Jean-Gabriel Revault d'Allonnes
Jean-Gabriel Revault d'Allonnes (Louannec, - Pagney, ) est un militaire français, Compagnon de la Libération. Saint-cyrien servant dans les troupes coloniales, il choisit en 1940 de se rallier à la France libre. Au sein de la 2e division blindée, il participe aux combats d'Afrique du nord, à la libération de la France et à l'invasion de l'Allemagne. Poursuivant sa carrière militaire après la Seconde Guerre mondiale, il participe à la guerre d'Indochine et commande différentes unités. Il occupe également plusieurs fois le poste d'attaché militaire auprès de diverses ambassades françaises à l'étranger ainsi que des fonctions d'état-major et de chef de mission militaire auprès d'instances internationale. Gravissant les échelons jusqu'au grade de général de corps d'armée, il devient ensuite expert auprès des Nations unies.
| Jean-Gabriel Revault d'Allonnes | ||
Jean-Gabriel Revault d'Allonnes | ||
| Naissance | Louannec (Côtes-d'Armor) |
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| Décès | (à 79 ans) Pagney (Jura) |
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| Allégeance | ||
| Arme | Infanterie | |
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| Années de service | 1934 – 1974 | |
| Commandement | 1er régiment d'infanterie coloniale 43e régiment blindé d'infanterie de marine |
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| Conflits | Seconde Guerre mondiale Guerre d'Indochine |
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| Distinctions | Commandeur de la Légion d'honneur Compagnon de la Libération Grand-croix de l'Ordre national du Mérite Croix de guerre 1939-1945 Croix de guerre TOE |
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| Famille | Gabriel Revault d'Allonnes (père) Olivier Revault d'Allonnes (frère) Jean Psichari (grand-père) Ernest Renan (arrière-grand-père) Ernest Psichari (oncle) Myriam Revault d'Allonnes (nièce) |
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Biographie
modifierJeunesse et engagement
modifierFils de Gabriel Revault d'Allonnes, psychiatre et agrégé de philosophie, Jean-Gabriel naît le à Louannec, alors dans les Côtes-du-Nord[1],[2]. Aîné d'un frère prénommé Michel, né en 1917, et du philosophe Olivier Revault d'Allonnes, leur mère Henriette Psichari est la petite-fille de l'écrivain Ernest Renan[2],[3]. Il fait ses études au lycée Charlemagne, au lycée Janson-de-Sailly puis au lycée Saint-Louis[4]. En 1934, il entre à l'école spéciale militaire de Saint-Cyr, dans la promotion "Roi Alexandre 1er", d'où il sort en 1936 en choisissant de servir dans l'infanterie coloniale[4]. Envoyé en Afrique-Occidentale française, il est affecté au 1er régiment de tirailleurs sénégalais de 1937 à 1938 puis part au Niger où il est muté au 3e bataillon de tirailleurs sénégalais[5]. Il s'y trouve toujours au moment où la Seconde Guerre mondiale est déclenchée[5].
Seconde Guerre mondiale
modifierRefusant l'armistice du 22 juin 1940, il part pour le Nigeria avec vingt-quatre de ses hommes afin de rejoindre les troupes britanniques[5]. Cependant, ces dernières, encore peu au courant de l'appel du général de Gaulle, les remettent aux autorités françaises, désormais dirigées par le régime de Vichy, qui emprisonnent Jean-Gabriel Revault d'Allonnes à Zinder[1]. Libéré le et faisant encore officiellement parti de l'armée d'armistice, il est muté dans une nouvelle unité mais profite de son déplacement vers son affectation pour s'évader et regagner à nouveau le Nigeria le [4]. Après plusieurs jours de voyage il parvient, via la Gold Coast, à se rendre au Cameroun où il arrive le alors que ce territoire vient tout juste de se rallier à la France libre[5]. Aussitôt engagé dans les forces françaises libres, il est affecté au 3e bataillon du 1er régiment de tirailleurs du Cameroun (3/RTC) avec lequel il participe à la campagne du Gabon[1].
En , Jean-Gabriel Revault d'Allonnes prend le commandement de la 1re compagnie du 3/RTC qui est devenu bataillon de marche no 4[5]. Il prend part à la campagne de Syrie durant laquelle il est blessé par balle au bras le , puis le par éclat d'obus, à nouveau au bras[5]. À l'issue de cette campagne en , il devient instructeur à Damas pour les élèves-aspirants[4]. Passé ensuite au bataillon de marche no 11, il participe en Libye aux combats sur la ville de Giarabud[1]. En , il part pour l'Afrique-Équatoriale française où il rejoint la colonne "Leclerc"[1]. Au sein de celle-ci, il fait partie du régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad (RTST) avec lequel il prend part aux campagnes du Fezzan et de Tripolitaine de à [4]. Entretemps, il apprend la mort de son frère Michel, sous-marinier à bord de l'Argonaute, resté au service de l'armée d'armistice et coulé par les avions du porte-avions HMS Furious le lors de l'opération Torch[6],[3]. La colonne "Leclerc" étant devenue la Force "L", Jean-Gabriel Revault d'Allonnes est ensuite engagé dans la campagne de Tunisie où il prend le commandement de la 12e compagnie de son régiment en remplacement de son commandant, tué en [1]. Après que la Force "L" a changé de nom pour devenir la 2e division française libre (2e DFL), le RTST est à son tour renommé pour devenir en le régiment de marche du Tchad dans lequel Jean-Gabriel Revault d'Allonnes fait partie du 1er bataillon[1]. Le mois suivant, la 2e DFL devient la 2e division blindée (2e DB) et s'entraîne pendant plusieurs mois au Maroc avant d'être transférée en Angleterre en [4].
Le capitaine Revault d'Allonnes est affecté au groupement tactique du colonel Dio en tant qu'officier d'état-major[5]. Débarqué en Normandie le , il participe à la bataille de Normandie, durant laquelle il est blessé deux fois, à la libération de Paris puis à la bataille des Vosges[4]. Le , il reçoit la Croix de la Libération des mains du général de Gaulle[5]. Il suit ensuite la 2e DB dans l'invasion de l'Allemagne et termine la guerre à Berchtesgaden[1].
Après-guerre
modifierPoursuivant sa carrière militaire, il devient attaché militaire aux ambassades françaises de Colombie, du Venezuela et de l'Équateur[5]. Il est promu chef de bataillon en 1948 et prend le commandement du 1er régiment d'infanterie coloniale avant d'être détaché au SDECE[4]. Élève de l'école supérieure de guerre de 1950 à 1952, il combat ensuite en Indochine jusqu'en 1954[4]. Il retrouve le monde diplomatique de 1957 à 1961 comme attaché militaire à l'ambassade de France au Portugal[5]. À son retour en France, il est promu colonel et commande le bureau personnel d'état-major de la DPMAT à Paris[4]. De 1963 à 1964, il est chef de corps du 43e régiment blindé d'infanterie de marine à Offenbourg[1].
En , Jean-Gabriel Revault d'Allonnes est promu général de brigade et est adjoint du gouverneur militaire de Paris jusqu'en 1967[5]. Il est ensuite affecté en Martinique où il commande le groupe militaire Antilles-Guyane de 1968 à 1970[1]. Il revient en métropole avec le grade de général de division et commande la 23e division militaire territoriale de Rouen de 1971 à 1972[4]. Il est chef de la mission militaire française auprès des forces alliées du secteur centre-Europe de 1972 à 1973 puis chef de la mission militaire française du comité militaire du Conseil de l'Atlantique nord[5]. En , il est promu général de corps d'armée peu de temps avant de prendre sa retraite militaire[1]. Passé dans le civil, il devient de 1974 à 1978 expert auprès de l'ONU pour la prévention des catastrophes[1].
Jean-Gabriel Revault d'Allonnes meurt le à Pagney dans le Jura où il est inhumé[5].
Décorations
modifier| Commandeur de la Légion d'honneur | Compagnon de la Libération | Grand-croix de l'Ordre national du Mérite | |||
| Croix de guerre 1939-1945 | Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs | Médaille des évadés | |||
| Croix du combattant volontaire Avec agrafe "Guerre 1939-1945" |
Chevalier de l'Ordre du Mérite maritime | Médaille coloniale Avec agrafes "AFL", "Libye", "Fezzan-Tripolitaine", "Tunisie" et "Extrême-Orient" | |||
| Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre | Médaille commémorative de la campagne d'Indochine | Military Cross (Royaume-Uni) | |||
| Officier de l'Ordre national du Vietnam (Vietnam) |
Croix de la Vaillance avec palme (Vietnam) |
Commandeur de l'Ordre du Nichan Iftikhar (Tunisie) | |||
| Officier de l'Ordre de l'Étoile noire (Bénin) |
Commandeur de l'Ordre du Mono (Togo) | ||||
Références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 Jean-Christophe Notin, 1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération, Paris, Éditions Perrin, , 822 p. (ISBN 2-262-01606-2)
- 1 2 « Généalogie de Jean Gabriel REVAULT d'ALLONNES », sur Geneanet (consulté le )
- 1 2 « Généalogie de Michel REVAULT d'ALLONNES », sur Geneanet (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 Vladimir Trouplin, Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Elytis, (ISBN 978-2-35639-033-2 et 2-35639-033-2)
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 « Biographie - Ordre National de la Libération »
- ↑ « Mémorial Genweb - Fiche Michel Revault d'Allonnes »
Bibliographie
modifier- Jean-Christophe Notin, 1061 compagnons : Histoire des Compagnons de la Libération, Paris, Éditions Perrin, , 822 p. (ISBN 2-262-01606-2).
- Vladimir Trouplin, Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Elytis, , 1230 p. (ISBN 978-2-35639-033-2 et 2-35639-033-2).
- François Marcot, Dictionnaire historique de la résistance : Résistance intérieure et France libre, Paris, Robert Laffont, , 1187 p. (ISBN 2-221-09997-4).
- François Broche, L'épopée de la France libre : 1940-1946, Paris, Pygmalion, , 649 p. (ISBN 2-85704-633-2).
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- Archives conservées par : Service historique de la Défense (GR 14 YD 1751, FRSHD_PUB_00000355.pdf)
- Ressource relative aux militaires :
- « Biographie sur le site des Compagnons de la Libération »