Jean-Pierre Lacombe-Saint-Michel
Jean-Pierre Lacombe-Saint-Michel, né le et mort le au château de Saint-Michel-de-Vax (Tarn), est un homme politique et un général de la Révolution française et du Premier Empire.
| Jean-Pierre Lacombe-Saint-Michel | ||
Portrait par Eugène Maurin | ||
| Naissance | Saint-Michel-de-Vax (Tarn) |
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| Décès | (à 58 ans) Saint-Michel-de-Vax (Tarn) |
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| Origine | ||
| Arme | Artillerie | |
| Grade | Général de division | |
| Années de service | 1765 – 1810 | |
| Distinctions | Grand officier de la Légion d’honneur | |
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Il apparaît en tant que personnage dans Les Géorgiques du romancier Claude Simon, son descendant direct, et il a protégé sous la Révolution le père de l'écrivain Honoré de Balzac, Bernard-François Balssa (1746-1829), dont le frère cadet, Jean Balssa, avait épousé en 1777 une cousine germaine du général, Marie-Brigitte Lacombe de Blanchefort.
Vie personnelle
modifierSon père est Eugène Lacombe, coseigneur de Saint-Michel et garde du corps du Roi. Sa mère est Marie-Narcisse-Antoinette de Bancalis de Pruynes. Il est l'arrière petit-fils d'un conseiller du Roi. Pourtant, la famille n'est pas noble[1].
En 1781, il épouse à Porrentruy l'hollandaise Marie-Anne Hasselaër. Ils ont un fils, Eugène, qui sert dans la Marine. Hasselaër meurt en 1790. Lacombe-Saint-Michel se remarie à Dunkerque en 1794 avec la grenobloise Marie-Adélaïde Micoud[1].
Carrière
modifierAncien Régime
modifierÉlève artilleur en , il est membre du régiment Royal-Artillerie, grâce à un oncle de Pruynes, mais en falsifiant son dossier, il se vieilli de deux ans[1]. Au Régiment de Toul artillerie, Jean-Pierre Lacombe-Saint-Michel devient lieutenant en second au régiment de Toul en 1767, capitaine d’artillerie en , capitaine de bombardier en , au même régiment. Pierre Choderlos de Laclos était alors son capitaine-major, ils restent des amis proches. Au sein de ce régiment, Lacombe-Saint-Michel est initié à la franc-maçonnerie, dont Laclos est le Vénérable de la loge[1].
Révolution française
modifierEn , il participe à la prise de la Bastille mais le maréchal de Broglie, n'ayant pas confiance en lui, l'éloigne de Paris avec son régiment
Mandat à la Législative
modifierLa France devient une monarchie constitutionnelle en application de la constitution du 3 septembre 1791.
Le même mois, Jean-Pierre Lacombe-Saint-Michel est élu député du département du Nord, le douzième et dernier, et du département du Tarn, le quatrième sur neuf, à l'Assemblée nationale législative. Il opte pour le département du Tarn le [1] et il est remplacé par Albert Sallengros.
À partir d'octobre, il siège au comité militaire. Il propose l'augmentation de l'artillerie à cheval, l'incorporation des régiments coloniaux dans l'infanterie et la peine de mort pour les officiers qui se rendent sans combattre. Il est également commissaire de l'Assemblée[1].
Le , il vote pour que les soldats du régiment de Châteauvieux, qui s'étaient mutinés lors de l'affaire de Nancy, soient admis aux honneurs de la séance.
Mandat à la Convention
modifierLa monarchie prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.
En , Jean-Pierre Lacombe-Saint-Michel est réélu député du Tarn, le deuxième sur neuf, à la Convention nationale[2]. Il ne saurait être confondu avec son collègue et homonyme Joseph-Henri Lacombe (député de l'Aveyron).
Il siège sur les bancs de la Montagne. Lors du procès de Louis XVI, il montre son soutien à la Révolution durant l'appel nominal, il vote la mort, et rejette l'appel au peuple et le sursis à l'exécution de la peine[3],[1]. Le , il est absent lors du scrutin sur la mise en accusation de Jean-Paul Marat[4]. Le , il est également absent lors du scrutin sur le rétablissement de la Commission des Douze[5].
Le , Lacombe-Saint-Michel est envoyé en mission auprès de l'armée du Midi, aux côtés d'Edmond Dubois-Crancé (député des Ardennes), de Thomas-Augustin Gasparin (député des Bouches-du-Rhône) et de Philibert Simond (député du Bas-Rhin), pour exécuter le décret de destitution du général Montesquiou[6].
Le , il est en effet envoyé en mission en Corse[7], mission confirmée le aux côtés de Joseph-Étienne Delcher (député de Haute-Loire) et de Christophe Salicetti (député de la Corse)[8], où il prend part à la bataille de Farinole contre les troupes de Pascal Paoli. Le 28 nivôse an II (le ), il rend compte, par correspondance, à la Convention de ses opérations[9].
Le 15 pluviôse an III (le ), après la chute de Robespierre, il est élu membre du Comité de Salut public, aux côtés d'Antoine-François Fourcroy (député de la Seine) de Philippe-Antoine Merlin (député du Nord)[10] jusqu'au 3 juin 1795[1].
Il est élevé au grade de général de brigade le [1]. Il est envoyé en mission auprès de l'armée du nord en messidor an II.
Sous le Directoire
modifierLacombe-Saint-Michel est élu député au Conseil des Anciens par les départements du Nord, de l'Orne et du Tarn le 17 octobre 1795. Il soutient le Directoire et le coup d'État du 18 fructidor an V (). Il préside le Conseil des Anciens du 22 octobre 1797 au 20 mai 1798[1]. Général de division à sa sortie du Conseil le , Jean-Pierre Lacombe-Saint-Michel est envoyé à Naples, une mission d'ambassade auprès de Ferdinand IV[1], mais tient des propos si peu diplomatiques et si républicains au souverain du pays qu'il est prié de quitter le royaume. Son vaisseau est capturé par un pirate de Tunis, mais le bey le fait libérer. Revenu en France en janvier , il commande l'artillerie à l'armée du Rhin.
Sous le Consulat et le Premier Empire
modifierDe à Napoléon Bonaparte lui confie l'artillerie de l'armée d'Italie.
Il est fait Grand officier de la Légion d'honneur le .
Il part ensuite en Allemagne puis en Catalogne et termine sa carrière pour raison de santé, après dix-sept campagnes, en [1].
Références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 J.-P. Lobies (dir.), Dictionnaire de biographie française, t. 19, Paris-VI ; Letouzey et Ané, , col. 8-10
- ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives départementales de 1787 à 1860, Première série, tome 52, Liste des députés par départements »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Froullé, Jacques-François (≃1734-1794) et Levigneur, Thomas (≃1747-1794), « Liste comparative des cinq appels nominaux . Faits dans les séances des 15, 16, 17, 18 et 19 janvier 1793, sur le procès et le jugement de Louis XVI »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 62, séance du 13 avril 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 65, séance du 28 mai 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 52, séance du 21 septembre 1792 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 2 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 3 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Bouloiseau, Marc (1907-1999), Lefebvre, Georges (1874-1959) et Reinhard, Marcel (1899-1973), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 83, séance du 7 pluviôse an II (26 janvier 1794) »
, sur https://www.persee.fr, (consulté le ) - ↑ Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 20 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Histoire et dictionnaire de la Révolution française, 1789-1799 de Jean Tulard, Jean-François Fayard, Alfred Fierro
- « Jean-Pierre Lacombe-Saint-Michel », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]
- L'Ascendance tarnaise de Claude Simon, Prix Nobel de littérature par Jean-Louis Dega, dans Revue du Tarn, no 120, hiver 1985, p. 615-629.
- Le conventionnel protecteur de Bernard-François Balzac: Jean-Pierre Lacombe Saint-Michel, par Jean-Louis Dega, dans L'Année Balzacienne 1995, Presses Universitaires de France, pages 181 à 191.
- Lacombe-Saint-Michel et Saint-Michel-de-Vax, par Jean-Louis Dega, dans "Petite Bibliothèque no 134", supplément à "La Lettre des Amis des Archives de la Haute-Garonne" no 195, , Association des Amis des Archives de la Haute-Garonne, Toulouse
- Les grandes dates de la révolution française, Bruno Benoit, Larousse essentiels, 1988, (ISBN 2037400055).
Liens externes
modifier- Ressources relatives à la vie publique :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :