma, l'imperméable des détectives (Humphrey Bogart dans Casablanca entre autres films) ou des gangsters (Alain Delon dans Le Samouraï de Jean-Pierre Melville). Peter Sellers l'adopte pour la parodie d'inspecteur de police dans La Panthère Rose de Blake Edwards. On le retrouve aussi avec Marcello Mastroianni, Robert Redford. Audrey Hepburn, Brigitte Bardot, Meryl Streep, Marlène Dietrich, Catherine Deneuve[3].

Imperméable transparent

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Dans le film Le Quai des brumes de Marcel Carné (1938), Michèle Morgan porte béret et imperméable de plastique transparent, une idée de Coco Chanel[4]. L'impact du film est tel qu'il popularise cette tenue. D'autres films reprennent ce même ensemble (Joan of Paris avec la même actrice). Aux États-Unis, ces tenues de pluie connaissent un vif succès dès les années 1940. June Allyson porte un imperméable en plastique transparent avec des motifs fleuris dans le film La Pluie qui chante en 1946, ce qui a également une certaine influence. Les imperméables de plastique transparent connaissent un fort retour en vogue à la fin des années 1970 et au début des années 1980 ; ils se déclinent alors en toutes les couleurs. Ce vêtement pratique et économique intéresse aussi les créateurs comme Jean-Charles de Castelbajac (avec son fameux imperméable en plastique porte-cartes-postales), Chantal Thomass ou Issey Miyake[5].

Le ciré, déjà très installé comme vêtement de pluie depuis les années 1930, se généralise et devient un des vêtements symboliques (avec son aspect brillant) des années 1960 et 1970. Il y en a de toutes les couleurs et de toutes les longueurs. Le maxi ciré noir est alors le pendant de la minijupe, tous les deux emblèmes de la révolution vestimentaire des années 1960. Le ciré continue d'être porté dans les décennies suivantes, plus ou moins à la mode, mais sans disparaître jamais. Yves Saint Laurent, Mary Quant (créatrice de la minijupe), Michèle Rosier, Pierre Cardin, André Courrèges, Thierry Mugler, Jean Paul Gaultier, Anne Marie Beretta, parfois surnommée « la reine de la pluie », sont quelques-uns des créateurs qui ont réalisé des modèles de cirés notables. "L’imperméable aurait-il attendu que le changement soit à la mode pour changer et entrer dans la mode? Longtemps abrité derrière le compte-goutte de la sagesse, il a enfin compris qu’à force d’ouvrir son parapluie, on ne voyait plus le soleil.  Aujourd’hui, devenu perméable au style, il a fait une rentrée brillante et remarquée. On le remarque dans tous les journaux de mode et les quotidiens qui lui ont consacré leurs colonnes en insistant sur ses côtés “spectaculaires” et en parlant même d’une “nouvelle génération d’impers”. Pourtant, pourtant, la génération d’hier avait déjà montré des engouements pour certaines formes ou certaines matières. Dans la série à voir et à revoir, souvenons-nous de Michèle Morganen trench transparent dans Quai des Brumes (1938, un film de Marcel Carné) et de Françoise Arnoul dans La Chatte (1958) . Si le trench et le ciré ont su braver les intempéries, on vit nager entre deux eaux les cirés de pêcheurs de luxe, les impers d’équitation et les gabardines de collèges anglais. Le vinyl ou les poids-plume se cherchaient sans bien se trouver. On hésitait.  Maintenant, l’imper n’hésite plus. Il sort, “superbe et généreux”, qu’il pleuve, vente ou fasse beau. Il sort sur tous les terrains citadins ou campagnards alors qu’avant les gens-chics-et-bien ne le portaient que pour la chasse et le golf. Les cirés noirs sont même portés le soir. Juste retour des choses? Va-et-vient de la mode? Les stylistes en tout cas, ces créateurs qui font la pluie et le beau temps, ont entraîné l’imperméable dans la ronde de leurs collections. Songeons à Sonia Rykiel, Kenzo, Emmanuelle Kahn, Dorothée Bis, Anne-Marie Beretta, Popi Moreni..." écrit la journaliste Anne Chabrol en novembre 1974[6].

Le Ciré à l'image

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Le mannequin Twiggy, associée à la créatrice Mary Quant[7],[8], était connue pour son maxi ciré noir. Romy Schneider (in Max et les Ferrailleurs, What's new pusssycat, César et Rosalie), Bibi Andersson (in Persona); Françoise Arnoul (in La Chatte), Jane Asher (in Deep End), Brigitte Bardot (in En cas de malheur, L'ours et la poupée)Jane Birkin (in Le Knack... et comment l'avoir, Projection privée, Comment réussir quand on est con et pleurnichard ), Dany Carrel, Anne Deleuze (in Solo), Catherine-Isabelle Duport (in Masculin Féminin, Le départ), Danièle Darrieux (in Abus de confiance), Mylène Demongeot (in À cause, à cause d'une femme, Elle s'en va), Catherine Deneuve (in Belle de Jour, Le Héros de la famille, Elle s'en va), Françoise Fabian (in Faubourg Saint-Martin), Annie Girardot (in Traitement de Choc, Liste noire), Audrey Hepburn (in Voyage à deux), Isabelle Huppert (in La Dentellière, Coup de Torchon, Sac de Noeuds), Marlène Jobert (in Le passager de la pluie, Va voir maman, papa travaille), Anna Karina (in L'Alliance), Marthe Keller (in Le Diable par la queue ), Gina Lollobrigida (in Étranges compagnons de lit, Les Sultans), Sophia Loren (in Le Couteau dans la plaie, Arabesque), Michèle Mercier (in La seconde vérité), Michèle Morgan (in Le Miroir à deux faces, Rencontres) Micheline Presle (in L'assassin), Jean Seberg (in L'amant de cinq jours), Alida Valli (Les yeux sans visage), Monica Vitti (in Modesty Blaise, La Fille au pistolet), Marina Vlady (in Deux ou trois choses que je sais d'elle) et beaucoup d'autres ont contribué à populariser le ciré au cinéma comme l'avaient fait précédemment en 1952, Gene Kelly, Debbie Reynolds, Donald O'Connor, les héros du film Chantons sous la pluie.

Ciré jaune

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En 1950, dans la ville côtière de Kokkola en Finlande, Gunborg Lehmus créé le ciré Rukka[9] pour l'entreprise créée par Roger Störling, Henry Simell et Gunborg et Gurli Lehmus [10],[11]. Le jaune vif est choisi pour une visibilité optimale. Les cirés Rukka connaîtront rapidement avec d'autres couleurs (d'abord bleues pour les garçons et rouges pour les filles) une grande popularité profitant aussi de la vogue des années 1960. La marque a subsisté et le retour du ciré jaune dans les années 2010-2020 a occasionné un nouvel essor.

En 1964, en Bretagne, à Concarneau, Guy Cotten et son épouse créent un nouveau type de ciré en utilisant le PVC, rendant le ciré pour marin plus léger et imperméable que les vestes de coton huilé, lourdes et peu confortables[12]. En 1966, Guy Cotten, à la demande d'un ami, met au point un ciré pratique pour la navigation qui va devenir une référence[13].

En 1968, dans les pays du Nord (Danemark, Allemagne), Jan E. Ansteen Nilsson, fondateur de la compagnie Jeantex crée le Friesennerz, autre ciré jaune (avec couleur réversible bleue) qui atteint une popularité record jusqu'au milieu des années 1980 (on disait qu'il n'était pas une seule personne qui n'en ait un[réf. nécessaire]). Il est également populaire en RDA dans une version copiée avec la Wetterwendejacke de la marque Elpico.

D'autres marques comme Petit Bateau ont participé à la relance du classique ciré jaune dans les années 2010.

Apparition du K-Way

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En 1955, les manteaux imperméables en nylon Nylfrance font également leur apparition à côté des manteaux imperméables en feuille plastique. En 1965, le fabricant Léon-Claude Duhamel crée le « en cas de... (pluie) », baptisé « en-K », imperméable de nylon, dans une poche banane qui se porte à la taille. Rebaptisé K-way, il rencontre un grand succès. Dans son article intitulé "Le ciré, de Jacques Demy à Greta Thunberg, en passant par Stephen King" paru dans Le monde du 8 mars 2020, Gonzague Dupleix écrit "Au fil des années, [le ciré] poursuit sa traversée en solitaire, mais perd de son avance au profit de son adversaire, le K-Way."[14] L'aspect pratique et léger du K-Way et des imperméables en nylon semble prendre le pas sur la fantaisie incarnée par la diversité du ciré, lequel, si il n'est plus l'attribut essentiel d'une certaine jeunesse des années 60 et 70, demeure comme classique indémodable avec plusieurs retours en force qui n'éclipsent jamais le type K-Way. Ce qui fait dire à Gonzague Dupleix dans le même article : "Rompu aux phénomènes climatiques extrêmes, [le ciré] se prépare à affronter le pire et active les signaux de détresse. Lanceur d’alerte en « une » des journaux, il s’affiche souvent sur le dos d’une militante écologique suédoise [15] aujourd’hui bien connue et fait souffler un nouvel espoir pour la planète".

Matières

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Les imperméables modernes, aussi appelés cirés, sont traités au caoutchouc, au chlorure de polyvinyle, au polyuréthane ou avec divers élastomères.

L'invention du Gore-Tex marque également le début de l'essor des membranes et enductions imperméables à l'eau liquide tout en restant perméables à la vapeur d'eau. Ces nouvelles techniques marquent un grand pas en avant car pour la première fois, il existe des vêtements qui restent imperméables à des expositions très prolongées à l'eau tout en permettant l'évacuation de la vapeur d'eau constamment produite par la peau humaine et qui mouille l'intérieur des imperméables précédents par condensation.

Les imperméables des Terre-neuvas

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Tenue de campagne à Terre-Neuve, milieu XXe siècle, toile cirée, Musée des pêcheries, Fécamp
Vareuse imperméable d'Henri Calvez, début XXe siècle, toile cirée, Musée de Bretagne (Rennes)

C’est au XVIIIe siècle que la toile de voile goudronnée commence à être utilisée pour confectionner des surtouts de protection que les marins enfilaient par-dessus leurs vêtements ordinaires. Le traitement au goudron permet de les rendre imperméables[16].

Le siècle suivant connaît l’innovation majeure de la toile de coton huilée imperméable. Rapidement, tous les vêtements des marins sont faits de cette toile. L’habit de protection du marin, entièrement fait en toile enduite, est appelé "cirage". Il se compose d’une blouse de protection longue et large et des cotillons (sorte de culotte large faisant office de tablier)[16].

Le terme ciré vient du fait que l’on « cirait » les vêtements avec de l’huile de lin pour les rendre imperméables. Il fallait frotter le coton avec l’huile et reproduire l’opération trois fois à quinze jours d’intervalle[16].

Helly Hansen a notamment lancé sa production de vêtements enduits à la fin du XIXe siècle, et a reçu un prix lors de l’Exposition Universelle de 1878 à Paris[17][source insuffisante].

Dans la première moitié du XXe siècle, quelques terre-neuvas arrivaient à s’acheter des vêtements américains en fibres synthétiques, résistantes et imperméables à Saint-Pierre-et-Miquelon. Puis dans les années 1950, le coton huilé est remplacé par des tissus enduits de résine vinylique, et enfin de plastique[16]. Jusqu’à la fin de la pêche à Terre-Neuve, la tenue de protection du terre-neuvas consiste en une veste cirée longue qui remplace vareuse et cotillons, un pantalon ciré ou une salopette et un suroît, souvent tous jaunes.

Types d'imperméables

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  • Le ciré est à l'origine un vêtement imperméable utilisé par les marins qui consistait en une toile imbibée d'huile de lin qu'on laissait sécher. Cette toile fut remplacée par une nouvelle toile caoutchoutée en 1841 quand Charles Goodyear vulcanisa le caoutchouc en l'imprégnant de soufre. De nos jours les cirés sont en vinyle ou tissus avoisinants ;
  • le caoutchouc pour un imperméable de caoutchouc (plus très usité) ;
  • le Columbo du nom de la série-télé Columbo où le héros porte un imperméable droit et défraîchi ;
  • la gabardine ;
  • le K-way, marque de vêtements imperméables, couramment utilisée en français par antonomase pour désigner n'importe quel type de vestes imperméables pouvant être rangées dans une pochette prévue à cet effet ou une de ses poches[18] ;
  • le mackintosh ;
  • le trench-coat ;
  • le capuchon (par extension : imperméable à capuche).

Notes et références

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  1. « Charles Macintosh: Chemist who invented the world-famous waterproof raincoat », The Independent, (lire en ligne)
  2. « History of the Raincoat »,
  3. Manon Garrigues, « Les trenchs iconiques du cinéma, de 1942 à aujourd'hui », sur Vogue France, (consulté le )
  4. « Le Quai des Brumes : les secrets du tournage » Accès libre (consulté le )
  5. « Imperméable » Accès libre (consulté le )
  6. Anne Chabrol, « “L’imper se fait une place au soleil” », Gap, no 52, , p. 30
  7. (en) « Introducing Mary Quant · V&A », sur Victoria and Albert Museum (consulté le )
  8. (en-GB) « How Mary Quant revolutionised 1960s fashion », sur London Museum (consulté le )
  9. « La folle histoire du ciré marin », Les Echos, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  10. Luhta.com, « Brand Introductions | China », sur Boutique en ligne Luhta.com (consulté le )
  11. (en-GB) Luhta.com, « About us – Rukka® », sur Luhta.com online store (consulté le )
  12. Catherine GENTRIC, « Guy Cotten, une histoire née dans le garage familial à Concarneau », sur Ouest France,
  13. « Historique », sur Cirés et vêtements pour les professionnels de la mer (consulté le )
  14. Gonzague Dupleix, « Le ciré, de Jacques Demy à Greta Thunberg, en passant par Stephen King », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
  15. Jean-Michel Normand, « Le ciré de Greta Thunberg, totem de la « génération climat » », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
  16. 1 2 3 4 Bruneau, Les costumes de marins-pêcheurs du Musée des Terre-Neuvas de Fécamp: exposition, Fécamp, Ville de Fécamp, coll. « Collection des musées municipaux de Fécamp », , 88 p. (ISBN 978-2-908858-17-4)
  17. (en) « Celebrating 140 Years of Innovation », sur Helly Hansen (consulté le )
  18. Vicky Chanine, « Comprendre le cours de la hype : K-Way la renaissance des iconiques », Le Point, no 2632, , p. 82 (ISSN 0242-6005)

Voir aussi

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