Jean Louis Maubant
Jean Louis Maubant, né le au Havre et mort le à Lyon[1], est un acteur culturel français, fondateur et directeur de 1978 à 2006 du Nouveau Musée devenu en 1998 l'Institut d'art contemporain de Villeurbanne.
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Jean Louis Fernand Maubant |
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Pionnier de la diffusion de l'art contemporain en Rhône-Alpes et en France, il est considéré comme l'une des figures marquantes de la décentralisation culturelle française dans le domaine des arts visuels[2],[1]. Au cours de sa carrière, il programme plus de cent trente artistes en exposition personnelle ou collective restreinte[3]. Le Nouveau Musée joue un rôle dans la diffusion en France de l'arte povera (expositions monographiques d'Alighiero Boetti, Luciano Fabro, Mario Merz et Giulio Paolini) et constitue, selon Maubant lui-même, un premier lieu institutionnel d'exposition pour des artistes comme Tony Cragg, Daniel Buren, Jenny Holzer, Richard Prince, Barbara Kruger ou Jeff Wall[4],[1].
Biographie
modifierParcours professionnel
modifierCarrière de journaliste (1963-1968)
modifierJean Louis Maubant entame sa carrière comme journaliste, principalement à Lyon, où il exerce comme chroniqueur politique et culturel dans la presse écrite et audiovisuelle. Il collabore notamment à Paris-Normandie, Dauphiné libéré, Dernière Heure lyonnaise, FR3, La Vie lyonnaise et Objectif[5]. En 1968, il cofonde une revue qui visait, selon ses propres mots, à « pallier les carences de la presse capitaliste » ; le titre cesse rapidement de paraître[3],[1]. Cette première expérience de presse s'achève après mai 1968.
La décentralisation théâtrale (1968-1976)
modifierÀ partir de 1968, Jean Louis Maubant rejoint la « décentralisation dramatique » française. Il est successivement :
- administrateur puis secrétaire général de la Comédie de Saint-Étienne aux côtés de Jean Dasté (1968-1972), où il organise notamment une semaine de musique contemporaine et une semaine de jazz ;
- créateur du Centre d'action culturelle de Sail-sous-Couzan (1972-1974) ;
- directeur du Centre d'action culturelle du Creusot (1973-1974) ;
- secrétaire général du Théâtre de Bourgogne (1974-1976), où il participe à l'implantation du centre dramatique à Dijon[5],[2].
En 1976, il anime la « Journée Théâtre » du Festival d'Avignon sur le thème Une autre politique de la création théâtrale, ainsi que le congrès Théâtre et action culturelle à Lille.
Selon le journaliste Harry Bellet, ces années passées à accompagner des troupes de théâtre en tournée à travers l'Europe lui font constater que les artistes français reconnus à l'étranger — Daniel Buren parmi eux — restent largement inconnus dans leur propre pays, observation qui nourrira son projet de centre d'art[1].
L'Espace lyonnais d'art contemporain (1976-1978)
modifierEn 1976, à l'initiative de l'Association des critiques d'art lyonnais[3], la ville de Lyon confie à Jean Louis Maubant l'inauguration et la direction d'un premier espace consacré à l'art contemporain, l'Espace lyonnais d'art contemporain (ELAC), installé au Centre d'échanges de Perrache[2]. Plusieurs expositions y feront date, parmi lesquelles L'Art américain dans les collections privées françaises (1978), Langages au féminin (1977), La Photo, art populaire (avec André Kertész, 1977) ou encore Tissu et création (1977-1978).
Parallèlement, l'École d'art de Mâcon le recrute comme professeur de sociologie de l'art, et il poursuit ses chroniques d'architecture[5].
Le Nouveau Musée et l'Institut d'art contemporain (1978-2006)
modifierGenèse et débuts hors les murs (1978-1982)
modifierDe retour d'une mission d'étude aux États-Unis où il visite une quarantaine de musées et de centres d'art contemporain — mission rendue possible par l'ambassadeur des États-Unis en France, séduit par l'exposition L'Art américain dans les collections privées françaises à l'ELAC[4],[3] —, il fonde en 1978, avec un groupe d'amis issus des milieux économiques et de la société civile (avocats, architectes, publicitaires)[3], l'association Nouveau Musée. Le projet, dont le nom fait écho au New Museum de Marcia Tucker à New York, cherche à faire vivre une structure indépendante de statut privé, dévolue à l'art vivant, centrée sur la création et sur la relation entre les créateurs, la société et le public[5].
Faute de lieu fixe, les premières expositions sont organisées « hors les murs » dans des sites symboliques de l'agglomération lyonnaise : la Tour Caisse d'Épargne, la Tour du Crédit Lyonnais (lieu mis à disposition par la Société des Centres commerciaux et le Club de la presse de Lyon), l'Auditorium (salle Hector-Berlioz) ou encore l'Opéra de Lyon. Cette période voit notamment se tenir un concert de Carla Bley (1979), la venue de John Cage et de Merce Cunningham, des expositions de Gilbert & George, Tony Robbin, George Brecht ou Jean-Paul Huftier, ainsi que l'exposition Sculpture nature (1980) en collaboration avec le CAPC de Bordeaux. En 1980, Daniel Buren est, selon les mots de Maubant, « le premier invité "à l'année", avant Tony Cragg et Giulio Paolini » : son projet Ponctuations statue/sculpture investit les statues de Lyon et de Villeurbanne[4].
L'engagement reçoit en 1982 l'Oscar du Mécénat décerné par l'Admical de Jacques Rigaud[4].
L'installation à Villeurbanne (1982)
modifierLa ville de Villeurbanne, voisine immédiate de Lyon, possède une longue tradition d'engagement culturel populaire — symbolisée notamment par le Théâtre national populaire de Roger Planchon —, ce qui la rend particulièrement réceptive au projet. En 1980, son maire Charles Hernu (futur ministre de la Défense de François Mitterrand) propose à l'association deux bâtiments, en remettant à Maubant « deux trousseaux de clés » et en l'invitant à choisir[3]. Le choix se porte sur l'ancienne école de la rue du Docteur-Dolard, modèle Jules Ferry de 1879 devenue centre de formation professionnelle désaffecté, à la limite des communes de Lyon et de Villeurbanne. De jeunes artistes lyonnais et des étudiants des Beaux-Arts participent à la rénovation des lieux avec « les moyens du bord et du mécénat en nature »[4].
L'élection de François Mitterrand à la présidence de la République en 1981 et la création par Jack Lang des premiers emplois de développement culturel rendent possible le recrutement d'un premier salarié en 1982[4]. Le Nouveau Musée s'installe officiellement dans les anciens locaux scolaires en 1982, année où Charles Hernu inaugure la structure. Le bâtiment, dont la façade portait à l'origine la mention « asile communal » et conserve gravées les inscriptions « école de filles / école de garçons », sera plus tard enchâssé dans une verrière après avoir été un temps coloré par le designer lyonnais Jean Piton[4].
Le financement combine, dès l'origine, des subventions publiques et des apports privés : en 1982, le Nouveau Musée reçoit 299 000 francs de subventions publiques pour 109 200 francs d'apport privé ; le privé continuera ensuite de contribuer à hauteur d'environ un quart des ressources de la structure[3]. Au-delà des soutiens locaux, Jean Louis Maubant attribue à Claude Mollard, premier Délégué aux Arts plastiques au ministère de la Culture, un rôle déterminant dans l'implication des collectivités territoriales — villes et régions — dans le soutien à l'art contemporain en France au début des années 1980[4].
Reconnaissance et développement (1984-1998)
modifierEn 1984, le Nouveau Musée est labellisé « Centre international d'art contemporain » par le ministère de la Culture[6]. Plus de cent expositions, principalement monographiques, s'y succèdent, dont beaucoup sont reprises à l'étranger. Sont ainsi présentés : Alighiero Boetti, Bertrand Lavier, Luciano Fabro, Jeff Wall, Giulio Paolini, Dan Graham, On Kawara, Lawrence Weiner, Mario Merz, Jenny Holzer, Barbara Kruger, Richard Prince, Markus Raetz, Sarkis, Anish Kapoor, Carl Andre, Jacques Vieille ou encore Gordon Matta-Clark (rétrospective reprise de l'Art Institute of Chicago, 1987).
Le Nouveau Musée se distingue également par des expositions thématiques manifestes — When attitudes became form (1985), L'Art et le Temps (1985, en collaboration avec le Musée des Beaux-Arts de Bruxelles et le Louisiana Museum), Artistes/Architectes (1996), Aperto 95 ou Architecture radicale (2001) — et par sa volonté de coproductions internationales (avec le Van Abbemuseum d'Eindhoven, la Kunsthalle de Bâle, la Kunsthalle de Berne, le MACBA de Barcelone, etc.). Selon Maubant, deux tiers des expositions produites par la structure ont été reprises hors de France[3]. De 1990 à 1992, les bâtiments sont rénovés ; durant les travaux, les activités se poursuivent dans un local annexe rue Racine, à Villeurbanne.
En 1992, le Nouveau Musée crée l'« Institut d'art contemporain » et élargit son champ d'activités[5]. La réouverture du musée fait l'objet d'un reportage diffusé dans le journal télévisé de FR3 Rhône-Alpes le 23 juin 1992[7].
Programmation et démarche curatoriale
modifierLe programme du Nouveau Musée puis de l'IAC se caractérise par plusieurs orientations identifiables.
L'institution constitue un point d'ancrage français pour la diffusion de l'arte povera. Elle produit ou coproduit des expositions monographiques de Giulio Paolini (Une introduction à l'œuvre, 1960/70 en 1982, puis nouvelle exposition en 1984 reprise à Vancouver, Montréal et Charleroi), d'Alighiero Boetti (Insicuro Noncurante, 1986, en coproduction avec le Van Abbemuseum d'Eindhoven et la Villa Arson de Nice), de Luciano Fabro (Travaux 1963-1986, 1987, en collaboration avec l'ARC de Paris et la Fruitmarket Gallery d'Édimbourg), et de Mario Merz (Dessins, 1989, reprise à Goslar). En 1992, l'exposition collective L'art italien rassemble Giovanni Anselmo, Alighiero Boetti, Enrico Castellani, Luciano Fabro, Lucio Fontana, Jannis Kounellis, Piero Manzoni, Fausto Melotti, Mario Merz, Giulio Paolini, Claudio Parmiggiani, Pino Pascali, Giuseppe Penone et Gilberto Zorio, parmi d'autres. Maubant écrit dans Ambition d'art qu'Alighiero Boetti avait, à Villeurbanne, « repris goût et confiance dans son travail en accrochant, d'une certaine manière, sa vie d'artiste depuis 1968 »[4].
Selon Jean Louis Maubant lui-même, plusieurs artistes ont trouvé au Nouveau Musée « un premier lieu institutionnel d'exposition », parmi lesquels Tony Cragg, Daniel Buren, Jenny Holzer, Richard Prince, Barbara Kruger et Jeff Wall[4]. Tony Cragg est ainsi invité dès 1981 pour une résidence d'un an à l'usine Gauthier de Villeurbanne, à l'issue de laquelle plusieurs œuvres entrent dans la collection (notamment The Stack, Baby et Factory Fantasies I) ; ces pièces sont présentées lors de l'ouverture des locaux en 1982. Daniel Buren est en 1980 le premier artiste invité « à l'année » pour le projet Ponctuations statue/sculpture, qui investit les statues de Lyon et de Villeurbanne. Jenny Holzer est exposée dès 1981 (« Galerie Publique » à la Tour du Crédit Lyonnais, dans le cadre de la série Living Series), puis en 1984 en coproduction avec la Kunsthalle de Bâle. Barbara Kruger présente en 1984 We won't play nature to your culture, en coproduction avec la Kunsthalle de Bâle et l'Institute of Contemporary Arts de Londres. Jeff Wall est exposé en 1988, exposition reprise à Baden-Baden.
La démarche privilégie les relations au long cours : avec Michael Asher, dix années séparent l'invitation initiale du travail en commun en 1991 ; Daniel Buren intervient à plusieurs reprises entre 1980 et 2000 ; Jacques Vieille présente trois expositions personnelles à Villeurbanne (1982, 1989, 1991) ; Giulio Paolini y revient en 1982 puis 1984. Pour On Kawara (exposé en 1996), la réalisation conjointe du livre Whole and Parts précède l'exposition[4]. Cette continuité s'accompagne d'un travail éditorial régulier — catalogues monographiques, livres d'artistes, essais théoriques — prolongé à partir de 1987 par la maison d'édition Art Edition.
L'Institut d'art contemporain (1998-2006)
modifierDès 1992, Jacques Oudot, vice-président du conseil régional Rhône-Alpes chargé de la culture, parraine une convention de partenariat entre le FRAC Rhône-Alpes et le Nouveau Musée/Institut d'art contemporain ; en 1997, il engage les deux entités dans un processus de fusion totale, qui aboutit en 1998 à la création de l'Institut d'art contemporain (IAC)[6],[4]. Selon Jean Louis Maubant, cette fusion vise à donner à la structure « plus d'efficacité et de pérennité » en associant l'accompagnement de la création à l'animation d'une collection régionale[4].
Sous sa direction, l'Institut produit notamment des expositions personnelles consacrées à Martha Rosler (1999), Daniel Buren (2000), Adrian Piper (2003), Öyvind Fahlström (2002, rétrospective), Jordi Colomer (2005) ou Melik Ohanian (2006), ainsi que des expositions thématiques telles que L'Envers du décor (1999), Et l'art se met au monde (2000, dans le cadre de la Biennale d'art contemporain de Lyon Partage d'exotismes) ou Côté Sud, Entschuldigung (1998).
Jean Louis Maubant quitte la direction de l'Institut en 2006 ; Nathalie Ergino lui succède[6].
Activité éditoriale : Art Edition (1987-1996)
modifierEn 1987, Jean Louis Maubant fonde et dirige la SARL Art Edition, qui publie une vingtaine d'ouvrages d'artistes et d'essais théoriques, parmi lesquels :
- Luciano Fabro, Travaux-Entretiens 1963-1986 (1987) ;
- Daniel Buren, Photos-Souvenirs 1965-1988 (1988) ;
- Germano Celant, Arte Povera (1989) ;
- Mario Merz, Je veux faire un livre tout de suite (1989) ;
- Thierry de Duve, Cousus de fil d'or. Beuys, Warhol, Klein, Duchamp (1990) ;
- Federico Zeri, La Peinture au fil des jours (1990) ;
- Daniel Buren et Michel Parmentier, Propos délibérés (1991) ;
- Timothy J. Clark, Une Image du peuple. Gustave Courbet et la révolution de 1848 (1991) ;
- Benjamin Buchloh, Essais historiques I et II (1992).
Engagements associatifs
modifierJean Louis Maubant est président de l'Association DCA (Directeurs de centres d'art contemporain) de 1992 à 1995, puis vice-président de 1995 à 1996. À ce titre, il participe à la publication de l'ouvrage collectif Les Centres d'art contemporains de A à Z (Association des directeurs de centres d'art / Flammarion 4, 1994)[5].
Il est également pendant de longues années vice-président de la Maison de l'architecture Rhône-Alpes.
Commissariat indépendant
modifierParallèlement à sa direction du Nouveau Musée puis de l'Institut d'art contemporain, et après son départ en 2006, Jean Louis Maubant exerce une activité de commissaire d'exposition à l'extérieur de la structure villeurbannaise. Il est également auteur et membre de comités scientifiques. Parmi ses principaux commissariats hors du Nouveau Musée / Institut d'art contemporain figurent :
- Magiciens de la terre, avec Jean-Hubert Martin (Centre Georges-Pompidou et Grande halle de la Villette, 1989) — en tant que membre du comité de conception ;
- Utopia, Cascais (Portugal), 2001 ;
- Micro Utopias, Bienal de Valencia, 2003 ;
- Avenirs de villes / Future for Cities, Nancy, 2005 ;
- Yona Friedman, Utopias realizables, Centro Andaluz de Arte Contemporáneo, Séville, 2006 ;
- Une galerie dans la ville : Roger Pailhas, MAC de Marseille, 2006 ;
- Ambition d'art (16 mai - 21 septembre 2008), IAC, pour le trentième anniversaire de la structure ; l'exposition réunit onze artistes (Alighiero Boetti, Daniel Buren, Jordi Colomer, Tony Cragg, Luciano Fabro, Yona Friedman, Anish Kapoor, On Kawara, Martha Rosler, Jeff Wall, Lawrence Weiner) et donne lieu à un colloque international ainsi qu'à une importante édition en deux volumes : Ambition d'art : Alphabet (vol. I) et Archive (vol. II), Les Presses du réel, 2008[4] ;
- Matisse à l'Alhambra, Grenade, 2010 (co-commissariat) ;
- La Collection Stein, IVAM, Valence, 2010 (co-commissariat).
En 2004, il est le commissaire français invité par la Biennale de Montréal.
Il est par ailleurs membre du comité scientifique de la Fondazione Cariverona à Vérone et du Centre andalou d'art contemporain à Séville, et conseil pour le CIRVA à Marseille[5].
Enseignement, conférences et publications
modifierParallèlement à ses fonctions de direction, Jean Louis Maubant est professeur de culture générale (sociologie de l'art contemporain) à l'École des beaux-arts de Mâcon de 1978 à 1992[5].
Il participe à l'organisation de plusieurs colloques d'envergure, notamment La Muséographie de l'art contemporain (1979, avec Marcia Tucker, Wolfgang Becker, Johannes Cladders, puis Jan Debbaut, Urs Raussmüller, Anne Rorimer et Germano Celant), Langage et modernité (1990, sous la direction de Benjamin Buchloh) et L'Écrit et l'Art (1992-1993, en partenariat avec l'Université Lumière Lyon 2).
Il est l'auteur de nombreux articles, préfaces et catalogues, ainsi que de plusieurs ouvrages, dont le Guide de l'architecture Rhône-Alpes et Les Parkings d'artistes à Lyon. En 2001, il signe dans Le Monde diplomatique le texte « La fonction sociale retrouvée de la création » dans le dossier « La culture, les élites et le peuple »[5].
Positions et écrits
modifierAu-delà de son activité de programmateur, Jean Louis Maubant intervient à plusieurs reprises dans le débat sur l'art contemporain et les politiques culturelles à travers ses textes.
Dans son article « La fonction sociale retrouvée de la création » publié dans Le Monde diplomatique en 2001, il défend l'idée que les jeunes générations d'artistes ont renoué avec une « rencontre naturelle avec la société » et souligne le rôle des FRAC et des centres d'art, nés selon lui de la volonté de Jack Lang et Claude Mollard dès 1981, dans la sensibilisation des publics régionaux à la création contemporaine[8].
Dans le texte introductif d'Ambition d'art (2008), il revient sur les trente années du Nouveau Musée puis de l'Institut d'art contemporain. Il y plaide pour le maintien de politiques culturelles publiques fortes, jugeant que « politique culturelle est synonyme de collectivité publique » sur le « vieux continent », et exprime ses réserves face à la primauté du marché de l'art, du « spectacle » et du « bling-bling » qui auraient « ringardisé la notion du temps, de l'étude, de l'engagement ». Il y défend une approche curatoriale fondée sur la collaboration de long terme avec les artistes plutôt que sur l'événementiel — citant en exemple les dix années écoulées entre l'invitation et la concrétisation de l'exposition de Michael Asher[4].
Distinctions
modifier- Officier des Arts et des Lettres.
- Oscar du Mécénat décerné par l'Admical au Nouveau Musée en 1982[4].
Hommages
modifier- En 2019, une rue de Villeurbanne, dans le secteur de la ZAC des Maisons-Neuves, est nommée en sa mémoire, à proximité de la rue Raymond Terracher[9].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 Harry Bellet, « Jean-Louis Maubant, fondateur du Nouveau Musée de Villeurbanne », Le Monde, , p. 23
- 1 2 3 « Jean-Louis Maubant », notice biographique, Encyclopædia Universalis.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 Harry Bellet, « Jean-Louis Maubant, missionnaire de l'art contemporain : Rencontre avec le père fondateur d'un lieu pionnier à Villeurbanne, qui fête ses trente ans », Le Monde, , p. 22
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 Jean Louis Maubant, Ambition d'art : Alphabet (vol. I), Dijon, Les Presses du réel, 2008.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 Biographie de Jean Louis Maubant, Institut d'art contemporain, Villeurbanne.
- 1 2 3 Présentation de l'IAC, i-ac.eu.
- ↑ « Réouverture du Nouveau Musée de Villeurbanne », reportage d'Isabelle Dupont, journal télévisé de FR3 Rhône-Alpes, 23 juin 1992, INA, 1 min 45 s.
- ↑ Jean-Louis Maubant, « La fonction sociale retrouvée de la création », Le Monde diplomatique / Manière de voir, no 57, (lire en ligne)
- ↑ Budget et projets 2019, dossier de presse, mairie de Villeurbanne, 2019, p. 23.
Bibliographie
modifierSources sur Jean Louis Maubant
modifier- Harry Bellet, « Jean-Louis Maubant, missionnaire de l'art contemporain : Rencontre avec le père fondateur d'un lieu pionnier à Villeurbanne, qui fête ses trente ans », Le Monde, , p. 22
- Harry Bellet, « Jean-Louis Maubant, fondateur du Nouveau Musée de Villeurbanne », Le Monde, , p. 23 (nécrologie)
- « Jean-Louis Maubant », sur Encyclopædia Universalis (consulté le )
Écrits de Jean Louis Maubant
modifier- Jean Louis Maubant (dir.), Ambition d'art : Alphabet (vol. I) ; Archive (vol. II), Dijon, Les Presses du réel, 2008.
- Jean-Louis Maubant, « La fonction sociale retrouvée de la création », Manière de voir (Le Monde diplomatique), no 57, mai-juin 2001 lire en ligne.
- Francisco Jarauta (es) et Jean Louis Maubant, « MicroUtopías », dans 2ª Bienal de Valencia : la Ciudad Ideal, Milan, Charta, 2003, p. 286-325.