Jacques Helbronner
Jacques Édouard Helbronner, né le dans le 9e arrondissement de Paris et mort en déportation à Auschwitz le , est un juriste français, qui a été président du Consistoire central israélite de France jusqu'à sa déportation.
| Président Consistoire central israélite de France | |
|---|---|
| - | |
| Commissaire du gouvernement Section du contentieux du Conseil d'État | |
| Président de section (d) Conseil d'État |
| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 70 ans) Auschwitz |
| Nom de naissance |
Jacques Édouard Helbronner |
| Nationalité | |
| Formation | |
| Activité | |
| Famille | |
| Père |
Horace Helbronner |
| Mère |
Hermance Rebecca |
| Fratrie |
Paul Helbronner Louis Helbronner (d) |
| Conjoint |
Jeanne Weisweiller |
| Enfants |
Henry Horace Helbronner (1900-1975) Raoul Helbronner (1904-1979) |
| Religion | |
|---|---|
| Conflit | |
| Lieu de détention |
Auschwitz () |
| Distinctions |
Il fut un fidèle du maréchal Pétain dont son frère, l'avocat Louis Helbronner, avait été un proche collaborateur avant de mourir pour la France en [1]. Son autre frère, Paul Helbronner a consacré sa vie à la cartographie des Alpes.
Biographie
modifierOrigines et famille
modifierNé le dans le 9e arrondissement de Paris, Jacques Helbronner est issu d'une famille de bourgeoisie juive ; il est le fils d'Horace Helbronner, un avocat ami de Jules Grévy (qui avait été son témoin de mariage), et d'Hermance Rebecca née Saint-Paul[2]. Il épouse Jeanne Weisweiller[3], sœur d'Arthur Weisweiller.
Études
modifierIl effectue ses études secondaires au lycée Condorcet. À l'issue de ses études de droit, il obtient un doctorat. Il fréquente l'École libre des sciences politiques[4].
Carrière
modifierIl s'inscrit comme avocat à la cour d'appel de Paris en 1895 et intègre le Conseil d'État à partir de 1898.
Chef de bataillon de réserve, il sert comme membre de l'état-major du président du Conseil et ministre de la Guerre Georges Clemenceau durant la Première Guerre mondiale. Il est promu commandeur de la Légion d'honneur en 1925.

Helbronner, isolé à gauche.
Poursuivant sa carrière au sein du Conseil d'État, il atteint le rang de président de section jusqu'à sa mise à la retraite d'office en , conséquence des premières lois antijuives.
Seconde Guerre mondiale
modifierDurant l'Occupation, il accepte d'occuper les fonctions exposées de président du Consistoire central israélite de France dont il était vice-président avant la guerre[6].
Ami de longue date du maréchal Pétain, il rencontre ce dernier à de nombreuses reprises durant la guerre dans l'espoir de préserver les juifs de France. Mais il refusera toutes les offres pour échapper au statut des juifs. Il tentera de s'opposer à la création de l'Union générale des israélites de France (UGIF) exigée par les nazis afin de faciliter la déportation[6]. Même s'il n'a pas réussi à empêcher cette création, il l'a retardée de quelques mois. Cela a laissé un peu de temps à certains de se mettre à l'abri et contribué à déconsidérer cet organisme.
Déportation et mort
modifierIl est déporté avec sa femme par le convoi n° 62 du 20 novembre 1943 du camp de Drancy vers Auschwitz ; tous deux meurent dans les chambres à gaz à leur arrivée le .
Décorations
modifierNotes et références
modifier- ↑ Helbronner Louis (1876-1914)
- ↑ Le patronyme Saint-Paul, à consonance plutôt française d’oïl, appartient à des familles juives originaires de la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux, proche d'Avignon.
- ↑ Née le à Saint-Germain-en-Laye ; voir, Klarsfeld, 1978.
- ↑ Qui êtes-vous ? Annuaire des contemporains ; notices biographiques, C. Delagrave, (lire en ligne).
- ↑ Départ de M. Painlevé.
- 1 2 Voir Schwarzfuchs, 1998.
Annexes
modifierBibliographie
modifier- Simon Epstein, Un paradoxe français : antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance, Paris, Albin Michel, coll. « Bibliothèque Albin Michel de l'histoire », , 622 p. (ISBN 978-2-226-17915-9, OCLC 876574235, lire en ligne).
- Raul Hilberg, La Destructions des Juifs d'Europe, trad. de l'anglais, Gallimard, coll. « Folio », 3 vol, 2006. cf. vol. 2, p. 1122 et suiv.
- Serge Klarsfeld, Le Mémorial de la déportation des Juifs de France, éd. Beate et Serge Klarsfeld, Paris, 1978.
- Maurice Rajsfus, Les Juifs dans la collaboration, 1980 ; rééd. 1991.
- Simon Schwarzfuchs, Aux prises avec Vichy - Histoire politique des Juifs de France (1940-1944), Calmann-Lévy, 1998. Cet ouvrage, basé en grande partie sur les archives du consistoire, donne de nombreuses informations sur le rôle de Jacques Helbronner pendant l'Occupation.
À la télévision
modifier- 2007 : La Résistance de Félix Olivier : joué par Laurent Claret
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressource relative à la vie publique :
- Association Helbronner