Inigo Jones

architecte et fondateur de l'English school of architecture

Inigo Jones est un architecte anglais, né peu avant le (date de son baptême) à Smithfield près de Londres où il est mort le . Il est considéré comme le premier des grands architectes classiques anglais. Ce maître de cérémonies auprès des rois Stuart a importé du continent la discipline de l'architecture de la Renaissance italienne, en particulier l'architecture palladienne, et s'est également illustré dans la scénographie.

Biographie

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Inigo Jones est né à Smithfield, dans les environs de Londres vers 1573 ; on ne connaît précisément que sa date de baptême : le . Fils d'un ouvrier tailleur catholique gallois, il porte comme son père le prénom rare en anglais d'Inigo, dérivé d’Íñigo », prénom espagnol d’Ignace de Loyola, fondateur en 1539 des Jésuites. On sait peu de chose sur sa jeunesse : il étudie et obtient ses diplômes en Angleterre, et se montre particulièrement doué pour les arts décoratifs.

Séjours en France et en Italie

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Le jeune maître décorateur séjourne à plusieurs reprises en France entre 1598 et 1614, mais il est aussi présent en Italie entre 1597 et 1603 où il s'initie à l'art du dessin d’architecture, revenant notamment à Venise et à Vicence en 1606 et 1613-1614. Il étudie les ouvrages de Serlio, Vignole, Fontana, Labaco, Philibert Delorme, visite Rome, Vicence (haut lieu de l’architecture palladienne), Venise, Florence et Sienne. Il revient en Angleterre, puis retourne à Venise en 1606 avec Lord Arundel ; il y rencontre l’ambassadeur Sir Henry Wotton. Wotton procure à Jones un exemplaire de l’édition de 1570 des Quattro Libri dell’architectura d'Andrea Palladio. Entre 1613 et 1614, Jones fait un séjour à Venise durant lequel il rencontre Vincenzo Scamozzi, disciple d'Andrea Palladio. Il lui acheta une partie des dessins du maître. Rentré en Angleterre, il s'en inspira pour construire la Queen's House (1617) à Greenwich et la Maison des banquets (Banqueting House en anglais) (1619) à Londres.

Architecture et scénographie à Londres

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De retour en Grande-Bretagne, Jones est nommé par le roi Jacques Ier d'Angleterre « surveyor of the King works ». Véritable maître des cérémonies de la cour royale, il réalise en particulier avec l'auteur dramatique Ben Jonson une série de divertissements de cour dénommés Masques. Inigo Jones réalise les dessins des costumes, des décors et met au point les effets spéciaux. Cette collaboration a un grand succès à la cour. Inigo Jones et Ben Jonson se brouilleront et Ben Jonson réalisera plusieurs portraits satiriques de Jones dans ses pièces. On y retrouvera Inigo Jones sous les traits du « Général Vitruvius ».

En 1620, à l'instigation du roi Jacques Ier, Jones réalise une étude sur Stonehenge, qu'il mesure, dessine, et il avance une théorie fondée sur la géométrie d’un temple toscan archaïque, aujourd'hui abandonnée, mais intéressante du point de vue historiographique[1].

Comme Philibert Delorme et Palladio, il restaure dans la langue anglaise l’usage du titre d’architecte qu’il s’attribue pour le service du Roi. Avec Henry Wotton, il travaille à l’édition du « Vitruvius Britanicus », traduction anglaise du De architectura de Vitruve. Jones ne se sépare jamais de ses Quattro Libri dell’architectura de Palladio, qu’il annote et complète sans cesse ; cet ouvrage annoté est conservé à la bibliothèque du Worcester College d'Oxford.

La Queen's House, à Greenwich
Escalier de la Queen's House, à Greenwich

En 1625, il réalise pour la venue d'Henriette-Marie de France, épouse du roi Charles Ier d'Angleterre, une chapelle catholique qui lui vaut des remontrances des puritains protestants anglais. En 1642, la révolution anglaise met brutalement fin à la carrière architecturale d'Inigo Jones. Ses successeurs au poste de "Surveyor of the king's works" seront John Denham puis, en 1669, Sir Christopher Wren.

Inigo Jones mourut à Somerset House en Londres, et fut enterré dans l'église de St Benet's, Paul's Wharf (en) dans la Cité de Londres.

Réalisations

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Références

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  1. (en) Caroline van Eck, Inigo Jones on Stonehenge: Architectural Representation, Memory and Narrative, Architectura & Natura, , 62 p.
  2. Note : Une esquisse de ce tableau se trouve au Musée des beaux-arts d'Agen.
  3. John Peacock
  4. Southampton City Art Gallery

Voir aussi

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Bibliographie

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  • (en) Christy Anderson, Inigo Jones and the classical tradition, Cambridge, Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-82027-1, OCLC 67375135).
  • (en) Edward Chaney, The evolution of the grand tour: Anglo-Italian cultural relations since the Renaissance, Londres, Frank Cass, (ISBN 0-7146-4577-X, OCLC 38304358).
  • (en) Edward Chaney, « Evelyn, Inigo Jones, and the Collector Earl of Arundel », dans Frances Harris et Michael Hunter, John Evelyn and his milieu, Londres, British Library, , 37–60 p. (ISBN 978-0-7123-6360-0, OCLC 645917819).
  • (en) Edward Chaney, Inigo Jones's "Roman sketchbook", Londres, Roxburghe Club, (ISBN 0-901953-12-1, OCLC 76978073).
  • (en) Edward Chaney, « Roma Britannica and the Cultural Memory of Egypt: Lord Arundel and the Obelisk of Domitian », dans David Ryley Marshall, Susan Russell et Karin Elizabeth Wolfe, Roma Britannica : art patronage and cultural exchange in eighteenth-century Rome, Londres, British School at Rome, , 147–170 p. (ISBN 978-0-904152-55-5, OCLC 731728128).
  • (en) Edward Chaney et Timothy Wilks, The Jacobean Grand Tour: Early Stuart Travellers in Europe, Londres, I.B. Tauris, (ISBN 978-0-85773-531-7, OCLC 892799515).
  • (en) Howard Colvin, A Biographical Dictionary of British Architects: 1600 to 1840, .
  • (en) A. J. Gotch, Inigo Jones, .
  • (en) Vaughan Hart, Art and magic in the court of the Stuarts, Londres, Routledge, (ISBN 0-203-20078-0, OCLC 243606208).
  • (en) Vaughan Hart, « Imperial Seat or Ecumenical Temple? On Inigo Jones's use of 'Decorum' at St Paul's Cathedral », Architectura, vol. 25, no 2, , p. 194–213.
  • (en) Vaughan Hart, Inigo Jones: the architect of kings, New Haven, Yale University Press, (ISBN 978-0-300-14149-8, OCLC 706965857).
  • (en) Vaughan Hart et Richard Tucker, « "Immaginacy Set Free": Aristotelian Ethics and Inigo Jones's Banqueting House at Whitehall », Res: Anthropology and Aesthetics, vol. 39, , p. 151–167 (ISSN 0277-1322, DOI 10.1086/RESv39n1ms20167527, lire en ligne).
  • (en) Vaughan Hart et Richard Tucker, « Ornament and the work of Inigo Jones », Architectura, vol. 32, , p. 36–52.
  • (en) Michael Leapman, Inigo: the troubled life of Inigo Jones, architect of the English Renaissance, Londres, Headline Book Publishing, (ISBN 0-7553-1002-0, OCLC 52358668).
  • (en) Stephen Orgel et Roy C. Strong, The theatre of the Stuart Court : including the complete designs for productions at court, for the most part in the Collection of the Duke of Devonshire, together with their texts and historical documentation, Londres, Sotheby Parke Bernet, (ISBN 0-520-02469-9, OCLC 873803).
  • (en) Giles Worsley, Inigo Jones and the European classicist tradition, New Haven, Yale University Press, (ISBN 978-0-300-11729-5, OCLC 61821817).

Liens externes

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