Jorgelina Martínez

syndicaliste uruguayenne

Jorgelina Martínez ( - ), aussi connue sous le nom La negra Jorgelina est une syndicaliste féministe, femme politique et ouvrière uruguayenne. Elle co-fonde la Central de Trabajadores del Uruguay, puis la Convention nationale des travailleurs, et participe à des projets politiques nationaux de premier plan comme le Congreso del Pueblo et la Concertación Nacional Programática.

Jorgelina Martínez
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 82 ans)
Nationalité
Activités
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Organisation
Centro Obrero de Alpargatas, Congreso Obrero Textil, Central de Trabajadores del Uruguay, Convention nationale des travailleurs, Intersyndicale plénière des travailleurs, Red de Mujeres Políticas

1927-1947 : jeunesse

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Jorgelina Martínez naît le à Montevideo d'une mère au foyer et d'un père docker. C'est la dixième enfant d'une fratrie de 12. Jusqu'à ses 9 ans, elle vit dans le quartier Fraternidad, puis la famille déménage dans le quartier Colón. Son père meurt et Martínez abandonne l'école à 11 ans pour travailler comme employée domestique. Par la suite, elle déclare que l'interruption de ses études est la pire chose qui lui est arrivé[1].

En 1941, elle commence à travailler pour une entreprise de réfrigérateurs, puis elle est embauchée à l'usine de biscuits Anselmi. Dès son premier jour, elle participe à une réunion pour la fondation d'un syndicat et elle est licenciée le lendemain. Sa famille déménage dans le quartier Las Acacias puis dans le quartier Brazo Oriental. En 1942, alors qu'elle a 15 ans, elle rencontre Julia Arévalo (es) au cours d'une réunion militante et est impressionnée par ses discours[1].

Par la suite, elle suit un de ses frères à Buenos Aires où elle travaille dans une usine de lait en poudre, puis en tant que domestique pour une famille nazie. Elle participe aux manifestations du Jour de la Loyauté le sur la Plaza de Mayo. En elle revient en Uruguay[1].

En 1947, elle commence à travailler pour l'entreprise Alpargatas dans une usine de chaussures, où elle reste pendant 27 ans[1].

1952-1965 : engagement syndical

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À son arrivée chez Alpargatas, il n'existe aucune organisation des travailleurs. Il faut attendre 1952 pour qu'un groupe venant de la campagne propose de cesser le travail pour obtenir des meilleurs salaires. Les ouvriers d'Alpargatas occupent l'usine pendant 24h et font grève sur une semaine entière, ce qui se solde par une augmentation des salaires. À la fin de cette semaine, ils fondent le Centro Obrero de Alpargatas où Jorgelina Martínez débute sa carrière militante[1].

En 1955, elle participe à la fondation du Congreso Obrero Textil. Elle siège au comité de direction avec 11 autres ouvriers dont seulement une autre est une femme[1]. L'industrie textile est majoritairement féminine, mais très peu de femmes parviennent à atteindre des postes à responsabilités[2]. Le contexte syndical est lui aussi dominé par les hommes, mais Martínez devient une activiste respectée et admirée[3]. Elle dit « ne pas séparer [sa] condition de militante de [sa] condition de femme »[4].

En 1956, elle participe, avec Delia Maldonado, à la première Conférence mondiale des travailleuses à Budapest. L'année suivante, elle s'affilie au parti socialiste avec Delia Maldonado, Ignacio Huguet et Juan Ángel Toledo y Clavijo[1].

Elle quitte le parti en 1963 et participe à la fondation de la Central de Trabajadores del Uruguay, puis de la Convention nationale des travailleurs (CNT). En 1965, elle participe au Congreso del Pueblo au nom du Congreso Obrero Textil pour témoigner des difficultés liées à la chute du « gouvernement blanc » en 1963. Comme de nombreux autres travailleurs, Martínez et ses collègues s'opposent à la politique du Fonds monétaire international, qui impose notamment le gel des salaires en échange de son soutien économique au pays[1],[4].

1965-2009 : dictature et intégration aux institutions démocratiques

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Dans les années 1970, Jorgelina Martínez est persécutée sous la dictature militaire de l'Uruguay mais continue de lutter pour les ouvriers, bien que la CNT soit interdite jusqu'à la fin du régime en 1985[5].

En 1983, elle figure parmi les cinq personnes qui conseillent l'Intersyndicale plénière des travailleurs sur la façon de se constituer[2]. Les deux années suivantes elle participe, au nom de la CNT, à la Concertación Nacional Programática, un effort national qui rassemble les acteurs socio-économiques du pays (partis politiques, syndicats, entreprises, etc.) pour établir un diagnostic du pays post-dictature et apporter des solutions aux problèmes soulevés. Cette concertation s'inspire des Pactes de la Moncloa. Les contribution de Martínez tournent autour d'un projet sur la condition de la femme en Uruguay[6],[7].

Au sein de la CNT, elle milite pour la création de comités féminins dans l'espoir qu'ils permettent aux femmes syndiquées de faire valoir leurs droits spécifiques au sein du mouvement. Elle remarque par exemple les différences de traitement entre les femmes célibataires et les femmes mariées ou enceintes, jugées plus absentéistes par les employeurs[6].

Par la suite, Martínez intègre le parti Frente Amplio et siège au Comité de conduite politique en son sein[5]. Elle devient membre de la Red de Mujeres Políticas et sort de la retraite pour participer à la commission « Genre et égalité » de la CNT[2],[8].

Elle meurt le et repose au Cementerio del Norte de Montevideo (es)[5].

Reconnaissance

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En 2013, elle figure parmi les femmes honorées dans la série de timbres « Mujeres notables »[9].

En 2014, le gouvernement uruguayien rend hommage à Jorgelina Martínez dans la Chambre des députés. Ils la présentent comme une figure de proue du mouvement ouvrier du pays et un symbole de la démocratie triomphant sur la dictature[8].

Articles connexes

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Bibliographie

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  • (es) Graciela Sapriza, Memorias de rebeldía : 7 historias de vidas, Montevideo, Puntosur, GREMCU, , 267 p.

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 (es) Lucía Cazet, « Jorgelina Martínez », sur Cuesta Duarte, (consulté le )
  2. 1 2 3 (es) « Orgullosa de ser obrera », La Red 21,‎ (lire en ligne)
  3. ↑ (es) Amalia Antúnez, « Jorgelina Martínez. La partida de una imprescindible », Rel-UITA,‎ (lire en ligne)
  4. 1 2 (es) Ingrid Siri, Marta Ponce de Leon et Salvador Schelotto, El pueblo delibera. El congreso del pueblo veinte anos despues, Centro Uruguay Independiente, , 255 p. (lire en ligne [PDF]), p. 239-241
  5. 1 2 3 (es) « Murió ayer a los 83 años Jorgelina Martínez », La Red 21,‎ (lire en ligne)
  6. 1 2 (es) « Mujer con mujeres », Cotidiano Mujer, vol. 1, no 1,‎
  7. ↑ (es) « Subfondo CONAPRO - Concertación Nacional Programática », sur Archives du Parlement de l'Uruguay (consulté le )
  8. 1 2 (es) « Diario de sesiones : martes 8 de abril 2014 », sur diputados.gub.uy (consulté le )
  9. ↑ (en) « Stamp › Jorgelina Martinez », sur Colnect.com (consulté le )