Jean Rosay
Jean Rosay, né le à Chevrier (Haute-Savoie), et mort en déportation en Allemagne, au camp de Bergen-Belsen, entre le et le , est un prêtre catholique français.
| Nom de naissance | Jean Joseph Rosay |
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| Naissance |
Chevrier, Haute-Savoie |
| Décès |
Entre le et le Bergen-Belsen Allemagne |
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Biographie
modifierJean Joseph Rosay voit le jour le [1] à Chevrier. Il est ordonné prêtre le et est nommé vicaire à Marnaz, puis à une première cure à Franclens, en . Il prend possession de celle de Douvaine, en .
Il y développe des mouvements de jeunesse et d'adulte, milite dans les groupes de Témoignage chrétien[2] avec les curés de Monnetier-Mornex, Jules César Dompmartin et celui de Collonges-sous-Salève, Marius Jolivet[3]. Il y ouvre une école libre. Hostile à l'occupation nazie, il rassemble des croyants, membres de la Jeunesse agricole catholique, ainsi que des non-croyants, constituant ainsi un embryon de noyau de résistance. Son presbytère devient rapidement un lieu d'accueil et de refuge transitoire pour tous les candidats à l'exil forcé, étant au service de l'Amitié chrétienne et de la CIMADE. Il organise avec M. Perod, l'instituteur, une filière structurée, proche de la frontière suisse. Ils sont des centaines à utiliser ce réseau.
Préservant les jeunes du service du travail obligatoire, aucun de ceux de sa paroisse ne partent en Allemagne.
Au début de , il demande à la sœur Jeanne Berchmans, née Marie Meienhofer, de cacher trois personnes d'une famille juive de Vienne, dans le couvent de la congrégation du Sacré-Cœur de Thonon-les-Bains, Mme Wittels et ses deux enfants, Renée et Bruno, qui y passent toute la durée de la guerre.
Il est arrêté dans la nuit du 10 au , à deux heures du matin, pour avoir fait passer à l'étranger, selon les autorités allemandes, des réfractaires, des Juifs, des résistants et autres terroristes. Il passe en effet des agents anglais, parachutistes et aviateurs abattus au-dessus de la France, et quelques personnalités telles : le colonel Verduraz ; Jean-Marie Soutou, un des fondateurs de Témoignage chrétien ; Xavier de Gaulle[4]. Dans cette affaire sont également arrêtés deux agriculteurs du village : Joseph Lançon, qui l'avait déjà été en 1943, puis relâché, mais vivant depuis dans la clandestinité ; François Perillat, originaire de la Tuillière, un hameau de Veigy-Foncenex ; ils meurent tous les deux en déportation à Hersbrück. Le père André Figuet, directeur de l'orphelinat de Douvaine est aussi arrêté , tous sont emmenés à l'hôtel Pax à Annemasse : la Gestapo vient de démanteler une des filières de passage en Suisse. Jean Rosay avoue tout, craignant que les Allemands ne retournent au presbytère, ce qu'il ne font pas, tenant le chef du réseau. Après cinq jours de détention, André Figuet est remis en liberté par Meyer, le chef du SD d'Annemasse. Les autres sont transférés à Compiègne le , et partent en déportation à Auschwitz le , il signale dans une lettre que « le voyage fut pénible ». Il y eut plusieurs morts, enfermés à cent vingt par wagon, sans boire ni manger. À son arrivée, le matricule 186350 lui y est tatoué. Il est évacué à Birkenau en , puis à Gross-Rosen, le , où il est le dernier prêtre retrouvé sur place, puis à Nordhausen le ; il arrive exténué au mouroir de Bergen-Belsen[5], après avoir fait le voyage dans des wagons à charbon non bâchés, par un froid glacial sous la pluie et la neige. Partis six mille, ils n'arrivent que deux mille. C'est ici qu'il meurt, entre le 10 et le , quelques jours avant la libération du camp par les Anglais[6].
Raymond Loure dit qu'au camp d'Auschwitz : « c'était un homme exemplaire, un être extraordinaire qui m'a sauvé la vie, tellement rayonnant que les SS et les kapos hésitaient devant lui. Il essayait par tous les moyens de sauver les hommes, de les soustraire à certains travaux, de les cacher à des endroits invraisemblables. Il était souvent parmi les Juifs. Je pense que c'est lui qui m'a fait entrer comme coiffeur à l'hôpital SS… Lors de l'évacuation du camp, il était dans le même wagon que moi, apaisant nos angoisses et nos cris, puis nous donnait la communion. Il avait gardé une demi-boule de pain afin d'offrir cet ultime réconfort aux mourants, ce geste est gravé à jamais dans mon cœur. »[réf. nécessaire]
Une plaque à sa mémoire orne la nef de l'église de Douvaine.
Reconnaissances
modifierNotes et références
modifier- ↑ Archives départementales de la Haute-Savoie, registre des naissances (1861-1919) de la commune de Chevrier.
- ↑ Site Mémoire des Hommes
- ↑ Gabriel Granjacques, Les juifs au pays du Mont-Blanc, St Gervais, Megève, éd. La Fontaine de Siloè, 2007. P. 211/295pp.
- ↑ Michel Germain, Le Maquis de l'Espoir, chronique de Haute-Savoie, au temps…, Éd, La Fontaine de Siloè, 1994, p.44.
- ↑ « Livre mémorial », sur www.bddm.org (consulté le )
- ↑ Histoire de Veigy-Foncenex, Des héros Chablaisiens.
- ↑ « Jean-Joseph Rosay », sur Comité Français pour Yad Vashem (consulté le )
Annexes
modifierBibliographie
modifier- Raymond Loure, Jean Rosay.
- « Rosay, père Jean-Joseph », dans Israel Gutman, Lucien Lazare, Dictionnaire des Justes de France, Jérusalem et Paris, Yad Vashem et Arthème Fayard, (ISBN 2-213-61435-0), p. 501.
- Notes de Mr Sorrel : RDA. 7 et 21.3.1946 ; Le Courrier savoyard, 9.3.1946. ; Mr Dechavassine :Nouveau supplément. p. 1042 ; O. Munos, Les passages clandestins entre la Haute-Savoie et la Suisse, pendant la Seconde guerre mondiale, MM Université de Grenoble II., 1984 ; A. Perrot et al., Ma vie pour la tienne, Fribourg, 1987 ; C. Bochaton, La filière douvainoise, MM Université de Grenoble II, 1988.
- Laurent Neury, L'Espoir au bout du pont... Histoire de la filière de Douvaine, Cabédita, 2019.

