Jean Brazzi

1936;1992-05-07

Jean Brazzi, de son vrai nom Jean Buiret, né le à Troyes (Aube) et mort le à Suresnes (Hauts-de-Seine), est un artiste lyrique français.

Jean Brazzi
Nom de naissance Jean Buiret
Naissance
Troyes, Aube (France)
Décès (à 55 ans)
Suresnes, Hauts-de-Seine (France)
Nationalité Française
Activité principale Chanteur lyrique
Style vérisme
Lieux d'activité Paris (France), Marseille (France), Lyon (France), Nice (France), Bordeaux (France)
Années d'activité 1961-1985
Formation Conservatoire de Paris
Maîtres Georges Jouatte, Roger Bourdin, Rolande Darcoeur, Ugo Ugaro
Enseignement Conservatoires d'Île-de-France
Récompenses Prix Caruso, festival des voix d'or de Vichy (1960)

Formé au Conservatoire de Paris dans les classes de Georges Jouatte et de Roger Bourdin, il forge sa technique auprès de plusieurs maîtres reconnus avant de s'imposer sur les scènes lyriques françaises à partir du début des années 1960. Sa carrière le conduit successivement à l'Opéra-Comique et au Palais Garnier, ainsi qu'à l'Opéra de Marseille, à l'Opéra de Nice, à l'Opéra de Lyon et dans de nombreux théâtres de province. Il se distingue par un répertoire particulièrement étendu, allant des rôles de ténor lyrique — Faust, Julien, Werther, Roméo — jusqu'aux emplois de fort ténor, notamment Canio, Radamès, Lohengrin et Othello. Il abandonne la scène au milieu des années 1980 pour se consacrer à l'enseignement dans des conservatoires d'Île-de-France. Ses rares enregistrements témoignent de la qualité de sa voix dans le répertoire lyrique français : des extraits de Werther, une exécution intégrale des Les Béatitudes de César Franck et un enregistrement de concert d'Hérodiade de Massenet.

Biographie

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Formation

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Jean Buiret naît le à Troyes[1]. Dès son jeune âge, il bénéficie d'une formation musicale au conservatoire de sa ville natale, où il prend des cours de piano et d'art dramatique[2]. Il rejoint ensuite le Conservatoire de Paris, où il reçoit une formation pluridisciplinaire : il étudie le chant avec le ténor Georges Jouatte — qui compte également Régine Crespin parmi ses élèves[3] —, l'art lyrique avec le baryton Roger Bourdin, et le solfège avec Maurice Franck[2]. Il approfondit ensuite sa technique vocale auprès de Rolande Darcoeur — également professeur d'Alain Vanzo[4] — et d'Ugo Ugaro[2].

Cette période de formation aboutit à une double consécration en concours : il s'impose lors d'un concours de chant à Verviers et remporte le prix Caruso en 1960 lors du festival des voix d'or à Vichy[2]. Il s'engage parallèlement dans le répertoire de concert, faisant ses premiers pas publics aux Concerts Colonne, où il participe à des exécutions du Magnificat de Jean-Sébastien Bach, de la Neuvième Symphonie de Beethoven et du Requiem de Verdi[2].

Débuts scéniques et consécration

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C'est en 1961 que Jean Brazzi fait ses premiers pas sur une scène d'opéra, dans La traviata à Besançon[2]. La même année, il participe à une production de Boris Godounov à Lille, dirigée par Gustave Cloëz, aux côtés notamment de Solange Michel et de Gérard Serkoyan[2]. En 1962, il chante le rôle d'Admète dans Alceste à Tours, sous la direction de Florian Hollard, avec Berthe Monmart dans le rôle-titre[2].

La reconnaissance critique intervient en 1964 : le , le critique musical du journal Le Monde, Jacques Lonchampt[5], qui couvre une représentation de l'Iphigénie en Aulide de Gluck à Marseille, écrit à propos du rôle d'Achille interprété par Jean Brazzi : « Et nous avons découvert avec plaisir un ténor intelligent, bien en voix (malgré quelques incertitudes), vaillant, mais respectueux du style classique, en Jean Brazzi, bouillant Achille. »[2]

Façade du Palais Garnier à Paris
Le Palais Garnier, où Jean Brazzi fait ses débuts en 1968.

La même année 1964, il fait ses débuts à l'Opéra-Comique dans le rôle de Julien de l'opéra Louise de Charpentier, en remplacement du ténor canadien André Turp[2]. Quatre ans plus tard, en 1968, il effectue ses débuts au Palais Garnier dans le rôle-titre de Faust de Gounod[2].

À l'Opéra-Comique, il est présent sur scène de manière régulière de 1968 à 1972[1].

Carrière nationale

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À partir du milieu des années 1960, Jean Brazzi s'impose comme l'un des ténors actifs des scènes lyriques françaises, présent dans les grandes maisons d'opéra de province et dans les deux institutions parisiennes. Il se produit notamment à Marseille, Nice, Lyon, Bordeaux, Nîmes, Metz, Toulon, Liège, Amsterdam et Verviers, dessinant une trajectoire artistique centrée principalement sur le répertoire lyrique français[2].

Son répertoire évolue progressivement des rôles de ténor lyrique vers les emplois de fort ténor. Il chante d'abord les personnages centraux du répertoire français : Faust dans l'opéra de Gounod, Mario dans Tosca de Puccini, Roméo dans Roméo et Juliette de Gounod, Werther dans l'opéra éponyme de Massenet, Jean dans Hérodiade de Massenet et Julien dans Louise[2]. Il s'engage ensuite dans les emplois vocalement plus exigeants du répertoire vériste et wagnérien : Turridu dans Cavalleria rusticana de Mascagni, Radamès dans Aida de Verdi, Lohengrin dans l'opéra homonyme de Richard Wagner, Canio dans Paillasse de Leoncavallo et Otello dans l'opéra de Verdi[2].

Il aborde également des raretés du répertoire lyrique, notamment Alceste et Iphigénie en Aulide de Gluck, La fida ninfa de Vivaldi, I due Foscari de Verdi, l'opéra Médée de Darius Milhaud et Colombus de Werner Egk[2].

Opéra de Marseille
L'Opéra de Marseille, l'une des scènes de sa carrière.

Parmi les représentations documentées de sa carrière figurent plusieurs productions significatives. En 1963, il participe à une Traviata avec Renée Doria et Michel Dens pour l'ORTF, et à un Faust à Liège en compagnie de Gérard Serkoyan[2]. En 1966 et 1968, il chante Louise avec Andréa Guiot à l'Opéra de Nice. En janvier 1966, il interprète Tosca à Bordeaux avec Christiane Castelli[2]. En 1971, il chante Faust à l'Opéra de Marseille sous la direction de Reynald Giovaninetti. À l'été 1984, il interprète le rôle-titre de La Damnation de Faust de Berlioz au Festival de Saint-Céré[2].

Fin de carrière et transmission

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Au milieu des années 1980, Jean Brazzi met fin à sa carrière de chanteur pour se consacrer à l'enseignement du chant dans des conservatoires d'Île-de-France[2]. Il meurt le à Suresnes[1],[6].

Discographie

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La discographie de Jean Brazzi est restreinte. Elle se compose principalement d'un enregistrement studio, d'un enregistrement de concert radiodiffusé et d'un disque compact anthologique[2].

Principaux enregistrements de Jean Brazzi
Année Œuvre Compositeur Rôle Partenaires Direction Label
1962 Les Béatitudes César Franck Ténor Denise Monteil, Christiane Chantal (sopranos) ; Simone Couderc, Mona Kérys (mezzo-sopranos) ; Denise Joly (contralto) ; Marcel Huylbrock (ténor) ; André Jonquères, Louis Maurin (barytons) ; Pierre Marret, Xavier Depraz (basses) ; chœur Élisabeth Brasseur ; Les Petits Chanteurs de Chaillot ; Pierre Cochereau (orgue) ; Orchestre de l'Académie Symphonique de Paris Jean Allain Charlin[7]
s. d. Werther (extraits) Jules Massenet Werther Andrée Gabriel (Charlotte) ; Liliane Berton (Sophie) Marcel Couraud
1974 Hérodiade (concert) Jules Massenet Jean Nadine Denize (Hérodiade) ; Muriel de Channes (Salomé) ; Ernest Blanc (Hérode) ; Pierre Thau (Phanuel) ; chœur lyrique et orchestre lyrique de l'ORTF David Lloyd-Jones Rodolphe Productions / INA ; Opera d'Oro[8]
s. d. Extraits des principaux rôles divers divers Malibran (MR729)[2]

L'enregistrement d'Hérodiade provient d'un concert donné le au Studio 104 de Radio France à Paris. Produit par l'ORTF et conservé dans les archives de l'INA, il a été édité à plusieurs reprises par différents labels spécialisés[8]. Le label Malibran a par ailleurs édité un disque compact d'extraits de ses principaux rôles[2].

Notes et références

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  1. 1 2 3 « Opéra-Comique — Chanteurs », sur artlyriquefr.fr (consulté le )
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 « Jean Brazzi », sur odb-opera.com (consulté le )
  3. « Biographie de Régine Crespin (1927-2007) », sur Encyclopædia Universalis (consulté le )
  4. « Biographie d'Alain Vanzo (1928-2002) », sur Encyclopædia Universalis (consulté le )
  5. « Le critique musical Jacques Lonchampt est mort », sur France Musique, (consulté le )
  6. « Jean Brazzi (1936-1992) », sur Bibliothèque nationale de France — data.bnf.fr (consulté le )
  7. « Les Béatitudes — notice bibliographique », sur Bibliothèque nationale de France — Catalogue général (consulté le )
  8. 1 2 (en) « Massenet — Herodiade (1974) », sur Discogs (consulté le )

Voir aussi

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Article connexe

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Bibliographie

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  • Jacques Lonchampt, L'Opéra aujourd'hui, Paris, Seuil,
  • Jacques Lonchampt, Voyage à travers l'opéra, de Cavalieri à Wagner, Paris, L'Harmattan, (ISBN 2-7475-2896-0)

Liens externes

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