Jean Philippe Garran de Coulon

politicien et avocat à Paris

Jean Philippe Garran de Coulon, né le à Saint-Maixent (généralité de Poitiers, actuel département des Deux-Sèvres), mort le à Paris (ancien 11e arrondissement)[1], est un avocat et un homme politique de la Révolution française, du Consulat et du Premier Empire.

Jean Philippe Garran de Coulon
Illustration.
Fonctions
Député de la Seine

(1 an et 2 jours)
Gouvernement Assemblée législative
Député du Loiret

(3 ans, 1 mois et 22 jours)
Gouvernement Convention nationale
Député de la Loire-Inférieure

(2 ans, 7 mois et 5 jours)
Gouvernement Conseil des Cinq-Cents
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Saint-Maixent (Haut-Poitou)
Date de décès (à 68 ans)
Lieu de décès Ancien 11e arrondissement de Paris
Nationalité française
Parti politique Plaine
Centre
Profession Avocat
Distinctions Comte de l'Empire
Grand officier de la Légion d'honneur

Entre 1791 et 1798, il est député à l'Assemblée nationale législative, à la Convention nationale où il vote la détention de Louis XVI, puis au Conseil des Cinq-Cents. Après le coup d'État du 18 brumaire (9 novembre 1799), il est élu membre du Sénat conservateur.

Biographie

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Sous l'Ancien régime

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Jean Philippe Garran de Coulon est issu d'une famille de la bourgeoisie de robe. Son père, Jean Garran de Coulon, époux de Françoise Chameau, est « receveur ancien des tailles de l'élection de Saint-Maixent ».

Sous l'Ancien régime, Jean Philippe Garran de Coulon est reçu avocat au parlement de Paris. En 1780, il épouse, paroisse Saint-Eustache, Jeanne Barrengue. Son beau-père, Jean-Marie Barrengue, est reçu, en 1730, « huissier audiencier de la juridiction des auditeurs du Châtelet de Paris ». Son témoin de mariage est Jean Henri Bancal des Issarts, notaire royal, qui devient député du Puy-de-Dôme à la Convention nationale[2],[3].

Suppléant aux États généraux

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En 1789, Jean Philippe Garran de Coulon est élu représentant suppléant du tiers-état pour la ville de Paris, le quatrième sur vingt, aux États généraux. Il n'est cependant appelé à siéger à l'Assemblée nationale constituante[4].

Jean Philippe Garran de Coulon adhère au club des Jacobins et au club des Cordeliers, et devient membre du Comité des recherches de la Commune de Paris.

Mandat à la Législative

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La France devient une monarchie constitutionnelle en application de la constitution du 3 septembre 1791. Le même mois, Jean Philippe Garran de Coulon est élu député de Paris, le premier sur vingt-quatre, à l'Assemblée nationale législative.

Le 9 avril 1792, il vote pour que les soldats du régiment de Châteauvieux, qui s'étaient mutinés lors de l'affaire de Nancy, soient admis aux honneurs de la séance[5].

La monarchie prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.

Mandat à la Convention

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En septembre 1792, Jean Philippe Garran de Coulon est élu député du département du Loiret, le deuxième sur neuf, à la Convention nationale[6]. Le 11 octobre, il est élu membre du Comité des colonies[7].

Lors du procès de Louis XVI, il vote la réclusion, et se prononce en faveur de l'appel au peuple du sursis à l'exécution de la peine[8] :

Quoique la peine de mort m'ait toujours semblé immorale et contraires son but, si j'étais juge, je trouverais mon opinion écrite dans le Code pénal. Mais nous ne sommes pas juges ; nous ne pouvons pas cumuler les fonctions d'accusateurs, de jury de jugement et de juge. [...] Comme représentant du peuple, chargé de prendre une mesure de sûreté générale, je vote pour la réclusion.

Le 22 mars 1793, il est élu secrétaire, aux côtés de Jean-Baptiste Boyer-Fonfrède (député de la Gironde) et de Louis-Marie La Révellière-Lépeaux (député du Maine-et-Loire), sous la présidence de Jean de Bry (député de l'Aisne)[9]. Le 13 avril, il demande l'ajournement lors du scrutin sur la mise en accusation de Jean-Paul Marat[10] :

J'ai annoncé mon opinion pour l'accusation, sur le fond de la question ; mais mon opinion n'est rien auprès des principes conservateurs de la liberté. [...] J'ai toujours cru qu'il était impossible que des décrets rendus parmi des orages si violents, eussent les caractères d'impartialité qui peuvent seuls en garantir la justice et la sagesse au peuple. [...] Dans l'état actuel des choses, je demande aussi l'ajournement et le renouvellement immédiat de la Convention, qui ne me paraît plus capable de sauver la chose publique.

Le 28 mai, il vote en faveur du rétablissement de la Commission des Douze[11].

Mandat aux Cinq-Cents

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Sous le Directoire, Jean Philippe Garran de Coulon est élu député de la Loire-Inférieure et siège au Conseil des Cinq-Cents. Il est tiré au sort pour quitter le Conseil le 1er prairial an VI (le 20 mai 1798)[12].

Le 26 floréal (15 mai), non-réélu lors des élections législatives de 1798, il est désigné commissaire du Directoire exécutif près le tribunal de cassation[13].

Il s'intéresse aussi à la question de Saint-Domingue et occupe une place importante dans le mouvement abolitionniste français de la Révolution. On lui doit un volumineux rapport sur les troubles de Saint-Domingue en quatre volumes synthétisant Les débats entre les accusateurs et les accusés dans l'affaire des colonies qui opposent de janvier à , les commissaires abolitionnistes, Sonthonax et Polverel, aux colons esclavagistes, Page et Brulley. Il adhère également sous le Directoire à La Société des Amis des Noirs et des Colonies.

Au Conseil des Cinq-Cents, il défend Napoléon Bonaparte accusé par Dumolard à propos de l'occupation de Gênes et de Venise, adhère au Coup d'État du 18 brumaire an VIII (), entre au Sénat conservateur, et fait comte de l'Empire et Grand officier de la Légion d'honneur.

Distinctions

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Figure Blasonnement
Armes des Garran de Coulon

D'argent, à un lévrier colleté de sable.[17]

Supports
Deux loups.
Armes du comte Garran-Coulon et de l'Empire
Selon ses lettres patentes
De sable, couronne d'or, une F d'argent au milieu sous le quartier du Sénat, fer de lance en argent, en pointe à sénestre ; chien dressé en pal ; à sénestre au chef en argent ; franc-quartier du Sénat.[14]
Selon Jean-Baptiste Rietstap
De sable, à une couronne de laurier d'or enfermant un F d'argent, le tout posé au canton dextre de la pointe, acc. au canton dextre du chef d'un chien rampant et colleté d'argent, et d'un fer de lance renversé aussi d'argent, au franc-quartier des sénateurs, (d'azur, au miroir d'or enlacé d'un serpent).[17]
Selon Alcide Georgel
De sable au franc-quartier du sénat brochant au neuvième de l'écu, accompagné en chef, à sénestre d'un chien rampant d'argent; en pointe, à dextre d'un F d'argent entouré d'une couronne d'olivier d'or, à sénestre d'un fer de lance d'argent, la pointe en bas.[18]

Annexes

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Bibliographie

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Pour approfondir
« Garran de Coulon (Jean-Philippe, comte) », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition] [texte sur Sycomore] ;

Notes et références

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  1. Archives de Paris, « État civil reconstitué, registre des décès, vue 45 / 51, V3E/D 612 » Accès libre, sur https://archives.paris.fr (consulté le )
  2. Archives de Paris, « État civil reconstitué, registre des mariages du 28 février au 19 avril 1780, vue 32 / 52, 5Mi1 2004 » Accès libre, sur https://archives.paris.fr (consulté le )
  3. Archives nationales de France, « Grande Chancellerie (sous-série V/1). Lettres de provision d'office : années 1730 et 1731 » Accès libre, sur https://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr (consulté le )
  4. Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 8, p. XXVI.
  5. Laurent, Émile (1819-1897), Mavidal, Jérôme (1825-1896), Pionnier, Constant (1857-1924) et Tonnier, E., « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 41, séance du 9 avril 1792 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  6. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 52, Liste des députés par départements » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  7. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 52, séance du 11 octobre 1792 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  8. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 57, séance du 16 et du 17 janvier 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  9. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 60, séance du soir du 21 mars 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  10. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 62, séance du 13 avril 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  11. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 65, séance du 13 avril 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  12. Gazette nationale ou le Moniteur universel n°167, « Conseil des Anciens et Conseil des Cinq-Cents, séance du 15 ventôse (5 mars) » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, 17 ventôse an 5 (7 mars 1797) (consulté le )
  13. Gazette nationale ou le Moniteur universel n°238, « République française, 26 floréal (15 mai) » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, 28 floréal an 6 (17 mai 1798) (consulté le )
  14. 1 2 3 « BB/29/974 page 66. », Titre de comte accordé à Jean, Philippe Garran-Coulon. Bayonne ()., sur chan.archivesnationales.culture.gouv.fr, Centre historique des Archives nationales (France) (consulté le )
  15. « BB/29/1004 pages 10-27. », Institution de majorat attaché au titre de comte au profit de Jean, Philippe Garran de Coulon, accordée par lettres patentes du , à l'Élysée, sur chan.archivesnationales.culture.gouv.fr, Centre historique des Archives nationales (France) (consulté le )
  16. « Cote LH/1080/5 », base Léonore, ministère français de la Culture
  17. 1 2 Jean-Baptiste Rietstap, Armorial général, t. 1 et 2, Gouda, G.B. van Goor zonen, 1884-1887
  18. Alcide Georgel, Armorial de l'Empire français : L'Institut, L'Université, Les Écoles publiques, (lire en ligne)

Voir aussi

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