James Reeve Stuart

peintre américain

James Reeve Stuart, né le à Beaufort (Caroline du Sud) et mort le à Madison (Wisconsin), est un artiste peintre américain.

James Reeve Stuart
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 81 ans)
MadisonVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Cimetière de Forest Hill (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Allégeance
Formation
Activités
Parentèle
Robert Woodward Barnwell (en) (oncle maternel par alliance)
Stephen Elliott (en) (oncle maternel par alliance)
John Barnwell (en) (arrière-grand-père maternel)
Arthur Middleton (cousin)
Henry Middleton (arrière-grand-oncle)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
Art Institute of Chicago ()
Wisconsin Academy of Sciences Arts and Letters (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Grades militaires
Sergent (-)
Caporal (-)
Acting captain (d) (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conflit
Maîtres
Ludwig des Coudres, Joseph Alexander Ames (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
signature de James Reeve Stuart
Signature.

Biographie

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Naissance et enfance à Port Royal Island (1834-1851)

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Né à Beaufort, dans la région des Sea Islands, le 9 février 1834, James Reeve Stuart est le troisième des six enfants de Mary Howe Barnwell (1812-1876) et du mari de celle-ci, le colonel Middleton Stuart (1806-1840)[1]. James porte le prénom de son grand-père paternel, le docteur James Stuart (1760-1840), fils d'un marchand jacobite venu d'Inverness (Écosse)[2]. La grand-mère paternelle de James, Anne Barnwell Stuart, née Middleton (1766-1849)[3], est la nièce d'Henry Middleton, président du Premier Congrès continental, et la cousine d'Arthur Middleton, l'un des signataires de la Déclaration d'indépendance des États-Unis[4].

Issue d'une famille d'origine irlandaise installée en Caroline du Sud depuis le début du XVIIIe siècle, Mary Howe Barnwell a hérité de son père une plantation de coton, cultivée par des esclaves, et une maison de planteur nommée Roupelmond (ou Rouplemonde). Cette propriété était située à la pointe nord de Port Royal Island[1], à 10 miles au nord de Beaufort[5], près du ferry qui permettait de traverser le Coosaw River avant la construction du pont actuel entre Seabrook et Lobeco[6]. Après la mort prématurée du colonel Stuart, l'exploitation de la plantation est reprise par sa veuve avec l'aide d'un oncle de James[7].

Formation (1852-1861)

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Après avoir étudié au South Carolina College de Columbia en 1852 puis à l'Université de Virginie à Charlottesville en 1853[8], James R. Stuart entre à la Lawrence Scientific School, une école d'ingénieurs établie au sein de l'Université Harvard, à Cambridge (Massachusetts). Il la quitte toutefois sans diplôme, en 1854. C'est à l'occasion de ce séjour dans le Massachusetts que le jeune homme, passionné depuis toujours par le dessin, commence véritablement sa formation artistique : après s'être rendu chaque samedi à l'Athenæum de Boston pour y recopier des moulages et des tableaux, il s'initie à la peinture dans l'atelier de Joseph Ames (en), auquel il a été recommandé par l'homme politique Robert Charles Winthrop, ancien camarade d'études d'un oncle de James, l'ex-sénateur Robert Woodward Barnwell (en)[9].

Ce dernier étant l'un des administrateurs du Beaufort College, James Stuart y obtient un poste d'assistant d'anglais remplaçant, qu'il occupe de janvier à juin 1855[9]. Ce remplacement terminé, il travaille quelque temps comme clerc de comptable à Savannah, où il vit chez un oncle, l'évêque épiscopalien de Géorgie Stephen Elliott (en), qui lui offre une place d'assistant à la Chatham Academy[10].

Photographie de Stuart pendant ses études en Allemagne (1858-1861).

Désireux de compléter sa formation en Europe, Stuart embarque à Charleston en direction du Havre en compagnie de son cousin Robert Hayne Barnwell. Les deux jeunes hommes arrivent à Karlsruhe à l'été 1858[1]. Pendant que « Rob » étudie à l'École polytechnique de cette ville, le jeune rapin suit les cours de l'Académie des beaux-arts de la capitale du Grand-duché de Bade. Après un bref passage à l'Académie des beaux-arts de Munich (1859-1860), dont il est le troisième inscrit américain[1], Stuart préfère retourner l'Académie de Karlsruhe, où il a pour maître Ludwig des Coudres (1860-1861)[10].

Guerre de Sécession (1861-1865)

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Portrait du général Elliott à Fort Sumter, par Stuart (1869 ou avant). Cousin par alliance de Stuart, Elliott a commandé la compagnie d'artillerie de Beaufort dans laquelle le jeune peintre a servi.

Ayant appris le déclenchement de la Guerre de Sécession, Stuart rentre en Amérique[10] et rejoint la compagnie d'artillerie de Beaufort (Beaufort Volunteer Artillery) pour défendre la Caroline du Sud face à l'armée nordiste[11]. Promu sergent après la bataille de Port Royal (7 novembre 1861), il est rétrogradé caporal lors de la réorganisation des régiments en mars 1862[12], avant d'obtenir un détachement au sein du génie. Il combat à Pocotaligo, où les sudistes tentent de protéger la ligne de chemin-de-fer Charleston-Savannah, et participe au raid de Pinckney Island puis à la bataille de Honey Hill (30 novembre 1864). L'un de ses frères, Allan, est mort de ses blessures le 1er janvier 1864[13].

En mars 1865, Stuart prend part à la bataille d'Averasborough, au cours de laquelle son frère cadet Henry est tué, puis à la bataille de Bentonville[14].

Devenu capitaine intérimaire (acting captain) du génie, James R. Stuart se rend, au même titre que tous les officiers et soldats de l'armée du général Johnston, le 26 avril (reddition de Bennett Place). Il est libéré sur parole à Greensboro le 1er mai[15].

La guerre a été un désastre pour James Stuart, qui a perdu deux de ses frères. De plus, la maison de planteur de Roupelmond a été détruite par les bombardements tandis qu'une grande part de la plantation, confisquée par le gouvernement de l'Union en mars 1863, a été revendue par lots à des esclaves affranchis[16].

D'Augusta à Saint-Louis (1865-1872)

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Après la capitulation des confédérés, Stuart se rend en Géorgie, où s'est réfugiée sa mère. Ayant échoué à obtenir une place dans une école, il ouvre un atelier de peintre à Augusta. Il y travaille pendant six mois, avant de suivre sa famille, tout d'abord dans une plantation des environs gérée par son frère Middleton, puis dans sa ville natale de Beaufort. Grâce à son oncle Henry Stuart, il trouve une place à la Coast Survey Commission, pour laquelle il effectue des travaux d'arpentage et de cartographie[14].

Il rejoint ensuite son cousin Barnwell Stuart à Memphis (Tennessee), où il travaille quelque temps pour l'ingénieur en charge des ouvrages hydrauliques avant de reprendre le pinceau, sans grand succès. Il part alors pour Saint-Louis, où il vit et travaille pendant cinq années, de 1868 à 1872, bien qu'il ait trouvé cette ville inconfortable et désagréable. Au cours de cette période, pendant laquelle il réalise non seulement des portraits mais aussi des paysages ainsi que dessins au fusain[17], il a pour élèves Harry Chase (en) et Paul E. Harney (en). Il lui arrive aussi de se déplacer à Iowa City, à Lexington (Kentucky) et, surtout, à Madison, capitale du Wisconsin, qu'il découvre en 1872 et dans laquelle il décide de s'installer dès le début de l'année suivante[18].

À Madison (1873-1915)

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Photographie de Stuart dans son atelier (1900).

C'est à Madison que James R. Stuart rencontre Mary Hall (1833-1886), veuve de M. Jacobs de Louisville, qu'il épouse le 12 janvier 1876 à Elizabethtown[18]. Devenu veuf dix ans plus tard, Stuart épouse en secondes noces, le 6 décembre 1893, Theodora « Dora » Antill Tappan (1860-1906), une amie de sa nièce Katie Jacob. Le couple aura quatre enfants, Frances Tappan Stuart (1894-1976), Janet MacIndoe Stuart (1896-1905), James Reeve Stuart Jr. (1898-1962) et Rachel Bromby Stuart (1899-1982)[18].

Actif à Madison pendant 42 ans, Stuart travaille aussi à Milwaukee et à Chicago. Il donne également des cours à l'Université du Wisconsin à Madison en 1874-1875[19] ainsi qu'au Milwaukee College[20] à partir de 1878[21].

Stuart a réalisé un grand nombre de portraits de notables du Wisconsin. Une trentaine de ces œuvres appartient au Wisconsin Historical Museum[22], qui abrite les collections de la Wisconsin Historical Society, dont Stuart a été l'un des membres du « conseil des conservateurs » (Board of Curators) entre 1877 et 1888[23]. Certains tableaux de l'artiste ont pour modèle des photographies, comme le portrait posthume du violoniste norvégien Ole Bull (1890, Wisconsin Historical Society).

Au cours des années 1880, Stuart met sa palette au service de la puissante famille Washburne, travaillant notamment pour l'ancien secrétaire d’État Elihu B. Washburne, propriétaire d’œuvres de célèbres portraitistes américains ou européens dont Stuart réalisera plusieurs copies. Ainsi, dès 1884, il copie un portrait attribué à Chester Harding et représentant le pionnier Henry Gratiot (en), beau-père d'Elihu Washburne[24]. Après la mort de ce dernier commanditaire (1887), Stuart travaille pour son fils Hempstead Washburne, futur maire de Chicago, et copie d'autres portraits de la collection constituée par l'ancien diplomate, dont le portrait de ce dernier peint en 1883 par George Peter Alexander Healy (vers 1888[25], Musée d'histoire de Chicago)[26], celui de Léon Gambetta peint par Healy en 1876-1877[27] et celui de l'empereur Guillaume Ier peint en 1877 par Paul Bülow (de)[28]. Vers 1885 ou avant, Stuart a peint un portrait posthume d'un frère d'Elihu, Cadwallader C. Washburn, pour la fille de celui-ci, Jeanette Garr Kelsey[29]. Une autre version de ce portrait (si sa datation de 1890 est correcte) est conservée à la La Crosse County Historical Society[30].

Gravure de 1900 d'après le tableau Young Brave's Excelsior (1885).

Outre l'art du portrait, Stuart a pratiqué d'autres genres picturaux, comme ceux de la nature morte, du paysage et de la peinture animalière[31]. Dans ce dernier genre, il peint en 1875 un tableau représentant le pygargue Old Abe (en), mascotte d'un régiment d'infanterie local pendant la Guerre de Sécession. Il s'inspire du même animal pour réaliser Young Brave's Excelsior[32], une toile représentant un jeune Amérindien repoussant les attaques d'un rapace qui défend son nid. Peint sur une période de quatre années, à l'occasion de pauses entre deux commandes de portrait, le tableau s'inspire d'études des « dalles » de la rivière Wisconsin et Stuart pousse le souci du détail jusqu'à recopier une plume d'Old Abe fournie par le major C. G. Mayers (qui a fait naturaliser l'animal) ainsi qu'un couteau sioux fourni par ce vétéran[33]. La toile est présentée à la 60e exposition annuelle de l'Académie américaine des beaux-arts à New York en 1885[34]. Stuart avait également la réputation d'être un bon peintre de bétail[35], ce qui l'amena à travailler pour le Saddle & Sirloin Club, un club chicagoan de magnats de l'élevage bovin, dont il immortalisa les membres notables à partir de 1903. Ces portraits seront hélas détruits en 1934, lors de l'incendie des Union Stock Yards[22].

En 1907, quelque temps après la mort de sa seconde épouse, Stuart rédige une brève autobiographie, qui insiste surtout sur son enfance dans la plantation familiale[36].

Au cours des dernières années de sa vie, James Reeve Stuart habite avec Mme Flora S. Keenan au 7 East Gilman Street. Après une semaine de maladie, il meurt d'une attaque de pneumonie[37] à l'hôpital St. Mary de Madison[38] le 29 décembre 1915, à l'âge de 81 ans[39]. Après des funérailles à l'Episcopal Grace Church, il est inhumé au cimetière de Forest Hill[40].

Galerie

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Notes et références

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  1. 1 2 3 4 Barnwell, p. 141-144.
  2. Barnwell, p. 23.
  3. Barnwell, p. 46.
  4. Anne Barnwell Middleton, grand-mère de James R. Stuart, est également la cousine de Susannah Parker, née Middleton (1760-1834), trisaïeule de Baldur von Schirach.
  5. Stuart, p. 203.
  6. Trinkley et Hacker, p. 9.
  7. Trinkley et Hacker, p. 43-44.
  8. Stuart, p. 207.
  9. 1 2 Stuart, p. 208.
  10. 1 2 3 Stuart, p. 209.
  11. Stuart, p. 210.
  12. Stuart, p. 210. Trimpi (p. 295) semble le contredire sur ce point : selon elle, Stuart aurait été promu en mars 1862.
  13. Barnwell, p. 201.
  14. 1 2 Stuart, p. 211.
  15. Trimpi, p. 295.
  16. Trinkley et Hacker, p. 51-52.
  17. The Art Review (Chicago), avril 1870, p. 8, et mars 1871, p. 12.
  18. 1 2 3 Stuart, p. 212.
  19. Butterfield, p. 442.
  20. Barnwell, p. 239.
  21. The Educational Weekly (Chicago), 25 juillet 1878, p. 378.
  22. 1 2 Saddle & Sirloin Club Portrait Collection Guidebook, p. 23.
  23. The Wisconsin Magazine of History, vol. 47, no 4, été 1964, p. 338.
  24. Elihu B. Washburne, Henry Gratiot, a Pioneer of Wisconsin. An Address on the Occasion of the Presentation of his Portrait to the State Historical Society of Wisconsin. Delivered before the Society at Madison, Wis., Thursday Evening, Nov. 13, 1884, Chicago, 1884, p. 9 (consultable sur HathiTrust).
  25. The Chicago Daily Tribune, 27 janvier 1897, p. 4 (consultable sur Internet Archive).
  26. 1 2 3 Catalog of American Portraits, consultable sur le site de la National Portrait Gallery.
  27. Cette copie a été présentée parmi les autres œuvres de la collection Washburne exposées en 1890 à l'Art Institute of Chicago (Collection of paintings from various sources. August, 1890. Room XIII, Chicago, 1890, p. 10, no 112).
  28. La copie, attribuée à Stuart et datée de 1890 (selon le cartel moderne du cadre), a été vendue par la maison Marion Antique Auctions à Marion (Massachusetts) le 30 novembre 2019. L'original, peint par Paul Bülow en 1877, est aujourd'hui conservé au DANK Haus German American Cultural Center à Chicago.
  29. Wisconsin State Journal, 23 février 1885, p. 4.
  30. La Crosse County Historical Society, inv. 1978.030.05. Donation Grace Van Steenwyk ("La Crosse Trust Company portrait of Governor Washburn").
  31. Wisconsin State Journal, 31 août 1875, p. 4.
  32. Wisconsin Historical Society, inv. 1942.317.
  33. Wisconsin State Journal, 25 janvier 1889, p. 4.
  34. Charles M. Kurtz (en) (ed.), National Academy Notes and Complete Catalogue. Sixtieth Spring Exhibition, New York, 1885, p. 10.
  35. Farmers' Review (Chicago), 27 septembre 1883, p. 9.
  36. Stuart, p. 201-213.
  37. Baraboo Weekly News, 30 décembre 1915, p. 12.
  38. Vilas County News, 5 janvier 1916, p. 2.
  39. Stuart, p. 213.
  40. Wisconsin State Journal, 23 décembre 1915, p. 2.
  41. Rasmus Björn Anderson (en) et Albert O. Barton, Life Story of Rasmus B. Anderson, Madison, 1915, p. 217.

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Stephen B. Barnwell, The Story of an American Family, Marquette, 1969, 435 p. (consultable sur Internet Archive).
  • Consul Willshire Butterfield (d), History of Dane County, Wisconsin, Chicago, 1880, p. 442, 582 et 1034-1035 (consultable sur Internet Archive).
  • Porter Butts, Art in Wisconsin. The Art Experience of the Middle West Frontier, Madison, 1936, p. 115-119.
  • William J. Park (pub.), Madison, Dane County and Surrounding Towns, Madison, 1877, p. 164-165 (consultable sur HathiTrust).
  • Saddle & Sirloin Club Portrait Collection Guidebook, Kentucky State Fair Board, Louisville (Kentucky), 2020, p. 23 (consultable sur le site de la North American International Livestock Exposition).
  • Theodore Stebbins (en) et Melissa Renn, American Paintings at Harvard, vol. I, Harvard Art Museums, 2014, p. 468-469.
  • James R. Stuart, Autobiography, Madison, 1907 (manuscrit publié dans : Trinkley et Hacker, op. cit., p. 201-213).
  • Helen P. Trimpi, Crimson Confederates. Harvard Men who Fought for the South, University of Tennessee Press, Knoxville, 2010, p. 294-295.
  • Michael Trinkley et Debi Hacker, Roupelmond: An Eighteenth and Nineteenth Century Interior St. Helena Parish Plantation, Beaufort County, South Carolina, Research Series 53, Chicora Foundation, Columbia (Caroline du Sud), décembre 1999, 216 p. (consultable sur chicora.og).

Liens externes

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