Dugazon (acteur)
Jean-Henri Gourgaud, dit Dugazon, né le à Marseille et mort le à Sandillon, est un acteur français.
| Sociétaire de la Comédie-Française |
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| Famille |
Dugazon, Gourgaud |
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Étienne-Marie Gourgaud (d) Rose Vestris Marie Marguerite Anne Sophie Gourgaud |
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Frogères (d) (beau-frère) |
| Maître |
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Biographie
modifierFils du comédien Pierre-Antoine Gourgaud dit Dugazon père, il débute en 1771 au Théâtre-Français dans des rôles de valets de comédie comme Sganarelle.
En 1776, il épouse la cantatrice Louise-Rosalie Lefebvre, qui devient Madame Dugazon, union bientôt troublée, car celle-ci a des aventures, d’abord cachées, puis moins dissimulées. Sa relation avec Anne-Nicolas-Robert de Caze, seigneur de Torcy, est si tapageuse que Dugazon, de caractère ombrageux, lui donne des coups de canne. le couple se sépare. Les 5 et 7 mai 1779, elle dépose une plainte contre son mari, à qui elle reproche sa turbulence, car il l'a injuriée et menacée, ayant trouvé mauvais qu'elle se fasse accompagner par un M. de Langeac, auquel il a administré, quelques jours plus tard, une magistrale paire de gifles, au Vauxhall. Une séparation entre les époux a lieu le et, dès que la loi le lui permer (13 nov. 1794), elle fait prononcer son divorce[1].
Dugazon succède à Préville dont il devient presque l'égal. En 1789, lorsque des troubles éclatent au sein de la Comédie-Française à propos de la représentation de Charles IX, il se place résolument dans le camp des rebelles, du côté de Talma, qu’il suit au théâtre de la République, lors de la scission. Révolutionnaire enragé, en 1793, au plus fort de la Révolution française, il est aide de camp de Santerre[2], « attaché au Département de la Guerre pour suivre dans les sections de Paris la plus prompte exécution de toutes les mesures relatives au service[3] ».
Après le 9 thermidor, son retour sur scène est houleux : hué par le public, qui veut le contraindre à faire amende honorable, il fait preuve de sang-froid et son courage, face aux cris, aux sifflets et aux menaces. Jetant sa livrée sur les planches, pour s’avancer vers le parterre déchainé et lancer d’une voix haute : « Je ne suis plus que citoyen. J’attends de pied ferme celui qui croit avoir quelque reproche à me faire, et je suis prêt à lui rendre raison sur tous les tons. » Aucun spectateur n’ayant osé relever le gant, il a pu reprendre son rôle[4].
Pendant cette période, Dugazon donne deux pièces de circonstance jugées par le même dictionnaire très médiocres : L'Émigrante et Le Modéré. Il arrangea en outre et augmenta de trois scènes Les Originaux, comédie de Fagan, qu'il publia en 1802.
En 1786, à la fondation du Conservatoire, il est nommé professeur de déclamation, et, paradoxalement, ne forme guère que des tragédiens, dont Talma et Lafon[1].
Au Salon de peinture et de sculpture de 1808, fut exposé, sous le no 174, Portraits de M. Dugazon, artiste du Théâtre-Français, et de son épouse, par Desmarets de Beaurain.
Un mois après son divorce, Dugazon s’était remarié, le 12 décembre 1794, à Céline, Geneviève Aubert, âgée de 28 ans, fille d’un architecte, et sœur de l’acteur Frogères (d)[1]. En 1809, son mauvais état de santé l’oblige à prendre un congé, au moment où il succédait à Monvel comme doyen de la Comédie française[1]. Ce congé devait être définitif. Retiré dans une propriété qu'il possédait à Sandillon, il passe deux années dans un état presque complet d’aliénation mentale, avant de mourir dans un état de démence sénile. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise[5].
Jugements
modifier« il était remarquable par le jeu de sa physionomie ; il avait de la chaleur et du mordant ; mais il se laissait souvent emporter par l'envie d'exciter le rire, et tombait dans le mauvais ton »
Théâtre
modifierCarrière à la Comédie-Française
modifier- Entrée en
- Nommé 165e sociétaire en
- Départ en
- : Le Légataire universel de Jean-François Regnard : Crispin
- : Le Médecin malgré lui de Molière : Sganarelle
- : Amphitryon de Molière : Sosie
- : L'Homme à bonnes fortunes de Michel Baron : Pasquin
- : L'Étourdi de Molière : Mascarille
- : Tartuffe de Molière : Tartuffe
- : Les Femmes savantes de Molière : Trissotin
- : Le Festin de pierre de Thomas Corneille d'après Molière : Alonse
- : Les Originaux de Barthélemy-Christophe Fagan : Brettenville
- : Le Distrait de Jean-François Regnard : Carlin
- : Le Misanthrope de Molière : Oronte
- : L'École des femmes de Molière : Le notaire
- : L'Avare de Molière : La Flèche
- : L'Étourdi de Molière : Ergaste
- : Les Précieuses ridicules de Molière : Mascarille
- : Le Dépit amoureux de Molière : Mascarille
- 1771 : Le Café ou l'Écossaise de Voltaire : Wasp
- 1771 : La Métromanie d'Alexis Piron : Mondor
- 1771 : Le Père de famille de Denis Diderot : La Brie
- 1771 : Le Fils naturel de Denis Diderot : Charles
- 1771 : Le Légataire universel de Jean-François Regnard : M. Scrupule
- 1771 : Les Précieuses ridicules de Molière : Jodelet
- 1771 : Le Philosophe sans le savoir de Michel-Jean Sedaine : Le domestique de Wanderk fils
- : L'Avare de Molière : Brindavoine
- 1772 : Eugénie de Beaumarchais : Drink
- 1772 : Le Légataire universel de Jean-François Regnard : Crispin
- 1772 : La Coupe enchantée de Jean de La Fontaine et Champmeslé : Griffon
- 1772 : Le Misanthrope de Molière : Basque
- 1772 : Les Plaideurs de Jean Racine : L'Intimé
- 1772 : Le Café ou l'Écossaise de Voltaire : André
- 1772 : Le Mercure galant ou la Comédie sans titre d'Edme Boursault : Merlin
- 1772 : Les Femmes savantes de Molière : Lépine
- 1772 : Le Glorieux de Philippe Néricault Destouches : Pasquin
- 1772 : L'École des femmes de Molière : Henrique
- 1772 : Le Glorieux de Philippe Néricault Destouches : Lafleur
- 1772 : Les Plaideurs de Jean Racine : Dandin
- 1772 : L'École des maris de Molière : Le commissaire
- : L'Amour à Tempé de Madame de Chaumont : un pasteur
- : L'Assemblée d'Augustin-Théodore Lebeau de Schosne, suivi de L'Apothéose de Molière (ballet) : l'auteur
- : Le Centenaire de Molière de Jean-Baptiste Artaud : Momus
- : La Comtesse d'Escarbagnas de Molière : Jeannot
- : La Partie de chasse de Henri IV de Charles Collé : Lucas
- : Les Amants généreux de Marc-Antoine-Jacques Rochon de Chabannes : Justin
- : Albert Ier d'Antoine Le Blanc de Guillet : Un homme à projets, puis Gérard
- : Le Barbier de Séville de Beaumarchais : La Jeunesse
- : Le Célibataire de Claude-Joseph Dorat : Lafleur
- : Le Gâteau des rois de Barthélemy Imbert : La Saudière
- : Le Mariage clandestin de Pierre-René Le Monnier : Richard
- : L'École des mœurs de Charles-Georges Fenouillot de Falbaire : Patrice
- : Le Malheureux imaginaire de Claude-Joseph Dorat : Monrose
- : L'Égoïsme de Jean-François Cailhava de L'Estandoux : Durand
- : Le Veuvage trompeur de Pierre-Antoine de La Place : Orton
- : La Comtesse d'Escarbagnas de Molière : Criquet
- : Le Misanthrope de Molière : Dubois
- : L'Aveugle par crédulité de Jean-Nicolas Fournel : Frontin
- : L'Impatient d'Étienne-François de Lantier : un notaire
- : Laurette d'après Jean-François Marmontel : St Germain
- : Le Droit du seigneur de Voltaire : Métaprose
- : Clémentine et Desormes de Jacques-Marie Boutet de Monvel
- : Les Noces houzardes de Dorvigny : Ruzac
- : Le Mariage forcé de Molière : Pancrace
- : La Discipline militaire du Nord d'Adrien-Chrétien Friedel : un sergent
- : Le Chirurgien de village de Simon Chauvot : Cardiac
- : Le Rendez-vous du mari de Pierre-Nicolas André de Murville : le commandeur
- : George Dandin de Molière : Colin
- : Henriette ou la Fille déserteur de Mademoiselle Raucourt : soldat
- : L'Inauguration du Théâtre-Français de Barthélemy Imbert : un acteur comique
- : Le Flatteur d'Étienne-François de Lantier : Germain
- : Le Satirique de Charles Palissot de Montenoy : M. Pamphlet
- : Le Vieux garçon de Paul-Ulric Dubuisson : Germain
- : Les Journalistes anglais de Jean-François Cailhava de L'Estandoux : Crispin
- : Molière à la nouvelle salle ou les Audiences de Thalie de Jean-François de La Harpe : M. Claque
- : Le Barbier de Séville de Beaumarchais : Bazile
- : Le Séducteur de François-Georges Mareschal de Bièvre : Zéronès
- : Les Marins ou le Médiateur maladroit de Desforges : M. Darcy
- : L'Avare cru bienfaisant de Jean-Louis Brousse-Desfaucherets : Pasquin
- : La Fausse coquette d'Étienne Vigée : Frontin
- : Corneille aux Champs-Élysées de Honoré Jean Riouffe : le poète gascon
- : Le Mariage de Figaro de Beaumarchais : Brid'oison
- : L'Épreuve délicate de Philippe-Antoine Grouvelle : un médecin
- : L'Hôtellerie d'Antoine Bret : Pips
- : La Comtesse de Chazelle de Madame de Montesson : Gercourt
- : Les Deux Frères de Guillaume Dubois de Rochefort : Frontin
- : Edgard, roi d'Angleterre de Marie-Joseph Chénier : Auberton
- : Le Barbier de Séville de Beaumarchais : Figaro
- : Le Portrait de Jean-Louis Brousse-Desfaucherets : Gerseuil
- : L'École des pères de Pierre-Alexandre Pieyre : Marcelin
- : Le Prix académique de Pierre-Germain Parisau : Grancourt
- : Les Rivaux de Barthélemy Imbert : Acres
- : Les Fourberies de Scapin de Molière : Scapin
- : Le Faux noble de Michel Paul Guy de Chabanon : le baron de Saincennes
- : Les Réputations de François-Georges Mareschal de Bièvre : le duc
- : L'Inconséquent d'Étienne-François de Lantier : le docteur
- : Eugénie de Beaumarchais : Robert
- : L'Optimiste de Jean-François Collin d'Harleville : Picard
- : Le Bourgeois gentilhomme de Molière : M. Jourdain
- : La Mort de Molière de Michel de Cubières : Mauvillain
- : Le Paysan magistrat de Jean-Marie Collot d'Herbois : Reboleldo
- : Les Châteaux en Espagne de Jean-François Collin d'Harleville : Victor
- : Le Réveil d'Épiménide à Paris de Flins des Oliviers : Fatras et Cabriolet
- : Monsieur de Crac dans son petit castel de Jean-François Collin d'Harleville : M. de Crac
Théâtre de la République
modifier- : L'Agioteur de Jean Armand Charlemagne : Boucliac
Comédie-Française (réunification)
modifier- : L'École des maris de Molière : Ergaste
- : Les Amis de collège de Louis-Benoît Picard : Bonard
- : L'Intrigue épistolaire de Fabre d'Églantine : Fougères
- : La Dupe de soi-même de François Roger d'après Carlo Goldoni : Ricardo
- : Les Héritiers d'Alexandre Duval : A. Kerlebond
- : Pinto ou la Journée d'une conspiration de Népomucène Lemercier : l'archevêque
- : Caroline ou le Tableau de François Roger : Deschamps
- : Le Collatéral de Fabre d'Églantine : Zacharin
- : Les Originaux de Barthélemy-Christophe Fagan : Le Sénéchal
- : Madame de Sévigné de Jean-Nicolas Bouilly : Beaulieu
- : Le Souper imprévu ou le Chanoine de Milan d'Alexandre Duval : Sans quartier
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 Henry Lyonnet, « Dugazon, J. B. Henri Gourgaud, dit. », dans Dictionnaire des comédiens français, ceux d'hier : biographie, bibliographie, iconographie, t. 1. A-D, Paris, E. Jorel, , 720 p., 2 vol. : ill., portr. ; 29 cm (OCLC 638691878, lire en ligne sur Gallica), p. 596-7.
- ↑ A. B—т., « dugazon (jean-baptiste-henry gourgault, dit) : ou, Histoire, par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes », dans Joseph-François Michaud, Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle, ancienne et moderne, t. 12, Paris, A. T. Desplaces, , 664 p. (lire en ligne), p. 208-10.
- ↑ État militaire de la France pour l'année 1793, p. 2
- ↑ B. S., « Aristes originaux », Revue artistique, Avignon, vol. 4, no 77, , p. 2-3 (ISSN 2017-6589, lire en ligne sur Gallica).
- ↑ Domenico Gabrielli, Dictionnaire Historique du cimetière du Père-Lachaise XVIIIe et XIXe siècles, Ed. de l'Amateur, , 334 p. (ISBN 978-2-85917-346-3), p. 123
Liens externes
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- Ressource relative à la musique :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :