Jagdgeschwader 27

unité militaire

La Jagdgeschwader 27 '[N 1] (JG 27) (27e escadre de chasseurs), surnommée Afrika, était une unité de chasse de la Luftwaffe pendant la Seconde Guerre mondiale.

Jagdgeschwader 27
Image illustrative de l’article Jagdgeschwader 27
Emblème de la JG 27

Création
Dissolution
Pays Allemagne
Allégeance Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Branche Luftwaffe
Type escadre de chasse
Rôle supériorité aérienne
Surnom « Afrika »
Guerres Seconde Guerre mondiale

Créée peu après le début des hostilités, l'unité opéra sur la plupart des fronts[1] mais connut surtout une longue épopée dans le désert africain en tant que soutien aérien à la Deutsches Afrikakorps, avant de traverser les aléas de la guerre aérienne jusqu'au cœur du Reich allemand[2]. Elle demeure également marquée à jamais par les faits d'armes d'un seul de ses pilotes, l'as Hans-Joachim Marseille[3].

Opérations

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La JG 27 opéra uniquement sur Messerschmitt Bf 109 jusqu'à la toute dernière version K-4 du célèbre chasseur. Comme d'autres escadres, elle utilisa également des appareils de liaison de types Go 145, Bf 108 ou encore le Fi 156[4].

Au fil de l'eau (1939-1940)

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Née de la guerre

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Peu avant le déclenchement des hostilités en Europe, les autorités allemandes tronquaient encore les informations quant aux capacités réelles de leurs forces aériennes ; en réalité, la Luftwaffe était loin d'être prête pour un conflit généralisé. La Luftflotte 2 ne comptait par exemple qu'une seule escadre de chasse (la JG 26[N 2]) pour contrôler les 1 000 km de frontières maritimes et terrestres du nord-ouest de l'Allemagne. Le et alors que la campagne de Pologne touchait à sa fin, un ordre exigea l'activation en urgence de l'escadre numéro 27. Dix jours plus tard et malgré un contre-ordre[N 3], un Stab de commandement et le premier Gruppe (groupe) ou I./JG 27 voyaient le jour à Münster-Handorf[5].

Déployée en l'urgence, la nouvelle unité pouvait néanmoins compter sur des officiers et des adjoints compétents, dont certains excellaient sur le plan organisationnel et technique. Le Geschwaderkommodore de l'escadre était l'Oberstleutnant Max Ibel, un ancien fantassin durant la Première Guerre mondiale passé dans l'aviation ; avant sa nomination, Ibel dirigeait déjà la JG 3. Le I./JG 27 commandé par le Hauptmann Helmut Riegel effectua dés le ses premières sorties avec ses Bf 109E flambants neufs, sans toutefois rencontrer d'ennemi[6].

Le manque de préparation de la Luftwaffe faisait qu'à cette époque, un grand nombre de Jagdgeschwader restaient embryonnaires et évoluaient de façon semi autonome. Une uniformisation s'imposa donc et le Stab JG 27 prit sous son aile – outre le I./JG 27 – les I./JG 1 et I./JG 21. Commandés respectivement par les Major Bernhard Woldenga et Martin Mettig[7], les deux Gruppen se sont déjà fait les dents en Pologne, le second comptant déjà six victoires aériennes, avec parmi les vainqueurs le Leutnant Gustav Rödel[8], futur vétéran de la JG 27 avec qui il fera le reste de sa carrière opérationnelle[9]. Autre anecdote, les I./JG 1 et 21 arborent tous deux un écusson similaire bien que de couleur différente, avec une croix de Croisé incrustée de trois petits avions[10], un concept imaginé par Woldenga lui-même et qui donnera ultérieurement l'emblème officiel de la JG 27[11].

Esquisse

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La JG 27 ne fera pas parler la poudre durant la Drôle de guerre, à l'exception d'un ballon captif allemand malencontreusement détruit au sud de Münster. L'hiver 39-40 particulièrement rigoureux entravera encore un peu plus les quelques sorties et engendra également des accidents mortels au cours de différents transferts[12],[13]. Durant cette période et jusqu'en , le Stab JG 27 de Max Ibel se renforça un temps de deux autres Gruppen, le I.(J)LG 2 et le Jagdgruppe 126 (futur III./ZG 26)[14]). Parallèlement et par un temps particulièrement glacial[N 4], un II./JG 27 se constitua sous les ordres du Hauptmann Erich von Selle à Magdebourg. Le , son successeur le Hauptmann Werner Andres fêtait en grande pompe[N 5] la mise en service du groupe[15].

Les choses évoluèrent également au sein de l'état-major. Les officiers Woldenga et Miethig quittèrent leurs postes respectifs[N 6]. Le Hauptmann Joachim Schlichting alors Geschwader-Adjudant au Stab reprit notamment le I./JG 1 et Ibel reprit pour adjoint le Hauptmann Adolf Galland, ancien d'Espagne passé récemment à la chasse[N 7] et future figure de la Luftwaffe[16].

L'escadre prenait doucement forme mais son ossature restait bancale. Ainsi, le II. Gruppe ne passa pas d'emblée sous commandement de la JG 27 mais sous celui de la JG 3, puis celui de la JG 51 jusqu'à la veille des opérations prévues en France et aux Pays-Bas. Deux leur côté, les Stab et I./JG 27 flanqués des I./JG 1 et 21 étaient fin prêts pour l'offensive à l'ouest et furent intégrés au VIII. Fliegerkorps du Generalmajor Wolfram von Richthofen[17]. Le I./JG 27 arborait aussi désormais un écusson représentant un noir autochtone et un félin apposés au continent africain, une esquisse élaborée par le Hauptmann Riegel en raison de sa passion pour les colonies qui, par inadvertance, collera parfaitement au Gruppe un an plus tard[18],[19]. En attendant le jour fatidique, les officiers tuent le temps avec des formations théoriques qui bien qu'impopulaires, s'avéreront très utiles pour les futures opérations. Les chefs d'escadrille (ou Staffelkapitän) sont également parrainés de temps à autre à la JG 53 pour quelques missions, à l'instar de l'Oberleutnant Gerhard Homuth qui y fera quelques sorties[20].

Offensive à l'Ouest

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Dès les premières heures du , la JG 27 est en effervescence pour permettre le décollage dés l'aube, du Kommodore Ibel et son Stab, suvis de trente machines du premier Gruppe et de celles du I./JG 1. Objectif, protéger les arrières et les flancs des unités de blindés sur la Belgique. Moins d'une demi-heure après avoir passé la frontière, la 3./JG 27 manqua de peu d'abattre un biplan isolé. La Staffel se rattrapera quelques heures plus tard après redécollage, cette fois avec les appareils du I./JG 21, réalisant les deux premiers succès de l'unité sur des Gladiator belges[N 8] ; à 12 h 50, l'aérodrome de Tirlemont devint la cible des Messerschmitt de la 2./JG 27[21]. De son côté, le II./JG 27 opéra toute la journée aux Pays-Bas au profil des troupes aéroportées et scorera quatre Blenheim et deux Fokker D.XXI néerlandais, mais un pilote ne rentrera pas pour raison inconnue[22]. Le lendemain laissa place à la chasse libre[N 9] ce qui permit notamment aux leaders des 1. et 3. Staffel Wolfgang Redlich et Gerhard Homuth d'ouvrirent leur score sur des appareils anglais[23]. Le I. /JG 27 incendia également quinze aéronefs sur des terrains belges tandis que le II./JG 27 attaqua continuellement les concentrations de troupes, les convois et les canons malgré le plafond très bas régnant sur Rotterdam ; un pilote sera capturé[24]. Le , les attaques franco-britanniques sur les ponts du canal Albert et de la Meuse ainsi que les combats de chars qui suivirent l'après midi permirent aux groupes combinés des JG 27, 1 et 21 d'engendrer plus de 30 victoires, dont un triplé de l'Oberleutnant Gerhart Framm chef de la 2./JG 27, six autres revenant à la Flak ; triplé également pour le Hauptmann Galland en deux sorties[N 10] en compagnie du Leutnant Gustav Rödel vainqueur lui aussi et affecté au Stab comme officier technique[25],[26].

L'aérodrome de Charleville-Mézières que le duo Galland-Rödel manqua au soir du faute de visibilité[27].

Les premières missions démontrèrent qu'en chasse pure, les pilotes dominaient leur sujet, mais pêchaient dans l'escorte de bombardiers, notamment les Stuka[N 11],[28]. Dans les jours qui suivirent et exception faite des II./JG 27 et I./JG 1, la JG 27 (renforcée un temps du I./JG 51) se rapprocha de la frontière afin de suivre la percée allemande et s'établit à Odendorf. Entre le nombre d'avions, le manque de place et la poussière soulevée, l'unité rencontra pour la première fois les contraintes de la Blitzkrieg[29],[30]. Cette guerre de mouvement n'impacta toutefois pas la poursuite des succès, comme les cinq victoires déclarées le par les Stab et I./JG 27[29], jour d'affectation des hommes d'Ibel à Neufchâteau puis Charleville, et ce malgré une logistique en carburant qui faisait déjà défaut. La ville belge de Saint-Trond attendait le II. Gruppe[N 12] qui devra néanmoins se contenter de missions d'escorte rapprochées pratiquement tout le reste de la campagne pour palier les lacunes dans ce domaine, au détriment de la liberté tactique. Le , deux officiers du groupe furent abattus et faits prisonniers, dont le Staffelkapitän de la 5./JG 27 Hans-Christian Schäfer gravement brûlé, mais l'avancée des troupes allemandes permettra leur rapatriement rapide[31]. En soirée, Galland intercepta des chasseurs français à l'est d'Amiens[N 13] et descendit deux Potez 630 (victoire no 5 et 6) mais se posa à court d'essence avec Rödel dans un pré faute de clarté qui les empêcha de localiser l'aérodrome (photo)[32].

Désormais trop excentrée du front, la JG 27 déménagea à Guise et ses environs le après un retard de deux jours en raison de la pluie et du manque de carburant[N 14]. Sur place, la situation restait tendue mais l'Armée de l'Air peine alors à soutenir les troupes françaises, laissant libre court aux attaques de Bf 109. Pour sa part, le II./JG 27 se contenta d'un saut jusqu'à la capitale belge[33]. Le 23, le I./JG 27 devra sérieusement en découdre avec des Spitfire, et s'il s'adjugea trois d'entre eux, le groupe perdit quatre appareils, causant la mort d'un pilote et la capture des trois autres[34]. Durant les quelques jours que dura l'évacuation de Dunkerque[N 15], Stab et I./JG 27 abattirent neuf chasseurs et quelques bombardiers[35], mais les unités marquèrent un coup d'arrêt dû à la météo ainsi qu'un transfert à Saint-Pol, avant de revenir à Guise. Le , les belligérants se livrèrent un combat acharné, avec six Spitfire descendus sans perte, dont un doublé de Homuth et le 10e succès de Galland. En outre, l'excellent travail du II./JG 27 minimisa grandement les pertes en bombardiers, dans un ciel il est vrai de moins en moins hostile. Le groupe rejoignit finalement l'escadre mère à Guise le [N 16],[36],[37], jour où d'intenses combats au-dessus de la Somme opposèrent chasseurs français et allemands : le I./JG 27 déclara sept victoires, le I./JG 1 douze, avec un pilote capturé dans chaque groupe. Le lendemain, de nouveaux sept victoires découlèrent des I. et II./JG 27, plus du double pour le seul I./JG 1[38]. Ce , le I./JG 21 quitta la JG 27[N 17], le I./JG 51 suivant dans la foulée[39], tout comme du reste le Hauptmann Galland qui partit commander le III./JG 26[N 18],[40].

Le amena un nouveau déploiement au sud-est de Saint-Quentin. Malgré neuf succès revendiqués deux jours plus tard par les I. et II./JG 27, ce dernier se fit sérieusement malmené par la chasse française[N 19], perdant six avions bien que quatre pilotes survivront, parmi eux le Kommandeur Walter Andres posé en catastrophe[38],[41]. L'Armée de l'Air quasi hors jeux, les deux Gruppen firent tomber onze appareils - principalement britanniques - dans la journée du [42],[43]. Le surlendemain, la JG 27 gagna le terrain de Romilly-sur-Seine au moment où des avions français évacuaient en catastrophe, certain décollant même depuis l'un des hangars. La ville d'Auxerre suivra 24 h plus tard, avec un ultime succès remporté le . À la fin du mois, seul le Stab flanqué du I./JG 1 restaient en France tandis que reste de la JG 27 retourna en Allemagne, six pilotes manquant définitivement à l'appelle lors de cette campagne. L'unité revendiqua 99 victoires, auxquelles s'ajoutèrent les 151 déclarées par les I./JG 1, 21 et 51[N 20],[44].

Troisième tiers

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La météo pluvieuse au début de l'été 1940 excluait pour le moment tout engagement sur l'Angleterre. Les unités se contentent donc d'installer leurs bases près de la Manche. Le Stab et le I./JG 1 arrivèrent à Plumetot près de Caen le , mais ce dernier déménagea à Carquebut trois jours plus tard pour faire la place au I./JG 27 de retour d'Allemagne. Le surlendemain, le I./JG 1 devint le IIIe groupe de la JG 27, donnant enfin à l'escadre sa dotation complète[45]. Néanmoins et après deux semaines de repos, le II./JG 27 passera le mois suivant à défendre les côtes néerlandaises[46]. Quel que soit cependant le terrain d'attache, la mise au point de matériels et de moyens de sauvetage s'avéra indispensable pour la poursuite des opérations nécessitant les longs survols en mer[47].

Après quelques missions d'escorte de Stuka sans histoires, les craintes s'estompèrent lorsque que le , le Leutnant Ludwig Franzisket et l'Oberleutnant Max Dobislav du III./JG 27 descendirent chacun un adversaire au sud de Portland. C'est la 10e victoire de Franzisket, les neuf autres ayant été établies en France[48],[49]. Découlant du I./JG 1 du Hauptmann Joachim Schlichting, les trois Staffeln du III./JG 27 sont aux ordres du Hauptmann Wilhelm Balthasar et les Oberleutnant Walter Adolph et Max Dobislav déjà cité. Adolph compte notamment 6 victoires[50] mais celui qui s'est distingué dans la campagne précédente est sans conteste Balthasar avec 23 succès, récompensée de la Croix de Chevalier[51].

Les îles britanniques

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Le , la seule 8./JG 27 revendiqua cinq Hurricane lors d'une escorte de Stuka[52], dont un doublé pour le Leutnant Erbo Graf von Kageneck qui crashera au passage son 109 au retour après avoir été touché par la DCA[53]. Nouvelle grosse journée le lendemain pour l'escadre avec pas moins de 24 sorties diverses, le I./JG 27 se mettant en avant - quatre victoires et doublé de Homuth - mais au prix fort de trois pilotes, dont son Kommandeur Helmut Riegel qui recherchait un de ses ailiers abattu en mer. Lui succèdera son Geschwader-Adjudant Eduard Neumann vainqueur d'un Blenheim ce jour-là. Fin juillet, les belligérants intensifièrent les attaques aériennes des deux côtés de la Manche[54]. Ces combats menèrent à une dizaine de revendications dont la 10e de l'Oberleutnant Gerhart Framm[42],[55]. En revanche, du côté néerlandais, le II./JG 27 restait assez inactif malgré deux bimoteurs abattus les 28 et . Le groupe perdra également le Hauptmann Albrecht von Ankum-Frank chef de la 5./JG 27[N 21] qui se tua à l'atterrissage quatre jours plus tard, la veille du transfert du II./JG 27 dans la Manche à Crépon ; son poste sera repris par l'Oberleutnant Ernst Düllberg[55].

Basés entre Cherbourg et Caen, les trois Gruppen de la JG 27 pouvaient dés lors opérer de concert. Le , ils escortèrent des Ju 87 qui frappèrent par trois fois un convoi ennemi. Quatre pilotes ne reviendront pas dont un as[N 22] tandis que quatre autres pourront être repêchés en mer, à l'instar du Kommandeur Andres ; une journée assez coûteuse donc, malgré 13 victoires et les 4/5 du convoi anéanti[56],[57]. Le ratio victoire/perte demeurait en faveur de l'escadre, désormais coutumière des escortes de bombardiers, mais l'étape suivante consistait à neutraliser la RAF au sol. Le , les Stuka subirent une saignée sans précédente[N 23] qui s'en l'intervention de la JG 27, aurait été encore plus lourde. Le II. Gruppe se mit cette fois à l'honneur avec 14 revendications (la moitié non-confirmées). Pour avoir mené jusqu'ici son unité avec brio, Max Ibel se vit à son tour décerner la Ritterkreuz[N 24] le [58]. Après une dernière perte subite au large de l'île de Wight le , la JG 27 s'installa dans le Pas-de-Calais deux jours plus tard, à Guînes et Fiennes, le I. faisant un court passage à Peuplingues[59].

Ce modèle réduit représente un Bf 109E-4 de la 5./JG 27 basé à Fiennes abattu lors d'une retour de mission sur l'Angleterre le . Son pilote le Feldwebel Erich Braun parviendra à s'éjecter et sera capturé [60].

Les nouveaux terrains situés dans la partie la plus étroite de la Manche permettaient d'opérer plus en profondeur, mais augmentaient tout autant le risque de capture en cas d'éjection. Le lors d'une mission sur le Kent, les I. et III./JG 27 déporèrent un mort et deux capturés, malgré trois Spitfire mis au crédit du II., une tendance qui restera constante jusqu'à la fin de la bataille[61]. Septembre débuta pourtant de façon prometteuse, avec sept avions descendus pour ce même II./JG 27 lors d'une escorte sur Kenley, dont un doublé de l'Oberleutnant Rödel qui réédita le surlendemain pour ses 9e et 10e victoires sur un nouveau septuplé de son groupe[62],[63],[42]. L'as passa également leader de la 4./JG 27 tandis que le Hauptmann Walter Andres laissa sa place pour raison de santé[N 25] au Hauptmann Wolfgang Lippert[64], as d'Espagne et 11 succès acquis avec la JG 53[65],[66]. À l'inverse, le Hauptmann Balthasar - exempt de victoires depuis le mois de juin - quitta la 7./JG 27 pour prendre la tête du III./JG 3 et sera remplacé par l'Oberleutnant Erhard Braune[67],[59]. Mais les pertes grimpèrent au fil des jours, en cause une RAF tenace, des changements fréquents de cibles, une stratégie allemande incohérente ainsi que le mauvais temps automnale. La JG 27 paya à nouveau un lourd tribut le avec quatre des siens abattus et capturés et deux blessés, parmi eux le Gruppenkommandeur Joachim Schlichting qui deviendra prisonniers ; Max Dobislav lui succéda alors et Erbo Graf von Kageneck reprit la 9. Staffel[62],[68].

À armes égales

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Le , la Luftwaffe bascula ses armes sur Londres, délaissant de facto les aérodromes anglais. Poursuivant l'escorte de bombardiers, le rapport pertes/victoires de la JG 27 va dés lors s'équilibrer et perdurer dans le temps, y compris dans les combats les plus intenses du [N 26],[69]. Les intempéries incessantes finirent par ramollir le terrain argileux de Fiennes du II./JG 27 qui déménagea à Saint-Inglevert le pourvu d'une piste en herbe, et pût se féliciter de la Ritterkreuz décernée au Hauptmann Lippert. À la fin du mois, le temps s'améliora et chaque minute fut mise à profit pour voler[70],[71]. Les 27 et 30, l'unité engendra respectivement 7 et 6 victoires, dont les premiers du doyen autrichien de 36 ans récemment arrivé, le Gefreiter Dr Peter Werfft. En contrepartie, elle perdra trois pilotes, quatre autres étant capturés (dont un décèdera) et deux blessés[72]. Gerhard Homuth obtint sa 15e victoire, Gustav Rödel sa 14e, Wolfgang Redlich et von Kageneck leur 10e chacun[42]. Cela marqua le désangagement du I./JG 27 en l'Angleterre qui repartit en Allemagne le pour se subordonner au Stab JG 1 durant trois semaines[73].

Le , le Hauptmann Walter Adolph quitta la JG 27 pour commander le II./JG 26[74]. Une semaine plus tard, Max Ibel faisait également ses adieux à l'unité[N 27] ; lui succéda par intérim le Major Bernhard Woldenga - déjà connu pour avoir commandé le I./JG 1 - puis le Major Wolfgang Schellmann à partir du [75]. Du reste, la JG 27 escorta au début du mois les appareils d'attaque du II.(Sch)/LG 2, avant de devoir porter elle-même des bombes sur l'Angleterre au sein de Jabo (Jagdbomber). Ces frappes à basse altitude n'étaient pas sans risque en raison des défenses anglaises accrues et le brouillard notoire de la Manche[76]. Les II. et III. y déploreront trois morts, un blessé, ainsi que quatre prisonniers parmi lesquels, les deux Staffelkapitän de la 8./JG 27 succèsseurs de Walter Adolph capturés à douze jours d'intervalle[75],[77]. Le , le I./JG 27 retournera dans le nord-ouest de la France pour finalement échouer à Dinan. Il exécutera des missions de chasse libre et de bombardement[78] sans engendrer de succès supplémentaires, à l'inverse des deux autres Gruppen qui se partageront au cours du mois une petite douzaine de victoires, dont trois pour von Kageneck et deux pour le Hauptmann Lippert[42]. Au matin du , celui-ci descendit un dernier Hurricane au-dessus de Canterbury[78]. Le lendemain, trois Messerschmitt de la 6. Staffel larguèrent leur projectile de 250 kg au sud de Londres ; au retour, ordre avait été donné à la JG 27 de retourner en Allemagne[79]. Le I. Gruppe suivra moins d'un mois plus tard mais perdra entre-temps deux pilotes capturés les 17 et [78].

La JG 27 remporta 147 victoires confirmées en Angleterre, dont 10 pour Rödel et respectivement 9, 7 et 6 pour von Kageneck et les Kommandeur Max Dobislav et Eduard Neumann. Depuis le , l'unité perdit 19 pilotes, 14 autres disparus et 29 faits prisonniers. Les hommes apprendront en permission l'attribution le de la Croix de Chevalier au Hauptmann Joachim Schlichting[N 28], toujours convalescent et captif des Britanniques[80],[75]. Hormis tous les pilotes déjà cités, d'autres ont déjà établi quelques succès et poursuivront sur leur lancée dans les mois à venir. Pour la seule 4./JG 27 émergent ainsi l'Oberleutnant Ferdinand Vögl, le Leutnant Ernst Boerngen, l'Oberfeldwebel Otto Schulz et le Feldwebel Karl-Heinz Bendert. Au III. Gruppe se distinguent l'Oberfeldwebel Hans Richter ainsi que les Feldwebel Franz Blazytko et Emil Clade[42]. Pilote sans victoires (confirmées), le Leutnant Werner Schröer du I./JG 27 fera également partie de ceux qui se démarqueront plus tard en Afrique du Nord[81].

Offensives opposées (1941)

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Premiers pas méridionales

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Fin 1940, les discussions vont bon train pour connaître la prochaine affectation. La réponse viendra avant le nouvelle an : la Sicile pour le I./JG 27, les Balkans pour le reste de l'escadre où les Italiens buttent face à l'armée britannique dans cette région, faisant de surcroît peser une menace sur le pétrole roumain. Le trajet sera chaotique pour le I. Gruppe : la seule 1./JG 27 parvint sur le sol sicilien le mais le reste du groupe devra patienter cinq jours sur le sol italien à cause d'un brouillard persistant. L'unité effectua tout de même plusieurs missions au départ de Comiso et descendra un seul Hurricane par l'intermédiaire du Leutnant Willi Kothmann. Au dixième jour, I./JG 27 plia finalement bagage pour rejoindre Munich afin de percevoir des réservoirs supplémentaires et mobiliser de nouveaux pilotes.[82],[83]. L'un d'eux recruté dés janvier ne passa pas inaperçu, l'Oberfähnrich Hans-Joachim Marseille : talentueux au pilotage mais véritable franc-tireur indiscipliné[N 29], le Berlinois de 21 ans s'est fait récemment éjecté de la 4./JG 52 par son chef d'escadrille l'Oberleutnant Johannes Steinhoff[84].

Sur les terres balkaniques

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L'empennage du Bf 109E-7 codé Wr-Nr.4148 photographié début printemps 1941 en Bulgarie. Cet appareil était piloté par le Hauptmann Wolfgang Lippert alors Kommandeur du II./JG 27[85].

Le I./JG 27 fit mouvement à Graz-Thalerhof le dans le sud de l'Autriche. Subordonné au Stab JG 54, le groupe joua un double rôle dans la première phase de l'invasion de la Yougoslavie, neutralisant l'aviation adverse tout en soutenant la progression des troupes allemandes. Le 6, l'unité attaqua l'aéroport de Ljubljana dont les défenses anti-aériennes touchèrent les Messerschmitt de Kothmann et Marseille. Porté un temps disparu, le premier rentrera par voie terrestre tandis que le second rejoindra sa base imperturbable[N 30]. Après cinq jours sans autre incident, le Gruppe de Neumann descendit à Agram mais remonta finalement à Munich le pour préparer son voyage en Afrique[86]. Dix fois vainqueurs depuis le début de la guerre, l'Oberleutnant Gert Framm quittera aussi son poste pour l'état-major et laissera la 2. Staffel au Hauptmann Erich Gerlitz[87],[88].

De leurs côtés, les Stab, II. et III./JG 27 affrontèrent l'hiver 1941 en Roumanie dans des conditions difficiles[N 31]. Ils terminèrent à l'aéroport de Baneassa en périphérie de la capitale Roumaine, avant de s'enfoncer en Bulgarie pour débuter l'opération Marita sous un printemps plus clément[89],[90]. Les chasseurs devront de nouveaux opérer un double rôle en escortant les Stuka du VIII. Fliegerkorps tout en soutenant les divisions blindés de la 12e armée[91]. Tôt le matin du , les Bf 109 larguèrent des bombes sur l'infanterie ennemie et les fortifications grecs du col de Rupel dans un va-et-vient permanent. Les vallées profondes et le relief escarpé obligeaient alors les pilotes à redresser brusquement pour ne pas percuter la montagne[92]. Si aucun succès aérien ne fut établi, la 8. Staffel perdit tout de même cinq machines au combat, un prisonnier, un blessé et trois morts dont son chef d'escadrille, le troisième en quelques mois. L'armée de l'air yougoslave frappa également le terrain du II./JG 27 qui subit des dégâts matériels[93]. Le , le Stab perdit à son tour un pilote en raison du mauvais temps[N 32]. Trois jours plus tard, le II. Gruppe se retrouva de nouveau sous le feu des bombes et migra l'après midi à Bitolj ; lors de du transit, trois pilotes de la 6./JG 27 anéantirent une formation de six Blenheim[N 33] rencontrés fortuitement[94],[95]. Son Staffelkapitän le Hauptmann Hans-Joachim Gerlach sera néanmoins capturé le lendemain dans une attaque à basse altitude tandis que l'Unteroffizier Fritz Gromotka - double vainqueur la veille comme son leader - revendiqua un Gladiator. 24 heures plus tard, la 4./JG 27 descendit cinq avions et en endommagea un sixième sans perte, dont un triplé de l'Oberleutnant Rödel, deux autres succès revenant au Leutnant Ernst Boerngen et l'Oberfeldwebel Otto Schulz. Dés le , des éléments de la JG 27 occupèrent le premier aérodrome grec[95],[96],[97].

Larissa constitua la prochaine étape le comme du reste les dernières victoires et pertes de la JG 27 en Grèce ; Rödel descendit de nouveau trois Hurricane (20e succès) tandis que le Major Wolfgang Schellmann et l'Oberfeldwebel Schulz en abattirent chacun un. Sur place, les Allemands utiliseront le carburant anglais abandonné en le mélangeant au leur afin d'obtenir un indice d'octane fonctionnel. Mais faute de camion-citerne, les barils seront transportés à la main, un travail arasant qui plus est sous forte chaleur et les moustiques pullulants dans les marées environnants[N 34]. Une fois ravitaillés, les Bf 109, 110, Ju 87 et 88 purent ainsi reprendre leurs missions non-stop[95],[98]. Le , les Stab, II. et III./JG 27 s'installèrent à Éleusis près d'Athènes mais bénéficieront de quelques jours de repos, en attendant les rampants empêtrés sur des routes encombrées et entrecoupées de rivières infranchissables. Toutefois, la campagne des Balkans arrivait à son terme[95],[99]. Le Stab ne scora qu'une seule victoire par l'intermédiaire de son Kommodore contre un peu moins de 20 pour le II. Gruppe et aucun pour le III.[100]. Dans son ensemble, l'escadre perdit cinq pilotes tués, un prisonnier et un blessé. En outre, deux hommes portés manquant parviendront à rentrer, un autre captif réussira à s'échapper, et un quatrième sera retrouvé dans un hôpital laissé sur place par les Australiens en raison de ses blessures[101].

Coup de pouce, coup de collier

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Le , l'unité fit son retour en Allemagne dans un périple aussi fastidieux qu'à l'allée[99]. Le III./JG 27 en fut toutefois exempt, appelé au début du mois à Gela pour participer à la bataille de Malte, à l'instar du I./JG 27 trois mois tôt. Le groupe effectua aussi bien des chasses libres que des escortes de bombardiers tout en menant des frappes au sol aux côtés des avions italiens et de la 7./JG 26 de l'Oberleutnant Joachim Müncheberg. Le groupe compensera ainsi son manque de succès en Grèce en descendant cinq Hurricanes, l'un par l'intermédiaire du Kommandeur Max Dobislav, les quatre autres par le seul von Kageneck qui porta son score à 17 malgré le mauvais temps de la première semaine et l'intensité de la DCA maltaise[102],[103].

Alors que le I./JG 27 débutait en Libye, le reste de l'escadre se posta près de l'ancienne frontière polonaise avec la Lituanie en prévision de l'invasion de l'Union Soviétique[104]. Quelques semaines avant l'offensive, des rumeurs circulaient encore sur un « assaut de grandes ampleurs ». Laissés dans l'ignorance, les pilotes pouvaient néanmoins légitiment douter du sérieux d'une telle entreprise, alors même que la Royal Air Force n'était toujours pas vaincu en Europe de l'Ouest et que débutait en parallèle une seconde campagne en Méditerranée[105].

Un pied en Afrique

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Dès son arrivée à Ain El Gazala la troisième semaine d'avril, le I./JG 27 se retrouva embarqué dans une offensive à grande échelle[106], mais représentait une sérieuse menace pour la RAF qui avait jusqu'ici priorisé les opérations transmanches au détriment du Moyen-Orient. À défaut de chasseurs modernes, les Anglais disposaient néanmoins d'un grand nombre de Hurricane. Le Bf 109E était plus que suffisant pour les affronter, là où le « Emil » devenait obsolète sur d'autres théâtres. L'avion allemand bénéficia également d'une tropicalisation de ses équipements[N 35] pour faire face aux conditions désertiques[107]. Le personnel dut également s'adapter au milieu en achetant des vêtements appropriés aux fortes chaleurs du jour et les basses températures de la nuit[108]. Le désert libyen offrait aussi ses bons côtés, comme la nourriture locale, les quartiers juifs et arabes[N 36] et les bazars, mais aussi les coups de soleil, les scorpions, serpents et d'innombrables mouches proscrivant tous sanitaires à l'eau au profit de toilettes sèches[109].

Le , la 1. Staffel de l'Oberleutnant Wolfgang Redlich descendit deux Hurricane en provenance de Tobrouk, deux autres revenant à l'Unteroffizier Hans Sippel et le Leutnant Werner Schröer. Le lendemain, Sippel récidiva sur un Wellington mais périt le surlendemain alors que Schröer parvenait à se poser sur le ventre ; dans l'intervalle, l'Oberfeldwebel Albert Espenlaub remportait le 100e succès du I./JG 27. Le 23, l'Oberleutnant Ludwig Franzisket et le Leutnant Hans-Jürgen von Möller se débarrassèrent chacun de deux Hurricane alors que Redlich récidiva sur deux Blenheim, l'Oberfähnrich Marseille détruisant un dernier appareil. Un net avantage pour le Gruppe donc, malgré la perte jusqu'ici de trois de ses pilotes[110]. Opérant très haut par petites sections de deux (Rotte) ou quatre (Scharrm)[N 37], les Bf 109 patrouillaient généralement de l'aube à 10 h, et de 16 h au crépuscule afin de bénéficier de l'angle du soleil et de la brume de sable[N 38]. La clarté du ciel permettait aussi de repérer son adversaire de loin tout comme d'observer facilement les avions abattus sur un terrain sans relief. Bien qu'opérant en soutien de l'Afrika Korps, le I./JG 27 bénéficiait aussi d'une grande liberté pour planifier ses opérations. Les mitraillages au sol le long de l'unique axe routier devenaient également monnaie courante de part et d'autre, et très efficace pour réduire le potentiel ennemi à un coût moindre qu'en usant de bombardiers classiques, dans une région où l'approvisionnement en carburant demeurait le nerf de la guerre[N 39],[111].

Un Bf 109E-4/trop survolant la côte libyenne à des fins de propagande à l'été 1941, et piloté pour l'occasion par le Leutnant Werner Schröer[112]. Le pilote habituel, le Feldwebel Franz Elles sera abattu et capturé en décembre de la même année. Le camouflage composé de taches mouchetées vertes s'adaptait parfaitement à l'environnement[113].

L'enjeu de Tobrouk

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Le , l'Oberleutnant Gerhard Homuth et son désormais coéquipier Hans-Joachim Marseille abattirent chacun une paire de Hurricane. À ce moment-là, la RAF s'était massivement repliée en Égypte, laissant la défense aérienne de Tobrouk à la DCA[114]. Une période calme néanmoins perturbée dans la nuit du par une canonnade de petites embarcations anglaises, qui se répéteront dans les semaines suivantes mais sans résultat. L'opération Brevity des 15 et amena trois nouveau succès, parmi les vainqueurs Redlich et Homuth[N 40],[115]. Libéré de ses missions d'escorte sur la garnison anglaise, le I./JG 27 s'aventura plus à l'est. Le , la 3. Staffel descendit cinq Blenheim, dont deux pour Homuth qui passa à 22 victoires et décrocha la Croix de Chevalier, la première décernée en Afrique. Mais les succès contre les bombardiers devinrent très vite l'exception plutôt que la règle, tant les combats entre chasseurs prédominaient dans le désert[116]. Le , le groupe cibla des unités navales loin en mer, mais l'enjeu du moment se déroulait sur terre et six avions de la 7./JG 26 vinrent renforcer le groupe en Libye à la fin du mois[117].

Au cours des premières nuits de juin, les Anglais harcelèrent régulièrement le terrain du I./JG 27[N 41], obligeant le personnel à disperser les habitats en périphérie. Un mal pour un bien qui permettait ainsi de découvrir des lieux insolites tout en laissant les bombes ennemies nettoyaient les mauvaises herbes et autres vermines, dans une aventure où l'on veillait avant tout à ne pas tomber malade à cause de la nourriture et les piqûres d'insectes[118]. Le , un Hurricane est descendu, deux autres suivirent le 6 par l'intermédiaire de l'Oberleutnant Redlich et l'Unteroffizier Günther Steinhausen. Le 14, deux Maryland et un Hurricane se présentèrent au-dessus de Gazala pour la seconde frappe matinale, avant de terminer au sol sous les tirs de l'Oberleutnant Ludwig Franzisket[N 42] et du Leutnant Friedrich Hoffmann[N 43] ; l'après-midi, le I./JG 27 descendirent par surprise deux autres chasseurs[119]. Dés le lendemain, les Anglais tentèrent de lever le siège de Tobrouk avec 200 avions. En face, l'axe dispose de 70 Bf 109, Bf 110[N 44] et Ju 87, ainsi qu'une centaine d'appareils italiens pour couvrir leurs arrières. Pour deux pilotes tués, le I./JG 27 détruisit pour cette journée dix appareils, trois Hurricane le lendemain et huit autres chasseurs le , la moitié descendus par le seul Leutnant Heinz Schmidt. Le jour même, les Britanniques se retirèrent avec un tiers de ses chasseurs rayés des effectifs[120].

Avec la fin des opérations terrestres, les combats aériens se raréfièrent. Durant deux mois, le I./JG 27 n'engendra qu'une vingtaine de succès dont les premiers Curtiss P-40 qui se révélèrent assez vite en deçà des performances du Bf 109[N 45]. Malgré la perte du Leutnant Schmidt le , certain à l'instar du Leutnant Werner Schröer purent un peu grossir leur tableau de chasse[121],[122]. Avec des scores respectifs de 21 et 22, Redlich et Franzisket se verront également à leur tour attribuer la Ritterkreuz les 9 et [71].

Offensive à l'Est

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Alors que le I./JG 27 faisait ses premiers pas dans le désert africain, le reste de l'escadre se lançait dans l'opération Barbarossa contre l'URSS. De retour de Grèce et de Sicile, les hommes du Major Schellmann se retrouvèrent à la mi-juin près de la frontière polonaise avec la Lituanie, renforcés temporairement des II./JG 52[N 46] et III./JG 53, et placés une nouvelle fois sous la coupe du VIII. Fliegerkorps de von Richthofen [104]. Avec le sentiment de participer à une campagne d'une ampleur jamais vue, les pilotes allemands avaient plus que raison de douter. Toutefois, ils découvrirent assez vite que leurs nouveaux adversaires restaient qualitativement en deçà de ceux combattus à l'Ouest[123].

Dès les premières heures du , la JG 27 se focalisa sur les aérodromes soviétiques en larguant des bombes SD2 de kg. Conçus à la base contre l'infanterie, ces projectiles firent des ravages sur les parcs d'avions ennemis mais restaient dangereux à transporter en vol[N 47]. Accaparée dans cette tache, la JG 27 n'accumula « que » 13 victoires, une performance modeste comparée aux autres Jagdgeschwader de l'époque, et perdit un seul homme, Wolfgang Schellmann en personne. L'officier remporta sa 14e victoire[N 48] sur un I-16 mais percuta les débris de ce dernier avant de s'éjecter. Capturé 48 h plus tard, il sera exécuté par le NKVD et son corps ne sera jamais retrouvé malgré d'intenses recherches. Bernhard Woldenga, ancien de l'unité à ses débuts et chef de la JG 77, reprit alors l'escadre et prendra avec lui l'expérimenté Oberfeldwebel Erwin Sawallisch comme ailier[124],[125],[126], titulaire de 10 victoires depuis l'Espagne[127]. La Croix de Chevalier revint également ce jour-là à Gustav Rödel pour ses 20 succès confirmés. Au deuxième jour, l'unité poursuivit ses attaques à basse altitude faute de combattants, mais perdit l'Oberleutnant Wilhelm Wiesinger (10 victoires) tué par un tir anti-aérien. Le 24, le III./JG 27 anéantît une formation de sept bombardiers SB-2 avant que l'escadre ne soit déployée le lendemain à Vilna, accueillie par d'intenses bombardements. Décollant à la chaîne, les Bf 109 du seul II./JG 27 mirent à terre 25 bimoteurs, dont sept crédités au Leutnant Gustav-Adolf Langanke. Une quinzaine d'autres seront abattus avant la fin du mois. En contrepartie, quatre chasseurs Bf 109 et deux Bf 110 seront détruits au sol le lors d'une frappe soviétique, tuant le chef du détachement terrestre[N 49] tandis que deux pilotes disparaissaient au combat[128],[129],[97]. Au cours de ces premiers jours pouvant exiger jusqu'à sept sorties quotidiennes par pilote, les mécaniciens affectueusement surnommés les « hommes en noir » ne disposeront d'aucun répit[130].

Seul à l'œuvre

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Le , le II. Gruppe réduit de moitié du fait de l'usure reçut l'ordre de remettre tous ses Bf 109E au III./JG 27. Le II./JG 27 resta ainsi sur place sans combattre avant de quitter le front fin juillet pour prendre congé en Allemagne et percevoir de nouveaux Bf 109F, un processus qui durera deux mois[131],[129]. Nul repos en revanche pour le Stab et le III. du Hauptmann Dobislav qui progressent de terrains en terrains[N 50] vers Moscou suivant l'avancée du Groupe d'armées Centre[129]. Posté à Lepel le afin d'assurer la tête de pont de la Daugava, le III./JG 27 remporta 14 victoires en cinq jours et effectua de nombreuses attaques au sol. Déployé dans la région de Vitebsk, le groupe détruisit 36 adversaires du 12 au . L'une des prochaines étapes, Demidov, apporta une quinzaine de succès supplémentaires le , près du double au cours des deux jours suivants[132]. Les Russes envoyaient leurs bombardiers attaquer en ligne droite à basse altitude et presque toujours sans escorte, une aubaine pour les Allemands à l'instar de l'Oberleutnant von Kageneck qui remporta 16 victoires en juillet pour un score porté à 37, synonyme de Croix de Chevalier. Un de ses ailiers à la 9. Staffel, l'Oberfeldwebel Franz Blazytko n'est pas en reste avec un palmarès établi à 21, l'entièreté du III./JG 27 revendiquant pour sa part plus de 120 succès au cours du mois. Ces chiffres confortent alors sur l'idée d'une victoire imminente, mais les hommes ne peuvent lutter contre la fatigue et la chaleur étouffante de l'été, qui repoussent toujours plus loin les limites physiques et matériels[133],[134],[97]. L'unité perd peu d'hommes[N 51] mais les atterrissages d'urgence dues aux pannes sèches sont monnaie courante, tout comme les attaques répétées des Soviétiques qui savent exactement où dénicher leurs adversaires. Le 29, un Pe-2 largua ses bombes proche d'une patrouille au décollage, blessant un pilote ainsi que neuf membres au sol, certain mortellement[135].

L'Oberleutnant Erbo Graf von Kageneck en Sicile au printemps 1941. Crédité à cette époque de 17 victoires, l'as en rajoutera 48 autres lors des opérations en Russie[136].

Le III./JG 27 manquait cruellement de pièces moteurs sans compter les dommages souvent irréparables. Le groupe se déplaça sur le front Nord le et posa temporairement à Soltsy près du lac Ilmen ; le lendemain, deux pilotes se tuèrent au décollage[137]. Les succès reprirent dés le avec notamment des victoires établies par Blazytko, le Kommandeur Max Dobislav et deux des Staffelkapitän Hans Lass et von Kageneck. Le 14, ce dernier remporta un quintuplé sur les sept abattus par sa Staffel, et l'officier demeura un artisan majeur des succcès à venir de la JG 27 à l'est[97], malgré un atterrissage d'urgence proche de ses lignes le [138]. Le 24, le III./JG 27 se rendit sur le front de Volkhov avec ses dangereuses places fortes d'artilleries, mais dont les tirs mal ajustés ne feront pas grand mal. Dans les derniers jours du mois, les fortes pluies transformèrent rapidement le sol en boue collante, le froid s'ajoutant à l'équation. Les hommes retrouvèrent de meilleurs conditions en s'établissant à Ljuban le , mais les Russes les débusquèrent rapidement et reprirent de plus belle leurs frappes aériennes et tirs d'obus[139]. Le , de violentes escarmouches permirent au III. de remporter neuf victoires, dont quatre pour l'Oberfeldwebel Blazytko, mais l'un de ses membres imminents, le Leutnant Hans Richter (22 victoires) périt ce jour-là sous les yeux de ses camarades[N 52]. L'hiver rattrapa en sus les Allemands à grands pas, qui doivent dés lors user de bric et de broc pour parer au mieux le froid[N 53], des soucis qui ne semblent guère affecter les Soviétiques, qui rendent quotidiennement visite au III./JG 27[140]. Le , la personnalité du groupe Franz Blazytko se fit abattre et capturer par les Russes après une trentaine de victoires et plus de 300 vols depuis le début de la guerre ; il décèdera en captivité à une date inconnue[141].

Blazytko sera la dixième perte du III./JG 27 en URSS mais également la dernière[133]. Présent au groupe depuis le début, Max Dobislav céda sa place à Erhard Braune également ancien de la JG 1[142]. Jusqu'à la mi-octobre, le groupe était posté à Stabna près de Smolensk dans le cadre de la double bataille de Viazma-Briansk. Malgré les tempêtes de neige incessantes[143], le groupe descendit une vingtaine d'appareils au cours de ces deux dernières semaines, dont la moitié pour l'Oberleutnant von Kageneck[97] qui atteignit le cap des 60 le après un triplé sur des bombardiers. Mais la lassitude générale du pays est plus que palpable. Ravitailler et faire décoller les avions sur les terrains boueux prend un temps fou, les adversaires donnent davantage de fil à retordre et l'objectif d'atteindre Moscou devient un chemin sans fin[144]. Le , les membres du Stab et III./JG 27 sont finalement retirés du front sans regret, avec 13 victoires pour le premier (dont 8 pour l'Oberfeldwebel Erwin Sawallisch) et quelques 224 pour le second, soit 279 au total pour la JG 27 en incluant le II. Gruppe, le tout avec un minimum de pertes. De retour à Döberitz, Stab et III. se rééquipèrent en Bf 109F avant de rejoindre le reste de l'escadre en Libye deux mois plus tard[145],[146]. Entre-temps le , les feuilles de chêne vinrent récompenser les 65 victoires d'« Erbo » von Kageneck[147].

Escuadrilla Azul

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La JG 27 n'en avait pas encore fini avec le front Est pour autant, car à la fin du mois de septembre, un escadron composé de volontaires espagnols avait rejoint l'unité après huit semaines d'entraînement à Werneuchen. Dirigé par le Comandante Angel Salas Larrazábal (16 fois victorieux en Espagne), le nouveau venu prit place au sein du dispositif du Major Woldenga sous la désignation 15.(span.)/JG 27. Après le départ de la JG 27 de Russie, l'escadron bleu ou Escuadrilla Azul poursuivit le combat sous la houlette de la JG 52, et réalisa 14 victoires au cours de ses cinq mois de présence sur le front de Moscou - la moitié pour son commandant - tout en déplorant un mort et trois disparus. Leur tour d'opération terminé en , les pilotes laissèrent place à une nouvelle équipe, qui devait à la base rester rattachée à la JG 27. Mais celle-ci ayant « désertée » le front depuis longtemps, cette seconde unité se retrouva directement subordonnée à la Luftflotte 2. Plus tard, elle et trois autres escadrons de volontaires espagnols serviront à tour de rôle au sein de la JG 51[148].

Naissance d'une étoile

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L'été africain demeura relativement calme pour le I./JG 27 (18 victoires au total en août) avec un pic dans la journée du 21 où le groupe s'adjugea huit chasseurs, permettant à l'Oberfeldwebel Hermann Förster de réaliser son 10e succès. La clarté du ciel jusqu'ici omniprésente laissa place à de plus en plus en plus de nuages au fil des jours. Dans la nuit du , les tentes de l'unité se retrouvèrent noyées sous une pluie ininterrompue d'une demi-heure, avant que le temps sec ne reprenne comme si de rien n'était. Les hommes se réconforteront en bricolant eux même un cinéma, ce qui permit à tous de profiter de films et d'actualités de guerre[149],[97].

Septembre fut davantage propice aux victoires et comme au mois d'août, s'écoula sans aucune perte[149]. Le Feldwebel Emil Kaiser ouvrit le bal le [97] avant que cinq Hurricane ne tombent quatre jours plus tard. L'avancée de Rommel vers Sidi Barrani permit au I./JG 27 de descendre sept adversaires supplémentaires le . Quatre fois vainqueur depuis le début du mois, le promu Leutnant Hans-Joachim Marseille va de nouveau tirer son épingle du jeu dans la journée du 24 en abattant un Maryland puis quatre Hurricane en soirée lors d'un combat épique. Son Staffelkapitän et rigoriste Gerhard Homuth - notoirement inamical au jeune Berlinois[N 54] - revendiqua également ce jour-là deux succès, huit au total pour l'unité[150],[151] du Hauptmann Neumann qui put à cette occasion apprécier les compétences soupçonnées de Marseille[N 55], un cumul de talents qui seront mis en exergue avec le temps[152],[153]. Trois jours plus tard, le groupe engendra de nouveau cinq victoires, les succès de cette période étant confirmés par les archives britanniques d'après-guerre[154].

Renfort musclé

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Entre-temps, le II./JG 27 du Hauptmann Lippert débarqua à son tour en Libye, fort de ses 39 victoires en dix jours de combat sur le front de l'Est[155]. Bien que disposant d'un renouveau de son parc, le nouveau venu doit encore s'accoutumer aux conditions si particulières du désert, et pas seulement au combat[N 56]. L'acclimatation sera néanmoins facilitée par la bienveillance et le retour d'expérience des hommes du Hauptmann Neumann, ainsi que le départ de la 7./JG 26 qui laissa sur place plusieurs tentes et abris[156].

Bf 109 du I./JG 27 escortant un Ju 87 appartenant au II./St.G 2.

Opérationnel dés le , le groupe laissera passer plusieurs tempêtes de sable avant de descendre ses trois premiers Hurricane le , le premier sous les tirs de l'Unteroffizier Horst Reuter qui récidiva le surlendemain en compagnie de son Staffelkapitän Ernst Düllberg. Toujours en pointe, l'Oberleutnant Rödel et le prometteur Oberfeldwebel Otto Schulz se défirent de cinq chasseurs trois jours plus tard, portant le score du premier à 24 et moitié moins pour le second. La version « F » du Bf 109 se révèle alors bien en deçà des appareils anglais, qui se feront porter pâle les jours suivants. Le néanmoins, le Gruppe perdit son premier homme en Afrique lorsque le septuple vainqueur de Russie Gustav-Adolf Langanke disparut sans laisser de trace[N 57], victime des défenses de bombardiers de la SAAF[157],[158]. Le I./JG 27 refit parler la poudre le avec un doublé de l'Oberfeldwebel Hermann Förster puis un engagement majeur deux jours plus tard des 2. et 3. Staffeln où six adversaires furent descendus[N 58] par Franzisket, Marseille, le Hauptmann Gerlitz (chef de la 2./JG 27) ainsi que le Leutnant Rudolf Sinner et l'Oberfähnrich Friedrich Körner pour leur première victoire[159],[97]. Revanchards, les Britanniques intensifièrent les frappes sur les bases allemandes dés le [N 59], et seule la chance permit aux diverses Staffeln d'échapper à la destruction totale ; le 24, l'un de ces raids fit deux morts et deux blessés parmi l'équipe au sol. Lors de la dernière semaine, la JG 27 détruisit une dizaine d'avions, dont quatre dans la journée du 30 avec un nouveau triplé de l'Oberfeldwebel Schulz[160],[97].

Les multiples attaques sur les aérodromes, les ports et autres infrastructures allemandes, suggéraient que les Anglais préparaient quelque chose[N 60]. Des reconnaissances aériennes sur les oasis de Siwa et Giarabub confirmèrent par ailleurs un regain d'activité au sol. Dans les airs pourtant, une accalmie s'emblait se dessiner durant la fin du mois et la première quinzaine de novembre. Cette entrefaite permit au I./JG 27 de renvoyer ses escadrilles une par une en Allemagne pour récupérer à son tour des Bf 109F. Première concernée, la 1. Staffel de Wolfgang Redlich tandis que les 2. et 3./JG 27 ne reviendront au front que début décembre[161],[155].

Regain britannique

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Dans la nuit du 17 au , une pluie tropicale inonda les oueds où logeaient hommes, tentes et l'équipement. Bien qu'épargnés, les avions embourbés ne purent décoller lorsque débuta à l'aube l'opération Crusader[162]. Au matin, Redlich et l'Oberfeldwebel Espenlaub profitèrent de l'assèchement du terrain pour régler le compte à deux Martin[N 61]. Malgré les routes entravées, des communications perturbés et dans l'incapacité d'anticiper l'avancée ennemie, la JG 27 va pourtant plus que se démener, avec dés le lendemain des attaques sur la base anglaise de Sidi Omar et deux succès de la part du très actif Horst Reuter de la 5. Staffel[163]. Le 20, trois Maryland allèrent au tapis abattus d'une main de maître par le Leutnant Hans-Arnold Stahlschmidt tandis que le duo Redlich-Espenlaub se débarrassa de deux Curtiss. Trois appareils tombèrent le jour suivant en plus d'attaques à basse altitude, alors que les chars anglais ne sont déjà plus qu'à 15 km du poste avancé de Gambut, finalement évacué tant bien que mal par ses défenseurs[164],[165]. Les trois batailles du virent tomber pas moins de 13 Curtiss, sept Blenheim et un Wellington, pour la perte de cinq Bf 109 ; les Hauptmann Redlich et Lippert réalisèrent un quadruplé et un triplé. Dix autres succès seront établis le lendemain, mais Lippert se blessa en évacuant son appareil victime d'une panne moteur après sa 25e victoire ; capturé, il décèdera dix jours plus tard en Égypte[N 62],[166]. Les combats tous azimuts, en l'air comme au sol[N 63] donneront lieu jusqu'à dix décollages par jour, parfois un seul faute d'essence, incluant escortes de Stuka et sorties conjointes avec les unités italiennes, le tout sous les bombardements réguliers de Blenheim et parfois de l'artillerie navale[167].

Début décembre, la 3./JG 27 fit son retour et avec elle, la rivalité cordiale entre Homuth et Marseille, ce dernier descendant déjà cinq chasseurs en quatre jours. Tous deux à l'instar de Rödel (Kommandeur par intérim du II./JG 27) et Otto Schulz tournent autour des 30 victoires. Avec 36 réalisations, le leader Wolfgang Redlich se vit affecter le à l'État-major et remplacé à son poste par l'Oberleutnant Ludwig Franzisket (24 succès)[168],[97],[169]. Mais les succès individuels ne suffiront pas à enrayer la progression des Anglais qui prirent les aérodromes avancés autour de Gambut. Le et alors que Pearl Harbor brûlait à l'autre bout du monde, Rommel décida d'abandonner Tobrouk, entraînant le retrait des I. et II. Gruppe de Gazala à travers la Cyrénaïque, destination Tmimi où le III./JG 27 avait débarqué 24 heures plus tôt. Les rejoignit le Stab de l'Oberstleutnant Woldenga le , offrant à la JG 27 sa dotation complète depuis un an. Ce jour-là, la 2. Staffel d'Erich Gerlitz également de retour s'offrit cinq Boston d'une formation de six[N 64],[170]. L'escadre est sur la défensive, mais jamais elle n'a autant scoré depuis ses débuts africains, hormis les Stab et III. Gruppe débarqués hâtivement et encore privés de la majorité de ses rampants restés en Allemagne. Avec l'arrivée (éphémère) du III./JG 53 à Tmimi, l'approvisionnement en carburant devint critique, mais néanmoins assuré par l'arrivée de Ju 52 de transport en dépit des difficultés de navigation[N 65]. Le danger principal provenait surtout des forces terrestres adverses qui progressent à grands pas ; le , le seul II./JG 27 incendia neuf camions et en endommagea 25 autres. Finalement, la JG 27 se voit contrainte de migrer le lendemain à Derna et le haut plateau de Maturba protégée par la DCA italienne[171].

Le 12, Erbo Graf von Kageneck rouvrit le compteur du III./JG 27 en réalisant un doublé. Le 13, coup dur pour le I./JG 27 avec Albert Espenlaub (14 victoires) abattu et capturé puis tué en tentant de s'échapper[N 66], tandis que Hermann Förster (13 succès) tombait à son tour le lendemain sous les tirs ennemis alors qu'il pendait sous son parachute[N 67],[172]. Sous pression constante, la JG 27 doit déménager régulièrement. Ainsi le , une double reconnaissance des Leutnant Sinner et Körner permit d'établir l'arrivée imminente de colonnes ennemies ce qui déclencha aussitôt l'évacuation[N 68]. Et ce n'est qu'une fois basée à Syrte qu'une partie de l'escadre pourra un peu souffler durant la période de Noël[173], mais le III./JG 27 basé plus à l'est déplora la blessure sérieuse de von Kageneck le après un combat avec des chasseurs australiens[174]. L'Oberleutnant Franzisket l'imita le lendemain blessé d'un tir fratricide venu du sol[N 69] à s'ajouta à la liste des six autres blessés et autant de morts et de capturés depuis la contre-offensive britannique[175],[176]. Celle-ci commençait également à marquer le pas en raison de ses propres pertes, des distances et des contraintes de ravitaillement[177]. Avec 16 victoires durant cette période critique, l'Oberfeldwebel Otto Schulz domina son groupe[N 70] (par ailleurs repris par le Hauptmann Gerlitz) tandis que Redlich et Marseille étaient parvenus à descendre respectivement 12 et 11 adversaires. Désormais, toute la JG 27 ceinturait l'Arco dei Fileni mais se retrouvait fortement diminuée avec bon nombre d'avions abandonnés sur chacun des six terrains occupés lors de sa retraite[178],[97].

Les dunes nord-africaines (1942)

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Contrées

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Après la chute de Bardia le , Sollum dix jours plus tard et la prise du col d'Halfaya le 17, l'armée anglaise avait reconquis le territoire aux Italiens s'en pour autant entamer le cœur des forces de Rommel[177],[175]. La RAF continuait à se montrer au-dessus des pistes d'Agedabia (en), terrains que la JG 27 devra vite délaisser pour El Agheila sous les obus d'artilleries. Les quelques victoires décrochées en début d'année laissèrent place à une série de tempêtes de sable, avant que le soleil de plomb ne revienne comme par enchantement. Le , l'unité put descendre cinq chasseurs, six autres le lendemain et encore trois le 11 avec ses tireurs habituels, mais avec un as tué[N 71] et un autre pilote capturé indemne[179]. Le 12, le Hauptmann Erbo von Kageneck décéda finalement dans un hôpital des suites d'un phlébite, et sera enterré avec les honneurs militaires[180]. Le lendemain, c'est Otto Schulz qui disparut avant de réapparaître le surlendemain au soulagement de tous. Les jours suivants, les bourrasques de sable et les nuages bas interrompirent de nouveaux les vols, et d'une manière générale, les hommes en ont plus qu'assez de l'Afrique. Chacun table sur un prochain retour en Europe tout en craignant l'option front Est ; peine perdue, l'escadre restera en Afrique[181].

Rommel profita en effet des positions non consolidées de l'ennemi pour pousser une reconnaissance armée le . Lors de la contre-offensive menée le lendemain[N 72], le Leutnant Stahlschmidt réamorça le palmarès de la JG 27 qui put dés lors se rapprocher de nouveau du front, et dés le 29, Benghazi retombait aux mains des Allemands[182],[175]. Benina constitua l'étape suivante en dépit des tempêtes de sable et les fortes pluies qui suivirent. L'escadre reprit ensuite possession du plateau bien équipé et protégé de Martuba (en)[N 73], cette fois-ci de façon durable. La vie à Maturba changea du tout au tout, avec son cinéma sous roche, ses concerts musicaux ou encore les décorations artistiques. Chaque Gruppe se voyait indiqué par un panneau de signalisation fantaisiste et les serpents locaux et le froid nocturne de l'hiver donneront lieu à toutes sortes d'anecdotes[183]. Malgré la présence régulière de la RAF, l'activité aérienne restait assez basse mais deux Expertern vont pourtant se démarquer[184],[175]. Le , Marseille revint avec quatre avions abattus en deux missions pour sa 40e victoire, tandis que le chef de la 2./JG 27 l'Oberleutnant Friedrich Keller réalisait un doublé tout comme Schulz, le Leutnant Körner et l'Oberleutnant Homuth clôturaint cette journée fructueuse de dix succès. Le chef de la 3./JG 27 scora également sa 40e le lendemain, tandis que la 5./JG 27 de l'Oberleutnant Düllberg (également vainqueur) incendia 13 véhicules au sol. Mais Marseille rebondit de nouveau en établissant un autre quadriplé le . Le 13, Schulz et Marseille signèrent le doublé[N 74], et deux de plus pour ce dernier dans la journée du 15 auxquels s'ajouteront cinq P-40 descendus en 10 minutes par Schulz l'après-midi lors d'un raid sur la base[185]. C'est sa 44e victoire, Marseille pour sa part atteignant la barre des 50 le  ; le lendemain, les deux as se verront remettre la Croix de Chevalier[186]. En un mois, ils ont réalisé la moitié du score de la JG 27[187], et ce malgré les déboires météos, un mort au sol, deux hommes disparus et deux autres capturés, ainsi que les péripéties de « Fiffi » Stahlschmidt[N 75],[188].

Martuba (en), principal terrain de jeu de la JG 27 au cours du printemps 1942[189]. Ici se côtoient Messerschmitt allemands et Macchi italiens.

En mars, les caprices du temps vinrent une nouvelle fois perturber l'activité générale en dépit de quelques opportunités. La RAF retourna sur Maturba lors de la seconde quinzaine, puis de façon régulière donnant à l'unité l'occasion d'en découdre[190] privée toutefois des caciques Marseille et Schulz[N 76]. Le 18, un nouveau venu à la 6./JG 27 l'Oberfähnrich Willy Kientsch réalisa ses deux premiers succès[191]. En moyenne, l'escadre put descendre trois appareils par jour, une trentaine à la fin du mois. Le Leutnant Friedrich Körner se distingua avec 5 victoires[187] et réalisa aussi le la 1 000e de la JG 27 malgré un atterrissage forcé en compagnie du Leutnant Karl von Lieres u. Wilkau. Ce jour-là, une formation de vingt à trente véhicules anglais s'approcha en toute catimini de la base allemande pour l'arroser de mortiers, mais sera rapidement réduite au silence sous les assauts combinés des Stuka et des Messerschmitt[192]. Deux jours plus tard, un détachement du III./JG 27 opéra en Crète pour se renforcer au cours de l'année à mesure que l'île gagnait en importance stratégique[193]. Le , 18 Curtiss laissèrent cinq à six des leurs, vainqueur l'Oberleutnant Franzisket de retour aux affaires tout comme Gustav Rödel qui s'offrit un doublé. Le lendemain, environ 200 bombes aériennes touchèrent un dépôt de munitions et détruisirent deux 109 et en endommagèrent quatre autres ; seul le Leutnant Steinhausen remporta une victoire, sa 10e personnelle. Score identique décroché en toute fin de mois par l'Oberleutnant Hermann Tangerding chef de la 7./JG 27 au moment ou débarqua Rommel pour une importante conférence[194],[187]. Du reste, les Britanniques poursuivaient leurs missions commandos de sabotage nocturnes[N 77] ciblant particulièrement les Ju 52 et 87, ce qui entraîna la création de brigades anti-sabotage début juillet[195].

Le nouveau mois débuta par une reprise des opérations aériennes de part et d'autre. La JG 27 s'offrit ainsi cinq chasseurs dés le mais perdit également le Leutnant Willi Kothmann 13 fois vainqueurs et disparu en mer après un tir de DCA, ainsi qu'un autre officier lendemain qui rejoignit le cimetière occupé indifféremment de soldats des deux camps[196]. Hormis quelques bimoteurs abattus ici et là, ce sont surtout les P-40 (jusqu'à six descendus par jour) qui firent les frais des Bf 109F plus performants[N 78]. Malgré un excellent système d'alerte, les pilotes britanniques se bornaient à voler en formations serrées et à former des cercles défensifs, une approche conservatrice qui aura raison de bien d'entre eux[197]. Le , le I. Gruppe de Neumann fêta comme il se doit[N 79] sa première année sur le sol africain[198]. Les combats reprirent le 20 avec des succès du Hauptmann Düllberg et du Feldwebel Horst Reuter (15e victoire chacun), ce dernier réalisant un doublé cinq jours plus tard à l'instar de Marseille de retour dans une journée où dix P-40 ne reviendront pas. En représailles, un bombardement de nuit incendia le lendemain une caserne remplie d'équipements et endommagea huit chasseurs au sol. Le récent chef de la 9./JG 27 l'Oberleutnant Hans-Joachim Heinecke[N 80] clôtura le mois par sa 20e victoire avant qu'une tempête de sable ne s'installe de nouveau pour plusieurs jours[187],[199].

Dans le sillage de Rommel

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L'escadre se renforça le d'une nouvelle escadrille désignée 10.(Jabo)/JG 27 et conçue spécifiquement dans un rôle d'attaque au sol[198]. Comme démontré en Crète, ce genre d'unité prouva son efficacité[200] et la JG 27 maintiendra en alerte ses Jabos pour cette tâche exigeante, capables même en petit nombre de déstabiliser l'adversaire. L'escadre dénombrait alors 92 Bf 109F plus huit Jabos basés sur des terrains annexes de Maturba[201]. Le , le Leutnant von Lieres s'adjugea deux succès alors que le Leutnant Stahlschmidt descendu la veille pour la troisième fois, effectuait un retour mouvementé[N 81]. Le seul H-J Marseille compléta la liste de l'escadre durant les onze jours suivants en enchaînant pas moins de quatre doublés. La JG 27 sera cependant absent quand le , dix Curtiss et quatre Beaufighter descendirent en mer plus de douze Ju 52 de transport et les trois Me 110 qui les escortaient. Ce jour-là pourtant, l'escadre perdit pour ainsi dire un des leurs[N 82],[202],[203]. Dans le cadre de la prochaine offensive, le III./JG 53 rejoignit de nouveau l'Afrique le sous les ordres de la JG 27 faute de personnels et véhicules restés en Sicile. Le Hauptmann Erich Gerlitz en prit le commandement[N 83] et laissa donc le II./JG 27 sous les ordres de Gustav Rödel[204].

Hormis le III. Gruppe laissé à Maturba assez loin donc de l'écrasante majorité des combats, le reste de l'unité se déplaça à Tmimi le et s'en prit d'entrée aux aérodromes anglais tout en maintenant à distance les reconnaissances ennemies de sa zone de déploiement : huit P-40 furent descendus, avec des doublés de von Lieres et de l'Oberfeldwebel Karl-Heinz Bendert pour son 10e succès. Le lendemain, les I. et II./JG 27 s'octroyèrent respectivement 4 Boston et 8 Curtiss avec plusieurs doublés, dont Willy Kientsch et le Hauptmann Rödel ainsi qu'un triplé du Feldwebel Horst Reuter pour sa 20e victoire[205],[204],[187]. L'escadre put aussi compter sur le retour du désormais Oberleutnant Otto Schulz affécté au Stab II./JG 27, et le , l'Afrika Korps se lançait à travers les 65 km de front s'étendant de Gazala au fort de Bir Hakeim[206].

Ce jour-là, la JG 27 mena des missions de soutien avec comme unique vainqueur Horst Reuter, qui sera néanmoins capturé le lendemain, privant le II./JG 27 de son troisième meilleur as[N 84]. Le groupe domina les cessions suivantes avant que II. et I./JG 27 ne réalise treize succès le , dont un triplé de l'Oberleutnant Ferdinand Vögl chef de la 4./JG 27. Rebelote le 31 avec doublés de Vögl, Schulz (50e victoire) et Günther Steinhausen, ainsi qu'un triplé de Marseille. Tout ne se déroula pas sans accrocs, avec la perte du le Kapitän à la 6. Staffel[N 85] et la capture d'un de ses ailiers, tandis le Feldwebel Gromotka pourra rentrer le lendemain ; Rudolf Sinner reprit donc la 6./JG 27[207],[187]. Afin de limiter les pertes, les Anglais cessèrent les attaques à basses altitudes et pensèrent un temps Rommel sur le reculoir. En réalité, le « renard du désert » profita d'une tempête de sable pour regrouper ses forces en vue de prendre le fort de Bir Hakeim. Le 3, l'escadre et le III./JG 53 effectuèrent douze sorties et descendirent dix avions, dont six pour le seul Marseille en seulement onze minutes[N 86] lors d'une escorte de Ju 87[N 87], portant son palmarès à 75[208] synonyme des feuilles de chêne[209]. La Luftwaffe redoubla d'efforts les 9 et et la garnison de Bir Hakeim se rendit le 11[210]. Peu actif en raison de sa santé, l'Oberstleutnant Woldenga rejoignit le Jafü Balkan et laissa la JG 27 au Major Neumann ainsi que son emblème personnel, un bouclier paré de trois avions[N 88]. Le Hauptmann Homuth reprit alors le I./JG 27 et Marseille la 3./JG 27[211]. Depuis le début de l'offensive, l'escadre priva son adversaire de plus de 80 appareils, une première phase clôturée par deux victoires de Marseille après un nouveau quadruplé réalisé la veille[187].

L'étoile d'Afrique

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La Luftwaffe bousculait quotidiennement les forces aériennes alliées. Le 12, le I./JG 27 signala cinq victoires, neuf autres chasseurs le lendemain, avec un énième quadruplé de Marseille, et un triplé de l'autre homme fort du moment, le Leutnant Friedrich Körner, qui récidiva le surlendemain. Les combats déviaient inévitablement au-dessus de la Méditerranée, entre la Crète et la Cyrénaïque, là où rodaient les Stuka à l'affût de convois britanniques. Aussi, un pilote tombé en mer faisait aussitôt l'objet d'intenses recherches mais qui restaient parfois vaines[212]. Quelque peu éclipsé, le III./JG 27 se fit néanmoins remarqué le quand l'Oberleutnant Heinecke descendit le premier Liberator[N 89] de l'escadre[213] dans la région de Derna. Cette même ville servit d'étape au I./JG 27 les 15 et qui remporta au passage la majorité des 23 succès en deux jours, avec deux quadruplés de Marseille et un autre de Steinhausen, un doublé de Körner et un autre du Leutnant Werner Schröer malgré ses fonctions de Gruppenadjudant, avant que le groupe ne retrouve Gazala[214],[205],[187],[215]. Le 17 fut en demi-teinte puisque qu'après avoir abattu son 51e adversaire, l'Oberleutnant Otto Schulz ne revint pas de mission. Pour sa part, le « 14 jaune » de « Jochen » Marseille battit six fois des ailes avant d'atterrir, signalant autant d'appareils descendus, le dernier un Spitfire de reconnaissance, le premier de la JG 27 depuis la Bataille d'Angleterre[N 90]. Une foule l'entendait déjà au sol mais l'as aux 101 victoires[N 91] montrait clairement des signes de fatigue. Bénéficiant d'une permission bien méritée pour Berlin, celui qu'on surnomme désormais « l'étoile d'Afrique » recevra à la fois les glaives et une célébration en héro national, une période en demi-teinte cependant car Schulz ne refera jamais surface[213],[216].

Célèbre photo de H-J Marseille devant un Hurricane qui l'a lui-même abattu en . En grand professionnel, Marseille inspectait souvent les épaves afin d'analyser le résultat de ses tirs[217].

Les autres Ritterkreuträger et vétérans Homuth, Rödel et Franzisket n'ont guère suivi la cadence jusqu'ici, mais d'autres vont très vite prendre le relais, à l'image de Körner, Steinhausen et bientôt Hans-Arnold Stahlschmidt. Peu sollicité depuis son arrivée en Afrique, le III./JG 27 va sortir de sa torpeur en rejoignant le I. Gruppe à Ain-el-Gazala[205],[187]. Le , la 8. Staffel prit le Leutnant Schröer comme nouveau leader[N 92] ce qui va aussi pour lui changer du tout au tout[218]. La veille, Tobrouk tomba après quelques jours de combats seulement, alors que la forteresse avait résisté à un siège de huit mois l'année précédente. Les Allemands y dénichèrent un butin colossale[N 93] avant de franchir la frontière égyptienne 72 h plus tard[213],[219].

La fin du mois se résuma à une série de transferts toujours un peu plus à l'intérieur des terres d'Égypte, non sans poser d'énormes problèmes d'approvisionnement en carburant[220]. Ces mouvements n'échappèrent pas aux Anglais qui lancèrent des attaques sur les nouveaux terrains d'une JG 27 très sollicitée pour appuyer l'offensive. Le , l'escadre exécuta un nouveau record de 25 victoires dont près de la moitié établies par les Leutnant Körner, Stahlschmidt et Schröer. Au soir, des chasseurs attaquèrent le terrain du II./JG 27, tuant un pilote et blessant un autre grièvement. Le lendemain, l'escadre fit encore tomber 13 avions et six autres le surlendemain, avec un Feldwebel Steinhausen survolté et 7 succès en deux jours[221],[187]. Fuka constitua le prochain point de ralliement ; la ville est alors enveloppée d'une couche de poussière où traîne du matériel éparpillé, conséquence d'une retraite précipitée des Anglais désormais retranchés quelque 100 km plus à l'est à El Alamein[222].

Dès le , Rommel tenta une première percée et la JG 27 s'adjugea six P-40, la moitié par le Leutnant Körner. L'as se paya un doublé le lendemain, tout comme Schröer et Stahlschmidt placé à la tête de la 2./JG 27 et ayant beaucoup appris comme d'autres des faits d'arme de H-J Marseille[223],[224]. Les I. et III./JG 27 se déplacèrent à Mumin Buzak proche du front, et le , l'escadre entière descendit 13 appareils, dont un triplé de Schröer. Ces succès ne cachaient pas l'usure chronique des machines, avec une capacité opérationnelle au plus bas et des avions inutilisables laissés en arrière. Outre le manque de pièces de rechange, remplacer un moteur pouvait prendre des jours et quand ledit moteur était enfin installé, une attaque aérienne pouvait réduire à néant des heures de travail[224]. Le Leutnant Stahlschmidt s'offrit un quadruplé le , mais Friedrich Körner n'échappa pas aux Hurricane et finit par tomber aux mains des Britanniques. Pour ses 36 victoires, le captif se verra récompenser de la Ritterkreuz[N 94] en septembre[225],[226]. Les deux jours suivants, l'escadre subit l'ire des bombardements anglais, le II. Gruppe basé à Quotaifiya subissant le même sort qui, à défaut d'occasionner des dégâts, désorganisèrent les opérations et de facto les plans de Rommel, malgré les 11 victoires allemandes. Le , la JG 27 opéra pour la première fois jusqu'à Alexandrie, mais trois 109 furent surpris après décollage, causant un blessé et un mort[N 95]. Le III./JG 27 rejoignit Quotaifiya le lendemain, mais faute de moyens, l'Afrika Korps resta aux portes du canal de Suez[227].

Afin de se prémunir au mieux des raids tout comme des fortes chaleurs, grottes, ravins et escarpements rocheux offraient autant d'excellents abris, et la promiscuité des locaux arabes et de prisonniers noirs sud-africains altruistes[N 96] aidèrent au quotidien[228]. Les Britanniques contrataquèrent le mais perdirent 16 chasseurs, avec des triplés de Stahlschmidt, Rödel et du Leutnant Erich Schöfbeck du III. Gruppe. Huit autres tomberont le lendemain en dépit de la blessure de l'Oberleutnant Börngen. Du 15 au 17, les Anglais se focalisèrent sur la crête de Ruweisat (en) et laissèrent encore douze chasseurs sur le carreau, dont trois abattus par l'Oberleutnant Rudolf Sinner[229]. Le II. Gruppe remporta la majorité des victoires les jours suivants, Sinner et le Hauptmann Rödel en tête, avec un quadruplé établi par ce dernier le . Les bombes anglaises tomberont de nouveau les 23 et et feront cette fois mouche[N 97], touchant particulièrement le parc déjà bien bas du II./JG 27, quelque peu compensé par l'arrivée ce jour-là de récents Bf 109G. Le , le I./JG 27 du Hauptmann Homuth reprit le flambeau, l'as établissant un triplé et franchit - à l'instar de Rödel - les 50 victoires. Également triple vainqueur, Hans-Arnold Stahlschmidt passa de 18 à 43 victoires en juillet, une période record durant laquelle 156 appareils anglais furent descendus[N 98]. Werner Schröer porta son score à 31 succès, 21 et 20 pour les chefs des 4. et 6. Staffel Sinner et Ferdinand Vögl, tandis que d'autres as commençaient à émerger[230],[187]. Le Stab gagna également son unique victoire en Afrique au cours du mois par l'intermédiaire du Hauptmann Ernst Düllberg[231].

Entre accalmie et trépidation

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Outre de nouveaux 109G-2/Trop débarquèrent de jeunes pilotes fraîchement sortis d'écolage. Lancés tel quel dans la mêlée, ces novices avaient néanmoins peu de temps pour apprendre auprès des anciens[N 99] quotidiennement sur la brèche[232]. De plus, l'offensive lancée par Rommel libérait la pression sur Malte et les combats sur le pourtour méditerranéen connurent une nouvelle accalmie. Début août, les quelques victoires récompensèrent les as habituels[233],[234], mais l'une d'elles contribua involontairement à sceller le destin de l'Afrika Korps. Le , l'Oberfeldwebel Emil Clade descendit un Bombay en route pour le Caire tandis que l'Unteroffizier Bern Schneider mitraillait l'infortuné appareil au sol. À bord se trouvait le Lieutenant général William Gott[N 100] fraîchement nommé à la tête de la 8e armée, un poste repris par Bernard Montgomery ce qui marquera un tournant dans la guerre du désert[235],[236].

Le Bombay sera le seul succès de la 5./JG 27 pour les douze jours suivants, tandis que la 6./JG 27 n'enregistrait que deux victoires. En revanche, un seul Schwarm de la 4./JG 27 revendiqua…59 victoires durant cette même période. À sa la tête, l'Oberleutnant Vögl déjà cité et les Oberfeldwebel Karl-Heinz Bendert, Erwin Sawallisch et Franz Stigler. Un tel écart, qui plus est en l'absence de témoins autre que ses membres, suscita dès lors de forts soupçons[N 101]. Le , Stahlschmidt lui-même surprit les quatre compères à tirer sur des dunes de sable en combat aérien simulé qui prétendront à leur retour avoir abattu une douzaine de chasseurs. Conséquence et pour ne pas trop jeter le discrédit sur le II./JG 27, il fut convenu de démanteler le quatuor et d'annuler simplement leurs victoires, mais la situation du moment empêcha les fautifs d'être renvoyés en Allemagne, et leurs revendications resteront enregistrées par les autorités. Erwin Sawallisch disparut en mer le pour raison inconnue, même si un suicide afin d'échapper au déshonneur n'est pas à exclure[237],[238]. Le 20, la croix de chevalier vint récompenser le Leutnant Stahlschmidt pour ses 47 victoires pour le coup bien réelles[239]. Pour le III./JG 27 et le III./JG 53 basés à Quasaba, la tache principale consistait à escorter des convois le long des côtes et frapper l'arrière pays notamment sur deux terrains d'aviation, une tache destinée à la 10.(Jabo)/Staffel qui finira par opérer en autonomie[240],[237].

Un Bf 109G-2 préservé du Museu TAM au Brésil repeint aux couleurs de Hans-Joachim Marseille. Y figurent en bonne place l'insigne du I./JG 27, le « 14 jaune » fétiche de l'as allemand ainsi que ses nombreuses victoires peintes sur la dérive[241].

Fin août, Rommel tenta de percer à nouveau les lignes. Le 31 se clôturera par des succès de Kaiser, Rödel, un doublé de Sinner et une triple réalisation de Marseille de retour moins de dix jours plus tôt[N 102], en dépit de la perte de l'Oberleutnant Hermann Tangerding, chef de la 7./JG 27 aux 11 victoires, abattu par la DCA[242]. Les Bf 109 cumulent alors les missions d'escorte pour soutenir l'offensive mais doivent également laisser passer les formations de bombardiers ennemis faute d'autonomie suffisante. Le lendemain , la JG 27 signa un exploit sans précédent en descendant 26 chasseurs du matin au soir, dont 17 en trois misions[N 103] pour le seul Hans-Joachim Marseille[N 104], meilleur preuve s'il en fallait de son exceptionnel adresse au tir[243]. Le lendemain, l'as descendra encore cinq chasseurs et six autres le sur les 18 descendus par l'escadre ; cinq victoires iront également au Leutnant Hans-Arnold Stahlschmidt, deux au Feldwebel Günther Steinhausen et Rudolf Sinner. À chaque fois, ce sont 20, 30 voir 40 machines adverses qui se présentent dans le ciel, avec une majorité de P-40, des Spitfire et quelques Hurricane[244],[187]. La veille, la nouvelle de la remise des diamants pour le chef de la 3. Staffel avait été annoncée[245]. Lors de ces quatre jours de combat intenses, la JG 27 descendit une soixantaine d'avions tout en perdant trois pilotes (dont un as[N 105]), deux prisonniers et un blessé. Mais l'offensive allemande se retrouva stoppée sous les tirs d'artillerie, les champs de mines et les bombardements ; en attendant, les hommes de l'escadre fêtent comme il se doit son héro[246].

La mort d'une étoile

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Au matin du , le trio Marseille-Stahlschmidt-Rödel descendit neuf chasseurs. 14 autres tomberont le lendemain, avec un quadruplé du Leutnant Karl von Lieres et la 40e du Feldwebel Steinhausen mais l'as ne reviendra jamais de cette mission pour raison inconnue ; il recevra posthumément le grade de Leutnant et la Ritterkreuz[247],[223]. Le 7, un Schwarm de la 2. Staffel se fit coiffer par des Spitfire ; rapidement porté manquant, le Leutnant von Lieres réussira un atterrissage dans ses lignes mais Hans-Arnold Stahlschmidt demeure introuvable. C'est loin d'être une première pour l'homme aux 400 missions et 59 victoires mais les recherches resteront infructueuses ; seize mois plus tard, les feuilles de chêne lui seront accordées à titre posthume. Les Anglais ont assurément calqué leurs tactiques sur celles des Allemands, et font désormais preuve d'une plus grande agressivité [248],[247]. Le marqua un retour au succès majeur avec une vingtaine d'avions abattus, Marseille atteignant 151 victoires[N 106], Werner Schröer les 40 après un sextuplé ; un sous-officier sera tué et le Leutnant Friedrich Hoffmann mortellement blessé[N 107],[249],[250]. Du 16 au 22, la JG 27 scora une douzaine de fois, la majorité pour le III. Gruppe, avant que le promu Hauptmann Marseille ne recidive avec un septuplé le  ; son dernier adversaire, un Spitfire, lui donna particulièrement du fil à retordre[187],[251]. Le , I. et III./JG 27 sont de mission d'escorte de Stuka mais sur le chemin retour, le Bf 109G flambant neuf de Marseille commença à fumer[N 108] le poussant à s'éjecter. Mais dans la manœuvre, son avion se retrouva en mauvaise position et le pilote heurta l'empennage avant de percuter le sol sous les yeux horrifiés de ses ailiers[252]. Une perte terrible pour la JG 27 mais aussi pour la Luftwaffe car jamais personne n'égalera ses 158 victoires contre les Alliés occidentaux[253].

La disparition rapide au sein du I./JG 27 de ses meilleurs éléments, Marseille en tête, aura un tel impact que les hommes du Hauptmann Homuth seront retirés d'Égypte 48 h plus tard. Entièrement converti du Bf 109G-2/trop en Italie, l'unité opérera en Sicile durant près de trois semaines et s'adjugea sept Spitfire pour un pilote perdu pour raison inconnue, et un autre s'écrasant en mer à cause d'une nouvelle panne moteur[252],[254]. Pendant ce temps-là, le III./JG 27 s'avança à Turbiya au plus près du front d'Alamein, mais restait démoralisé par le manque de succès en comparaison des deux autres Gruppen[N 109]. La situation s'aggrava encore quand le III. se vit confier les anciens Bf 109F usés du I./JG 27, alors que ce dernier et le II. passait sur Bf 109G ; un moindre mal cependant compte tenu du taux d'incidents de la dernière version[255]. Lors d'une visite d'inspection, l'ancien de la maison et inspecteur Adolf Galland nota également que la Jagdflieger en Afrique se battait désormais à un contre dix[256].

Tournant immuable

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Octobre débuta doucement avant qu'un violent ouragan ne balaie la JG 27 le quatrième jour en seulement une demi-heure. Les Bf 109 doivent alors opérer sur des terrains annexes[N 110] et les Britanniques en profitèrent pour frapper tout le avec plus de 500 appareils, mais leurs efforts ne paieront pas. Avortant leurs missions d'escorte habituelles, les deux Gruppen et le III./JG 53 aidés de la Flak et la chasse italienne vont se démener pour repousser les assauts. La chasse allemande revendiqua 26 avions (triplé de Schröer et Rödel pour sa 60e victoire, doublé du Leutnant Erich Schöfbeck chef de la 7. Staffel ; la JG 27 eut deux morts dont un au sol et un pilote capturé[257],[187], tandis que le III./JG 53 devra se passer de 13 avions détruits au sol[258]. Les Alliés opéraient désormais en nombre mais calmèrent le jeu pour dissimuler leurs intensions. Les opérations aériennes devinrent de toute façon impossibles les 15 et en raison de fortes tempêtes de sable. Entre deux, le III./JG 27 - repris par le Hauptmann Ernst Düllberg - déplora un mort, un blessé ainsi que le Leutnant Schöfbeck disparu le  ; il détenait 12 victoires[259]. Du 19 au lendemain, les Alliés revinrent avec plus d'un millier d'appareils, dont 63 quadrimoteurs américains : neuf P-40 furent descendus au second jour, dont cinq par la 5./JG 27 de l'Oberleutnant Ernst Börngen tandis que la 49e victoire du Leutnant Schröer lui vaudra la Ritterkreuz. Le , un barrage de tirs d'artillerie balaya les 10 km de front durant cinq heures, entraînant tout le Commonwealth d'Afrique dans la seconde bataille d'El Alamein face à une JG 27 de plus en plus diminuée[187],[260],[261].

Un Bf 109F endommagé à Fuka, . La barre ondulée à gauche de la croix allemande dénote sa filiation au III. Gruppe[262].

Du au , l'escadre scora plus de cinquante fois, renforcée entre-temps par le retour du I./JG 27 en Afrique[N 111] avec le 60e succès de Gerhard Homuth. De leur côté, le Hauptmann Rödel et le Leutnant Schröer s'adjugèrent 11 et 10 victoires. Mais tout ne sera pas rose pour autant, avec bon nombre d'atterrissages sur le ventre, un mort, un prisonnier, trois blessés (jambes cassées pour Ludwig Franzisket et une blessure touchant une nouvelle fois le leader de la 7./JG 27[N 112]) ainsi que trois disparus, dont l'Unteroffizier Erich Krainik[N 113], 12 fois vainqueur[263],[187]. Depuis plusieurs jours déjà, l'escadre prépare son repli vers la Libye qui débuta finalement le par voie terrestre. La RAF ne se privera pas d'attaquer le brouillamini de véhicules en retraite, occasionnant plusieurs morts et de nombreux blessés, avant d'être interrompue par la pluie durant trois jours à compter du 6. Coté aérien, le nombre d'avions opérationnels n'aide guère et la JG 27 doit également fournir du personnel au sol à la JG 77 arrivée récemment. L'escadre devra fuir ses bases égyptiennes les unes après les autres et les appareils non réparés finiront sabordés. L'objectif se consacre désormais sur la protection des environs de Sollum et du col d'Halfaya. Le , la situation allemande se compliqua encore avec l'ouverture d'un second front alliés au Maroc et en Algérie[264].

La fin d'une épopée

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Les dernières troupes germano-italiennes évacuèrent l'Égypte le mais la retraite à travers la Cyrénaïque durera encore jusqu'à la reddition des forces de l'Axe au printemps suivant. La JG 27 en sera exempt puisque dès la mi-novembre et après avoir cédé la plupart de ses avions à la JG 77, les Stab et I./JG 27 quittèrent la Libye pour l'Allemagne tandis que le III./JG 27 s'installait en Crète. Gerhard Homuth céda par ailleurs sa place[N 114] au Hauptmann Heinrich Setz, ex leader de la 4./JG 77 en Russie porteur des feuilles de chêne et titulaire de 135 victoires. Le II./JG 27 resta près d'un mois supplémentaire car il disposait encore de trente chasseurs, dont quelques uns fraîchement transférés d'Allemagne. Il établira tant bien que mal et non sans pertes quelques succès, le tout dernier le , avant de passer définitivement le relais à la JG 77 en lui laissant également ses avions. L'odyssée africaine de la JG 27 est désormais terminée ; elle aura duré près de vingt mois[265],[266].

La JG 27 revendiqua en Afrique du Nord 1 300 victoires aériennes, dont environ 700 Curtiss, 300 Hurricane et 100 Spitfire. Parallèlement, l'escadre perdit quelque 200 Messerschmitt sans compter un grand nombre détruits au sol. 37 pilotes furent tués, 27 autres faits prisonniers, 29 resteront probablement disparus pour toujours dans le sable du désert[267]. Pour les pilotes survivants marqués à jamais par leur épopée, Gustav Rödel et Werner Schröer caracolent en tête avec 73 et 61 victoires, suivis de Ludwig Franzisket (blessé) et Rudolf Sinner (39 et 32). Pour les autres pilotes, citons Karl von Lieres (26), Hans Remmer (15) et Emil Kaiser (10) pour le I. Gruppe. Le II./JG 27 est plus fournis avec Ferdinand Vogl et Karl-Heinz Bendert une vingtaine chacun[N 115], Ernst Börngen (18), Willy Kientsch (16), Hans Niederhöfer (15), Emil Clade et Bernd Schneider (14), le Feldwebel Heinrich Steis (12), Enfin, Hans-Joachim Heinecke (28), Ernst Düllberg (18) et le Feldwebel Viktor Gruber (10) complètent le III. Gruppe[187], sans oublier le Kommodore Eduard Neumann et ses 11 victoires[268].

Si pour Neumann, Franzisket, Vogl, Sinner, Heinecke et Gruber, les succès n'évolueront peu ou plus avec la JG 27 ou d'autres unités, certains au palmarès plus modeste vont au contraire poursuivre la renommée de l'escadre, tel les vétérans Peter Werfft et Fritz Gromotka, ou encore les plus récents Unteroffizier Max Winkler et Leutnant Karl Wünsch[269]. Mais pour l'heure, l'escadre n'existait plus que sur le papier faute d'avions, de véhicules d'équipements laissés en Afrique. Le Stab et le II. Gruppe stationnaient à Düsseldorf, le I. à Krefeld tandis que la municipalité crétoise de Kastelli accueillait le III./JG 27[270].

Sur le vieux continent (1943)

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Éclatement

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Les nouvelles affectations se précisèrent début 1943 : la France échoua au I. Gruppe tandis que la Méditerranée attendait le reste de la JG 27, rendant d'autant plus difficile la coordination de l'unité[270]. De fait et bien qu'imbriquée en partie dans le rouage de la défense à l'ouest, l'escadre devait encore jouer sa partition sur le front sud[271].

Officiellement mis en repos sur l'île de Crête depuis son retrait de Libye, le III./JG 27 gardait néanmoins un œil sur les voies d'accès à la mer Égée et la Grèce. La 8./JG 27 avait également été détachée à Rhodes durant les premières semaines de l'année, et c'est son Staffelkapitän Werner Schröer qui, rentrant chez lui en permission pour se marier, rouvrit le compteur de victoires de l'escadre en descendant le deux Marauder[N 116] au large de Karpathos. Toujours équipés de vieux « Friedrich » et peu sollicités, les 7. et 9. Staffeln se retirèrent pour prendre en compte des Bf 109G à Bari le mois suivant[272]. Quelques semaines auparavant, le II./JG 27 faisait de même après avoir quitté Vienne, avant de finalement échouer à Trapani en Sicile fin février sous commandant de la ZG 26[273] ; le Stab du Major Neumann s'installait pendant ce temps-là plus à l'est à San Pietro[271]. L'unité retrouva ainsi le III./JG 53 afin de prioriser les escortes de navettes de Ju 52 et autres Me 323 ravitaillant l'Afrikakorps toujours en Tunisie, tout en défendant l'île des incursions aériennes [274].

Ju 52 de transport du III./KGzbV1 en Méditerranée en 1942-1943. L'escorte de ces trimoteurs faisait partie des missions incombant à la JG 27 [274].

Protection illusoire

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Le , le II./JG 27 perdit un pilote en raison d'une casse moteur, avant de décrocher son premier succès le lendemain sur un Spitfire grâce au système performant de détection implanté sur l'île[275]. Aussi le , la 5./JG 27 descendit six Spitfire en deux missions, dont deux doublés pour le Feldwebel Bern Schneider[271]. Quatre jours plus tard, deux Bf 109 menés par l'Oberleutnant Sinner forcèrent une section de bombardier-torpilleurs américains à avorter une attaque sur un convoi allemand, bien qu'un navire fusse touché tout comme l'avion de Sinner contraint à l'atterrissage d'urgence. La présence de la JG 27 en Sicile contribua également à interdire les strafing des chasseurs ennemis, mais les incursions de B-24 restaient à la charge des tirs de barrage[276]. Du 20 au jour de l'arrivée du III./JG 27 dans la région, l'escadre descendit sept appareils, dont les premiers chasseurs P-38 Lightning, mais deux pilotes gênés par la pluie s'abîmeront en mer le 24 par manque de carburant ; vainqueur de nouveau à deux reprises, le Feldwebel Schneider arrondit son score à 20[277],[205],[278].

Les Alliés lancèrent l'opération Flax visant à couper la ligne de ravitaillement provenant de Sicile et d'Italie, tout en ciblant les ports et les aérodromes d'attaches. Au matin du , un essaim de P-38 détruisit treize avions de transport approchant Tunis et deux Bf 109 d'escorte. À 12 h 30, Trapani subit un violent bombardement qui causa de lourds dégâts[N 117], le II. Gruppe parvenant tout de même à descendre trois P-38 et autant de B-24, avant de déplacer son campement dans la foulée[279],[280]. Le , l'Oberleutnant Günther Hannak récent leader de la 7.Staffel et Ritterkreuträger avec 45 victoires[N 118], descendit une paire de Spitfire dans ce qui sera l'un des rares succès du III. Gruppe dans les opérations contre Malte ; le III./JG 27 est désormais posté à San Pietro tandis que sa 8. Staffel opère toujours en Grèce[281]. À contrario, Trapani croulent sous les attaques aériennes. Ainsi le 13, le Leutnant Willy Kientsch fit tomber un B-17[N 119] puis deux P-38 trois jours plus tard, l'Oberfeldwebel Franz Stigler en revendiquant un troisième[282]. Mais les succès individuels ne faisaient guère le poids face à l'armada alliée. Au soir du , moins d'une douzaine de Bf 109 du II./JG 27 étaient en mesure d'escorter 64 Ju 52 en partance de Tunis et ce fut un massacre[N 120] : six bimoteurs gagnèrent la Sicile, 24 furent descendus au ras des flots tandis que 35 autres endommagés durent retourner en Afrique ; les avions du II. firent de même pour ravitailler mais en redécollant, le Hauptmann Vögl percuta deux autres chasseurs et fut gravement brûlé[N 121]. Quatre jours plus tard, trois autres 109 ne rentreront pas ainsi que seize Me 323 malgré un doublé du Leutnant Schneider[283],[284].

Le toujours, l'Oberstleutnant Neumann quitta son commandement pour rejoindre l'état-major du General der Jagdflieger. Son successeur, le Major Gustav Rödel ne sera pas homme à diriger l'escadre uniquement depuis le sol ; le II./JG 27 revint également au Hauptmann Schröer[285]. Si la sortie du 26 tourna au fiasco[N 122], la fin du mois sera plus fructueuse, avec entre autres six Lightning descendus le 29, mais Bernhard Schneider disparaîtra à jamais ; il détenait 23 victoires[286]. Plus « chanceux » sera l'Oberleutnant Hannak, capturé le à Malte lors d'une mission de reconnaissance des suites d'une panne moteur[287]. Il sera remplacé à son poste par le Leutnant Emil Clade[288]. Quelques jours plus tard, les forces de l'Axe capitulaient en Tunisie, permettant aux Alliés de concentrer tous leurs atouts en Méditerranée, Sicile en tête[285].

Du chaud au froid

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Comme mentionné plus haut, le I./JG 27 s'installa autour d'Évreux dès le mois de , où les hommes purent réapprécier le confort occidental après des mois passés dans le désert. Le matériel technique et les premiers Bf 109G-4 arrivèrent fin février, mais les incidents moteurs récurrents des « Gustav » causaient encore beaucoup d'accidents, dont certain coûteront la vie à deux pilotes à l'entraînement[N 123]. Malgré tout, le groupe du Hauptmann Setz se déclara opérationnel le et les premières sorties débutèrent au début du mois de mars. Objectif, épauler les JG 2 et 26 qui supportent encore le gros des combats à l'Ouest, un véritable défi pour les nouvelles recrues comme pour les vétérans, notamment celui de se confronter aux quadrimoteurs américains qui convergent régulièrement depuis l'Angleterre[289].

L'Oberleutnant Karl von Lieres und Wilkau s'affranchit de cette difficulté dès le en revendiquant un premier B-17 au nord de Saint-Lô, suivi d'un Mosquito 24 h plus tard[290]. La première mission a déjà coûté la vie à un pilote mais le coûtera encore davantage, avec un Leutnant qui se tua accidentellement peu après le décollage ; dans le combat qui s'en suivit, le Hauptmann Setz descendit trois Spitfire avant que son appareil ne parte soudainement en vrille et ne s'écrase après avoir probablement percuté un quatrième adversaire[291]. Heinrich Setz périt ainsi après avoir été 138 fois vainqueurs au combat[N 124]. Le Hauptmann Hans-Joachim Heinecke assurera l'intérim jusqu'au date à laquelle le I./JG 27 sera repris par le Hauptmann Erich Hohagen[N 125] en provenance de la JG 2[292].

Hormis les sorties d'entraînement et les vols restreints, l'activité en ce printemps 1943 restait assez faible, en dépit de quelques succès isolés[293]. Le I./JG 27 opérait principalement sous contrôle de la JG 2 et était rattaché à la JG 26 lorsque les circonstances l'exigeaient. La 2. Staffel passa également plusieurs semaines à Leeuwarden aux Pays-Bas aux côtés du II./JG 1, premier d'une longue série d'unités qui allaient intégrer la défense du Reich. L'action la plus réussite se déroula le lorsque que le Gruppe revendiqua la destruction de sept Typhoons[N 126] fonçant sur Cayeux[294],[295]. Trois jours plus tard, la 2. Staffel dénombra cinq B-17 engagés contre Emden après un long combat nécessitant jusqu'à cinq passes de tirs, au prix d'un blessé et plusieurs atterrissages en catastrophe[N 127]. Le , c'est au tour du Hauptmann Hohagen d'être descendu et blessé, victime par mégarde d'un de ses coéquipiers[N 128]. L'Oberleutnant Hans Remmer le remplacera temporairement, mais le déploiement du I./JG 27 dans cette région de l'hexagone touchait à sa fin[296].

Tour à tour, les différentes escadrilles migrèrent à Marignane mais la 3. Staffeln resta sur zone encore quelques jours. Hélas pour elle, son leader Karl von Lieres périra au combat le avant le transfert de son unité. Avec 32 victoires, dont 6 à défendre le nord-ouest de l'Europe, l'Oberleutnant von Lieres connaîtra un dernier honneur au cimetière de la « Richthofen » Geschwader[N 129], et sera l'un des derniers des quatorze pilotes à tomber au combat depuis le début de l'année. En contrepartie, le I./JG 27 s'attribua une quarantaine de victoires, allant de bimoteurs Ventura volants à basse altitude aux B-17 opérant à plusieurs dizaines de millier de pieds. Le groupe repris par le Hauptmann Franzisket évoluera plusieurs semaines dans le sud de la France sans incidents majeurs, avant de retourner en Allemagne à la fin du mois de juillet[297],[294],[277].

Entre ténacité et pragmatisme

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La dérive bien fournie de Werner Schröer actuellement conservée au Luftwaffen museum de Berlin-Gatow. Le pilote se révéla autant alaise face à la chasse britannique que contre les quadrimoteurs américains[298].

Tout au long du mois de mai, les aérodromes de chasse siciliens subirent une série de raids dévastateurs mais les Allemands disposaient de l'avantage de combattre proche de ses terrains[285]. Le , le II. Gruppe enregistra six victoires dont quatre bombardiers pour la perte d'un pilote. Le lendemain, les P-38 tiendront les Allemands à distance de la centaine de quadrimoteurs qui frappèrent l'aérodrome de Trapani comme jamais, causant 60 morts parmi le personnel au sol et trois fois plus de blessés ; quatre chasseurs US seront descendus. Avec l'achèvement de la campagne africaine, les Alliés disposent dés lors de 3 700 avions qui déferlent presque chaque jour sur la Sicile[299] En tentant de les repousser, le II. réalisa prêt de 25 victoires du 11 au , dont une majorité de B-17 et P-38, ainsi que quatre Beaufighter et un Spitfire, auxquelles s'ajoutèrent cinq succès en deux missions du Major Rödel[277]. Le groupe eut encore sa chance le avec quatre Lightning, deux Liberator et un Mitchell descendus, puis de nouveau quatre B-17 en toute fin de mois[300]. Sans surprise, le Hauptmann Schröer se distingua avec 11 victoires - trois doublés et sept quadrimoteurs - dont l'as se fit une spécialité[301],[302]. Autre homme fort du moment, le Leutnant Kientsch avec 6 réalisations, dont quatre bombardiers ; devenu entre-temps Staffelkapitän de la 6. Staffel, il succéda au Hauptmann Rudolf Sinner[N 130] promu pour sa part Kommandeur du tout nouveau IV./JG 27 (voir plus bas). Le II./JG 27 a le vent en poupe et n'a perdu que deux pilotes et cinq autres blessés, mais cela ne va pas durer[277],[303].

L'île Pantelleria donna tout spécialement du fil à retordre aux Alliés. Fortement fortifié et situé entre la côte africaine et l'Italie, ce rocher imprenable amena à une succession de vagues de bombardiers déclenchées dés le , qui montèrent à son apogée le . Déjà vainqueurs au cours des sorties précédentes, Schröer de défit ce jour-là d'un Boston et de deux P-40 (80e victoire), Kientsch réalisa un doublé sur des Spitfire et un troisième tomba sous les tir du Feldwebel Heinrich Steis. Mais le retour de bâton fut extrêmement sévère puisque dix Bf 109 seront abattus en mer, avec un seul pilote survivant[N 131] ; le lendemain, la garnison de l'île déposait les armes. Le II. engendra encore des succès jusqu'au , avec notamment trois victoires du Leutnant Kientsch (35e victoire), et subira encore une dernière perte trois jours plus tard[304],[305],[277].

Bien moins sollicité et flanqué à l'est de l'île depuis mars après reconversion en Bf 109G, le III./JG 27 du Hauptmann Ernst Düllberg déplora bien moins de pertes et ne décrocha qu'une poignée de victoires. Une nouvelle 8./JG 27 verra le jour la première semaine de juin pour compenser cette même unité absorbée par le IV./JG 27. À sa tête, l'Oberleutnant Wolf-Udo Ettel tout récent Ritterkreuträger après 120 victoires remportées sur le front de l'Est avec la 4./JG 3[N 132]. L'homme ne restera cependant pas longtemps en Sicile puisqu'à l'instar de l'année précédente, la JG 27 anticipera la débâcle générale pour se replier à Lecce en Italie, le II./JG 27 le dernier le , date de la remise des feuilles de chêne au Major Gustav Rödel pour ses 78 victoires. Vers la fin du mois, le III./JG 27 rejoindra également la Grèce[N 133] où s'entraînait déjà activement (mais non sans casse) le IV./JG 27[N 134] dont bon nombres de membres étaient issus[306],[277],[307],[205]. Objectif, renforcer la protection de la zone sud-est de toute menace, mais la mise en place du IV. avec toute sa logistique attenante nécessitera plusieurs semaines[N 135]. Le , le groupe subit son premier raid et 300 ouvriers grecs qui travaillaient sur l'aérodrome ainsi qu'une trentaine de soldats allemands périront[308].

Effervescence méridionale

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L'état-major du IV./JG 27 n'étant pas encore pleinement opérationnel, le Stab du Major Rödel le rejoignit en Grèce et chaperonnera également III. Gruppe ; le , l'officier y fit tomber un Beaufighter[309],[310]. Ce même jour, le II./JG 27 reçut la visite de 22 Liberator non escortés et en descendit près d'un tiers sans aucune perte. Lecce figurant en première ligne des cibles de l'USAAF, le groupe se replia très vite à San Vito près de Brindisi[311],[312]. De son côté, le IV./JG 27 ouvrit son score le sur deux B-24[313]. Le lendemain, l'invasion de Sicile débuta et le II. équipé de réservoirs auxiliaires attaqua les plages et descendit trois Spitfire. Le 11, l'unité se défit de deux B-24 et envoya un petit détachement en Sicile jusqu'au surlendemain afin d'épauler la JG 53 ; il en revint avec trois Spitfire abattus[310]. Le débarquement contraignit aussi le III./JG 27 à revenir dans le talon italien et le , ses Bf 109 réalisèrent des missions d'appui au sol à l'est de l'île, avec un Spitfire descendu par Wolf Ettel. L'as récidiva le lendemain matin avant de tirer deux B-24 dans la région de Bari l'après-midi même, six autres quadrimoteurs et un Spitfire tombant également sous les coups des II. et III./JG 27. Si le premier perd un pilote ainsi que le Hauptmann Ernst Börngen blessé - cinq fois victorieux depuis le début du mois - le III. en revanche a déjà perdu six de ses « Gustav » et trois pilotes en deux jours. Le pire viendra 24 h plus tard avec cinq chasseurs descendus par la DCA lors d'un mitraillage au sud de Catane ; quatre pilotes n'y survivront pas, dont l'Oberleutnant Ettel touché de plein fouet ; l'as gagnera posthumément les feuilles de chêne[313],[314],[277].

Le III./JG 27 finit par plier bagages pour l'Autriche[313] tandis que le II. gagnait l'Allemagne le après avoir encore perdu quatre pilotes et remporté cinq victoires, la dernière au compte du Feldwebel Heinrich Steis pour sa 20e. Comme à l'accoutumée, les appareils encore viables des deux Gruppen resteront sur place pour renforcer les différentes unités des JG 3, 53 et 77[310],[315],[277]. Les 25 victoires du Leutnant Willi Kientsch le placèrent en tête des pilotes de la JG 27 en Méditerranée[316], suivi de près par Werner Schröer et ses 24 réalisations. Le suivant, celui-ci recevra les feuilles de chêne au quartier général du Führer[N 136],[317]. Le , une formation américaine de B-24 attaquèrent les raffineries de Ploesti depuis la Libye et subirent un feu nourri de la part de la Flak et de la chasse locale[318]. Prévenu à l'avance, le IV./JG 27 devait prendre en charge les bombardiers sur le trajet retour en calculant au plus juste le point de rencontre en tenant compte du rayon d'action des Bf 109[319]. Dix d'entre-eux parvienndront à localiser une quinzaine de Liberator en fin de soirée volant aux raz des vagues à l'ouest de la Céphalonie ; après un long combat et plusieurs passes de tir, ils en abattirent cinq pour la perte d'un des leurs mais le manque de carburant les obligera à rompre le combat[320],[321].

Peu d'événements se produisirent dans les semaines qui suivirent[320], si ce n'est la venue le de l'Oberleutnant Herbert Schramm, un porteur de la Croix de Chevalier depuis 1941 et un ancien de la JG 53 aux 39 victoires[322],[323],[169], ainsi que l'Oberleutnant Kurt Hammel (environ 12 victoires sur le front arctique) au poste de chef de la 8./JG 27[324],[325]. Pour sa part, le Hauptmann Rudolf Sinner se retrouva muté[N 137] après un échange de tirs injustifiés avec une unité italienne[320].

De l'Europe centrale à l'hexagone

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Si lors de la campagne d'Afrique, les pilotes de la JG 27 ne parvenaient à abattre que très peu de bombardiers[326], il en sera tout autrement dans la défense du Reich. Le I./JG 27 basé à Münster-Handorf (en) opérait alors pour la première fois au-dessus de son territoire nationale. Le , l'unité du Hauptmann Franzisket s'envola conjointement avec le III./JG 3 arrivé récemment et revendiqua jusqu'à sept B-17[N 138] en trente minutes de combat[327],[294]. Quelques jours plus tard, le groupe migra sur un ancien terrain d'entraînement de la commune autrichienne de Fels am Wagram ; il s'y maintiendra pour les dix mois à venir afin parer les attaques de la 15th Air Force naissante[328].

Basé à Francfort-Eschborn depuis quinze jours, le II./JG 27 de Werner Schröer mena lui aussi sa première interception le [329]. L'unité parvint à trouver une formation de B-17 dans la région de Stuttgart malgré une météo épouvantable et en descendit près d'une dizaine en une demi-heure (un pilote tué), dont trois pour son Kommandeur et trois autres pour deux de ses chefs d'escadrille, le Hauptmann Otto Meyer[N 139] (4./JG 27) et le Leutnant Willy Kientsch leader de la 6. Staffel. Un succès encourageant mais que le groupe ne sera jamais en mesure de dépasser avant la fin de la guerre[330]. Transféré à Saint-Dizier le , le II./JG 27 n'y opérera que peu de temps en raison d'une épidémie de Typhus qui obligera sa mise en quarantaine pour une période prolongée[329].

Le , le I. Gruppe descendit une dizaine de B-24 tandis que le II. faisait plier trois Fortress 72 h plus tard. Le et malgré les 800 km qui séparent les deux groupes, I. et II./JG 27 vont faire partie des quelques 220 avions interceptant le second raid ciblant les usines de roulements à billes dans la région de Schweinfurt. Bénéficiant du manque d'escorte, la chasse allemande fera tomber 65 bombardiers sur les 291 engagés, 191 autres revenant endommagés à divers degrés. La JG 27 revendiqua entre 14 et 19 succès même si ce genre de combat impliquant autant d'appareils engendraient irrémédiablement des erreurs de comptage. Parmi les vainqueurs, l'Oberleutnant Herbert Schramm leader de la 5./JG 27 depuis mi-août pour sa 40e victoire[277],[331]. Le , le I./JG 27 affronta de nouveau les Liberator de la 15th Air Force en provenance d'Italie et en abattit sept et déclara neuf Herausschüsse (ou expulsés de la formation)[N 140] ; trois pilotes devront s'éjecter avec blessures, dont le Staffelkapitän Hans Remmer[332].

Campagne en mer Égée

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Lorsque l'Italie fit défection début septembre, les opérations en Méditerranée prirent soudainement une nouvelle dimension[320]. Les Britanniques profitèrent de l'occasion pour prendre seuls l'archipel du Dodécanèse mais mal leur en pris[333]. Posté à Kalamaki, le IV./JG 27 descendit les 18 et cinq Spitfire au large de Kos au prix de deux disparus. Après un mois entier consacré au repos et à se rééquiper, le III./JG 27 renforça les rangs et s'établit à Argos, bien que dans les faits, les deux Gruppen seront usuellement dispatchés sur de nombreux îles grecs. Le III. détruisit à son tour sept Spitfire sans perte humaine[N 141] lors de ses deux premiers jours de combat, avec la 2 000e victoire de l'escadre réalisée le par le Major Düllberg ; le surlendemain, l'as descendait encore une hydravion Walrus au-dessus du détroit de Léros[334],[335].

Arrivé récemment à la 11./JG 27, le Feldwebel autrichien Heinrich Bartels descendit deux Boston le , témoignant de son adresse au tir puisque ce Ritterkreuträger possède déjà un palmarès bien fourni de 49 victoires, la plupart réalisées sur le front arctique avec la 8./JG 5[336]. Les 3 et , le III./JG 27 appuya sans discontinuité les troupes allemandes pour reprendre l'île de Kos. Argos subit également ce jour-là un important bombardement et si la plupart du personnel put se terrer dans des tranchées, deux pilotes ne survivront pas aux éclats d'obus ; seul le Major Rödel put abattre un B-24 pour son 80e succès. Après redéploiement des forces, le III. épaulé du IV./JG 27 engagèrent des B-24 le et en abattirent quatre chacun. Plus fructueuse sera la journée du 8 avec une douzaine d'avions de tous types descendus, dont trois Lightning pour Bartels une nouvelle fois double vainqueur trois jours auparavant[337],[277]. À cette époque, la plupart des « Gustav » était des G-6 et quelques G-5 adaptés à la haute altitude, dont beaucoup équipés de canons d'aile en gondole de 20 mm, conférant la puissance de feu nécessaire pour lutter contre les quadrimoteurs au détriment d'une masse accrue[338]. Évoluant par groupe de 50 à 60 appareils, les bombardiers admirablement couverts par les P-38 forçaient les Allemands à beaucoup d'efforts et de témérité en débit de leurs moyens limités. Après la perte le 10 de l'Oberleutnant Dietrich Boesler Kommandeur par un intérim du IV./JG 27, le Gruppe fut repris par le chef de la 11./JG 27 l'Oberleutnant Alfred Burk proche des 30 victoires obtenues pour l'essentiel dans d'autres unités[339].

Les lions des Balkans

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Le , le IV./JG 27 accueillit son nouveau Kommandeur officiel en la personne du Hauptmann Joachim Kirschner, porteur des feuilles de chêne et as des as de la JG 3 avec qui il remporta 175 victoires acquises pour la plupart à l'Est[N 142] et plus récemment au-dessus du Reich[340]. Quatre jours après sa prise de fonction, Kirschner marqua les esprits en abattant un P-38 et deux Spitfire, un autre revenant à Bartels ; en quelques semaines, les deux hommes vont se tailler la part du lion du IV./JG 27. Jusqu'à la fin du mois, III. et IV. Gruppen décrochèrent encore une quinzaine victoires (six pour Bartels) tout en redéployant ses unités afin de contrer au mieux l'avancée des Alliés à travers l'Italie. Ainsi, le III./JG 27 demeura seul en Grèce pour couvrir la mer Égée et occupa les anciens quartiers du IV./JG 27 à Kalamaki, tandis que ce dernier migrait en Yougoslavie pour s'installer à Podgorica le [336],[277],[341]. Parmi les quelques pertes de cette fin de mois, l'Oberfeldwebel Hans Niederhöfer 16 victoires blessé le , et Alfred Burk tué le 31 avec un palmarès final à 28[342],[343].

La reprise de Leros par les paras allemands mobilisa le III./JG 27 une bonne partie de la première quinzaine de novembre. Durant cette période, il dut surtout affronter des Beaufighter, dont une quinzaine tomberont du 5 au 16, trois sous des tirs du Leutnant et Kapitän de la 7./JG 27 Emil Clade qui passa à 21 victoires. Après avoir réalisé la quasi-totalité des succès du IV./JG 27 en début de mois, Kirschner et Bartels obtinrent chacun un quadruplé le dans la journée la plus fructueuse du groupe avec quinze réalisations. Désormais crédité de 185 et 70 victoires, les deux hommes remporteront encore chacun trois succès en 48 h principalement le contre une formation de B-25 et P-38 qui se solda par neuf victoires. L'occupation de Samos cinq jours plus tard paracheva la lutte pour le Dodécanèse et chassa les Alliés de la mer Égée[344],[345],[277]. Cependant, les « lourds » en partance d'Italie frappaient encore les Balkans en profondeur, et d'autres attaques ciblaient également la navigation le long des côtes de l'adriatique tout en soutenant les partisans communistes. Pour la JG 27, cela représentait une dure mise à l'épreuve tant sur le plan opérationnel que géographique, et le poids des forces adverses allait irrémédiablement conduire à une augmentation des pertes[346].

Fin d'année amère

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Le Leutnant Franz Stigler descendra cinq quadrimoteurs au cours de sa carrière[347] et put juger de la solidité du B-17 en comparaison à celle du B-24 réputé moins difficile à abattre[348].

Le II./JG 27 revint en Allemagne à Wiesbaden-Erbenheim à la fin du mois, et rencontra de nouveau l'ennemi le en abattant trois B-17 de retour mission sur Brême, pour quatre 109 perdus ou endommagés. Le groupe en revendiqua plus double trois jours plus tard en dépi d'un pilote victime d'un tir ami[N 143] et un autre disparu, et malgré l'intervention des Thunderbolt qui obligèrent les 109 à attaquer en essaim, voire individuellement. Le , le II./JG 27 descendit cinq appareils américains mais y laissa un blessé et deux morts, dont Herbert Schramm abattu par un P-47 en Belgique à basse altitude sans que l'as ne puisse ouvrir son parachute[N 144],[349] ; il recevra les feuilles de chêne à titre posthume[350]. Le , le Hauptmann Meyer, l'Oberleutnant Bendert (successeur de Schramm) et Heinrich Steis firent plier trois B-17 mais ce dernier percuta trois jours plus tard la cheminée d'une usine faute de visibilité à bord d'un appareil de liaison en compagnie d'un autre pilote ; il comptait 21 victoires à son actif. Le II./JG 27 descendra encore huit bombardiers les 19 et mais perdra trois pilotes jusqu'à la fin de l'année. Le Hauptmann Schröer compte désormais 91 victoires, Karl-Heinz Bendert 25, le Feldwebel Hans Jürgens 11, 10 pour Meyer et le Leutnant Franz Stigler, qui renonça à un 11e en épargnant un B-17 éclopé. La plus grande progression viendra de Willy Kientsch qui, avec dix quadrimoteurs abattus depuis son retour en Europe, passa à un score de 51, récompensé par la Ritterkreuz[277],[351].

Après un transfert à Skopje début décembre, le IV./JG 27 fut bientôt dispatché sur une demi-douzaine de terrains à Mostar ou encore à Devoll en Albanie[346], tandis que le III. faisait le yoyo entre Kalamaki et Tanagra, détachant ses unités à Áraxos, Máleme et Devoll[205]. Le 3, le Leutnant Ludwig Bauer réalisa un doublé sur des Beaufighter pour ses 11 et 12e victoires tandis qu'un Baltimore faisait le lendemain la 16e de l'Oberfeldwebel Fritz Gromotka. Le III./JG 27 subit un raid aérien le qui endommagea onze Messerschmitt et détruisit une bonne partie du matériel de la 9. Staffel du Leutnant Dr Peter Werff. Dans le combat qui s'ensuivit, les Allemands perdirent un pilote tandis que Düllberg, Werfft et Gromotka faisaient tomber deux B-17 et deux B-24. Le groupe ne dispose plus désormais que de neuf appareils pour protéger tout le sud de la Grèce[344],[277]. La série noire impacta également le IV./JG 27 les 6, 8 et avec un blessé et deux morts, tous Leutnant. L'hécatombe se poursuivit le 16 avec trois victoires pour autant de morts, dont le Feldwebel Ernst Hackl qui avait récemment enchaîné les succès[N 145]. Mais le pire viendra le lendemain, lorsque trois pilotes périrent au-dessus des côtes albanaises, suivis plus tard de deux autres au sud de Mostar, dont le Kommandeur en personne : contrairement à son ailier, le Hauptmann Kirschner parvint à évacuer son avion endommagé mais demeura introuvable malgré d'intenses recherches. Il fut établit par la suite que l'as aux 188 victoires[N 146] avait été exécuté le jour même par des partisans yougoslaves[352],[346],[333].

L'ex Staffelkapitän de la 4./JG 27 Otto Meyer reprit le flambeau et s'il se fit aussitôt apprécié, le IV./JG 27 ne dispose plus que d'une douzaine de machines. Au vu des pertes récentes (la dernières le ), le commandement de l'aviation croate imposa un minimum de huit appareils pour chaque mission, moins en cas d'un nombre équivalent dans le camp d'en face[346],[353]. Malgré une rehausse de son parc d'avions, le III./JG 27 peine à intercepter les bombardiers tant les P-38 d'escorte manoeuvrent habilement pour déjouer les assauts allemands. Fort de son expérience, seul Ernst Düllberg parvient à tirer son épingle du jeu, le Major récidivant le avec un doublé tout comme Werfft sur un des rares succès du groupe (cinq bombardiers, deux P-38) en dépit d'une importante escorte américaine. Un dernier Baltimore descendu le clôturera le palmarès du III./JG 27 qui, depuis son arrivée sur le front des Balkans fin septembre, remporta 61 victoires, dont 10 pour Düllberg, 9 pour l'Oberfeldwebel Fritz Gromotka et 7 pour le Leutnant Clade. Malgré des conditions difficiles, le IV./JG 27 fit encore mieux avec un peu moins de 70 avions abattus, qui doit beaucoup aux performances de Kirschner et Heinrich Bartels, avec respectivement 13 et 23 succès[354],[355].

D'un front commun (1944)

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Dernier bastion méridionale

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Au début de l'année 1944, le mauvais temps empêcha la chasse allemande des Balkans de poursuivre une campagne offensive. Elle se borna donc à contrer les incursions de bombardiers de plus en plus fréquentes sur Sofia, tout en perturbant le ravitaillement aérien destiné aux partisans, et à effectuer à l'occasion quelques vols de reconnaissances au-dessus de l'Italie. Mais la situation précaire sur d'autres fronts signifiait aussi que le séjour de la JG 27 en Méditerranée était désormais compté[356],[357]. III. et IV./JG 27 revendiquèrent une vingtaine de succès en janvier tout en limitant les pertes, la quasi-totalité les 12, 14 et , les trois quarts du seul fait du IV., avec notamment des doubles succès pour le Hauptmann Meyer et le Leutnant Paul Becker[N 147] chef de la 11. Staffel et titulaire de 12 victoires[358],[359]. La dernière action du Gruppe consista à défendre sa propre base de Skopje d'une attaque de B-24 fortement escortés par des Lightning durant laquelle il abattit trois bombardiers (un pour Meyer pour son 12e succès également) et deux chasseurs. Le IV./JG 27 se déplaça ensuite à Nisch au plus près de la frontière bulgare. Il y resta relativement inactif plus de six semaines avant de finalement gagner Graz en Autriche[357].

Seul le III./JG 27 du Major Düllberg subsistait encore pour monter la garde en Grèce. Le , l'unité remporta un succès majeur en descendant sept Beaufighter sans perte autour de Samos avant de recevoir à son tour l'ordre de rejoindre l'Autriche. Néanmoins et afin de maintenir une couverture aérienne au profit du trafic maritime en mer Égée, la 7./JG 27 stationna encore sur place durant deux mois entre Rhodes et Athènes, fortement renforcée pour l'occasion de plus du double de ses effectifs habituels. Commandée par le Leutnant Hans-Gunnar Culemann, cette escadrille un peu particulière remporta encore quelques 25 victoires, avec parmi les succès notables, six B-26 descendus le au nord-ouest de la Crête. Dans l'après-midi du , la Staffel abattit encore six trimoteurs SM.84 italiens en l'espace de dix minutes au nord-est de Brindisi pour un pilote tué, dans ce qui sera à la fois l'ultime succès et la dernière perte de la JG 27 en Méditerranée, ironiquement contre des appareils de son ancien partenaire de l'Axe[360],[357].

Bf 109 dans la défense du Reich

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Les raids au-dessus du Reich du début d'année visaient à paralyser la Luftwaffe en vue du futur débarquement. Les objectifs multiples visés[N 148] obligèrent la chasse allemande à se démener comme jamais, et faillit bien contrecarrer les plans alliés sans l'incompétence de la hiérarchie militaire allemande[361]. Parmi ces acteurs, le II./JG 27 déjà bien émoussé qui défit le une dizaine d'appareils de la 8th Air Force ; dans cette chasse aux quadrimoteurs se distinguent principalement le Major Schröer et les Oberleutnant Bendert et Kientsch[362], avant que ne s'installent dix-huit jours de mauvais temps. Les « lourds » d'Angleterre revinrent sur Francfort le où le II./JG 27 joua de nouveau sa partition, mais perdit deux de ses pilotes, dont Willy Kientsch qui désorienté par une couverture nuageuse, s'écrasa sur une colline du Hunsrück en combattant des P-38. L'as aux 53 victoires (dont 20 quadrimoteurs) se verra posthumément décerner les feuilles de chêne[363],[364]. Le , la 15th Air Force d'Italie participa à son tour à la « grosse semaine » en frappant plusieurs usines Messerschmitt autour de Ratisbonne[N 149]. Le II./JG 53 basé à Vienne et le I./JG 27 de Fels am Wagram firent tomber 11 bombardiers. 24 h plus tard, le I./JG 27 s'associa cette fois au III./JG 3 pour réaliser deux fois ce score. Du 24 au , l'USAAF frappa du nord au sud[365] : le I./JG 27 déclara sept B-17 descendus le 24 et près d'une vingtaine le lendemain en coopération avec le II./JG 27. Si cette semaine chargée coûta à ce dernier un mort et trois blessés, le I. déplora en revanche quatre morts et sept blessés dont Emil Kaiser, mais n'aura pas fait pâle figure avec les six victoires du Hauptmann Hans Remmer ainsi que les cinq revendiquées chacun par le Leutnant Karl Wünsch et le Feldwebel Gustav Sturm tous deux membres de la 2. Staffel[358],[366].

Me 109G-2 armé de deux MG 151/20 en gondole, début 1944 appartenant au Stab I./JG 27 et probablement piloté par le Hauptmann Ludwig Franzisket[367].

Le , le II./JG 27 descendit deux P-38, laissant le Major Schröer à une longueur de sa 100e[368]. Du 4 au , c'est sans lui que le Gruppe descendit une douzaine d'adversaires[358] puisque dans l'intervalle, Werner Schröer quitta la JG 27 pour prendre en charge le III./JG 54[N 150],[369]. À la demande de Gustav Rödel, le II./JG 27 fut repris par le Hauptmann Fritz Keller, un pilote au palmarès modeste de 6 victoires mais qui appartient à l'escadre depuis 1939[N 151],[370]. À l'instar des III. et IV. Gruppe, le Stab avait migré en Autriche et opérait au coté du I./JG 27[371]. Toutes ces unités combineront leurs efforts le pour tirer 24 Liberator de la 15th Air Force, dont 13 pour le III./JG 27 (les américains admirent la perte de 18 bombardiers)[372], avec des doublés de Rödel, Peter Werfft et Franz Stigler nouveau chef de la 12./JG 27, mais également trois blessés, quatre tués et deux disparus. L'équipe autrichienne récidiva le avec près de 30 avions détruits et Herrauschuss, mais perdit le Hauptmann Remmer : victorieux d'un B-24 pour son 27e succès, l'as qui commandait temporairement le I. Gruppe s'éjecta après avoir été touché par des tirs défensifs, mais son parachute ne s'ouvrira pas ; la Ritterkreuz lui sera décerné à titre posthume[358],[373],[374].

À la mi-avril, le III./JG 27 opéra brièvement depuis la Hongrie et la Yougoslavie, avant de revenir en Autriche début mai. Désormais, les unités stationnées dans ce pays se retrouvaient engagées à la fois contre les 15th et 8th Air Force opérant plus en profondeur[371]. Que ce soit contre l'une ou l'autre, la JG 27 revendiqua en avril 80 bombardiers, 26 autres expulsés et 18 chasseurs, mais au prix de 16 blessés (un mortellement), trois disparus et 29 morts, dont dix pour la seule journée du 24[375]. En mai, les interceptions réussites montèrent crescendo avec 146 victoires déclarées, dont près de 90% de bombardiers, et des pointes à 31 puis 41 victoires les 12 et . Conséquence, des pertes au prorata avec 43 morts, 22 blessés et un 23e qui ne survivra pas[376]. Parmi eux, le chef de la 9./JG 27 Peter Werfft grièvement blessé par des chasseurs US après avoir abattu deux B-24[377]. L'hécatombe toucha en sus trois fois la tête du I./JG 27, avec la unième blessure le du Major Franzisket touché par les mitrailleurs d'un B-17. Après plusieurs affectations au Stab de l'escadre et celui du III. Gruppe, le Hauptmann Ernst Börngen récupéra le I./JG 27[N 152] mais percuta six jours plus tard un B-24 quelques minutes après en avoir abattu un autre. Il y perdra son bras droit, ce qui mit fin à sa carrière, clôturée d'une Croix de Chevalier pour ses 38 victoires, dont 16 quadrimoteurs. Son successeur ne fut autre qu'un ancien du I./JG 27, le Major Wolfgang Redlich de retour au front après deux ans et demi passé à l'état-major et l'écolage, mais ce ne sera que pour une dizaine de jours : le , Redlich descendit un B-24 pour sa 37e victoire[N 153] mais ne survivra pas à son tour aux multiples tirs des bombardiers lourds[378],[379].

Ces dernières confrontations apporteront aussi quelques changements. Ainsi, Franz Stigler prit en charge la 8. Staffel de l'Oberleutnant Kurt Hammel parti rejoindre la JG 77[348],[324]. Venu récemment de cette même unité, le Leutnant Ernst-Wilhelm Reinert reprit la 12./JG 27 de Stigler : transféré à la 1./JG 27 début avril, ce pilote confirmé compte pas moins de 168 victoires[N 154] récompensé des feuilles de chêne[N 155],[380],[381]. Depuis le début de l'année, plusieurs pilotes avaient revendiqué jusqu'à cinq bombardiers ou plus, dix et onze rien que pour Börngen et Werfft, autant pour le Leutnant Wünsch et un P-38 en prime, neuf succès pour son ailier Gustav Sturm, et même score pour le Leutnant Alexander Ottnad (8./JG 27) en opération depuis l'automne 1943 ; on peut encore citer le Leutnant Eberhard Schade chef de la 6./JG 27 qui compte une dizaine de succès, la plupart sur des bombardiers[382],[358],[383],[288]. Malgré ses fonctions, l'Oberstleutnant Gustav Rödel s'impliqua personnellement dans les combats et scora onze fois. Le Kommodore relata par ailleurs la difficulté à attaquer les formations de quadrimoteurs tant les paramètres étaient multiples[371],[384] :

« Le seul objectif du chef de patrouille était de placer sa formation dans une position permettant une attaque quasi directe. Ensuite, c'était chacun pour soi »

 Forsyth, 2011

.

Les quadrimoteurs ne représenteront en revanche que près de la moitié des succès du IV./JG 27 d'Otto Meyer, ce qui semble indiquer que le groupe se chargeait en partie d'engager les chasseurs d'escorte, avec en pointe le Feldwebel Heinrich Bartels, douze fois vainqueurs dans cette exercice[385]. L'as aux 85 victoires représentait parfaitement ce petit noyau de vétérans aux forts succès, mais qui se fondaient dans une masse de jeunes pilotes relativement inexpérimentés constituant désormais la majorité des effectifs à la veille de l'invasion[386].

Sur le front de l'invasion

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Lorsque l'annonce du débarquement parvint à la JG 27 au matin du , tous les groupes à l'exception du II. reçurent l'ordre de faire mouvement pour la France. Les techniciens embarquèrent dans des avions de transport tandis que le gros des rampants chemina par train[N 156]. L'après-midi, les chasseurs s'envolèrent pour un premier ravitaillement à Stuttgart et ses alentours. Le soir même, le I./JG 27 posait les pieds à Reims et Saint-Dizier, et devait rejoindre Romilly-sur-Seine le lendemain, mais le groupe hérita finalement des plaines crayeuses de Vertus dépourvues d'abris naturels mais disposant de grands hangars. Le mauvais temps, les pannes ou une mauvaise navigation contraindront la moitié de ses 109 à se poser dans des champs annexes. Plus au sud, le III./JG 27 prenait place à Connantre[N 157] avec une 7.(Ersatz)/JG 27 de remplacement, mais sans le Leutnant Alexander Ottnad gravement blessé après une panne moteur après décollage. Pour finir, Champfleury[N 158] attendait le Stab et le IV./JG 27 qui perdra également un pilote à cause du mauvais temps[387]. Après des mois à lutter contre des bombardiers, l'escadre doit maintenant mener une guerre d'un tout autre genre[388], tout en demeurant l'unité la plus éloignée des plages normandes[389].

La Champagne crayeuse constitua le principal point de départ de la JG 27 pour les opérations en Normandie[390].

À peine arrivé que le IV./JG 27 se retrouva sollicité l'après-midi du pour assurer la défense aérienne de Caen, offrant au chef de la 11. Staffel Paul Becker un premier succès sur un P-38, puis un Typhoon le lendemain pour sa 15e victoire[391]. Les 10, 12 et , d'importantes batailles aériennes engagèrent plusieurs unités dont la JG 27 qui revendiqua 45 appareils, en majorité des P-47. S'illustra particulièrement de nouveau le IV./JG 27 avec des succès du Kommandeur Meyer, du Leutnant Becker, du Feldwebel Edmund Wieland sans oublier le bouillant Feldwebel Bartels coutumier des quadruplés[392]. Dans l'intervalle débarqua le vétéran d'Afrique Rudolf Sinner qui reprit le I. Gruppe[N 159] ; avec lui deux douzaines de Bf 109 et leurs pilotes[N 160] répartis dans une nouvelle 14./JG 27 affiliée à son groupe et commandé le Hauptmann Hans-Heinz Dudeck, ainsi qu'une 15./JG 27 pour renforcer le IV. sous les ordres temporaires du Leutnant Reinert[393]. Quatorze succès suivront jusqu'au [394] mais bien que fructueux, ces douze premiers jours occasionneront pas moins de 18 blessés[N 161], 9 morts et 7 disparus, dont un seul refera surface[395]. En outre, évoluer en territoire français parmi une population de plus en plus contestataire n'était pas sans risques, malgré la bienséance des locaux à l'égard des pilotes allemands[396],[397]. Peu avant qu'une longue perturbation ne freine toute activité, le I./JG 27 migra à Vannes en Bretagne le et le III./JG 27 récupéra sa 7. Staffel de Grèce qui devient alors 13./JG 27, la 7.(Ersatz)/JG 27 redevenant du même coup 7./JG 27[398].

Le , le I./JG 27 déménagea pour trois jours à Angers où opère déjà le II./JG 53, bientôt rejoint par des éléments du IV./JG 27 qui se chargera une fois de plus du plus gros du travail, avec huit victoires, cinq du seul Bartels pour son 11e succès en Normandie en douze jours, et le 20e de Paul Becker. Mais avec la chute imminente du port de Cherbourg, ces unités rallieront de nouveau la région champenoise, avec plusieurs blessés et cinq pilotes manquant à l'appel, dont un fait prisonnier[N 162],[399],[400]. Dans l'intervalle, le III./JG 27 resté à Connantre verra douze de ses avions détruits au sol par des chasseurs US le , des pertes matérielles toutefois vite comblés dans les jours suivants[401]. Le 27 au soir, la JG 27 s'empoigna au moment d'atterrir avec la chasse alliée venue attaquer ses terrains : bilan, une quinzaine d'appareils tombés de part et d'autres dont celui de Sinner qui deviendra inapte au vol[402]. Les sorties dans la région de Caen se succédèrent jusqu'à la fin du mois, mais avec des résultats défavorables. Les 29 et seront particulièrement meurtriers, avec un mort, six blessés (un mortellement) et pas moins de huit disparus, dont les Leutnant Hannes Löffler, Paul Becker et Hans-Gunnar Culemann, titulaires respectivement de 11, 21 et 14 victoires[403]. L'enchaînement des missions et l'usure des machines diminueront drastiquement le nombre d'avions par patrouilles, elles-mêmes très éprouvantes tant l'ennemi est omniprésent. Du 2 au , l'escadre descendit une vingtaine d'appareils, dont deux pour Reinert qui franchit la barre des 170 victoires, deux autres pour le Leutnant Hans-Joachim Schliedermann du Stab III./JG 27 et autant pour le Feldwebel Wieland, tous deux six fois vainqueurs dans cette campagne[404]. De son côté, Gustav Rödel ne pourra atteindre sa 100e victoire car la situation devenait si critique que Goering décréta que tous chefs d'escadrilles, de groupes et d'escadres ne puissent décoller qu'avec un minimum de 6, 15 et 45 appareils, autant dire quasiment jamais dans ce dernier cas de figure[405].

Dans le cadre d'un redéploiement général, le III./JG 27 et le II./JG 53 associé rentrèrent en Allemagne autour du pour se reconstituer tout en laissant leurs derniers avions aux I. et IV. restants[N 163]. Ce même jour, le IV./JG 27 perdit son Kommandeur Otto Meyer abattu d'un coup direct de DCA ; il détenait 21 victoires et son poste sera repris par le Hauptmann Dudeck. En raison de la situation préoccupante dans la région de Saint-Lô, les I. et IV./JG 27 seront redéployés à la mi-juillet à Varades et Beaufort-en-Vallée de part et d'autre d'Angers[406]. L'installation effectuée, les deux groupes intervinrent dans le bocage normand malgré de fortes perturbations météo, et y laissèrent cinq blessés - parmi eux le Feldwebel Wieland - et onze disparus ou tués, et ceux malgré 19 avions abattus qui n'entraveront en rien la percée américaine. Avec trois victoires, le Leutnant Max Winkler[N 164] arrondit son score à 20 tout comme le Leutnant Karl Wünsch douze jours avant lui, le Hauptmann Dudeck revendiquant pour sa part sa 10e personnelle. Le en soirée, le I./JG 27 retourna à Champfleury tout en perdant un dernier homme lors du transfert. Le IV./JG 27 suivra quelques jours plus tard mais a également atteint ses limites[407],[408]. Le I./JG 27 resta latent durant deux jours tandis que Rudolf Sinner rentrait en Allemagne pour soigner ses blessures, laissant son poste au Hauptmann Siegfried Luckenbach de la JG 1. Le groupe reprit un temps l'activité, perdant au passage trois sous-officiers et un Staffelkapitän blessé, puis se retrouva de nouveau à l'arrêt complet durant deux semaines. Mi-août, I. et IV./JG 27 quittaient tour à tour la France tout en laissant la plupart de leurs avions au III./JG 3 opérant non loin[409].

Ritterkreuträger depuis deux semaines pour ses 35 victoires, le Major Düllberg et le III./JG 27 retournèrent au front le sous commandement du Stab JG 76 nouvellement créé. Désormais composé de quatre escadrilles avec à la tête des 12. et 10. Staffel[N 165], les Leutnant Ottnad (de retour de blessures) et Schliedermann, l'unité s'installa au sud-est de la forêt d'Ermenonville et effectua ses premières sorties dés le 13[410]. Du 16 et au , le groupe combattit au-dessus de la vallée de l'Eure et de la Seine et revendiqua 17 victoires, dont un carton plein sur six Typhoon britanniques lors de la seconde journée. Treize appareils manqueront toutefois à l'appel à l'issu, causant la mort de la moitié des pilotes et la capture d'Alexander Ottnad décidément malchanceux, qui restera donc à 14 victoires[411]. Le coûta encore un blessé et deux morts, les pertes dans l'ensemble concernant de très jeunes pilotes n'ayant pas 20 ans pour certain. Deux jours après, le III./JG 27 s'échappait sur un terrain situé entre Lappion et Boncourt et une ultime rencontre avec des Mustang le amena les deux derniers succès de la JG 27 dans cette campagne. Le 28, le groupe s'envola pour Saint-Trond en Belgique sans un de ses pilotes blessés au décollage. La plupart de ses avions, soit près de 25 machines, seront détruits le lendemain lors d'une attaque de P-47, causant la mort de trois mécaniciens[412].

La JG 27 déclara 146 victoires aériennes sur le front de l'invasion, mais perdit environ 200 avions. Pour la première fois de son histoire, ses pertes devenaient supérieures aux succès obtenus, conséquence entre autres causes du manque de formation des jeunes pilotes débarqués au front qu'avec un minimum d'heures de vol. Préoccupés par leurs taches habituelles, les leaders confirmés n'avaient tout simplement pas le temps de s'occuper des nouvelles recrues, qui devenaient dés lors autant de cibles pour la chasse alliée[413].

D'une frontière à l'autre

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Alors que la JG 27 s'épuisait en France, le II./JG 27 du Hauptmann Fritz Keller prenait en charge à son tour la protection de la région de Vienne depuis Fels am Wagram, où le groupe débarqua le . Rééquipé d'une soixantaine de Bf 109G-6/AS pour performer à haute altitude, sa mission consistait moins à frapper les bombardiers lourds qu'à se confronter aux chasseurs ennemis. La reconversion ne se fera toutefois pas sans incidents, et du reste, le rapport de force à l'ennemi rivalisait avec la situation en Normandie, ce qui donnait guère d'illusion sur la suite des événements[414],[415]. Le rééquipent terminé, le II./JG 27 débuta ses opérations le et perdait déjà ce jour-là sept avions, avec cinq pilotes blessés et deux autres tués. À terme jusqu'à la fin du mois d'août, le groupe avait descendu deux douzaines de chasseurs et un quinzaine de quadrimoteurs, mais au prix d'une trentaine de pilotes tués ou disparus et une quinzaine de blessés, et fut donc théoriquement anéanti. Deux noms ressortent parmi les pertes : l'Oberleutnant Karl-Heinz Kapp, Kapitän de la 4./JG 27 qui périt dans les flammes le après un atterrissage d'urgence ; il détenait 12 victoires ; et l'Oberfeldwebel Alfred Müller de la même unité et détenteur de huit succès, finalement tué au combat après avoir doublé ce score au cours de ces quelques semaines passées en Autriche[416],[417].

L'avancée des Alliés allant bon train, la 8th Air Force se concentra de nouveau sur les cibles intérieures du Reich. Le II./JG 27 rentra donc en Allemagne pour s'établir à Finsterwalde au sud de Berlin, puis Gütersloh plus proche de Münster le jour du déclenchement de l'opération Market Garden. Durant les douze jours qui suivirent, le groupe décrocha un nombre équivalent de victoires mais perdit tout autant de pilotes, dont la moitié en un jour, avant d'être finalement retiré des opérations à la fin du mois[414],[418]. Affecté à la région de Cologne depuis début septembre, le III./JG 27 mena également brièvement des opérations contre les parachutages autour d'Arnhem. Le dernier jour du mois, le Major Ernst Düllberg quitta le groupe qu'il commandait depuis près de deux ans pour passer Kommodore de la JG 76. L'Oberleutnant Franz Stigler assura l'intérim durant une semaine avant que le Hauptmann Peter Werfft ne reprenne l'unité après une longue convalescence. Poursuivant ses opérations sur le flanc ouest jusqu'à la mi-octobre, le III./JG 27 ne cessait de perdre des hommes depuis son retour d"Allemagne, dont le Leutnant Hans-Joachim Schliedermann (14 victoires) et ce pour de maigres résultats, et finit donc par se replier à Grossenhain à la mi-octobre[419],[420],[377],[421].

Délitement

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L'entiereté de l'escadre était désormais rassemblé en Saxe afin d'établir un périmètre de protection au-dessus des régions industrielles centrales[418]. Tous les Gruppen disposaient également de quatre Staffeln de 15 avions, soit un total d'environ 250 chasseurs en tenant compte des réserves, un nombre encore jamais atteint. Les I. et IV. Gruppe volaient sur Bf 109G-14 (plus tard sur Bf 109K-4), le II./JG 27 continuait à exploiter ses « Gustav » spécialisés dans le vol à haute altitude[422] tandis que le III. Gruppe était entièrement reconverti sur Bf 109K-4 à la fin du mois[423]. Autre changement avec la nomination depuis deux mois du Hauptmann Diethelm von Eichel-Streiber à la tête du I./JG 27, 95 victoires obtenues principalement sur le front Est avec la JG 51[424],[425],[426]. Arriva également en renfort l'Obergefreiter[N 166] Horst Rippert, 12 victoires (la moitié lors du débarquement de Provence)[427]. Mais le gros des forces se composait alors de jeunes recrues à l'entraînement sommaire, associées à des pilotes provenant d'unités de bombardement et de reconnaissance dissoutes, certes expérimentés mais disposant de peu, voir d'aucune expérience en combat aérien. Les efforts fournis par les usines aéronautiques ne reflétaient donc en rien les capacités réelles des unités au front[428].

La mission du en donna une parfaite illustration. Ce jour-là, plus de 600 B-17 ciblèrent des installations pétrolières synthétiques de Merseburg/Leuna, mais aucun des groupes de la JG 27 ne put pénétrer l'écran de P-51 qui surgirent de nulle part. Si sept Mustang tombèrent sous les tirs allemands, la moitié de l'escadre se fera descendre ou contraint à des atterrissages d'urgence ; 27 pilotes ne survivront pas[N 167] et douze autres termineront à l'hôpital, soit plus de pilotes en une journée qu'au cours des vingt mois de combats en Afrique, de loin les pertes les plus importantes jamais enregistrées par l'unité[428],[429]. Ainsi diminuée, l'escadre reçut ordre de détacher une part importante de son personnel dans la Heer, un manque qui sera en partie compensé par l'arrivée des premiers auxiliaires féminins[430]. Retiré au nord de Münster mi-novembre, la JG 27 poursuivit sa lente agonie, perdant jusqu'à la mi-décembre encore 39 pilotes et 14 autres blessés, dont les Kommandeur des I.[N 168] et II./JG 27[N 169],[431]. Autre perte notoire, le chef de la 2. Staffel Karl Wünsch qui disparaîtra en mission le  ; il détenait 23 victoires[432]. L'unité déclarera parallèlement 43 succès, allant de deux Mustang abattus par le III./JG 27 aux 21 appareils descendus par le IV., incluant huit Lancaster (trois expulsés) le d'une force de 140 appareils venus attaquer la Ruhr en pleine journée[433].

Quatre jours plus tard débuta la contre-offensive dans les Ardennes qui malgré quelques succès initiaux, finira par s'enliser. Le mauvais temps aidant, la JG 27 participa à des attaques à basse altitude et se confronta irrémédiablement à la chasse tactique adverse[434],[433]. Le , la JG 27 fit tomber 13 Thunderbolt et un Lightning[358] pour un captif, dix morts ou disparus et trois blessés (y compris Keller)[435]. Ce sursaut - pour ne pas dire sursis – s'illustrait parfaitement en la personne d'Heinrich Bartels, connu aussi bien par ses prouesses qu'à l'encouragement qu'il apportait aux jeunes pilotes afin de triompher de l'ennemi en toute circonstance[436]. Le temps s'éclaircira le et permit à l'aviation alliée d'apporter un soutien massif à ses troupes. Ce jour-là, un pilote du II./JG 27 descendit le dernier des quelques 550 quadrimoteurs crédités à l'escadre, tandis que Bartels triomphait d'un P-47 pour son 99e succès, mais l'as ne revint jamais de cette mission[N 170]. Sa disparition ébranla lourdement toute l'unité d'autant plus que l'Oberst Rödel enfonça le clou en notant que 20% des pilotes avaient interrompu leur mission pour rentrer à la base[N 171], avant de brandir la menace d'une cour martiale en cas de récidive. Avec 98 succès (97 à l'Ouest), Rödel était tout aussi légitime à tirer ses hommes vers le haut. Pourtant, 50 d'entres eux seront tués, blessés ou portés disparus au cours de la dernière semaine de 1944. Le , Gustav Rödel prit finalement congé de la JG 27 pour être nommé à l'état-major et passa le flambeau au Major Franzisket qui supervisera l'unité jusqu'à la fin de la guerre[433],[437]. Le vers midi, le Leutnant Winkler décrocha la dernière victoire de l'année[358] avant qu'un couvre-feu ne s'impose à tous, avec interdiction formelle de consommer de l'alcool pour le réveillon[438].

Jusqu'au derniers jours du Reich (1945)

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Coups au but

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Réveillé avant l'aube du , les pilotes apprirent de leurs leaders respectifs - eux-mêmes prévenus la veille[N 172]- qu'ils doivent participer à une frappe massive sur des aérodromes alliés : c'est l'opération Bodenplatte[439]. Fraîchement promu Kommandeur du I./JG 27 depuis une dizaine de jours, l'Oberleutnant Eberhard Schade mènerait également le II./JG 27 dans son sillage. Le Leutnant Emil Clade, récent leader de la 12. Staffel, dirigerait le III./JG 27 pour joindre ses forces au IV. du Hauptmann Dudeck. L'unique objectif était Melsbroek en Belgique, dépourvue de presque toutes défenses anti-aériennes, mais abritant une pléiade d'appareils divers aux cocardes néerlando-britanniques, ainsi que quelques bombardiers endommagés de la 8th Air Force laissés sur place[440]. Dès 8 h 25, 60 Bf 109 de l'unité accompagnés de 15 FW 190 du IV./JG 54 décollèrent guidés par trois Ju 88 d'aide à la navigation[441]. La formation effectua un vol en épingle à cheveux au-dessus d'Utrecht ce qui permit un approche de la cible par le nord. Qu'elle soit volontaire ou non, cette navigation permit de prendre les défenseurs au dépourvu[442]. Cette première étape ne se déroula pas pour autant sans accrocs, puisque cinq pilotes y laissèrent la vie, dont deux à cause de la Flak allemande[443].

Des pompiers à l'oeuvre sur un B-25 après l'attaque combinée des JG 27 et IV./JG 54 à Melsbroek [444].

Peu avant d'arriver sur zone, deux des trois escadrons de Mitchell avaient décollé mais la base abritait encore bon nombre d'avions soigneusement stationnés. Les I. et II./JG 27 engagèrent les premiers suivis des deux autres Gruppen et du IV./JG 54. Après deux ou trois mitraillages, l'aérodrome était déjà en feu, et dégageait tant de fumée que chaque passage augmentait les risques de collision[445]. Les pilotes avait reçu l'ordre d'effectuer au moins quatre mitraillages, et la plupart y parviendront, bien aidé par une DCA à la fois tardive et relativement inefficace. Outre deux Spitfire et un Auster descendu en vol[442], la JG 27 détruisit une cinquantaine d'avions de tous type et en endommagèrent une dizaine d'autres, sans compter la destruction de la plupart des bombardiers américains[446]. Cependant, l'unité perdit quatre pilotes (un capturé) durant l'attaque et cinq autres sur le chemin retour en grande majorité des tirs de DCA, dont deux captifs de plus parmi lesquels le Hauptmann Heinz Dudeck[447]. Crédité de la destruction d'un quadrimoteur, un bimoteur et d'un chasseur avant d'être fait prisonnier, il déclara lui-même plus tard :

« J'avais l'impression que plusieurs canons ne tiraient pas du tout[448]. »

Les derniers Messerschmitt

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Bien que la JG 27 sortit de cette mission avec les honneurs, elle ne pouvait échapper à l'effondrement inéluctable du Reich. L'escadre se verra alors contrainte de libérer la quasi-totalité de ses jeunes recrues qui serviront la Heer, la SS ou des divisions de campagne de la Luftwaffe. L'offensive soviétique de mi-janvier contraignit bon nombre de Jagdgeschwader à migrer vers l'est. La défense à l'ouest reposait donc en partie sur les Bf 109 des JG 53 et 27 pour les derniers jours du conflit. Celle-ci restera cependant quasi-exempt des combats durant six semaines, conséquence d'une directive de l'OKL stipulant une restriction des opérations de chasse aux seules situations véritablement prometteuses[442],[449],[448]. Sollicitée de temps à autre, l'escadre descendit jusqu'au un Mustang, deux Typhoon et trois Tempest, tout en perdant seize pilotes et quatre autres blessés durant la même période[450]. Dans l'intervalle, le tout récent chef de la 9. Staffel et promu officier Fritz Gromotka (29 victoires) et le quarantenaire Dr Peter Werfft[N 173] (26) gagnèrent leur Croix de Chevalier, tandis que le nouveau Kommandeur du IV./JG 27 l'Oberleutnant Ernst-Wilhelm Reinert (174) se voyait décerner les glaives[451].

L'opération Clarion déclanchée le sortit la JG 27 de sa « torpeur », qui déclara six victoires tout en laissant cinq pilotes sur le carreau[452]. Les jours suivants seront chers payés : 17 morts cumulés (sans compter les blessés) les et dont le Hauptmann Schade, pour deux fois moins de victoires. Action plus réussie le avec six Auster descendus au-dessus la ligne de front malgré la densité de la DCA et trois pertes au II. Gruppe[453]. La supériorité ennemie au nord-ouest força le repli de la JG 27 du Bas-Rhin pour se recentrer sur des terrains proches de la forêt de Teutberg. Le 19 toutefois, l'unité perdit encore huit pilotes, cinq pour le seul IV./JG 27 et autant de blessés ainsi qu'un sixième qui décèdera le lendemain. Le 21, la 8th Air Force lança d'importants raids sur les bases connues de la JG 27. Celle-ci avait déserté les lieux quelques heures auparavant, à l'exception du IV. basé à Achmer qui verra 37 de ses 38 appareils écrasés par les bombes et les balles des chasseurs qui suivirent. Deux hommes au sol périront et trois autres parviendront à empoigner une mitrailleuse pour descendre un Mustang, dans ce qui sera la dernière victoire du groupe. Devant l'impossibilité d'un rééquipement à ce stade de la guerre, décision sera prise de dissoudre le IV./JG 27. Les pilotes seront affectés dans d'autres unités[N 174] tandis que les rampants participeront aux combats terrestres jusqu'à défendre Berlin[454],[455].

Malgré ce repli, la situation demeure endémique, avec encore douze pilotes des I. et III./JG 27 descendus par des Mustang le dont la plupart ne survivront pas. Dans l'après-midi, des quadrimoteurs lancèrent un tapis de bombes qui nécessiteront cinq jours de déblaiement ; au lendemain de l'attaque, le II. perdait à son tour quatre pilotes tués ou disparus[456],[457]. À la fin du mois, les premiers blindés alliés apparurent près de Paderborn mais aucun ordre de redéploiement n'ayant été donné, le Major Franzisket décida après consultation de retirer son escadre au soir du . La destruction de cinq chasseurs ennemis durant ces quelques jours seront loin de contrebalancer les 34 hommes blessés ou tués parmi lesquels beaucoup de chefs d'escadrille[458]. La JG 27 stationne désormais proche de Brunswick aux pieds du massif du Harz, un déplacement qui permit la destruction de quelques avions de réglage d'artillerie. Trois B-26 et quatre chasseurs tomberont également le sans contrepartie, bien que douze pilotes périront avant le , la plupart des tirs de DCA car la plupart des sorties visaient les avant-postes américains[456],[457]. Un nouveau déploiement amena les éléments de l'escadre sur un axe Salzwedel-Halberstadt et ses pilotes prouvèrent encore leurs déterminations à se défendre quand l'occasion se présentait. Lorsque Américains et Russes firent leur jonction sur l'Elbe, Stab et II./JG 27 se trouvaient à Rathenow près de Berlin, I. et III./JG 27 à Großenhain 130 km plus au sud, ce qui scella définitivement la séparation de l'escadre[459].

Coupée en deux

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Le II. Gruppe et le Stab prirent ainsi la direction de la Baltique et se confronta sur le trajet à l'armée de l'air soviétique pour la première fois depuis Barbarossa. Le II. perdit quatre de ses pilotes dont un qui disparaîtra en captivité, tout en réalisant une dizaine de victoires. Le , deux Spitfire (plus certainement des Tempest) venus attaquer la base de Schwerin seront descendus par le Feldwebel Horst Rippert, dans ce qui sera les tout derniers succès de la JG 27. Peu après le départ des assaillants, II. et Stab rejoignirent Leck où les hommes du Major Franzisket et du Hauptmann Keller[N 175] attendront la capitulation[460]. Les deux autres Gruppen traversèrent entre-temps la Tchécoslovaquie pour rejoindre la région bavaroise, non sans casse. Le Hauptmann Emil Clade, dernier et 21e Kommandeur du I./JG 27 et le Hauptmann Werftt patron du III. décidèrent de leur propre initiative de mener leur groupe à Salzbourg, point de ralliement des unités de la Luftwaffe du secteur sud[N 176]. Laissant les avions sur place en raison de la météo, le millier d'hommes des deux unités rejoignirent à pied Saalbach le [N 177], clôturant ainsi ironiquement l'histoire de la JG 27 dans une station balnéaire des Alpes autrichiennes, après avoir été indissociable des dunes brûlantes de l'Afrique[461],[462].

Les derniers mois écoulés témoignèrent des difficultés rencontrées, avec 126 pilotes capturés, tués ou disparus en 1945. Mais les hommes resteront engagés jusqu'au bout, déclarant environ 90 victoires depuis janvier[463]. Ces résultats mettront aussi en valeur le Bf 109K-4 qui permirent à quelques-uns d'abattre au moins cinq adversaires avec cet appareil, à l'instar d'Emil Clade et un de ses ailiers[423]. Libérés de leurs engagements, les hommes du secteur autrichien essayeront de regagner leurs foyers, mais la plupart seront faits prisonniers et subiront de rudes conditions dans le camp américain de Bad Aibling. À contrario, les membres réfugiés à Leck dédaigneront l'« invitation » des Britanniques à se rendre au camp de rassemblement de Heide-Meldorf. Réfugiés à Viöl, ils ruseront ensuite en déclarant une épidémie de typhus suivie d'une mise en quarantaine qui durera jusqu'à la mi-juin, jusqu'à que les Anglais sonnent la démobilisation dudit camps[464].

À jamais

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Au cours de la guerre, la JG 27 reporta la destruction de 2 700 avions à 3 150 selon les sources, dont plus de 90% contre les Alliés occidentaux, pour un prix à payer de 400 morts, 250 disparus et 70 prisonniers[465],[71]. Près de 200 membres du personnel au sol, tués, blessés ou capturés grossiront la liste des pertes, pour beaucoup lors des campagnes d'Afrique et de Méditerranée [466]. Car si comme d'autres unités, la JG 27 passa de gloires à trépas, cette escadre aura également du maille à partir plus que tout autre avec les éléments du désert. Alors que les aviateurs allemands se battaient contre un adversaire courageux et déterminé, les mécaniciens combattaient le moindre grain de sable et les changements intenses de températures qui plombaient la mécanique ; l'issue d'un combat reposait donc aussi en partie sur leurs épaules. Mais quel que soit le statut, tous endureront les conditions extrêmes inhérentes à l'Afrique du Nord, mais qui forgeront au final les caractères des soldats qui combattront là-bas[467].

La Jagdgeschwader 27 deviendra une partie intégrante des rampants qui peineront à la quitter quand viendront les mutations des derniers mois du conflit. Parallèlement, les pilotes de retour après convalescence ou autres s'efforceront de revenir dans leur unité de cœur, officiers en tête dont Keller, Gromotka, Franzisket, Werftt, Redlich, Clade, Sinner ou Börngen[468]. À leurs côtés, tout un maillon d'une chaîne où chacun pouvait trouver une solution à une situation désespérée, du simple chauffeur en passant par un technicien de communication. Un caractère fort comme le médecin d'unité pouvait aussi galvaniser le reste de la troupe en proie aux doutes et à la peur, mais prêt à se battre en pensant aux familles restées au pays sous les bombes. Servir le collectif afin d'assurer la mission, tel a été la camaraderie qui se développa au sein de la JG 27 dès ses premiers pas en Afrique, une fraternité qui imprégnera ensuite les jeunes générations malgré le durcissement des combats[469]. Et nul autre que Hans-Joachim Marseille n'assimila le mieux cet état d'esprit : le loup solitaire indiscipliné aura su mettre son ego de côté pour montrer l'exemple à toute une escadre qu'il fera rayonner, tel une « étoile » qui demeure à jamais[470].

Organisation

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Formé le à Münster-Handorf[5].

Geschwaderkommodore :

DébutFinGradeNom
OberstleutnantMax Ibel[471]
MajorBernhard Woldenga (en) (par intérim)[75]
MajorWolfgang Schellmann (disparu)[472]
MajorBernhard Woldenga[473]
OberstleutnantEduard Neumann[474]
OberstleutnantGustav Rödel[475]
MajorLudwig Franzisket[433]

I. Gruppe

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Formé le à Münster-Handorf avec[476] :

  • Stab I./JG 27 nouvellement créé
  • 1./JG 27 nouvellement créée
  • 2./JG 27 nouvellement créée
  • 3./JG 27 nouvellement créée

La 14./JG 27 est formée le à partir d'éléments du II./JG 77 puis rattaché au I. Gruppe le [397]. Le , le I./JG 27 augmente ses effectifs à quatre Staffeln[422] :

  • 1./JG 27 inchangée
  • 2./JG 27 inchangée
  • 3./JG 27 inchangée
  • 4./JG 27 à partir de la 14./JG 27

La 4./JG 27 est dissoute le .

Gruppenkommandeur :

DébutFinGradeNom
HauptmannHelmut Riegel (mort au combat)[477]
MajorEduard Neumann[478]
HauptmannGerhard Homuth[479]
HauptmannHeinrich Setz (mort au combat)[480]
HauptmannHans-Joachim Heinecke (par intérim)[424]
HauptmannErich Hohagen (blessé)[294],[481]
HauptmannHans Remmer (par intérim)[482]
HauptmannLudwig Franzisket[482]
HauptmannHans Remmer (par intérim – mort au combat)[483]
HauptmannWalter Blume (par intérim)[424]
HauptmannLudwig Franzisket (blessé)[484]
HauptmannErnst Börngen (blessé)[379]
MajorKarl-Wolfgang Redlich (mort au combat)[485]
HauptmannWalter Blume[486]
HauptmannRudolf Sinner[487]
HauptmannSiegfried Luckenbach (par intérim)[488]
HauptmannDiethelm von Eichel-Streiber[489]
HauptmannJohannes Neumayer (mort au combat)[490]
HauptmannWerner (?) Schüller[N 178] (par intérim)[424]
HauptmannEberhard Schade (mort au combat)[491],[452]
LeutnantBuchholz (par intérim)[424]
HauptmannEmil Clade[461]

II. Gruppe

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Insigne du II./JG 27 représentait l'ours berlinois surmonté d'un château rouge inspiré des armoiries de la ville[492].

Formé le à Magdebourg-Ost avec[15] :

  • Stab II./JG 27 nouvellement créé
  • 4./JG 27 nouvellement créée
  • 5./JG 27 nouvellement créée
  • 6./JG 27 nouvellement créée

Le , le II./JG 27 est réorganisé comme suivant[428] :

  • 5./JG 27 inchangée
  • 6./JG 27 inchangée
  • 7./JG 27 à partir de l'ancienne 4./JG 27
  • 8./JG 27 nouvellement formée en

La 8./JG 27 est dissoute le .

Gruppenkommandeur :

DébutFinGradeNom
HauptmannErich von Selle[15]
HauptmannWalter Andres (blessé)[493]
OberleutnantErnst Düllberg (par intérim)[424]
HauptmannWolfgang Lippert (mortellement blessé)[494]
OberleutnantGustav Rödel (par intérim)[169]
HauptmannErich Gerlitz[204]
HauptmannGustav Rödel[495]
HauptmannWerner Schröer[496]
HauptmannFritz Keller[370]
MajorWalter Spies (mort au combat)[497]
HauptmannFritz Keller (blessé)[498]
HauptmannHerbert Kutscha (blessé)[497]
OberleutnantAnton Wöffen (par intérim)[424]
HauptmannGerhard Hoyer (mort accidentellement)[424]
HauptmannFritz Keller[424]

III. Gruppe

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Ce « 2 blanc » du National Air and Space Museum repeint et portant l'écusson du III./JG 27. Quasi similaire à celle de l'escadre, l'insigne du groupe se différenciait par l'orientation des petits avions pointant vers le bas et provenant du I./JG 1 auquel il était issu[499].

Formé le à Carquebut à partir du I./JG 1 avec[49] :

  • Stab III./JG 27 à partir du Stab I./JG 1
  • 7./JG 27 à partir de la 1./JG 1
  • 8./JG 27 à partir de la 2./JG 1
  • 9./JG 27 à partir de la 3./JG 1

En , la 8./JG 27 intègre le IV./JG 27 (voir plus bas) et une nouvelle 8./JG 27 est formée[281]. Une 10./JG 27 incorpore le Gruppe en à partir d'éléments de la 7./JG 27[500] Entre le et le , la 7./JG 27 est connue en tant que 7.(Ersatz)/JG 27[501]. Le , la 10./JG 27 devient 13./JG 27 mais reste rattachée au III./JG 27[501].

Le III./JG 27 est réorganisé le [422] :

  • 9./JG 27 inchangée
  • 10./JG 27 à partir de la 13./JG 27
  • 11./JG 27 à partir de l'ancienne 8./JG 27
  • 12./JG 27 à partir de l'ancienne 7./JG 27

Gruppenkommandeur :

DébutFinGradeNom
HauptmannJoachim Schlichting (capturé)[62]
HauptmannMax Dobislav[502]
HauptmannErhard Braune[193]
HauptmannErnst Düllberg[503]
OberleutnantFranz Stigler (par intérim)[384]
HauptmannDr Peter Werfft[384]
OberleutnantEmil Clade (par intérim)[424]
MajorDr Peter Werfft[424]

IV. Gruppe

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Le parachute retrouvé intact de l'Oberfeldwebel Heinrich Bartels exposé au musée allemand des techniques de Berlin. Recommandé pour les feuilles de chêne, l'as aux 99 victoires restera porté disparu durant un quart de siècle[433].

Formé en à Kalamáki avec[504] :

  • Stab IV./JG 27 nouvellement créé
  • 10./JG 27 nouvellement créée
  • 11./JG 27 nouvellement créée
  • 12./JG 27 à partir de la 8./JG 27

La 15./JG 27 est formée le et rejoint le Gruppe[505].

Le IV./JG 27 est réorganisé le [422] :

  • 13./JG 27 à partir de la 10./JG 27
  • 14./JG 27 à partir de la 12./JG 27
  • 15./JG 27 à partir de la 11./JG 27
  • 16./JG 27 à partir de l'ancienne 15./JG 27

Le IV./JG 27 est dissous le [457].

Gruppenkommandeur :

DébutFinGradeNom
HauptmannRudolf Sinner[506]
OberleutnantDietrich Boesler (par intérim – mort au combat)[507]
OberleutnantAlfred Burk (par intérim – mort au combat)[508]
HauptmannJoachim Kirschner[345]
HauptmannOtto Meyer[509]
HauptmannHanns-Heinz Dudeck (capturé)[510]
HauptmannErnst-Wilhelm Reinert[511]

10.(Jabo)/JG 27

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Formée le à Martuba. Renommée 2./Jabogruppe Afrika le [512].

15.(span.)/JG 27

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Formée le à Madrid en tant que Span. Jagdstaffel. Les équipages sont transférés à Werneuchen le pour deux mois de formation, puis font mouvement sur Moschna le suivant, désormais sous nomination 15.(span.)/JG 27. Officiellement dissoute le à Madrid[148].

Staffelkapitän :

DébutFinGradeNom
ComandanteDon Angel Salas Larrazábal[148]

Ergänzungsgruppe

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Formé le à Guînes en tant que Erg.Staffel/JG 27. Le , il devient Ergänzungsgruppe/JG 27 avec :

  • Stab Ergänzungsgruppe/JG 27 nouvellement créé
  • 1. Einsatzstaffel/JG 27 nouvellement créée
  • 2. Ausbildungsstaffel/JG 27 à partir du Erg.Sta./JG 27

Il est dissous le avec :

  • Stab Ergänzungsgruppe/JG 27 devient Stab EJGr.Süd
  • 1. Einsatzstaffel/JG 27 devient 8./JG 1
  • 2. Ausbildungsstaffel devient 2./EJGr.Süd

Gruppenkommandeur :

DébutFinGradeNom
HauptmannErich Gerlitz
HauptmannHerbert Nebenführ

Statistiques[71]

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UnitéScoreTués et disparus
Stab JG 278212
I./JG 27989180
II./JG 27962234
III./JG 27851173
IV./JG 27258126
Total3142725

Récipiendaires de la Croix de Chevalier

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Note : (†) posthume

NomsUnitésCroix de ChevalierFeuilles de chêneGlaivesBrillants
Adolf GallandStab JG 27avec la JG 26[513]avec la JG 26[513]avec la JG 26[513]General der Jagdflieger[513]
Max IbelStab JG 27[59]---
Wolfgang LippertStab II./JG 27[514]---
Joachim SchlichtingStab II./JG 27 (en captivité)[75]---
Gerhard Homuth3./JG 27[116]---
Gustav Rödel4./JG 27[9][515]--
Bernhard WoldengaStab JG 27[514]---
Wolfgang Redlich1./JG 27[516]---
Ludwig FranzisketStab I./JG 27[516]---
Erbo Graf von Kageneck9./JG 27[145][133]--
Hans-Joachim Marseille3./JG 27[209][209][209][245]
Otto Schulz4./JG 27[175]---
Hans-Arnold Stahlschmidt2./JG 27[517] (†)[517]--
Friedrich Körner2./JG 27 (en captivité)[518]---
Werner Schröer8./JG 27[519][519]avec la JG 3[519]-
Günther Steinhausen1./JG 27 (†)[520]---
Karl-Heinz BendertStab II./JG 27[71]---
Wolf-Udo Ettel8./JG 27avec la JG 3[521] (†)[313]--
Willy Kientsch6./JG 27[516] (†)[364]--
Hans RemmerStab I./JG 27 (†)[522]---
Ernst DüllbergStab III./JG 27[503]---
Ernst BörngenStab I./JG 27[348]---
Fritz Gromotka9./JG 27[523]---
Dr Peter WerfftStab III./JG 27[523]---
Ernst-Wilhelm ReinertIV./JG 27avec la JG 77[524]avec la JG 77[524][523]-
Herbert Schramm5./JG 27avec la JG 53[525] (†)[523]--

Notes et références

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  1. Pour une explication de la signification des désignations des unités de la Luftwaffe : voir Organisation de la Luftwaffe (1933-1945).
  2. La Luftflotte 1 comprenait les JG 1 à 25, la Luftflotte 2 les 26 à 50 et ainsi de suite (Breffort 2014, p. 5).
  3. Le Stab JG 27 avait été entre-temps redésigné Stab JG 77 avant que l'État–Major ne relance la création de la Jagdgeschwader 27 (Weal 2008, p. 12).
  4. Entre les chutes de neige abondantes, la pénurie de charbon et les sanitaires quotidiennement gelés, les hommes ne garderont pas un souvenir agréable de cette période (Ring et Girbig 2012, p. 15).
  5. Un beau discours et un carnaval arrosé permirent au Hauptmann Andres de gagner en capital sympathie (Ring et Girbig 2012, p. 15).
  6. Bernhard Woldenga passa à l'état-major tandis que Martin Mettig prit la tête de la JG 54 (Weal 2008, p. 12).
  7. Pilote émérite en Espagne, Galland y avait perfectionné les tactiques d'attaque au sol et rejoint malgré lui le II.(Schl)/LG 2 avec qui il participa à la campagne de Pologne. Mais l'officier désirait plus que tout rentrer dans la chasse et y parvint finalement en se faisant déclarer inapte à voler sur Hs 123 à cockpit ouvert (Weal 2008, p. 15-16).
  8. Les vainqueurs seront l'Unteroffizier Heinrich Becher et le Leutnant Erwin Axthelm (Weal 2008, p. 19).
  9. Le seul I./JG 1 descendit ce jour-là 12 appareils alliés (Weal 2008, p. 20).
  10. En tant qu'officier d'État-Major, Galland était surtout chargé de coordonner les mouvements de son unité ; il dut alors feinter pour s'attribuer des missions de chasse (Galland 1985, p. 72).
  11. Les Ju 87 volaient plus bas que les chasseurs et opéraient en petites formations, d'où la difficulté de garder le visuel sur eux (Ring et Girbig 2012, p. 25).
  12. La 5. Staffel sera affectée à Wesel (Ring et Girbig 2012, p. 34).
  13. Les chasseurs de l'Armée de l'Air profitaient du soleil couchant pour mitrailler les routes empruntées par les unités allemandes (Galland 1985, p. 75).
  14. La veille, le I./JG 51 faisait le déplacement en avance et réalisa la majorité des succès aériens de l'unité d'Ibel (Ring et Girbig 2012, p. 38).
  15. L'évacuation débuta le  ; ce jour-là, le seul I./JG 21 revendiqua 22 victoires pour sa première perte au combat. (Weal 2008, p. 24).
  16. Lors du transfert, le Staffelkapitän Walter Roos fut abattu et capturé. Maltraité et trimbalé durant des jours malgré de graves brûlures, l'officier survivra néanmoins après sa libération (Ring et Girbig 2012, p. 44-45).
  17. Le I./JG 21 intégrera la JG 54 en tant que III. Gruppe (Ring et Girbig 2012, p. 45).
  18. Il passera ensuite rapidement Kommodore de la JG 26 jusqu'à la fin de l'année suivante, une escadre dont il deviendra l'as numéro un (Caldwell 2012, p. 491-530).
  19. Et pas seulement en combat puisque lors d'un banal tir au pigeon, un Leutnant utilisa par mégarde des cartouches propulsives pour mines légères ce qui lui arracha la main lors du tir (Ring et Girbig 2012, p. 46).
  20. Soit 250 au total, une autre source faisant mention de 237 victoires (Mombeek 1997, p. 23).
  21. Lors de la campagne de France, Albrecht von Ankum-Frank opérait au sein du Stab JG 27 du Kommodore Ibel en compagnie de Galland et Rödel (Ring et Girbig 2012, p. 42),(Galland 1985, p. 80).
  22. Le Leutnant Igor Zirkenbach de la 1./JG 27 titulaire de 7 victoires (Ring et Girbig 2012, p. 52, 333).
  23. Les Britanniques descendirent seize Stuka tandis que plusieurs autres s'écraseront en revenant à la base (Roba 2013, p. 71).
  24. Une décoration également gagnée par le Major Galland au début du mois pour ses 17 victoires, ses 12 premières lorsqu'il était encore à la JG 27 (Galland 1985, p. 83-84), (Ring et Girbig 2012, p. 323).
  25. Descendu en mer le précédent, Werner Andres avait lutté pour se maintenir à flot en attendant les secours, ce qui demanda un long processus de guérison. Il commandera par la suite le III./JG 3 en Russie (Weal 2008, p. 39).
  26. Connu comme le « Jour de la Bataille d'Angleterre » (Weal 2008, p. 35).
  27. L'Oberst Max Ibel avait échappé jusqu'ici à la « purge » des commandants d'escadre opérée par Goering en milieu de bataille qui souhaitait de jeunes pilotes agressifs à la tête des unités de chasse (Weal 2008, p. 40).
  28. L'officier s'était impliqué dans les missions d'escorte au détriment de ses victoires personnelles, et avait fréquemment dirigé l'ensemble de l'escadre en opération (Weal 2008, p. 40).
  29. Marseille avait descendu sept Spitfire avec le I.(J)/LG 2 avant son transfert à la JG 52, mais avait cassé presque autant d'appareil durant la Bataille d'Angleterre. Au vu de ses exploits futurs en Afrique, on ne peut qu'imaginer l'évolution de son score s'il était resté à la JG 52 sur le front Est (Weal 2008, p. 41-42).
  30. Une photo montre l'intéressé encore harnaché dans son cockpit pointant du doigt tout sourire le trou d'impact béant au-dessus de la prise d'air du compresseur (Weal 2008, p. 46).
  31. Les congères de neige importants entravaient les déplacements par train et le froid s'installait dans les wagons sans compter le manque de nourriture (Ring et Girbig 2012, p. 63).
  32. L'Oberleutnant Herbert Mardaas se crasha dans les montages près du village de Bogomila difficile d'accès. Des Allemands partis à sa recherche découvrirent que l'officier avait été enterré par les locaux avec la plus grande dignité comme ils l'auraient fait pour l'un des leurs (Ring et Girbig 2012, p. 65).
  33. À bord de l'un d'eux se trouvait le Wing Commander Patrick Coot (en), commandant de la RAF en Grèce (Ring et Girbig 2012, p. 66).
  34. Visiblement pas pour tout le monde. Abattu la veille d'un tir dans le moteur à basse altitude, l'Oberleutnant Wilhelm Wiesinger passera quelques jours avec des villageois qui lui offriront du vin grec, avant de rentrer cinq jours plus tard en moto, crasseux et poussiéreux (Ring et Girbig 2012, p. 66-68).
  35. Afin de préserver les moteurs du sable et des différences de températures, les Bf 109 furent équipés d'un filtre sur la prise d'admission d'air du carburateur, un réservoir de lubrifiant ainsi qu'un système de ventilation du générateur. Les avions possédaient aussi un réservoir de carburant auxiliaire de 300 litres, mais ces bidons seront surtout utilisés pour effectuer le transit d'Europe en Afrique, et assez peu au combat (Scutts 2006, p. 9).
  36. Contrairement aux Italiens trop impressifs, les Allemands noueront une bonne entente avec les locaux arabes (Ring et Girbig 2012, p. 97, 99).
  37. À l'inverse, les formations britanniques étaient peu flexibles « Comme une grappe de raison » décrira un pilote et les obligeaient à décrire des cercles défensifs pour se couvrir mutuellement (Scutts 2006, p. 11).
  38. Les Ju 87 utilisaient les mêmes créneaux horaires, bénéficiant ainsi de l'effet de surprise lors des attaques en piqué (Scutts 2006, p. 9-10).
  39. La Luftwaffe disposait d'une plus grande flotte d'avions de transports, mais insuffisamment de Messerschmitt disponibles pour pouvoir descendre des formations entières de l'adversaire, et la coopération air-sol était bien meilleurs dans le camp allié. Enfin et malgré une bonne entente globale entre Allemands et Italiens, ceux-ci pêchaient dans leurs tactiques les privant d'exploiter au mieux leurs propres appareils (Scutts 2006, p. 11).
  40. L'adversaire de ce dernier était un jeune sud-africain que se démena comme un beau diable pour échapper aux tirs du chef de la 3. Staffel, en vain. À sa demande, le pilote demanda à rencontrer son vainqueur et les deux hommes discutèrent longuement ensemble, Homuth invitant même son adversaire à visiter sa ferme une fois la guerre terminée, mais le sort en décidera autrement (Ring et Girbig 2012, p. 86, 325).
  41. Un seul bombardier se présentait alors généralement à 1 heure du matin, avant qu'un autre ne prenne le relais deux heures plus tard (Ring et Girbig 2012, p. 87).
  42. Franzisket commandait alors la 3. Staffel en l'absence de l'Oberleutnant Homuth tombé malade. Lorsqu'il abattit le Hurricane lors d'une passe de tir frontale, son aile gauche toucha celle de son adversaire mais Franzisket ne remarqua qu'un léger balancement inexpliqué. L'as s'attaqua ensuite à un des Maryland et ce n'est qu'une fois rentré qu'il vit son extrémité d'aile arraché (Ring et Girbig 2012, p. 99-100).
  43. Les aviateurs capturés survivants rencontreront cordialement leurs vainqueurs sans qu'aucune animosité émane des deux camps (Ring et Girbig 2012, p. 100-101).
  44. Incluant les quelques appareils de la 7./JG 26 (Ring et Girbig 2012, p. 87, 101) tandis que les Bf 110 appartenaient au groupe de chasseur lourd III./ZG 26, qui restera sur le front africain et méditerranéen durant plus de 30 mois (Weal 2005, p. 67-73).
  45. Notamment en matière de vitesse horizontale et ascensionnelle (Ring et Girbig 2012, p. 102).
  46. Ironiquement le Gruppe auquel appartenait Hans-Joachim Marseille quelques mois plus tôt (Weal 2008, p. 47).
  47. En vol, la pression atmosphérique empêchait les premières rangées des 96 bombes de sortir de leur conteneur, qui ne tombaient finalement parfois que lorsque l'avion ralentissait ou après atterrissage. Bien que la plupart du temps non armées, les bombes récalcitrantes représentaient un réel danger pour les mécanos, dont certain firent preuve d'un grand courage pour les ramasser à la main (Ring et Girbig 2012, p. 69).
  48. Sa 26e en comptant celles acquises en Espagne (Roba 2012, p. 83).
  49. Le personnel au sol qui accompagnaient les unités aériennes lors des transferts devaient souvent se déplacer sur des routes et des rues encombrées et jonchées d'épaves à travers des villages dévastés, et ce malgré la fatigue et la faim (Ring et Girbig 2012, p. 71).
  50. La campagne de Russie amènera le Stab et le III./JG 27 à s'établir respectivement sur onze et quinze terrains différents http://www.ww2.dk/air/jagd/jg27.htm .
  51. L'un d'eux l'Unteroffizie Albin Dorfer, dut se poser en urgence à plus de 100 km de la ligne de front, mais pourra rejoindre son unité après onze jours de marches éprouvantes (Ring et Girbig 2012, p. 73).
  52. Touché au niveau du moteur, Hans Richter alerta ses ailiers par radio avant de tenter d'atterrir en urgence, hélas pour lui dans une zone boisée où il percutera des arbres (Ring et Girbig 2012, p. 74).
  53. À défaut de poêles à bois, les hommes se débrouillaient avec des bidons de lait et des briques, et isolaient leurs abris avec de la paille (Ring et Girbig 2012, p. 74).
  54. Très à cheval sur la discipline, Homuth reprochait notamment à son désinvolte ailier une coupe de cheveux trop longue et non réglementaire (Roba).
  55. Une vue exceptionnelle, une maîtrise totale de la voltige, des attaques rapides et une visée et une précision de tir chirurgicale avec un minimum de munitions. Beaucoup considèrent Hans-Joachim Marseille comme le meilleur tireur de la Luftwaffe (Weal 2008, p. 69-70).
  56. Les hommes ne disposaient pas des meilleurs véhicules et le simple fait de s'orienter sur le terrain pour trouver sa propre tente prenait énormément de temps, sans compter la dureté du sol sous le sable pour planter les piqués (Ring et Girbig 2012, p. 107-108).
  57. Bien que blessé, ni l'homme ni sa machine ne seront retrouvés malgré des jours de recherche (Ring et Girbig 2012, p. 109).
  58. Lors de cette mission, un rapport anglais fit mention d'un pilote australien mitraillé après avoir sauté en parachute, mais cela reste improbable car cette façon de procéder était totalement étrangère aux pilotes allemands à cette époque, et sauf exception, ne changea pas au cours des durs combats que livra la Luftwaffe dans les années qui suivirent (Ring et Girbig 2012, p. 110).
  59. Les Anglais larguaient aussi des crochets angulaires à quatre dents appelés « hérisson anglais » afin d'endommager les pneus des véhicules (Ring et Girbig 2012, p. 111).
  60. Depuis le mois d'août déjà, l'Afrika Korps subissait des attaques terrestres surprises de commandos motorisés, puis de forces parachutistes début octobre qui échoueront toutefois en raison des conditions météo (Ring et Girbig 2012, p. 112-117).
  61. L'un de ces avions laissa échapper dans sa chute des tracts demandant aux pilotes Allemands d'abandonner la lutte (Ring et Girbig 2012, p. 122).
  62. L'officier se fractura les deux jambes en frappant la dérive de son appareil, ce qui de prime abord, révélait de blessures non mortelles. Admis à l'hôpital du Caire, une gangrène gazeuse s'était cependant installée, nécessitant une double amputation, ce que Lippert refusa. Il céda néanmoins le mais décéda d'une embolie massive quelques minutes après la fin de son opération, et sera enterré par les Britanniques avec les honneurs (Weal 2008, p. 72).
  63. L'emploi de canon anti-aérien de 88 contre les chars anglais s'averra particulièrement utile (Ring et Girbig 2012, p. 131).
  64. Seul l'avion de tête parviendra à rentrer bien qu'il posa en urgence près de sa base. Ce combat du 24e escadron sud-africain est par ailleurs connu sous le nom de « Boston Tea Party », car les aviateurs tombés au combat devaient bientôt achever leur tour d'opération (Ring et Girbig 2012, p. 138).
  65. Un groupe de quarante Ju 52 survola une fois le terrain de la JG 27 mais poursuivit par erreur sur Tobrouk en raison de cartes de navigation trop imprécises, et ce malgré l'interception de deux 109 qui tentèrent vainement de leur faire faire demi-tour. Ce n'est que lorsque l'un des trimoteurs fut incendié au-dessus de la forteresse de Tobrouk que la formation changea de cap pour Tmimi. D'une manière générale, les avions volaient assez bas afin de passer sous la détection radar mais une fois sur la côte, le paysage plat ou un vent traversier pouvaient facilement faire dévier les trajectoires prévues (Ring et Girbig 2012, p. 136-137).
  66. Selon les sources le jour même ou dans un camp de prisonnier en Palestine le . Passionné de vol à voile (sa famille tenait une entreprise de fabrication de planeurs), il sera inhumé au cimetière britannique de Ramla en Israël (Weal 2008, p. 74), (Roba 2012, p. 95, 97).
  67. Une pratique guère chevaleresque mais néanmoins admise par l'as australien Clive Caldwell lui-même dans une interview d'après-guerre, ceci dans le but d'éviter à avoir à affronter les pilotes allemands à nouveaux et réduire ainsi les pertes alliées (Ring et Girbig 2012, p. 140).
  68. Le Leutnant Rudolf Sinner repéra les colonnes ennemi tôt le matin mais son rapport ne fut pas tenu compte par un de ses supérieurs se qui déclencha une vive dispute entre les deux hommes. Le général Albert Kesselring intervint alors et ordonna un second vol accompagné du Leutnant Friedrich Körner. Touché, Sinner devra rentrer à pied mais Körner pourra confirmer les dires de son ailier et Kesselring ordonna aussitôt l'évacuation. L'équipe technique sera la dernière à partir alors que les premiers éléments motorisés anglais étaient en vue (Ring et Girbig 2012, p. 141).
  69. Ludwig Franzisket s'envola à la demande du Major Neumann avec trois autres ailiers sur les quatre avions encore en état de vol pour à survoler les troupes allemandes en déroute afin de leur remonter le moral le jour de Noël. Mais ce fut l'exact inverse qui se produisit : habitués à se faire mitrailler par la chasse anglaise, les soldats se mirent à l'abri tandis que la DCA d'un campement italien ouvrit le feu sur les Messerschmitt. Celui Franzisket reçut un obus de 20 mm qui le blessa à l'œil et au visage et l'envoya en convalescence jusqu'en (Weal 2008, p. 76).
  70. Il réalisa notamment un triplé le et un doublé le 30, avec à son tableau de chasse l'as anglais Neville Duke qui survivra pour raconter son histoire (Ring et Girbig 2012, p. 132-133).
  71. L'Oberleutnant Hugo Schneider titulaire de 9 victoires (Ring et Girbig 2012, p. 147).
  72. Lors de cette phase, ce fut cette fois au tour des appareils anglais d'être en incapacité de décoller en raison des inondations et des coulées de boue (Ring et Girbig 2012, p. 148).
  73. Le vaste lieu offrait un éclairage électrique et de nombreuses grottes rocheuses pour se protéger en cas d'attaque, jusqu'aux anémones qui fleurissaient aux pieds des tentes (Ring et Girbig 2012, p. 150).
  74. Sur cinq au total avec un succès du Leutnant Sinner ; Marseille endommagera par ailleurs son radiateur en tirant sur son premier adversaire, tant et si bien qu'il réalisera sa deuxième victoire moteur fumant au ralentit en planant jusqu'à ses propres lignes (Ring et Girbig 2012, p. 154).
  75. Le , Hans-Arnold Stahlschmidt fut abattu en zone neutre par un P-40 ; avec l'aide d'une patrouille et malgré quelques brûlures, il rejoindra son unité au soir où on le croyait déjà mort. Six jours plus tard, il se fit descendre par la DCA au beau milieu d'une colonne qu'il venait d'attaquer. Il s'en tirera sans une égratignure mais c'était sans compter sur les fantassins polonais qui le molestèrent durement. Interrogé, l'Allemand fut remis aux Anglais où il profita d'une nuit pour fausser compagnie à ses geôliers. Il retrouvera une compagnie de Panzer avant de rejoindre ses camarades à Martuba où son supérieur lui accordera un congé bien mérité (Ring et Girbig 2012, p. 156-159, 160, 165-173).
  76. Les deux retournèrent en Allemagne, le premier ayant terminé son tour d'opération le précédent (Facon 1986, p. 305-306), le second pour suivre une formation d'officier (Scutts 2006, p. 20).
  77. Parmi ces hommes figuraient des parachutiste français ainsi que des Allemands (principalement des émigrés juifs ayant fuis le régime nazi) qui se démèneront au prix de leurs vies, préférant la mort à la capture (Ring et Girbig 2012, p. 195-197).
  78. Le Spitfire était le seul chasseur vraiment capable de rivaliser avec les 109 allemand, mais l'appareil fut affecté prioritairement à la défense de Malte dès les premières livraisons en (Scutts 2006, p. 20).
  79. Un grand festival avait été organisé de main de maître par le Stabsfeldwebel Geserick. Ils comprenaient une fanfare, des décorations et tenus pittoresques, des stands de divertissement, alcools, musiques, chanteurs et discours humoristiques ainsi que les remerciements du Kommandeur Eduard Neumann pour le travail d'équipe accompli jusqu'ici incluant tout particulièrement le personnel au sol (Ring et Girbig 2012, p. 179-180, 189).
  80. Heinecke débuta sa carrière opérationnelle sur le front de l'Est en 1941 au sein du Stab JG 53 du Major Günter von Maltzahn où il réalisa ses 14 premières victoires avant de passer chef de la 1./JG 53 au mois d'août suivant jusqu'à la fin de l'année. Début 1942, il prit les reines de la 8./JG 53 en Méditerranée et se blessa légèrement en se crashant à l'atterrissage le par manque de carburant. Transféré au II./Fliegerkorps début avril, il passa ensuite au III./JG 27 (Prien 1997, p. 273, 288-289, 335, 345, 350, 367).
  81. Coutumier à perdre son avion, le pilote parviendra cette fois à poser dans ses ligne et rentrera en Maturba le lendemain (Ring et Girbig 2012, p. 190).
  82. Il s'agissait du Hauptmann Horst Kroseberg, pilote émérite de Fieseler Storch connu dans toute l'Afrique pour ses innombrables sauvetages au mépris de sa vie d'aviateurs et soldats tombés en mer ou en plein désert. Porteur de la Croix de Chevalier pour ses exploits, il fut aperçut une dernière fois jetant des gilets gonflables sur la zone de combat du (Ring et Girbig 2012, p. 190-192).
  83. Le III./JG 53 était tenu jusqu'ici par le Hauptmann Wolf-Dietrich Wilcke depuis le mois d'août 1940, un poste qu'il quitta pour prendre en charge la Jagdgeschwader 3 (Prien 1997, p. 140, 381).
  84. Le premier demeurant l'Oberleutnant Otto Schulz (46 victoires) affecté après son congé au Stab II./JG 27 du Gruppenkommandeur Gustav Rödel (second avec un score de 41) http://cieldegloire.fr/jg_027b.php#victoires1942.
  85. L'autrichien et Oberleutnant Emmerich Fluder titulaire de 9 victoires https://aircrewremembered.com/KrackerDatabase/?q=fluder&qand=emmerich&exc1=&exc2=&search_only=&search_type=exact.
  86. Un fait d'arme d'autant plus impressionnant que l'as n'utilisa quasiment que ses mitrailleuses après que son canon axial de 20 mm ne se soit enrayé au bout de dix coups (Weal 2008, p. 81).
  87. Le , le maréchal Kesselring effectua un vol d'inspection à bord d'un de ces avions, mais l'appareil dût se poser en urgence à 30 km au sud de Tmimi. Des chasseurs allemands se mirent aussitôt en branle pour couvrir la zone jusqu'à l'arrivée des secours (Ring et Girbig 2012, p. 201).
  88. L'officier avait élaboré cette insigne au temps où il commandait le I./JG 1, à la différence près que les trois petits avions piquants vers le bas pointaient désormais vers le haut (Weal 2008, p. 81).
  89. Ce B-24 faisait partie d'une petite force en mission de recherche de navires italiens au large de l'Égypte (Weal 2008, p. 82).
  90. Le premier Spitfire abattu en Afrique du Nord sera l'œuvre du III./JG 53 une semaine plus tôt (Ring et Girbig 2012, p. 202).
  91. Il devient ainsi le onzième pilote de la Luftwaffe à atteindre le chiffre 100, mais le premier contre les forces alliées de l'Ouest (Weal 2008, p. 82).
  92. Ancien de la JG 1, l'Oberleutnant Hans Lass qui commanda longtemps la 8./JG 27 n'avait pu comme d'autre améliorer son score (14 victoires) après son arrivée en Afrique. Il poursuivra sa carrière à l'écolage puis à l'État-major https://aircrewremembered.com/KrackerDatabase/?q=lass&qand=hans&exc1=&exc2=&search_only=&search_type=exact, http://www.ww2.dk/Lw%20Offz%20-%20L-R%20Apr%202024.pdf.
  93. Outre de grandes quantités de denrées alimentaires variées, les Allemands purent récupérer des véhicules ainsi que du carburant en dépit de quelques escarmouches avec des troupes britanniques dispersées (Ring et Girbig 2012, p. 205).
  94. Friedrich Körner recevra cette décoration dans un camp de prisonnier canadien (Weal 2008, p. 84).
  95. Les troupes allemandes subirent également ce jour-là un tir fratricide de la part de Ju 87 (Ring et Girbig 2012, p. 211).
  96. Le plus connu étant le caporal Mathew Letulu dit « Mathias », dont Hans-Joachim Marseille prendra personnellement sous son aile, et les deux hommes noueront une franche amitié (Ring et Girbig 2012, p. 212).
  97. Touché de plein fouet, le célèbre Bf 109 « 14 jaune » de Marseille sera réduit en cendre (Ring et Girbig 2012, p. 218).
  98. Dont une quinzaine pour le III./JG 53 (Prien 1998, p. 1139).
  99. La 3./JG 27 de Hans-Joachim Marseille en fut le parfait exemple. Peu avare à enseigner ses tactiques, Marseille se réjouissait de chaque victoire de son unité autre que les siennes, mais peu de pilotes purent bénéficier de son expérience car ils ne disposaient pas de son talent naturel, et se contentèrent d'assurer les arrières de leur leader (Scutts 2006, p. 76).
  100. Il sera le soldat britannique le plus haut gradé à tomber au combat au cours du conflit (Weal 2008, p. 85).
  101. Notamment chez les deux autres Staffelkapitän du II./JG 27, Rudolf Sinner et Ernst Börngen https://books.google.fr/books?id=wBriCwAAQBAJ&pg=PT384&dq=Ferdinand+V%C3%B6gl#v=onepage&q=Ferdinand%20V%C3%B6gl&f=false.
  102. L'attendait à son retour son « 14 jaune » poli avec soins par ses mécaniciens afin de lui faire gagner en vitesse (Ring et Girbig 2012, p. 226).
  103. Dans le détail, 4 et 8 victoires lors de deux sorties distinctes effectuées le matin, 5 de plus en fin d'après-midi ; l'as avorta également une sortie prévue à midi en raison d'un pneu éclaté au roulage (Ring et Girbig 2012, p. 227-230).
  104. Seul le pilote Emil Lang de la JG 54 fera mieux avec 18 victoires en une journée sur le front de l'Est, Malgré les débats d'après guerre, les recherches affinées tendront à coller assez près des revendications allemandes (Weal 2008, p. 85-86).
  105. L'Oberfeldwebel Herbert Krenz, 11 à 12 fois vainqueurs avec la 6./JG 27 depuis 1940 https://aircrewremembered.com/KrackerDatabase/?q=krenz&qand=herbert&exc1=&exc2=&search_only=&search_type=exact.
  106. Les et , Gordon Gollob et Hermann Graf avaient déjà franchit ce score mais sur le front Est et dans des conditions moins difficiles (Ring et Girbig 2012, p. 236).
  107. Les deux pilotes entrèrent en collision en plein combat, tuant l'Unteroffizier Heinrich Prien de la 5./JG 27 et arrachant l'aile du Leutnant Hoffmann (11 victoires) qui percuta la queue de son avion en s'éjectant. Gravement blessé aux jambes, il décèdera cinq semaines plus tard dans un hôpital à Athènes (Ring et Girbig 2012, p. 236, 324, 347).
  108. L'investigation menée sur l'épave du Bf 109G-2 numéro de série 14256 démontra que plusieurs dents de la couronne du réducteur s'étaient brisées, ce qui endommagea à son tour le carter qui laissa échapper du lubrifiant, lequel finit par s'enflammer durant les six dernières minutes du vol (Ring et Girbig 2012, p. 241).
  109. Le bruit courra même que son commandant Erhard Braune suggéra le Hauptmann Marseille comme son successeur afin d'insuffler un peu d'énergie à son unité (Weal 2008, p. 88).
  110. Un pilote se tuera au décollage après que son avion ne se soit retourné sur la piste ramollie et gorgée d'eau (Ring et Girbig 2012, p. 243).
  111. Parallèlement, le III./JG 53 céda sa place au I./JG 77 (Scutts 2006, p. 54).
  112. L'Oberleutnant Willi Althof était le troisième pilote à prendre la tête de la 7./JG 27 en moins de deux mois (Ring et Girbig 2012, p. 337, 355).
  113. Erich Krainik officiait à la 8./JG 27 du Leutnant Werner Schröer depuis septembre seulement https://aircrewremembered.com/KrackerDatabase/?q=krainik&qand=erich&exc1=&exc2=&search_only=&search_type=exact.
  114. Promu Kommandeur du I./JG 54 le en pleine bataille de Koursk, le Major Gerhard Homuth disparaîtra au combat deux jours plus tard (Weal 2001, p. 100, 118).
  115. Nonobstant leurs pseudos prouesses d'août, mais qui vaudra tout de même à Bendert la Croix de Chevalier le (Weal 2008, p. 122).
  116. L'Oberleutnant Schröer avait identifié ces appareils comme des Beaufort mais ce sont bien deux B-26 Marauder qui furent déclarés manquants ce jour-là par la RAF. L'utilisation récente de ce type d'appareil par les Anglais et un Schröer sans doute absorbé par son futur mariage peuvent aisément expliquer la méprise (Weal 2008, p. 95-96).
  117. À l'issue de la journée, 26 avions de transports avaient été détruits (11 au sol) et 65 autres endommagés (Weal 2008, p. 91).
  118. Günther Hannak était un ancien du I./LG 2 renommé plus tard I./JG 77 sur le front russe https://aircrewremembered.com/KrackerDatabase/?q=hannak&qand=g%C3%BCnther&exc1=&exc2=&search_only=&search_type=exact ; l'as participa aussi à la construction de la nouvelle JG 4 (Mombeek 2002, p. 9).
  119. Succès dont fut témoin le Maréchal Kesserling depuis les airs alors qu'il approchait de Trapani (Ring et Girbig 2012, p. 264).
  120. Ce jour-là est connu sous le nom de « massacre du dimanche des Rameaux » (Weal 2008, p. 91).
  121. Ferdinand Vögl sera évacué à bord d'un Bf 110 que quelques jours avant la fin des combats en Tunisie (Ring et Girbig 2012, p. 265).
  122. Un blessé, un mort et une éjection pour un Spitfire abattu (Ring et Girbig 2012, p. 266, 347).
  123. Des accidents similaires auront également lieu à la JG 2 voisine (Ring et Girbig 2012, p. 252).
  124. Heinrich Setz était le quatrième chef du I./JG 27 depuis sa création. Pas moins de 17 autres se succèderont à l'issu de la guerre (Weal 2008, p. 103-104).
  125. Hohagen est un Ritterkreuträger passé par la JG 51 titulaire d'une trentaine de victoires depuis l'Angleterre (Weal 2006, p. 29, 70), (Weal 2000, p. 100).
  126. La RAF admit la perte de cinq Typhoon, dont un causé par un tir provenant du sol (Weal 2008, p. 104).
  127. Le Kommodore de la JG 1 Hans Philipp ne tarira pas d'éloges sur la 2./JG 27 lors de cette mission, laquelle verra son Staffelkapitän l'Oberleutnant Josef Jansen blessé à la tête après que son avions eut glissé dans un canal en tentant d'atterrir en urgence (Ring et Girbig 2012, p. 255).
  128. L'auteur de cette méprise était le Hauptmann Wilhelm Steinmann, ex pilote de bombardier passé à la chasse qui pensait alors tirer sur un Spitfire. Pour punition, Steinmann fut muté en Roumanie où ironie du sort, il poursuivra une brillante carrière avec la JG 4 https://aircrewremembered.com/KrackerDatabase/?q=steinmann&qand=wilhelm&exc1=&exc2=&search_only=&search_type=exact.
  129. Le Kommodore de la JG 2 « Richthofen » Walter Oesau prononcera lui-même l'éloge funèbre (Ring et Girbig 2012, p. 256).
  130. Blessé en mars, Rudolf Sinner n'aura pu améliorer son score avec la JG 27 en 1943 http://cieldegloire.fr/jg_027c.php#victoires1943.
  131. Parmi eux figurait le Leutnant Hans Lewes, vainqueur de la dernière victoire de l'escadre en Afrique six mois plus tôt (Weal 2008, p. 93).
  132. Ettel était surnommé le « Roi des chasseurs du Kouban » (Ring et Girbig 2012, p. 270).
  133. Une section de la 7. Staffel du Leutnant Emil Clade fut également détachée en Crête (Weal 2008, p. 97).
  134. Cinq accidents mortels seront dénombrés à l'issue de la formation du IV./JG 27 (Ring et Girbig 2012, p. 272).
  135. Outre le personnel navigant et les mécaniciens, un groupe de chasse comprenait du personnel administratif, des ouvriers, des employés, des météorologues, une unité médicale, etc.(Ring et Girbig 2012, p. 271).
  136. Si autres pilotes recevront parallèlement cette décoration : Heinrich Ehrler, Heinrich Prinz zu Lippe-Weißenfeld, Helmut Lent, Manfred Meurer, Joachim Kirschner et Theodor Weissenberger (Schumann 2016, p. 34).
  137. Sinner sera promu du IV./JG 54 à la mi-septembre (Weal 2008, p. 98).
  138. Ou un minimum de cinq selon les sources, le gros des pertes américaines ce jour-là (25) étant à mettre au compte des I. et II./JG 26 (Ring et Girbig 2012, p. 285).
  139. Le Hauptmann Otto Meyer était un ancien des JG 2 et JG 26 avant de rejoindre le II./JG 27 au cours de l'été 1943 (Frappé 1999, p. 219).
  140. Un Herausschüsse comptait comme une victoire à part entière à la différence près que le bombardier était seulement endommagé au point de l'expulser de sa formation et d'en faire une cible isolée (Frappé 1999, p. 63).
  141. Un sous-officier du groupe sera descendu le et secouru par un bateau italien désormais allié des Britanniques. Néanmoins, le pilote allemand parvint à échapper aux marins en rejoignant à la nage un Arado 196 amerri tout proche (Ring et Girbig 2012, p. 277).
  142. À l'instar de Wolf-Udo Ettel, Joachim Kirschner se distingua tout spécialement au-dessus du Kouban au printemps 1943 (Weal 2013, p. 48).
  143. Le Feldwebel Adolf Heidenreich de la 5. Staffel fut tué d'un tir malencontreux de roquette de 21 cm lancée d'un BF 110 (Ring et Girbig 2012, p. 287).
  144. Un détachement de l'unité déguisé en avant-garde récupéra son corps en falsifiant la carte de la zone du crash, passant ainsi outre les ordres stipulant l'interdiction du rapatriement de tous pilotes tués en dehors du Reich. Herbert Schramm put alors recevoir une sépulture dans sa ville natale (Ring et Girbig 2012, p. 287-288).
  145. Il était crédité de 8 victoires aériennes avec le seul IV./JG 27, et l'un des vainqueurs du raid sur Ploesti (Ring et Girbig 2012, p. 276, 324).
  146. Ce score le plaça au 20e rang des as de la Luftwaffe (Weal 2008, p. 83).
  147. Paul Becker était vétéran de l'Afrique depuis où il officiait au sein du I. Gruppe https://aircrewremembered.com/KrackerDatabase/?q=becker&qand=paul&exc1=&exc2=&search_only=&search_type=exact.
  148. L'industrie aéronautique, les usines de carburant et les aérodromes (Ring et Girbig 2012, p. 288).
  149. Initialement programmé le premier jour de l'offensive, ce raid dut être retardé en raison de condition de givrage au-dessus des Alpes (Weal 2008, p. 63).
  150. Il finira la guerre à la tête de la JG 3, 114 victoires aériennes et les glaives autour du cou (Weal 2008, p. 109).
  151. Soit 2 en 1940, et 4 en Afrique en 1942 où Keller prit un temps la tête de la 2. Staffel avant d'être retiré du front par décret à la suite de la perte de ses deux frères tués en URSS (Roba 2012, p. 170), (Ring et Girbig 2012, p. 335).
  152. Blessé en en pleine campagne d'Italie, Ernst Börngen était devenu instructeur avant de rejoindre de nouveaux la JG 27 au printemps 1944 (Forsyth 2011, p. 29-30).
  153. Plus 4 en Espagne (Forsyth 2011, p. 109).
  154. Toutes remportées avec la JG 77, le plus haut score jamais réalisé dans cette unité(Scutts 2006, p. 95). La JG 27 aura ainsi eu la particularité d'accueillir en son sein quatre as des as d'autant d'escadres : Marseille bien sure mais aussi Galland (avec la JG 26), Kirschner (JG 3) et désormais Reinert.
  155. Il semble qu'à cette époque, Reinert était également recommandé pour les glaives. L'as fut à la fois débouté et transféré à la JG 27 probablement en raison de son indiscipline notoire vis-à-vis de son Kommodore Johannes Steinhoff qui n'avait pas hésiter à renvoyer pour les mêmes raisons un certain Hans-Joachim Marseille quatre ans plus tôt (Weal 2008, p. 110), (Roba 2012, p. 165).
  156. Un périple qui durera jusqu'à trois à quatre jours pour certain groupe (Frappé 1999, p. 209, 217).
  157. Une imprécision demeure quant à la destination précise du III./JG 27, comme du reste celle des deux autres groupes de l'escadre. Il est ainsi possible que le III./JG 27 se soit établi un temps à Romilly-sur-Seine avant de rejoindre Connantre (Frappé 1999, p. 209).
  158. Plus précisément la commune de Champfleury située dans l'Aube au nord-est de Romilly-sur-Seine, et non Champfleury proche de Reims. Les hommes du IV./JG 27 trouveront notamment à se loger à Plancy-l'Abbaye (Frappé 1999, p. 217, 351).
  159. Le I./JG 27 avait été récupéré par le Hauptmann Walter Blume qui avait bénéficié d'un échange de prisonniers en , d'où son éviction pour ne pas qu'il retombe aux mains des Alliés. Ex Leutnant de la 7./JG 26 où il remporta six victoires avant d'être capturé en Angleterre le , Blume rempila avec le I./JG 27 peu après son rapatriement où il s'illustra en descendant encore huit quadrimoteurs (Frappé 1999, p. 202).
  160. La moitié provenait de groupes d'instruction avancée, l'autre des I. et II./JG 77 opérant alors en Italie du nord (Frappé 1999, p. 202).
  161. Parmi lesquels Otto Meyer et Ernst-Wilhelm Reinert, tous deux légèrement blessés, le premier probablement lors d'une attaque aérienne sur Champfleury le , le second cinq jours plus tard dans un accident non précisé (Frappé 1999, p. 219-220).
  162. L'Unteroffizier Herbert Witt de la 11. Staffel s'éjecta mais probablement poussé par des vents contraires, tomba aux mains des Américains à qui il livra de nombreuses informations pour la plupart fantaisistes (Frappé 1999, p. 221).
  163. Les I. et IV./JG 27 passèrent ainsi respectivement de 29 à 55 avions et 16 à 41. Pourtant même avec un tel renfort, les deux groupes ne pouvaient aligner que 23 et 14 machines (Frappé 1999, p. 206, 224).
  164. L'Oberfähnrich Max Winkler avait ainsi pris la tête de la 1./JG 27 à la mi-juin après la mort de son prédécesseur, le Leutnant Horst Grimm (Frappé 1999, p. 202).
  165. La directive officielle stipulait une renumérotation spécifique, à savoir un changement des 7. et 8. Staffel en 10. et 11., une nouvelle 12. et la 9. inchangée. Pour raison inconnue, la renumérotation du III./JG 27 s'effectuera de façon quelque peu différente (voir Organisation) (Frappé 1999, p. 214).
  166. Caporal-chef (Frappé 1999, p. 344).
  167. Parmi les victimes figure le Hauptmann Ernst-Ascan Gobert, chef de la 10./JG 27 et ancien pilote de bombardier de la KG 53 porteur de la Ritterkreuz (Weal 2008, p. 115).
  168. Von Eichel-Streiber avait quitté l'unité pour rejoindre la chasse à réaction http://www.cieldegloire.fr/001_eichel_streiber_d.php. Tout comme lui, le Hauptmann Johannes Neumayer provenait de la JG 51 avant de combattre à l'Ouest à la tête de la 10./JG 27, puis Kommandeur du I./JG 27 ; il détenait 15 victoires, les quatre dernières avec la JG 27 https://aircrewremembered.com/KrackerDatabase/?q=neumayer&qand=johannes&exc1=&exc2=&search_only=&search_type=exact.
  169. Titulaire de 7 victoires, le Major Walter Spies qui succéda un temps au Hauptmann Keller, commanda plusieurs groupes de chasse depuis 1941 au sein des JG 53, JG 1 et 11 https://aircrewremembered.com/KrackerDatabase/?q=spies&qand=walter&exc1=&exc2=&search_only=&search_type=exact.
  170. Les restes d'Heinrich Bartels et de son appareil ne seront retrouvés qu'en 1968 dans les environs de Bad Godesberg (Frappé 1999, p. 221).
  171. Des incidents dont se plaignit également le commandant local le Generalmajor Dietrich Peltz (Weal 2008, p. 82).
  172. Les leaders avait été informés le qu'une opération spéciale était en cours mais ce n'est que le 31 que ladite opération leur fut confirmée(Manrho et Pütz 2010, p. 337).
  173. Il est assurément parmi l'un des plus vieux pilotes de chasse de toute la Jagdwaffe (Weal 2008, p. 94).
  174. Le Hauptmann Ernst-Wilhelm Reinert se retrouva ainsi affecté à la JG 7 sur Me 262 (Roba 2012, p. 165).
  175. Après la mort de plusieurs de ses successeurs, Fritz Keller se verra rappelé en urgence à son poste mais commandera depuis sol en raison de ses blessures (Roba 2012, p. 170).
  176. Comme du reste l'était la base aérienne de Leck dans le secteur nord (Reschke 2005, p. 260)
  177. Ayant agi sans ordre, la colonne devra faire face sur place à l'ingérence d'unités SS fanatiques (Weal 2008, p. 120).
  178. Un dénommé Werner Schüller officiant à la 3./JG 27 avec le grade dOberleutnant sera capturé à l'est de la Tamise le en pleine Bataille d'Angleterre et promu Hauptmann l'année suivante. Il est possible que ce soit ce même Hauptmann Schüller qui prit en charge le I./JG 27 à la fin de l'année 1944 après avoir fait l'objet d'un rapatriement https://aircrewremembered.com/KrackerDatabase/?q=sch%C3%BCller&qand=werner&exc1=&exc2=&search_only=&search_type=exact.

Références

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Bibliographie

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Liens externes

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