Jean 3:16
Jean 3:16 (chapitre 3, verset 16 de l'Évangile selon Jean) est l'un des versets les plus cités de la Bible, car il est considéré comme un résumé d'un des thèmes centraux du christianisme : la relation entre le Père (Dieu) et le fils de Dieu (Jésus).

« Dieu, en effet, a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils, son unique, pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle[1]. »
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modifier| Langue | Texte | Jean 3:16 |
|---|---|---|
| Grec | Nouveau Testament | Οὕτως γὰρ ἠγάπησεν ὁ θεὸς τὸν κόσμον, ὥστε τὸν υἱὸν τὸν μονογενῆ ἔδωκεν, ἵνα πᾶς ὁ πιστεύων εἰς αὐτὸν μὴ ἀπόληται ἀλλ᾽ ἔχῃ ζωὴν αἰώνιον. Hoútōs gàr ēgápēsen ho theòs ton kósmon, hṓste tòn huiòn tòn monogenê édōken, hína pâs ho pisteúōn eis autòn mḕ apólētai all᾽ ékhēi zōḕn aiṓnion. |
| Syriaque | Peshitta | ܗܟܢܐ ܓܝܪ ܐܝܝܩ ܐܠܗܐ ܠܥܠܡܐ ܐܝܟܢܐ ܕܠܒܪܗ ܝܚܝܕܝܐ ܢܬܠ ܕܟܠ ܡܢ ܕܡܗܝܡܢ ܟܗ ܠܐ ܢܐܟܙ ܐܠܐ ܢܗܘܘܢ ܠܗ ܝܚܐ ܕܠܥܠܡ܀ Hāḵanā gér ʼaḥeḇ ʼalāhā lʻālmā ʼaykanā dlaḇreh yḥyḏāyā yetel dkul man damhaymen beh lā naḇaḏ élā nehwuwn leh ḥayé dalʻālam. |
| Latin | Vulgate | Sic enim Deus dilexit mundum, ut Filium suum unigenitum (in some versions, unicum) daret: ut omnis qui credit in eum, non pereat, sed habeat vitam æternam. |
Contexte biblique
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Jean 3 commence par la conversation entre le pharisien Nicodème, un notable Juif, et Jésus. La rencontre, probablement à Jérusalem, fait partie de la Passion. Pour éviter des ennuis avec d'autres pharisiens, il est venu le voir seul ; c'est la seule fois qu'un pharisien est présenté positivement en présence de Jésus.
Pour interpréter l’entrevue entre Jésus et Nicodème, il convient de tenir compte de la chronologie indiquée par l'auteur, de la symbolique de la nuit et des thèmes abordés au cours de l’entretien. La nuit du chapitre 3 se rattache au contexte dont il est question depuis le verset 2:13 : la Pâque juive. Nicodème dit à Jésus : « Rabbi, nous savons que tu es un maître qui vient de la part de Dieu, car personne ne peut opérer les signes que tu fais si Dieu n'est pas avec lui. ». Cependant, cet acte de foi de la part de Nicodème se révèle imparfait et inadéquat : il caractérise ces hommes impressionnés par les miracles, mais dont Jésus se méfie, car ils ne reconnaissent en lui qu’un maître parmi d’autres, envoyé par Dieu, accrédité par les signes[2], un roi-messie terrestre.
Jésus transmet son enseignement à Nicodème (Jn 3. 1-21). L’enseignement sur la nouvelle naissance « d’eau et d’Esprit » est explicitement une allusion au sacrement du baptême, le Christ développant à cet instant une théologie de la transcendance d’après laquelle il est « celui qui est descendu du ciel » (verset 13) ; mais les questions naïves de Nicodème montrent qu’il n’en comprend pas le sens[3].
Commentaires
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Jean 3:16 a été nommé « le verset central de la Bible ». Martin Luther, notamment, a déclaré que le verset est « l'évangile en miniature ».
Le théologien Larry Hurtado[4] voit ce verset comme reflétant l'importance de Jésus dans le christianisme.
Thomas d'Aquin
modifier« La récompense de la foi est au-delà de notre compréhension. car si le Père a donné au Fils tout ce qu'il a, et que le Père a la vie éternelle, alors il a aussi donné la vie éternelle au Fils. Quiconque croit en Lui cherche ce qu'il a, le Fils de la foi, mais le Fils est la vie éternelle, ainsi quiconque croit en lui a la vie éternelle. »
Walter Kasper et Joseph Ratzinger
modifierLe Catéchisme de l'Église catholique indique [5] : « Il n’y a pas de limites à la miséricorde de Dieu, mais qui refuse délibérément d’accueillir la miséricorde de Dieu par le repentir rejette le pardon de ses péchés et le salut offert par l’Esprit Saint. Un tel endurcissement peut conduire à l’impénitence finale et à la perte éternelle. »
Luther et Calvin
modifierBonhoeffer et Barth
modifierLe théologien calviniste D. A. Carson a déclaré que le verset « indique clairement que, appliqué aux êtres humains, l'amour de Dieu n'est pas la conséquence de leur beauté mais de la sublime vérité que Dieu est amour » [6].
Certains utilisent Jean 3:16 pour soutenir l'universalisme chrétien, selon lequel tous les humains seront finalement sauvés par Dieu, et que la souffrance éternelle en enfer n'existe pas.
Musique classique
modifier- Heinrich Schütz, Also hat Gott die Welt geliebt, motet SWV 380 (Op. 11/12)
- Dietrich Buxtehude, Also hat Gott die Welt geliebt, cantate, BuxWV 5
- Georg Philipp Telemann, Also hat Gott die Welt geliebt, cantate, 23 TVWV1:82
- Jean-Sébastien Bach, Also hat Gott die Welt geliebt, cantate, BWV 68
- Hugo Distler, Also hat Gott die Welt geliebt, cantate, Liturgische Sätze op. 13
Références
modifier- ↑ Les traductions utilisées dans cet article sont tirées de la traduction œcuménique de la Bible.
- ↑ Auwers 1990, p. 490-491.
- ↑ Auwers 1990, p. 486, 501.
- ↑ « Seigneur Jésus Christ (Le) »
- ↑ http://www.vatican.va/archive/FRA0013/_P66.HTM CEC 1864.
- ↑ « The Gospel According To John ».
Bibliographie
modifier- Jean-Marie Auwers, « La nuit de Nicodème (Jean 3, 2; 19, 39) ou l'ombre du langage », Revue Biblique, vol. 97, no 4, , p. 481-503 (lire en ligne)
