Johann Jakob Bodmer
Johann Jakob Bodmer, né à Greifensee, près de Zurich, le et mort le à Gut Schönberg près de Zurich, est un critique, traducteur et poète suisse.
| Naissance |
Greifensee |
|---|---|
| Décès | 1783, Gut Schönenberg |
| Activité principale |
Biographie
modifierJohann Jakob Bodmer, né à Greifensee (Suisse) le , est le lils d’un pasteur.
Étant destiné par son père à l’état ecclésiastique, il fait des études de théologie. Il s'éloigne toutefois des vœux paternels pour se livrer à sa passion de la littérature.
Après un voyage en Italie, il s'installe à Zurich où il est nommé, à partir de 1725, professeur d’histoire suisse et de politique au collège de cette ville. Il y occupe sa chaire pendant cinquante ans et devient membre du Grand Conseil de cette ville. Ses recherches en histoire sont publiées par la Société helvétique dont il est l'un des fondateurs en 1720 avec son ami Breilinger[1].
Il contribue, avec Gottsched et Breitinger, à réformer le goût littéraire de l’Allemagne par ses critiques et par ses exemples : combattant l’imitation servile de la France, il recommande les traditions nationales.
D’une nature active et d’un caractère décidé, il se jette, avec son ami Breitinger, dans des luttes fameuses. Il fonde, peu après, une feuille hebdomadaire, imitée du Spectateur anglais de 1711, et qui s’appelle les Dialogues des peintres, puis le Peintre des mœurs. C’est sur ce terrain que commence la grande guerre des deux amis, au nom de l’École suisse, contre Gottsched et l’École saxonne. Ils publient contre les journaux de celle-ci les pamphlets : le Diogène défrisé, l’Acte d’accusation de mauvais goût ; puis, à propos de la traduction du poème de Milton par Bodmer, attaquée par Gottsched, ils soutiennent la préférence à donner, dans la littérature allemande, à l’imitation anglaise sur l’imitation française. L’avantage reste à l’École suisse, à cause de l’appui de Haller et des sympathies naissantes pour les modèles qui s’éloignaient le moins du génie national.
En 1757, il découvre dans un château du Tyrol le chant des Nibelungen publiés sous le nom de Chriemhilden Rache. Cette publication constitue le début des études médiévales modernes et est à l'origine de l'intérêt pour les manifestations de la culture populaire[1].
Bodmer a conservé plus longtemps que Gottsched son autorité comme critique et sa réputation comme poète. Ses dissertations sur l’Influence de l’imagination sur les progrès du goût (Francfort et Leipzig, 1727), sur le Merveilleux dans la poésie (Zurich, 1740), etc., et ses Pamphlets (Streitschriften, Ibid., 1741-44), et ses Satires (Ibid., 1741-1769), soutiennent, en général, des principes justes et leurs applications légitimes.
Comme poète, Bodmer a composé deux grands essais d’épopées bibliques ; Noah (Francfort et Leipzig, 1750), et la Noéide (Halle, sans date), dont Wieland et Sulzer font de savantes apologies, mais où le public ne trouvait pas les beautés que leur attribuait la théorie enthousiaste. D’autres compositions épiques, Jacob et Joseph, Jacob et Rachel, etc., réunies sous le titre de Calliope (Zurich, 1767, 2 vol.), n’arrivent pas davantage à la popularité.
Les drames de Bodmer n’ont pas plus d’importance, malgré le caractère héroïque ou national des sujets : M. Brutus, Timoléon, Caïus Gracchus, Guillaume Tell, Arnaud de Brescia à Zurich, etc. (1768-1775), ne sont que des tableaux historiques et politiques dialogués.
Comme éditeur érudit, Bodmer a bien mérité de l’ancienne littérature allemande, en publiant, avec Breitinger, les Proben der alten Schwabischen Poesie des dreyzehnten Jahrhunderts (Extraits des anciens poètes souabes du treizième siècle ; Zurich, 1748) ; Fabeln aus den Zeiten der Minnesänger (Fables du temps des Minnesängers ; Ibid., 1757) ; puis seul : Chriemhilden Rache und die Klage (la Vengeance de Chriemhild, et la Plainte, seconde partie du poème des Nibelungen, Ibid., 1757) ; Sammlung der Minnesinger (Recueil des Minnesinger ; 1758-59, 2 vol.), etc. C'est notamment lui qui, en 1780, a retrouvé, dans la bibliothèque de l'abbaye souabe de Weingarten, un précieux chansonnier enluminé du début du XIVe siècle.
Parmi les nombreux ouvrages de Bodmer, on retiendra : Bibliothèque helvétique, 1735, Lettres critiques, 1746, la Noachide, poème en douze chants, Zurich, 1752. On lui doit aussi un recueil des Minnesinger, 1758-1759, et des traductions d’Homère et de John Milton.
Œuvres partielles
modifier- Karl von Burgund. Ein Trauerspiel (nach Aeschylus)
- Vier kritische Gedichte
- Die Discourse der Mahlern, 1721–1723
- Brief-Wechsel von der Natur des poetischen Geschmackes, 1736
- Critische Abhandlung von dem Wunderbaren in der Poesie, 1740
- Kritische Betrachtungen über die poetischen Gemälde der Dichter, 1741
- Übersetzung: Johann Miltons Episches Gedichte von dem verlohrnen Paradiese, 1742
- Critische Briefe, 1746
- Proben der alten schwäbischen Poesie des dreyzehnten Jahrhunderts. Aus der Manessischen Sammlung, 1748
- Fabeln aus den Zeiten der Minnesinger, 1757
Notes et références
modifierAnnexes
modifierBibliographie
modifier- Wolfgang Bender, Johann Jakob Bodmer und Johann Jakob Breitinger, Metzler, Stuttgart, 1973, (ISBN 3-476-10113-4)
- Annegret Pfalzgraf, Eine deutsche Ilias? Homer und das "Nibelungenlied" bei Johann Jakob Bodmer. Zu den Anfängen der nationalen Nibelungenrezeption im 18. Jahrhundert, Tectum-Verl., Marburg, 2003, (ISBN 3-8288-8591-8)
- Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des littératures, Paris, Hachette, 1876, p. 280
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Publications de et sur Johann Jakob Bodmer dans le catalogue Helveticat de la Bibliothèque nationale suisse
- Archives conservées par : Bibliothèque centrale de Zurich (Ms Bodmer 1 - 59, 37836cc146eb434f8f4a7fac195936e2)
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