Jacques Garnier dit Garnier de Saintes

personnalité politique française

Jacques Garnier dit Garnier de Saintes, né le à Saintes (généralité de La Rochelle, actuel département de Charente-Maritime), mort en 1818, est un homme politique de la Révolution française.

Jacques Garnier
Fonctions
Député de la Charente-Inférieure

(3 ans, 1 mois et 20 jours)
Gouvernement Convention nationale
Député au Conseil des Cinq-Cents

(2 ans, 7 mois et 4 jours)
Député à la Chambre des Cent-Jours

(2 mois et 1 jour)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Saintes, France
Date de décès
Lieu de décès Ohio
Nature du décès Noyade
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique Montagne
Gauche
Bonapartiste
Profession Avocat
Magistrat
Distinctions Chevalier de l'Empire
Chevalier de la Légion d'honneur
députés de la Charente-Inférieure

Entre 1792 et 1798, Jacques Garnier est député de Charente-Inférieure à la Convention nationale, où il vote la mort de Louis XVI, puis au Conseil des Cinq-Cents.

Durant les Cent-Jours, Jacques Garnier est réélu député à la Chambre des Représentants. Lors de la Seconde Restauration de Louis XVIII, il est banni hors de France. Il meurt en exil aux États-Unis où il se noie accidentellement dans la rivière Ohio.

Biographie

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Avocat à Saintes en 1784, Jacques Garnier se distingue dès le début de la Révolution en créant et présidant un comité chargé de rechercher les stocks de blé et les vendre à l'encan.

Mandat à la Convention

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La monarchie constitutionnelle mise en application par la constitution du 3 septembre 1791 prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.

En , Jacques Garnier, alors procureur-syndic de Charente-Inférieure, est élu député du département, le sixième sur onze, à la Convention nationale. Il y est surnommé « Garnier de Saintes » pour être différencié de son collègue homonyme Antoine Garnier, député de l'Aube[1].

Il siège sur les bancs de la Montagne. Lors du procès de Louis XVI, une violente altercation l'oppose à Aubin Bigorie du Chambon (député de Corrèze) au terme de laquelle il est condamné à vingt-quatre heures d'arrêts[2],[3]. Il vote la mort, et rejette l'appel au peuple et le sursis à l’exécution de la peine[4],[5] :

Vous m'avez intimé l'ordre de rester aux arrêts, j'ai obéi à cette volonté car la volonté générale fait la loi [...]. J'arrive à Louis. Entre mon devoir qui commande et la faiblesse qui fléchit, je ne connais que la trahison. Je vote pour la mort.

Le , il vote contre la mise en accusation de Jean-Paul Marat[6] :

Je ne viens point ici justifier Marat : mais depuis quand a-t-on puni dans le législateur, la faute du journaliste ? [...]

Lepeletier a été assassiné : il était patriote ; Bourdon a été atteint du fer parricide : il est patriote. Dumouriez demande la tête de Marat ; Dumoriez a trahi la patrie ; et c'est à Dumouriez que le côté droit sacrifie Marat. [...]

Défenseurs des principes éternels, je ne vois point ici Marat, mais les droits de l'homme qu'on viole ; et je dis, non.

Le , il est absent lors du scrutin sur le rétablissement de la Commission des Douze[7].

Le représentant en mission

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Le , Jacques Garnier est en effet envoyé en mission, aux côtés de Jean-Louis Carra (député de Saône-et-Loire), René-Pierre Choudieu (député du Maine-et-Loire), Jean-François Goupilleau « de Fontenay » (député du Vendée), Julien Mazade-Percin (député de Haute-Garonne) et Narcisse (député de la Côte-d'Or), auprès de l'armée des côtes de La Rochelle[8].

Le , alors de retour à la Convention, il est élu secrétaire, aux côtés de Sylvain-Phalier Lejeune (député de l'Indre) et de Dominique-Vincent Ramel-Nogaret (député de l'Aude), sous la présidence de Jacques-Nicolas Billaud-Varenne (député de la Seine)[9].

Le , Jacques Garnier est envoyé en mission aux côtés de Jean-Baptiste Le Carpentier (député de la Manche) dans les départements de la Manche et de l’Orne afin d'y accélérer la levée en masse[10].

Le 9 nivôse an II (), il est envoyé dans les départements du Loir-et-Cher et de la Sarthe afin d'y organiser le gouvernement révolutionnaire[11].

Le 14 floréal (le ), il est envoyé auprès de l'armée de l'Ouest pour y remplacer Pierre-Louis Prieur (député de la Marne)[12].

Le 24 germinal (le ), il est envoyé en mission à Bordeaux afin d'y « prendre toutes les mesures de salut public et de sûreté générale qu'il croira nécessaire »[13]. Durant sa mission, il dissout les loges maçonniques[14] :

La mesure que j'ai prise contre les loges maçonniques a produit le plus heureux effet : ; il existait beaucoup de loges bâtardes, composées de tous les bâtards de la Révolution [...].

Sous la Convention thermidorienne

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Après la chute de Robespierre, Jacques Garnier adhère partiellement à la réaction thermidorienne. La 2e sans-culottide an II (), il est élu membre suppléant, le cinquième sur huit, de la Commission chargée de l'examen des papiers de Maximilien de Robespierre[15].

Mandat aux Cinq-Cents

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Sous le Directoire, Jacques Garnier est réélu député et siège au Conseil des Cinq-Cents. Le 1er germinal an VI (le ), Jacques Garnier est élu secrétaire, aux côtés de Jean-Pierre Boullé (député du Morbihan), de Pierre-François Duchesne (député de la Drôme) et de Joseph Martinel (député de la Drôme), sous la présidence d'Alexis-François Pison du Galand (député de l'Isère)[16].

Il est tiré au sort pour quitter le Conseil le 20 prairial an VI ()[17]. À la sortie du Conseil, il préside le tribunal criminel de la Charente-Inférieure. Napoléon Bonaparte le fait chevalier.

Lors de la Seconde Restauration, Jacques Garnier est frappé par l'ordonnance du 24 juillet 1815, puis par la loi du 12 janvier 1816, qui bannit hors de France les régicides qui ont soutenu Napoléon Bonaparte durant des Cent-Jours[18]. Il s'établit aux États-Unis et là-bas il se noie accidentellement.

Notes et références

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  1. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 52, Liste des députés par départements » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  2. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 57, séance du 16 et du 17 janvier 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr/, (consulté le )
  3. Vincent Cuvilliers, Matthieu Fontaine et Philippe Moulis, « Présider les séances de la Convention nationale », Annales historiques de la Révolution française, vol. 381, no 3, , p. 129–153 (ISSN 0003-4436, DOI 10.4000/ahrf.13625, lire en ligne, consulté le )
  4. Froullé, Jacques-François (≃1734-1794) et Levigneur, Thomas (≃1747-1794), « Liste comparative des cinq appels nominaux . Faits dans les séances des 15, 16, 17, 18 et 19 janvier 1793, sur le procès et le jugement de Louis XVI » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  5. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 57, séance du 16 et du 17 janvier 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  6. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 62, séance du 13 avril 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  7. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 65, séance du 28 mai 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  8. Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 3 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  9. Claveau, Louis, Lemaire, Hippolyte (1849-1908), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 73, séance du soir du 5 septembre 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  10. Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 6 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  11. Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 9 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  12. Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 13 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  13. Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 14 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  14. Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 15 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  15. Baron, Marie-Claude (1945-2002) et Brunel, Françoise (née en 1948), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 97, séance de la 2ème sans-culottide an II (18 septembre 1794) » Accès libre, sur https://www.persee.fr, (consulté le )
  16. Gazette nationale ou le Moniteur universel n°182, « Conseil des Cinq-Cents, séance du soir du 1er germinal (21 mars), N.B. » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, 2 germinal an 6 (22 mars 1798) (consulté le )
  17. Gazette nationale ou le Moniteur universel n°167, « Conseil des Anciens et Conseil des Cinq-Cents, séance du 15 ventôse (5 mars) » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, 17 ventôse an 5 (7 mars 1797) (consulté le )
  18. Eugène (1851-1935) Auteur du texte Réveillaud, Histoire politique et parlementaire des départements de la Charente et de la Charente-Inférieure : de 1789 à 1830 / par Eug. Réveillaud,..., (lire en ligne)

Bibliographie

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Liens externes

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